MATINS DE L’INTEGRATION

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? Figuil et environs: m?me les l?zards ont le dos marbr?

Incursion dans un mus?e ? ciel ouvert, o? chaque pierre raconte une histoire et chaque poussi?re, un effort. Dans le Mayo-Louti (Nord du Cameroun), le marbre n?est pas qu?une pierre : c?est une poussi?re d?identit?. Ici, tout en porte la trace ? les fa?ades, les palmiers, les mobylettes? et jusqu?aux l?zards, qui semblent avoir adopt? la couleur locale au point de se confondre avec les veines blanch?tres des blocs extraits des collines. On dit ? Figuil que ? la nature elle-m?me s?est faite d?coratrice d?int?rieur ?. Et ce n?est pas faux : la lumi?re du soleil joue sur les dalles de marbre comme sur des miroirs, offrant ? chaque regard un ?clat d?orgueil local. Les habitants aiment rappeler que, jadis, Figuil n??tait qu?un point sur la carte, un village perdu entre la brousse et les collines, avant que le marbre ne vienne y planter son drapeau blanc. Depuis, la ville s?est transform?e en une sorte de mus?e ? ciel ouvert, o? chaque pierre raconte une histoire et chaque poussi?re, un effort. Au march?, les discussions tournent souvent autour des carri?res : on commente les prix du bloc, la solidit? du gisement, les contrats ? venir. Certains pr?tendent m?me que le marbre a un caract?re, qu?il ? sent ? celui qui le taille. D?autres y voient une b?n?diction min?rale, une chance tomb?e du ciel, m?me si ce ciel, souvent, est couvert de la brume blanche que les camions soul?vent en partant vers le Sud. Le visiteur distrait pourrait croire ? de la neige : une neige chaude, min?rale, ?ternelle. Elle s?infiltre dans les ruelles, recouvre les feuilles des manguiers, et dessine sur les toits des mosa?ques hasardeuses. C?est ce voile, presque f?erique, qui donne ? Figuil son allure de mirage. Mais ici, le r?ve a l?odeur du diesel et le go?t de la poussi?re : un parfum de travail et de pers?v?rance. Car ? Figuil, le marbre n?est pas qu?un d?cor : c?est une promesse, un combat, une po?sie dure comme la pierre. Au lever du jour, le grondement des engins rompt le silence des monts environnants. Les ouvriers, casques caboss?s et bottes pleines de poussi?re, entament la danse quotidienne du marteau et du burin. Dans les ateliers artisanaux, les ?clats de pierre deviennent musique. Les blocs bruts, encore ti?des de leur extraction, se m?tamorphosent sous des mains patientes. Tables, mortiers, statuettes, plaques fun?raires : tout passe entre les doigts des sculpteurs de Figuil, qui ont fait de la pierre un langage. Hantar, tailleur de marbre depuis vingt ans, aime r?p?ter qu?il a ? plus poli de blocs que de disputes avec sa belle-m?re ?. Et c?est dire. ? Le marbre, c?est comme un enfant t?tu, confie-t-il en riant. Il faut savoir lui parler, le flatter, sinon il casse sous la main. ? ? c?t? de lui, une jeune artisane trace des motifs d?licats sur un plateau de table. Elle sourit sans lever les yeux : ? Ici, on travaille la pierre, mais c?est elle qui nous sculpte, en v?rit? ?. Le travail du marbre, ? Figuil, n?est pas qu?une question de tradition : c?est une question de survie. Car si le gisement est g?n?reux, les conditions locales, elles, le sont beaucoup moins. Les outils sont souvent rudimentaires, les march?s irr?guliers, et les routes de desserte plus caboss?es que les vieilles carrioles qui transportent les blocs. Pourtant, la fiert? ne faiblit pas. ? la moindre pluie, les ouvriers plaisantent : ? Quand il pleut, le marbre se lave tout seul, au moins ?a ?conomise les brosses ! ? G?ant Mais ? l?ombre des collines blanches plane un g?ant gris : Cimencam. L?usine de ciment, implant?e depuis des d?cennies, fait, elle aussi, partie des richesses min?rales de la r?gion. Et la cohabitation n?est pas toujours paisible. ? Disons qu?entre le marbre et le ciment, c?est une vieille histoire de famille : m?me p?re, mais pas le m?me destin ?, ironise un employ? communal. En clair, la grande industrie cimenti?re, dot?e de capitaux colossaux, ?crase souvent le petit artisanat du marbre, condamn? ? briller sans moyens. Les camions de Cimencam passent ? vive allure, soulevant des nuages de poussi?re, pendant que les tailleurs de pierre les regardent filer avec un m?lange d?admiration et de frustration. ? Nous, on fait dans la beaut? ; eux, dans la solidit? ?, glisse Alihou, mi-moqueur, mi-r?sign?. Pourtant, l?un ne va pas sans l?autre. Si le ciment b?tit les murs, le marbre en fait le visage. La commune, consciente de cette dualit?, tente d’?quilibrer les forces. ? L?exploitation artisanale et industrielle du marbre repr?sente pr?s de 40 % des recettes locales ?, explique Moussa Adamou, agent communal. ? Mais il faut que cette richesse profite ? tous, pas seulement aux gros op?rateurs. Nous voulons cr?er une fili?re plus structur?e, attirer des investisseurs et, pourquoi pas, faire de Figuil une r?f?rence africaine du marbre. ? Ce r?ve d?un ?Figuil sur marbre? reste suspendu entre ambition et r?alit?. Car la fili?re artisanale peine encore ? s?organiser. Les coop?ratives naissent, puis s?effritent ; les financements se perdent dans les m?andres administratifs ; les formations techniques, promises ? chaque visite minist?rielle, se font attendre. Pourtant, sur les ?tals du petit march?, les sculpteurs continuent d?exposer leurs ?uvres : lions majestueux, croix fun?raires, vasques brillantes. Certaines pi?ces, polies ? la perfection, rivalisent avec les productions italiennes, du moins jusqu?? ce qu?un client s??tonne du prix. Le marbre, ici, se vend au kilo de patience. Et chaque artisan sait que son plus grand adversaire n?est pas le march?, mais la poussi?re : elle recouvre tout, lentement, m?me les r?ves. Dans les rues, les enfants jouent ? cache-cache entre les blocs de pierre, leurs rires ?clatant comme des coups de burin. Le soir venu, les silhouettes rentrent, couvertes d?une pellicule blanche. On pourrait croire qu?ils sortent d?un conte mythologique : les enfants du marbre, forg?s par la terre et la sueur. Les visiteurs, eux, repartent fascin?s. Certains emportent un petit souvenir ? un presse-papier, un cendrier, une figurine ? en se disant qu?? Figuil,

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Faible niveau de recouvrement de la TCI: la Cemac en panne s?che

Plusieurs experts soulignent que le faible taux actuel de recouvrement de la Taxe communautaire d?int?gration (TCI) contraint la CEMAC ? revoir ? la baisse ses ambitions budg?taires et ? privil?gier une approche plus r?aliste. Les ministres et experts venus des six ?tats membres de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC) ont planch? plusieurs jours durant sur le budget 2026 de l?institution. Sur la table, un chiffre : 85,9 milliards de francs CFA. Derri?re ce montant, une r?alit? plus prosa?que : le faible taux de recouvrement de la Taxe communautaire d?int?gration (TCI), principale ressource de la communaut?. ? La CEMAC avance avec un moteur financier ? demi-plein ?, confie un ?conomiste de la Commission sous couvert d?anonymat. ? Le potentiel de la TCI est immense, mais son rendement reste inf?rieur ? 70 %. Cela signifie que nous fonctionnons chaque ann?e avec pr?s d?un tiers de nos ressources bloqu?es dans les circuits administratifs nationaux ?. Cette taxe, pr?lev?e sur les importations en provenance de pays tiers, devait symboliser la solidarit? communautaire. Mais entre lenteurs bureaucratiques, d?faillances de recouvrement et priorit?s nationales, elle peine ? remplir son r?le int?grateur. Dans certains ?tats, les transferts tardent, parfois de plusieurs mois. D?autres invoquent des difficult?s techniques, des retards comptables ou des tensions budg?taires internes. R?sultat : les projets communs ralentissent, les programmes r?gionaux se mettent en pause, et l?ambition d?une int?gration ?conomique forte se dilue dans les bilans. ? Les ?tats membres ont d??normes contraintes internes, mais ils oublient souvent que la CEMAC, c?est aussi eux ?, note un expert du Fonds de d?veloppement de la communaut?. Selon lui, la faiblesse du recouvrement ne refl?te pas seulement un probl?me financier, mais aussi politique : ? Il manque une volont? partag?e de faire de la TCI une priorit? nationale. ? Le pr?sident de la Commission, Baltasar Engonga Edjo?o, a reconnu la difficult?, tout en appelant ? une approche ? pragmatique ?. Le budget 2026, dit-il, ? prend en compte la r?alit? du recouvrement ?. En d?autres termes, la CEMAC ajuste ses ambitions ? la hauteur de ses moyens. Moins de projets pharaoniques, plus de ciblage, de rationalisation et de contr?le. Pourtant, le contexte r?gional n?aide gu?re. L?instabilit? politique persistante dans certaines zones, la baisse des recettes p?troli?res et la pression sur les monnaies nationales p?sent sur les ?conomies. Plusieurs programmes d?int?gration, notamment dans les infrastructures et la libre circulation, sont ralentis. Les partenaires techniques et financiers appellent ? des r?formes de gouvernance, mais celles-ci tardent ? se concr?tiser. ? L?heure n?est plus aux slogans, mais ? la rigueur ?, tranche un ancien haut cadre de la BEAC. ? Si la TCI ne devient pas une ressource effectivement communautaire, la CEMAC restera d?pendante des bailleurs, et son autonomie financi?re ne sera qu?un mirage ?. Entre les chiffres et les promesses, Brazzaville aura donc servi de miroir ? une int?gration r?gionale encore h?sitante. Les experts ont beau louer la prudence du budget 2026, tous savent que la vraie bataille se joue ailleurs : dans la capacit? des ?tats ? honorer leurs engagements. Tant que la TCI ne remplira pas pleinement le r?servoir, la CEMAC devra avancer au ralenti, frein?e par ses propres lenteurs. R?my Biniou

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Surveillance financi?re: le Cameroun toujours ?pingl? par le GAFI

Le pays vise 2026 pour sortir de la liste grise du gendarme financier international. Entre ombres et lumi?res de la conformit?, le Cameroun s?accorde un dernier souffle avant l??claircie. La sortie de la fameuse liste grise du Groupe d?action financi?re (GAFI), d?abord esp?r?e pour septembre 2025, se voit repouss?e ? fin 2026. Une ann?e suppl?mentaire pour lever les zones d?ombre, renforcer les contr?les et redonner ? la place financi?re nationale un ?clat terni par les lenteurs de la r?forme. S’exprimant r?cemment dans les colonnes du quotidien Cameroon Tribune, Hubert Nd? Sambone, directeur g?n?ral de l?Agence nationale d?investigation financi?re (ANIF), le pays a transmis son cinqui?me rapport de suivi au GAFI. Ce document, cens? marquer l?ach?vement du plan d?action convenu, n?a pourtant pas suffi ? convaincre l?organisation internationale. Sur les 24 recommandations formul?es, 8 seulement ont ?t? jug?es ? largement satisfaites ?. Un score modeste, ? peine 40 %, qui traduit ? la fois des efforts r?els et des r?sistances persistantes. Freins Les difficult?s se concentrent sur trois fronts sensibles : la supervision des professions non financi?res, la r?gulation des organisations non gouvernementales et la transparence sur les b?n?ficiaires effectifs. Trois pierres d?achoppement qui exigent des moyens humains et techniques consid?rables, ainsi qu?une r?elle coordination entre les institutions concern?es. ? Les textes existent, mais la pratique tarde ? suivre ?, confie un banquier de la place, lucide mais inquiet. ?tre sur la liste grise ne signifie pas sanction imm?diate. C?est une surveillance prolong?e, un examen minutieux, presque une probation internationale. Le pays y ?volue comme sous un ciel couvert : pas d?orage, mais pas de soleil non plus. Les partenaires financiers ?trangers observent, mesurent, h?sitent. Les banques correspondantes redoublent de vigilance, les investisseurs se montrent frileux, et les transactions internationales prennent des allures de parcours d?obstacles. ? Cette situation p?se sur la r?putation du Cameroun, d?j? fragilis? par la conjoncture ?conomique ?, souligne un ?conomiste proche du dossier. Dans un monde o? la transparence est devenue la nouvelle monnaie, chaque retard se paie cher. Le pays doit non seulement rassurer le GAFI, mais aussi convaincre les march?s qu?il a tir? les le?ons du pass?. Face ? ces d?fis, Yaound? veut croire ? la renaissance de sa cr?dibilit? financi?re. Le gouvernement promet de renforcer les m?canismes de contr?le, d?am?liorer la coop?ration entre r?gulateurs et d?intensifier la formation des acteurs impliqu?s. Les partenaires techniques, notamment la Banque mondiale et l?Union europ?enne, sont appel?s en appui pour acc?l?rer la cadence. Mais au-del? des chiffres, une autre lecture s?impose : celle d?un pays en qu?te de lumi?re. Sortir de la liste grise, c?est plus qu?une formalit? administrative ; c?est un acte de confiance envers soi-m?me et envers le monde. C?est l?ambition de marcher t?te haute sur les march?s financiers, sans l?ombre d?un soup?on. ? Nous voulons faire du Cameroun une place claire dans un monde de plus en plus exigeant ?, confie un op?rateur financier. Et dans cette promesse, r?sonne un souffle po?tique : celui d?un pays qui veut transformer la contrainte en tremplin, le doute en espoir, et le gris en lumi?re. Si 2026 tient parole, le Cameroun pourra enfin tourner la page, et ?crire, ? l?encre claire, le chapitre d?une cr?dibilit? retrouv?e. Jean Ren? Meva’a Amougou

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Compact ?nerg?tique: entre ambitions lumineuses et zones d?ombre

Le Cameroun s?est fix? une promesse ?clatante : offrir ? tous ses citoyens l??lectricit? d?ici 2030. Ce r?ve, inscrit dans le Compact ?nerg?tique national, se veut le moteur d?une modernisation sans pr?c?dent du r?seau ?lectrique, notamment en milieu rural. Mais derri?re les slogans d?un futur lumineux se cachent des d?fis d?ombre et de chiffres. Sur les 12,5 milliards de dollars n?cessaires, l??tat camerounais ne compte injecter que 13 %, soit 1,625 milliard. Les 6,4 milliards restants devront provenir du secteur priv?. Et c?est l? que la lumi?re vacille : les investisseurs h?sitent. Gouvernance fragile, lenteurs administratives, ins?curit? juridique? autant de freins ? la confiance. ? La rentabilit? d?un projet ?nerg?tique d?pend des r?alit?s locales ?, confie Clarisse Ngatchou, directrice d?une soci?t? solaire. ? Sans garanties solides, ni cadre clair, les investisseurs resteront frileux. Les villages ont des besoins sp?cifiques et des moyens limit?s ; il faut une approche adapt?e. ? Son constat rejoint celui de Jean-Marc Fouda, PDG d?une entreprise de distribution de gaz : ? Nous voulons participer, mais comment ?lectrifier des zones sans routes ni transformateurs ? Avant d?allumer la lampe, il faut construire le poteau ?. Le gouvernement mise sur un partenariat public-priv? dynamique, mais encore faut-il un terrain de confiance. Pour Dr Paul Ongolo, ?conomiste, ? la cl? du succ?s r?side dans la gouvernance. Sans transparence ni s?curit? juridique, les capitaux priv?s resteront ? distance. ? Il plaide pour des m?canismes clairs : gestion rigoureuse des fonds, audits r?guliers, communication honn?te des avanc?es et lutte contre la corruption. Autant de signaux capables d??clairer la route des investisseurs. Le Compact ?nerg?tique est donc bien plus qu?un projet technique : c?est un test politique et moral. L??lectricit? promise ne d?pend pas seulement de c?bles et de turbines, mais de la capacit? du Cameroun ? instaurer la confiance. Car avant de brancher les villages, il faut rallumer la foi des investisseurs. R?my Biniou

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Alvine Kamaha

Son nom r?sonne d?sormais dans les plus grands laboratoires et amphith??tres scientifiques des ?tats-Unis. Professeure de physique ? l?Universit? de Californie, elle vient de d?crocher le prestigieux Prix Edward A. Bouchet, d?cern? par la Soci?t? Am?ricaine de Physique, une distinction qui r?compense l?excellence et l?innovation dans la recherche scientifique. Sp?cialiste de la mati?re noire, ce myst?rieux composant de l?Univers encore largement inconnu, ? ? Docta Kamaha ? consacre sa vie ? percer les secrets de l?infiniment grand. Ses travaux novateurs ne se contentent pas d??largir les fronti?res de la connaissance : ils inspirent des g?n?rations de jeunes scientifiques, au Cameroun comme ? l?international.

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Divulgation des donn?es ITIE: quand l?opacit? nourrit l?in?galit? au Cameroun

Malgr? son adh?sion ? l?initiative ITIE en 2005, le pays peine encore ? assainir son secteur extractif. Au grand dam de la gente f?minine. La vie n?est pas dor?e pour les femmes des localit?s recul?es du Cameroun. S?il est ais? pour le commun des Camerounais de coller cette r?alit? aux cultivatrices, il lui faut gravir bien des degr?s dans l?imaginatif pour savoir quelle est la condition des travailleuses artisanales des mines. En un clich?, leur v?cu se raccroche au ?soul?? ou ? la ?buchette? d?or qu?elles peuvent amasser tout au long du jour. A cette r?alit?, Elisabeth Penken Epouse Nkolo, pr?sidente de la Cellule associative des femmes actives pour la gouvernance des droits humains et du bien-?tre (Cafagb), se frotte depuis 2005. Elle en dresse un tableau o? pr?carit?, expropriation et risque de sant? et de disparition, se disputent la part belle dans la vie de ces femmes. ?Ces entreprises viennent et nous n?avons pas toujours les cahiers de charge sign?s avec l?Etat. Elles creusent des trous et beaucoup de femmes perdent leurs champs. Elles n?ont m?me plus o? cultiver leur manioc, leur macabo, etc. Elles se retrouvent sans moyen de subsistance et expos?es ? mourir; parce que quand on ne trouve plus de p?pites, elles s?en vont creuser plus bas et l? quelques fois des ?boulements arrivent. Certaines meurent, d?autres ont de la chance et s?en sortent avec un handicap. Quand les soci?t?s s?en vont, la convention de Ramsar demande 50 ans avant toute nouvelle culture, sinon il y a des produits comme le cyanure qui ne disparaissent pas imm?diatement. On d?place ces femmes de leurs sites. Ne sachant pas comment n?gocier, on leur donne des montants d?risoires alors qu?elles n?ont plus de champ ni de maisons, les populations n?ont m?me plus acc?s aux for?ts qui les nourrissent?, relate-t-elle. Norme ITIE La gestion du secteur extractif doit pourtant se faire dans l?int?r?t de tous les citoyens, celui des populations des localit?s mini?res en premier chef. Telle est la vis?e de l?Initiative pour la transparence dans le secteur extractif (ITIE) ? laquelle le Cameroun adh?re depuis 2005. Aussi, un d?cret du Premier ministre fixe depuis 2013, les conditions de r?alisation d??tudes d?impacts environnementales. A en croire ledit texte, celles-ci doivent se faire: ?avec la participation des populations concern?es ? travers des consultations et audiences publiques, afin de recueillir les avis des populations?. Elles apparaissent dans la r?glementation camerounaise comme un pr?alable ? l?octroi des titres miniers, ainsi que des autorisations et permis d?exploitation des carri?res. L?ITIE introduit par ailleurs des exigences pour accroitre la compr?hension publique de toute la m?canique autour de l?exploitation des ressources du sous-sol. Aussi, le pays s?est dot? courant 2016 d?un Code minier qui fixe les obligations des entreprises mini?res. Notamment: celles relatives au paiement d?une indemnit? pour expropriation, ? la formation, au d?veloppement des comp?tences et au recrutement des Camerounais, principalement les  ressortissants des zones extractives dans les secteurs; au d?veloppement social de la population riveraine et autochtone; Pourtant malgr? les avanc?es, le chantier de la bonne gouvernance reste ardu dans le pays. En t?moigne le rapport ITIE 2022 du Cameroun, publi? en janvier 2025. Et qui donne un aper?u des manquements persistants ? l?encontre des communaut?s. A l?occurrence: l?absence de divulgation des annexes des conventions mini?res qui emp?che une ?valuation compl?te des engagements sociaux des entreprises;  la non publication des ?tudes d?impact environnemental, des audits environnementaux et sociaux, ainsi que des certificats de conformit? environnementale. A cela s?ajoute l?absence de m?canisme contraignant pour la mise ? disposition de ces documents, ce qui freine l?acc?s ? l?information par les parties prenantes. ?Bien que la r?glementation impose des consultations publiques, leur application reste partielle. Les Etudes d?impact environnemental ne pr?cisent pas toujours le nombre de personnes consult?es ni leur r?partition par genre. Impact: Participation limit?e des communaut?s, r?duisant leur capacit? ? exprimer leurs pr?occupations; risque de tensions sociales li? ? un manque d?information et de dialogue?, lit-on.   P?ril sur les femmes Ces contraintes ont un effet imm?diat sur les conditions de vie de la gente f?minine dans les localit?s extractives. D?j? sous l?emprise d?obligations familiales importantes, ces derni?res font l?exp?rience des multiples facettes de la r?silience. ?Sur les sites, il y a des habitats de fortune qui sont construites avec des feuilles. Certaines ne rentrent pas le soir parce qu?elles doivent ?tre l? t?t pour r?cup?rer leurs places  dans la mine. Quand elles dorment l?, vous pouvez imaginer la promiscuit? qu?il y a dans ces abris. Il faut aussi compter les maladies qui sortent de l? et la violence. Parce que lorsqu?elles rentrent le soir et qu?elles ont vendu le soul?, ou la buchette ou le grain et qu?elle n?a rien eu ? donner au mari, elles subissent des violences. C?est ?a qui am?ne plusieurs ? fuir la maison pour regagner ces abris de fortune. D?autres encore finissent pas fuir le foyer parce que ne supportant plus de donner son argent ? un mari qui a d?missionn? de ses fonctions une fois le champ. Dans ces abris, on r?unit des feuilles et des branches d?arbres pour former un lit pour pouvoir dormir. Si ? la fin de la journ?e de travail, elle a m?me un mal de t?te, elle est oblig?e d?aller chez les vendeurs du coin pour acheter m?me un parac?tamol. Mais quel est le m?decin qui l?a consult?e?, d?plore la sexag?naire dont la suite du discours trouve un ?cho dans les souvenirs de Bertrand Awaseh, ancien employ? de mine dans le village aurif?re de Colomine, dans le d?partement du Lom et Djerem, r?gion de l?Est. Ce dernier liste une s?rie de drames affectant ces op?ratrices. ?Les femmes sont nombreuses dans les activit?s auxiliaires mais expos?es ? des grandes difficult?s. Comme il y?a l?absence de protection, il y a le harc?lement, il y a les violences et le manque d?acc?s ? des services sociaux. Ce n?est pas vraiment facile pour des femmes de s?en sortir dans ce secteur. Pour leur sant?, des fois des ONG les appuis avec des campagnes de sant? reproductive et

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Recouvrement forc? de la TCI: la Commission de la CEMAC passe ? la vitesse sup?rieure

Brazzaville, fin octobre. Dans l?air lourd des r?unions de fin de session, la Commission de la CEMAC a sorti les gants. Apr?s plusieurs ann?es de rappels polis, elle entend d?sormais passer au recouvrement forc? de la Taxe communautaire d?int?gration (TCI), principale ressource de la Communaut?. L?annonce, faite en marge de l?adoption du budget 2026, marque un tournant. Fini les exhortations diplomatiques : place ? l?action. ? Le temps de la sensibilisation est r?volu ?, confie un haut responsable de la Commission. ? Certains ?tats accumulent des arri?r?s qui compromettent le fonctionnement m?me de la CEMAC. Nous ne pouvons plus b?tir une int?gration solide sur des promesses non tenues ?. Selon les chiffres internes, le taux de recouvrement de la TCI stagne autour de 65 %, un niveau jug? critique. ? Brazzaville, les ministres ont valid? de nouvelles mesures : suspension temporaire de certaines aides communautaires pour les pays non ? jour, suivi mensuel des versements et publication trimestrielle d?un tableau de conformit?. Une forme de ? name and shame ? discret, mais assum?. ? C?est une question de cr?dibilit? collective ?, explique un expert du secr?tariat ex?cutif. ? Les ?tats qui jouent le jeu ne peuvent plus ?tre p?nalis?s par ceux qui tra?nent ?. Baltasar Engonga Edjo?o, pr?sident de la Commission, a d?fendu une approche ? ferme mais constructive ?. Pour lui, il ne s?agit pas de sanctionner, mais de responsabiliser. ? Le recouvrement forc? n?est pas une punition, c?est une exigence de survie. La CEMAC doit d?montrer qu?elle peut s?autofinancer avant de solliciter ses partenaires ext?rieurs. ? Les r?actions, toutefois, sont partag?es. Pr Belinga Zambo, sociopolitiste camerounais, y voit ? une ?tape n?cessaire mais risqu?e ?, craignant des crispations politiques. D?autres saluent une d?cision longtemps attendue. ? C?est une bouff?e d?air pour la Commission ?, estime une consultante bas?e ? Douala. ? Sans ressources stables, les institutions communautaires sont paralys?es. ? Car derri?re la fermet? affich?e, la situation reste tendue. Les ?tats invoquent la conjoncture internationale, la baisse des recettes fiscales et la multiplicit? des urgences internes. Le climat ?conomique r?gional ? marqu? par l?inflation, la contraction des marges p?troli?res et les incertitudes s?curitaires complique encore la donne. ? La CEMAC doit trouver le juste ?quilibre entre rigueur financi?re et solidarit? politique ?, analyse un expert en poste aux services centraux de la BEAC ? Yaound?. ? Si le recouvrement forc? est mal per?u, il pourrait fragiliser la coh?sion r?gionale. Mais ne rien faire serait pire : la CEMAC risquerait la paralysie budg?taire ?. Le signal de Brazzaville est donc clair : l?heure n?est plus aux atermoiements. Le budget 2026, calibr? ? 85,9 milliards de francs CFA, repose d?sormais sur une discipline fiscale renforc?e. Dans les prochains mois, la Commission testera la port?e r?elle de ses nouvelles r?solutions. Entre fermet? et diplomatie, elle engage un bras de fer d?licat, celui d?une int?gration qui veut cesser de d?pendre de la bonne volont? des ?tats. Institu?e pour financer le fonctionnement des institutions et les projets communautaires, la TCI est pr?lev?e ? hauteur de 1 % sur les importations en provenance de pays tiers. Chaque ?tat est tenu de reverser ? la Commission sa part collect?e. Mais les retards sont devenus end?miques, alimentant les tensions budg?taires et limitant la mise en ?uvre des programmes r?gionaux. Ongoung Zong Bella

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Financement du projet de raffinerie CSTAR ? Kribi: les 118,2 milliards de la SNH disponibles dans 90 jours

La quote-part de l?actionnaire majoritaire est mobilis?e par BGFIBANK Cameroun Depuis le 4 novembre dernier, on en sait davantage sur l?apport en fonds propres de l?actionnaire majoritaire dans le capital de la soci?t? CSTAR (Cameroun, Snh, Tradex et Ariana Energy). A l?occasion de la c?r?monie d?information du directoire des deux entreprises, Abakal Mahamat, Administrateur ? Directeur G?n?ral de BGFI BANK, a r?v?l? : ? la SNH a sollicit? BGFIBANK Cameroun S.A. en qualit? de partenaire financier afin de l?accompagner dans la structuration et le financement de ce projet [raffinerie CSTAR], notamment par le biais de l?apport en fonds propres de l?actionnaire majoritaire, ? hauteur de USD 210 millions ?. La signature de la convention-cadre et du Mandat d?Arrangement entre la SNH et BGFI BANK en vue du financement du projet de raffinerie CSTAR mat?rialise l?entente entre les deux parties. Confidence de Abakal Mahamat : ? dans le cadre de cette op?ration, BGFIBANK Cameroun est particuli?rement honor?e d?avoir ?t? d?sign?e Arrangeur et Banque Agent. A ce titre, notre mission consistera ? : structurer le sch?ma global de financement de la participation de la SNH, ? hauteur de USD 210 millions, soit FCFA 118,2 milliards ; assurer le conseil financier de la SNH ; et coordonner l?ensemble du dispositif financier de mani?re efficiente et rigoureuse ?. Lourde responsabilit? s?il en est ! Le patron de BGFIBANK Cameroun dit assumer ? avec le professionnalisme et la rigueur qui caract?risent notre entreprise, forte de son expertise reconnue en financements structur?s, en syndication bancaire et en accompagnement de projets d?envergure dans les secteurs de l?eau, de l??nergie et des infrastructures ?. Trois mois pour mobiliser les fonds Dans la foul?e, l?institution bancaire prend l?engagement de ? mobiliser les fonds n?cessaires dans un d?lai de 90 jours, adoss? ? un ensemble de s?ret?s ?. A travers cette convention, ? BGFIBANK Cameroun r?affirme son r?le de partenaire financier strat?gique de l?Etat, un partenaire pleinement engag? dans le financement des projets structurants et porteurs de croissance durable pour notre pays ?. Pour l?ADG de BGFIBANK, ? ce projet est bien plus qu?un investissement ; il est le symbole de la confiance en notre capacit? collective ? b?tir, ici m?me au Cameroun, les fondations d?un d?veloppement inclusif, solide et tourn? vers l?avenir ?. Et de ? saluer la vision et la d?termination de la Soci?t? Nationale des Hydrocarbures, qui ? travers cette initiative, continue de jouer un r?le de moteur essentiel dans la transformation structurelle de notre ?conomie ?. Soci?t? Nationale des Hydrocarbures Nathalie Moudiki, Repr?sentante de l?Administrateur Directeur G?n?ral de la SNH, Chairlady de CSTAR, en profite pour monter au cr?neau. ? Avec la signature de cette Convention ? Cadre, la SNH passe ? une ?tape suppl?mentaire dans la r?alisation de ce projet hautement strat?gique et aux objectifs ambitieux certes, mais r?alistes. Dans cette perspective, BGFIBANK va nous apporter son exp?rience, sa cr?dibilit? et davantage son r?seau financier, pour contribuer ? d?velopper le Projet CSTAR ?. Et de poursuivre : ? le mandat qui est octroy? ? ce jour ? la BGFIBANK est une illustration de la d?termination de M. l?Administrateur ? Directeur G?n?ral de la SNH ? contribuer efficacement ? la r?alisation des projets de Grandeur et d?Esp?rance projet?s par le Pr?sident de la R?publique, S.E Paul Biya ?. Pour la pr?sidente du conseil d?administration de CSTAR, en signant cette Convention ? Cadre avec la SNH, la banque ? r?affirme son adh?sion au projet, et s?associe clairement ? la strat?gie de mise en ?uvre du Projet CSTAR?Par cet accord, nos deux soci?t?s codifient le partenariat existant pour le Projet CSTAR, ? travers un cadre juridique stable, lisible et pr?visible, tout en d?finissant ?videmment les obligations et les attentes de chaque partie ?. A l?en croire, ? cette convention ? cadre constitue un outil pr?cieux pour la suite de nos activit?s car elle garantit la structure de l?investissement apport? par la SNH, ouvre la possibilit? ? la participation d?autres entreprises bancaires au financement du projet, et par ailleurs am?liore l?efficacit? des transactions ?. Comme lors des n?gociations ayant conduit ? cette signature, ? nous souhaitons continuer ? travailler avec diligence et professionnalisme pour progresser dans la r?alisation des ?tapes devant conduire au succ?s ?clatant de ce projet. Nous allons y parvenir ensemble car au-del? d?une relation d?affaires, nous avons en partage la m?me vision de d?veloppement ?conomique et la m?me passion pour la transformation de nos pays ?. Background Dans le cadre de sa mission de d?veloppement des infrastructures ?nerg?tiques nationales, la Soci?t? Nationale des Hydrocarbures (SNH) envisage la r?alisation d?un ambitieux projet de construction d?une nouvelle raffinerie de p?trole, situ?e ? cinq kilom?tres du port en eau profonde de Kribi. Cette installation, d?une capacit? de production estim?e ? 30.000 barils par jour, soit environ 1,5 million de tonnes par an, repr?sente un investissement ?valu? ? USD 621,96 millions. Pour la mise en ?uvre de ce projet structurant, la SNH s?est associ?e ? Ariana Energies, ? travers un v?hicule d?investissement (SPV) d?nomm? CSTAR Refinery Project Management LLC-FZ, cr?? et domicili? ? Duba?. Le Projet CSTAR rev?t une importance capitale pour l??conomie nationale. Il s?inscrit pleinement dans la vision port?e par les pouvoirs publics, ? travers notamment : la compensation de l?absence de capacit?s locales de raffinage depuis l?incendie de la SONARA en 2019 ; la r?duction de la d?pendance camerounaise aux importations de produits p?troliers, en substituant jusqu?? 30% des volumes actuellement import?s ; l?apport d?environ USD 250 millions par an en recettes issues des exportations marines et p?trochimiques ; une contribution additionnelle au PIB national ?valu? ? 0,94%. Enfin, le d?veloppement des comp?tences locales ainsi que la structuration d??cosyst?mes des fournisseurs au niveau de la sous-r?gion Afrique centrale. Selon la Repr?sentante de l?ADG de la SNH, ? le Projet CSTAR constitue aujourd?hui l?un de nos investissements majeurs dans l?impl?mentation de la strat?gie de d?veloppement du secteur p?trolier, conform?ment aux missions d?volues ? la SNH ?. En accompagnant ce projet, ? BGFIBANK Cameroun confirme son ambition : celle d??tre la banque d?un d?veloppement durable, solide et performant, au service de la transformation du Cameroun ?, indique le patron de BGFIBANK Cameroun. En rappel, la raffinerie CSTAR devrait entrer en production ? partir de juin 2028. La pose de la premi?re pierre a eu lieu ? Kribi le 17

bloc d'article, MATINS DE L'INTEGRATION

Peut-on ?tre fier d?un score ? la sovi?tique ?

Quand des adversaires s?rieux sont ?cart?s, quand la participation est anormalement faible et que la soci?t? se fissure davantage, la fiert? se change vite en interrogation morale. En C?te d?Ivoire, les r?sultats provisoires de l??lection ont attribu? 89,77 % des voix ? Alassane Dramane Ouattara ? un chiffre qui a ?t? salu? par ses partisans mais d?nonc? par ses d?tracteurs comme le produit d?un paysage politique neutralis?. Une ? victoire ? arithm?tique ne vaut pas forc?ment une victoire nationale. La v?ritable grandeur d?un pays ne se mesure pas seulement ? l?aune des chantiers, des gratte-ciel ou des inaugurations rutilantes. Elle se lit dans la qualit? de la vie commune, dans la confiance r?ciproque entre citoyens, dans la capacit? ? partager un destin commun malgr? nos diff?rences. Or, aujourd?hui, la C?te d?Ivoire para?t d?chir?e entre deux camps irr?concili?s: ceux qui soutiennent l?homme au score immense et ceux qui le consid?rent comme la cause de leur malheur. Ces camps ne se parlent plus ; ils se regardent comme des ennemis potentiels et la maison commune vacille. Les analogies litt?raires ? Tanga nord contre Tanga sud, utilis?es par Eza Boto dans « Ville cruelle » ? ne semblent plus si lointaines. Le traumatisme n?est pas seulement symbolique. Avant m?me ce scrutin, des voix avaient demand? la publication int?grale des conclusions de la Commission Dialogue, V?rit? et R?conciliation pr?sid?e par feu Charles Konan Banny, afin d?en tirer des le?ons et des r?parations. Le flou entourant la mise ? disposition de ce rapport et l?impression d?un processus de r?conciliation b?cl? nourrissent le sentiment que la r?paration des blessures n?a jamais ?t? une priorit? r?elle. Ceux qui esp?raient une r?conciliation sinc?re y voient une occasion manqu?e. Le c?ur du probl?me est politique et moral ? la fois Un pouvoir qui se pr?sente comme le seul garant de la protection d?un groupe (les Nordistes et les Musulmans) ? en mobilisant la peur, en instrumentalisant l?identit? ? fabrique des fronti?res sociales qui, demain, risquent de devenir des lignes de feu. Quand le chef capable d?apaiser les tensions est per?u comme celui qui a attis? la haine ? par des paroles, des exclusions, des pratiques de favoritisme ethnique ?, la possibilit? m?me d?une politique de r?conciliation est compromise. Les actes comptent autant que les mots: refuser la transparence, marginaliser des opposants, ou remodeler les r?gles du jeu ?lectoral suscite une l?gitimit? contest?e et une col?re qui peut d?g?n?rer. Les observateurs ont not? que des figures politiques majeures ont ?t? jug?es in?ligibles et que la participation ?lectorale a ?t? plus faible que par le pass?, signes d?un climat de d?fiance. Alors, que faire ? B?tir une nation n?est pas un simple slogan. C?est un programme exigeant, fait d?humilit? et de responsabilit?s partag?es. Voici, en quelques grands principes, ce que cela exige aujourd?hui: reconna?tre et juger les crimes politiques et les violences pass?es, garantir que les coupables soient sanctionn?s et que les victimes obtiennent r?paration effective; ??encourager des espaces o? l?on peut se dire la v?rit? sans crainte ? o? chaque camp reconna?t ses torts. Cela suppose un leadership qui donne l?exemple, non qui attise la stigmatisation; ??revoir le d?coupage ?lectoral, les modalit?s d?inscription et d??ligibilit? de fa?on consensuelle, pour que la comp?tition politique redevienne loyale et inclusive. Les manipulations de ces r?gles d?truisent la confiance;??investir dans l??ducation civique pour que chaque enfant grandisse avec l?id?e que la citoyennet? prime sur l?appartenance ethnique ou religieuse. On ne construit pas une maison commune en privil?giant la dur?e au pouvoir ou en r?servant les plus hauts postes ? un cercle ethnique restreint. Les ponts et les routes sont utiles ? et n?cessaires ? mais ils restent des moyens si, en dessous, la soci?t? se fracture. La vraie r?ussite d?un ?tat est que ses enfants cessent de se regarder ? en chiens de fa?ence ? et commencent ? se reconna?tre comme membres d?une m?me famille politique. L?urgence est r?elle. Si l?on laisse la haine s?enraciner, on court le risque de nouvelles trag?dies, de nouveaux ? Nahio ? ? qu?on prenne ce nom comme une m?taphore d?une violence qui pourrait rena?tre. La r?conciliation n?est pas un luxe. C?est une n?cessit? de survie nationale. Et elle suppose une volont? partag?e ? des ?lites, mais surtout des citoyens ? de reconstruire la confiance et d?inventer des m?canismes de cohabitation politique durables. Enfin, il faut rappeler que la nation est essentiellement un projet. Elle ne se limite pas ? un territoire, un drapeau ou une c?r?monie officielle. Elle est cet attachement ? un bien commun, le d?sir d?habiter ensemble une maison que nous entretenons collectivement. Ce projet n?avancera pas sans repentance, sans r?paration ni sans transformations institutionnelles. Il faut donc appeler tous les acteurs ? dirigeants, opposition, soci?t? civile, chefs traditionnels, jeunes ? ? un sursaut de responsabilit?. La question que nous pose un score massif dans un contexte d?exclusions n?est pas seulement: qui a gagn? ? Mais ? quel prix ? Si la victoire signifie la perte progressive d?un imaginaire national, il vaut mieux perdre des ?lections et pr?server la nation que de remporter des scrutins au terme desquels la maison commune est irr?m?diablement fissur?e. La fiert? d?un pourcentage ne compense jamais la perte d?un peuple debout, uni et capable de marcher ensemble vers un avenir partag?. Jean-Claude Dj?r?k?

Flash d?infos sous- r?gionales, Revue des Unes

CAMEROUN: CRISE POST ?LECTORALE ET TENSIONS FINANCI?RES

Le Cameroun fait face ? d’?normes tensions et crise aux lendemains de l’?lection pr?sidentielle du 12 Octobre dernier, suivi de la proclamation des r?sultats de ladite ?lection le 27 Octobre 2025, par le Conseil Constitutionnel. SDepuis lors, la population de part et d’autres du triangle national se sont lev?es en guise de revendication pour dire non au Pr?sident ?lu, Paul BIYA, et exige Issah TCHIROMA BAKARY comme nouveau Pr?sident de la R?publique du Cameroun. Villes mortes, soul?vements et casses sont entre autres les faits constat?s dans le pays.

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