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Quand l’enseignant est méprisé, l’avenir est en danger : anticiper le risque, prévenir le désastre

Le communiqué du BEN-SYNES du 3 septembre 2026 rappelle une situation que nous ne pouvons plus considérer comme ordinaire : des droits dus aux enseignants restent impayés, la dette académique demeure et les réponses attendues tardent à se matérialiser. C’est dans ce contexte qu’est lancé le mot d’ordre de « rentrée académique morte » et de grève illimitée jusqu’à satisfaction des revendications. Mais l’enjeu dépasse notre seule corporationUne Nation qui néglige durablement ses enseignants fragilise son propre avenir.Nul besoin d’être du pouvoir ou de l’opposition, chrétien, musulman ou adepte d’une autre spiritualité, de telle région ou de telle communauté, privilégié ou non privilégié, pour en convenir. L’éducation est un bien commun. Elle mérite d’être protégée et défendue, parce qu’elle demeure l’un des fondements les plus sûrs du progrès collectif.L’enseignant forme le médecin, l’ingénieur, le magistrat, l’officier, l’administrateur, le chercheur et le décideur public. Lorsqu’il est durablement découragé, frustré ou privé de ses droits, ce n’est pas seulement un travailleur qui souffre : c’est tout le système de transmission du savoir qui s’affaiblit.Un pays peut compromettre son avenir sans tirer un seul coup de feu : il suffit que son système éducatif se dégrade durablement. Les conséquences, elles, se transmettent de génération en génération. Nos traditions nous invitent, chacune à leur manière, à relativiser les privilèges et à revenir à l’essentiel. L’Ecclésiaste rappelle : « Vanité des vanités, tout est vanité » (Ecclésiaste 1,2). Le Coran souligne le caractère passager des rivalités de prestige, de biens et de puissance (Coran 57,20). La philosophie africaine enseigne, quant à elle, que « la sagesse est comme un baobab : une seule personne ne peut l’embrasser ».Nos fonctions passeront. Nos nominations passeront. Nos avantages passeront.Mais l’Université que nous transmettrons aux générations futures demeurera.Faire bloc ne signifie pas se dresser contre l’État. C’est, au contraire, agir pour l’Université, pour l’État et pour le Cameroun. Le paiement des droits acquis, l’apurement de la dette académique et l’instauration d’un dialogue social sincère ne constituent pas des faveurs : ils relèvent de la justice, de la dignité professionnelle et de la responsabilité nationale.Cette interpellation doit toutefois s’accompagner d’un regard sur nous-mêmes.Mon grand-père, catéchiste, me répétait : « Lorsque tu pointes quelqu’un du doigt, trois doigts restent tournés vers toi : ils t’invitent à examiner ta propre part de responsabilité. Et ton pouce, tourné vers le ciel, te rappelle Dieu, le Créateur : sois honnête envers toi-même et demeure humble.»Interpellons donc les pouvoirs publics. Mais questionnons aussi nos silences, nos calculs, nos peurs, nos divisions et nos renoncements.Au-delà de nos confessions, de nos appartenances politiques, de nos régions, de nos grades et de nos intérêts particuliers, une même responsabilité devrait nous rassembler :respecter l’enseignant, préserver l’Université et protéger l’avenir du Cameroun.Défendre la dignité de l’enseignant, ce n’est pas défendre une corporation.C’est prévenir aujourd’hui un risque national avant qu’il ne devienne demain un désastre collectif. Joseph BOMDADélégué SYNES-FSE/UN

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Former des Africains capables de transformer l’Afrique

À l’occasion de la Journée de l’excellence, célébrée le 4 septembre 2026, le capitaine Ibrahim Traoré s’est adressé aux élèves et lycéens burkinabè avec un langage qui mérite d’être entendu bien au-delà des frontières du Burkina Faso. Son intervention avait quelque chose de profondément interpellateur. Elle ne se limitait pas à féliciter les meilleurs élèves ni à célébrer les performances scolaires. Elle posait une question beaucoup plus fondamentale: à quoi doit servir l’école africaine ? Le chef de l’État burkinabè a dressé un constat sans complaisance: « Nous sommes en train de nous industrialiser mais la ressource humaine manque. Cette année, sur 65 000 bacheliers, seuls 571 ont obtenu le bac C, 38 le bac E (technologie industrielle)… On nous a mis dans un système éducatif improductif. Personne pour construire une raffinerie. Nous sommes de gros théoriciens. En pratique, nous sommes nuls. La plupart des ingénieurs ne savent rien fabriquer. Ne soyez pas comme nous. Soyez pratiques. »Ces propos peuvent paraître sévères. Ils sont pourtant révélateurs d’un problème que beaucoup de pays africains connaissent depuis des décennies: l’école forme souvent des diplômés à la recherche d’un emploi plutôt que des compétences capables de créer, de produire et de résoudre les problèmes concrets de leurs sociétés.Il ne s’agit évidemment pas de mépriser les connaissances théoriques. Une société moderne a besoin de philosophes, d’historiens, de juristes, de sociologues, d’économistes, de linguistes et de théologiens. Mais elle a également besoin de scientifiques, de techniciens, d’ingénieurs, d’agronomes, de mécaniciens, d’informaticiens, de médecins, d’architectes et d’artisans hautement qualifiés. Elle a surtout besoin de femmes et d’hommes capables de transformer la connaissance en action. C’est précisément là que le propos d’Ibrahim Traoré rejoint, à plusieurs décennies de distance, la pensée de Cheikh Anta Diop. En 1984, à Niamey, au Niger, s’adressant à la jeunesse africaine, Diop lançait cette recommandation devenue célèbre: « Formez-vous. Armez-vous de sciences jusqu’aux dents. » Cette formule ne constituait pas une invitation à accumuler des diplômes pour le prestige social. Elle exprimait une conviction profonde : un peuple qui ne maîtrise pas les sciences et les techniques demeure dépendant de ceux qui les maîtrisent.La dépendance politique et économique commence souvent par une dépendance scientifique et technologique. Lorsqu’un pays ne sait pas fabriquer ses propres machines, transformer ses matières premières, produire ses médicaments, développer ses logiciels, construire ses infrastructures ou assurer la maintenance de ses équipements, il reste vulnérable. Il peut posséder de l’or, du pétrole, du cacao, du coton, de l’uranium ou du lithium ; s’il ne maîtrise pas les techniques permettant de transformer ces ressources, il continuera à exporter des matières premières et à importer des produits finis à des prix qu’il ne contrôle pas. L’enjeu de l’éducation est donc immense. L’école ne doit pas seulement enseigner à lire, à s’exprimer et à écrire ; elle doit enseigner à comprendre, à inventer, à fabriquer et à transformer. Elle doit former des esprits capables de poser des questions, d’identifier les problèmes et de chercher des solutions adaptées aux réalités africaines.C’est pourquoi l’appel du président burkinabè à être « pratiques » mérite une attention particulière. Être pratique ne signifie pas abandonner la théorie. Au contraire, une pratique efficace repose sur une connaissance solide. Mais la connaissance qui ne débouche jamais sur une réalisation concrète risque de rester stérile. À quoi sert de connaître parfaitement les principes de fonctionnement d’une machine si l’on est incapable de la construire, de la réparer ou même de l’améliorer ? À quoi sert de former des ingénieurs qui dépendent toujours d’experts étrangers pour les opérations essentielles ? À quoi sert de parler d’industrialisation lorsque les compétences nécessaires à cette industrialisation font défaut ?L’Afrique doit donc réconcilier la tête et les mains, la théorie et la pratique, la connaissance et la production. Elle doit maîtriser « la plume et la pioche » (Jean-Marc Ela). L’enfant africain doit pouvoir apprendre non seulement à lire et à écrire, mais aussi à expérimenter, à construire, à programmer, à réparer, à cultiver, à transformer et à entreprendre. L’école devrait être davantage reliée aux réalités économiques et sociales du pays. Cette orientation ne signifie pas que les sciences humaines doivent être sacrifiées. Cheikh Anta Diop lui-même ne réduisait pas la formation de la jeunesse africaine aux seules sciences exactes. Pour lui, connaître les mathématiques, la physique, la chimie ou la biologie était essentiel, mais connaître son histoire, sa culture et ses civilisations l’était tout autant. Un peuple qui maîtrise les techniques mais ignore son histoire peut devenir puissant sans nécessairement devenir libre.La véritable formation doit donc être intégrale. Il faut former des scientifiques qui connaissent leur histoire, des ingénieurs qui comprennent leur société, des économistes qui connaissent les réalités de leurs peuples et des intellectuels qui ne soient pas coupés des problèmes matériels auxquels leurs compatriotes sont confrontés.Car la connaissance de soi est aussi une force. Celui qui ignore son histoire risque de croire que son peuple n’a jamais rien produit de significatif. Celui qui ignore les capacités scientifiques et techniques de ses ancêtres peut intérioriser l’idée selon laquelle la créativité et l’intelligence seraient l’apanage d’autres peuples. Cheikh Anta Diop s’est précisément battu contre cette aliénation intellectuelle (cf. « L’unité culturelle de l’Afrique noire », Présence Africaine, 1960)L’autre aspect du discours d’Ibrahim Traoré concerne la religion. Le capitaine burkinabè a également dénoncé l’attitude de certains croyants qui attendent tout de Dieu sans faire travailler l’intelligence que Dieu leur a donnée. Cette remarque touche à une question spirituelle et sociale importante. La foi ne devrait jamais devenir un refuge contre l’effort, la responsabilité ou l’intelligence. Prier n’est pas renoncer à agir. Croire en Dieu ne signifie pas attendre passivement qu’Il accomplisse à notre place ce que nous sommes capables de faire nous-mêmes. Si le Créateur a donné à l’être humain l’intelligence, la créativité, les mains, la capacité de réfléchir et de travailler, c’est précisément pour qu’il s’en serve afin de transformer le monde. De ce point de vue, le dominicain français Vincent Cosmao avait raison de considérer la transformation du monde comme une mission de l’Église catholique (cf.

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Caisses de dépôts africaines : Libreville capitalise sur les bonnes pratiques

À Libreville, les Caisses de dépôts africaines ont parlé argent, mais surtout argent patient. Les 2 et 3 septembre, la Caisse des Dépôts et Consignations du Gabon (CDC Gabon) a accueilli la première édition du Forum National de l’Épargne pour le Développement (FONED). Sous le très haut patronage du président Brice Clotaire Oligui Nguema, la rencontre a rassemblé des représentants des Caisses de dépôts de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Bénin, du Niger ainsi que de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) du Maroc.Ces institutions ont partagé leurs expériences en matière de mobilisation de l’épargne institutionnelle, de financement des infrastructures, de gouvernance et de gestion des risques. L’exercice a semblé technique, mais il a porté sur une matière première devenue rare : le financement de long terme. Dans des économies africaines confrontées à des besoins massifs en logements, routes, équipements publics et investissements productifs, les Caisses de dépôts disposent d’un avantage particulier. Elles peuvent mobiliser des ressources relativement stables pour financer des projets dont la rentabilité ne s’est pas toujours mesurée en quelques mois. À Libreville, le mot d’ordre a été la mutualisation. Les participants ont comparé leurs méthodes, identifié leurs difficultés communes et examiné les mécanismes susceptibles de renforcer leur coopération. Gestion des risques, contrôle interne, gouvernance prudentielle, reporting ou encore véhicules de co-investissement ont constitué le menu des discussions.Le Maroc a occupé une place particulière dans cette conversation. Fondée en 1959, la CDG a offert l’un des exemples africains les plus anciens d’une institution capable d’articuler mobilisation de l’épargne et investissement à long terme. Pour les Caisses plus récentes, l’expérience marocaine a donc servi de laboratoire grandeur nature.L’enjeu n’a cependant pas consisté à copier un modèle clé en main. Chaque pays a ses contraintes, ses règles et ses besoins. Les échanges ont plutôt cherché à faire circuler les solutions : comment mieux sélectionner les projets ? Comment limiter les risques ? Comment construire des instruments capables d’attirer d’autres investisseurs ? Et surtout, comment faire en sorte que l’épargne collectée ne se soit pas contentée de dormir dans les bilans ? La CEMAC a posé ses propres règlesPour les institutions de la sous-région, ces discussions ont revêtu une importance particulière. En juillet 2025, le Conseil d’administration de la BEAC a donné son avis conforme à l’adoption d’un règlement encadrant les conditions d’exercice et la supervision des Caisses des dépôts et consignations dans la CEMAC. Le Comité ministériel de l’UMAC a ensuite adopté à l’unanimité le règlement n°01/25/CEMAC/UMAC/CM/COBAC.Cette évolution a marqué une étape dans la normalisation d’un secteur appelé à prendre davantage de poids dans le financement des économies de la sous-région. Elle a également rappelé que les Caisses de dépôts n’ont pas seulement été des institutions financières parmi d’autres. En concentrant une partie de l’épargne institutionnelle et en l’orientant vers des investissements de long terme, elles ont touché à une question sensible : celle de la souveraineté financière.Dans la capitale gabonaise, la question de la gouvernance a donc occupé une place centrale. Il a fallu concilier rendement, sécurité des ressources, discipline prudentielle et intérêt général. Un exercice d’équilibriste, dans des économies où la frontière entre financement du développement et financement public a parfois été particulièrement mince.Le pari a également été diplomatique. Élu en 2019 à la présidence du Forum des Caisses de dépôt pour 2020-2021, le Gabon avait affiché l’ambition de promouvoir ce modèle au-delà de la CEMAC, notamment vers l’Afrique de l’Est et australe. La rencontre de septembre a ainsi permis de remettre cette ambition sur la table. De la bonne pratique au bon placementReste que le plus difficile a commencé après les discours : transformer les recommandations en investissements. Les Caisses de dépôts ont disposé d’un avantage précieux dans des économies où les financements ont souvent été trop courts : elles ont pu mobiliser une épargne patiente pour des projets dont les effets se sont inscrits dans la durée.Logement, infrastructures, entreprises et aménagement territorial ont constitué autant de besoins. Encore faut-il disposer de véhicules d’investissement solides, de règles prudentielles harmonisées et d’une gouvernance suffisamment robuste pour éviter que l’épargne publique ne se transforme en caisse de dépannage.À Libreville, les Caisses africaines ont donc cherché moins à aligner leurs discours qu’à rapprocher leurs pratiques. Le véritable test consiste désormais à transformer ces échanges en projets, en financements et, surtout, en résultats. Ongoung Zong Bella

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De la reconnaissance des crimes de la traite et de l’esclavage à une justice réparatrice

Il y a quelque chose d’assez commode dans la manière dont le monde moderne traite l’esclavage. On reconnaît le crime, on prononce quelques mots soigneusement choisis, on inaugure parfois une plaque commémorative, on organise une cérémonie avec des costumes officiels et des discours sur la mémoire. Puis chacun rentre chez soi, le devoir accompli. L’histoire, elle, est priée de rester sagement dans son musée. Le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale, le CERD, vient de rappeler une évidence que beaucoup préfèrent oublier : les excuses ne suffisent plus. À l’occasion de la Journée internationale des personnes d’ascendance africaine, célébrée le 31 août, les experts appellent les États à passer de la reconnaissance des crimes de la traite et de l’esclavage à une véritable politique de justice réparatrice.Pendant des siècles, l’Afrique a fourni des hommes, des femmes, des enfants. Les négriers ont fourni les chaînes, les comptoirs les registres et les empires la bénédiction. Aujourd’hui, certains États fournissent des excuses. Il serait peut-être temps qu’ils fournissent aussi les réparations. Et la, il faut bien poser la question qui fâche : que vaut une repentance sans réparation ? Une excuse sans conséquence ressemble parfois à une amende payée avec des mots. C’est élégant, c’est solennel, c’est parfaitement indolore.Or l’esclavage n’a pas seulement laissé derrière lui des chaînes rouillées et des archives poussiéreuses. Il a produit des économies, enrichi des familles, consolidé des puissances, organisé des hiérarchies raciales et installé durablement l’idée que certains êtres humains pouvaient être achetés, vendus et exploités parce qu’ils étaient noirs.Cette histoire n’a pas disparu avec l’abolition. Elle survit dans les inégalités économiques, les discriminations, certains écarts d’accès à l’éducation et aux soins, les stéréotypes, et les violences raciales. Dans cette étrange géographie mondiale où les descendants de ceux qui ont été dépouillés continuent souvent de vivre avec moins, tandis que les descendants des systèmes qui ont profité de cette spoliation disposent encore d’une avance confortable. Évidemment, personne ne propose de remonter le temps avec un carnet de chèques pour régler chaque transaction du XVIIe siècle. Ce serait juridiquement, historiquement et matériellement absurde. Mais faire comme si l’histoire n’avait laissé aucun passif l’est tout autant.Réparer ne signifie pas simplement distribuer de l’argent. Le CERD parle aussi de restitution, de réhabilitation, de satisfaction, de garanties de non-répétition et de réformes structurelles. Autrement dit : rendre ce qui peut l’être, compenser ce qui doit l’être, transformer ce qui doit changer.Voilà qui complique sérieusement le cérémonial. Car réparer suppose de regarder les archives, de savoir qui a possédé quoi, qui a financé quoi, qui s’est enrichi grâce à quoi. Cela signifie interroger les banques, les compagnies commerciales, les assureurs, les universités, les institutions religieuses et les entreprises dont certaines ont, directement ou indirectement, bénéficié de cette économie de prédation. Le CERD les invite d’ailleurs à reconnaître leur rôle historique, à ouvrir leurs archives et à contribuer aux réparations, proportionnellement à leur implication et aux avantages qu’elles ont tirés de ce système. Voilà une idée qui risque de faire tousser dans quelques conseils d’administration.Mais l’Afrique elle-même doit se garder d’une posture purement victimaire. La réparation ne peut être seulement une rente mémorielle. Elle doit devenir une politique de puissance. Si des mécanismes de justice réparatrice sont engagés, ils devraient servir à financer l’éducation, la recherche historique, la santé, le patrimoine, l’entrepreneuriat, les infrastructures et la transmission culturelle. Réparer, ce n’est pas entretenir le passé : c’est donner au présent les moyens de corriger ses héritages.Il faudra également éviter un autre piège : parler de l’Afrique sans les Africains. Le CERD insiste justement sur la « participation pleine et effective » des personnes d’ascendance africaine et des communautés concernées. C’est essentiel. Les réparations ne doivent pas être imaginées dans des bureaux climatisés par ceux qui ont toujours eu le privilège de définir le problème, la solution et parfois même le montant de la facture. L’enjeu dépasse donc la morale. Il est politique, économique, institutionnel et même géopolitique. Une puissance qui prétend défendre les droits humains ne peut éternellement demander aux autres de regarder leurs crimes tout en rangeant les siens dans la vitrine des musées. L’histoire n’est pas une blanchisserie où quelques excuses suffiraient à nettoyer plusieurs siècles de prédation. L’Afrique ne demande pas que l’on réécrive l’Histoire. Elle demande qu’on cesse de l’écrire comme si ses conséquences avaient disparu.Le temps n’efface pas toujours les dettes. Il peut même, parfois, les faire fructifier. Alors oui, que les États présentent leurs excuses. Que les institutions reconnaissent leurs responsabilités. Que les musées racontent les crimes. Que les archives s’ouvrent.Mais ensuite, qu’on passe à la caisse. Parce qu’après des siècles de traite, d’esclavage et de racisme institutionnalisé, la mémoire sans justice risque de n’être qu’une autre façon, plus polie, de demander aux victimes de patienter. Jean-René Meva’a Amougou

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Charles Assamba Ongodo, Vice-Président de la Commission de la Cemac : «le Plan stratégique constitue le socle du dispositif de Budget-Programme»

Le 02 septembre 2026 Monsieur le Président de la Commission,Messieurs les Commissaires,Madame la Consultante,Mesdames et Messieurs, Je voudrais tout d’abord vous remercier pour votre présence à cet atelier consacré à l’appropriation du Plan Stratégique 2027-2030 et du dispositif de Budget-Programme de notre Commission.Cette rencontre constitue une étape importante dans le processus de transformation institutionnelle engagé au sein de notre organisation. Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de Transformation de la Commission, qui a défini quatre axes stratégiques, dont l’axe 4 intitulé :« Une vision et une stratégie partagées ».Cet axe vise à permettre à notre institution de recentrer ses interventions sur les chantiers prioritaires de l’intégration régionale, de renforcer sa cohésion interne, de se doter d’objectifs communs et de générer un impact mesurable dans l’accomplissement de ses missions.Pour atteindre ces objectifs, deux chantiers structurants ont été retenus :• l’élaboration du Plan stratégique de la Commission dès 2025 ;• la mise en place d’un Budget-Programme pour un démarrage dès 2026.Ces deux initiatives ont pour vocation de doter la Commission d’un cadre moderne de pilotage stratégique orientant l’action de l’ensemble des départements et renforçant les synergies avec les autres institutions communautaires.Le Plan stratégique constitue en effet le socle du dispositif de Budget-Programme. Celui-ci doit permettre de moderniser et de rationaliser notre gestion budgétaire en substituant à une logique de moyens une logique de résultats et d’impacts, grâce à un lien direct entre les ressources mobilisées, les programmes mis en œuvre et les objectifs stratégiques poursuivis, assortis d’indicateurs précis de performance. Le coût global de réalisation de ces deux chantiers a été initialement estimé à 295 millions de FCFA. Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires,Face au retard constaté dans le démarrage des activités préparatoires qui avaient initialement été confiées à la Cellule de Transformation avec l’appui du Cabinet Performances, le Collège des Commissaires a décidé de placer ces deux chantiers sous ma conduite directe et de les retirer du champ d’intervention du Cabinet Performances.Cette réorganisation a permis d’engager rapidement plusieurs actions structurantes.Ainsi, une mission d’imprégnation que j’ai conduite auprès de la Commission de l’UEMOA nous a permis de nous approprier les méthodes, techniques et pratiques de mise en place et d’exécution d’un budget-programme.Parallèlement, une seconde mission conduite par le Directeur de la Planification Stratégique auprès de cette même institution a porté sur les méthodes et techniques d’élaboration et de mise en œuvre d’un plan stratégique.Enfin, une équipe restreinte de cadres de la Commission a participé, sous ma conduite, à deux séminaires-ateliers organisés à Casablanca et à Malabo, consacrés au renforcement des capacités en matière de Budget-Programme, de Performance publique, de Planification stratégique et de Gestion axée sur les résultats.Ces acquis ont servi de fondement aux travaux engagés par la suite.À cet égard, une retraite technique s’est tenue à Malabo du 22 au 26 juin 2026 avec l’appui de Madame le Professeur Viviane ONDOUA BIWOLE, recrutée comme consultante pour accompagner ce processus.Cette retraite a permis d’élaborer une première esquisse du Plan Stratégique 2027-2030 et d’adopter un chronogramme structuré autour de quatre phases :• l’intégration des contributions complémentaires et des données manquantes ;• le complément du diagnostic et la mise en forme de l’esquisse du Plan stratégique ;• l’organisation d’un atelier technique de pré-validation ;• la validation par le Collège des Commissaires et l’adoption par le Conseil des Ministres du Plan Stratégique et du Budget-Programme.Conformément à cette feuille de route, un atelier d’enrichissement et de pré-validation s’est ensuite déroulé à Douala du 27 au 31 juillet 2026.Cet atelier a mobilisé une équipe élargie de cadres représentant les différents départements et structures rattachées de la Commission, avec l’appui du même consultant, garantissant ainsi la cohérence méthodologique des travaux engagés. Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires,Les résultats obtenus à ce jour sont particulièrement encourageants.Les travaux conduits ont permis :• de valider la structure générale du Plan Stratégique 2027-2030 ;• de valider sa vision ainsi que son objectif global ;• de définir cinq axes stratégiques, déclinés en cinq programmes et quarante-cinq actions prioritaires ;• de consolider un cadre de performance comportant cent soixante-dix indicateurs destinés à mesurer les impacts, les effets et les résultats attendus ;• de renseigner la matrice des activités, des tâches, des responsabilités institutionnelles et de la nature économique des dépenses ;• de valider l’architecture du Budget-Programme 2027 ainsi que les principaux outils de programmation budgétaire, notamment le Cadre Budgétaire à Moyen Terme (CBMT), le Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) et le Projet Annuel de Performance (PAP) ;• d’actualiser la feuille de route devant encadrer la finalisation et l’adoption des documents stratégiques et budgétaires. Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires,Je voudrais cependant attirer votre attention sur une préoccupation qui mérite d’être soulignée. À l’issue de l’atelier de Douala, les départements étaient invités à examiner, compléter et valider les programmes, actions, indicateurs, activités et estimations de coûts relevant de leurs domaines de compétence, puis à transmettre leurs contributions à la Direction de la Planification Stratégique au plus tard le 07 août 2026, conformément à ma note n°000558 du 03 août 2026. Face aux retards observés, une relance a été adressée à l’ensemble des départements par ma note n°000566 du 10 août 2026. Malgré ces deux correspondances, plusieurs contributions attendues n’ont toujours pas été transmises. Cette situation a eu pour conséquence de retarder les travaux de consolidation et de finalisation des documents stratégiques et budgétaires, alors même que le respect du calendrier constitue une condition essentielle à la réussite de cette réforme. Je souhaite donc appeler chacun à un engagement plus soutenu et à une plus grande diligence dans le respect des échéances, afin que les efforts déjà consentis par l’ensemble des équipes puissent produire pleinement les résultats attendus au bénéfice de notre Institution. Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires,Le Plan Stratégique 2027-2030 et le dispositif de Budget-Programme constituent un levier essentiel pour la transformation de notre institution.Ils visent à :• ancrer l’action de la Commission dans une vision partagée et des objectifs mesurables ;• renforcer la cohérence et les synergies entre les départements ainsi qu’avec les autres

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Plan stratégique et budget-programme : la Commission de la CEMAC précise le cap

Les dispositifs concernés sont au centre L’atelier d’appropriation du Plan Stratégique 2027-2030 et du dispositif de Budget-Programme s’est ouvert par visioconférence mercredi 02 septembre 2026. Une appropriation qui vise directement les membres du gouvernement de la Commission. Cette démarche s’inscrit dans le Plan de Transformation de la Commission, dont l’un des quatre axes vise à doter l’institution d’une vision et d’une stratégie partagées. Deux chantiers structurants ont été retenus à cet effet : l’élaboration du Plan stratégique dès 2025 et la mise en place d’un Budget-Programme prévu pour démarrer en 2026, pour un coût global initialement estimé à 295 millions de FCFA. Ces deux initiatives doivent doter la Commission d’un cadre moderne de pilotage stratégique. Le Budget-Programme vise notamment à remplacer une logique de moyens par une logique de résultats et d’impacts, en reliant directement ressources mobilisées, programmes mis en œuvre et objectifs stratégiques, assortis d’indicateurs de performance précis.Une présentation détaillée de la mouture du plan stratégique baptisé « PACTE 2030 ». Il vise à terme à renforcer la contribution effective de la Commission à l’intégration économique et monétaire de l’Afrique centrale et à l’amélioration des conditions de vie des populations, grâce à la mise en œuvre disciplinée de programmes priorisés, mesurables et financés.Ledit atelier se tient dans un contexte marqué par un retard dans le démarrage des travaux préparatoires, initialement confiés à la Cellule de Transformation avec l’appui d’un cabinet extérieur. Le Collège des Commissaires a de ce fait décidé de confier la conduite directe de ces deux dossiers au Vice-Président de la Commission. Plusieurs actions ont suivi cette réorganisation : des missions d’imprégnation auprès de la Commission de l’UEMOA portant sur les méthodes de budget-programme et de planification stratégique, la participation d’une équipe de cadres à des séminaires de renforcement des capacités organisés à Casablanca et à Malabo, puis une retraite technique tenue à Malabo du 22 au 26 juin 2026, avec l’appui de la consultante Viviane Ondoua Biwole. Cette retraite a permis d’élaborer une première esquisse du Plan Stratégique 2027-2030, complétée par un atelier d’enrichissement et de pré-validation tenu à Douala du 27 au 31 juillet 2026. Ces travaux ont abouti à la validation technique de la structure générale, de la vision et de l’objectif global du Plan Stratégique. Lequel est désormais organisé en cinq axes stratégiques déclinés en cinq programmes et quarante-cinq actions prioritaires. Un cadre de performance de cent soixante-dix indicateurs a été consolidé pour mesurer impacts, effets et résultats attendus. Une esquisse de l’’architecture du Budget-Programme 2027 a dans la foulée également été dessinée autour de trois outils de programmation : le Cadre Budgétaire à Moyen Terme, le Cadre de Dépenses à Moyen Terme et le Projet Annuel de Performance.L’atelier du 2 au 4 septembre 2026 a pour objectif une validation politique des travaux déjà réalisés par les équipes techniques, et non un nouveau travail de rédaction. Trois journées thématiques sont prévues : présentation de la vision et de l’architecture du Plan Stratégique, examen du cadre de performance et de l’architecture du Budget-Programme, puis validation des modalités de la période transitoire et de la feuille de route. Les livrables attendus sont un Plan Stratégique validé, un dispositif de Budget-Programme validé, un relevé des décisions et recommandations, ainsi qu’une feuille de route actualisée et adoptée. Louise Nsana

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Remaniement militaire : Paul Biya redessine la chaîne de commandement militaire

Le 31 août 2026, huit décrets présidentiels ont profondément modifié l’organisation militaire camerounaise. Des états-majors aux tribunaux militaires, en passant par les régions opérationnelles et la diplomatie de défense, l’ensemble de l’appareil est touché. Le lendemain de leur signature, les huit décrets paraissent dans les colonnes des journaux. Pris séparément, chacun porte sur un segment précis de l’appareil militaire. Ensemble, ils dessinent l’un des mouvements de réorganisation les plus étendus observés ces dernières années au sein des forces armées camerounaises. « Aucun niveau n’a été épargné », résume Hans Nabo, officier supérieur à la retraite qui a suivi la publication des textes. « Quand on regarde l’ensemble, on constate que l’État-major, les régions militaires, les unités opérationnelles et même la justice militaire sont concernés dans ce même mouvement ». En une seule journée, Paul Biya, chef de l’État et chef suprême des armées, a signé une série de décrets qui redéfinissent les responsabilités au sein de l’Armée de Terre, de l’Armée de l’Air, de la Marine nationale, des régions militaires interarmées et de plusieurs structures spécialisées. Pour les camerounais, cette opération rappelle surtout le degré de centralisation du système de commandement. « Tout remonte au président », analyse l’universitaire Socrates Thiam. « Les décrets montrent une fois de plus que les nominations militaires stratégiques restent directement rattachées à la présidence de la République ». Dans les textes publiés, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense apparaît essentiellement comme chargé de l’application des décisions prises au sommet de l’État. Les choix de nomination, eux, relèvent exclusivement de la signature présidentielle. Au-delà du volume des changements, certains détails retiennent particulièrement l’attention. Dans plusieurs structures, les nouvelles affectations confient différentes responsabilités à un même officier. Des postes liés au renseignement, aux opérations, à l’instruction ou à l’administration se retrouvent parfois regroupés entre les mêmes mains. Un signal fortAu sein de certaines unités, notamment dans les formations relevant de la Brigade d’intervention rapide, ce phénomène est particulièrement visible. Pour Massama Benoit, ancien cadre de l’armée interrogé sur cette tendance, plusieurs lectures sont possibles. « Cela peut simplement traduire un besoin pratique », estime-t-il. « Certains postes exigent des compétences très spécifiques et il n’est pas toujours évident de disposer immédiatement du personnel qualifié pour chaque fonction ». D’autres observateurs y voient cependant un signal différent. « Lorsqu’on réduit le nombre de personnes impliquées dans certaines fonctions sensibles, on concentre aussi l’information et la décision », note Judith Kuété, analyste sécuritaire. « Cela peut être interprété comme une volonté de renforcer le contrôle sur des secteurs jugés stratégiques ». Aucune explication officielle n’accompagne toutefois les décrets. Les textes se limitent aux nominations et affectations sans préciser les critères qui ont guidé les choix effectués.La réorganisation ne concerne pas seulement les troupes et les états-majors. La justice militaire figure également au cœur de cette vague de nominations. Plusieurs magistrats militaires ont été affectés ou promus au sein des tribunaux militaires de Bamenda, Bertoua et Maroua ainsi qu’au niveau de diverses juridictions d’appel. Des commissaires du gouvernement, des substituts et des magistrats chargés de l’action publique ont également été désignés dans plusieurs ressorts judiciaires. Cette simultanéité est révélatrice. « On constate que la réorganisation de la chaîne judiciaire militaire intervient exactement dans le même calendrier que celle de la chaîne de commandement », explique Barrister Ashu Takem, avocat familier du fonctionnement des juridictions militaires. « Cela montre que les autorités considèrent ces structures comme des composantes d’un même dispositif institutionnel ». Les juridictions militaires occupent une place particulière dans l’architecture de sécurité camerounaise. Elles peuvent être amenées à connaître des dossiers liés à la sûreté de l’État ou à des opérations menées dans des zones confrontées à des défis sécuritaires. Diplomatie de défenseDeux décrets distincts concernent les attachés de défense affectés à l’étranger. La colonelle Isabelle Sylvie-Rémy Bindele a été rappelée de ses fonctions de représentante militaire auprès de plusieurs pays européens. Elle est remplacée par le capitaine de vaisseau Adolphe Olivier Biligha, dont les responsabilités couvrent désormais un vaste périmètre diplomatique. Le colonel Mahamat Ahemat a également été rappelé de son poste en Turquie. Un détail intrigue particulièrement les observateurs : si le décret officialisant ce rappel est signé le 31 août 2026, celui-ci prend effet rétroactivement au 8 juin de la même année. « Ce genre de décalage n’est pas rare dans l’administration camerounaise », observe Hamza, ancien haut fonctionnaire. « Entre la décision effective et sa formalisation officielle, il peut parfois s’écouler plusieurs semaines, voire plusieurs mois ». Comme souvent dans ce type de remaniement, les textes officiels renseignent davantage sur les mouvements eux-mêmes que sur leur logique. Les profils détaillés de nombreux officiers nouvellement nommés ne sont pas précisés. Les raisons ayant conduit à certaines promotions ou à certains rappels ne sont pas davantage expliquées. Quant aux responsables remplacés, leur avenir professionnel n’apparaît pas dans les décrets publiés. Cette absence d’explications alimente naturellement les interrogations. « Dans beaucoup de pays, ce type de réorganisation s’accompagne d’orientations stratégiques ou d’objectifs clairement affichés », relève le retraité. « Au Cameroun, la décision est publique, mais son contexte et ses motivations demeurent rarement explicités ». Une chose est néanmoins certaine : en quelques heures, l’exécutif a modifié simultanément les principaux rouages militaires, judiciaires et diplomatiques liés à la défense nationale. Reste désormais à savoir si cette vaste recomposition répond à de simples nécessités administratives, à une adaptation des priorités sécuritaires du moment ou à une volonté plus large de consolider les équilibres internes d’un appareil stratégique pour le pouvoir. Tom

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Restructuration de la SOCADEL : les banques locales sollicitées pour 200 milliards de FCFA

Ces fonds devront servir à renforcer la liquidité et à restructurer les engagements du distributeur public d’électricité. La Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL), General Bank of Cameroon, Afriland First Bank et BGFIBank Cameroun ont entamé, ce 31 août 2026, une opération de facilitation financière d’un montant global de 200 milliards de FCFA destiné à contribuer à la stabilisation financière du secteur de l’électricité au Cameroun. Il est précisément question de stabiliser la trésorerie de la SOCADEL, d’améliorer la régularité des règlements aux producteurs, à la SONATREL et aux autres fournisseurs, et de créer les conditions d’un investissement durable dans le secteur électrique. Ces objectifs sous-tendent la signature, ce lundi, d’un mandat de structuration et de syndication, étant entendu que les financements seront mobilisés après satisfaction des procédures, des actes documentaires et des exigences usuelles. Le processus y afférent sera conduit par General Bank of Cameroon, en sa qualité d’arrangeur principal. BGFIBank Cameroun et Afriland First Bank y interviennent en tant que co-arrangeurs. La somme susmentionnée correspond à deux facilités. Une première facilité reposant sur un crédit renouvelable de 50 milliards de FCFA pour les besoins courants de trésorerie de la Socadel et la constitution d’une réserve de liquidité opérationnelle. Il s’ensuit une deuxième facilité d’un montant de 150 milliards de FCFA. Elle est destinée au refinancement des dettes bancaires et des dettes fournisseurs existantes, sur des maturités plus longues, de quoi réduire la pression, améliorer la régularité des paiements et soutenir la continuité des opérations du fournisseur public d’électricité, avec un effet domino sur toute la chaîne du secteur. « Cette signature marque une étape importante dans le renforcement de notre capacité à honorer nos engagements envers nos principaux partenaires. La liquidité n’est pas une fin en soi : elle doit nous permettre de mieux respecter nos échéances, de sécuriser nos opérations et de soutenir une fourniture d’électricité plus fiable aux ménages comme aux entreprises. Cette démarche repose sur la discipline financière, la transparence et la redevabilité », a déclaré Oumarou Hamandjoda, directeur général de la SOCADEL. Plus d’engagementsLa signature de ce mandat fait suite à d’autres actes similaires, notamment celui du 1er juillet dernier sur les investissements prioritaires et celui du 4 août centré sur la liquidité opérationnelle et le refinancement d’engagements existants. « Pour l’arrangeur et chef de file que nous sommes, cette opération de syndication de 200 milliards de FCFA confirme l’investissement de General Bank of Cameroon aux côtés de la SOCADEL et de l’État du Cameroun. Au-delà du montant, c’est un signal fort pour le financement des infrastructures structurantes de notre pays. C’est aussi une marque de solidité de notre institution bancaire et un engagement à offrir un accompagnement déterminant à nos clients, d’une part, et à soutenir le développement économique de notre pays, d’autre part », a déclaré Victor Noumoue, directeur général de General Bank of Cameroon. Ladite structure est tributaire d’un premier mandat distinct de 60 milliards de FCFA. Louise Nsana

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Papi Maguilké : le ferrailleur qui rêve de sauver Yaoundé des déchets

Traqué, soupçonné, parfois arrêté, Papi passe pourtant ses journées à accomplir ce que les services publics peinent à faire : retirer des tonnes de déchets de l’environnement. Derrière l’histoire de ce jeune recycleur se dessine une question dérangeante : la solution à la crise des ordures de Yaoundé se trouve-t-elle déjà dans les rues, ignorée par les autorités ? Pendant que les pouvoirs publics multiplient les réunions de crise sur la gestion des déchets, Papi arpente chaque jour les dépotoirs de Yaoundé. À la descente de la colline de Mvolyé, dans le quartier Mballa II, ce jeune récupérateur a fait des déchets son moyen de subsistance. Son quotidien consiste à fouiller les amas d’ordures pour récupérer bouteilles plastiques, métaux et matériaux valorisables. Une activité difficile mais essentielle. « Je peux récupérer environ cinquante kilos de bouteilles par jour », explique-t-il. Grâce à cette collecte, il assure ses revenus et subvient aux besoins de sa famille. Originaire de l’Extrême-Nord, titulaire d’un baccalauréat scientifique obtenu en 2022, Papi a quitté sa région dans l’espoir de trouver une meilleure situation économique dans les grandes villes du pays. Face au manque d’opportunités, il s’est tourné vers le recyclage informel. Depuis deux ans, il sillonne les dépotoirs de Yaoundé. Pourtant, malgré son rôle dans la réduction des déchets abandonnés dans la nature, il affirme n’avoir jamais bénéficié d’un véritable accompagnement. Mais son principal combat n’est pas économique. « Mon plus grand problème, c’est la suspicion qui plane sur notre activité », confie-t-il. Selon lui, les récupérateurs sont régulièrement assimilés à des délinquants. Les contrôles policiers fréquents, les accusations de vol et parfois les arrestations compliquent fortement leur travail. « Je peux être accusé sans preuve d’avoir volé un objet que j’ai récupéré dans une poubelle », déplore-t-il. Cette absence de reconnaissance officielle freine le développement d’une activité qui participe pourtant à la réduction des volumes de déchets visibles dans la capitale. Papi estime que les ferrailleurs, récupérateurs et recycleurs devraient être intégrés à la stratégie nationale de gestion des déchets. Avec un encadrement adapté, des équipements et une protection sociale minimale, ces acteurs pourraient jouer un rôle bien plus important.Son ambition va même plus loin. « Mon rêve est de créer une usine de transformation des déchets ménagers », affirme-t-il. Pour lui, la solution passe par une approche globale, allant de la collecte à la transformation industrielle des déchets recyclables. Une vision qui contraste avec les opérations ponctuelles de nettoyage régulièrement observées dans la capitale.Son parcours met en lumière un paradoxe frappant. D’un côté, l’État peine à contenir l’accumulation des déchets dans plusieurs quartiers. De l’autre, des centaines de récupérateurs informels contribuent quotidiennement à réduire cette masse de détritus sans bénéficier d’un statut reconnu. Dans l’ombre des montagnes d’ordures qui défigurent Yaoundé, ces travailleurs invisibles accomplissent une mission environnementale majeure. Leur expérience du terrain, leur connaissance des circuits de récupération et leur engagement constituent un potentiel encore largement inexploité. Alors que la capitale cherche désespérément des solutions durables à la crise des déchets, le destin de Papi pose une question simple mais essentielle : faut-il continuer à ignorer ceux qui transforment déjà les poubelles en ressources, ou enfin faire d’eux les acteurs centraux d’une révolution écologique urbaine? Tom

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Cameroun: l’art de la soupape de sécurité

En rappel, l’image de la « soupape de sécurité » vient de la sociologie du conflit, popularisée au 20ème siècle par Georg Simmel puis développée par Lewis Coser : dans un système sous tension, offrir des exutoires contrôlés à la contestation permettrait de relâcher la pression sociale sans toucher au cœur du pouvoir, un peu comme une soupape laisse s’échapper la vapeur d’un système fermé pour éviter l’explosion. Voici quelques techniques utilisées par le régime de Yaoundé pour dissiper la colère populaire : (La suite de la liste des techniques utilisées sera communiquée demain matin) Par Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDRDeuxième Vice-Président du SDF

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