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Collectif des anciens des séminaires catholiques du Cameroun : flamme de foi, fraternité en éveil

Réunis le 30 août dernier au Centre spirituel Saint-Jean XXIII de Mvolyé (Yaoundé), les anciens des séminaires catholiques du Cameroun ont conjugué mémoire, bilan et avenir. Une assemblée générale spéciale où la foi s’est mêlée à la fraternité, avec ce supplément d’âme que donnent les retrouvailles. À Mvolyé, les souvenirs ont retrouvé leur jeunesse. Dimanche 30 août 2026, le Centre spirituel Saint-Jean XXIII a accueilli les membres du Collectif des anciens des séminaires catholiques du Cameroun (CASEMCA), venus tenir leur assemblée générale spéciale. Autour du président, Pius Ondoua Olinga, les anciens séminaristes ont regardé dans le rétroviseur sans jamais perdre de vue la route à venir.Trente-deux mois d’activités étaient au menu. Un exercice de bilan qui aurait pu prendre les allures d’une froide réunion administrative. Mais à Mvolyé, la comptabilité des actions semble avoir une autre unité de mesure : la fidélité. Celle aux valeurs reçues, aux liens tissés et à cette formation spirituelle qui continue de marquer les parcours, même lorsque la soutane est restée au vestiaire. Car le séminaire ne fabrique pas seulement des vocations sacerdotales. Il transmet aussi une discipline de vie, le sens du service, le goût de la réflexion et une certaine attention à l’autre. Des valeurs qui, des années plus tard, trouvent encore à s’exprimer dans la société camerounaise.Les travaux ont ainsi porté sur les activités conduites au cours des trente-deux derniers mois, mais également sur les perspectives de l’association. Renforcer l’organisation, améliorer la coordination et donner davantage de souffle aux initiatives du collectif figurent parmi les préoccupations de cette rencontre.L’ambition est claire : faire du CASEMCA davantage qu’un cercle de retrouvailles. Une mémoire vivante, capable de transformer un héritage spirituel en engagement concret. FraternitéÀ Mvolyé, la fraternité n’était pas un simple mot inscrit dans un ordre du jour. Elle se lisait dans les sourires, les poignées de main et les conversations retrouvées. Les années passent, les parcours divergent, mais certaines communautés de destin résistent remarquablement au temps.La solidarité constitue précisément l’un des piliers de cette dynamique. Être ancien séminariste, c’est aussi, pour les membres du CASEMCA, conserver le réflexe de ne pas détourner le regard lorsque l’autre traverse une difficulté. Cette solidarité entend s’étendre à l’Église, mais aussi à la société camerounaise. L’association souhaite poursuivre son engagement en mettant au service du bien commun les compétences, les expériences et les réseaux de ses membres.Dans un pays où les grandes fraternités aiment parfois davantage les discours que les actes, cette volonté mérite d’être relevée. Ici, la spiritualité ne prétend pas planer au-dessus du quotidien : elle cherche à y mettre les mains.Et c’est peut-être là le plus beau paradoxe de cette assemblée. Beaucoup sont entrés autrefois au séminaire avec l’idée d’une vocation précise. La vie en a décidé autrement pour certains. Mais elle n’a pas nécessairement effacé l’essentiel.À Mvolyé, les anciens ont donc refermé leur assemblée avec une certitude : une vocation peut changer de forme sans perdre son sens. Le temps a passé, les hommes ont grandi, les cheveux ont parfois blanchi (signe discret que même les plus pieux n’échappent pas au calendrier) mais la flamme, elle, demeure. Celle du service, de la fraternité et de l’espérance. Bobo Ousmanou

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Décentralisation : 844 millions FCFA pour muscler les mairies

Avec ce pactole, la Banque mondiale mise sur les compétences pour transformer les CTD en administrations vraiment efficaces. 844 millions FCFA. Le chiffre mérite qu’on s’y arrête. À Yaoundé, ce lundi 31 août 2026, la décentralisation camerounaise a changé de dimension : la National School of Local Administration (NASLA) et le Projet Gouvernance Locale et Communautés Résilientes (PROLOG) ont signé un mémorandum d’entente pour renforcer les capacités des Collectivités territoriales décentralisées (CTD). Derrière le vocabulaire administratif, une question très concrète : que vont produire ces 844 millions pour les citoyens ? L’argent, mobilisé avec l’appui de la Banque mondiale, doit bénéficier à 145 CTD dans six régions (Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest et Sud-Ouest) et permettre de former plus de 2 000 responsables et personnels administratifs et financiers. Une enveloppe qui ne devrait donc pas seulement financer des formations, mais contribuer à rendre les collectivités plus capables de gérer l’argent, les hommes et les services publics. InvestirLe calcul est simple : 844 millions pour 145 collectivités, soit une enveloppe moyenne théorique d’environ 5,8 millions FCFA par CTD si l’on divisait mécaniquement la totalité du financement. Évidemment, le dispositif ne fonctionne pas comme un partage de gâteau entre mairies : les ressources servent à organiser et financer un programme de renforcement des capacités. Mais cette comparaison donne une idée de l’effort consenti. Le véritable enjeu est désormais celui du rendement administratif. Former des agents coûte de l’argent ; ne pas les former peut en coûter beaucoup plus lorsqu’une mauvaise procédure, une gestion approximative ou un service défaillant finit par pénaliser la collectivité. La Banque mondiale mise donc sur le capital humain local, là où la décentralisation se confronte quotidiennement à la réalité. FormerTrois domaines concentrent l’investissement : gestion administrative et financière, ressources humaines et état civil. Rien de très spectaculaire en apparence. Pourtant, c’est précisément dans cette plomberie administrative que se joue une partie de l’efficacité publique. Une collectivité doit savoir programmer ses dépenses, gérer ses personnels, sécuriser ses procédures et produire des documents fiables. L’état civil, notamment, n’est pas une formalité secondaire : derrière un acte de naissance se trouvent l’identité, l’accès aux droits et l’existence administrative du citoyen. Les 844 millions doivent donc contribuer à faire de la compétence un outil de performance. Car une mairie peut disposer de compétences transférées, de responsabilités nouvelles et même de ressources : si les équipes ne savent pas les gérer, la décentralisation reste une belle mécanique sans carburant. RendreLe choix des six régions donne à l’opération une portée particulière. Dans des territoires confrontés à des défis économiques, sociaux et parfois sécuritaires considérables, les CTD sont en première ligne. Elles doivent répondre aux besoins des populations avec des moyens souvent contraints et des personnels aux profils variés. Le renforcement des capacités apparaît dès lors moins comme une dépense de fonctionnement que comme un investissement dans la proximité. Avec ces 844 millions, l’ambition est de professionnaliser ceux qui administrent au plus près des citoyens. Mais l’argent public appelle une exigence simple : pouvoir mesurer ce qu’il produit. Combien d’agents mieux formés ? Quelles procédures améliorées ? Quels délais réduits ? Quels services rendus plus efficacement ? La question du bilan devra accompagner celle du financement. ProuverC’est ici que se trouve le vrai rendez-vous. Le mémorandum est signé, les 844 millions sont mobilisés, les bénéficiaires sont identifiés. Reste le plus difficile : transformer les millions en compétences et les compétences en résultats. Le succès du programme ne se mesurera pas au nombre de séminaires organisés ni au volume de certificats distribués. Il se verra dans la gestion des communes, dans la qualité des services, dans la fiabilité de l’état civil, dans une administration du personnel moins approximative et dans une utilisation plus rigoureuse des ressources locales. Les 844 millions FCFA ne sont donc pas une fin. Ils constituent un pari. Celui de faire comprendre que la décentralisation ne consiste pas seulement à rapprocher les responsabilités du citoyen, mais à rapprocher aussi la compétence de celui qui vient demander un service public. Et, pour une mairie, être proche, c’est bien. Être efficace, c’est mieux. Jean-René Meva’a Amougou

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Rentrée scolaire 2026 : le gouvernement se veut rassurant face aux défis sécuritaires

Réunis le 26 août à Yaoundé autour du ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, les principaux responsables de la chaîne sécuritaire dresse un état des lieux de la situation sécuritaire nationale. À quelques jours de la rentrée scolaire prévue le 7 septembre, les autorités camerounaises affichent leur volonté de garantir un environnement sûr aux élèves, étudiants et familles. Autour de la table figurent notamment le chef d’État-Major des Armées, le général René Claude Meka, le Délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele, le Secrétaire d’État à la Défense chargé de la Gendarmerie, Galax Yves Etoga, ainsi que des représentants des services de renseignement et du ministère de l’Administration territoriale.En ouverture des travaux, Joseph Beti Assomo revient sur le drame survenu le 14 août à Nomale, dans l’arrondissement de Ndikiniméki, où seize personnes perdaient la vie dans un accident de la circulation. Le membre du gouvernement appelle les forces de sécurité à renforcer leur présence sur les axes routiers et à intensifier les contrôles afin de prévenir de nouveaux drames.Sur le plan sécuritaire, le ministre présente un tableau qu’il juge globalement maîtrisé malgré la persistance de plusieurs menaces. Dans la région de l’Est, les forces de défense poursuivent leurs opérations contre les groupes armés opérant à proximité des frontières. À l’Extrême-Nord, la lutte se poursuit contre Boko Haram et ses affiliés, encore actifs dans plusieurs départements.Les autorités restent également mobilisées face aux enlèvements contre rançon signalés dans les régions du Nord et de l’Adamaoua. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les forces de sécurité continuent de faire face aux groupes armés séparatistes accusés de multiples kidnappings visant des civils, des autorités administratives et des membres des communautés éducatives.Malgré ce contexte, Joseph Beti Assomo se veut rassurant. « Le travail effectué jusqu’ici est de nature à rassurer les familles de renvoyer sans crainte leurs enfants à l’école », déclare-t-il à l’issue de la réunion. Le ministre invite par ailleurs les responsables sécuritaires à maintenir un haut niveau de vigilance. Selon lui, les menaces ne se limitent pas aux seuls groupes armés. Il évoque également la nécessité d’un « suivi étroit des poches de mécontentement social » et d’une attention particulière aux « remous sociaux » susceptibles d’affecter la stabilité du pays.Les responsables des différents corps de sécurité réaffirment leur engagement à assurer la protection des populations durant les périodes de rentrée scolaire et universitaire, marquées chaque année par d’importants mouvements de personnes à travers le territoire national.Le gouvernement camerounais met également en avant la sécurisation des grands projets économiques en cours dans le pays. Selon Joseph Beti Assomo, les sites miniers du Grand Zambi, de Fifinda et de Boron, dans la région du Sud bénéficient d’un dispositif de protection permettant de garantir la poursuite normale des activités et de rassurer les investisseurs.À l’approche de la rentrée, les autorités entendent ainsi conjuguer présence sécuritaire renforcée, surveillance du territoire et protection des infrastructures stratégiques. Un message destiné à rassurer les familles, alors que plusieurs régions du pays restent confrontées à des défis sécuritaires persistants.

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Yaoundé : les ordures font tas, l’État fait face

Dans la ville, les poubelles débordent, les rues suffoquent et les réunions se multiplient. Le gouvernement découvre, une fois encore, que les ordures ont une fâcheuse tendance à toujours revenir. Au petit matin, Yaoundé ressemble à une aquarelle encore humide. La brume s’accroche aux collines, les taxis jaunes se faufilent dans les embouteillages et les commerces lèvent leurs rideaux. Mais, au bord des routes, un autre décor s’impose : sacs éventrés, bouteilles, cartons détrempés, restes de nourriture. La capitale aux sept collines s’est offert quelques reliefs supplémentaires, en plastique et en putrescibles. Dans plusieurs quartiers, les habitants contournent les amas de déchets avec l’agilité de coureurs de fond. Les odeurs, elles, ne connaissent ni frontières administratives ni heures de pointe. Elles circulent librement. DébordementLe chiffre donne le vertige : Yaoundé produit autour de 3 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés par jour. Or, la collecte ne couvre qu’une partie de cette production. Les données disponibles font état d’un taux de couverture d’environ 45 %.Le contrat de collecte porte, selon un rapport consacré à la gestion urbaine des déchets, sur environ 1 700 tonnes quotidiennes. Le calcul est cruel : à la production de la ville répond une capacité de ramassage nettement inférieure.Le directeur général d’Hysacam, Jean-Pierre Ymele, résumait ainsi le problème : « Les objectifs contractuels de collecte sont inférieurs à la production réelle des déchets. » Selon lui, quelque 20 000 tonnes supplémentaires d’ordures ménagères s’ajoutent chaque année à Yaoundé. La ville produit donc davantage de déchets tandis que le système peine à suivre. Une sorte de course-poursuite dont les ordures connaissent déjà le vainqueur. ConstatLes difficultés ne tiennent toutefois pas uniquement au nombre de camions. Étalement urbain, embouteillages, insuffisance des points de regroupement, dépôts sauvages et difficultés d’accès à certains quartiers compliquent la collecte.À cela s’ajoute l’incivisme. Certains habitants continuent de transformer les caniveaux, terrains vagues et bas-côtés en décharges improvisées. « Quand le bac est plein et que les camions ne passent pas, les déchets restent là », déplore un riverain d’un quartier périphérique. « On finit par vivre avec les odeurs et les mouches. » Une habitante résume autrement cette résignation : « On nettoie aujourd’hui et, quelques jours après, les mêmes tas réapparaissent. » Ces témoignages disent une chose simple : pour les populations, l’ordure n’est pas une statistique. Elle est devant la maison, sous la fenêtre, au bord du marché. Énième alerteFace à cette situation devenue difficile à dissimuler derrière les discours, le gouvernement a décidé de reprendre le dossier à bras-le-corps.Le 28 août dernier, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a réuni les administrations concernées par la gestion des déchets dans la capitale. À la table : notamment les ministres Georges Elanga Obam et Célestine Ketcha Courtès, ainsi que les autorités administratives et municipales de Yaoundé. Cette concertation intervient au lendemain d’un Conseil de Cabinet au cours duquel le Premier ministre a déploré l’état d’insalubrité de la capitale.Puis est venu le moment du terrain. La délégation s’est rendue dans Yaoundé III et Yaoundé VI, deux arrondissements particulièrement touchés par l’accumulation des déchets. RefrainLe scénario est désormais familier : les ordures s’accumulent, les habitants protestent, les autorités alertent, les responsables se réunissent, les camions arrivent puis le cycle recommence. Pour un expert de la gestion urbaine, le problème ne peut être réglé par les seules opérations ponctuelles. « Il faut agir sur toute la chaîne : production, pré-collecte, collecte, transport, traitement et valorisation des déchets », estime-t-il. Car Yaoundé ne manque plus de diagnostics. Elle manque surtout d’une mécanique durable capable de transformer les annonces en ramassage quotidien. « La capitale camerounaise mérite mieux que cette poésie nauséabonde. Ses collines devraient porter des arbres, ses rues des passants et ses carrefours des commerces. Pas des montagnes de déchets. À force d’attendre que les poubelles débordent pour sonner l’alarme, Yaoundé risque simplement de devenir la seule ville où les ordures ont, elles aussi, leur plan d’urbanisme », ironise une dame. Ongoung Zong Bella

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Benjo Dilinger : « Je préfère poser des questions plutôt que distribuer des condamnations»

Cela serait, à en croire l’artiste, l’essence même de sa musique: Construire un véritable débat autour des questions sociales. Il donne un aperçu exclusif de la portée de son œuvre musicale dans cette interview. Pouvez-vous nous présenter l’artiste Benjo Dilinger ?Benjo Dilinger est un artiste qui considère la musique comme un espace de liberté, de réflexion et de transmission. Mon parcours ne se limite pas au rap: il est nourri par mes expériences, mes études, l’entrepreneuriat, la culture africaine et européenne, mais aussi par une grande curiosité pour les différentes formes d’expression artistique. J’ai toujours considéré que l’artiste devait être capable de raconter son époque. Ma musique peut donc passer du rap à la musique classique, du gospel à l’afrobeat, avec parfois plusieurs langues et plusieurs influences. Ce qui m’intéresse, c’est de créer une musique qui traverse les frontières tout en conservant une identité. Avec Benjo Dilinger, je veux défendre une certaine idée de l’exigence. Avoir quelque chose à dire, mais surtout savoir comment le dire. Vous présentez un titre « La Nuit des longs couteaux ». Pourquoi le choix de ce titre, quand on connaît la période sombre du nazisme auquel renvoie cette expression ?Le titre est volontairement provocateur, mais il ne s’agit évidemment pas de glorifier ou de banaliser le nazisme. «La Nuit des longs couteaux » est ici utilisée comme une métaphore historique et politique, pour évoquer les moments où, dans une lutte pour le pouvoir, les alliances deviennent fragiles, les ambitions s’affrontent et où certains finissent par se retourner contre d’autres. Je voulais utiliser la force évocatrice de cette expression pour parler d’une réalité contemporaine, notamment des jeux de pouvoir et des rivalités politiques que l’on peut observer au Cameroun. Le rap permet justement cela: prendre une image forte du passé pour interroger le présent. Mon propos n’est pas de désigner des coupables, mais de poser un miroir devant la société et de laisser chacun interpréter ce qu’il y voit. Vous décririez-vous comme un artiste engagé ou alors le choix d’aborder des questions politiques est précisément lié au contexte dans le pays ?Je me définirais davantage comme un artiste conscient qu’un artiste simplement engagé. L’engagement peut parfois enfermer l’artiste dans un camp. La conscience, elle, oblige à regarder les choses avec davantage de recul. Quand je parle de politique, de pouvoir, de succession ou de société, je ne cherche pas à faire campagne pour quelqu’un. Je cherche à faire réfléchir. Le Cameroun possède une histoire, une jeunesse, une culture et un potentiel extraordinaires. Mais lorsqu’un artiste observe son environnement, il ne peut pas faire comme si certaines questions n’existaient pas. Je préfère poser des questions plutôt que distribuer des condamnations. La musique devient alors une forme de conversation avec la société.Vous parlez de succession au pouvoir, de jeux d’alliance, de complot, etc. N’avez-vous pas peur de représailles ?Je pense qu’il faut distinguer la critique artistique de l’accusation personnelle. Je ne suis pas dans la dénonciation de personnes ni dans la divulgation de secrets. Je travaille sur des mécanismes que l’histoire et l’actualité politique rendent suffisamment visibles: l’ambition, les alliances, les rivalités, la conquête du pouvoir et parfois la peur de perdre ce pouvoir. Un artiste qui a peur de poser des questions finit par ne plus rien dire. Mais un artiste responsable doit également savoir mesurer ses mots. Ma protection, c’est précisément de rester dans la métaphore, dans l’art et dans la réflexion. Je ne prétends pas détenir la vérité sur les acteurs politiques; je raconte une atmosphère, une époque et des comportements humains. Et finalement, le véritable pouvoir de l’artiste n’est pas de détruire quelqu’un. C’est de faire réfléchir des milliers de personnes avec quelques minutes de musique. Comment peut-on se procurer ce single et, plus largement, quelles sont vos perspectives avec la musique ?Le titre a vocation à être accessible au public sur les principales plateformes numériques de streaming. Mon ambition est d’ailleurs beaucoup plus large que la sortie d’un simple morceau. Je développe progressivement un véritable univers artistique autour de Benjo Dilinger, avec plusieurs singles, des collaborations et un projet plus global autour de l’album «Veuve Noire». Je souhaite également continuer à faire dialoguer le rap avec la musique classique, les musiques africaines et d’autres influences internationales. Mon objectif est de construire une musique africaine dans ses racines, mais internationale dans son langage. Je veux surtout que chaque chanson ait une raison d’exister. Si un morceau peut faire danser, c’est bien. S’il peut également faire réfléchir, provoquer un débat ou donner envie à quelqu’un de regarder son pays autrement, alors pour moi, l’artiste a véritablement accompli sa mission. Louise Nsana

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«La Nuit des longs couteaux»: Benjo Dilinger revient au-devant de la scène musicale

Le single de l’artiste d’origine camerounaise offre une observation profonde des batailles politiques autour du pouvoir. Ne l’attendez pas sur les sentiers battus de l’amour. Du moins, pas dans la démarche commune contemporaine. Son intérêt ne s’y trouve pas. Il se trouve dans les grandes causes sociales. Comme mû par un désir de comprendre comment fonctionnent les machines gouvernementales, les appareils étatiques, les hommes dans leur environnement, les humains entre eux ; et enfin d’y placer des mots et des notes musicales. Un assemblage qui a très souvent pour effet, non de transporter l’âme vers une euphorie passagère, mais de nourrir l’esprit dans un apaisement méditatif. Benjo Dilinger en remet une couche avec son nouveau single La Nuit des longs couteaux, lequel est une incursion dans le labyrinthe politique du Cameroun. « Le palais dort, du moins en apparence. Quand le pouvoir parle bas, les ambitions, elles, parlent fort. Personne ne dit le mot succession, mais tout le monde y pense. Bienvenue dans la nuit des longs couteaux », entend-on clairement à l’écoute. La voix est au centre ici. Les notes la suivent. Elle avance avec une intensité qui oscille entre adresse personnelle et déclaration publique. Elle porte une matière sensible, parfois rugueuse, à d’autres instants plus enveloppante ou même emballée, qui donne à ce rap sa colonne vertébrale. Le chant, ici, ne cherche pas seulement une virtuosité. Il affirme une posture. Non partisane, certainement, mais de celles qui ouvrent large le champ des possibilités, car ici chaque phrase est dénuée de jugement. Juste une constatation. Chaque inflexion ou reprise devient un point d’appui et chaque respiration, un moment de suspension. « Le trône est calme et les murs écoutent, sourires pourris, intentions en déroute. Devant les caméras, ils jurent loyauté; hors champ, ça complote en intensité. Ministre contre ministre, alliance fragile. Ça se serre les mains mais ça vise les cibles. Un simple dossier devient détonateur. Ici, la politique pulse comme un moteur, personne ne veut sortir et chacun sait déjà qui doit sauter. On parle de nation, d’unité, d’avenir, mais dans l’ombre, ça prépare le pire », entend-on. Et là, on le sait, le sujet sied à l’actualité politique au Cameroun, lequel pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans une incertitude en matière de composantes sociologiques du pouvoir politique. L’intérêt du titre tient aussi à son rapport au corps. La rythmique invite à une écoute faite de balancement, d’adhésion et de reprise ; le tout, sans que la dimension dansante ne vide la chanson de sa densité. L’image d’illustration vient renforcer ce principe, en ne se contentant pas d’illustrer les paroles. Elle prépare l’esprit à la reconnaissance de la thématique et à l’adhésion au ton.Ce qui demeure après écoute, c’est une impression de cohérence entre la voix, le beat et l’image. Les trois éléments avancent dans la même direction, construisant une identité reconnaissable, propre aux œuvres musicales de Benjo Dilinger. Et déjà expérimentée dans ses précédents singles Mon refuge, One Heart, Ave Maria, Rise Above. Louise Nsana

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Alain Symphorien NDZANA BILOA : «Les enjeux de la réforme du système fiscal international sont éminemment politiques»

L’Inspecteur principal des Impôts et auteur de livres sur la fiscalité se positionne en faveur de la mobilisation africaine à l’Onu. Lequel soutien, souligne-t-il, se fonde sur l’importance de l’impôt dans la géostratégie économique et politique entre les Etats, les continents et les blocs économiques. Vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages qui mettent l’accent sur l’importance de la fiscalité pour l’émergence? Pouvez-vous nous faire un résumé de votre pensée sur la question?Le projet d’émergence est un programme économique visant une montée en puissance dans la satisfaction des besoins des populations. Sa mise en œuvre nécessite une mobilisation optimale des ressources internes pour son financement. L’impôt étant à la fois un instrument de la politique économique de l’Etat et sa principale source de revenu, la fiscalité est le premier levier actionné. Et contrairement aux pays dits émergents qui l’ont associée à d’autres outils tels que les subventions des exportations, le protectionnisme et la politique de change, la fiscalité est le seul instrument opérationnel à la portée du Cameroun et des autres pays de la zone franc.Les APE entre le Cameroun et l’Union Européenne réduisent ses capacités à élever des barrières douanières pour protéger les industries locales fragiles. Les accords monétaires qui le lient l’empêchent de définir sa politique de change en toute souveraineté, tandis que son faible niveau de revenu ne lui permet pas de s’offrir le luxe de subventionner les exportations. Il ne reste donc plus que le réacteur de la fiscalité pour faire voler le Cameroun vers l’émergence économique. D’où l’intitulé de mon premier ouvrage « La fiscalité, levier pour l’émergence des pays africains de la zone Franc, le cas du Cameroun » publié en décembre 2015. Je l’explore encore mieux dans mon dernier ouvrage intitulé « La fiscalité camerounaise au scalpel » publié aux éditions du Panthéon le 19 mai 2026. Vous continuez dans cette pensée en publiant en 2018 un ouvrage intitulé «Sauvons l’impôt pour préserver l’Etat». Quelles menaces planent sur l’Etat du Cameroun en lien avec la fiscalité ?L’Etat du Cameroun ne parvient pas encore à mobiliser suffisamment les ressources internes en général et les ressources fiscales en particulier. Le ratio impôts/PIB tourne autour de 14%, ce qui limite ses capacités de financement du développement. Cette performance budgétaire insuffisante de l’impôt est entre autres due à l’évasion fiscale internationale orchestrée par les multinationales en complicité avec les paradis fiscaux et les autres juridictions pratiquant une concurrence fiscale dommageable. Cette problématique de l’évasion fiscale internationale est le sujet principal développé dans l’ouvrage « Sauvons l’impôt pour préserver l’Etat » que vous évoquez. L’on vous a souvent entendu plaider pour une réforme du système fiscal international. Alors que l’Afrique fait front à l’Onu pour la cause, vous alignez-vous aux réclamations du continent ?Le front de l’Afrique à l’ONU montre que mon plaidoyer et celui d’autres auteurs, porte des fruits. Il a permis aux pays de notre continent, principales victimes de l’évasion fiscale internationale, de comprendre que les enjeux de la réforme du système fiscal international sont éminemment politiques; car l’impôt est, plus que jamais, un élément de la géostratégie économique et politique entre les continents, entre les pays du Nord et ceux du Sud, et donc entre l’Afrique et le reste du monde. Je ne peux donc que me réjouir de la consolidation de ce front qui met un terme aux divisions observées jusque-là. Mon plaidoyer est contenu dans l’ouvrage « Un système fiscal international 3 G pour financer le développement durable » publié en 2021. Les Etats africains ont affiché leur intérêt à la modification de règles sur la répartition équitable des droits d’imposition, sur les pratiques dommageables et l’assistance administrative. Quelles injustices historiques pourraient ici changer ?La principale injustice dont souffre l’Afrique est le déséquilibre dans la répartition des droits d’imposition des multinationales qui écument le continent. Dans la spécialisation de l’économie mondialisée, l’Afrique est le champ des matières premières, l’Occident excelle dans la recherche et le développement, offre les services et les divertissements, tandis que l’Asie est devenue l’industrie du monde. Selon la clause léonine du contrat qui régit cette globalisation de l’économie, le partage de la valeur créée et donc de l’impôt, se joue exclusivement entre les pays dans lesquels les activités de recherche et de développement sont réalisées et ceux dans lesquels les matières premières sont transformées.La réforme du système fiscal international en cours devrait aboutir à la modification de l’affectation des bénéfices des multinationales pour les besoins d’imposition. Or, les pays dits avancés essayent de perpétrer et d’aggraver cette injustice en proposant que cette réaffectation soit basée sur les ventes et les activités à forte utilisation des actifs incorporels.L’Afrique ne pourra par contre-bénéficier des dividendes de cette réforme que si l’emploi et les actifs corporels sont pris en compte. C’est la raison pour laquelle les Etats africains font bloc pour demander que la formule d’affectation des droits d’imposition soit enrichie avec les données relatives à l’emploi, aux ressources matérielles mises en œuvre et aux actifs corporels. Louise Nsana

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« Vous attendent à Yaoundé » : la petite phrase de Dion Ngute qui fait parler

Depuis Rabat, le Premier ministre assure que Paul Biya attend les Lionnes à Yaoundé. Reste à savoir si le président les attend déjà sur place… ou s’il devra les précéder. À Rabat, Joseph Dion Ngute est venu porter aux Lionnes Indomptables le message du couple présidentiel. Une phrase, surtout, intrigue : « Le Président Paul Biya et son épouse, Chantal Biya, vous attendent à Yaoundé avec la Coupe. » Derrière l’encouragement sportif, une petite énigme politique : le chef de l’État est-il déjà dans la capitale ou doit-il, lui aussi, rentrer avant les championnes ?Le décor est planté. Dimanche 16 août, le Cameroun dispute au Maroc la finale de la CAN féminine face au Malawi. La veille, le Premier ministre s’est rendu dans la tanière camerounaise, à Rabat, pour transmettre les encouragements présidentiels. Plusieurs médias indiquent qu’il a été dépêché par Paul Biya.Puis arrive cette formule, soigneusement choisie : « vous attendent à Yaoundé ». Le verbe est au présent. Une subtilité grammaticale qui, dans un pays où la localisation du président fait depuis des semaines l’objet de spéculations, prend soudain des allures de bulletin météo présidentiel. Présence physique ou présence institutionnelle ?Première lecture : Paul Biya est déjà à Yaoundé. Le Premier ministre parlerait alors d’une réception présidentielle qui attend simplement son heure. Une hypothèse séduisante, mais qui n’est pas étayée par une confirmation officielle disponible.Deuxième lecture, plus prudente : Dion Ngute parle au nom du président et projette son retour dans la capitale. Le président peut donc « attendre » les Lionnes politiquement, sans que cette phrase constitue la preuve de sa présence physique à Yaoundé.C’est la distinction essentielle, selon un spécialiste de la communication institutionnelle : dans ce type de message, le verbe « attendre » peut désigner moins une localisation qu’une promesse de réception. Le Premier ministre ne fournit pas un point GPS du chef de l’État ; il fixe plutôt le lieu où doit se refermer la séquence : Yaoundé, le palais, les championnes et, si possible, le trophée. Autrement dit, la phrase dit beaucoup sur le scénario voulu par le pouvoir, mais peu sur la position géographique exacte du président. Et le contexte rend cette nuance explosivePaul Biya a quitté Yaoundé le 7 juin pour un séjour privé en Europe. Depuis, son absence de la scène publique alimente interrogations et rumeurs. Le gouvernement a affirmé qu’il était vivant, qu’il n’avait pas démissionné et qu’il reviendrait prochainement au Cameroun, sans toutefois donner de date précise.Dans ces conditions, écrire que le président « attend » les Lionnes à Yaoundé revient forcément à réveiller une question que le message ne pose pas explicitement : quand Paul Biya sera-t-il à Yaoundé ? Le président pourrait devoir battre les Lionnes… sur le chemin du retourIl existe une autre hypothèse, presque cocasse : les Lionnes gagnent la Coupe dimanche, prennent l’avion, et Paul Biya doit les précéder pour être effectivement là au moment de leur arrivée.Le calendrier crée ainsi une curieuse course contre la montre. Les joueuses doivent d’abord conquérir Rabat. Le président, lui, devrait conquérir le chemin du retour. Et dans ce match-là, les Camerounais n’ont pas encore le tableau d’affichage.Pour un analyste politique, le choix de Yaoundé n’est cependant pas fortuit. La capitale constitue le point naturel d’atterrissage de la victoire : réception officielle, mobilisation populaire, protocole présidentiel. Le trophée doit rentrer dans la maison, et la maison politique reste Yaoundé.Le message de Dion Ngute fonctionne donc comme une mise en scène anticipée. Il imagine déjà le moment où les Lionnes, Coupe en main, retrouveront leur pays. Paul et Chantal Biya y sont installés comme les hôtes de la réception. Mais il manque encore un élément : la confirmation que les hôtes seront physiquement présents. Une phrase qui dit beaucoup sans tout direC’est précisément ce qui fait le sel de cette communication. Elle est suffisamment affirmative pour rassurer les joueuses et suffisamment imprécise pour ne pas constituer une annonce officielle du retour présidentiel. « Au Cameroun, la politique aime décidément les formulations à double détente. On peut annoncer sans annoncer, confirmer sans localiser et donner rendez-vous sans préciser l’heure », observe un analyste politique .Pour beaucoup de Camerounais anonymes, la question est finalement moins philosophique : Paul Biya est-il à Yaoundé ? Les informations publiques disponibles ne permettent pas, à ce stade, de répondre oui avec certitude. Les autorités ont seulement indiqué qu’il rentrerait prochainement. Alors, que faut-il retenir du message de Rabat ?Que le pouvoir veut déjà écrire la dernière page de la CAN : les Lionnes rentrent avec la Coupe et sont reçues à Yaoundé par le couple présidentiel. Pour le reste, le scénario comporte encore une petite inconnue. Les Lionnes doivent ramener la Coupe. Paul Biya, lui, doit peut-être simplement ramener sa présence à Yaoundé. Et voilà comment, au détour d’un message de soutien au football féminin, le trajet Rabat-Yaoundé est devenu, presque malgré lui, une question d’État. Jean-René Meva’a Amougou

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Saison des pluies : A qui peut le mieux se préparer

Le retour des pluies pour l’année 2026, apporte son lot de bienfaits, mais aussi d’inquiétudes. Notamment dans un contexte très souvent marqué par des épisodes variantes d’inondations. Dans la Sanaga Maritime, l’heure est à la prévention. La saison des pluies est désormais une réalité au Cameroun. L’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) est de fait entré en mode vigilance depuis le mois de novembre notamment. Notamment pour ce qui concerne les régions du Littoral, Sud-Ouest, Ouest, Nord-Ouest, Adamaoua, Nord, Extrême-Nord, où des «pluies torrentielles occasionnelles et successives de longue durée, associées à des problèmes de drainage, à des pentes raides et à des sols fortement saturés», suscitent des craintes. A l’occurrence d’inondations et de glissement de terrains auxquels s’ajoutent des vents violents et les orages et éclairs. «Les inondations suite aux pluies intenses, à la bétonisation des quartiers et à l’obstruction des voies de drainage dans certaines localités (Maroua, Limbe, Buea, Bafoussam, Dschang, Boyo, Edéa, Tiko, Yabassi, Bui, Garoua, Douala, Ngaoundéré, etc); des dégâts sur les habitations dus aux vents violents pouvant accompagner de fortes pluies» révèle l’Onacc dans son bulletin décadaire du 11 au 20 août 2026. A en croire l’organisme, des probabilités de risques supplémentaires pourraient concerner l’approvisionnement en eau potable, entrainant de nombreuses maladies hydriques ; ainsi que des risques dans les travaux publics et le transport par le biais de la dégradation des routes en terre et des ouvrages de franchissement de faible capacité.L’alerte n’est pas passée dans les oreilles de sourds. Ce d’autant plus que le pays connait déjà ses premières catastrophe après l’inondation qui a causé la mort de trois personnes à Limbé dans la nuit du 04 au 05 août. Le préfet de la Sanaga maritime (région du Littoral) a pris le taureau par les cornes en suspendant les activités d’exploitation forestières du bois ; ainsi qu’en instruisant la réglementation de la circulation des camions et autres gros porteurs durant le reste de la saison pluvieuse dans sa circonscription. «Les barrières de pluie existantes sur l’ensemble du département seront ainsi réactivées pendant la période indiquée», renseigne l’arrêté préfectoral du 13 août. Les arrondissements ici concernés sont: Edea 1er et 2e, Massok-Songloulou, Mouanko, Ndom, Ngambe, Ngwei, Nyanon et Pouma. Louise Nsana

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CEMAC : la notation financière sort enfin de l’ombre

Il aura fallu attendre neuf mois pour que le verrou saute. Le 7 août 2026, réunie en session ordinaire, la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) a accordé à Geneva Investment Corporation son premier agrément régional d’agence de notation financière. Une décision qui, derrière son apparente technicité, touche à l’un des nerfs du marché : savoir à qui l’on prête, combien le risque coûte et jusqu’où il peut aller. Le précieux sésame, enregistré sous la référence COSUMAF-AGN-01/2026, fait de Geneva Investment Corporation, également présentée sous l’appellation GIC Rating, le premier acteur agréé pour cette activité dans l’espace CEMAC. La demande avait été déposée le 27 octobre 2025 par Serges Mathieu Kombou. Dans une seconde décision prise le même jour, la COSUMAF l’a également agréé comme administrateur directeur général de l’agence. Derrière cette décision, deux mots : risque et confiance. Une agence de notation est chargée d’évaluer la capacité d’un Etat, d’une entreprise ou d’un émetteur à rembourser ses dettes. Pour les investisseurs, cette appréciation constitue un indicateur supplémentaire avant de sortir le carnet de chèques. Pour les émetteurs, elle peut devenir un précieux passeport pour accéder au marché des capitaux. Jusqu’à présent, la CEMAC faisait largement appel aux grandes agences internationales pour ce type d’évaluation. L’arrivée d’un acteur agréé par le régulateur régional change donc la donne. Geneva Investment Corporation pourra noter des entités, des émetteurs, des émissions et des instruments financiers, dans la limite des méthodologies qu’elle aura communiquées à la COSUMAF. Toute nouvelle méthode ou modification substantielle devra être préalablement transmise au régulateur. Remy. Biniou.

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