Classement 2024 de Global Fire Power : pourquoi le Tchad m?ne-t-il les troupes en zone Cemac?

?Quand il s?agit de faire la guerre les Tchadiens comptent vraiment parmi les meilleurs en Afrique centrale?. Jusqu?ici, les adversaires de cette boutade ne sont pas d?sign?s. Tout au plus, Global Fire Power vient de la confirmer en d?signant l?arm?e tchadienne comme plus grande puissance militaire de l?espace Cemac. Elle est suivie du Cameroun (19e en Afrique, 104e au monde), du Congo-Brazzaville (26e en Afrique, 122e au monde), du Gabon (32e en Afrique, 132e au monde) et de la R?publique Centrafricaine (34e en Afrique, 137e au monde). Seule la Guin?e ?quatoriale ne figure pas dans ce classement
Dans son classement 2024 (domin? dans l?ordre par les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l?Inde), la plateforme am?ricaine cr??e en 2006, a utilis? quelques crit?res cl?s (le nombre d??l?ments actifs, le budget consacr? ? la d?fense, l?armement et la disponibilit? du carburant pour les op?rations, entre autres).
Tout pour inspirer votre journal. Lequel pr?sente dans ce zoom sa grille de lecture.

T?te haute, poitrine bomb?e, le pays du Mar?chal Mahamat Idriss Deby Itno r?v?le, ? sa fa?on, ce qui place son arm?e sur la plus haute marche du podium dress? par la plateforme am?ricaine. Plut?t de s?exprimer ouvertement, les autorit?s de Ndjamena ont fait le choix de passer leurs explications dans la presse. Par tout ce qu’elle induit, l’?motion puise dans le contexte m?me qui l’a provoqu?e. ?Ce classement refl?te sans doute les investissements et efforts du Tchad dans le domaine de la d?fense ces derni?res ann?es?, se vante Alwihda Info.


A en croire le g?n?ral Brahim Seid Mahamat, approch? par T?l? Tchad le 22 janvier dernier, ce rang s?appr?cie en termes de cr?dibilit? internationale et d?entrecroisement de certains vecteurs de puissance. ?Le classement de Global Fire Power positionnant le Tchad en t?te des puissances militaires de la CEMAC s’explique par plusieurs facteurs concomitants: un investissement historique dans les capacit?s militaires; un effectif militaire adapt? aux d?fis s?curitaires; une exp?rience op?rationnelle ?prouv?e et un soutien international?, explique le chef d’?tat-major de l’arm?e nationale tchadienne.
?tre class? ?premi?re puissance militaire en Afrique centrale?, cela n?est pas secondaire pour l?image du pays. ?Cela est en harmonie avec une diplomatie tchadienne attach?e ? faire entendre sa voix l? o? se joue l?avenir s?curitaire de la sous-r?gion?, commente le politologue tchadien Richard Madjirangue Guerinan, interview? par Tchadinfo.


? grand renfort d’images diffus?es dans d?autres m?dias du pays, Ndjamena justifie son rang de pays le plus puissant militairement d?Afrique centrale. Au cours de l?une de ses ?ditions du journal, Tchadinfo TV montre que ?c’est l’ampleur de son autonomie de d?cision strat?gique qui est mise en valeur dans le classement 2024 de Global Fire Power. Tout le monde se souvient en effet de la d?cision prise par les hautes autorit?s du pays ? se s?parer des Fran?ais ? compter du 31 janvier 2025?. ?C?est simple ? comprendre: Le Tchad militaire ne carbure ni au rapport de force, ni ? la domination, ni ? la hi?rarchie entre les nations, quel que soit leur poids?, signale l??ditorialiste Yannick Yantoingar.
Le propos peut ?tre d?velopp? en raisonnant comme le fait Info-Tchad dans son ?dition du 22 janvier 2025. ?Il y a l? ?galement l?occasion, pour Ndjamena, de se penser en tant qu?acteur pertinent dans le registre complexe de la s?curit? en Afrique centrale caract?ris?e par des conflits r?currents et o? le Tchad a pu jouer un r?le important?, ?crit le quotidien tchadien. Une posture qui vient rappeler celle de Moussa Faki, alors ministre tchadien des Affaires ?trang?res et devenu depuis pr?sident de la Commission de l?Union africaine (UA), affirmait ? l??poque: ??Le Tchad, qui ?tait qualifi? il y a quelques ann?es d?Etat n?ant, est non seulement pr?sent, mais il est agissant??. Avec l?index qui vient d??tre attribu? ? l?arm?e de ce pays par Global Fire Power, c?est tout le volume du pass? qui semble faire ?cho ? ce qu??voque la g?ostrat?ge camerounaise Fran?oise Mouyenga. D?apr?s cette derni?re, ?le Tchad a d?velopp?, au fil des d?cennies, un appareil militaire cons?quent. Cet investissement a ?t? motiv? par la n?cessit? d’assurer la s?curit? int?rieure et de faire face aux nombreuses r?bellions qui ont secou? le pays. Le Tchad dispose d’une arm?e dont les effectifs sont relativement importants par rapport ? sa taille et ? sa population. Cette dimension quantitative, combin?e ? une exp?rience op?rationnelle significative, lui conf?re un avantage strat?gique. Les forces arm?es tchadiennes ont ?t? engag?es dans de nombreux conflits, ce qui leur a permis d’acqu?rir une expertise op?rationnelle reconnue. Cette exp?rience combattive est un atout ind?niable dans un environnement r?gional marqu? par des instabilit?s persistantes?.


Il y a quelques ann?es, un rapport de International Crisis Group publi? en janvier 2021 disait presque la m?me chose: ?l?arm?e tchadienne, souvent sollicit?e par ses voisins et les partenaires occidentaux, est une pi?ce maitresse du dispositif contre le terrorisme au Sahel. Longtemps consid?r? comme un pays pauvre sans r?elle influence r?gionale et en proie ? des r?bellions, le Tchad a pris une stature nouvelle sur la sc?ne africaine au cours de la d?cennie ?coul?e. Il doit ce regain d?influence avant tout ? sa capacit? ? d?ployer son arm?e sur les th??tres d?op?rations ext?rieurs pour combattre les mouvements jihadistes au Sahel et au lac Tchad?.


Jean-Ren? Meva?a Amougou

Si l?on en croit bon nombre d?observateurs avis?s des arm?es des pays de la zone Cemac, deux pr?occupations oppressent particuli?rement les esprits: les effectifs et les ?quipements.

Cela transpara?t ?galement au terme de l?exploitation des donn?es rendues publiques par la Global Fire Power. D?apr?s la plateforme am?ricaine, la R?publique d?mocratique du Congo, de Tchad et le Cameroun, les trois leaders de la sous-r?gion cumulent un total de 239 830 personnels actifs. Ce qui est largement en de?? des performances en la mati?re des Etats-Unis; lequel Etat mobilise une main d??uvre active de 1 328 000 ?l?ments actifs.
La qualit? de l?artillerie dans des Etats ne porte pas ? plus d?optimisme quant ? la capacit? des arm?es ? d?fendre. Sur la question, Global fire power rel?ve p?le-m?le la quasi indisponibilit? des r?serves de carburant pour assurer les op?rations militaires en temps voulu; les faiblesses qualitatives et quantitatives des armes. En comparaison avec certaines puissances africaines, des pays comme le Cameroun ne poss?dent que 20 artilleries ? roquettes, l? o? l?Afrique du Sud, t?te de file du continent, en poss?de 101.


Regard
?Souvent, au sein des arm?es des pays de la CEMAC, les forces sont employ?es de fa?on continue dans des environnements et des conditions op?rationnelles extr?mes qui occasionnent une usure accrue et un vieillissement acc?l?r? des mat?riels engag?s, ainsi que des d?t?riorations cons?quentes en nature et en volume. Au-del? de cette r?alit?, les arm?es de nos pays doivent faire face ? d?autres r?alit?s tr?s interd?pendantes qui, elles aussi, ont de fortes cons?quences organisationnelles, fonctionnelles et financi?res. Il faut consid?rer en premier lieu la r?alit? technologique qui voit les ?quipements d?ancienne g?n?ration cohabiter avec les mat?riels de nouvelle g?n?ration. S?ajoute parall?lement une r?alit? humaine, notamment des effectifs dans lesquels on retrouve des personnes avec de faux ?ges?, commente sous anonymat un officier de l?arm?e camerounaise. Il poursuit: ?Au-del? de la prise en compte du besoin de r?g?n?ration des ?quipements rapatri?s des th??tres d?op?rations, certains mat?riels terrestres d?ancienne g?n?ration verront m?me leur existence prolong?e au-del? de 2025. Ils devront donc ?tre soutenus ? hauteur du besoin, sous peine de nouvelle rupture capacitaire. Pour faire face ? cette situation technique complexe, tout en anticipant la prise en compte du soutien des nouveaux ?quipements et de nouvelles recrues, les pays de la CEMAC doivent engager leurs arm?es dans une transformation fonctionnelle et organisationnelle profonde, en s?appuyant sur une vision strat?gique b?tie sur quatre axes de progr?s que sont la gouvernance, la production, l?approvisionnement et les comp?tences?.


Louise Nsana

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut