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Fonds marins : Yaoundé en voie de devenir le hub africain

À Kingston, en Jamaïque, le Cameroun ne s’est pas contente pas de participer à la 31e session de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM). Le pays entend s’imposer comme un acteur de référence dans la gouvernance des ressources minérales des grands fonds grâce à un ambitieux projet de formation diplomatique porté depuis Yaoundé. Du 13 au 31 juillet, la délégation camerounaise conduite par le secrétaire général du ministère des Relations extérieures (MINREX), Oumarou Chinmoun, participe à la seconde partie de la 31e session de l’Autorité internationale des fonds marins, à Kingston. Si les négociations portent principalement sur le futur code minier international destiné à encadrer l’exploitation des ressources des grands fonds, le Cameroun a choisi de jouer une autre carte : celle du renforcement des capacités africaines.En marge des travaux, Yaoundé a organisé, avec l’appui de l’AIFM, un événement consacré à l’Académie de diplomatie africaine des fonds marins (ADSEA), hébergée par l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC). L’initiative vise à former une nouvelle génération de diplomates, de juristes, de scientifiques et de négociateurs africains spécialisés dans la gouvernance des océans. Selon des sources internes au MINREX, cette académie répond à un constat largement partagé : l’Afrique dispose d’importantes ressources marines mais demeure encore sous-représentée dans les négociations techniques et juridiques qui déterminent leur avenir. « L’objectif est de permettre aux États africains de disposer d’une expertise propre afin de défendre efficacement leurs intérêts dans les enceintes internationales », confie une source du ministère.Le choix du Cameroun est ciblé. Avec l’IRIC, reconnu pour la formation des diplomates africains depuis plusieurs décennies, le pays souhaite devenir un centre régional d’excellence sur les questions liées aux fonds marins. L’Académie entend proposer des formations spécialisées, des recherches appliquées et des espaces de dialogue entre gouvernements, universités et organisations internationales. ConcretÀ Kingston, le « side event » organisé par le Cameroun poursuit également un objectif concret : convaincre les États membres de l’AIFM et les partenaires techniques et financiers de soutenir durablement ce programme. Les besoins en financement concernent aussi bien les formations que les bourses, les travaux de recherche et le développement de réseaux d’experts africains.Cette stratégie s’inscrit dans une diplomatie camerounaise de plus en plus tournée vers les enjeux globaux. Après son implication sur les questions climatiques, la biodiversité ou encore la gouvernance numérique, Yaoundé entend désormais peser davantage dans les débats sur les ressources minérales des grands fonds, dont les métaux stratégiques sont appelés à jouer un rôle majeur dans la transition énergétique mondiale.Pour le MINREX, l’ADSEA pourrait ainsi devenir un outil d’influence au service de toute l’Afrique, en donnant au continent les compétences nécessaires pour participer à armes égales aux futures négociations internationales sur les océans et leurs ressources.

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CPI : la fronde africaine

Les départs s’enchaînent comme des dominos. Après le Niger, le Mali et le Burkina Faso, voici le Tchad qui annonce à son tour son intention de quitter la Cour pénale internationale (CPI). L’argument est désormais bien rodé : une justice internationale qui regarderait presque exclusivement vers l’Afrique, comme si le continent était devenu la salle d’audience permanente de l’humanité. Le procès de la CPI est devenu presque aussi médiatique que ceux qu’elle organise. À chaque annonce de retrait, la même accusation revient : deux poids, deux mesures. Les puissants échapperaient aux poursuites, tandis que les États africains seraient transformés en suspects habituels. Le récit séduit. Il est politiquement rentable. Il nourrit un discours souverainiste qui prospère dans une Afrique où la contestation de l’ordre international est devenue un marqueur de légitimité. Mais la réalité est moins confortable que le slogan.Oui, une part importante des affaires de la CPI concerne l’Afrique. Oui, de nombreux mandats d’arrêt visent des responsables africains. Pourtant, un détail est souvent oublié : plusieurs enquêtes ont été ouvertes à la demande des États africains eux-mêmes. Des gouvernements qui, incapables de juger les auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité sur leur territoire, avaient sollicité l’intervention de la Cour. Hier, la CPI était appelée au secours. Aujourd’hui, elle est accusée d’acharnement. Alors pourquoi ces retraits en cascade ?Parce que le contexte a changé. Depuis quelques années, le Sahel est traversé par une vague de ruptures. Rupture avec l’ancienne puissance coloniale. Rupture avec certaines organisations régionales. Rupture avec les partenaires occidentaux. Dans cette logique de réaffirmation de la souveraineté, la CPI apparaît comme une institution extérieure, perçue comme limitant la liberté d’action des États et de leurs dirigeants. La création de l’Alliance des États du Sahel a accéléré cette dynamique. Les décisions ne sont plus seulement nationales ; elles deviennent politiques et régionales. Quitter la CPI envoie un message autant à l’opinion publique qu’aux partenaires internationaux : désormais, la justice doit être rendue « chez nous », selon nos propres règles.Le paradoxe est pourtant saisissant. Les pays qui dénoncent la justice internationale sont aussi ceux où les systèmes judiciaires sont souvent fragilisés par les conflits armés, les crises institutionnelles ou les transitions militaires. Si la CPI s’efface, qui poursuivra les auteurs des massacres de civils, des crimes de guerre ou des violences contre les populations ? Les juridictions nationales en auront-elles réellement les moyens et surtout l’indépendance ? Au fond, le débat dépasse largement la seule Cour pénale internationale. Il pose une question plus dérangeante : l’Afrique veut-elle une autre justice internationale ou ne veut-elle plus de justice internationale du tout ? Car réclamer une réforme de la CPI est une chose. Tourner le dos à toute juridiction supranationale en est une autre.La CPI n’est pas irréprochable. Son bilan est discuté, sa lenteur critiquée, son efficacité contestée. Les absences de poursuites contre certains responsables de grandes puissances alimentent un sentiment d’injustice qui n’est pas sans fondement. Une justice universelle qui paraît sélective perd fatalement une partie de sa crédibilité.Mais la réponse aux imperfections d’une institution consiste-t-elle à la quitter ? Ou à peser pour la transformer ? Derrière les retraits successifs se joue peut-être moins le procès de la CPI que celui d’un ordre mondial dont l’Afrique ne veut plus être uniquement l’objet. Reste une interrogation, essentielle : lorsque les caméras seront parties et que les victimes réclameront justice, qui leur répondra ? Jean-René Meva’a Amougou

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L’ISSEA voit plus grand et vise le doctorat

Devenu officiellement un établissement d’enseignement supérieur de la CEMAC, l’ISSEA franchit une nouvelle étape en préparant l’ouverture d’une école doctorale. Une ambition qui suppose désormais un nouveau campus. À Yaoundé, l’Institut sous-régional de la Statistique et d’Économie appliquée (ISSEA) ne cache plus ses ambitions. Longtemps reconnu pour la qualité de la formation de statisticiens et d’économistes destinés aux administrations et institutions de la CEMAC, l’établissement entend désormais rejoindre le cercle des grands pôles africains de recherche en ouvrant une école doctorale. Cette nouvelle orientation a reçu une impulsion décisive avec la reconnaissance officielle de l’ISSEA comme établissement d’enseignement supérieur par le Conseil de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), à la faveur d’une modification de ses statuts. Une évolution que Daniel Ngassiki, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Congo au Cameroun et représentant du président du Conseil d’administration, qualifie de « consécration formelle » de l’excellence de l’institut.L’objectif est clair : former les futurs enseignants-chercheurs et experts capables d’accompagner les politiques publiques fondées sur les données. Dans un contexte où la statistique est devenue un outil stratégique de gouvernance, l’ISSEA souhaite créer un véritable centre régional de recherche susceptible de retenir les talents d’Afrique centrale, souvent attirés par les universités étrangères. Mais cette ambition scientifique se heurte à une réalité beaucoup plus prosaïque : le manque d’espace. Les infrastructures actuelles sont arrivées à saturation. Salles de cours insuffisantes, espaces de vie limités, capacités d’accueil dépassées, les locaux ne répondent plus aux exigences d’un établissement appelé à élargir son offre de formation. « Nos murs ne peuvent plus contenir l’ambition et la croissance de notre institution », a résumé Daniel Ngassiki devant les diplômés et les autorités.C’est pourquoi le Conseil d’administration a relancé avec insistance une requête formulée depuis plusieurs années : l’attribution par l’État camerounais d’un terrain destiné à accueillir un nouveau campus. La communauté sous-régionale assure disposer des projets ainsi que de partenaires prêts à financer la construction d’infrastructures modernes. Il ne manquerait plus que le foncier pour poser les bases de « l’ISSEA de demain ». La doléance a trouvé un écho favorable auprès du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Pour le Minepat, investir dans une institution qui forme les cadres appelés à produire les statistiques et les analyses économiques de demain constitue un levier essentiel du développement durable de la sous-région.Au-delà de la seule extension immobilière, le projet traduit une évolution profonde. L’ISSEA ne veut plus seulement former des experts ; elle aspire désormais à produire la recherche qui orientera les décisions économiques de l’Afrique centrale. Un changement d’échelle qui pourrait renforcer la souveraineté statistique de la CEMAC et faire de Yaoundé l’un des principaux centres africains de production des connaissances en économie appliquée et en statistique O. M. Ognimbi Sadri, Congo, Ingénieur statisticien économiste (ISE) « La formation répond aux exigences de la révolution numérique » La formation reçue est de qualité. Elle répond aux exigences de la révolution numérique c’est-à-dire de l’intelligence artificielle. Ce sont des bases scientifiques qui sont opérationnelles et dès demain nous pourrons être recrutés et commencer à travailler là où nous seront envoyés. De toutes les façons c’est une formation d’excellence. L’entrée repose sur l’excellence avec le concours international qui est très sélectif. Les jeunes sortis ne vont jamais chômer. Il faut que nous appliquions les conseils du parrain, qui reposent sur l’intégrité. Nous devons produire des données fiables, ne pas la manipuler. Nous devons produire des données de qualité parce qu’elles permettent aux décideurs de prendre la meilleure décision qui nous mène à l’émergence. Yaligaza Edson, RCA, Ingénieur Statisticien économiste (ISE) « Nous devons faire un usage rigoureux de l’intelligence artificielle » J’ai fait une formation de cinq années à l’ISSEA, j’ai acquis des compétences en science des données, modélisation des données, conception d’enquête, analyse et politique des données. Nous nous sommes spécialisés dans l’évaluation de l’impact. L’institut sous régional est une grande école qui m’a beaucoup apporté en termes de compétences, de sérieux, en termes d’orientation. Les défis à l’heure actuelle concernent la montée de l’intelligence artificielle, nous fraichement sortis de l’école devrons faire attention à l’usage de cette technologie, l’autre défi consiste à rester intègre, puisque le statisticien est celui qui va produire les données qui vont aider aux prises de décision. Iyanou Pemba Juliane Emeaude, Gabon, Analyse, Evaluation d’impact des politiques publiques (AEIPP) « Le besoin des statisticiens se fait ressentir dans tous les domaines» Je suis émue, à la sortie de notre formation. Nous nous sommes intégrés. Plusieurs défis nous attendent. On pourra alors mettre en pratique nos compétences pour servir nos différentes nations notamment le Gabon. Je m’intéresse plus aux données démographiques, les constructions des écoles, les routes. Il est question d’évaluer les impacts positifs pour les populations.

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À Yaoundé, 108 nouveaux experts des chiffres prêts à guider l’Afrique centrale

Dans un monde où les données sont devenues une ressource stratégique, l’Institut sous-régional de la Statistique et d’Économie appliquée (ISSEA) a diplômé 108 statisticiens et économistes appelés à éclairer les politiques publiques de dix pays africains. Les applaudissements ont longtemps résonné dans la salle du complexe Arc Bi Valley de Yaoundé. Vendredi 31 juillet, les sourires des familles répondaient à la fierté des diplômés. Au total, 108 lauréats issus de dix nationalités ont reçu leur parchemin lors de la cérémonie de sortie de la 42ᵉ promotion de l’Institut sous-régional de la Statistique et d’Économie appliquée (ISSEA), en présence du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, du gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, ainsi que de plusieurs représentants diplomatiques. Au-delà du caractère solennel de la cérémonie, c’est un message fort qui a été adressé à cette nouvelle génération de spécialistes : l’Afrique ne peut plus se développer sans des données fiables. À l’heure où les gouvernements cherchent à mieux cibler leurs investissements, mesurer la pauvreté ou encore évaluer l’efficacité des politiques publiques, les statisticiens deviennent des acteurs incontournables de la décision. « Ce chiffre est plus qu’une statistique », résume le directeur général de l’ISSEA, le Dr Marcel Opoumba. Pour lui, ces 108 diplômés illustrent la vocation régionale de l’école et la confiance que lui accordent les États d’Afrique centrale. Ils rejoignent désormais un réseau d’anciens présents dans les administrations, les banques centrales, les instituts nationaux de statistique ou les organisations internationales. La promotion 2026 regroupe quatre filières : les Techniciens supérieurs de la statistique, les Analystes statisticiens, les Ingénieurs statisticiens économistes en cycle de trois ans et ceux du nouveau cycle long de cinq ans. Cette dernière formation marque une évolution importante pour l’établissement. Elle prépare des profils capables de maîtriser les nouveaux outils de traitement des données, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle et à la science des données. Pour le parrain de cette promotion, Paul Henri Nguema Meye, directeur général d’AFRISTAT, les futurs diplômés auront une responsabilité qui dépasse largement les tableaux de chiffres. « Sans données fiables, on gouverne à l’aveugle, on investit au hasard et on planifie sans connaître les besoins réels », a-t-il rappelé. Selon lui, chaque indicateur correctement produit contribue à renforcer la confiance des citoyens et à améliorer l’action publique. Le ministre Alamine Ousmane Mey partage ce constat. Face aux défis économiques et sociaux de la Cemac, il estime indispensable de disposer de statistiques harmonisées et comparables pour orienter les politiques publiques. Réduction de la pauvreté, suivi des Objectifs de développement durable, évaluation des politiques budgétaires ou monétaires : autant de domaines où la qualité des données conditionne désormais la qualité des décisions. L’ISSEA entend ainsi poursuivre sa transformation pour accompagner la révolution numérique. Les données sont devenues le « pétrole » du XXIᵉ siècle, mais elles ne valent que par les compétences de celles et ceux qui les collectent, les analysent et les interprètent. Avant de quitter l’amphithéâtre, les jeunes diplômés ont reçu un dernier conseil : faire preuve d’intégrité, d’humilité et de persévérance. Trois qualités qui, selon leurs enseignants, restent aussi essentielles que la maîtrise des algorithmes. Car derrière chaque statistique se cache une réalité humaine, et derrière chaque décision publique, la nécessité de disposer de chiffres justes pour construire un développement durable. Olivier Mbessité

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Ebola : la CEMAC dégaine un bouclier sanitaire à 6 milliards FCFA

Le virus est encore de l’autre côté de la frontière. Mais pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), l’heure n’est plus à l’attentisme. Face à la flambée de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, la Commission de la CEMAC enclenche l’alerte maximale et propose un plan d’urgence régional chiffré à 6,09 milliards de FCFA. Le rapport de situation épidémiologique, publié avec l’appui du Programme de Sécurité Sanitaire en Afrique Centrale (HeSP-CEMAC) financé par la Banque mondiale, ne laisse guère de place à l’optimisme. Si aucun cas n’a, à ce stade, été détecté dans les six États membres, la menace est jugée imminente. La République centrafricaine et la République du Congo figurent en première ligne, tandis que le Cameroun est classé à risque élevé en raison de l’intensité des échanges transfrontaliers. Le cœur de la riposte repose désormais sur un vaste dispositif préventif. L’enveloppe de 6,09 milliards de FCFA vise à verrouiller les principales portes d’entrée de la sous-région. Au programme : renforcement du triage sanitaire aux frontières, intensification de la surveillance dans les aéroports, ports et postes terrestres, détection précoce des cas suspects et montée en puissance des capacités diagnostiques des laboratoires nationaux grâce à des tests adaptés à l’espèce Bundibugyo. L’objectif est simple : casser toute chaîne de transmission avant qu’elle ne s’installe. Une stratégie dictée par la progression rapide de l’épidémie en RDC, où plus de 3 200 cas confirmés et 1 405 décès ont déjà été enregistrés. À cette inquiétude s’ajoute une difficulté majeure : contrairement à la souche Zaïre, la variante Bundibugyo ne dispose pas encore d’un vaccin ou d’un traitement spécifique immédiatement disponible à grande échelle. Au-delà des équipements, la CEMAC appelle à une mobilisation coordonnée des États membres. Harmonisation des protocoles, partage en temps réel des données épidémiologiques, formation accélérée des personnels de santé et sensibilisation des populations frontalières constituent les autres piliers de cette riposte collective. Le virus n’a pas encore franchi les frontières communautaires. Mais pour la CEMAC, la meilleure victoire sera peut-être celle qui ne se verra jamais : empêcher Ebola d’entrer. Bobo Ousmanou

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Couverture santé universelle : le film de trois années de mise en œuvre

La première phase de la mise en œuvre de la couverture santé universelle court à son terme. Les résultats inhérents se traduisent en réduction des écarts dans l’accès aux soins et services de santé, mais aussi en réduction de la charge financière des ménages. La couverture santé universelle (CSU) en est à sa troisième année d’implémentation au Cameroun. Lancée en avril 2023 par le ministère de la santé publique, cette opération vise à garantir l’accès équitable à des soins de santé de qualité et à un coût abordable. Ce qui, suivant l’esprit de la lettre, marque une rupture avec les défis de santé actuels : une forte dépendance des ménages au paiement direct des soins et services de santé, une protection sociale limitée, une qualité variable des prestations sanitaires et des inégalités d’accès aux services de santé. 5 093 012 personnes y sont à ce jour enrôlées, dans le cadre de la phase pilote. Il s’agit notamment de 2 867 220 en enfants de 0 à 5 ans, 418 959 personnes vivant avec le VIH et 207 244 femmes enceintes. Ce qui marque des performances variables par rapport aux estimations initiales de 80% des cibles de la phase 1 à fin 2026 ; mais traduit de l’adhésion progressive de la population au processus. La phase pilote de la CSU a fonctionné suivant une offre de soins et services de santé tournant autour de la lutte contre le paludisme, la santé maternelle et néonatale à travers le chèque-santé (un système qui permet le suivi complet de la grossesse, l’accouchement y compris en cas de complication nécessitant une césarienne, et le suivi du nourrisson durant les 40 premiers jours de sa vie suivant une rémunération de 6000 FCFA), la lutte contre le paludisme et le VIH-Sida et l’hémodialyse, entre autres. Les résultats présentés ce 24 juillet 2026 par le ministère de la Santé font état de : 2 576 722 consultations prénatales réalisées jusqu’à l’accouchement ; 463 732 accouchements réalisés ; 21 181 césariennes réalisées ; 475 966 personnes vivants avec le VIH recevant gratuitement leur traitement. Le principal impact présentant par cette administration porte sur la réduction des charges financières de santé pour les personnes enrôlées à ce jour. Sur la période sous revue, les paiements directs des femmes enceintes pour des accouchements simples se sont établis à 5,034 millions de FCFA contre 45,308 milliards de FCFA de contribution de la SCU et 213,792 millions de FCFA pour de paiement direct des ménages pour les césariennes contre 4,062 milliards FCFA de la CSU. Dans le même temps, la répartition du coût total de la prise en charge des séances d’hémodialyse a intégré 2% de frais à la solde des ménages (soit 24,450 millions FCFA) et 98% de contribution de la CSU (1, 370 milliards FCFA). « Un peu plus de 8 milliards ont été investis dans la prise en charge des enfants de zéro à cinq ans à travers la gratuité de la consultation et du traitement du paludisme grave et simple », renseigne le ministère de la santé. D’autres impacts sont notifiés qui concerne la réduction de la mortalité maternelle pour cause institutionnelles dans les formations sanitaires ainsi que ceux liés au paludisme et au VIH-Sida. Infrastructures et financementAu Cameroun, la CSU nécessite 150 milliards FCFA par an pour couvrir progressivement les 185 affections du panier de soins de base. Ce financement doit s’accompagner d’un relèvement simultané du plateau technique, des centres de santé intégrés jusqu’aux hôpitaux de référence, à chaque étape du déploiement. Un inventaire des infrastructures et équipements disponibles a déjà été réalisé. Le financement lui-même repose sur un montage complexe (prélèvements sur salaires, quote-part cacao-café, budget du MINSANTE, taxes sur produits nocifs, cotisations du secteur informel), dont la mobilisation effective conditionne les investissements en équipements et personnel. L’Etat finance 20% pour les couches vulnérables identifiées via le registre social unifié du Cameroun (RESUC). L’Etat du Cameroun a engagé des unes séries de décaissements en faveur de la couverture santé universelle. Quoique ces derniers affichent une hausse constante entre 2023 et 2026 (47,549 milliards FCFA contre 63 348 milliards de FCFA à ce jour), ils restent inférieurs aux objectifs initiaux. Cependant, un renforcement du réseau sanitaire a lieu déjà au Cameroun. Le pays enregistre à ce jour 10 formations sanitaires publiques pour 100 000 habitants suivant les standards. Ces derniers, joints aux formations privées, atteignent le ratio de 26 Fosa pour 100 000 habitants. Les progrès enregistrés sur la période sous revue s’étendent de façon générale à l’ensemble du réseau sanitaire du pays. On y compte à ce jour 215 districts de santé contre 189 en 2018 ; mais aussi 2350 aires de santé contre 1800 sept ans plutôt. Des prouesses chirurgicales sont désormais récurrentes avec pour résultat la réduction des évacuations sanitaires vers l’étranger. Louise Nsana

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Élections locales 2027 : le RDPC prépare ses troupes dans l’ombre des polémiques

Alors que l’opinion publique reste absorbée par les débats autour du séjour privé de Paul Biya en Europe et les controverses relayées sur les réseaux sociaux, le RDPC multiplie les réunions internes pour mobiliser ses militants. Au bureau d’inscription du quartier Nkolndongo, l’affluence est timide en ce début de matinée. « Beaucoup de jeunes ne viennent pas, ils disent que la politique ne les concerne pas », confie Clarisse, agent d’Elecam. Pourtant, les responsables locaux du RDPC multiplient les appels. « Nous devons convaincre chaque citoyen d’aller s’inscrire. C’est la base de toute victoire », insiste Jean-Pierre, militant de longue date, rencontré devant le bureau. Dans les quartiers populaires de Yaoundé, la mobilisation reste contrastée. Rodrigue Kamta, vendeur de téléphones à l’Avenue Kennedy, avoue : « Je n’ai pas encore pris le temps de m’inscrire. Mais disons-nous la vérité, je suis un féru des réseaux sociaux et ce qui occupe les discussions ces derniers moments, ce sont les vidéos obscènes qui circulent sur Facebook, pas les élections. Personne ne vous parle d’élections ». La stratégie du partiLe secrétaire général du Comité central du RDPC a récemment convoqué les responsables des structures dirigeantes pour « évaluer les préparatifs » et « renforcer la mobilisation ». Selon un cadre du parti approché par Intégration, cette réunion visait à « rappeler aux militants que l’inscription sur les listes est une arme politique ». Cette démarche traduit une volonté de reprendre l’initiative dans un contexte où l’espace médiatique est saturé par les polémiques. « Le RDPC veut éviter que l’opinion se détourne des enjeux électoraux », explique Cédric Tamo, étudiant à l’Université de Yaoundé II. Pour lui, « la pré-campagne est déjà lancée, même si elle ne dit pas son nom ».Dans les rues de Yaoundé, les conversations tournent davantage autour des vidéos compromettantes diffusées en ligne que des élections. « On parle plus des scandales que des listes électorales », constate Laurence Chekoua, étudiante en sociologie. Cette distraction inquiète certains observateurs. « Si les citoyens ne s’inscrivent pas massivement, la représentativité des scrutins sera encore plus faible », alerte-t-elle. Au-delà des communesLes élections locales ne se limitent pas à la conquête des mairies et des conseils régionaux. Elles constituent un test de l’ancrage des partis et de leur capacité à mobiliser leurs électorats. « Chaque inscription est une voix potentielle. Le RDPC l’a compris et veut verrouiller le terrain », analyse Tamo. Mais l’opposition, elle, peine à se faire entendre. « Nous n’avons pas les mêmes moyens de mobilisation », reconnaît Alex, militant du MRC rencontré à Obili. « Pourtant, si les citoyens ne s’inscrivent pas, c’est tout le processus démocratique qui en souffre ».À mesure que s’approche la clôture des inscriptions, le temps politique s’accélère. Derrière les polémiques quotidiennes, les partis affûtent leurs stratégies. Le RDPC, fidèle à sa tradition d’implantation territoriale, entend conserver une longueur d’avance en mettant son appareil en ordre de bataille avant même le lancement officiel de la campagne. Comme le résume un communicant du parti au pouvoir invité sur un plateau de télévision : « les gens parlent des vidéos, mais le RDPC, lui, parle des élections. Et c’est peut-être ça qui fera la différence ». Tom

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Nomination au Parlement : sous un air de tribalisme

Les récentes nominations au Sénat, après celles de l’Assemblée nationale, relancent un débat sensible : la représentativité des élites dans les institutions de la République. Entre accusations de favoritisme régional et défense des prérogatives des présidents des chambres, la question de l’équilibre institutionnel s’invite dans les conversations populaires comme dans les cercles politiques. Dans l’effervescence du carrefour Obili à Yaoundé, les taxis klaxonnent et de jeunes hommes, assis autour d’une table dans un bistrot s’époumonent en attirant l’attention des passants. « C’est même quoi ça ? On dirait que les postes sont réservés à certains noms », souffle l’un d’entre eux, fonctionnaire à la retraite, en reposant sa bière sur la table. À ses côtés, un jeune trentenaire relativise : « Ce n’est pas parce qu’on porte un patronyme du Nord qu’on est forcément nommé par favoritisme. Mais le problème, c’est que la perception compte autant que la réalité ». Ces échanges illustrent une inquiétude diffuse : celle d’un déséquilibre institutionnel qui fragilise l’idée d’un État représentatif de toutes ses composantes. À la nuit tombée, les discussions, autour de cette table se font plus amères. « On ne voit jamais nos enfants dans ces listes », regrette Madeleine Bila, qui vient de rejoindre ce groupe d’amis. « Pourtant, ils sont diplômés aussi ». Son voisin, instituteur, ajoute : « On ne comprend plus comment fonctionne ce pays. On dirait que chacun en fait à sa guise. Quand les institutions semblent réservées à certains groupes, cela nourrit le sentiment que le pays n’appartient pas à tout le monde. Et ça crée de la frustration chez certains ». Ces échanges verbaux traduisent une préoccupation sociale profonde : l’équité territoriale comme condition de confiance dans l’État.Pour certains membres de ce groupe d’amis, il est excessif de conclure à une tribalisation des nominations sur la seule base des patronymes. Abel Wansi, rappelle : « Vous pouvez même recruter tous les membres de votre famille ou de votre village, mais pour ma part, je n’ai aucun problème avec ça. Je crois simplement que les compétences doivent aussi être pris en compte », souligne-t-il. Mais la répétition des polémiques, d’abord à l’Assemblée nationale puis au Sénat, renforce l’idée d’une appropriation communautaire des centres de décision. Au-delà des querelles partisanes, le débat révèle une exigence citoyenne : voir les institutions incarner la diversité camerounaise. Si la loi confère aux présidents des chambres une large marge de manœuvre, l’acceptabilité politique de leurs choix dépend de la confiance qu’ils inspirent. Dans un contexte où les fractures identitaires demeurent vives, chaque nomination devient un test de cohésion nationale. Ganava Simon, silencieux se lance dans le débat et affirme de vive voix :« les nominations relèvent du pouvoir discrétionnaire du président de la chambre. Elles obéissent à des critères de compétence et de confiance. Les accusations de tribalisation sont infondées et traduisent une instrumentalisation politique des débats identitaires ». Selon lui, « la cohésion nationale se construit aussi par la symbolique des choix opérés au sommet de l’État ». Tom

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Urgences traumatologiques : la CNPS investit dans les compétences

Former plus, intervenir plus vite, sauver davantage de vies : à Yaoundé, l’entreprise fait de la médecine d’urgence une priorité stratégique. Accidents de la circulation, accidents du travail, traumatismes graves… Face à des situations où chaque minute peut être décisive, la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) entend renforcer la qualité de la prise en charge dans ses établissements hospitaliers. C’est tout l’enjeu de la deuxième édition des Journées d’anesthésie-réanimation et de médecine d’urgence des Centres hospitaliers d’entreprises (JARMU-CHE), organisée les 24 et 25 juillet 2026 à Yaoundé. Pendant deux jours, anesthésistes-réanimateurs, urgentistes, chirurgiens et médecins ont partagé leurs expériences autour du thème : « Urgences traumatologiques : approche intégrée du préhospitalier à la réanimation ». L’objectif est clair : améliorer chaque étape de la prise en charge, depuis les premiers secours sur le lieu de l’accident jusqu’aux soins intensifs.Les échanges ont porté sur le renforcement des compétences des équipes médicales, l’amélioration de la chaîne des secours, l’utilisation d’équipements modernes et le développement de la recherche clinique. Pour les spécialistes, une meilleure coordination entre les différents intervenants est essentielle afin de réduire les décès évitables et les séquelles liées aux traumatismes.Cette rencontre scientifique traduit également la volonté de la CNPS d’investir durablement dans la formation continue de son personnel de santé. Face à l’évolution constante des pratiques médicales, les professionnels sont appelés à actualiser régulièrement leurs connaissances pour offrir des soins conformes aux standards internationaux.Au-delà des communications scientifiques, les JARMU-CHE favorisent le partage d’expériences entre praticiens de différentes spécialités. Une approche multidisciplinaire devenue indispensable pour répondre efficacement aux urgences les plus complexes. À travers cette initiative, la CNPS réaffirme son ambition de faire de ses centres hospitaliers de véritables pôles d’excellence. En misant sur des équipes mieux formées, des équipements performants et une coopération médicale renforcée, l’institution entend offrir aux travailleurs, mais aussi à l’ensemble des populations, une prise en charge plus rapide, plus sûre et plus efficace face aux urgences traumatologiques. Bobo Ousmanou

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Marché continental de la ZLECAf : Camercap-Parc sonde la piste d’une intégration CEEAC–CEDEAO

Le renforcement des échanges entre les deux blocs régionaux apparaît comme une opportunité économique pour l’Afrique centrale, à la condition cependant d’un déploiement stratégique sur ces marchés. La littérature autour de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) se densifie, au regard de son importance stratégique pour les économies d’Afrique. Or, s’il est déjà prouvé l’intérêt de cette initiative de l’Union africaine, les moyens pour en tirer pleinement profit restent un vaste chantier de réflexions et de décisions à prendre pour la sous-région Afrique centrale. Ici, l’ambition impose une relecture des dynamiques commerciales intra-régionales, mais aussi avec les autres communautés économiques. En la matière, le Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales du Cameroun (Camercap-Parc) fait pencher la balance en faveur d’une intégration économique densifiée entre la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette posture a été mise en avant mercredi, 29 juillet 2026, à la faveur de la présentation des résultats d’une étude sur les déterminants des échanges entre les parties. « Cette étude fait partie d’un lot d’autres études avec d’autres angles d’attaque, et tout cela, au final, sera présenté et proposé à la Commission de l’Union africaine après une autre rencontre prévue au mois d’octobre à Cotonou pour tous les think tanks africains qui auront réfléchi sur le domaine, afin de voir comment on peut booster cette zone de libre-échange continentale », explique le Dr Adalbert Ze, expert Camercap-Parc, au sujet de l’étude commanditée par l’African Capacity Building Foundation (ACBF), organe rattaché à la Commission de l’Union africaine. La réalité commerciale de la CEEAC est dominée par la faiblesse des flux commerciaux en son sein, d’une part, et avec la CEDEAO, d’autre part. En 2024, le commerce intra-CEEAC ne s’élève qu’à 3,1 milliards de dollars US. Le Congo se distingue comme premier exportateur intra-régional avec 976,15 millions de dollars, principalement vers le Tchad et la Guinée équatoriale. L’Angola suit avec 567,72 millions de dollars, orientés vers le Congo et la RDC. Entre la CEDEAO et la CEEAC, les échanges restent embryonnaires. Pourtant, le potentiel est considérable, relève-t-on dans les échanges tenus à Yaoundé. « Le Nigeria compte 220 millions d’habitants. Associée à l’AES – Mali, Burkina Faso, Niger – la CEDEAO et la CEEAC forment un marché de près de 650 millions de personnes. Or, en cinq ans de ZLECAf, le Cameroun n’a enregistré que 7 transactions. Dans le même temps, les produits nigérians inondent le Grand Nord camerounais, signe d’une intégration de fait qui échappe encore aux cadres formels », précise le Pr Ndip Remes, expert en finances publiques. Dès lors, l’opportunité se profile dans toute sa profondeur. Il est question de rapprocher les deux blocs par une intégration économique renforcée entre le Cameroun et le Nigeria, avec un effet de captation d’un marché de 650 millions de consommateurs, la création de chaînes de valeur régionales et le positionnement du Cameroun comme leader en Afrique centrale, capable d’arrimer la CEEAC à la CEDEAO. Le filon Cameroun–NigeriaLe Camercap-Parc défend la théorie des pays voisins. « Un État a généralement pour premier partenaire commercial son voisin. États-Unis–Canada, France–Allemagne en sont l’exemple. Le Cameroun devrait donc inonder ses voisins, à commencer par le Nigeria », assure-t-on, nonobstant divers obstacles qui freinent le déploiement à grande échelle du secteur privé d’Afrique centrale. Notamment les difficultés liées au démantèlement des barrières tarifaires, les tracasseries douanières le long des corridors, un climat des investissements délétère, la contrebande, le manque d’infrastructures qualité, entre autres. « En termes de développement de l’infrastructure qualité, ça se passe assez bien au niveau de la CEEAC et au niveau de la CEDEAO. Nous sommes à côté d’un mastodonte qui a achevé le développement de son infrastructure qualité. C’est un déterminant à retenir, parce que pour se déployer vers un marché d’exportation, il faut connaître ses exigences réglementaires. Et c’est le développement de l’infrastructure qualité, notamment le suivi-évaluation de la conformité et le certificat de conformité, qui facilitent le déploiement, si et seulement si l’autre partie accepte le certificat présenté. Si le Nigeria, qui a son infrastructure complètement développée, veut signer un accord de reconnaissance mutuelle avec le Cameroun, il faut qu’il se rassure que nous avons une infrastructure qualité totalement développée. Et ce n’est pas encore le cas. Ce qui fait qu’on entend parler du MOU entre l’ANOR (Agence des normes et de la qualité) et la NAFDAC (agence nationale nigériane pour l’administration et le contrôle des aliments et des médicaments) depuis des années, et ça n’avance pas à cause de notre infrastructure embryonnaire. Et c’est le cas de beaucoup de pays de la CEEAC », explique Gisèle Rolande Mvoto, chef de la Cellule des études et des projets de l’ANOR. Plusieurs mécanismes sont proposés pour améliorer le contexte des affaires dans la CEEAC. Ils concernent l’application des articles 8 et 10 de l’Accord sur la ZLECAf ; l’harmonisation des procédures et la reconnaissance mutuelle des certificats de conformité ; la digitalisation des procédures et la sécurisation des corridors ; la production et la diffusion d’informations commerciales ciblées afin d’orienter les opérateurs vers les produits à forte demande. Louise Nsana

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