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L?eau, source de vie? mais aussi de mort ? l?Extr?me Nord

Dans l?Extr?me-Nord du Cameroun, l?eau est ? la fois une b?n?diction et un danger.Les habitants doivent creuser des puits tr?s profonds, parfois entre 40 et 50 m?tres, pour en trouver. Chaque jour, des femmes, des enfants et des hommes meurent en cherchant cette eau si pr?cieuse.Il faut parfois un ou deux jours, voire une semaine enti?re, pour r?ussir ? ramener seulement 20 litres d?eau ? la maison. Autour des points d?eau, les disputes et les bagarres sont fr?quentes, car chacun veut remplir son seau en premier. Pourtant, apr?s 43 ans de ?Renouveau?, ces populations n?ont toujours pas vu d?am?lioration. Elles continuent pourtant ? voter massivement pour le RDPC, le parti au pouvoir. Dans le d?partement du Mayo-Sava, o? vivent de grandes personnalit?s politiques, la majorit? de la population ? les GUEMZEK,ZOULGO,PODOKO ,MATAL et les KIRDI-MORA ? vit encore isol?e dans les plaines et les montagnes, sans acc?s ? l?eau potable. Alors, une question se pose :Que fait le gouvernement pour ces habitants qui souffrent tant ?Et o? sont les organisations humanitaires qui devraient venir en aide ? cette partie oubli?e du pays ?Josu? NABRAL Radio Int?gration.

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H?l?ne Ngassa: ? chaque mesure prise pour soutenir ces femmes a un effet multiplicateur sur toute la communaut? ?

Dans un contexte o? les changements climatiques perturbent profond?ment les modes de vie des communaut?s rurales et o? l?acc?s aux ressources financi?res reste limit? pour les femmes, Int?gration a rencontr? l?experte en management des organisations communautaires et d?veloppement local au Cameroun. Elle nous livre son analyse des difficult?s rencontr?es par les femmes et les solutions que pourraient mettre en ?uvre les institutions publiques pour y rem?dier. Dr. Ngassa, quelles sont, selon vous, les principales difficult?s que rencontrent les femmes rurales face aux changements climatiques au Cameroun?? Les femmes rurales sont les premi?res victimes des variations climatiques. Elles g?rent l?agriculture familiale, l?approvisionnement en eau et la nutrition des enfants. Or, la s?cheresse, les inondations et l??rosion des sols rendent ces t?ches quotidiennes de plus en plus ardues. ? l?Ouest et dans le Nord, certaines cultures essentielles comme le ma?s ou le manioc ?chouent avant maturit?, entra?nant une ins?curit? alimentaire pour toute la famille. La pression est immense, car elles doivent r?pondre aux besoins imm?diats de leurs familles tout en essayant d?anticiper des saisons impr?visibles. De nombreux t?moignages illustrent ? quel point le quotidien des femmes rurales est directement impact? par le climat et comment cette instabilit? affecte la s?curit? alimentaire, l??ducation des enfants et m?me la sant? familiale. Et qu?en est-il de l?acc?s aux ressources financi?res?? C?est un vrai casse-t?te. Les institutions financi?res formelles restent largement inaccessibles aux femmes rurales, souvent en raison de la n?cessit? de garanties fonci?res ou de documents administratifs qu?elles ne poss?dent pas. Beaucoup se tournent vers le microcr?dit ou les tontines, mais ces solutions ne suffisent pas ? financer des projets agricoles innovants ou ? compenser les pertes dues aux catastrophes climatiques. Cela limite leur capacit? ? investir dans des semences de qualit?, de petits ?quipements agricoles ou m?me des activit?s g?n?ratrices de revenus compl?mentaires, les maintenant dans un cycle de vuln?rabilit?. Pour beaucoup, l?acc?s au financement reste une promesse non tenue, alors que ces femmes sont pr?tes ? investir leur travail et leur savoir-faire. Face ? cette situation, quelles solutions concr?tes les institutions publiques pourraient-elles mettre en place?? Il y a plusieurs axes. Premi?rement, am?liorer l?acc?s aux financements. Les banques et coop?ratives pourraient cr?er des produits adapt?s aux femmes rurales, comme des microcr?dits garantis par l??tat ou des fonds de r?silience climatique. On pourrait aussi renforcer les partenariats public-priv? pour subventionner l?achat de semences r?sistantes ? la s?cheresse ou d??quipements agricoles modernes. Des initiatives pilotes dans certaines r?gions montrent d?j? que lorsque l??tat soutient directement les groupements de femmes, les r?sultats sont tangibles.Deuxi?mement, la formation et l?accompagnement sont essentiels. Les femmes doivent ?tre form?es aux techniques agricoles adapt?es au changement climatique : irrigation goutte-?-goutte, agroforesterie, diversification des cultures. Les services publics de vulgarisation agricole doivent intensifier leurs visites sur le terrain et offrir des conseils personnalis?s. Ces formations ne se limitent pas ? l?agriculture : elles incluent aussi la gestion financi?re de l?exploitation, la constitution de coop?ratives et l?acc?s aux march?s locaux.Troisi?mement, il faut une approche de planification participative. Les femmes doivent ?tre incluses dans les comit?s de gestion des ressources naturelles et des budgets communaux. Leur exp?rience du terrain est une richesse pour ?laborer des politiques efficaces et durables. ? l?Extr?me-Nord, certaines communaut?s ont mis en place des syst?mes de stockage de l?eau g?r?s par des groupes de femmes locales, qui pourraient ?tre financ?s et ?tendus gr?ce ? l?appui de l??tat. Ce type d?implication favorise ?galement la responsabilisation et la p?rennit? des initiatives locales. Certaines femmes d?noncent un manque de coordination entre les minist?res et institutions publiques. Comment am?liorer cela?? La fragmentation est un probl?me r?current. Il faut des m?canismes de coordination plus efficaces entre le minist?re de l?Agriculture, celui de la Femme et de la Famille, le minist?re de l??conomie et les institutions financi?res publiques. Une ??plateforme multisectorielle?? pourrait centraliser les informations sur les programmes disponibles, simplifier les d?marches administratives et permettre aux femmes rurales de b?n?ficier plus facilement des subventions ou des pr?ts. Les nouvelles technologies, comme les applications mobiles de suivi et de paiement, sont aussi des outils prometteurs pour connecter ces femmes aux services financiers et aux informations agricoles. Une meilleure coordination permettrait d??viter que certaines initiatives se chevauchent ou ?chouent faute de suivi, et renforcerait la confiance des communaut?s dans les institutions publiques. Dans le domaine de l??ducation et de la sensibilisation, que peuvent faire les institutions?? L??ducation est un pilier. Les femmes rurales doivent ?tre inform?es sur les droits fonciers, les opportunit?s financi?res et les pratiques agricoles r?silientes. Les programmes radio et mobile sont tr?s efficaces pour toucher les zones recul?es. Il faut aussi soutenir l?enseignement technique et l?alphab?tisation financi?re, afin que ces femmes puissent non seulement cultiver, mais g?rer leurs revenus et ?pargner intelligemment. Les institutions peuvent ?galement d?velopper des programmes de mentorat, mettant en relation des femmes exp?riment?es avec des jeunes rurales pour transmettre des savoirs pratiques et des techniques d?adaptation au changement climatique. Selon vous, ces mesures sont-elles r?alisables ? court terme?? Oui, mais elles n?cessitent une volont? politique forte et des financements cibl?s. Il ne s?agit pas seulement d?investir de l?argent, mais de r?organiser les services publics pour qu?ils deviennent r?ellement accessibles et inclusifs. L?exp?rience montre que lorsque les institutions s?impliquent directement dans le soutien aux femmes rurales, les r?sultats sont visibles?: augmentation des rendements agricoles, meilleure s?curit? alimentaire et plus grande autonomie ?conomique des m?nages. Ce n?est pas seulement une question de justice sociale?; c?est aussi un investissement strat?gique pour la r?silience ?conomique du pays. Pour conclure, quels seraient les messages cl?s ? transmettre aux d?cideurs publics?? Trois messages principaux : int?grer les femmes rurales dans toutes les politiques de d?veloppement local, simplifier et s?curiser l?acc?s aux ressources financi?res et investir dans des formations pratiques adapt?es aux r?alit?s climatiques. Chaque mesure prise pour soutenir ces femmes a un effet multiplicateur sur toute la communaut?. En soutenant celles qui nourrissent et entretiennent nos villages, on investit dans la r?silience de tout le pays. Les d?cideurs doivent comprendre que ces interventions ne sont pas seulement philanthropiques?; elles sont vitales pour la s?curit? alimentaire, la

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Tensions post?lectorales: le Cameroun face au spectre de la division

L?attente prolong?e de la proclamation des r?sultats officiels entretient un climat d?incertitude. Entre rumeurs, invectives identitaires et manipulations num?riques, la coh?sion nationale est mise ? rude ?preuve. Un silence propice ? toutes les d?rives Plusieurs jours apr?s l??lection pr?sidentielle, le Conseil constitutionnel n?a toujours pas rendu son verdict. Ce vide institutionnel alimente toutes les sp?culations. Dans les march?s, les universit?s, les r?dactions et jusque dans les salons priv?s, la m?me question revient : qui a vraiment gagn? ? Ce doute, nourri par le silence officiel, s?est transform? en un terrain fertile pour les interpr?tations et les manipulations. Sur WhatsApp et Facebook, des messages anonymes circulent : certains ?voquent des ?fraudes massives?, d?autres parlent de ?victoire vol?e?. Plus grave encore, les discours glissent insensiblement vers la stigmatisation ethnique. Un cadre administratif rencontr? ? Yaound? r?sume la situation : ? Ce n?est plus un d?bat politique, c?est devenu une guerre de r?cits. Et dans cette guerre, la v?rit? est la premi?re victime ?. Le spectre du tribalisme Les ?lections, au Cameroun, ont toujours r?veill? des tensions identitaires latentes. Mais cette fois, la virulence des propos et la vitesse de propagation des messages inqui?tent. Des expressions comme ?les gens du Nord?, ?les Bamil?k?s? ou ?les Sudistes? refont surface, r?activant des clivages que l?on croyait surmont?s. Les observateurs s?accordent ? dire qu?il s?agit d?une strat?gie d?lib?r?e. ? Ces discours n?apparaissent pas par hasard, explique un chercheur en communication politique. Ils visent ? d?tourner l?attention du vrai enjeu : la transparence du scrutin et la cr?dibilit? du processus d?mocratique ?. Au lieu d?un d?bat sur les programmes ou les r?formes, la discussion publique s?enlise dans des soup?ons communautaires, chaque camp cherchant ? se justifier par son appartenance plut?t que par ses id?es. ?Le changement, oui, mais pas avec eux? Les contradictions du discours politique sont frappantes. Hier, certains disaient : ? Nous voulons le changement, mais pas avec Kamto, il n?est pas s?rieux ? ou ? Le probl?me, ce sont les Bamil?k?s ?. Aujourd?hui, on entend : ? Le probl?me, ce sont les Nordistes ?, ou encore ? Tchiroma ne doit pas passer ?. Cette posture r?v?le une constance : le refus du changement selon son visage. Sous couvert d?arguments rationnels, se cache une peur plus profonde : celle de la perte d?un ?quilibre politique fig? depuis des d?cennies. ? Le tribalisme politique est devenu un outil de dissuasion, observe un sociologue de Garoua. Il permet de maintenir le statu quo, en faisant croire que l?alternance mettrait en danger la coh?sion nationale ?. Une fracture Nord-Sud L?id?e d?une opposition Nord?Sud refait surface ? chaque ?lection, mais elle ne repose sur aucun fondement r?el. Les difficult?s ?conomiques, le ch?mage des jeunes, la pauvret? ou la corruption touchent l?ensemble du pays. Pourtant, certains acteurs politiques entretiennent cette fracture fictive, y voyant un moyen de mobiliser leurs bases ou de d?l?gitimer leurs adversaires. Dans les r?gions septentrionales, o? le sentiment d?exclusion est d?j? profond, ces propos trouvent un ?cho particulier. ? l?inverse, dans le Sud, la peur d?une ?revanche politique? s?installe. Un cocktail explosif qui, selon un haut fonctionnaire du minist?re de l?Administration territoriale, pourrait ? d?stabiliser durablement la paix civile si rien n?est fait pour calmer les esprits ?. Les r?seaux sociaux, catalyseurs du malaise Dans ce climat, les plateformes num?riques jouent un r?le central. Des pages influentes, parfois pilot?es depuis l??tranger, orchestrent la diffusion de contenus polarisants. Images truqu?es, extraits audios sortis de leur contexte, slogans violents : les outils sont connus, mais leur impact est d?cupl? par la viralit? des r?seaux. Une cellule de veille citoyenne bas?e ? Douala a recens? en 48 heures plus de 1 500 publications ? caract?re ethnique li?es ? l??lection du 12 octobre. Le ph?nom?ne inqui?te jusque dans les milieux humanitaires et diplomatiques : ? Ce n?est pas seulement une crise politique, commente un observateur ?tranger. C?est une guerre de perceptions qui menace la stabilit? du pays ?. Pr?server la nation, l?urgence absolue Dans ce contexte tendu, les voix de la raison se font entendre. Des associations, des leaders religieux, des intellectuels appellent ? la responsabilit? collective. ? Nous devons ?viter de transformer une comp?tition politique en conflit identitaire ?, plaide un chef religieux ? Yaound?. Le Cameroun a d?j? connu des p?riodes de crise et a su, ? chaque fois, retrouver un ?quilibre fragile. Mais cette fois, la polarisation semble plus profonde, port?e par la rapidit? des r?seaux sociaux et l??rosion de la confiance institutionnelle. Plus que jamais, l?appel ? l?unit? nationale doit ?tre entendu : le Cameroun ne se r?sume pas ? ses r?gions, mais ? son peuple. Et ce peuple, dans toute sa diversit?, partage un m?me destin : celui d?un pays qui doit survivre ? ses ?lections. TOM

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Port fluvial de Garoua: le th??tre rouill? au bord de la B?nou?

Autrefois miroir du commerce r?gional, il n’offre plus qu’un plus qu?un reflet trouble. Ce 10 octobre 2025, le port fluvial de Garoua s?est r?veill? sous un manteau de poussi?re et de brouillard laiss? par la nuit. Alors que les premiers rayons du soleil se refl?tent sur l?eau de la B?nou?, un p?cheur surgit, brandissant une canne quatre fois plus grande que lui. ??Je p?che le poisson dans les ?paves de bateaux et de pirogues, l? o? les poissons viennent se cacher, c?est tr?s facile de les attraper??, explique-t-il, avec l?air de quelqu?un qui a trouv? la recette secr?te du bonheur. Au loin, un homme joue ? cache-cache avec nous, s??loignant chaque fois que l?on croit s?en approcher. Et voici qu?on tombe nez ? nez avec, un autre p?cheur. Nu comme un ver, il taquine le reporter et fait observer que nous avons p?n?tr? le territoire des naturistes, un territoire o? l?art de la p?che passe par la nudit?. ? C?est comme ?? ici depuis que le port est mort ?, confie-t-il, avec un sourire aussi large que le fleuve. Mort, vraiment ? On voudrait protester, sauver au moins l?honneur du g?ant fluvial. Mais les eaux de la Benou? semblent embarrass?es d?elles-m?mes, comme si elles s?excusaient d?exister encore. Autrefois miroir du commerce r?gional, elles n?offrent plus qu?un reflet trouble, bris? par les carcasses de barges immobiles. Le fleuve soupire, le quai craque, et le vent siffle des chansons de d?part sans retour. ? Le port de Garoua est mort, je vous l?ai dit ?, r?p?te le p?cheur nu, philosophe malgr? lui. Face ? nous, la silhouette du port se dresse, si l?on peut dire, dans un ?quilibre pr?caire, pareil ? un vieillard qui refuse de s?asseoir de peur de ne plus pouvoir se relever. Crevass?s comme des joues rid?es, les entrep?ts laissent passer des ronces et des souvenirs. Les grues, ces girafes m?talliques, s?inclinent doucement dans le vent, m?ditant sur leur gloire pass?e. Jadis, elles levaient des tonnes de marchandises. Aujourd?hui, elles l?vent ? peine un soupir. Fl?ner ici, c?est marcher dans une ?l?gie. Chaque pas soul?ve un nuage de poussi?re, comme si le sol lui-m?me cherchait ? nous cacher la vue. Le port de Garoua ne s?effondre pas : il s??tire dans son agonie, avec la gr?ce maladroite d?un ?l?phant dans un hamac. Aboubakar, ancien docker au visage burin? par le vent et la nostalgie, gratte sa barbe et soupire : ? Avant, on partait t?t, le c?ur battant. On savait que la journ?e serait longue, mais on rentrait avec de quoi nourrir les enfants. Maintenant, on vient juste pour bavarder avec les oiseaux ?. Il montre du doigt une vieille barge ?ventr?e, o? de nombreux pique-b?ufs et quelques h?rons ?puis?s partagent le r?pit de ces ruines bienveillantes. ? Voil? nos nouveaux coll?gues ?, dit-il en riant. Son rire sonne comme une bo?te de conserve qu?on ?crase. Ruines Entre les murs fissur?s des anciens entrep?ts, une vieille radio gr?sille quelque part, diffusant un makossa nostalgique. Visiblement, la vie ici a trouv? d?autres locataires. Dans ces cath?drales de t?les et de rouille, hommes et b?tes cohabitent en silence, unis par la m?me fatigue, par le m?me instinct de survie sous la chaleur impitoyable de la partie septentrionale du Cameroun. Des sans-abris y ont dress? des lits de fortune, faits de cartons, de filets de p?che. Des enfants jouent au foot avec une bouteille en plastique, juste ? c?t? d?un hangar ?ventr?. Comme des alpinistes, des ch?vres escaladent les vieilles armoires. Des moustiques et des grenouilles chantent leurs versets. Le tout baigne dans un d?cor surr?aliste, o? la rouille, la moisissure, la poussi?re, se m?lent au parfum ?cre du gasoil, du poisson s?ch? et du chanvre indien. Et quand le vent s?y met, les t?les des entrep?ts entonnent un concert de m?tal rouill?, digne d?un orchestre de fin du monde. Sur les quais, on dirait que tout est l? pour nous rappeler que le temps et l?abandon ne font pas de cadeau.? Ici, des restes se m?lent ? ceux du pr?sent : chaussures orphelines, sacs ?ventr?s, chemises abandonn?es par des voyageurs press?s de rejoindre le Nig?ria. ? Les objets aussi veulent rester ici. Ils se souviennent de ce qu??tait cet endroit auparavant ?, ironise Amina, vendeuse de poissons s?ch?s, les mains noircies par la fum?e. ? Avant, ma pirogue partait le matin, arrivait le soir. Maintenant, on attend trois jours, et quand elle revient, elle sent le d?sespoir marin? ?. Nostalgie Fadimatou Idriss, cheffe d?une petite coop?rative de transport fluvial bas? ? Garoua et au Nig?ria, note dans son carnet les maigres all?es et venues de la semaine : ? Il y a dix ans, je comptais trente pirogues par jour. Aujourd?hui, j?en vois deux, parfois trois quand Dieu est de bonne humeur ?. Son bureau, une baraque en planches rong?e par les termites, fait face ? un quai d?sert. ? M?me les poissons ont d?sert? la B?nou?, ils doivent trouver le courant trop lent. Avant, les cris des dockers couvraient le chant des oiseaux. Maintenant, c?est l?inverse ?. Elle montre une vieille balance rouill?e. ? On pesait des sacs de riz, des noix de karit?, des cargaisons enti?res de coton. Aujourd?hui, on p?se le vent?. Plus loin, dans un hangar transform? en garage improvis?, on croise Ibrahim Djould?, ancien capitaine de barge devenu r?parateur de v?los ici ? Garoua. ? J?ai conduit ici jusqu?? vingt convois par mois, dit-il avec un sourire m?lancolique. On transportait du ciment, du carburant, des r?ves. Maintenant, je r?pare des pneus crev?s et des r?ves perc?s ?. Il montre du doigt une vieille photo jaunie : on y voit sa barge, fi?re, pleine ? craquer, un drapeau flottant dans la brume. ? Quand j?ai quitt? la navigation, j?ai pleur?. Mais vous savez quoi ? Les larmes, ici, s?chent plus vite que les budgets ?. Il rit, un rire nerveux, puis ajoute : ? Le trafic a fondu comme beurre au soleil. A l??poque, chaque d?part d?embarcation vers le Nig?ria ressemble ? un petit chaos organis?.

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Sant? publique: la grippe joue aux farces et attaques

Une hausse marqu?e des cas de grippe frappe plusieurs r?gions du Cameroun. En cause : une souche particuli?rement virulente du virus A/H3N2, dont certaines mutations inqui?tent les scientifiques. Fi?vre persistante, toux s?che, douleurs musculaires… Depuis plusieurs semaines, les h?pitaux camerounais constatent une recrudescence de syndromes grippaux, notamment chez les enfants. Le ministre de la Sant? publique (Minsant?), Manaouda Malachie, a tir? la sonnette d?alarme le 15 octobre dernier, ?voquant une ? nette augmentation ? des infections respiratoires aigu?s dans les r?gions du Littoral, du Centre, du Nord-Ouest et de l?Ouest. Entre ao?t et octobre, 850 ?chantillons ont ?t? analys?s : 179 ?taient positifs ? la grippe, soit un taux de 21,1 %. Aucun d?c?s n?a ?t? enregistr? pour l?instant, mais les urgences sont satur?es, surtout chez les enfants de moins de cinq ans. ? La grippe progresse chez les moins de 65 ans, surtout les enfants, mais ralentit chez les plus ?g?s. Pourtant, l?intensit? globale reste tr?s ?lev?e ?, explique le Pr Honor? Kesseng, infectiologue. Pendant ce temps, la COVID-19 reste stable, avec seulement cinq cas confirm?s sur la m?me p?riode, un taux de positivit? de 0,59 %, sans hospitalisations graves ni nouveaux variants. Mais c?est bien la grippe saisonni?re qui inqui?te le plus les experts. Expertise Selon le Centre Pasteur du Cameroun, dont le service d??pid?miologie est partenaire du r?seau national de surveillance, la situation est suivie de pr?s. ? Depuis 2023, le Cameroun a enregistr? de nombreux cas li?s au virus A/H3N2, actuellement l?un des sous-types les plus fr?quents dans le monde ?, indique l?institution. Le CPC a s?quenc? les souches locales (2023-2024) et r?v?le qu?elles appartiennent toutes ? la lign?e 3c.2a. Le plus inqui?tant : plusieurs mutations importantes ont ?t? d?tect?es. Parmi elles, la mutation H275Y, retrouv?e dans environ 30 % des ?chantillons, est connue pour provoquer une r?sistance ? l?oseltamivir, l?un des principaux antiviraux utilis?s contre la grippe. ? Cela montre que le virus ?volue rapidement, parfois en s??loignant des souches vaccinales ?, souligne le CPC, insistant sur la n?cessit? d?une surveillance g?n?tique constante, notamment en Afrique centrale. Face ? cette flamb?e et aux risques associ?s, le minist?re de la Sant? appelle ? une vigilance accrue : ?viter l?autom?dication, consulter t?t en cas de sympt?mes, appliquer les gestes barri?res, et promouvoir la vaccination, encore marginale au Cameroun. ? Ce sont des mesures simples mais efficaces pour limiter les formes graves et ralentir la circulation du virus ?, rappelle Pr Kesseng. Il appelle ?galement ? une meilleure formation du personnel soignant dans la d?tection pr?coce des cas et dans la gestion des complications li?es ? la grippe. ? ce jour, la couverture vaccinale contre la grippe reste faible, faute de sensibilisation, d?approvisionnement stable en vaccins et d?adh?sion du public. Pourtant, selon les experts, la vaccination reste la meilleure arme pour pr?venir les formes graves et prot?ger les populations ? risque, notamment les personnes ?g?es, les enfants et les personnes immunod?prim?es. Alors que la saison s?che approche, les autorit?s redoutent une pression ?pid?mique durable. La grippe, souvent sous-estim?e, montre cette ann?e un visage plus agressif, n?cessitant une r?ponse sanitaire rapide et coordonn?e. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Transferts d?argent : le Cameroun leader de la CEMAC

Selon un rapport publi? le 14 octobre 2025 par la Banque des ?tats de l?Afrique centrale (BEAC), les ressortissants de la sous-r?gion ont re?u 557,3 milliards FCFA via le Mobile Money en 2023, un record historique. Dans ce contexte, le Cameroun se distingue comme le moteur de cette r?volution num?rique, concentrant 62,11 % des comptes Mobile Money, 63,58 % des transactions en volume et 76,57 % de la valeur totale des op?rations. A en croire des experts de la finance ?lectronique, cette position dominante s?explique par une forte p?n?tration de la t?l?phonie mobile et une adoption rapide des solutions num?riques par les populations. Les flux financiers en provenance d?Europe, qui repr?sentent 399 milliards FCFA, et d?Am?rique, 105,2 milliards, t?moignent de l?importance de la diaspora dans le d?veloppement ?conomique r?gional. La start-up britannique WorldRemit, implant?e au Cameroun depuis 2016, a contribu? ? cette dynamique en nouant des partenariats avec MTN et Orange, alimentant directement les portefeuilles Mobile Money locaux. Entre 2020 et 2023, plus de cinq millions de comptes suppl?mentaires ont ?t? ouverts au Cameroun, portant le total ? 24,86 millions. Cette progression s?accompagne d?une hausse significative des transactions, qui repr?sentent d?sormais 63,58 % des op?rations dans la CEMAC. Le taux d?activit? sur 30 jours atteint 47,04 % dans le pays, contre 42,67 % pour l?ensemble de la sous-r?gion, d?montrant l?adoption croissante de la monnaie ?lectronique pour les d?penses quotidiennes. Le leadership camerounais s?affirme ?galement par des actions promotionnelles soutenues des op?rateurs et une offre de services diversifi?e, renfor?ant l?inclusion financi?re et la fluidit? des flux mon?taires. Dans un espace CEMAC o? les transferts traditionnels restent souvent contraints, le Mobile Money au Cameroun impose d?sormais un mod?le ?conomique performant, rapide et accessible, pla?ant le pays au c?ur de la modernisation financi?re r?gionale. Ongoung Zong Bella

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Haut-commissariat des Nations unies pour les r?fugi?s (HCR)

Au cours de ce mois d?octobre 2025, ce d?membrement onusien organise le 43e convoi de retour volontaire des r?fugi?s centrafricains install?s au Cameroun. Les convois sont organis?s depuis plusieurs r?gions camerounaises, notamment l?Est, l?Adamaoua et le Nord, o? r?sident encore des dizaines de milliers de r?fugi?s centrafricains. Rappelons qu?avec l?am?lioration de la situation s?curitaire dans certaines r?gions de la R?publique centrafricaine, ces d?parts s?inscrivent dans le cadre de l?accord tripartite sign? le 29 juin 2016 entre les gouvernements du Cameroun, de la Centrafrique et le HCR.

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23%

A en croire un rapport conjoint de l?OMS (Organisation mondiale de la sant?) et de l?Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance), l’?chelle mondiale en 2024, c?est la portion d?enfants et d?adolescents souffrant d’un trouble mental. Le m?me rapport souligne que ? la d?pression, l’anxi?t? et les troubles du comportement figurent parmi les principales causes de maladie et d’invalidit? dans ces groupes d’?ge, tandis que des troubles tels que les troubles du d?veloppement, l’?pilepsie et les troubles alimentaires ont ?galement un impact significatif sur la sant?. Le suicide est la troisi?me cause de d?c?s chez les jeunes ?g?s de 15 ? 29 ans ?.

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Afrique : l?heure de reprendre la plume

Il aura fallu soixante ans. Soixante ann?es de pers?v?rance, de recherches, de luttes intellectuelles pour qu?aboutisse enfin l?un des projets ?ditoriaux les plus ambitieux du XXe si?cle : l?Histoire g?n?rale de l?Afrique, lanc?e par l?Unesco en 1964, trouve aujourd?hui son ach?vement. ? Paris, ce 17 octobre 2025, les trois derniers volumes ont ?t? pr?sent?s. Et avec eux, c?est bien plus qu?une somme de connaissances qui se cl?t : c?est une page de la souverainet? culturelle africaine qui s?ouvre. Car ce projet n??tait pas neutre. Il ne l?a jamais ?t?. Il est n? dans un contexte de d?colonisation politique, pour r?pondre ? un vide aussi immense qu?injuste : l?absence d?une histoire de l?Afrique pens?e, ?crite et racont?e par les Africains eux-m?mes. Jusqu?aux ann?es 1960, l?histoire du continent ?tait racont?e depuis l?Europe ou l?Am?rique du Nord, ? travers un prisme biais?, souvent paternaliste, parfois raciste, toujours ?loign? des r?alit?s v?cues. Les historiens africains ont donc repris la plume. Ils ont d?construit les mythes, ?cart? les sch?mas diffusionnistes selon lesquels l?Afrique aurait toujours re?u de l?ext?rieur, sans jamais innover. Ils ont r?tabli des v?rit?s, fait ?merger des figures oubli?es, mis en lumi?re les dynamiques internes du continent. Pendant plus d?une d?cennie, plus de 200 chercheurs, r?unis sous la coordination de l?arch?ologue camerounais Augustin Holl, ont travaill? sans rel?che pour harmoniser les approches, int?grer les nouvelles d?couvertes et replacer l?Afrique au centre de sa propre histoire. Cette ?uvre monumentale est une victoire. Mais elle n?est pas un aboutissement : elle est un point de d?part. Car l?histoire n?est pas qu?un savoir : c?est un pouvoir. Celui de se nommer, de se projeter, de construire un r?cit commun. En se r?appropriant son pass?, l?Afrique pose les fondations de son avenir. Elle brise les cha?nes symboliques d?un savoir confisqu? et affirme sa voix dans le concert des nations. ? Mission accomplie ?, disent les responsables du projet. Peut-?tre. Mais la mission v?ritable commence maintenant. ?crire l?histoire, ce n?est pas simplement retrouver le pass?. C?est fa?onner le pr?sent, pr?parer l?avenir. Il ne suffit pas de corriger les livres. Il faut les lire, les transmettre, les incarner. Il est temps que les manuels scolaires africains refl?tent cette histoire r??crite. Que les m?dias africains la diffusent. Que les jeunes g?n?rations s?en inspirent. Trop longtemps, les imaginaires africains ont ?t? nourris par les r?cits de l?autre. Il est temps de se raconter soi-m?me. De ne plus subir les regards ext?rieurs, mais de porter le sien, lucide et digne, sur son propre chemin. L?Afrique ne manque ni de voix, ni de m?moire, ni d?h?ritage. Ce qu?elle r?clame, c?est que son histoire cesse d??tre p?riph?rique. Qu?elle cesse d??tre racont?e ? la troisi?me personne. Qu?elle retrouve sa centralit? dans les d?bats mondiaux, non pas comme un continent de souffrance, mais comme un espace de cr?ation, de pens?e, d?humanit?. L?Afrique reprend la plume. ? nous de l??couter. Et, surtout, de ne plus jamais lui arracher le stylo. JRMA

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Election pr?sidentielle au Cameroun: les diplomates ?trangers comme des carpes

Face ? la transe g?n?r?e par le scrutin du 12 octobre dernier, ils sont barricad?s dans le silence. ? Ce n?est pas ? nous d?intervenir dans les affaires internes d?un ?tat souverain ?, confie, sous couvert d?anonymat, un diplomate occidental en poste dans la capitale. Une position qui, bien que silencieuse en apparence, n?en demeure pas moins strat?gique. En filigrane, c?est la Convention de Vienne de 1961 qui fixe les contours de cette posture : les missions diplomatiques sont tenues d?observer, non d?influencer. La prudence affich?e par les chancelleries s?inscrit donc dans une ligne juridique claire. Le texte fondateur des relations diplomatiques interdit toute ing?rence, notamment en p?riode ?lectorale, moment sensible dans la vie politique des ?tats. Pour les diplomates, il ne s?agit pas de cautionner ou de critiquer, mais de rester ? distance, tout en suivant de pr?s les d?veloppements. Coulisses Cependant, selon plusieurs sources proches des milieux diplomatiques, des initiatives seraient bel et bien en cours, loin des projecteurs. Certaines ambassades m?neraient des d?marches discr?tes afin d?encourager un dialogue apais? entre les diff?rents acteurs politiques, dans un contexte post-?lectoral parfois tendu. Cette diplomatie de l?ombre, conduite sans ?cho m?diatique, vise ? pr?venir une ?ventuelle escalade des tensions. Elle s?appuie sur des canaux informels, o? la discr?tion est la r?gle, et non l?exception. En l?absence de parole publique, les ambassades entendent ainsi jouer un r?le d?observateur actif, sans transgresser les principes diplomatiques. Dans les cercles d?analystes, cette posture est diversement interpr?t?e. Certains y voient une forme de prudence justifi?e par l?histoire des relations entre puissances ?trang?res et ?tats africains. D?autres, au contraire, estiment que ce silence pourrait ?tre per?u comme une forme de passivit? face ? des enjeux d?mocratiques majeurs. Pour l?heure, aucune prise de position officielle n?est venue ?claircir la ligne des partenaires internationaux du Cameroun.Du c?t? des autorit?s camerounaises, cette r?serve est per?ue comme un signe de respect. Elle permet au pouvoir en place de revendiquer la pleine ma?trise de son calendrier politique, sans pression ext?rieure. Mais elle n??teint pas pour autant les attentes d?une partie de la soci?t? civile, qui esp?rait des prises de position plus claires sur le d?roulement du scrutin. Dans ce contexte, le r?le des diplomates oscille entre devoir de r?serve et responsabilit? morale. Un ?quilibre d?licat ? maintenir, dans une p?riode o? chaque mot, chaque geste, peut ?tre interpr?t? politiquement. Les jours ? venir diront si ce mutisme restera de rigueur, ou s?il c?dera la place ? une expression plus explicite des positions diplomatiques. Ongoung Zong Bella

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