Nom de l’auteur/autrice :Viviane TCHIAZE

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RDC: pour un sursaut collectif

Le 27 janvier 2025, lorsque j??crivais que Goma serait en grande partie sous le contr?le du M23, une r?bellion soutenue par le Rwanda de Paul Kagam?, un ressortissant de la RDC m?avait accus? de relayer une fausse information et que cela ?tait honteux. Or je ne parlais qu?au conditionnel. Les m?dias africains et occidentaux, que j?ai pu ?couter, hier, 29 janvier, affirment tous que la ville est prise par les rebelles et que, faute de munitions, les soldats congolais ont jet? l??ponge.Que les choses se terminent ainsi, que ce pays-continent, qui a les moyens d??quiper et de bien payer son arm?e, soit humili? de cette fa?on par le petit Rwanda, c’est cela la vraie honte et c?est ce qui fait mal.Le pays, pour lequel le nationaliste Lumumba fut assassin? en 1961, nous l?aimons. Et nous avons toujours condamn? les viols de femmes et les d?placements des enfants et personnes ?g?es qui y ont lieu depuis 1997, tout comme nous condamnons le pillage des minerais de la RDC par Kagam?. Nous croyons que ce pays peut ?viter d’?tre davantage humili?, qu’il peut rena?tre si et seulement si deux conditions sont remplies par lui. Premi?rement, F?lix Tshisekedi doit cesser de parcourir le monde et de demander l?aide des Occidentaux qui soutiennent Kagam?.Secundo, le peuple congolais doit arr?ter de s’?vader dans la sape, la boisson et la danse. Henri Lopes, n? ? L?opoldville (premi?re appellation de Kinshasa) et fils du petit Congo, disait ceci: « ? force de rire et de danser, l?Afrique s’?tait laiss? surprendre par les peuples plus aust?res; elle en avait ?t? d?port?e et asservie. » (cf. « Tribaliques »)Seul un sursaut collectif peut permettre ? la RDC d??chapper ? l?asservissement.Ibrahim Traor?, Assimi Go?ta et Abdourahamane Tiani, on ne les voit pas dans des voyages inutiles. Ils pr?f?rent rester chez eux pour mener le combat contre le terrorisme. En outre, ils ne se sont pas tourn?s vers les pays europ?ens pour obtenir l?appui n?cessaire. Jean-Claude Dj?r?k?

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S?rie sur les h?ros africains?: Jean-Marc Ela, th?ologien insoumis et d?fenseur des pauvres??

Le natif d?Ebolowa ne pouvait qu?irriter le Vatican en faisant valoir que les ?glises africaines pouvaient ?tre autre chose qu?un d?calque du mod?le romain. En effet, il ne sera pas convi? au premier synode sur l?Afrique ? Rome (avril-mai 1994). Le Vatican le percevait, avec Engelbert Mveng, Pierre Meinrad Hebga et Fabien Eboussi, comme un ?th?ologien ? probl?mes?, non parce qu?il enseignait et d?fendait des h?r?sies, mais parce qu?il ?militait pour l?inculturation et l?organisation d’un Concile africain?. La derni?re fois o? j??changeai avec lui, c??tait chez Karthala, notre ?diteur commun, dans le 13e arrondissement de Paris. Nous ?tions en 2003. Notre premi?re rencontre avait eu lieu 20 ans plus t?t au noviciat j?suite situ? ? l??poque ? Nkoabang, pr?s de Yaound? (Cameroun). Ce jour-l?, Jean-Marc Ela nous avait longuement parl? de Tokomb?r? o? il avait d?barqu? en 1971. Simon Mpeke alias Baba Simon y vivait d?ja depuis une dizaine d?ann?es. Ela admirait ? la fois l?esprit missionnaire et le d?pouillement de ce pr?tre bassa de l?archidioc?se de Douala. Il voulait ?partager l’exp?rience de cet homme qui l’avait fascin? quand il ?tait ?tudiant?. Tokomb?r? ?tait appel? ?le lieu du combat? parce que la vie y ?tait difficile et parce qu?il fallait se battre sans cesse pour y survivre. Ainsi, Ela lui-m?me ?tait oblig? de lire et d??crire ? la lueur de la lampe temp?te, de dormir dans une petite case. Partager la vie difficile des paysans kirdis lui donna l?occasion de voir les cons?quences des plans d?ajustement structurel impos?s par le Fonds mon?taire international aux pays africains dans les ann?es 1980 ainsi que les ravages du n?o-lib?ralisme car ces paysans ?taient ?contraints d?arracher les tiges de mil qui commencent ? pousser pour semer le coton?. Cela lui permit aussi de constater que le ?monde d?en-bas?, loin d??tre passif, invente des pratiques sociales novatrices adaptatives pour ne pas crever de faim et dispara?tre? (cf. ?Quand l??tat p?n?tre en brousse. Les ripostes paysannes ? la crise?, Paris, Karthala, 1990). De tous les ouvrages ?crits par Ela pendant son s?jour ? Tokomb?r?, ?Le cri de l?homme africain? (1980) est, de mon point de vue, celui qui d?crit le mieux les souffrances du monde paysan. Pour Ela, l??glise en Afrique, en plus de g?rer des ?coles et dispensaires, de cat?chiser, de baptiser, de marier et de confesser, devrait prendre la d?fense des petits et des faibles, d?noncer et combattre le syst?me n?olib?ral qui appauvrit et clochardise des millions de personnes dans un continent qui poss?de pourtant toutes sortes de richesses. Pour lui, la religion, loin de se r?duire ? une relation avec le surnaturel, est ?une force sociale [dans laquelle] l?homme peut puiser des possibilit?s contestatrices de l?ordre ?tabli?. Il ?tait contre le cl?ricalisme qui r?serve au pr?tre le pouvoir de dire la messe, de confesser, etc. Pourquoi? Parce que, dans les premiers si?cles, des la?cs ?taient responsables de communaut?s ou pr?sidaient l?Eucharistie. Ela souhaite que cette possibilit? soit offerte en Afrique ? des la?cs estim?s et ayant fait la preuve d?un long engagement dans l??glise. Certains se cachent derri?re la tradition pour refuser tout changement dans la doctrine et le fonctionnement de l??glise, comme si la tradition ?tait quelque chose d?immuable et d?intouchable. La ?th?ologie sous l?arbre? d?Ela, qui est ?un va-et-vient entre la r?flexion et la pastorale des mains sales?, soutient au contraire que la vraie tradition est vivante et non fig?e, qu?elle n?a rien ? voir avec l?enfermement dans les cl?tures dogmatiques. En d?autres termes, Jean-Marc Ela remet en cause les concepts, institutions, structures, mod?les et traditions des ?glises d?Occident. Pour lui, il est n?cessaire et urgent de ?sortir d?une religion toujours plus ou moins model?e par une civilisation de conqu?te, qui domine les autres, qui se croit unique, de lib?rer le christianisme de cet encombrement qui risque d?emp?cher son incarnation dans la culture et l?humanit? de l?homme africain? (https://www.cath.ch/ newsf/apic-interview-28/). Le natif d?Ebolowa ne pouvait qu?irriter le Vatican en faisant valoir que les ?glises africaines pouvaient ?tre autre chose qu?un d?calque du mod?le romain. En effet, il ne sera pas convi? au premier synode sur l?Afrique ? Rome (avril-mai 1994). Le Vatican le percevait, avec Engelbert Mveng, Pierre Meinrad Hebga et Fabien Eboussi, comme un ?th?ologien ? probl?mes?, non parce qu?il enseignait et d?fendait des h?r?sies, mais parce qu?il ?militait pour l?inculturation et l?organisation d’un Concile africain?. Au grand dam des autorit?s vaticanes, Ela, Hebga et Mveng participeront n?anmoins ? un synode parall?le gr?ce au SEDOS (Service of documentation and study on global mission). Au cours de ce contre-synode, les trois th?ologiens d?fendent unanimement ?l’option selon laquelle la d?mocratisation et l’instauration de l’?tat de droit en Afrique sont la nouvelle route de l’?glise?. Ela pense que le th?ologien africain doit parler de Dieu ? partir du lieu o? la Parole de Dieu le trouve. Et il ajoute: ?L’Afrique est un v?ritable p?le de la r?v?lation, un lieu o? Dieu parle ? l’?glise et au monde. J’ai pris conscience de l’insignifiance du christianisme occidental pour l’homme africain. Ce christianisme est int?gr? ? un syst?me de domination dans lequel Dieu risque d’?tre captur? par les forces qui nous oppriment. Or il faut que Dieu soit Dieu et, pour qu’il en soit ainsi, il faut que Dieu soit lib?r? de cette captivit?. Autrement dit, ma th?ologie prend pour point de d?part le fait que l’?vangile ne peut r?ellement ?tre une force de lib?ration que si on le d?gage du christianisme occidental fondamentalement associ? ? un syst?me de domination depuis la conversion de l’Empereur Constantin?. Il y a ainsi, chez Jean-Marc Ela, la pr?occupation d?une double lib?ration : lib?ration des structures qui affament et oppriment l?Africain en interne et lib?ration de la d?pendance occidentale. Parce qu?Ela parle de lib?ration, certains en ont h?tivement conclu qu?il avait ?t? influenc? par la th?ologie de la lib?ration dont les grandes figures en Am?rique latine sont le P?ruvien Gustavo Guttierrez, les Br?siliens Hugo Assmann, Leonardo Boff et Clodovis Boff, les Nicaraguayens Ernesto et Fernando Cardenal, l?Uruguayen Juan-Luis Segundo et les Salvadoriens Ignacio Ellacuria et John Sobrino. ? ceux

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RCA : les activit?s paralys?es ? Obo suite ? l’arrestation de miliciens accus?s de meurtre

Les activit?s ?taient paralys?es mardi ? Obo, chef-lieu de la pr?fecture du Haut-Mbomou dans l’est de la Centrafrique, par les protestations d’une milice locale, a-t-on appris de sources locales concordantes. Apr?s l’arrestation de miliciens du groupe Azand? Ani Kpi Gb? (AAKG) soup?onn?s d’avoir tu? au moins 13 civils et bless? plusieurs autres le 22 janvier dernier, d’autres membres du groupe ont forc? les habitants ? cesser leurs activit?s pour revendiquer la lib?ration de ces miliciens. « Plusieurs civils ont ?t? tu?s et d’autres bless?s dans une attaque men?e par certains ?l?ments de cette milice locale la semaine derni?re. Suite ? cet assassinat, certains leaders de cette milice ont ?t? arr?t?s et transf?r?s ? Bangui, capitale centrafricaine, pour n?cessit? d’enqu?te. Leurs fr?res d’armes ont protest? pour revendiquer leur lib?ration », a-t-on indiqu? de source polici?re. Cette information a ?t? confirm?e par une radio locale qui a inform? que la protestation de ces hommes arm?s dans la ville d’Obo poussait les habitants ? rester ? leur domicile paralysant les activit?s. Jointes au t?l?phone, les autorit?s locales ont confirm? aussi cette information, mais refusent par ailleurs de se prononcer. BANGUI, 29 janvier (Xinhua)

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Cameroun: un conteneur tombe et tue deux personnes dans la capitale

Un accident de la circulation a fait deux morts et deux bless?s mercredi ? Yaound?, capitale camerounaise, rapporte des sources concordantes. Mercredi en d?but d’apr?s-midi au carrefour Meec, un quartier populaire de Yaound?, une semi-remorque transportant un conteneur a perdu le contr?le, provoquant la chute de sa cargaison sur un taxi avec quatre passagers ? bord. Deux femmes ont perdu la vie sur le coup, tandis que deux autres personnes, dont un enfant de sept ans, ont surv?cu. Le chauffeur du taxi, rescap?, se trouve dans un ?tat pr?occupant. Cet accident rappelle un drame similaire survenu en octobre 2024 ? Don Bosco, quartier Mimboman, o? la chute d’un conteneur avait caus? la mort de trois personnes. YAOUNDE, 29 janvier (Xinhua)

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RDC: le pr?sident promet « une riposte vigoureuse » face aux avanc?es de la rebellion

Le pr?sident de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC) F?lix Tshisekedi a promis mercredi soir « une riposte vigoureuse » face aux avanc?es de la rebellion du Mouvement du 23 mars (M23). « Une riposte est en cours » pour reconqu?rir chaque parcelle de notre territoire, a assur? le pr?sident congolais dans son adresse ? la nation, se r?f?rant aux avanc?es du M23 qui a annonc? avoir pris le contr?le de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu (est), un centre urbain r?gional. Selon lui, la RDC reste ?galement engag?e sur le front diplomatique, notamment dans le « Processus de Luanda », un m?canisme de paix initi? et dirig? par le pr?sident angolais Joao Louren?o, que Tshisekedi a rencontr? dans la journ?e lors d’une visite ? Luanda, capitale angolaise. Le pr?sident a appel? ? l’unit? de tous les Congolais, promettant de r?duire le train de vie de l’Etat pour financer les op?rations militaires. « La RDC ne reculera jamais. Je vous fais le serment, je ne vous abandonnerai jamais. » Depuis dimanche soir, des hostilit?s violentes ont ?t? observ?es dans toute la ville de Goma, qui compte environ un million d’habitants, dont plus de 700.000 d?plac?s internes vivant en p?riph?rie dans des conditions d?j? difficiles. Selon des sources de la mission de maintien de la paix de l’ONU, le groupe rebelle a pris lundi le contr?le de plusieurs installations importantes, notamment l’a?roport, le port et une base locale de l’arm?e congolaise. Selon des sources locales, le M23 a avanc? vers la province voisine du Sud-Kivu (est). KINSHASA, 29 janvier (Xinhua)

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?La France a sensiblement contribu? ? ?touffer les tentatives des arm?es des pays de la Cemac de construire des outils nationaux de s?curit? et de d?fense v?ritablement ind?pendants?

Au d?tour d?une analyse sur le classement 2024 de Global Fire Power, le g?ostrat?ge tchadien jette un regard global sur les arm?es de la zone Cemac. Global Fire Power vient de publier un classement des arm?es dans le monde. Quel commentaire cette publication vous inspire-t-elle?Comme observateur, je constate que le podium n?a pas presque pas boug? depuis 2011. Les m?mes pays y r?gnent. Cela est vrai en Afrique et ailleurs. Maintenant, on peut questionner la m?thodologie, et surtout la transparence des donn?es utilis?es par Global Fire Power Index. Un tel constat se v?rifie par exemple au niveau des d?penses militaires. On ne sait pas, par exemple, comment Global Fire Power r?ussit ? obtenir les vrais chiffres des arm?es africaines au sein desquelles tout est tabou ou presque. Mais, ce classement sert au moins de base d?analyse ? divers niveaux. Vous parlez de la transparence qui est discutable. Ne pensez-vous pas que cela est d? au principe de la souverainet? des pays?Arm?es et souverainet? sont des concepts li?s depuis la nuit des temps car l?arm?e repr?sente la force dont se sert le pouvoir politique pour faire appliquer la souverainet?. Il convient, ? cet effet, de rappeler que le secret de la d?fense nationale est un r?gime de protection d?informations dont la divulgation serait de nature ? nuire ? la d?fense nationale. Quand on parle de secret de la d?fense nationale, il ne faut pas comprendre d?fense nationale comme exclusivement d?fense militaire avec tout ce qui va avec, notamment les d?penses, les ressources humaines et des ?quipements. Pour dire les choses de fa?on relativement th?orique, ce secret est davantage maintenu dans nos pays africains. A propos des pays africains justement, quel regard jetez-vous sur la configuration des arm?es des pays de l?espace CEMAC plus sp?cifiquement? Chacune de ces arm?es est-elle ?une et indivisible??Je crois important de revenir sur le fait que souvent, en Afrique, quand on mobilise la notion de d?fense, on m?lange r?gime en place et nation. Comme je l?ai d?j? ?voqu?, certains gouvernants ont fait le choix de d?velopper des unit?s sp?ciales, dont la vocation exclusive est la d?fense du r?gime en place. C?est ce que j?appelle le syst?me des gardes pr?toriennes, et j?ai d?j? d?crit les effets n?gatifs de tels choix. J?ajoute qu?il est essentiel de s?interroger sur les raisons de ces choix car, pour le coup, ils sapent l?id?e m?me d?arm?e nationale, dont la question de l?(in)d?pendance ne se pose m?me plus. Dans ces conditions, on peut comprendre le sentiment de m?fiance que tout dirigeant peut entretenir vis-?-vis de son arm?e nationale. La protection de son r?gime pouvant le conduire ? restreindre volontairement les moyens d?volus ? son arm?e, et donc ? l?affaiblir ou ? tout le moins ? ne pas la renforcer, en promouvant plut?t ces fameuses unit?s sp?ciales au service exclusif de sa protection et de celle de son r?gime. Les exemples sont connus et d?ailleurs souvent encourag?s par des pays ext?rieurs qui, au nom d?une sacro-sainte stabilit? politique ? pr?server, pr?f?rent aider un r?gime en place ? se maintenir ind?finiment plut?t que de prendre le risque de voir surgir un nouveau r?gime, dont on ne sait rien. On parle tr?s souvent de d?pendance des arm?es africaines ? l??gard de l?ext?rieur. Pensez-vous que c?est le cas dans la zone CEMAC?Je consid?rerai d?abord la plupart des pays de la CEMAC comme des ex-colonies fran?aises, qui ont longtemps v?cu dans une forte relation de d?pendance ? l??gard de l?arm?e fran?aise. Une d?pendance certes issue de choix politiques, mais qui a eu une influence tr?s forte sur le devenir de ces arm?es, qui restent pour beaucoup peu s?res d?elles-m?mes, manquant de confiance. Cela est vraiment sp?cifique des ex-colonies fran?aises et s?explique notamment par l?histoire, car il faut se rappeler qu?au plan s?curitaire, au moment de l?av?nement des ind?pendances, le monde vivait ce qu?on appelait la guerre froide, qui voyait l?affrontement de deux blocs repr?sent?s quasiment partout sur la plan?te. Or, il se trouve qu?en Afrique centrale, la France fut le seul pays ex-colonisateur ? ?tre rest? militairement pr?sent, ? la demande des pays. Bases pr?-positionn?es, coop?rants militaires en position de substitution et pr?sents en nombre, stages multiples et souvent tr?s longs de cadres militaires de tous niveaux en France? Dans la zone CEMAC qui vous int?resse, la coop?ration militaire fran?aise a ?t? tr?s active pendant les trente premi?res ann?es des ind?pendances, coordonn?e par une direction tr?s pesante au sein du minist?re de la Coop?ration. C??tait le temps de la France ?gendarme de l?Afrique?, comme on l?appelait alors, ?tant la seule pr?sente pour d?fendre les int?r?ts du monde libre face aux vell?it?s du camp sovi?tique. Or, il est clair que la permanence d?une pr?sence militaire massive, multiforme et pesante, a sensiblement contribu? ? ?touffer les tentatives des arm?es des pays de la CEMAC de construire des outils nationaux de s?curit? et de d?fense v?ritablement ind?pendants. Cela est d?autant plus vrai que la plupart des pays concern?s n??taient pas pr?ts en 1960 et pouvaient difficilement, sans exp?rience, sans formation et sans moyens, se lancer dans la construction d?une arm?e nationale. Cela a non seulement frein? l??mergence de l?outil, mais aussi influenc? les choix structurels qui ont alors pr?sid?s ? la formation d?embryons d?arm?es. C?est ainsi le choix du mod?le ? la fran?aise qui a presque toujours pr?valu, et qui, avouons-le, n?a pas toujours ?t? des plus heureux, ?tant souvent peu adapt? aux situations et aux milieux des pays de la CEMAC. De fait, le degr? de d?pendance est rest? longtemps tr?s fort pour ces arm?es, ce qui explique pas mal de choses aujourd?hui. Ainsi, et ? l?aune de mon exp?rience, il y a pour moi une nette diff?rence, en termes d?esprit d?ind?pendance et de confiance interne, entre les arm?es qui ont d? prendre en main leur destin au lendemain des ind?pendances, et celles qui ont ?t? je crois brid?es par un assistanat trop lourd et de trop longue dur?e. La mondialisation a depuis rebattu, ou multipli? les cartes et de nouveaux acteurs en Afrique centrale, o? certaines puissances se positionnent

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Classement 2024 de Global Fire Power : pourquoi le Tchad m?ne-t-il les troupes en zone Cemac?

?Quand il s?agit de faire la guerre les Tchadiens comptent vraiment parmi les meilleurs en Afrique centrale?. Jusqu?ici, les adversaires de cette boutade ne sont pas d?sign?s. Tout au plus, Global Fire Power vient de la confirmer en d?signant l?arm?e tchadienne comme plus grande puissance militaire de l?espace Cemac. Elle est suivie du Cameroun (19e en Afrique, 104e au monde), du Congo-Brazzaville (26e en Afrique, 122e au monde), du Gabon (32e en Afrique, 132e au monde) et de la R?publique Centrafricaine (34e en Afrique, 137e au monde). Seule la Guin?e ?quatoriale ne figure pas dans ce classementDans son classement 2024 (domin? dans l?ordre par les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l?Inde), la plateforme am?ricaine cr??e en 2006, a utilis? quelques crit?res cl?s (le nombre d??l?ments actifs, le budget consacr? ? la d?fense, l?armement et la disponibilit? du carburant pour les op?rations, entre autres).Tout pour inspirer votre journal. Lequel pr?sente dans ce zoom sa grille de lecture. T?te haute, poitrine bomb?e, le pays du Mar?chal Mahamat Idriss Deby Itno r?v?le, ? sa fa?on, ce qui place son arm?e sur la plus haute marche du podium dress? par la plateforme am?ricaine. Plut?t de s?exprimer ouvertement, les autorit?s de Ndjamena ont fait le choix de passer leurs explications dans la presse. Par tout ce qu’elle induit, l’?motion puise dans le contexte m?me qui l’a provoqu?e. ?Ce classement refl?te sans doute les investissements et efforts du Tchad dans le domaine de la d?fense ces derni?res ann?es?, se vante Alwihda Info. A en croire le g?n?ral Brahim Seid Mahamat, approch? par T?l? Tchad le 22 janvier dernier, ce rang s?appr?cie en termes de cr?dibilit? internationale et d?entrecroisement de certains vecteurs de puissance. ?Le classement de Global Fire Power positionnant le Tchad en t?te des puissances militaires de la CEMAC s’explique par plusieurs facteurs concomitants: un investissement historique dans les capacit?s militaires; un effectif militaire adapt? aux d?fis s?curitaires; une exp?rience op?rationnelle ?prouv?e et un soutien international?, explique le chef d’?tat-major de l’arm?e nationale tchadienne.?tre class? ?premi?re puissance militaire en Afrique centrale?, cela n?est pas secondaire pour l?image du pays. ?Cela est en harmonie avec une diplomatie tchadienne attach?e ? faire entendre sa voix l? o? se joue l?avenir s?curitaire de la sous-r?gion?, commente le politologue tchadien Richard Madjirangue Guerinan, interview? par Tchadinfo. ? grand renfort d’images diffus?es dans d?autres m?dias du pays, Ndjamena justifie son rang de pays le plus puissant militairement d?Afrique centrale. Au cours de l?une de ses ?ditions du journal, Tchadinfo TV montre que ?c’est l’ampleur de son autonomie de d?cision strat?gique qui est mise en valeur dans le classement 2024 de Global Fire Power. Tout le monde se souvient en effet de la d?cision prise par les hautes autorit?s du pays ? se s?parer des Fran?ais ? compter du 31 janvier 2025?. ?C?est simple ? comprendre: Le Tchad militaire ne carbure ni au rapport de force, ni ? la domination, ni ? la hi?rarchie entre les nations, quel que soit leur poids?, signale l??ditorialiste Yannick Yantoingar.Le propos peut ?tre d?velopp? en raisonnant comme le fait Info-Tchad dans son ?dition du 22 janvier 2025. ?Il y a l? ?galement l?occasion, pour Ndjamena, de se penser en tant qu?acteur pertinent dans le registre complexe de la s?curit? en Afrique centrale caract?ris?e par des conflits r?currents et o? le Tchad a pu jouer un r?le important?, ?crit le quotidien tchadien. Une posture qui vient rappeler celle de Moussa Faki, alors ministre tchadien des Affaires ?trang?res et devenu depuis pr?sident de la Commission de l?Union africaine (UA), affirmait ? l??poque: ??Le Tchad, qui ?tait qualifi? il y a quelques ann?es d?Etat n?ant, est non seulement pr?sent, mais il est agissant??. Avec l?index qui vient d??tre attribu? ? l?arm?e de ce pays par Global Fire Power, c?est tout le volume du pass? qui semble faire ?cho ? ce qu??voque la g?ostrat?ge camerounaise Fran?oise Mouyenga. D?apr?s cette derni?re, ?le Tchad a d?velopp?, au fil des d?cennies, un appareil militaire cons?quent. Cet investissement a ?t? motiv? par la n?cessit? d’assurer la s?curit? int?rieure et de faire face aux nombreuses r?bellions qui ont secou? le pays. Le Tchad dispose d’une arm?e dont les effectifs sont relativement importants par rapport ? sa taille et ? sa population. Cette dimension quantitative, combin?e ? une exp?rience op?rationnelle significative, lui conf?re un avantage strat?gique. Les forces arm?es tchadiennes ont ?t? engag?es dans de nombreux conflits, ce qui leur a permis d’acqu?rir une expertise op?rationnelle reconnue. Cette exp?rience combattive est un atout ind?niable dans un environnement r?gional marqu? par des instabilit?s persistantes?. Il y a quelques ann?es, un rapport de International Crisis Group publi? en janvier 2021 disait presque la m?me chose: ?l?arm?e tchadienne, souvent sollicit?e par ses voisins et les partenaires occidentaux, est une pi?ce maitresse du dispositif contre le terrorisme au Sahel. Longtemps consid?r? comme un pays pauvre sans r?elle influence r?gionale et en proie ? des r?bellions, le Tchad a pris une stature nouvelle sur la sc?ne africaine au cours de la d?cennie ?coul?e. Il doit ce regain d?influence avant tout ? sa capacit? ? d?ployer son arm?e sur les th??tres d?op?rations ext?rieurs pour combattre les mouvements jihadistes au Sahel et au lac Tchad?. Jean-Ren? Meva?a Amougou Si l?on en croit bon nombre d?observateurs avis?s des arm?es des pays de la zone Cemac, deux pr?occupations oppressent particuli?rement les esprits: les effectifs et les ?quipements. Cela transpara?t ?galement au terme de l?exploitation des donn?es rendues publiques par la Global Fire Power. D?apr?s la plateforme am?ricaine, la R?publique d?mocratique du Congo, de Tchad et le Cameroun, les trois leaders de la sous-r?gion cumulent un total de 239 830 personnels actifs. Ce qui est largement en de?? des performances en la mati?re des Etats-Unis; lequel Etat mobilise une main d??uvre active de 1 328 000 ?l?ments actifs.La qualit? de l?artillerie dans des Etats ne porte pas ? plus d?optimisme quant ? la capacit? des arm?es ? d?fendre. Sur la question, Global fire power rel?ve p?le-m?le la quasi indisponibilit? des r?serves de carburant pour assurer les op?rations militaires en temps voulu; les faiblesses

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Postes et t?l?communications:le Cameroun et ses 6 priorit?s de 2025

Ils ont ?t? d?voil?s ? Yaound?, le 23 janvier dernier par Mme Minette Libom Likeng. La t?te froide et les pieds sur terre. Aux journalistes qui veulent savoir quelle est la feuille de route du Minpostel pour 2025, Mme Minette Libom Likeng relie entre eux plusieurs domaines pour faire part des objectifs strat?giques arr?t?s lors des r?centes consultations nationales organis?es du 21 au 23 janvier 2025. ?Les actions majeures propos?es concernent les six principaux axes d?intervention qui sont: la r?gulation des activit?s et le d?veloppement des infrastructures postales; la r?glementation et la r?gulation des communications ?lectroniques; la connectivit? et l?am?lioration de l?acc?s aux services; la cybers?curit? et la protection des donn?es; la promotion de l?innovation et l?entreprenariat; la formation et le d?veloppement des comp?tences?, liste-t-elle. Il se d?gage, ? l?issue de cette ?num?ration, un patchwork d?action dans lequel il est ?vident de d?gager quelques lignes directrices. 1- Dans le domaine de la r?gulation et du d?veloppement des activit?s postales Au cours de l?ann?e 2025, la Minpostel entend finaliser les ?tudes relatives ? la mise en place d?un hub sous r?gional de e-commerce ainsi que d?un outil de suivi et de contr?le des activit?s des op?rateurs. A ce sujet, Mme Minette Libom Likeng reprend ? son compte les arguments selon lesquels le e-commerce est un facteur de r?ussite des politiques de vulgarisation des TIC dans la mesure o? il servirait ? viabiliser les activit?s postales. 2- Dans le domaine de la r?glementation et de la r?gulation des communications ?lectroniquesSelon la Minpostel, un point d?honneur sera mis sur ?la finalisation de l??laboration d?un nouveau cadre r?glementaire notamment en mati?re de communications ?lectroniques, de fourniture de service internet par satellite et de cybers?curit?, plus adapt? ? l??volution du secteur, la finalisation de l??laboration du projet de cahier des charges pour l??tablissement et l?exploitation des r?seaux de communications ?lectroniques de 5?me G?n?ration (5G)?. Dans cette vision, le membre du gouvernement insiste sur un certain nombre de d?tails: ?Pour ce qui est sp?cifiquement de l?am?lioration de la qualit? de service, la r?alisation des audits, l?optimisation des contr?les cibl?s sur le terrain, avec des sanctions en cas de manquement, le renforcement des outils de r?gulation afin de r?pondre aux d?fis pos?s par les nouveaux mod?les ?conomiques et technologiques?. 3- Connectivit? et am?lioration de l?acc?s aux servicesIl s?agira entre autres, du renforcement de 13 la collaboration entre les acteurs du secteur, en vue du partage des infrastructures, de l?extension de la couverture r?seau, en particulier dans les zones rurales et sur les march?s marginaux, en tirant parti des infrastructures existantes, du contr?le du respect scrupuleux des dispositions des cahiers de charge par les op?rateurs, notamment en mati?re de couverture, d?am?lioration de la qualit? de service?. 4- Cybers?curit? et protection des donn?esAu Minpostel, indique la ministre, 2025 est plac?e sous le signe de ?l?intensification des campagnes de promotion de la culture de cybers?curit? et ? l?usage responsable des r?seaux sociaux, l??laboration d?un plan d?actions national de protection des enfants en ligne, le renforcement des capacit?s mat?rielles du CIRT de l?ANTIC, le d?ploiement des dispositifs de surveillance et de protection contre les attaques des infrastructures critiques?. 5- Promotion de l?innovation et l?entrepreneuriatAvec le concours de tous les acteurs int?ress?s par ce th?me, le Minpostel envisage la possibilit? d?offrir des plateformes pour les d?veloppeurs et les entrepreneurs, mener une ?tude sur les m?canismes de financement des startups. 6- Formation et d?veloppement des comp?tencesCelle-ci, explique Mme Minette Libom Likeng, concerne tous les acteurs, notamment dans le secteur public, avec la formation des responsables dans les domaines technologiques innovants, le renforcement des partenariats avec les autres institutions de formation et les entreprises du secteur, pour am?liorer la formation professionnelle, le renforcement des capacit?s techniques de SUP?PTIC. ExhortationC?est pourquoi le th?me de la gouvernance est pris au Minpostel comme un puissant outil de d?cision et d?action. Et ?tant donn? la complexification toujours plus grande des probl?mes ? r?soudre, Mme Minette Libom Likeng sugg?re des formules souples de coop?rations impliquant divers acteurs. ?La mission qui nous attend au cours de l?ann?e 2025 est immense. J?invite donc l?ensemble des personnels du Minpostel, l?ensemble des structures sous tutelle ? redoubler d?ardeur et d?abn?gation pour nous permettre de relever ces importants d?fis et r?pondre aux attentes plac?es en notre secteur. J?invite ?galement tous les acteurs du secteur priv? ? continuer ? soutenir l?action du Gouvernement, pour contribuer plus activement ? la croissance du secteur et au-del?, ? l??mergence du Cameroun ? l?horizon 2035. ?Je sais pouvoir compter sur votre contribution pour y parvenir. Maintenons le cap et cultivons chacun dans l?exercice de ses fonctions, un esprit de coh?sion et de solidarit?. Cultivons l?excellence dans le travail. C?est ? ce prix que notre D?partement jouera pleinement sa partition dans l?action gouvernementale. En ce qui me concerne, les actions n?cessaires seront engag?es en vue de l?am?lioration des conditions de travail et de solutions appropri?es, dans la limite des moyens disponibles, aux difficult?s de fonctionnement que nous rencontrons?, a-t-elle exhort?. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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S?rie sur les h?ros africains?: Bernard Binlin Dadi?, niet au diktat de la France

Le jeune Dadi? se heurte vite au complexe de sup?riorit? du Blanc. Il ne comprend pas que ce dernier veuille remplacer la culture africaine par la culture occidentale. ? l?Institut fondamental d?Afrique noire de Dakar qui l?emploie comme biblioth?caire-archiviste pendant dix ans (1937-1947), il est confront? au m?me m?pris. Pire encore, il est t?moin du massacre des tirailleurs africains au camp de Thiaroye, le 1er d?cembre 1944.  ?Le travail et, apr?s le travail, l?ind?pendance, mon enfant. N??tre ? la charge de personne, telle doit ?tre la devise de votre g?n?ration. Et il faut toujours fuir l?homme qui n?aime pas le travail?. Lorsque Bernard Binlin Dadi? alias Climbi? entendait ces paroles de l?oncle N?Dabian dans le roman ?ponyme, il ?tait loin d?imaginer qu?il aurait ? mener un jour, avec d?autres, le combat pour l?ind?pendance de son pays. Nous sommes dans les ann?es 1920 et Dadi? n?a que 4 ans. La C?te d?Ivoire et d?autres pays de l?Afrique francophone subissent les affres de la colonisation. Gabriel Angoulvant, Jean-Baptiste Chaudi?, Pierre Savorgnan de Brazza et d?autres gouverneurs fran?ais r?gnent en ma?tres absolus sur les populations africaines. Que ce soit ? Grand-Bassam pendant ses ?tudes primaires ou ? l??cole normale William Ponty de Gor?e (S?n?gal), l? o? ?taient form?s les futurs cadres de l?Afrique occidentale fran?aise, le jeune Dadi? se heurte vite au complexe de sup?riorit? du Blanc. Il ne comprend pas que ce dernier veuille remplacer la culture africaine par la culture occidentale. ? l?Institut fondamental d?Afrique noire de Dakar qui l?emploie comme biblioth?caire-archiviste pendant dix ans (1937-1947), il est confront? au m?me m?pris. Pire encore, il est t?moin du massacre des tirailleurs africains au camp de Thiaroye, le 1er d?cembre 1944. 70 anciens prisonniers de la Seconde Guerre mondiale sont tu?s ce jour-l? par des gendarmes fran?ais. Leur crime? Avoir os? r?clamer le paiement de leur solde. De retour dans son pays, Bernard Dadi? milite dans le Rassemblement d?mocratique africain (RDA) de F?lix Houphou?t-Boigny. Malheureusement, il est incarc?r? en 1949. Pendant seize mois, il s?journe dans la prison de Grand-Bassam en m?me temps que Mathieu Ekra, Jacob William, Jean Baptiste Mockey, Ladji Sidib?, Alloh J?r?me, Jacob Williams, Paraiso. En prison, il note tout ce qui lui vient en t?te dans un journal qui sera publi? en 1981 sous le titre ?Carnets de prison? dont un extrait dit ceci: ?Une voix partie d?une force homicide, dit: tuez-les, comme cela le monde sera libre. Tuez-les, comme cela nous pourrons dig?rer en paix.? Pourquoi Dadi? fut-il emprisonn?? Parce qu?il avait d?nonc? l?exploitation dont les paysans ivoiriens ?taient victimes, parce qu?il avait protest?, dans ses ?crits, contre le caf?, le cacao et la cola achet?s ? un prix d?risoire par le colon. Celui-ci estimait, pour sa part, que Dadi? ?tait un antifran?ais, qu?il s??tait retourn? contre la France qui l?avait form?, qu?il semait le d?sordre, qu?il poussait les indig?nes ? la r?volte, bref que ses articles et discours ?avaient excit? les paisibles paysans qui maintenant refusaient de vendre leurs produits?. Le natif d?Assinie a beau ne pas avoir droit, dans cette prison, ?au lit, au couvert, au repas venu de l?h?tel mais ? la natte, ? la vieille gamelle rouill?e et sale, au repas infect cuit dans un f?t d?essence au coucher de dix-sept heures?, il croit dur comme fer qu?on ?ne peut l?emp?cher de penser ce qu?il pense, de penser que l?homme a droit ? un minimum de bien-?tre, un minimum de libert?, de s?curit?, sans lequel il ne pourra jamais s??panouir?. Pour lui, si le Blanc refuse la libert? et la s?curit? au Noir, c?est parce que, ?dans le bureau o? je travaille avec d?autres Africains, beaucoup d?Europ?ens viennent, regardent, tournent, se retournent, puis repartent d??us, disant: Il n?y a personne?. C?est un des passages que j?aime beaucoup dans le r?cit autobiographique ?Climbi?? (Ed. Seghers, 1956). Pourquoi ? Parce que l?Occident, ? mon avis, continue de penser qu?il n?y a personne en Afrique, ce qui n?est pas totalement faux. Sinon, comment comprendre qu?il se comporte r?guli?rement en Afrique comme bon lui semble sans que nous ne r?agissions comme Isra?l sait si bien le faire quand il est attaqu?? Notre passivit?, notre tendance ? nous r?signer facilement et notre manie de nous d?fausser au moyen de formules aussi stupides que ?? Dieu la vengeance et la r?tribution? ne le confortent-elles pas dans l?id?e qu?il n?y a personne en Afrique et que, quoi qu?il fasse contre les Africains, il n?y aura aucune sanction contre lui? Le 26 juillet 2007, ? Dakar, Sarkozy nous insulta en d?clarant ex cathedra que l?homme africain n??tait pas assez entr? dans l?Histoire mais il n?y avait personne dans la salle de l?universit? Cheikh Anta Diop pour le contredire, s?ance tenante. En 2011, Mouammar Kadhafi fut abattu comme un chien dans un pays d?truit par les bombes de l?OTAN et il n?y eut personne pour riposter. L?arm?e fran?aise commit des massacres en C?te d?Ivoire en 2004, puis en 2011 mais il n?y eut personne pour porter plainte contre elle. Le Togolais Sylvanus Olympio fut assassin? le 13 janvier 1963, parce qu?il voulait sortir du franc CFA, le Malien Modibo Ke?ta qui pr?nait le non-alignement ? l?ext?rieur et un mod?le de d?veloppement socialiste sur le plan local fut renvers? le 19 novembre 1968, le Burkinab? Thomas Sankara perdit la vie dans un coup d??tat le 15 octobre 1987, parce qu?il refusait de faire all?geance aux gouvernants fran?ais et il n?y eut personne pour que justice leur soit rendue. Si Dadi? ?tait encore en vie, je suis certain qu?il aurait remerci? et f?licit? les autorit?s judiciaires maliennes d?avoir convoqu? ? Bamako Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires ?trang?res de la France, pour atteinte aux biens publics. C?est en 1960 que la C?te d?Ivoire devint ?ind?pendante?. 17 ans plus tard, Dadi? est nomm? ministre de la Culture. Il occupe cette fonction pendant 9 ans. Son d?part du gouvernement est un soulagement pour lui. Il faut dire que, apr?s le d?sapparentement du Parti d?mocratique de C?te d?Ivoire (PDCI) avec le parti communiste fran?ais en octobre

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RDC : le pr?sident Tshisekedi absent ? la r?union de crise de l’EAC sur fond de perc?e de la r?bellion

Le pr?sident de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC), F?lix Tshisekedi, ne participera pas ? la r?union de crise pr?vue ce mercredi ? l’initiative de son homologue k?nyan, William Ruto, concernant la situation s?curitaire dans l’est de la RDC, ont rapport? mercredi des m?dias locaux, citant des sources au sein de la pr?sidence. M. Tshisekedi « suit de pr?s l’?volution de la situation ? l’est du pays. Toutefois, il n’a pas pr?vu de participer ? la r?union convoqu?e par le pr?sident William Ruto », a annonc? Giscard Kusema, directeur adjoint de la cellule de communication de la pr?sidence de la R?publique. Lundi, M. Ruto avait annonc? que, face ? la situation tendue dans l’est de la RDC, les pr?sidents rwandais Paul Kagame et congolais F?lix Tshisekedi avaient accept? de participer ? un sommet extraordinaire de la Communaut? de l’Afrique de l’Est (CAE) pr?vu mercredi. Les relations entre les deux pays sont fragilis?es par l’avanc?e de la r?bellion du Mouvement du 23-Mars (M23) dans l’est de la RDC, qui a r?cemment dit avoir pris le contr?le de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu et important hub urbain r?gional. La RDC accuse le Rwanda de soutenir les rebelles du M23, tandis que le Rwanda, qui d?ment ces accusations, reproche ? l’arm?e congolaise de soutenir et de collaborer avec les restes des Forces d?mocratiques pour la lib?ration du Rwanda, un groupe accus? d’avoir particip? au g?nocide de 1994 au Rwanda. Mercredi matin, la situation restait incertaine ? Goma, o? des coups de feu ont ?t? entendus. Des sources au sein de la mission de maintien de la paix des Nations Unies ont indiqu? que la fronti?re avec le Rwanda avait ?t? rouverte t?t dans la matin?e. D’autres sources ont affirm? que M. Tshisekedi devrait s’adresser ? la nation ce mercredi. KINSHASA, 29 janvier (Xinhua)

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