ARTICLE DE BLOG

ARTICLE DE BLOG

CEMAC : quatre priorités pour assainir la gouvernance financière

La CEMAC veut mettre de l’ordre dans ses comptes. Réunis à Malabo, les représentants de la Commission, du Parlement communautaire et de la Cour de justice ont clos leurs travaux de concertation consacrés à la gouvernance financière de l’organisation sous-régionale. Au terme des échanges, quatre priorités ont été retenues pour consolider le contrôle budgétaire et améliorer la traçabilité des opérations financières. Première urgence : revoir le cadre normatif. Les participants préconisent l’introduction effective du mécanisme de règlement du budget, mais aussi une clarification des responsabilités entre les différentes institutions communautaires. Une réforme qui vise à réduire les zones grises dans la chaîne de décision et d’exécution budgétaire. Deuxième chantier, l’accès de la Cour des comptes aux informations financières. Celui-ci devra être « effectif, sécurisé et encadré », afin de permettre un contrôle plus fiable des opérations et de renforcer leur traçabilité. L’enjeu est aussi institutionnel : donner aux organes de contrôle les moyens d’exercer pleinement leur mission. La troisième priorité est plus opérationnelle. Il s’agit de rendre immédiatement effectif le contrôle budgétaire et de préparer les conditions d’une certification intégrale des comptes communautaires à l’horizon 2028. Une échéance qui marque la volonté de la CEMAC de rapprocher sa gestion financière des standards de transparence et de redevabilité attendus d’une organisation régionale. Enfin, les participants entendent institutionnaliser le renforcement des compétences. La CEMAC souhaite mobiliser les expertises et les expériences disponibles pour professionnaliser davantage la gestion et le contrôle des finances communautaires. Dans son discours de clôture, le vice-président de la CEMAC a insisté sur la nécessité de traduire ces recommandations en actes. Car derrière la technique budgétaire se joue une question de confiance : celle des États membres, des partenaires financiers et, plus largement, de la crédibilité de l’intégration communautaire.À Malabo, le message est donc clair : la transparence budgétaire ne peut plus rester un objectif. Elle doit devenir une pratique institutionnelle, mesurable et contrôlable. Avec l’horizon 2028 en ligne de mire, la CEMAC entend désormais passer de l’intention à l’exécution. Bobo Ousmanou

ARTICLE DE BLOG

Cacao : les seigneurs de la cabosse voient leurs prix s’effriter

La fève remonte, mais la confiance des producteurs reste à tempérer. La campagne cacaoyère 2026-2027 s’ouvre au Cameroun avec une promesse aussi séduisante qu’une cabosse bien mûre : celle d’un marché appelé à reprendre de la vigueur. Mais, dans les bassins de production, les producteurs ont appris à se méfier des récoltes de bonnes nouvelles. Les prix, eux, ont la fâcheuse habitude de mûrir… puis de tomber. UpdateLe 5 août 2026, le kilogramme de cacao s’échangeait à 3 414 FCFA au port de Douala, pour un prix d’entrée magasin compris entre 2 800 et 2 900 FCFA. Un rebond appréciable après les 700 à 1 000 FCFA observés durant certains mois de la campagne 2025-2026. Mais le souvenir des sommets précédents reste vivace : 6 300 FCFA le kilogramme en 2023-2024, puis jusqu’à 5 400 FCFA en 2024-2025 dans certains bassins. De quoi donner le sourire au planteur ? Oui. De quoi l’inciter à sabrer le champagne ? Pas encore.Le ministre du Commerce, Luc Magloire Atangana, veut croire à une nouvelle poussée des cours. Il mise notamment sur une demande asiatique dynamique, susceptible de soutenir les cotations internationales. Autre motif d’optimisme : la transformation locale. Le gouvernement ambitionne de transformer 40 % de la production nationale et affirme désormais avoir atteint un niveau de transformation locale de 250 000 tonnes. Une évolution qui permettrait au Cameroun de conserver davantage de valeur ajoutée sur son territoire, plutôt que d’exporter essentiellement la fève et les espoirs. OuvertureLa ZLECAF ouvre par ailleurs, un nouveau champ de bataille commercial. Le Nigeria, voisin immédiat et marché de plus de 250 millions de consommateurs, développe des unités de transformation proches des frontières camerounaises. Avec une capacité installée annoncée proche de 200 000 tonnes, le géant ouest-africain pourrait devenir un débouché stratégique pour le cacao camerounais. La qualité, l’autre récolteReste le nerf de la guerre : la qualité. Le directeur général de l’Office national du cacao et du café (ONCC), Mikael Ndoping, prévient que la tolérance administrative appartient désormais au passé. Avec l’entrée en vigueur des nouvelles exigences européennes, notamment en matière de légalité et de traçabilité, les textes seront appliqués avec davantage de rigueur. Pour les opérateurs qui avaient pris quelques libertés avec les règles, la prochaine récolte pourrait donc être moins généreuse en indulgence.Le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) appelle également à une meilleure organisation des producteurs. Son secrétaire exécutif, Omer Maledi, plaide pour un regroupement accru en coopératives et défend l’idée d’un « OPEP du cacao », portée par le Ghana et la Côte d’Ivoire. Objectif : coordonner les calendriers de récolte et renforcer le pouvoir de négociation des pays producteurs face aux industriels.Car le véritable enjeu est là. Le Cameroun ne manque ni de cabosses, ni de producteurs, ni de marchés potentiels. Il lui faut désormais transformer cette abondance en pouvoir de marché. À défaut, les « seigneurs de la terre » continueront de regarder leurs fèves prendre de la valeur… surtout dans les statistiques.

ARTICLE DE BLOG

Raymond Jean-Charles Beko’o Abondo : la fidélité comme destin

De Sangmélima à l’État-major, le parcours d’un homme qui a fait du service de l’État une vocation et de la fidélité une discipline intérieure. I. Sangmélima ou l’école invisible des destinéesIl est des lieux qui ne figurent pas dans les manuels d’histoire mais qui fabriquent pourtant l’histoire. Sangmélima est de ceux-là. Ses collines, ses salles de classe, ses terrains de sport et ses cours d’école ont vu grandir une génération qui ignorait encore que plusieurs des siens porteraient, quelques décennies plus tard, les responsabilités les plus élevées de l’État camerounais.En 1990-1991, dans la Terminale D1, (nous avions 2 classes de terminale D, une terminale C, une terminale A Allemande et une terminale A Espagnole), au Lycée Classique et Moderne de Sangmélima, rien ne distinguait véritablement ces adolescents des milliers d’autres élèves du pays. Ils partageaient les mêmes inquiétudes, les mêmes ambitions, les mêmes rêves parfois démesurés. Ils vivaient une époque où le Cameroun entrait dans une séquence politique décisive, tandis que chacun cherchait sa propre voie.Avec le recul, cette classe apparaît comme bien davantage qu’une simple promotion scolaire. Elle fut un laboratoire de caractères, une école de la persévérance et, pour plusieurs de ses membres, le premier apprentissage du sens des responsabilités. C’est dans ce creuset que s’est forgée une génération dont les trajectoires témoignent aujourd’hui de la diversité des engagements au service de la nation.Parmi ces visages familiers, un nom s’impose désormais avec une évidence tranquille : Raymond Jean-Charles Beko’o Abondo, que ses camarades appelaient simplement « Charles ». Je me permets donc de parler du camarade que je connais que j’appellerai « Charles » et j’invite d’autres de nos compagnons de route à me rappeler les souvenirs qui ont pu m’échapper.La promotion de « Charles » au grade de Général de Brigade ne constitue pas seulement une réussite individuelle. Elle invite à relire une histoire collective, celle d’une jeunesse qui a appris très tôt que le véritable leadership ne se mesure ni au bruit que l’on fait, ni aux honneurs que l’on reçoit, mais à la constance avec laquelle on demeure fidèle à ses engagements.Saint Ignace de Loyola, ancien officier devenu maître du discernement spirituel, écrivait : « Ce n’est pas beaucoup savoir qui rassasie l’âme, mais sentir et goûter intérieurement les choses. » Cette maxime éclaire singulièrement le parcours de Raymond Jean-Charles Beko’o Abondo. Car les grandes carrières militaires ne sont pas seulement le produit de l’intelligence ou de la discipline ; elles sont aussi le fruit d’une vie intérieure, d’une capacité à demeurer fidèle à soi-même lorsque les circonstances changent.Dans les armées comme dans les grandes institutions de l’État, le caractère précède toujours le commandement.Ceux qui ont connu Charles adolescent ne parlent pas d’abord de ses résultats scolaires ni même de ses ambitions. Ils évoquent spontanément son calme, sa retenue, son sens de l’écoute et cette loyauté qui inspirait la confiance. Il appartenait à cette catégorie rare d’hommes dont l’autorité naît naturellement de la cohérence entre les paroles et les actes.Cette fidélité n’est pas une qualité secondaire ; elle est le fil conducteur de toute une existence. Fidélité à ses camarades, fidélité à ses maîtres, fidélité à ses racines, fidélité enfin à la République qu’il a choisie de servir.Charles de Gaulle rappelait que « la véritable école du commandement est la culture générale ». On pourrait ajouter qu’elle est aussi la mémoire. Un chef est d’autant plus solide qu’il n’oublie jamais d’où il vient.Le Général Raymond Jean-Charles Beko’o Abondo semble appartenir à cette lignée d’hommes qui considèrent leurs origines non comme un souvenir, mais comme une responsabilité permanente. C’est sans doute là que réside la véritable grandeur : continuer de marcher vers les sommets sans jamais cesser d’entendre les voix de ceux avec lesquels tout a commencé. II. Une génération, une fraternité, une mémoire vivanteUne promotion ne se résume jamais à une liste de noms inscrits sur un registre administratif. Elle est une communauté de destins en devenir. Plus de trente ans après avoir quitté les bancs du Lycée Classique et Moderne de Sangmélima, les anciens de la Terminale D1 continuent d’habiter une mémoire commune, faite de complicités, de défis, de réussites et d’absences. Les années ont dispersé les uns à Yaoundé, Douala, Paris, Bruxelles ou Athènes ; elles n’ont pourtant jamais rompu le fil invisible qui les relie.Dans cette constellation de personnalités, Raymond Jean-Charles Beko’o Abondo n’était ni le plus démonstratif, ni le plus bavard. Il appartenait à cette catégorie d’hommes qui préfèrent laisser les actes parler à leur place. Son autorité naissante ne procédait ni de la recherche de l’influence, ni de la volonté de dominer ; elle émanait naturellement de son équilibre, de sa rectitude et de sa capacité à inspirer confiance. Ceux qui l’ont connu adolescent retrouvent aujourd’hui chez le général les mêmes qualités qui distinguaient déjà le camarade de classe.Josiane Abossolo, aujourd’hui responsable d’une structure sociale à Paris, garde de lui un souvenir d’une remarquable constance. Ses mots sont simples, mais ils disent l’essentiel : « Raymond était de ceux qui ne parlaient pas beaucoup, mais dont la présence disait déjà la fidélité. Il avait cette manière de se tenir, droite, calme, qui donnait confiance. »Le témoignage vaut davantage qu’un compliment. Il révèle une vérité souvent oubliée : les qualités qui fondent les grands serviteurs de l’État se manifestent bien avant les décorations, les responsabilités et les galons. Elles prennent racine dans l’éducation, dans le rapport aux autres et dans cette discipline intérieure qui ne recherche jamais l’effet.Saint Ignace de Loyola, capitaine devenu maître spirituel, recommandait à ceux qui exercent une responsabilité de cultiver d’abord la maîtrise d’eux-mêmes. Cette intuition demeure d’une étonnante modernité : on ne commande durablement qu’à la mesure de la victoire remportée sur ses propres passions. Le commandement n’est pas un privilège ; il est une ascèse.Cette fidélité à soi-même se lit également dans le témoignage de Guy Mbeng Angoula. Les deux anciens camarades s’étaient perdus de vue avant de se retrouver à Bruxelles, loin des collines de Sangmélima et des souvenirs du lycée. Rien pourtant

ARTICLE DE BLOG

64e JFA : le Cameroun réarme les femmes pour leur devoir social

Le Cameroun s’est joint le 31 juillet 2026 à la communauté internationale pour commémorer la 64e édition de la Journée de la Femme Africaine (JFA). Ledit évènement s’est tenu à l’esplanade arrière du Conseil Régional du Centre sur le thème « Action des femmes pour un assainissement sûr, des communautés en paix et de meilleures conditions de vie.» Occasion a ainsi été donné de célébrer le rôle historique des femmes africaines dans la lutte pour les indépendances et leur contribution au développement et à la paix sur le continent. Madame Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille a par ailleurs saisi l’opportunité pour porter la cause de la gente féminine nationale devant la conscience collective. Notamment pour ce qui est de l’accès aux infrastructures d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement; de promouvoir la contribution de ces dernières au développement durable de l’économie ; le renforcement du plaidoyer en faveur de la participation effective de celles-ci à la consolidation de la paix et à la construction des sociétés justes, résilientes et inclusives, entre autres. « L’accent mis par l’Union africaine sur l’eau et l’assainissement reflète la reconnaissance croissante à l’échelle du continent, du fait que la gestion durable des ressources en eau est essentielle à la croissance économique, à l’industrialisation, à la création d’emplois et à la transformation sociale de l’Afrique», souligne-t-elle. Ce qui suffit à mettre un doigt dans la réalité sociale du manque d’eau habituels dans certaines localité du pays ; et qui place la femme en première ligne d’un combat social quotidien. Elle qui connait les dur labeurs de la recherche d’eau potable, parfois sur plusieurs kilomètres, pour répondre aux besoins familiaux. «Elles ont un rôle à jouer. Il faut bien éduquer les enfants leur apprendre le B-A-BA de l’hygiène et la salubrité. Surtout, nous sommes dans une situation assez critique en matière d’insécurité, nous saisissons cette occasion pour demander aux parents de jouer leur rôle d’éducateurs. Nous ne souhaitons pas voir les enfants exposés à cette période de vacances à des risques de violence. La situation est difficile mais il ne faut pas envoyer un petit enfant, une petite fille dans la rue seul pour vendre ou qu’elle fasse des commissions à des heures indues», a déclaré le membre du gouvernement pour rétablir toute la responsabilité sociale et familiale des femmes. LN

ARTICLE DE BLOG

Le genre et l’intégration pris en otage à Yaoundé

Loin d’être une randonnée d’affaires au Cameroun, la Foire transfrontalière annuelle de l’Afrique centrale (FOTRAC) est ce moule de fabrique des femmes entreprenantes et autonomes, les retombées sont visibles. C’est une période bien chargée qui s’achève à Yaoundé. Femmes, jeunes, institutions nationales et internationales s’y sont retrouvé sollicités à divers lieux de la capitale pour divers évènements liées à l’économie sociale, familiale et artisanale. La 17e édition de la Foire transfrontalière d’Afrique centrale (FOTRAC) a servi de précurseur à un trio de rendez-vous s’articulant autour de la promotion des produits locaux. Celle-ci a couru du 24 au 31 juillet 2026 au Stade Ahmadou Ahidjo, dans le 5e arrondissement de la capitale. Ladite Foire s’est tenue presque simultanément avec le Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), ouverte du 27 juillet au 05 août, et la Journée internationale de la femme africaine le 31 juillet. Trois concepts évènementiels qui ont au final tourné autour d’articulations identiques: des foire-exposition, des échanges, le réseautage et networking, des conférences, la culture; entre autres. Un problème se pose cependant qui touche à la visibilité des différentes organisations avec un impact sur le nombre de visites. Car sous les différents thèmes qui encadrent les différentes activités, la cible se referme principalement sur les femmes et les jeunes, principaux artisans de la petite économie; mais aussi cible principale des programmes et projets de structuration des filières en vue de reconversions vers le secteur formel. « La FOTRAC, édition spéciale à Yaoundé, a été un succès en termes de participation des institutionnels, partenaires techniques et financiers, administrations publiques et parapubliques, de diversité des exposants venus de différents pays. Seulement, il y’a comme un arrière-goût d’inachevé parce qu’en terme de visiteurs, nous n’avons pas été comblés. La première raison est le chevauchement de plusieurs foires. Ce serait donc l’occasion d’interpeller les différentes sectorielles afin qu’on ait un calendrier des foires; qu’il y’ait une concertation des différents organisateurs, que ce soit public, privé afin qu’il y’ait une harmonie. C’est se tirer la balle dans le pied que d’accepter que ça se passe comme ça. Même pour ceux qui ont les moyens de l’Etat, le rendu ne peut pas être atteint » indique Danielle Nlate, présidente du Réseau des actives de la CEMAC (REFAC). La même thématique de fondLe Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC) est en à sa neuvième édition. L’évènement biennal porté par le ministère des Petites et moyennes entreprises, de l’Economie sociale et l’Artisanat (MINPMEESA) s’est tenu sur le thème : « Entre traditions et modernités : comment stimuler l’innovation artisanale ». Ici aussi, la baisse du nombre de visiteurs est une variable non anticipée, quoique l’évènement est resté très couru. « Je suis lauréate au SIARC ; Je suis de la filière transformation plus précisément la transformation du manioc pour l’agroalimentaire, la savonnerie et la cosmétique. Les produits qui m’ont porté à la compétition c’est le savon et le gel de douche à base de manioc. C’est ma première participation au SIARC. J’ai trouvé du sérieux et lors des séminaires, nous avons été bien édifiés sur toutes les étapes pour quitter du petit artisan à l’industriel». Le Salon est ouvert aux artisans africains de tout bord. Le génie algérien, ivoirien, marocain, béninois, malien, sénégalais, et congolais, s’est de ce fait mis en valeur à cette 9e édition. Ce qui réfère au final à la même problématique de l’intégration. Laquelle a été largement mise en exergue dans le cadre de cette 64e Journée internationale de la Femme africaine ; qui, au-delà des évènements institutionnels a donné lieu à plusieurs journées de foire-exposition à l’Hôtel de ville de Yaoundé. «Nous avons eu le privilège d’avoir ici des femmes venant des pays de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) qui ont participé à une autre activité qui tourne autour de cette 64e édition. Nous interpellons les femmes pour qu’elles sachent qu’elles ont un rôle majeur à jouer sur le développement de l’Afrique, la promotion de la paix», déclarait la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Dr Abena Ondoa Marie Thérèse. Un important dispositif logistique est pourtant mis en branle de part et d’autres pour offrir un cadre d’affaires décents et convivial à tous. Lequel est soutenu par d’importants financements. Face aux exigences de telles organisations et l’ampleur des objectifs non atteints, des voix se lèvent pour réclamer une meilleure programmation des foires, salons, et autres programmes évènementiels. «Nous proposons la date au cours de la réunion qui se tient toujours en début d’années, comme cette fois-ci elle a eu lieu en février, mais la date était déjà annoncée en janvier. Elle a été validée en février au cours de la réunion du Comité interministériel élargi au secteur privé. Les autres sectoriels prennent part à cette réunion et sont donc informées de dates retenues mais à un moment, on constate qu’elles aussi choisissent à peu près la même période», explique Danielle Nlate; dont les regards se portent désormais vers de futures échéances. LN

ARTICLE DE BLOG

FOTRAC 2026: les femmes tchadiennes du Logone Occidental à l’assaut de Yaoundé, clap de fin sur la 17e édition

L’évènement porté sur l’intégration économique des femmes entreprenantes d’Afrique centrale s’est achevé sur un bilan mitigé mais une vision expansionniste affirmée. Les rideaux se levées le 31 juillet 2026 sur la Foire transfrontalière d’Afrique centrale (FOTRAC 2026). L’évènement aura mobilisé à Yaoundé une centaine d’entrepreneures du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, de la République démocratique du Congo, de la Guinée Equatoriale, du Gabon, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Tchad, entre autres, autour de la promotion de leur savoir-faire, du renforcement des capacités et des activités de réseautage et de networking. « C’est un lieu de rencontres multisectorielles, où les gens manifestent leur désir de partager les expériences, de promouvoir les autres humains. Vous avez vu des dynamiques venues d’Afrique centrale et de l’Ouest, de la diaspora, et même des expatriés de certains pays d’Europe, les officiels. Donc c’est le lieu donner et du recevoir; le but ici c’est de vendre l’image de ces produits, sa structure et pouvoir nouer le maximum de relations pour pouvoir en permanence échanger. Aujourd’hui avec le numérique, tout est possible donc nous sommes là pour faciliter les échanges avec tous les partenaires qui travaillent sur ce volet, des institutions continentales, régionales, nationales, les associations. Il y’a un pan de l’économie sociale et familiale qui est mis en exergue. C’est un pan des populations de notre sous-région qu’on ne doit pas négliger car très présent dans le commerce transfrontalier et le développement local », souligne Danielle Nlate, présidente du Réseau des femmes actives de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (REFAC). La FOTRAC s’est délocalisée pour sa 17e édition. Elle a quitté sa mythique place de la zone des trois frontières à Kye-Ossi pour apprivoiser Yaoundé, la capitale camerounaise. Un changement qui, bien que stratégique pour l’avenir de la FOTRAC, s’est ressenti sur les faibles quotas de visites. «Le plus important d’habitude c’est le fait de se rencontrer, et personnellement, il y’a des Sénégalais que j’ai connu ici. C’est important aussi de vendre. D’avoir un certain budget au minimum parce que quand on vient ici, on vient avec des bagages, des billets d’avion, des logements, et on des frais de déplacement et autres. C’est très important de vendre parce que sans argent je ne serai pas là aujourd’hui ; mais je ne dirai pas que c’est l’objectif majeur. Le plus important était d’avoir des partenaires et la clientèle aussi. MOI c’est ma première fois ici et c’était une opportunité pour moi de connaitre les Camerounais, de savoir un peu ce qu’ils veulent et aiment. Je ne dirai pas que j’ai appris beaucoup de choses mais j’ai rencontré quelques potentiels partenaires, peut-être avec le temps ça va venir», Maya Cissé, artisane spécialisée dans la confection de vêtements brodés et la cosmétique. Une ambition continentaleSomme toute, la FOTRAC 2026 a mis en lumière les ambitions expansionnistes du Réseau des femmes actives de la CEMAC (REFAC). Des mutations vers une Foire transfrontalière d’Afrique s’y sont profilées. « Bien que mitigé, le résultat est joyeux et nous sommes motivés pour continuer à travailler de manière à ce que la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine) soit une réalité, parce que c’est la clé du développement », martèle Danielle Nlate. Et pour poursuivre la tangente amorcée, le REFAC sait pouvoir compter sur les acquis des dix-sept dernières années. Notamment: une libre-circulation qui connait quelques améliorations dans l’espace communautaire; un réseau d’associations de femmes, et de jeunes structuré. A cela s’ajoute l’implication de la diaspora. « Nous essayons de créer des ponts avec les entreprises occidentales qui veulent venir s’implanter en Afrique. Nous voulons favoriser ces échanges économiques qui tournent le plus souvent vers le transfert des technologies. Nous sommes intervenus dans le cadre de la FOTRAC pour voir ce que la diaspora peut apporter dans le cadre du développement socio-économique. Il est question de se questionner sur les attentes des populations locales parce qu’aujourd’hui c’est le développement local qui est la clé de tout. Et quand on en parle, on pense à l’artisanat et là, il y a un problème qui revient : la structuration. L’argent est disponible, mais il faut une structuration. Il y’a un gros problème d’expertise, de formation, de renforcement des capacités c’est pourquoi les outils comme la FOTRAC sont louables », affirme Joseph Tsiefack, CEO de la société Transcontinental business services and consulting. Ses propos ouvrent de nouveaux champs d’actions d’accompagnement de la Foire transfrontalière d’Afrique centrale. Louise Nsana

ARTICLE DE BLOG

Le 7 août ne doit pas devenir la fête d’un homme

La date, marquant l’indépendance octroyée à la Côte d’Ivoire en 1960, sera célébrée cette année à Yopougon. Cette journée devrait être un moment de mémoire nationale, un temps de recueillement et de reconnaissance envers toutes celles et tous ceux qui, par leur engagement, leurs sacrifices et leur courage, ont contribué à mettre fin à la domination coloniale et à ouvrir la voie à la souveraineté du pays. Elle devrait également être l’occasion de réfléchir au chemin parcouru depuis 1960 et aux défis qui restent à relever pour bâtir une nation plus juste, plus libre et plus prospère. Une déclaration du maire de Yopougon, Adama Bictogo, est venue détourner le sens de l’événement. En affirmant que « Yopougon est debout pour rendre hommage à ADO », il a transformé une commémoration de la nation en une célébration de la personne du chef de l’État. Une déclaration du maire de YopougonUne telle déclaration révèle une conception du pouvoir qui confond la République avec un homme. Elle donne l’impression que, pour certains militants du RDR-RHDP, la Côte d’Ivoire se résume à Alassane Ouattara, comme autrefois le roi Louis XIV résumait l’État à sa propre personne lorsqu’il affirmait: « L’État, c’est moi. » Dans une démocratie digne de ce nom, aucune personnalité politique, aussi influente soit-elle, ne peut prétendre incarner à elle seule toute une nation. La déclaration de M. Bictogo ne fait finalement que confirmer ce que beaucoup d’observateurs dénoncent depuis plusieurs années: l’extrême concentration du pouvoir entre les mains d’Alassane Ouattara. Les principales institutions du pays semblent fonctionner sous son influence. La justice est régulièrement accusée de manquer d’indépendance. Les médias publics sont souvent critiqués pour leur traitement déséquilibré de l’information politique. Les forces de défense et de sécurité sont perçues comme étroitement liées au pouvoir exécutif. Quant aux grandes décisions économiques, elles paraissent toutes graviter autour de la volonté présidentielle. Cette personnalisation excessive du pouvoir constitue un danger pour toute démocratie. Les institutions existent précisément pour empêcher qu’un individu, aussi compétent soit-il, ne concentre tous les leviers de commande. Lorsqu’un régime encourage le culte de la personnalité, il affaiblit progressivement l’esprit critique des citoyens et réduit la vie publique à l’adoration d’un chef plutôt qu’au débat d’idées. La Côte d’Ivoire n’est pas Alassane Ouattara. Ce pays existait bien avant son arrivée au pouvoir. Il existait sous Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, le général Robert Guéï, Laurent Gbagbo et continuera d’exister après le départ de Ouattara. Les institutions de la République sont plus importantes que les hommes appelés à les diriger. L’opportunité de célébrer un dirigeantAu-delà de cette question de principe, on peut s’interroger sur l’opportunité de célébrer un dirigeant dont le bilan demeure fortement contesté. Certes, des infrastructures ont été réalisées. Mais beaucoup estiment que les routes et les ponts, aussi utiles soient-ils, ne sauraient à eux seuls constituer la mesure du développement d’un pays. Le développement se juge également à la qualité de l’éducation, des soins de santé, de la justice, de l’emploi, du pouvoir d’achat et des libertés publiques.Or la dette publique s’est considérablement accrue au fil des années. Le coût de la vie continue de peser lourdement sur les ménages. L’augmentation du prix du carburant entraîne celle des transports et des produits de première nécessité. De nombreuses familles peinent à joindre les deux bouts tandis que les écarts de richesse se creusent davantage.Les critiques portent aussi sur la situation des libertés publiques. Plusieurs citoyens sont poursuivis ou emprisonnés pour leurs opinions ou leurs activités politiques. Quelles que soient les positions partisanes de chacun, une démocratie solide ne peut durablement prospérer sans garantir la liberté d’expression, le pluralisme politique et une justice indépendante. Le paradoxe d’un pays qui investitBeaucoup s’interrogent également sur le paradoxe d’un pays qui investit des sommes considérables dans certaines infrastructures alors que ses plus hauts responsables continuent souvent de se faire soigner à l’étranger. Une véritable politique de développement devrait permettre à chaque citoyen, quel que soit son rang social, d’avoir confiance dans les hôpitaux de son propre pays.Le 7 août ne devrait donc pas servir à glorifier un homme ou un parti politique. Cette date appartient à tous les Ivoiriens. Elle est le patrimoine commun de la nation. Elle rappelle le combat des pionniers de l’indépendance et l’espérance de générations entières qui rêvaient d’une Côte d’Ivoire libre, souveraine et fraternelle.Libre au RDR-RHDP d’organiser des manifestations en l’honneur de son leader dans le cadre de ses activités partisanes. Mais la fête nationale mérite de rester au-dessus des intérêts politiques. Elle doit demeurer un moment d’unité, de réflexion et d’introspection collective. Le plus bel hommage que les Ivoiriens puissent rendre aux artisans de l’indépendance n’est pas de célébrer un dirigeant, quel qu’il soit. C’est de se demander honnêtement si le pays avance dans la bonne direction, si les institutions servent véritablement le peuple, si la justice est rendue de manière équitable, si les libertés sont garanties et si la prospérité profite au plus grand nombre. Car une nation ne grandit pas en adorant des hommesElle grandit en respectant ses institutions, en protégeant les libertés de ses citoyens et en poursuivant sans relâche le bien commun. Jean-Claude Djéréké

ARTICLE DE BLOG

Jean Mballa Mballa : «L’enjeu est de s’assurer que le profit généré au Cameroun puisse être imposé de manière juste »

Le Centre régional africain pour le Développement endogène et communautaire (Cradec) a adressé lundi une correspondance aux autorités camerounaises en vue de consolider leurs revendications aux discussions de New York. Le directeur général en fait l’exposé dans cette interview. Pourquoi écrivez-vous aux ministres des Finances et des Relations extérieures maintenant, alors que la 5e session de négociation sur la Convention de l’Onunest ouverte à New York?Nous écrivons maintenant au ministre des Finances et au ministre des Relations extérieures parce que nous pensons que le moment est décisif. Bien que les négociations aient déjà commencé, elles iront pratiquement jusqu’à la fin du mois d’août. Nous avons donc encore suffisamment de temps pour que les uns et les autres puissent réagir. La cinquième session des négociations marque une étape importante dans la définition du futur mondial de la coopération fiscale. Les discussions ne portent plus seulement sur les principes généraux, mais sur des choix qui peuvent influencer durablement la capacité des pays en développement, dont le Cameroun, à mobiliser leurs propres ressources. Pour le Cradec, il est donc essentiel que le Cameroun arrive à cette session avec une position claire, ambitieuse et cohérente avec les priorités nationales : par exemple, la lutte contre les flux financiers illicites, la taxation de l’économie numérique, la transparence des multinationales, une meilleure répartition des droits d’imposition et la mobilisation des ressources pour financer les services publics. Notre correspondance vise à encourager une participation du Cameroun, non pas comme simple observateur du processus, mais comme acteur capable de porter les préoccupations de l’Afrique centrale dans une négociation mondiale qui touche directement la souveraineté fiscale des États. Dans votre correspondance, vous évoquez certains points d’attention dans les textes en discussion. Quels sont-ils?Il y a plusieurs points qui méritent une attention particulière du gouvernement dans ces négociations. Le premier concerne la répartition du droit d’imposition entre les pays de résidence des multinationales et les pays de source, c’est-à-dire là où l’activité économique se déroule et où le profit est généré. Pour le Cameroun, l’enjeu est de s’assurer que le profit généré sur son territoire, y compris par les entreprises étrangères ayant une présence physique significative au niveau national, puisse véritablement être imposé de manière juste. Le deuxième point concerne la taxation des services transfrontaliers et numériques. L’économie numérique permet aujourd’hui aux grandes entreprises de réaliser des revenus importants dans nos pays, sans y être nécessairement établies physiquement. Et là, il faut être très attentif à cette notion de présence effective sur le plan national. Le troisième point porte sur la transparence fiscale : l’échange d’informations, la déclaration pays par pays et surtout publique, la transparence sur les bénéficiaires effectifs, les prix de transfert inclusifs auxquels certaines entreprises ont souvent recours ; les conventions fiscales entre les pays sont des points sur lesquels nous pensons que le Cameroun doit être suffisamment vigilant. Enfin, le Cameroun doit être attentif aux mécanismes de règlement des litiges, parce que ce sont des mécanismes qui peuvent fragiliser et nuire à un système dans lequel les pays se sont investis pour imposer justement. Le Cameroun a récemment renforcé son dispositif fiscal, notamment pour le numérique. Comment ces avancées s’articulent-elles avec les discussions en cours au niveau international?Les avancées en matière de fiscalité numérique vont dans le sens des discussions internationales actuelles. Elles montrent que le pays a compris que les modèles fiscaux classiques ne suffisent plus à capter équitablement la valeur créée par les entreprises numériques, les services en ligne et les entreprises gérées à distance. Cependant, une mesure nationale, si pertinente soit-elle, reste limitée si elle n’est pas soutenue par un cadre international juste. Les grandes entreprises numériques opèrent au-delà des frontières, structurent leurs activités entre plusieurs juridictions et peuvent transférer leurs profits dans des pays à faible fiscalité. C’est pourquoi les efforts nationaux du Cameroun doivent être consolidés par des règles internationales qui reconnaissent clairement le droit des pays africains à taxer les revenus générés sur leurs marchés. Et nous pensons que la Convention des Nations Unies représente donc une opportunité de donner une base multilatérale plus solide aux réformes nationales. Elle peut ainsi aider le Cameroun à mieux sécuriser ses recettes, à réduire les risques de non-imposition et à renforcer ses capacités de négociation face aux entreprises multinationales. Le CRADEC avance des estimations sur les recettes potentielles. D’où viennent ces chiffres et quelles pistes suggérez-vous?Les estimations que nous avançons au niveau du Cradec proviennent de travaux d’analyses fondés sur les écarts observés entre les échanges commerciaux, notamment les écarts de facturation et de tarification des échanges. On peut les voir au niveau des valeurs déclarées à l’exportation et à l’importation, et ils peuvent révéler un certain nombre de risques de transferts illicites, de sous-facturation ou de surfacturation, et de fuites de recettes fiscales. Par exemple, l’estimation de 299 millions de FCFA pour le Cameroun doit être comprise comme un signal d’alerte, mais elle n’est pas véritablement un résultat d’audit en tant que tel. Elle ne prétend pas être un audit détaillé, mais elle montre qu’il existe un potentiel de recettes à recouvrer si l’administration possédait de meilleurs outils. Pour donner une référence dans l’actualité nationale, le cas de l’or, sur la base duquel on a arrêté le principe de données miroirs, montre ce que le Cameroun déclare comme exportations vers Dubaï et ce que Dubaï déclare comme importations pour la même matière sur la même période. Vous semblez suggérer au gouvernement camerounais d’être plus offensif. Que manque-t-il pour un impact significatif du Cameroun?Le Cameroun a adressé une note technique le 26 février 2026 au groupe de travail numéro 2 dans le cadre des négociations du comité intergouvernemental. Nous pensons que ce qui manque, c’est une position plus structurée et beaucoup plus politique, et qu’il manque une offensive sur les intérêts fiscaux. Le pays dispose d’arguments solides, mais ceux-ci doivent être formulés de manière claire dans les négociations. Le Cameroun devrait notamment défendre plus explicitement le droit des pays de source à taxer les profits générés sur leur territoire. Le Cameroun devrait

ARTICLE DE BLOG

OCDE et Etats-Unis contre l’Afrique – Caraïbes –Pacifique

Le renforcement des échanges entre les deux blocs régionaux apparaît comme une opportunité économique pour l’Afrique centrale, à la condition cependant d’un déploiement stratégique sur ces marchés. La Convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale internationale est la résultante d’action de lobbying des pays du Sud global. Lesquels ont présenté en 2015 leurs insatisfactions face à l’ordre économique mondial. Ils réclament aujourd’hui un système fiscal juste et inclusif, qui soutient le développement au lieu de perpétuer les injustices historiques. Le chemin de l’Afrique vers cet idéal reste semé d’embûches. L’illustration de ces dernières repose sur l’opposition des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique, OCDE (38 pays au total répartis principalement en Europe et en Amérique du Nord, ainsi que dans la région Asie-Pacifique et en Amérique latine) et des Etats-Unis d’Amérique. Du côté de l’administration Trump, l’on évoque un processus inefficace dans le fond comme dans cette forme. « Les objectifs d’une future Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale sont incompatibles avec leurs priorités et constituent un abus de pouvoir inacceptable. Nous rejetons la nature même de ces discussions. Le processus adopté aboutira à une convention qui entraverait de manière inacceptable la capacité des nations à mettre en œuvre des politiques fiscales servant les intérêts de leurs citoyens, de leurs entreprises et de leurs travailleurs. Nous avons voté « non » à plusieurs reprises pour exprimer nos inquiétudes quant à l’orientation et à l’évolution du processus décisionnel, qui s’éloigne du consensus, et nous n’avons rencontré en réponse que de l’inflexibilité », déclarait à New York Jonathan Shrier, représentant par intérim des USA auprès du Conseil économique et social des Nations Unies, le 3 février 2025. Cette annonce survient quelques semaines après l’adoption d’une mesure américaine visant à enquêter sur l’application par d’autres pays, d’éventuelles taxes discriminatoires ou extraterritoriales contre les Etats-Unis. Cette posture rejoint celle des pays de l’OCDE sur la forme, par la dénégation, mais elle s’en éloigne dans son esprit. Pour le regroupement des 37 Etats (Hors USA), il est surtout question de restreindre l’accès à la table des négociations à leur seule influence. Pourtant: «Si les gouvernements échouent pour faire adopter cette convention à l’Onu, chaque pays devra mener son propre combat pour augmenter ses revenus fiscaux. Ce qui va créer plus de désordre», alerte Tove Maria Ryding, coordinatrice du Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad).La cinquième session du Comité intergouvernemental de négociation doit aboutir à la présentation des contributions au 28 août 2026. Louise Nsana

ARTICLE DE BLOG

Convention-cadre de l’Onu sur la fiscalité internationale : l’Afrique défend sa souveraineté

Les enjeux pour le continent tournent autour de la répartition équitable des droits fiscaux issus du commerce mondial. Dans le domaine du numérique notamment. Le monde est le théâtre d’un grand bouleversement dans le domaine du commerce mondial. Et la rédaction d’une Convention-cadre des Nations unies sur la coopération fiscale internationale en constitue la base. La 5e session du comité intergouvernemental de négociation est ouverte à New York du 3 au 13 août 2026. Dans la ligne de mire: le projet zéro de la Convention, et deux projets de protocoles précisant son application. Notamment celui sur la responsabilité sur l’imposition des revenus provenant des services transfrontaliers ; ainsi que celui sur la coresponsabilité sur la prévention et le règlement des litiges fiscaux. L’Afrique entend tirer pleinement profit de ces négociations pour rétablir l’équité qui lui a tant fait défaut dans le cadre du commerce mondial. La privant d’importantes ressources financières liées d’une part à l’exploitation de ses ressources naturelles et d’autre part à l’importation de biens et services la ciblant. « Il est fondamentalement question de reconquérir notre souveraineté économique. Il y a eu des fondations fiscales qui ont été posés quand plusieurs pays n’avaient pas encore d’indépendance politique. Les règles ont été établies par les colons. Ils se sont assis autour de la table et ont défini comment les droits fiscaux allaient être répartis et quels pays vont avoir l’avantage sur les bénéfices générés par les activités économiques internationales. L’Afrique n’était pas sur la table des négociations or les règles ont été établis en faveur des pays qui étaient assis autour de la table. Donc il y’a beaucoup d’inégalités et d’iniquité que nous observons », a expliqué le 30 juillet au cours d’un point de presse virtuel, la directrice exécutive de Tax Justice Network Africa, Chenai Mukumba.Cette dernière de poursuivre : « Le travail, les ressources naturelles et les marchés de l’Afrique ont généré une richesse considérable qui a renforcé l’industrie mondiale. Nous avons contribué aussi à la chaine de valeur internationale pourtant, les règles fiscales internationales ont souvent privé les pays africains de leur juste part de leurs droits d’imposition sur les revenus issus de ces activités. Pour les pays africains, l’enjeu n’est pas simplement une réforme des règles fiscales internationales, mais une étape cruciale vers l’accomplissement définitif du chemin menant de l’indépendance politique à la pleine souveraineté économique. » Le texte de la Convention affiche trois objectifs: une coopération fiscale véritablement inclusive, une gouvernance capable de s’adapter aux défis à venir, et un système fiscal plus équitable au service du développement durable. Le droit souverain de chaque État à fixer sa politique fiscale est explicitement réaffirmé, de même que l’exigence de transparence des contribuables. Plusieurs chantiers inhérents sont posés: une répartition plus juste des droits d’imposition tenant compte de la création de valeur et des marchés ; une coopération renforcée contre l’évasion fiscale des grandes fortunes ; la lutte contre les flux financiers illicites; et l’encadrement des pratiques fiscales dommageables entre juridictions. « La convention a besoin d’avoir un article sur la taxation équitable des multinationales. On doit établir un engagement pour remplacer les prix de transfert. Sous cette approche, les multinationales doivent être reconnues comme des entreprises globales uniques et les bénéfices divisés selon les règles économiques entre les Etats. Les publicités numériques, la propriété intellectuelle peuvent être redistribuées à plusieurs entreprises et plusieurs juridictions. La deuxième réforme essentielle c’est le reporting par pays. Le gouvernement, le Parlement, les travailleurs doivent être en mesure de voir ce que paient les multinationales. Celles-ci doivent déclarer leurs bénéfices et aussi combien d’impôts ils paient sous chaque juridiction. Le groupe africain a déjà proposé cela mais cela n’a pas été inclut. La convention doit avoir une approche nouvelle sur le transfert des bénéfices», énonce dans une liste non exhaustive Charles Santiago, directeur de Monitoring Sustainability of Globalization (MSN), Director et membre du réseau Tax and Fiscal Justice Asia (TAFJA). Taxer les services transfrontaliersCe protocole s’attaque à l’imposition des revenus tirés de services rendus par-delà les frontières, dans une économie numérique où les règles classiques peinent à s’appliquer. Trois catégories de revenus sont ici visées. A l’occurrence, les honoraires de services, les revenus des services numériques automatisés publicité en ligne, plateformes, cloud, jeux en ligne et les primes d’assurance.Le second protocole, le plus étoffé des trois textes, vise à limiter puis résoudre les différends fiscaux transfrontaliers. Il structure une procédure amiable classique entre autorités fiscales, mais y ajoute des options inédites à l’échelle onusienne : médiation et conciliation par des tiers indépendants, puis, en dernier recours, un arbitrage contraignant si aucun accord n’est trouvé dans un délai de trois ans. Louise Nsana

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut