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À Yaoundé, 108 nouveaux experts des chiffres prêts à guider l’Afrique centrale

Dans un monde où les données sont devenues une ressource stratégique, l’Institut sous-régional de la Statistique et d’Économie appliquée (ISSEA) a diplômé 108 statisticiens et économistes appelés à éclairer les politiques publiques de dix pays africains. Les applaudissements ont longtemps résonné dans la salle du complexe Arc Bi Valley de Yaoundé. Vendredi 31 juillet, les sourires des familles répondaient à la fierté des diplômés. Au total, 108 lauréats issus de dix nationalités ont reçu leur parchemin lors de la cérémonie de sortie de la 42ᵉ promotion de l’Institut sous-régional de la Statistique et d’Économie appliquée (ISSEA), en présence du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, du gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, ainsi que de plusieurs représentants diplomatiques. Au-delà du caractère solennel de la cérémonie, c’est un message fort qui a été adressé à cette nouvelle génération de spécialistes : l’Afrique ne peut plus se développer sans des données fiables. À l’heure où les gouvernements cherchent à mieux cibler leurs investissements, mesurer la pauvreté ou encore évaluer l’efficacité des politiques publiques, les statisticiens deviennent des acteurs incontournables de la décision. « Ce chiffre est plus qu’une statistique », résume le directeur général de l’ISSEA, le Dr Marcel Opoumba. Pour lui, ces 108 diplômés illustrent la vocation régionale de l’école et la confiance que lui accordent les États d’Afrique centrale. Ils rejoignent désormais un réseau d’anciens présents dans les administrations, les banques centrales, les instituts nationaux de statistique ou les organisations internationales. La promotion 2026 regroupe quatre filières : les Techniciens supérieurs de la statistique, les Analystes statisticiens, les Ingénieurs statisticiens économistes en cycle de trois ans et ceux du nouveau cycle long de cinq ans. Cette dernière formation marque une évolution importante pour l’établissement. Elle prépare des profils capables de maîtriser les nouveaux outils de traitement des données, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle et à la science des données. Pour le parrain de cette promotion, Paul Henri Nguema Meye, directeur général d’AFRISTAT, les futurs diplômés auront une responsabilité qui dépasse largement les tableaux de chiffres. « Sans données fiables, on gouverne à l’aveugle, on investit au hasard et on planifie sans connaître les besoins réels », a-t-il rappelé. Selon lui, chaque indicateur correctement produit contribue à renforcer la confiance des citoyens et à améliorer l’action publique. Le ministre Alamine Ousmane Mey partage ce constat. Face aux défis économiques et sociaux de la Cemac, il estime indispensable de disposer de statistiques harmonisées et comparables pour orienter les politiques publiques. Réduction de la pauvreté, suivi des Objectifs de développement durable, évaluation des politiques budgétaires ou monétaires : autant de domaines où la qualité des données conditionne désormais la qualité des décisions. L’ISSEA entend ainsi poursuivre sa transformation pour accompagner la révolution numérique. Les données sont devenues le « pétrole » du XXIᵉ siècle, mais elles ne valent que par les compétences de celles et ceux qui les collectent, les analysent et les interprètent. Avant de quitter l’amphithéâtre, les jeunes diplômés ont reçu un dernier conseil : faire preuve d’intégrité, d’humilité et de persévérance. Trois qualités qui, selon leurs enseignants, restent aussi essentielles que la maîtrise des algorithmes. Car derrière chaque statistique se cache une réalité humaine, et derrière chaque décision publique, la nécessité de disposer de chiffres justes pour construire un développement durable. Olivier Mbessité

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Ebola : la CEMAC dégaine un bouclier sanitaire à 6 milliards FCFA

Le virus est encore de l’autre côté de la frontière. Mais pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), l’heure n’est plus à l’attentisme. Face à la flambée de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, la Commission de la CEMAC enclenche l’alerte maximale et propose un plan d’urgence régional chiffré à 6,09 milliards de FCFA. Le rapport de situation épidémiologique, publié avec l’appui du Programme de Sécurité Sanitaire en Afrique Centrale (HeSP-CEMAC) financé par la Banque mondiale, ne laisse guère de place à l’optimisme. Si aucun cas n’a, à ce stade, été détecté dans les six États membres, la menace est jugée imminente. La République centrafricaine et la République du Congo figurent en première ligne, tandis que le Cameroun est classé à risque élevé en raison de l’intensité des échanges transfrontaliers. Le cœur de la riposte repose désormais sur un vaste dispositif préventif. L’enveloppe de 6,09 milliards de FCFA vise à verrouiller les principales portes d’entrée de la sous-région. Au programme : renforcement du triage sanitaire aux frontières, intensification de la surveillance dans les aéroports, ports et postes terrestres, détection précoce des cas suspects et montée en puissance des capacités diagnostiques des laboratoires nationaux grâce à des tests adaptés à l’espèce Bundibugyo. L’objectif est simple : casser toute chaîne de transmission avant qu’elle ne s’installe. Une stratégie dictée par la progression rapide de l’épidémie en RDC, où plus de 3 200 cas confirmés et 1 405 décès ont déjà été enregistrés. À cette inquiétude s’ajoute une difficulté majeure : contrairement à la souche Zaïre, la variante Bundibugyo ne dispose pas encore d’un vaccin ou d’un traitement spécifique immédiatement disponible à grande échelle. Au-delà des équipements, la CEMAC appelle à une mobilisation coordonnée des États membres. Harmonisation des protocoles, partage en temps réel des données épidémiologiques, formation accélérée des personnels de santé et sensibilisation des populations frontalières constituent les autres piliers de cette riposte collective. Le virus n’a pas encore franchi les frontières communautaires. Mais pour la CEMAC, la meilleure victoire sera peut-être celle qui ne se verra jamais : empêcher Ebola d’entrer. Bobo Ousmanou

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Couverture santé universelle : le film de trois années de mise en œuvre

La première phase de la mise en œuvre de la couverture santé universelle court à son terme. Les résultats inhérents se traduisent en réduction des écarts dans l’accès aux soins et services de santé, mais aussi en réduction de la charge financière des ménages. La couverture santé universelle (CSU) en est à sa troisième année d’implémentation au Cameroun. Lancée en avril 2023 par le ministère de la santé publique, cette opération vise à garantir l’accès équitable à des soins de santé de qualité et à un coût abordable. Ce qui, suivant l’esprit de la lettre, marque une rupture avec les défis de santé actuels : une forte dépendance des ménages au paiement direct des soins et services de santé, une protection sociale limitée, une qualité variable des prestations sanitaires et des inégalités d’accès aux services de santé. 5 093 012 personnes y sont à ce jour enrôlées, dans le cadre de la phase pilote. Il s’agit notamment de 2 867 220 en enfants de 0 à 5 ans, 418 959 personnes vivant avec le VIH et 207 244 femmes enceintes. Ce qui marque des performances variables par rapport aux estimations initiales de 80% des cibles de la phase 1 à fin 2026 ; mais traduit de l’adhésion progressive de la population au processus. La phase pilote de la CSU a fonctionné suivant une offre de soins et services de santé tournant autour de la lutte contre le paludisme, la santé maternelle et néonatale à travers le chèque-santé (un système qui permet le suivi complet de la grossesse, l’accouchement y compris en cas de complication nécessitant une césarienne, et le suivi du nourrisson durant les 40 premiers jours de sa vie suivant une rémunération de 6000 FCFA), la lutte contre le paludisme et le VIH-Sida et l’hémodialyse, entre autres. Les résultats présentés ce 24 juillet 2026 par le ministère de la Santé font état de : 2 576 722 consultations prénatales réalisées jusqu’à l’accouchement ; 463 732 accouchements réalisés ; 21 181 césariennes réalisées ; 475 966 personnes vivants avec le VIH recevant gratuitement leur traitement. Le principal impact présentant par cette administration porte sur la réduction des charges financières de santé pour les personnes enrôlées à ce jour. Sur la période sous revue, les paiements directs des femmes enceintes pour des accouchements simples se sont établis à 5,034 millions de FCFA contre 45,308 milliards de FCFA de contribution de la SCU et 213,792 millions de FCFA pour de paiement direct des ménages pour les césariennes contre 4,062 milliards FCFA de la CSU. Dans le même temps, la répartition du coût total de la prise en charge des séances d’hémodialyse a intégré 2% de frais à la solde des ménages (soit 24,450 millions FCFA) et 98% de contribution de la CSU (1, 370 milliards FCFA). « Un peu plus de 8 milliards ont été investis dans la prise en charge des enfants de zéro à cinq ans à travers la gratuité de la consultation et du traitement du paludisme grave et simple », renseigne le ministère de la santé. D’autres impacts sont notifiés qui concerne la réduction de la mortalité maternelle pour cause institutionnelles dans les formations sanitaires ainsi que ceux liés au paludisme et au VIH-Sida. Infrastructures et financementAu Cameroun, la CSU nécessite 150 milliards FCFA par an pour couvrir progressivement les 185 affections du panier de soins de base. Ce financement doit s’accompagner d’un relèvement simultané du plateau technique, des centres de santé intégrés jusqu’aux hôpitaux de référence, à chaque étape du déploiement. Un inventaire des infrastructures et équipements disponibles a déjà été réalisé. Le financement lui-même repose sur un montage complexe (prélèvements sur salaires, quote-part cacao-café, budget du MINSANTE, taxes sur produits nocifs, cotisations du secteur informel), dont la mobilisation effective conditionne les investissements en équipements et personnel. L’Etat finance 20% pour les couches vulnérables identifiées via le registre social unifié du Cameroun (RESUC). L’Etat du Cameroun a engagé des unes séries de décaissements en faveur de la couverture santé universelle. Quoique ces derniers affichent une hausse constante entre 2023 et 2026 (47,549 milliards FCFA contre 63 348 milliards de FCFA à ce jour), ils restent inférieurs aux objectifs initiaux. Cependant, un renforcement du réseau sanitaire a lieu déjà au Cameroun. Le pays enregistre à ce jour 10 formations sanitaires publiques pour 100 000 habitants suivant les standards. Ces derniers, joints aux formations privées, atteignent le ratio de 26 Fosa pour 100 000 habitants. Les progrès enregistrés sur la période sous revue s’étendent de façon générale à l’ensemble du réseau sanitaire du pays. On y compte à ce jour 215 districts de santé contre 189 en 2018 ; mais aussi 2350 aires de santé contre 1800 sept ans plutôt. Des prouesses chirurgicales sont désormais récurrentes avec pour résultat la réduction des évacuations sanitaires vers l’étranger. Louise Nsana

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Élections locales 2027 : le RDPC prépare ses troupes dans l’ombre des polémiques

Alors que l’opinion publique reste absorbée par les débats autour du séjour privé de Paul Biya en Europe et les controverses relayées sur les réseaux sociaux, le RDPC multiplie les réunions internes pour mobiliser ses militants. Au bureau d’inscription du quartier Nkolndongo, l’affluence est timide en ce début de matinée. « Beaucoup de jeunes ne viennent pas, ils disent que la politique ne les concerne pas », confie Clarisse, agent d’Elecam. Pourtant, les responsables locaux du RDPC multiplient les appels. « Nous devons convaincre chaque citoyen d’aller s’inscrire. C’est la base de toute victoire », insiste Jean-Pierre, militant de longue date, rencontré devant le bureau. Dans les quartiers populaires de Yaoundé, la mobilisation reste contrastée. Rodrigue Kamta, vendeur de téléphones à l’Avenue Kennedy, avoue : « Je n’ai pas encore pris le temps de m’inscrire. Mais disons-nous la vérité, je suis un féru des réseaux sociaux et ce qui occupe les discussions ces derniers moments, ce sont les vidéos obscènes qui circulent sur Facebook, pas les élections. Personne ne vous parle d’élections ». La stratégie du partiLe secrétaire général du Comité central du RDPC a récemment convoqué les responsables des structures dirigeantes pour « évaluer les préparatifs » et « renforcer la mobilisation ». Selon un cadre du parti approché par Intégration, cette réunion visait à « rappeler aux militants que l’inscription sur les listes est une arme politique ». Cette démarche traduit une volonté de reprendre l’initiative dans un contexte où l’espace médiatique est saturé par les polémiques. « Le RDPC veut éviter que l’opinion se détourne des enjeux électoraux », explique Cédric Tamo, étudiant à l’Université de Yaoundé II. Pour lui, « la pré-campagne est déjà lancée, même si elle ne dit pas son nom ».Dans les rues de Yaoundé, les conversations tournent davantage autour des vidéos compromettantes diffusées en ligne que des élections. « On parle plus des scandales que des listes électorales », constate Laurence Chekoua, étudiante en sociologie. Cette distraction inquiète certains observateurs. « Si les citoyens ne s’inscrivent pas massivement, la représentativité des scrutins sera encore plus faible », alerte-t-elle. Au-delà des communesLes élections locales ne se limitent pas à la conquête des mairies et des conseils régionaux. Elles constituent un test de l’ancrage des partis et de leur capacité à mobiliser leurs électorats. « Chaque inscription est une voix potentielle. Le RDPC l’a compris et veut verrouiller le terrain », analyse Tamo. Mais l’opposition, elle, peine à se faire entendre. « Nous n’avons pas les mêmes moyens de mobilisation », reconnaît Alex, militant du MRC rencontré à Obili. « Pourtant, si les citoyens ne s’inscrivent pas, c’est tout le processus démocratique qui en souffre ».À mesure que s’approche la clôture des inscriptions, le temps politique s’accélère. Derrière les polémiques quotidiennes, les partis affûtent leurs stratégies. Le RDPC, fidèle à sa tradition d’implantation territoriale, entend conserver une longueur d’avance en mettant son appareil en ordre de bataille avant même le lancement officiel de la campagne. Comme le résume un communicant du parti au pouvoir invité sur un plateau de télévision : « les gens parlent des vidéos, mais le RDPC, lui, parle des élections. Et c’est peut-être ça qui fera la différence ». Tom

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Nomination au Parlement : sous un air de tribalisme

Les récentes nominations au Sénat, après celles de l’Assemblée nationale, relancent un débat sensible : la représentativité des élites dans les institutions de la République. Entre accusations de favoritisme régional et défense des prérogatives des présidents des chambres, la question de l’équilibre institutionnel s’invite dans les conversations populaires comme dans les cercles politiques. Dans l’effervescence du carrefour Obili à Yaoundé, les taxis klaxonnent et de jeunes hommes, assis autour d’une table dans un bistrot s’époumonent en attirant l’attention des passants. « C’est même quoi ça ? On dirait que les postes sont réservés à certains noms », souffle l’un d’entre eux, fonctionnaire à la retraite, en reposant sa bière sur la table. À ses côtés, un jeune trentenaire relativise : « Ce n’est pas parce qu’on porte un patronyme du Nord qu’on est forcément nommé par favoritisme. Mais le problème, c’est que la perception compte autant que la réalité ». Ces échanges illustrent une inquiétude diffuse : celle d’un déséquilibre institutionnel qui fragilise l’idée d’un État représentatif de toutes ses composantes. À la nuit tombée, les discussions, autour de cette table se font plus amères. « On ne voit jamais nos enfants dans ces listes », regrette Madeleine Bila, qui vient de rejoindre ce groupe d’amis. « Pourtant, ils sont diplômés aussi ». Son voisin, instituteur, ajoute : « On ne comprend plus comment fonctionne ce pays. On dirait que chacun en fait à sa guise. Quand les institutions semblent réservées à certains groupes, cela nourrit le sentiment que le pays n’appartient pas à tout le monde. Et ça crée de la frustration chez certains ». Ces échanges verbaux traduisent une préoccupation sociale profonde : l’équité territoriale comme condition de confiance dans l’État.Pour certains membres de ce groupe d’amis, il est excessif de conclure à une tribalisation des nominations sur la seule base des patronymes. Abel Wansi, rappelle : « Vous pouvez même recruter tous les membres de votre famille ou de votre village, mais pour ma part, je n’ai aucun problème avec ça. Je crois simplement que les compétences doivent aussi être pris en compte », souligne-t-il. Mais la répétition des polémiques, d’abord à l’Assemblée nationale puis au Sénat, renforce l’idée d’une appropriation communautaire des centres de décision. Au-delà des querelles partisanes, le débat révèle une exigence citoyenne : voir les institutions incarner la diversité camerounaise. Si la loi confère aux présidents des chambres une large marge de manœuvre, l’acceptabilité politique de leurs choix dépend de la confiance qu’ils inspirent. Dans un contexte où les fractures identitaires demeurent vives, chaque nomination devient un test de cohésion nationale. Ganava Simon, silencieux se lance dans le débat et affirme de vive voix :« les nominations relèvent du pouvoir discrétionnaire du président de la chambre. Elles obéissent à des critères de compétence et de confiance. Les accusations de tribalisation sont infondées et traduisent une instrumentalisation politique des débats identitaires ». Selon lui, « la cohésion nationale se construit aussi par la symbolique des choix opérés au sommet de l’État ». Tom

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Urgences traumatologiques : la CNPS investit dans les compétences

Former plus, intervenir plus vite, sauver davantage de vies : à Yaoundé, l’entreprise fait de la médecine d’urgence une priorité stratégique. Accidents de la circulation, accidents du travail, traumatismes graves… Face à des situations où chaque minute peut être décisive, la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) entend renforcer la qualité de la prise en charge dans ses établissements hospitaliers. C’est tout l’enjeu de la deuxième édition des Journées d’anesthésie-réanimation et de médecine d’urgence des Centres hospitaliers d’entreprises (JARMU-CHE), organisée les 24 et 25 juillet 2026 à Yaoundé. Pendant deux jours, anesthésistes-réanimateurs, urgentistes, chirurgiens et médecins ont partagé leurs expériences autour du thème : « Urgences traumatologiques : approche intégrée du préhospitalier à la réanimation ». L’objectif est clair : améliorer chaque étape de la prise en charge, depuis les premiers secours sur le lieu de l’accident jusqu’aux soins intensifs.Les échanges ont porté sur le renforcement des compétences des équipes médicales, l’amélioration de la chaîne des secours, l’utilisation d’équipements modernes et le développement de la recherche clinique. Pour les spécialistes, une meilleure coordination entre les différents intervenants est essentielle afin de réduire les décès évitables et les séquelles liées aux traumatismes.Cette rencontre scientifique traduit également la volonté de la CNPS d’investir durablement dans la formation continue de son personnel de santé. Face à l’évolution constante des pratiques médicales, les professionnels sont appelés à actualiser régulièrement leurs connaissances pour offrir des soins conformes aux standards internationaux.Au-delà des communications scientifiques, les JARMU-CHE favorisent le partage d’expériences entre praticiens de différentes spécialités. Une approche multidisciplinaire devenue indispensable pour répondre efficacement aux urgences les plus complexes. À travers cette initiative, la CNPS réaffirme son ambition de faire de ses centres hospitaliers de véritables pôles d’excellence. En misant sur des équipes mieux formées, des équipements performants et une coopération médicale renforcée, l’institution entend offrir aux travailleurs, mais aussi à l’ensemble des populations, une prise en charge plus rapide, plus sûre et plus efficace face aux urgences traumatologiques. Bobo Ousmanou

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Marché continental de la ZLECAf : Camercap-Parc sonde la piste d’une intégration CEEAC–CEDEAO

Le renforcement des échanges entre les deux blocs régionaux apparaît comme une opportunité économique pour l’Afrique centrale, à la condition cependant d’un déploiement stratégique sur ces marchés. La littérature autour de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) se densifie, au regard de son importance stratégique pour les économies d’Afrique. Or, s’il est déjà prouvé l’intérêt de cette initiative de l’Union africaine, les moyens pour en tirer pleinement profit restent un vaste chantier de réflexions et de décisions à prendre pour la sous-région Afrique centrale. Ici, l’ambition impose une relecture des dynamiques commerciales intra-régionales, mais aussi avec les autres communautés économiques. En la matière, le Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales du Cameroun (Camercap-Parc) fait pencher la balance en faveur d’une intégration économique densifiée entre la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette posture a été mise en avant mercredi, 29 juillet 2026, à la faveur de la présentation des résultats d’une étude sur les déterminants des échanges entre les parties. « Cette étude fait partie d’un lot d’autres études avec d’autres angles d’attaque, et tout cela, au final, sera présenté et proposé à la Commission de l’Union africaine après une autre rencontre prévue au mois d’octobre à Cotonou pour tous les think tanks africains qui auront réfléchi sur le domaine, afin de voir comment on peut booster cette zone de libre-échange continentale », explique le Dr Adalbert Ze, expert Camercap-Parc, au sujet de l’étude commanditée par l’African Capacity Building Foundation (ACBF), organe rattaché à la Commission de l’Union africaine. La réalité commerciale de la CEEAC est dominée par la faiblesse des flux commerciaux en son sein, d’une part, et avec la CEDEAO, d’autre part. En 2024, le commerce intra-CEEAC ne s’élève qu’à 3,1 milliards de dollars US. Le Congo se distingue comme premier exportateur intra-régional avec 976,15 millions de dollars, principalement vers le Tchad et la Guinée équatoriale. L’Angola suit avec 567,72 millions de dollars, orientés vers le Congo et la RDC. Entre la CEDEAO et la CEEAC, les échanges restent embryonnaires. Pourtant, le potentiel est considérable, relève-t-on dans les échanges tenus à Yaoundé. « Le Nigeria compte 220 millions d’habitants. Associée à l’AES – Mali, Burkina Faso, Niger – la CEDEAO et la CEEAC forment un marché de près de 650 millions de personnes. Or, en cinq ans de ZLECAf, le Cameroun n’a enregistré que 7 transactions. Dans le même temps, les produits nigérians inondent le Grand Nord camerounais, signe d’une intégration de fait qui échappe encore aux cadres formels », précise le Pr Ndip Remes, expert en finances publiques. Dès lors, l’opportunité se profile dans toute sa profondeur. Il est question de rapprocher les deux blocs par une intégration économique renforcée entre le Cameroun et le Nigeria, avec un effet de captation d’un marché de 650 millions de consommateurs, la création de chaînes de valeur régionales et le positionnement du Cameroun comme leader en Afrique centrale, capable d’arrimer la CEEAC à la CEDEAO. Le filon Cameroun–NigeriaLe Camercap-Parc défend la théorie des pays voisins. « Un État a généralement pour premier partenaire commercial son voisin. États-Unis–Canada, France–Allemagne en sont l’exemple. Le Cameroun devrait donc inonder ses voisins, à commencer par le Nigeria », assure-t-on, nonobstant divers obstacles qui freinent le déploiement à grande échelle du secteur privé d’Afrique centrale. Notamment les difficultés liées au démantèlement des barrières tarifaires, les tracasseries douanières le long des corridors, un climat des investissements délétère, la contrebande, le manque d’infrastructures qualité, entre autres. « En termes de développement de l’infrastructure qualité, ça se passe assez bien au niveau de la CEEAC et au niveau de la CEDEAO. Nous sommes à côté d’un mastodonte qui a achevé le développement de son infrastructure qualité. C’est un déterminant à retenir, parce que pour se déployer vers un marché d’exportation, il faut connaître ses exigences réglementaires. Et c’est le développement de l’infrastructure qualité, notamment le suivi-évaluation de la conformité et le certificat de conformité, qui facilitent le déploiement, si et seulement si l’autre partie accepte le certificat présenté. Si le Nigeria, qui a son infrastructure complètement développée, veut signer un accord de reconnaissance mutuelle avec le Cameroun, il faut qu’il se rassure que nous avons une infrastructure qualité totalement développée. Et ce n’est pas encore le cas. Ce qui fait qu’on entend parler du MOU entre l’ANOR (Agence des normes et de la qualité) et la NAFDAC (agence nationale nigériane pour l’administration et le contrôle des aliments et des médicaments) depuis des années, et ça n’avance pas à cause de notre infrastructure embryonnaire. Et c’est le cas de beaucoup de pays de la CEEAC », explique Gisèle Rolande Mvoto, chef de la Cellule des études et des projets de l’ANOR. Plusieurs mécanismes sont proposés pour améliorer le contexte des affaires dans la CEEAC. Ils concernent l’application des articles 8 et 10 de l’Accord sur la ZLECAf ; l’harmonisation des procédures et la reconnaissance mutuelle des certificats de conformité ; la digitalisation des procédures et la sécurisation des corridors ; la production et la diffusion d’informations commerciales ciblées afin d’orienter les opérateurs vers les produits à forte demande. Louise Nsana

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Ma dette de gratitude envers les jésuites

Aujourd’hui, l’Église catholique célèbre la mémoire de saint Ignace de Loyola, Basque espagnol et fondateur de la Compagnie de Jésus, plus connue sous le nom de congrégation des jésuites.En ce jour, je ressens le besoin de rendre grâce pour tout ce que cette congrégation a apporté à ma vie. Ce que je suis devenu, ma formation intellectuelle et spirituelle, ma manière de réfléchir, ainsi que ma vision de l’Église et de sa mission dans le monde, je le dois en grande partie aux jésuites. Grâce à eux, j’ai découvert la richesse de l’universalité de l’Église. La Compagnie de Jésus m’a offert la possibilité de voyager et de séjourner dans de nombreux pays d’Afrique et d’Europe: le Cameroun, le Bénin, le Togo, le Sénégal, le Ghana, le Zaïre, le Congo-Brazzaville, la Zambie, le Zimbabwe, la Centrafrique, le Tchad, le Burkina Faso, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, l’Éthiopie, le Rwanda, le Burundi, mais aussi l’Italie, la Suisse, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, la Hollande, la Belgique et l’Espagne. Cette ouverture au monde a profondément marqué mon existence et élargi mon horizon. J’ai également eu le privilège de rencontrer des hommes d’exception, passionnés par l’Afrique et son avenir, tels que les Pères Meinrad Hebga, Engelbert Mveng et Boka di Mpasi Londi. Je garde aussi une profonde admiration pour le jésuite burkinabè Martin Birba, qui s’est courageusement battu en 1983 pour que les jeunes jésuites que nous étions puissent poursuivre des études universitaires après le noviciat. Ce combat lui valut bien des difficultés, mais il ne renonça jamais à ses convictions. Quant à Joseph Compaoré, c’est en découvrant mes billets publiés en 1982-83 dans « Jeune Afrique » qu’il me conseilla de persévérer dans l’écriture. Son soutien et sa confiance furent pour moi une source de motivation. Quelle joie de les retrouver, l’un et l’autre, le 19 juillet dernier, dans la communauté jésuite de Gounghin, toujours aussi simples et pleins d’humour ! Ma reconnaissance va également à Jean Ilboudo, sans le soutien duquel je n’aurais jamais pu publier mon mémoire de théologie politique consacré à l’engagement politique du clergé catholique en Afrique noire. Ce travail avait été dirigé par le jésuite allemand Philipp Schmitz, qui m’encouragea à le transformer en livre.Je n’oublie pas non plus feu Matungulu Otene, assistant du Père général pour l’Afrique et Madagascar et ancien provincial d’Afrique centrale. Il m’associa aux démarches visant à construire le théologat jésuite francophone d’Abidjan.Mon séjour à Rome m’a permis d’écrire dans la prestigieuse revue italienne « La Civiltà Cattolica », dirigée à une époque par le célèbre jésuite italien Bartolomeo Sorge.Bien que je ne l’aie jamais rencontré, j’ai toujours admiré le père Pedro Arrupe pour son audace, sa vision prophétique et son engagement inlassable en faveur de la justice.En France, je me suis nourri de la pensée de Jean-Yves Calvez, Henri Madelin, Paul Valadier, Bernard Sesbouë, Joseph Moingt, André Manaranche et Gustave Martelet.En ce jour de fête de saint Ignace de Loyola, je pense avec émotion à tous ceux qui ont jalonné mon parcours. Certains nous ont quittés, d’autres poursuivent encore leur pèlerinage terrestre. À chacun d’eux, je veux simplement dire merci. Leur exemple, leur confiance et leur générosité continuent d’éclairer ma route. Je leur demeure profondément reconnaissant. Jean-Claude Djéréké

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La méthode de Brice Clotaire Oligui Nguema

Chaque chef d’État imprime sa marque personnelle à l’exercice du pouvoir. Certains privilégient la distance et le protocole, d’autres choisissent la proximité avec les populations. À travers les propos qu’il a tenus sur « Africa 24 » lors de sa visite d’État en France, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a présenté une vision de la gouvernance qui repose sur trois principes majeurs : la proximité avec le peuple, l’inclusion dans les relations internationales et le respect de la souveraineté des autres États africains. Le premier pilier de son action est la proximité avec les gouvernés. Dans de nombreux pays africains, les présidents apparaissent entourés d’importants dispositifs de sécurité, au point de devenir presque inaccessibles. Clotaire Oligui Nguema semble avoir choisi une autre voie. Les images de lui dansant avec des jeunes, courant dans les rues avec des citoyens, échangeant simplement avec des villageois ou voyageant avec une escorte réduite lorsqu’il quitte Libreville traduisent une volonté de rester au contact de la réalité quotidienne de son peuple. Cette proximité n’est pas seulement une question d’image. Elle permet à un dirigeant de mesurer directement les difficultés auxquelles sont confrontés les citoyens. Les rapports administratifs et les statistiques ne remplacent jamais les échanges directs avec les populations. Lorsqu’un président écoute les agriculteurs, les commerçants, les étudiants ou les habitants des villages, il comprend mieux leurs attentes et peut adapter ses décisions aux réalités du terrain. Gouverner, ce n’est pas seulement administrer ; c’est aussi écouter. Le deuxième principe est celui de l’inclusion plutôt que de l’exclusion. Depuis son arrivée au pouvoir, Oligui Nguema affirme que le Gabon ne souhaite pas dépendre d’un seul partenaire. Son ambition est de travailler avec tous les pays disposés à établir une coopération fondée sur le respect mutuel et les intérêts réciproques. Cette orientation se traduit déjà dans les choix économiques du Gabon. Là où certains secteurs étaient traditionnellement dominés par la France, le gouvernement a diversifié ses partenariats. L’Australie intervient dans le domaine des mines, la Suisse dans le projet de port en eau profonde, la Chine dans les infrastructures ferroviaires, les États-Unis pour les wagons, tandis que la France demeure présente dans le secteur de l’électricité. Cette diversification illustre une volonté de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier et de favoriser une saine concurrence entre les partenaires internationaux. Mais, au-delà de cette diversification, le président gabonais insiste sur un principe essentiel: le partenariat doit être gagnant-gagnant. Pendant longtemps, de nombreux pays africains ont exporté leurs matières premières sans véritable transformation locale. Les richesses quittaient le continent tandis que la valeur ajoutée, les emplois qualifiés et les bénéfices industriels étaient créés ailleurs. Clotaire Oligui Nguema affirme vouloir rompre avec cette logique en encourageant la transformation des ressources sur le territoire gabonais. Une telle politique peut contribuer à créer davantage d’emplois, à développer les compétences nationales et à renforcer l’économie du pays. Le troisième aspect de sa méthode concerne sa vision des relations entre les États africains. Contrairement à certains dirigeants ou responsables internationaux, il refuse de qualifier les chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES) de « juntes ». Il préfère les considérer comme des frères africains qui ont fait un choix politique qu’il convient de respecter, même lorsqu’on ne le partage pas. Cette position traduit une certaine conception de la solidarité africaine. Pour Clotaire Oligui Nguema, les désaccords politiques ne doivent pas empêcher le dialogue entre les peuples du continent. Il soutient que chaque nation est souveraine et doit pouvoir déterminer librement son avenir. Cette approche privilégie le respect mutuel plutôt que les condamnations systématiques et invite les Africains à rechercher eux-mêmes des solutions à leurs différends. Aucun dirigeant n’est parfait. Clotaire Oligui Nguema ne fait pas exception. Sa gouvernance peut faire l’objet de critiques, et plusieurs défis demeurent pour le Gabon, notamment en matière d’emploi, de lutte contre la corruption et de consolidation des institutions démocratiques. Les résultats de son action devront être évalués à l’aune des réformes effectivement mises en œuvre et de leur impact sur la vie quotidienne des Gabonais. Cependant, à l’écoute de ses interventions publiques, il se dégage l’image d’un homme qui paraît sincère dans son engagement, humble dans son attitude et profondément attaché à son pays. Depuis qu’il a renversé le régime d’Ali Bongo, il affirme vouloir ouvrir une nouvelle page de l’histoire du Gabon, fondée sur une gouvernance plus proche des citoyens et sur une meilleure valorisation des richesses nationales. Le temps dira si cette ambition se traduit durablement dans les faits. En politique, seules les réalisations permettent de juger un dirigeant. Mais une chose semble déjà acquise: Clotaire Oligui Nguema propose une manière différente de concevoir le pouvoir. Son approche, qui combine proximité avec le peuple, diversification des partenariats internationaux et respect de la souveraineté des États africains, mérite d’être observée avec attention. On peut ne pas partager toutes ses orientations, mais il est difficile de nier que cette vision participe au débat sur les nouvelles formes de gouvernance que beaucoup d’Africains appellent de leurs vœux. Jean-Claude Djéréké

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Développement du capital humain : la FOTRAC 2026 créé une passerelle pour la jeunesse

Entre amélioration de la mobilité estudiantine, entrepreneuriat-jeunes et opportunités de la ZLÉCAF, la cérémonie d’ouverture a fait de la jeunesse et du capital humain le fil conducteur des discours officiels. C’est peu dire que la jeunesse a occupé le devant de la scène, vendredi soir, lors de l’ouverture de la 17e édition de la Foire transfrontalière annuelle d’Afrique centrale (FOTRAC), qui se tient pour la première fois hors de la zone des Trois Frontières, au cœur de Yaoundé. Devant un parterre d’ambassadeurs, de chefs traditionnels et d’opérateurs économiques venus de toute la sous-région, les différents intervenants ont, tour à tour, présenté les jeunes non plus comme de simples bénéficiaires des politiques publiques, mais comme les véritables artisans de l’intégration régionale. Prenant la parole au nom de la Jeunesse solidaire de la CEMAC, le président de la coordination nationale-Cameroun de la Jeunesse solidaire de la CEMAC, a rappelé que «la jeunesse ne représente plus seulement une catégorie démographique. Elle est la principale force de transformation économique de notre région, porteuse d’idées, d’innovation, de créativité et d’énergie. Il nous appartient de lui offrir les outils, les compétences et les opportunités nécessaires pour créer des entreprises compétitives, générer des emplois et participer pleinement au développement de notre espace communautaire». La suite de son propos a mis au goût du jour une série de propositions concrètes en faveur des jeunes. Notamment : la création d’une plateforme numérique de promotion des jeunes entrepreneurs, ainsi que d’un système de référencement des universités de la sous-région pour faciliter la mobilité académique. Il a par ailleurs appelé au renforcement des partenariats avec les chambres de commerce et les bailleurs de fonds, ainsi qu’à la promotion des secteurs porteurs que sont l’agriculture, le numérique, le tourisme ou encore l’industrie culturelle. Un chantier continental aussiCe plaidoyer a trouvé un écho dans l’intervention de la présidente du Réseau des femmes actives d’Afrique centrale (REFAC), Danielle Nlate, qui a exhorté les jeunes à «venir apprendre, venir entreprendre, venir voir les alternatives». L’esprit de sa lettre est ainsi dévoilé. La jeunesse est conviée à saisir désormais toutes les passerelles de la FOTRAC pour des débouchés économiques dans un contexte de social qui reste marqué par l’ampleur du chômage. La FOTRAC 2026 balise ainsi la voie qui doit conduire les femmes et les jeunes sur le marché continental de la ZLECAF (la Zone de libre-échange continentale africaine) ; selon des missions assumées par Danielle Nlate au Comité de la ZLECAF pour le Protocole relatif aux femmes et aux jeunes dans le commerce. Lequel vise à intégrer ces catégories sociales dans les chaines de valeur continentales et à leur permettre de passer de l’informel vers le secteur formel. Le vice-président de la Commission de la CEMAC, Charles Assamba Ongodo, élargit le débat à la notion de capital humain, clé de voûte de la transformation structurelle de la sous-région. Il dégage une réalité qui renvoie à la richesse du capital humain de la sous-région; suffisante pour constituer le troisième marché mondial, avec l’ambition de devenir le premier à l’horizon 2050. « Vous avez vu aujourd’hui des enfants nous interpeller au sujet des industries culturelles notamment. Cela signifie que l’Afrique dispose de beaucoup de choses, et c’est ici, et pas ailleurs, c’est ici même à Yaoundé qu’on en a davantage pris conscience. Donc l’appel de Yaoundé ne sera pas vain, j’en suis sûr. C’est un nouveau paradigme, et c’est en cela que la Commission se sent confortée. Elle qui accompagne le Fotrac depuis le début se sent confortée aujourd’hui, car les préoccupations du FOTRAC rejoignent pleinement celles de la CEMAC. Imaginez des enfants dont les parents cotisent parfois 5 à 6 millions pour traverser la mer, et qui parfois n’y arrivent même pas. Alors qu’avec ces 5 à 6 millions, en se mettant ensemble, ils peuvent faire des merveilles : ils ont l’innovation, ils ont la vigueur, ils ont l’intelligence. C’est à Yaoundé qu’on est venu nous le rappeler davantage. Et c’est en cela que Yaoundé, pour moi, est quelque chose d’innovant », souligne-t-il. Pour l’heure, la condition des jeunes restent des problématiques aux niveaux national et régional. Louise Nsana

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