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PPP : la CEMAC ouvre ses grands contrats aux PME

À Douala, du 11 au 13 août 2026, la Commission de la CEMAC a réuni experts, administrations et acteurs privés autour de la mise en œuvre de la directive communautaire sur les partenariats public-privé. Derrière le jargon juridique, une ambition : permettre aux PME d’Afrique centrale de ne plus regarder passer les grands projets régionaux depuis le bord de la route.Du 11 au 13 août 2026, la scène avait quelque chose d’un changement de décor. À Douala, capitale économique du Cameroun, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a consacré trois jours à un sujet qui, jusqu’ici, semblait surtout réservé aux grandes entreprises, aux bailleurs et aux cabinets spécialisés : le partenariat public-privé (PPP). L’enjeu de la réunion n’était pas seulement de peaufiner des textes. Il s’agissait de créer les conditions permettant au secteur privé local, notamment aux PME, de prendre sa part dans les futurs projets intégrateurs de la sous-région. La démarche intervient alors que les États de la CEMAC cherchent à accélérer leurs investissements tout en ménageant des finances publiques contraintes. Routes, énergie, logistique, infrastructures numériques ou équipements urbains : les besoins sont considérables. Or les budgets publics ne peuvent plus, à eux seuls, porter le poids de ces ambitions. Le recours au capital privé apparaît donc moins comme une option que comme une nécessité. Mais encore faut-il que ce capital ne soit pas exclusivement celui des multinationales. C’est précisément là que la bienveillance affichée envers les PME prend tout son sens. La directive communautaire sur les PPP doit contribuer à établir un cadre commun, plus lisible et plus prévisible, capable de sécuriser les investisseurs tout en ouvrant davantage les marchés aux entreprises locales. Le programme de réformes économiques et financières de la CEMAC identifie d’ailleurs depuis plusieurs années l’adoption d’un tel cadre communautaire comme une étape nécessaire à la réalisation des projets intégrateurs. À Douala, le message est donc limpide : les PME ne doivent plus être cantonnées aux rôles de sous-traitants occasionnels. Elles peuvent devenir partenaires, prestataires structurants, investisseurs ou membres de consortiums. Une évolution particulièrement importante dans une région où le déficit de financement demeure l’un des principaux freins au développement des entreprises. Le Cameroun donne déjà quelques signaux. En avril dernier, Yaoundé a mobilisé investisseurs et partenaires autour de 27 projets structurants évalués à près de 21 000 milliards de FCFA. À Douala, un autre PPP portant sur la réhabilitation et l’exploitation d’un terminal portuaire représente à lui seul 126,3 milliards de FCFA d’investissement privé.La réunion de Douala révèle ainsi une inflexion stratégique : pour réussir son intégration, la CEMAC devra aussi savoir faire grandir son propre tissu entrepreneurial. Donner aux PME accès aux PPP, c’est leur offrir davantage qu’un marché : c’est leur permettre de participer à la construction économique de la sous-région. Reste désormais le plus difficile : transformer la bienveillance réglementaire en contrats effectivement accessibles. Car entre une PME invitée à la table et une PME capable de décrocher le marché, il y a encore toute une montagne de garanties financières, de compétences techniques et de crédibilité à gravir. R. B

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Mer Rouge-Douala : le pari logistique du Caire en Afrique centrale

Le Caire regarde désormais vers le cœur du continent. À l’occasion de la quatrième Commission mixte égypto-tchadienne, les autorités égyptiennes ont remis sur la table leur projet de corridor terrestre reliant le port de Bérénice, sur la mer Rouge, à N’Djaména. Un itinéraire de quelque 4 300 kilomètres appelé à devenir l’un des nouveaux instruments de la stratégie logistique égyptienne en Afrique.L’ambition est simple : raccourcir considérablement les délais et les coûts de transport. Selon le vice-Premier ministre égyptien chargé des Transports, Kamel Al-Wazir, le transit des marchandises entre l’Égypte et le Tchad pourrait passer de près de trois mois à environ une semaine. Une rupture qui, si elle se concrétise, modifierait sensiblement les conditions d’accès du Tchad aux marchés internationaux.Pour l’Afrique centrale, l’intérêt se situe toutefois au-delà de N’Djaména. L’hypothèse d’un prolongement jusqu’à Douala change la dimension du projet. Le corridor ne serait plus seulement une liaison égypto-tchadienne, mais un axe transcontinental reliant deux façades maritimes : la mer Rouge et le golfe de Guinée.Le port de Douala pourrait alors jouer un rôle déterminant. Pour le Tchad, cette connexion offrirait une voie supplémentaire vers les installations portuaires camerounaises. Pour le Cameroun, elle ouvrirait la perspective de capter de nouveaux flux de marchandises à destination ou en provenance du Sahel et de l’Afrique du Nord. Pour la Centrafrique, elle pourrait également renforcer les possibilités de connexion aux grands réseaux commerciaux régionaux.L’enjeu est d’autant plus important que l’Afrique centrale reste confrontée à des coûts logistiques élevés, à l’enclavement de plusieurs économies et à la lenteur des procédures aux frontières. La création de plateformes logistiques à N’Djaména et Am-Djarass pourrait permettre de structurer les flux, tandis que la perspective de liaisons ferroviaires avec le Cameroun donnerait progressivement au dispositif une dimension multimodale.Le corridor pourrait surtout devenir un outil concret de la Zone de libre-échange continentale africaine. En rapprochant les marchés, en fluidifiant les marchandises et en multipliant les connexions entre ports, routes et plateformes logistiques, il contribuerait à réduire l’une des principales faiblesses du commerce intra-africain : le coût du déplacement des biens.Le projet égyptien intervient aussi dans un contexte géopolitique particulier. Les perturbations des routes maritimes autour de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb poussent Le Caire à développer des itinéraires terrestres complémentaires. L’Afrique centrale apparaît ainsi comme un nouvel espace de projection économique pour l’Égypte, qui cherche à consolider sa position entre Afrique, Golfe et Europe.Mais les kilomètres de bitume ne suffiront pas. La réussite du corridor dépendra de la sécurité, de la qualité des infrastructures, de la fluidité douanière et surtout de la capacité des États à coordonner leurs politiques de transport. Pour l’Afrique centrale, le véritable défi sera de transformer ce projet égyptien en infrastructure d’intégration régionale, plutôt qu’en simple route de transit.Si cette ambition aboutit, Bérénice-N’Djaména-Douala pourrait devenir l’une des nouvelles artères commerciales du continent : une route stratégique reliant la mer Rouge au golfe de Guinée et donnant à l’Afrique centrale une ouverture supplémentaire sur les grands marchés mondiaux. Rémi Biniou

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Cameroun-FMI : le prix du nouveau deal

Après l’achèvement du précédent programme en juillet 2025, Yaoundé attend toujours le feu vert du Fonds monétaire international pour un nouvel accord. Derrière cette attente se profile surtout un enjeu : convaincre les bailleurs que le Cameroun peut financer ses ambitions sans fragiliser davantage ses équilibres budgétaires. Le prochain programme économique et financier entre le Cameroun et le Fonds monétaire international (FMI) ne devrait pas être une simple reconduction du précédent. À en croire les conclusions de la consultation au titre de l’Article IV, achevée le 25 mars 2026, le nouveau cadre devra s’attaquer à plusieurs fragilités structurelles de l’économie camerounaise. En première ligne : les finances publiques. La consolidation budgétaire constituera ainsi l’un des principaux piliers du futur accord. Pour Yaoundé, l’équation est délicate : préserver les dépenses nécessaires au développement tout en contenant les déficits et en améliorant la qualité de la dépense publique. Le FMI devrait donc maintenir une vigilance particulière sur la trajectoire budgétaire, dans un contexte où les besoins d’investissement demeurent considérables. Autre priorité : élargir l’assiette fiscale, notamment à travers l’accroissement des recettes non pétrolières. Il s’agit de réduire la vulnérabilité des finances publiques aux fluctuations des cours des matières premières. La mobilisation des recettes intérieures apparaît d’autant plus stratégique que l’État doit simultanément honorer ses engagements financiers et préserver des ressources pour les infrastructures, l’éducation, la santé ou encore l’énergie. La maîtrise de la dette publique figurera également au cœur des discussions. Le prochain programme devrait accorder une place importante au suivi des risques budgétaires, notamment ceux liés aux entreprises publiques et aux engagements susceptibles de peser à terme sur les comptes de l’État. L’objectif est de maintenir une trajectoire d’endettement compatible avec les capacités de remboursement du pays, sans assécher les financements nécessaires à l’investissement. Faire mieux avec l’argent publicLe FMI devrait également pousser plus loin le chantier de l’efficacité de la dépense publique. La question n’est plus seulement de savoir combien l’État dépense, mais ce que ces dépenses produisent concrètement. Gestion des investissements publics, sélection des projets, exécution budgétaire et rendement des dépenses devraient donc être davantage scrutés.L’apurement des arriérés constitue une autre priorité. Leur accumulation fragilise la trésorerie des entreprises, perturbe le fonctionnement de l’économie et peut transformer les engagements de l’État en une dette diffuse envers le secteur privé. Une meilleure gestion de ces passifs devrait ainsi participer à restaurer la confiance entre l’administration et ses fournisseurs.Le prochain programme devrait aussi s’intéresser à la gouvernance des entreprises publiques. Leur situation financière représente un risque potentiel pour le budget de l’État. Le FMI pourrait donc encourager une amélioration de leur gouvernance, de leur performance et de la transparence de leurs comptes, afin de limiter les interventions budgétaires imprévues. La gouvernance en embuscadeLes réformes de gestion des finances publiques et de gouvernance complètent ce tableau. Elles touchent à la transparence, au contrôle des ressources publiques et à la crédibilité de la politique économique. Le secteur financier devrait également rester sous surveillance, notamment pour préserver sa stabilité et renforcer sa capacité à accompagner l’économie.L’enjeu dépasse en réalité la seule relation entre Yaoundé et Washington. Pour le Cameroun, un nouvel accord avec le FMI constitue aussi un signal adressé aux autres partenaires financiers. L’existence d’un programme peut faciliter la mobilisation d’appuis budgétaires et de financements destinés aux investissements publics, comme l’a rappelé le ministre des Finances Louis Paul Motaze lors de la préparation du budget 2027. Mais pour obtenir ce précieux label de confiance, Yaoundé devra donc démontrer sa capacité à tenir ses engagements. Le prochain programme pourrait ainsi ressembler moins à un carnet de chèques qu’à une feuille de route de discipline. Après les financements, le FMI devrait surtout demander des comptes.

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Louise-Renée Thobi

À Yaoundé, elle n’est pas venue seulement parler de salons et de coopération. La secrétaire générale de la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (CONFEJES), reçue le 12 août par le ministre des Relations extérieures, Mbella Mbella, porte une trajectoire qui mêle sport de haut niveau, administration et diplomatie francophone. Ancienne athlète camerounaise, elle a longtemps travaillé au siège de la CONFEJES à Dakar, notamment comme directrice adjointe des programmes EPS/Sports, avant d’être choisie en février 2021 pour prendre les rênes de l’institution. Depuis, son terrain de jeu s’est considérablement élargi : jeunesse, sport, égalité des chances, formation et développement. En 2022, elle défendait déjà l’idée d’une coopération renforcée autour de l’autonomisation des jeunes. Son passage à Yaoundé prend donc une saveur particulière : il s’agit de remettre le Cameroun au centre de l’agenda d’une institution qu’une Camerounaise dirige. Et avec le Salon féminin Agri-Numérique, prévu en octobre, Thobi change quelque peu de stade : cette fois, les médailles pourraient se gagner dans les champs, les incubateurs et les écrans.

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Afrique – Vatican : les cloches changent-elles de tonalité ?

Du 3 au 8 août dernier à Dar es-Salaam, quelque chose se joue derrière les chants, les danses, les tambours et les débats de liturgistes. Officiellement, l’Église catholique africaine a parlé d’« inculturation ». En réalité, elle a posé une question autrement plus géopolitique : comment être catholique sans cesser d’être africain ? Et surtout, comment apporter à Rome une foi qui ne soit pas simplement celle de Rome transportée sous les tropiques ?Pendant cinq jours, 120 liturgistes venus de onze pays ont ausculté la messe africaine, son architecture, sa musique, ses gestes et ses silences. Ils n’ont pas déclaré la guerre au Vatican. Ils n’ont pas brûlé les missels. Ils n’ont même pas demandé de divorce avec Rome. Mais ils ont fait entendre une petite musique qui pourrait, à terme, devenir assourdissante : l’Afrique ne veut plus seulement recevoir. Elle veut aussi proposer. Depuis des décennies, l’Église africaine avance dans une sorte de paradoxe. Elle est démographiquement l’un des moteurs du catholicisme mondial, mais demeure souvent perçue comme une Église qui apprend, applique et adapte. Comme si Rome détenait la grammaire universelle du sacré et que l’Afrique devait simplement apprendre à la prononcer avec son accent.À Dar es-Salaam, le raisonnement s’inverse. Pourquoi la danse africaine devrait-elle systématiquement demander pardon pour entrer dans l’église ? Pourquoi le tambour serait-il suspect alors que l’orgue serait naturellement sacré ? Pourquoi l’architecture chrétienne africaine devrait-elle ressembler à une importation européenne pour être reconnue comme catholique ?Les liturgistes ne demandent pourtant pas un carnaval religieux. Ils posent une limite claire : l’inculturation ne signifie pas la profanation. Le chant, la danse et les instruments locaux peuvent entrer dans la liturgie, à condition de rester au service de la prière. Autrement dit : africaniser la forme sans dénaturer la foi.C’est précisément là que le débat devient intéressant. Car derrière la liturgie se profile une bataille plus vaste : celle de la souveraineté culturelle. L’Afrique catholique ne semble pas vouloir quitter Rome. Elle veut cesser d’y arriver les mains vides. La création proposée d’un institut de liturgie pour l’Afrique est, à cet égard, bien plus qu’une recommandation académique. Elle pourrait devenir un laboratoire de souveraineté intellectuelle. Former des liturgistes africains, produire de la recherche africaine, penser l’architecture sacrée à partir des traditions du continent, élaborer des répertoires musicaux enracinés dans les cultures locales : voilà une manière douce de déplacer le centre de gravité. Rome resterait Rome. Mais l’Afrique ne serait plus seulement son immense périphérie.Le Vatican pourrait d’ailleurs y voir une chance plutôt qu’une menace. Une Église qui compte parmi les plus dynamiques du catholicisme mondial ne peut éternellement célébrer Dieu avec les références culturelles des autres. Si le christianisme prétend être universel, il doit pouvoir se laisser transformer par les cultures qu’il rencontre. L’universalité n’est pas l’uniformité.Le vrai danger serait donc moins une Afrique qui se désolidarise de Rome qu’une Afrique qui s’en détache faute de pouvoir y respirer culturellement. L’inculturation apparaît comme une voie médiane : rester catholique sans rester culturellement dépendant. Dar es-Salaam n’a donc pas sonné le glas de Rome en Afrique. Pas encore. Mais les cloches ont changé de tonalité. Et dans cette nouvelle musique, l’Afrique semble vouloir passer du statut de fille docile de la catholicité à celui de grande sœur qui a désormais quelque chose à apprendre au reste de la famille. La question n’est plus : l’Afrique va-t-elle quitter Rome ? Elle est beaucoup plus embarrassante : Rome est-elle prête à laisser l’Afrique devenir pleinement elle-même sans lui demander de devenir moins catholique ? Jean-René Meva’a Amougou

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Coopération BID-Cameroun : Septembre sous le signe de l’offensive

Deux rendez-vous majeurs sont annoncés au Cameroun en septembre : la Journée du Groupe de la BID et le Forum sur le Cadre d’engagement Pays. Deux séquences pour présenter les instruments de financement de la Banque et surtout dessiner sa feuille de route pour les trois prochaines années. Le calendrier diplomatique et financier du Cameroun s’étoffe. Après plusieurs années de coopération marquées par le financement de projets structurants, la Banque Islamique de Développement (BID) s’apprête à franchir un nouveau cap. En septembre prochain, Yaoundé accueillera deux rendez-vous qui devraient donner une visibilité particulière au partenariat entre l’institution multilatérale et le Cameroun. Reçue mardi 11 août par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, une délégation de la BID conduite par Oussema Trigui, Chef des Opérations Pays, est venue préparer le terrain. Au menu des échanges : la Journée du Groupe de la BID, consacrée à la présentation des produits, mécanismes et services de l’institution aux acteurs publics comme privés. Une opération de proximité destinée à mieux faire connaître une palette d’instruments encore insuffisamment exploitée par le tissu économique camerounais. Focus Mais c’est surtout le second rendez-vous qui retiendra l’attention. Le Forum sur le Cadre d’engagement Pays doit fixer les grandes orientations des interventions de la BID au Cameroun pour les trois prochaines années. Autrement dit, il ne s’agira plus seulement de dresser le bilan des financements passés, mais de déterminer les secteurs, projets et priorités qui guideront le prochain cycle de coopération. L’enjeu est considérable pour Yaoundé. Dans un contexte de besoins croissants en infrastructures, d’industrialisation recherchée et de contraintes persistantes sur les finances publiques, la mobilisation de financements extérieurs demeure un levier stratégique. La BID entend ainsi préciser son positionnement, tandis que le gouvernement devra défendre ses priorités et faire émerger des projets suffisamment mûrs pour attirer les ressources. Septembre pourrait donc être davantage qu’un simple mois d’agenda institutionnel. Il devrait servir de laboratoire aux ambitions communes : transformer une coopération financière en véritable partenariat de développement, capable de soutenir à la fois l’investissement public, le secteur privé et la transformation économique. En saluant ces deux initiatives, Louis Paul Motaze a réaffirmé la volonté du gouvernement de consolider les relations avec la BID. Reste désormais à voir quelles priorités sortiront des discussions de septembre. Entre annonces, financements et nouveaux engagements, Yaoundé attend surtout du prochain cycle qu’il produise des projets concrets et des résultats mesurables. Ongoung Zong Bella

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Le hors-sujet de l’abbé Nzébo

Un prêtre de l’archidiocèse d’Abidjan, Nzébo Vincent Kouakou, a répondu à mon texte sur les dérives mercantiles de certains prêtres en écrivant ceci: « Un certain prêtre défroqué peut-il se plaindre que des prêtres continuent de renouveler leur fidélité au Seigneur au fil des années ? » Voici ma réaction.Primo, si tu étais un tantinet courageux, tu aurais cité mon nom au lieu de parler d’un certain prêtre défroqué. Secundo, personne ne m’a défroqué. J’ai plutôt démissionné librement de la prêtrise, entre autres, à cause du silence de la hiérarchie catholique (pape Benoît XVI, nonce apostolique, évêques et prêtres de Côte d’Ivoire) devant l’intervention illégale et barbare de la France dans la crise postélectorale ivoirienne en avril 2011, silence que je continue de considérer comme une forme de lâcheté et de complicité avec la France esclavagiste et colonialiste. Si j’ai bonne mémoire, le seul prélat africain qui ait condamné cette intervention est le cardinal camerounais Christian Tumi. C’était sur RFI face à Christophe Boisbouvier. Beaucoup de prêtres comme toi, Nzébo, continuent de rester dans une institution dont ils violent constamment les règles, uniquement parce qu’ils ne seraient rien sans cette institution. Vous restez dedans parce que vous êtes incapables de faire autre chose. Je trouve cctte posture malhonnête et indigne. Tertio, si tu étais capable de comprendre un texte aussi facile que le mien, tu aurais perçu que je ne mets pas tous les jubilés dans le même sac. En effet, à la suite des évêques, j’ai affirmé que les anniversaires intermédiaires devaient être sobres et discrets. Enfin, ce n’est pas le fait de renouveler des vœux ou de rendre grâce qui est mis en cause dans mon texte mais la cupidité et la mondanité de certains prêtres qui, à mon avis, sont des voyous et des aventuriers qui n’ont pas leur place dans le clergé. Cela, tu ne peux malheureusement pas le saisir à cause de tes nombreuses insuffisances intellectuelles. Toi et tes confrères qui croyez à tort que le prêtre a toujours raison et qu’il est intouchable, vous devrez vous habituer à ce que des laïcs comme moi vous interpellent et vous remettent à votre place chaque fois que ce sera nécessaire. Sachez tout simplement que je ne ferai jamais partie des laïcs béni-oui-oui. Jean-Claude Djéréké

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Franklin Nyamsi, la liberté d’expression et les contradictions de la France

Par un arrêté gouvernemental daté du 10 août 2026, les autorités françaises ont décidé de prolonger de six mois la confiscation des avoirs et biens économiques de Franklin Nyamsi en France. Cette décision, prise sous la présidence d’Emmanuel Macron, relance le débat sur la liberté d’expression, le droit à la critique politique et les relations entre la France et l’Afrique. Franklin Nyamsi est avant tout un intellectuel, un enseignant et un analyste politique qui s’est fait connaître par ses prises de position tranchées sur la politique africaine de la France. Depuis plusieurs années, il utilise les réseaux sociaux, les conférences et les médias pour dénoncer les dérives de la présence française en Afrique.Les autorités françaises lui reprochent de porter atteinte aux intérêts de la France, pays dont il possède également la nationalité. Les Africains qui le suivent, eux, estiment que son véritable tort est d’avoir contribué à éveiller les consciences africaines sur certaines réalités longtemps passées sous silence. En effet, Nyamsi rappelle régulièrement que les relations entre la France et plusieurs pays africains ont souvent été marquées par des rapports inégaux, où les intérêts stratégiques, économiques et géopolitiques de Paris ont fréquemment primé sur les aspirations des peuples africains. Dans ses interventions, Franklin Nyamsi démontre que la France a davantage profité de l’Afrique qu’elle ne l’a aidée. Il critique également la présence militaire française sur le continent, estimant que celle-ci n’a pas toujours servi les intérêts des populations locales. Il accuse enfin Paris d’avoir soutenu, à différentes époques, des régimes peu démocratiques ou impopulaires, du moment qu’ils garantissaient la préservation des intérêts français. Une fois de plus, Franklin Nyamsi est injustement persécuté par Emmanuel Macron. Mais, dans une démocratie, un intellectuel doit-il être sanctionné pour ses opinions politiques ? La grandeur d’un régime démocratique ne se mesure-t-elle pas justement à sa capacité à tolérer la critique, même lorsqu’elle est sévère ou dérangeante ?La France aime se présenter comme la patrie des droits de l’homme, de la liberté et de la pensée critique. Elle a souvent donné des leçons de démocratie au reste du monde et n’a pas hésité à dénoncer les atteintes aux libertés dans de nombreux pays. Cette affaire est d’autant plus sensible qu’elle intervient dans un contexte où l’influence française en Afrique est de plus en plus contestée. Du Mali au Burkina Faso, en passant par le Niger, de nombreux citoyens remettent en question le modèle des relations héritées de la période postcoloniale. Dans ce climat, toute mesure visant une personnalité critique à l’égard de Paris risque d’être interprétée comme une volonté de faire taire les voix dissidentes.Je suis de ceux qui considèrent donc cette décision comme une forme d’acharnement politique. J’y vois le signe d’une France qui supporte de moins en moins la contradiction lorsqu’elle provient d’Africains capables de déconstruire le discours officiel. Au lieu de répondre aux arguments de Nyamsi par le débat et la confrontation des idées, les autorités françaises préfèrent utiliser la voie de la sanction. L’Histoire montre pourtant que les idées ne se combattent pas par les interdictions ou les mesures coercitives. Elles se combattent par d’autres idées, par des faits et par un dialogue ouvert. Chaque fois qu’un pouvoir tente de réduire une opinion au silence, il lui offre souvent une audience encore plus large.L’affaire Franklin Nyamsi dépasse donc la personne de l’intellectuel camerounais. Elle pose une question essentielle: la liberté d’expression est-elle un principe universel ou un droit qui ne vaut que pour les opinions jugées acceptables ? La réponse à cette interrogation déterminera non seulement l’image de la France dans le monde, mais aussi sa crédibilité lorsqu’elle prétend défendre les valeurs démocratiques qu’elle a longtemps présentées comme son héritage le plus précieux.Je suis solidaire avec le professeur Franklin Nyamsi dans cette énième épreuve. Je l’assure de mon soutien fraternel et de ma sincère sympathie. Jean-Claude Djéréké

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Jean Luc Mastaki : «la ZLECAf ne doit plus rester un projet institutionnel»

Directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Jean Luc Mastaki revient sur les difficultés qui empêchent encore l’Afrique centrale de tirer pleinement profit de la Zone de libre-échange continentale africaine. La ZLECAf promet de créer un vaste marché africain. Pourtant, en Afrique centrale, les échanges sous ses préférences restent très limités. Pourquoi ce décalage ?Il faut d’abord rappeler que la ZLECAf constitue une transformation majeure de l’architecture commerciale africaine. Mais la signature et la ratification d’un accord ne signifient pas automatiquement que les entreprises vont commencer à commercer sous ses préférences. Il existe toute une chaîne de mise en œuvre qu’il faut rendre opérationnelle.Aujourd’hui, le constat est effectivement préoccupant pour l’Afrique centrale. Dans le cadre de l’Initiative du commerce guidé, le Cameroun demeure le seul pays de la sous-région à avoir réalisé des échanges sous les préférences commerciales de la ZLECAf. Cela montre qu’il existe encore un écart important entre les engagements pris au niveau continental et leur traduction en opérations commerciales.Il ne faut cependant pas interpréter cette situation comme un manque d’ambition des Etats. Le problème est davantage institutionnel, technique et opérationnel. Lorsque les différentes composantes de la chaîne ne fonctionnent pas ensemble, l’entreprise ne peut pas bénéficier concrètement de l’accord. Vous parlez d’une chaîne de mise en œuvre. Où se situent précisément les principaux blocages ?Ils sont multiples et interdépendants. Il y a d’abord les offres tarifaires, les règles d’origine et les engagements spécifiques. Il faut ensuite que les administrations douanières soient capables d’appliquer les procédures correspondantes. Il faut également traiter les normes, les infrastructures qualité, les barrières non tarifaires, la logistique et les questions liées au financement.Il faut ajouter le commerce des services, le commerce numérique, la gestion des frontières et surtout l’information des opérateurs économiques. Une entreprise peut avoir un produit compétitif et souhaiter exporter vers un autre pays africain. Mais si elle ne sait pas qu’une préférence existe, si elle ne connaît pas les règles d’origine ou si elle ne sait pas comment obtenir son certificat d’origine, cette préférence reste virtuelle.C’est pourquoi nous parlons d’une chaîne de mise en œuvre. Un seul maillon défaillant peut empêcher l’ensemble du mécanisme de fonctionner. Les Comités nationaux de mise en œuvre sont justement censés assurer cette coordination. Sont-ils aujourd’hui à la hauteur de leur mission?Il existe une grande diversité de situations en Afrique centrale. Certains pays ont mis en place leurs Comités nationaux, mais leur niveau d’opérationnalisation n’est pas toujours le même. Dans certains cas, les capacités techniques, les moyens disponibles ou les mécanismes de suivi restent insuffisants.Or ces Comités sont essentiels. Ils doivent être capables de réunir les administrations concernées, les organismes techniques et le secteur privé autour d’une même feuille de route. Ils doivent suivre les réformes, identifier les obstacles, accompagner les entreprises et faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain.Notre objectif est donc de contribuer à leur donner les outils nécessaires pour qu’ils deviennent de véritables plateformes opérationnelles et non simplement des structures institutionnelles supplémentaires. N’y a-t-il pas justement un risque de créer encore une structure de coordination alors que l’Afrique centrale souffre déjà d’une multiplication des institutions régionales ?C’est une question légitime. La réponse est dans la fonction du Comité. Il ne doit pas être une institution qui vient se superposer aux autres. Il doit être un mécanisme de coordination et d’exécution.Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de multiplier les réunions, mais de faire en sorte que les décisions déjà prises produisent des résultats. Si un opérateur rencontre une barrière non tarifaire, il faut qu’il existe un mécanisme pour la signaler, la documenter, la suivre et rechercher sa résolution. Si une entreprise veut exporter, elle doit pouvoir obtenir l’information dont elle a besoin. Le Comité doit donc être jugé sur sa capacité à résoudre des problèmes concrets. Le secteur privé semble pourtant encore peu présent dans cette architecture. Est-ce un handicap ?C’est un élément déterminant. La ZLECAf a été négociée entre Etats, mais son succès ne sera pas mesuré par le nombre de réunions intergouvernementales. Il sera mesuré par le nombre d’entreprises africaines qui commercent davantage avec d’autres pays africains.Le secteur privé doit donc être au cœur de la mise en œuvre. Les administrations doivent savoir quelles sont les difficultés rencontrées par les entreprises. Les entreprises, de leur côté, doivent comprendre les opportunités offertes par la ZLECAf. Cela suppose un dialogue permanent. Les Comités nationaux doivent être capables d’organiser ce dialogue et d’en faire un outil de décision. Pourquoi l’information commerciale est-elle aussi importante ?Parce qu’une opportunité commerciale qui n’est pas connue n’est pas une opportunité. Nous avons parfois tendance à considérer que les entreprises savent automatiquement ce que contiennent les accords commerciaux. Ce n’est pas le cas.Une PME ne dispose pas nécessairement d’un service juridique ou d’une équipe spécialisée dans le commerce international. Elle a besoin de savoir quels produits elle peut exporter, vers quels marchés, à quelles conditions, avec quels documents et selon quelles règles. Il faut donc développer l’intelligence commerciale, les outils numériques et les services d’information. La ZLECAf doit devenir lisible pour l’entrepreneur. Le problème des règles d’origine est particulièrement sensible. Pourquoi ?Parce qu’elles permettent de déterminer quels produits peuvent bénéficier des préférences commerciales. Une entreprise peut assembler un produit en Afrique, mais cela ne signifie pas automatiquement que ce produit répond aux critères d’origine prévus par l’accord.Il faut donc que les opérateurs comprennent les règles et que les administrations puissent les appliquer correctement. Les certificats d’origine sont également essentiels. Sans eux, l’entreprise ne peut pas toujours faire valoir la préférence.C’est un domaine très technique, mais ses conséquences sont très concrètes. Une mauvaise compréhension des règles peut conduire une entreprise à renoncer à exporter ou à perdre l’avantage tarifaire auquel elle aurait pu prétendre. Le commerce intra-africain reste également pénalisé par les infrastructures. Peut-on vraiment parler de libre-échange si les marchandises mettent des jours ou des semaines à franchir les frontières ?C’est toute la question. La libéralisation commerciale ne peut pas être dissociée de la connectivité. Si les procédures douanières

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Afrique centrale : l’ambition en vitrine, le commerce en sourdine

Une zone de libre-échange ne se mesure pas au nombre de signatures apposées sur un accord, mais au nombre de marchandises qui franchissent effectivement les frontières à moindre coût. Dans la sous- région, le chantier commence à peine. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) existe sur le papier. Dans les ports, les postes-frontières et les entreprises d’Afrique centrale, beaucoup moins. Le paradoxe est désormais difficile à contourner : alors que l’accord promet de transformer le continent en un immense marché intégré, les échanges réalisés sous ses préférences commerciales restent encore rarissimes dans la sous-région. En 2026…La réalité donne la mesure du retard. Dans le cadre de l’Initiative du commerce guidé de la ZLECAf, le Cameroun demeure, à ce jour, le seul pays d’Afrique centrale à avoir réalisé des échanges sous les préférences commerciales de l’Accord. Les sept autres Etats de la sous-région restent encore largement à distance de ce marché continental censé faciliter la circulation des biens et des services. Pour Jean Luc Mastaki, directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), il serait toutefois réducteur de parler d’un manque d’ambition des Etats. « Le faible recours aux préférences de la ZLECAf en Afrique centrale ne traduit pas un manque d’ambition, mais plutôt une chaîne de mise en œuvre encore incomplète », explique-t-il. Une nuance importante : le problème ne serait donc pas le projet, mais les tuyaux censés le faire fonctionner. Car une baisse des droits de douane ne suffit pas à faire circuler une marchandise. Il faut connaître les règles d’origine, obtenir les certificats nécessaires, satisfaire aux normes, franchir les frontières, résoudre les barrières non tarifaires et disposer d’une logistique suffisamment performante. « Lorsque les offres tarifaires, les règles d’origine et les engagements spécifiques, les procédures douanières, les normes et l’information des entreprises ne sont pas coordonnées, l’Accord reste hors de portée des opérateurs », souligne Jean Luc Mastaki. Autrement dit, la ZLECAf peut ouvrir une porte. Encore faut-il que les entreprises disposent de la clé. DéfiC’est précisément pour tenter de combler ce fossé entre l’ambition politique et la réalité économique que la CEA a réuni à Yaoundé, du 4 au 7 août 2026, les représentants des Comités nationaux de mise en œuvre de la ZLECAf des huit pays d’Afrique centrale, les communautés économiques régionales et plusieurs partenaires institutionnels. Ces Comités sont censés jouer le rôle d’interface entre les Etats et les entreprises. Ils doivent coordonner les administrations, suivre les réformes, identifier les obstacles au commerce et accompagner les opérateurs économiques.Mais là encore, la mécanique connaît des ratés. Leur existence, leur niveau d’opérationnalisation, leurs capacités techniques et leurs mécanismes de suivi restent inégaux selon les pays. Pour le responsable de la CEA, leur renforcement constitue donc une urgence. « Les rendre pleinement opérationnels est indispensable pour transformer les décisions continentales en opportunités commerciales concrètes », insiste-t-il. Le défi est considérable. Il concerne aussi bien les grandes entreprises que les micros, petites et moyennes entreprises, les jeunes et les femmes entrepreneurs. Car une ZLECAf qui ne parvient pas jusqu’aux PME risque de rester un dispositif réservé aux administrations et aux grandes firmes déjà capables de naviguer dans la complexité du commerce international.L’autre bataille se joue sur les routes. Les corridors régionaux demeurent essentiels pour rendre les préférences commerciales réellement utilisables. Une réduction tarifaire peut perdre tout son intérêt si le transport d’une marchandise d’un pays à l’autre reste long, coûteux et imprévisible. Jean Luc Mastaki insiste justement sur cette nécessité de ne pas traiter les problèmes séparément. « Lorsque les réformes réglementaires, les corridors logistiques, l’information commerciale et la mobilisation du secteur privé avancent de manière coordonnée, la mise en œuvre de la ZLECAf peut progresser plus rapidement », estime-t-il. L’Afrique centrale ne manque pourtant pas d’atouts. Sa position géographique, ses ressources naturelles et agricoles, ses marchés et son potentiel de chaînes de valeur transfrontalières pourraient faire de la ZLECAf un véritable accélérateur économique. Encore faut-il transformer ces potentialités en échanges.Le séminaire de Yaoundé entendait précisément passer au crible les blocages : gouvernance des Comités nationaux, commerce des biens et des services, commerce numérique, normes, infrastructure qualité, intelligence commerciale, financement, développement des chaînes de valeur et suivi des réformes. À en croire Jean Luc Mastaki, l’objectif est donc moins de produire une nouvelle déclaration que de construire une capacité d’action. Car le véritable test de la ZLECAf ne se trouve plus dans les salles de conférence. Il se trouve dans les entreprises, aux postes-frontières et sur les corridors commerciaux. Jean -René Meva’a Amougou Sortir les Comités nationaux de l’ombre Selon la CEA, l’Afrique centrale dispose d’un potentiel considérable de chaînes de valeur transfrontalières. Mais pour transformer ce potentiel en commerce réel, les Comités nationaux doivent désormais sortir de l’ombre. Leur véritable test ne sera plus le nombre de réunions. La ZLECAf ne manque ni de sommets, ni d’accords, ni de déclarations. Ce qui lui manque encore, notamment en Afrique centrale, c’est une mécanique capable de transformer les engagements continentaux en marchandises effectivement échangées. C’est tout l’enjeu du séminaire organisé à Yaoundé du 4 au 7 août par la Commission économique pour l’Afrique (CEA).Au cœur des travaux : les Comités nationaux de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. Leur mission peut sembler administrative. Elle est pourtant stratégique. Ces structures doivent faire le lien entre les décisions continentales et ceux qui les appliquent : administrations, douaniers et opérateurs économiques. Pour l’heure…La machine tousse. Dans le cadre de l’Initiative du commerce guidé, le Cameroun reste le seul pays d’Afrique centrale à avoir réalisé des échanges sous les préférences commerciales de la ZLECAf. Dans les sept autres Etats de la sous-région, l’accord demeure encore largement théorique.Car une baisse des droits de douane ne suffit pas. Il faut connaître les règles d’origine, délivrer les certificats nécessaires, harmoniser les procédures douanières, respecter les normes, lever les barrières non tarifaires et assurer le transport des marchandises. À chaque maillon défaillant, le coût du commerce grimpe. Pour les spécialistes de l’intégration régionale, cette situation révèle

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