Cameroun–États-Unis : 400 millions pour soigner, 450 millions pour assurer

Un accord de don scelle une nouvelle étape de la coopération sanitaire entre Yaoundé et Washington.

Un médicament qui arrive à temps. Un laboratoire capable d’identifier une maladie. Une femme qui accouche sans attendre des heures. Un enfant pris en charge avant que la fièvre ne devienne urgence. C’est à cette réalité très concrète que doivent, à terme, se mesurer les 400 millions de dollars promis par les États-Unis au Cameroun pour la période 2026-2030.
À Yaoundé, le 1er octobre, le montant a changé de nature pour devenir un engagement officiel. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, et la chargée d’affaires a.i. de l’ambassade des États-Unis, Brenda Soya, ont signé l’Accord de don relatif aux Objectifs stratégiques (SOAG) pour un système de santé résilient et durable.
Près de 240 milliards de FCFA : c’est l’enveloppe que Washington prévoit de mobiliser sur cinq ans. Une somme considérable, destinée à financer le plan d’action issu du mémorandum d’entente signé le 16 décembre 2025. Mais l’originalité du dispositif tient aussi à l’effort demandé à Yaoundé.

Le pari
Le Cameroun prévoit en effet de mobiliser jusqu’à 450 millions de dollars, soit environ 270 milliards FCFA, sur la même période. Au total, les engagements annoncés pourraient ainsi atteindre 850 millions de dollars, près de 510 milliards FCFA.
Selon des sources proches du dossier, l’aide américaine doit accompagner, et non remplacer durablement, l’effort national. Le SOAG installe ainsi une logique de coresponsabilité et de transition vers un financement davantage endogène du système de santé.

Le concret
Sur le terrain, les priorités sont nombreuses. Le financement doit soutenir la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, mais aussi renforcer la surveillance épidémiologique, la sécurité sanitaire et les capacités des laboratoires.
Autre priorité, plus discrète mais déterminante : faire circuler les médicaments et les données de santé au bon endroit et au bon moment. Les chaînes d’approvisionnement pharmaceutique et les systèmes d’information figurent ainsi parmi les bénéficiaires du dispositif.
La réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile constitue également un axe majeur. Les districts de santé doivent, eux aussi, gagner en performance et en viabilité. Le tout avec une approche « Une Seule Santé », particulièrement importante face aux risques sanitaires qui franchissent les frontières.

Le précédent
Ce nouvel accord prolonge une coopération ancienne. Depuis deux décennies, les États-Unis indiquent avoir consacré plus de 1,1 milliard de dollars, environ 640 milliards de FCFA, au secteur de la santé au Cameroun.
Cette fois, le changement tient autant au montant qu’à la philosophie. Washington apporte 400 millions de dollars ; Yaoundé annonce 450 millions. Une manière de préparer l’après-don tout en consolidant les acquis.

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