Nom de l’auteur/autrice :Viviane TCHIAZE

ARTICLE DE BLOG

Raret? des bi?res et boissons hygi?niques : ?a mousse entre consommateurs et d?taillants

Les premiers d?signent les seconds comme responsables du ph?nom?ne. A Yaound?, l?augmentation des prix semble mener droit ? d?autres lignes de d?veloppement et ? ses impasses. Dans la capitale camerounaise, les 50 FCFA major?s sur les anciens prix des bi?res et des boissons gazeuses n?en finissent pas d??corner la convivialit? entre les consommateurs et les petits d?taillants. Selon de nombreux t?moignages, beaucoup de tenanciers de d?bits de boissons tiennent un m?me langage: ?Ce n?est pas ? notre niveau?. Bien entendu, il s?agit de chiffrer le co?t actuel d?une bouteille de 65 centilitres. Le d?bat qui s?engage alors est relatif ? l?officialisation ou non de l?augmentation observ?e. Et dans un autre registre, mais pour s?r intimement li?, comment expliquer aux consommateurs la raret? de certains go?ts. ?Nos grossistes nous parlent de la difficult? de production, la quantit? de production et la disponibilit? de certaines bi?res notamment. Ce qui signifie qu’elles ne sont pas facilement disponibles partout. Or, pour satisfaire nos clients, nous devons faire un effort suppl?mentaire pour essayer de les avoir, ce qui induit une petite majoration?, confie un d?taillant rencontr? au quartier Mvog-Mbi (Yaound?4). Col?reDans cette strat?gie d?ajustement, d?autres d?taillants, ressentant de leur culpabilit?, tentent de la surmonter et/ou de l??viter pour ne plus se trouver dans un ?tat ?motionnel d?plaisant face aux consommateurs. ?On leur indique certains endroits de la ville r?guli?rement approvisionn?s?, souffle une vendeuse bas?e au quartier Nkomkana (Yaound? 2). Outre le regret, d?autres ?motions n?gatives comme la col?re, la d?ception ou l?inqui?tude sont perceptibles chez la plupart des consommateurs. De quoi expliquer les ?clats de voix entendus au lieu-dit Dubai, dans le 2e arrondissement de Yaound?. ?On ne peut pas comprendre que toutes les bi?res soient factur?es au m?me prix au pr?texte que certaines sont devenues rares?, s?emporte un homme. ? travers l?analyse de r?cits d?autres consommateurs, l?on apprend que les tenanciers de d?bits de boissons ont mis en avant une strat?gie d?augmentation indiff?renci?e des prix comme astuce de transgression de la loi. ?Conform?ment aux instructions fermes du Ministre du Commerce, les ?quipes de contr?le ont re?u pour consigne de r?primer sans faiblesse toute pratique sp?culative sur la bi?re et les boissons hygi?niques. Il faut pr?ciser que cette op?ration forte du Minist?re du Commerce se d?roule simultan?ment sur l’ensemble du territoire national, dans le but de d?fendre et de pr?server les int?r?ts l?gitimes des consommateurs face ? ces abus?, fait-on savoir ? la cellule de communication du minist?re du Commerce. Bobo Ousmanou

ARTICLE DE BLOG

Faustin Archange Touadera : les pays amis vont d?fendre les populations de la RCA

Dans une interview r?alis?e ce dimanche 3 novembre 2024, par le journaliste Mohamed Bachir Ladan, ? travers l??mission ?la Grande Interview?, diffus?e sur la chaine panafricane, Panafrican Media, le pr?sident Centrafricain fait le bilan de ses r?alisations en huit ans de gouvernance. A la t?te de la R?publique Centrafricaine depuis 2016, Faustin Archange Touadera, ?tait l?invit? de l??mission ?La grande Interview? sur la cha?ne de t?l?vision panafricaine Panafrican Media, dimanche 3 novembre 2024. Dans cette interview retranscrite par la r?daction de La Plume de l?Aigle, le chef de l??tat fait le point sur ses r?alisations en huit ans de gouvernance (2016-2024). Vous avez effectu? beaucoup de d?placements ces derniers temps, une bonne fr?quence d?ailleurs qui vous a conduit tour ? tour au Sommet Chine-Afrique, vous ?tiez ? la francophonie, ? l?Assembl?e g?n?rale des Nations Unies ? New-York mais ?galement en Ouganda, entre autres. Monsieur le pr?sident, quelles sont les retomb?es pour le peuple centrafricain?Je crois que ces d?placements, m?me ici ? Bangui, beaucoup de nos compatriotes se posent la question. Ils disent que le pr?sident se d?place beaucoup. M?me quelques acteurs politiques en parlent. Mais vous savez, les fonctions de chef de l?Etat contiennent aussi la repr?sentativit?. Le pr?sident doit repr?senter son pays dans le monde, pour porter la voix du pays et du peuple centrafricain. Vous avez mentionn? la Chine, c?est un pays avec qui nous avons de tr?s bonnes relations. La Chine, d?abord sur le plan diplomatique, nous a beaucoup soutenu au Conseil de s?curit? pour la lev?e de l?embargo. Elle a aussi beaucoup investi dans des projets de d?veloppement et nous avons de tr?s bonnes relations et je crois que c?est un moment historique dans les relations de la Chine avec l?Afrique. Beaucoup de chefs d?Etats africains ?taient ? cette rencontre et il est tout ? fait normal que la R?publique Centrafricaine, compte tenu du niveau de relation que nous avons avec la Chine, que nous soyons aussi pr?sents. Et ? chaque fois c?est l?occasion aussi de rencontrer les autres chefs d??tats pour parler des autres questions. Vous savez que je suis le pr?sident en exercice de la Conf?rence des chefs d??tats de la Cemac. Nous n?avons pas eu la possibilit? de beaucoup nous voir et je crois que c?est des occasions pour pouvoir ?changer aussi sur des questions d?actualit?s concernant nos pays et de partager. Mais ce sommet en Chine a ?t? productif pour les centrafricains puisque dans les ?changes, nous avons pu discuter sur le plan bilat?ral avec le pr?sident Xi Jinping et il y a eu beaucoup de promesses de coop?ration avec la R?publique Centrafricaine qui ont ?t? faites. Il y a eu des appuis budg?taires, des soutiens dans le domaine militaire, il y a aussi des projets de sant?, de r?habilitation, des projets aussi au niveau du minist?re des Affaires ?trang?res, des conventions que nous avons pu signer avec le gouvernement chinois. Vous savez qu?en Ouganda, la LRA (L?Arm?e de r?sistance du Seigneur, ndlr) de Joseph Kony qui ?tait une r?bellion ougandaise, a beaucoup s?vi en R?publique Centrafricaine. Elle a caus? beaucoup de deuils et fait beaucoup de victimes au niveau des populations centrafricaines. Mais gr?ce ? la mont?e en puissance de nos forces de d?fense et de s?curit?, beaucoup des ?l?ments de la LRA ont finalement rendu les armes. Avec la collaboration du gouvernement ougandais, de la Minusca, ces combattants qui ont rendu les armes et arr?t?s la r?bellion, ont ?t? rapatri?s avec le soutien de leur pays d?origine pour la r?conciliation. Je pense qu?il y a eu, des deux c?t?s, beaucoup de visites pour mener ces op?rations. Les ministres de d?fense, les ministres du DDR, il y a eu beaucoup d??changes entre nos deux pays. Il ?tait temps que nous puissions au niveau des chefs d??tats consacrer cela ? travers un document, la signature d?un protocole d?accord qui englobe plusieurs th?mes notamment les plans militaire, commercial, diplomatique. C??tait l?occasion d?avoir des ?changes de vues entre les deux pays. J?ai ?t? donc invit? officiellement pour une visite d??tat en Ouganda et nous avons ?t? tr?s bien re?us. ?a nous a donn? l?occasion aussi de participer, de c?l?brer la f?te de l?ind?pendance avec nos fr?res ougandais. Aux jeux olympiques, j??tais l?invit? du pr?sident du comit? olympique et aussi le pr?sident du comit? olympique centrafricain qui a tout fait pour que je puisse faire ce d?placement. C??tait une occasion de participer ? ce festival pour soutenir d?abord nos athl?tes mais aussi l?occasion de rencontrer les responsables de haut niveau du sport international, le pr?sident de CIO, de la Fifa et ?a nous a permis de renforcer notre coop?ration avec ces institutions et avec des retomb?es. Je pense que dans les prochains jours, il y aura une visite de la CAF ici pour voir comment soutenir la R?publique Centrafricaine. Les appuis ce n?est pas exclu; Excellence Monsieur le pr?sident, je voudrais qu?on parle ? pr?sent de la lev?e de l?embargo sur les armes. Vous l?avez obtenu au forceps, il faut le dire, ?a n?a pas du tout ?t? facile. Qu?est-ce que cela implique aujourd?hui pour le renforcement des capacit?s op?rationnelles des forces arm?es centrafricaines?Mais vous vous en doutez bien. Nous sommes un pays ind?pendant qui veut retrouver l?ordre constitutionnel, qui a une arm?e nationale, qui est une institution. Et continuer ? subir la pression de cet embargo, nous l?avons trouv? injuste et nous l?avons d?nonc?. Nous n?avons rat? aucune occasion pour d?noncer cette situation et beaucoup de pays africains, de chefs d??tats ont soutenu cette position notamment, le pr?sident Louren?o de l?Angola qui a d? faire le d?placement au Conseil de s?curit?, le pr?sident Sassou-Nguesso aussi qui a fait le d?placement pour dire que c?est injuste, ce n?est pas normal qu?un pays souverain, qu?un pays qui a retrouv? l?ordre constitutionnel, qui a eu des ?lections continue ? subir cet embargo. Nous avons trouv? ces dispositions injustes et il fallait quand-m?me donner les moyens ? nos forces de d?fense pour prot?ger la population.Comment avez-vous une arm?e qui a les mains li?es? Comment cette arm?e pourrait

ARTICLE DE BLOG

Cameroun-Russie : Yaound? ajoute de la vie ? la relation

C?est, apprend-on, pour assurer une coh?rence utile dans la coop?ration avec Moscou. Dynamiter le bloc Russie-Afrique ou faire son proc?s sous l?angle de la concurrence entre grandes puissances, le ministre camerounais des Relations ext?rieures (Minrex) choisit de ne rien piocher dans ces th?mes pour nourrir son discours. Ce 10 novembre ? Sotchi o? il prend part aux travaux de la premi?re ?dition du Forum de partenariat Russie-Afrique, Mbella Mbella s??panche sur ?la d?termination du Cameroun ? renforcer davantage la relation?. Pour le Minrex, cela couvre toute la gamme des actions par lesquelles l?une et l?autre parties peuvent se venir en aide. ?Nous travaillons pour d?finir de nouvelles priorit?s ?conomiques et de partenariat b?n?fique pour les deux pays, notamment dans des domaines comme la s?curit?, l??ducation, l??conomie, la coop?ration humanitaire et la s?curit? de l?information?, explique-t-il. Selon la cellule de communication du Minrex, l?expos? de Mbella Mbella au cours de la pl?ni?re d’ouverture du Forum de partenariat Russie-Afrique, ?assure une coh?rence utile dans la formulation de la coop?ration entre le Cameroun et la Russie sur le plan-politico-diplomatique; ce d?autant plus que le Forum constitue un prolongement des efforts pour consolider les liens strat?giques entre la Russie et les nations africaines ? travers la cr?ation de partenariats?. En ce sens, souligne-t-on au Minrex, ?Yaound? et Moscou sont unis pour une coop?ration efficace au service du d?veloppement, de l?orientation vers les r?sultats, des partenariats inclusifs, la transparence et la redevabilit? mutuelle, surtout lorsqu?on sait qu?il existe un plan d?action du Forum de partenariat Russie-Afrique pour 2023-2026?. Bon ? savoirLe Forum de partenariat Russie-Afrique fait suite ? deux Sommets des Chefs d??tats et de Gouvernements, organis?s dans le cadre du Forum de Partenariat Russie-Afrique. Le premier sommet s?est tenu ? Sotchi en octobre 2019, marquant un tournant dans les relations entre la Russie et le continent africain. Le dernier, en juillet 2024 ? Saint-P?tersbourg, a permis de d?finir de nouvelles priorit?s ?conomiques et de partenariat pour les deux parties. Jusqu?ici tr?s op?rationnelle, la coop?ration s?curitaire entre des pays africains et la Russie pr?voit le d?veloppement des ?changes d?informations sur la s?curit? internationale, afin de mieux faire face aux menaces contemporaines telle que le terrorisme, les crimes financiers et sur d?autres menaces impliquant l?utilisation d?armes chimiques, biologiques, radiologiques ou nucl?aires. Le volet politique pr?voit la tenue annuelle de la Conf?rence parlementaire internationale ?Russie-Afrique?, avec une coop?ration accrue dans le domaine de l?observation ?lectorale mutuelle. Ongoung Zong Bella

ARTICLE DE BLOG

Sur quoi l?Afrique ne doit pas se ?trumper?

L?emportant largement sur sa rivale d?mocrate Kamala Harris, Donald Trump est devenu le 47e pr?sident des ?tats-Unis le 6 novembre 2024. Apr?s avoir quitt? la Maison Blanche dans le chaos, le businessman new-yorkais est parvenu, comme en 2016, ? convaincre les Am?ricains qu?il comprenait leurs difficult?s du quotidien mieux que personne. Ceci pos?, l?analyse ne peut ignorer que, lors de son pr?c?dent mandat, Donald Trump avait trait? plusieurs nations africaines, le Salvador et Ha?ti de ?pays de merde?. Dans les c?nacles panafricains, on en avait fait d?abord des gorges chaudes pour s?apercevoir ensuite que, la plupart du temps, ce qu?avait d?clar? Trump, n??tait qu?une bravade sans port?e. ? la longue, cependant, on s?est rendu compte c??tait une vraie insulte, puisque l?homme n?a jamais fait part de ses remords de mani?re claire. Entre temps, l?on ne manque pas d?identifier les pressions sign?es Trump: r?duction de certains financements et limitation de l’immigration notamment. R??lu, et instruit par l?exp?rience, Trump sera-t-il plus sage ou plus fou par rapport ? la communaut? noire du monde entier? En tout cas, son retour en gr?ce permet d??tre prudent, eu ?gard ? sa vision plus protectionniste et insulaire, proclam?e par ?L’Am?rique d’abord? lors de son premier mandat. Entre autres th?mes qui pr?occupent, il y a la Loi sur la croissance et les possibilit?s ?conomiques en Afrique (Agoa), qui permet aux pays africains ?ligibles d’exporter certains de leurs produits vers les ?tats-Unis sans payer de taxes depuis 2000. Au cours de son administration pr?c?dente, Trump avait d?clar? que le programme ne serait pas renouvel? ? son expiration en 2025. Lors de sa derni?re campagne ?lectorale, il s’est engag? ? mettre en place un droit de douane universel de 10% sur tous les produits fabriqu?s ? l’?tranger. Cette mesure rendrait les produits import?s plus chers, et les exportateurs africains seraient donc susceptibles de vendre moins de leurs produits sur le grand march? am?ricain. Certains craignent ?galement que Trump ne mette fin au Pepfar, une initiative am?ricaine de longue date qui a permis d’injecter des sommes consid?rables dans la lutte contre le VIH en Afrique. L’ann?e derni?re, les l?gislateurs r?publicains se sont fortement oppos?s au Pepfar, all?guant que le programme encourageait les services d’avortement. Le programme a b?n?fici? d’une courte prolongation jusqu’en mars de l’ann?e prochaine, mais M. Trump, connu pour son hostilit? ? l’avortement, pourrait mettre un terme ? ce sursis.Les opinions de Trump sur l’immigration ill?gale sont claires – pendant sa campagne de 2024, il a promis d’expulser un million de personnes qui n’ont pas l’autorisation l?gale d’?tre aux ?tats-Unis. Cela concerne l’Afrique: en 2022, environ 13 000 migrants africains ont ?t? enregistr?s ? la fronti?re entre les ?tats-Unis et le Mexique, selon les donn?es du service des douanes et de la protection des fronti?res des ?tats-Unis. En 2023, ce chiffre avait quadrupl? pour atteindre 58 000. Certains de ces candidats ? l’immigration disent avoir fui la guerre, la pers?cution et la pauvret?. Ce ne serait pas la premi?re fois qu’il mettrait en place une politique anti-immigration spectaculaire. Au cours de son premier mandat, M. Trump a introduit des mesures visant ? r?duire l’immigration en provenance de plusieurs pays africains, dont le Nigeria, l’?rythr?e, le Soudan et la Tanzanie. Ongoung Zong Bella

ARTICLE DE BLOG

Nos rues ou avenues ne doivent plus porter les noms de ces criminels

Pour Charles De Gaulle, mort le 9 novembre 1970, de nombreux Fran?ais auront une pens?e aujourd’hui parce qu’ils le consid?rent comme un h?ros, parce qu’ils n?ont pas oubli? le 18 juin 1940 quand il appela, ? partir de Londres, ses compatriotes ? r?sister ? l?occupation de la France par l?Allemagne nazie. Peut-?tre ses proches et les Gaullistes autoproclam?s se rendront-ils ? Colombey-les-deux-?glises pour se recueillir sur sa tombe. Les Africains, eux, ne feront rien pour le g?n?ral de Gaulle. Mon souhait est qu’ils commencent ? d?baptiser, comme l?a fait r?cemment le brave et digne peuple burkinab?, les rues, avenues ou boulevards qui portent encore son nom. Pourquoi ? Parce que le fondateur de la Cinqui?me R?publique a fait trop de mal ? l?Afrique francophone. En effet, le franc CFA qui a ?t? cr?? en 1945, qui est une copie de la monnaie nazie et qui enrichit outrageusement la France, le trait? de coop?ration et de d?fense de 1961 qui est la continuation de la colonisation par d?autres moyens et qui permettait ? la France de disposer ad vitam aeternam de nos ressources naturelles, l?asphyxie et la d?stabilisation de la Guin?e qui avait os? dire non en 1958 ? la communaut? franco-africaine, le soutien au g?n?ral Ojukwu pendant la guerre du Biafra (1967-1970) parce que la France chass?e de l?Alg?rie, voulait exploiter le p?trole de cette partie du Nigeria, l?assassinat des nationalistes camerounais de l?Union des populations du Cameroun (UPC) qui r?clamaient la vraie ind?pendance, l?installation et le maintien des bases militaires fran?aises dans certains pays africains alors que lui, de Gaulle, avait demand? et obtenu que les soldats am?ricains rentrent chez eux apr?s la lib?ration de la France, il est l?auteur de tous ces crimes.Ceux et celles qui ont combattu le syst?me mis en place par le g?n?ral de Gaulle et Jacques Foccart pour appauvrir et dominer les Africains sont nos seuls h?ros et h?ro?nes. J?ai ?t? ? la fois ?mu et ravi quand le capitaine Ibrahim Traor? a longuement parl? de l?un d’entre eux, l?Ivoirien Victor Biaka Boda, ? la jeunesse afriaine venue ? Ouagadougou pour ?changer avec lui. Biaka Boda a ?t? volontairement oubli?. Jamais il ne fut honor? alors qu’il paya le plus lourd tribut ? la lutte ?mancipatrice. Ce n?est pas juste.Lui et d?autres h?ros, je remercie l??ternel de m?avoir donn? la force de leur consacrer, cette ann?e, un ouvrage en fran?ais et en anglais.Nos camps militaires, rues, avenues et boulevards ne doivent plus porter les noms de Leclerc, Faidherbe, Angoulvant, Clozel, Gallieni, Brazza, Mitterrand, Giscard? ? un moment donn?, il faut arr?ter l?ali?nation et la stupidit?. Jean-Claude Dj?r?k?

ARTICLE DE BLOG

Dialogue social au Cameroun : tableau de bord au 12 novembre 2024

D’apr?s le ministre Gr?goire Owona, les indicateurs convergent globalement vers une pente positive. Employeurs, organisations syndicales et experts du Travail et de la S?curit? sociale qui assurent en ch?ur que la reconnaissance publique du dialogue social est ? un v?ritable gain pour le monde du travail au Cameroun??, voil? conforte le ministre Gr?goire Owona dans son r?le de repr?sentant des pouvoirs publics au sein du Comit? de concertation et de suivi des ?changes entre travailleurs, employeurs et gouvernement. R?unie en sa 43e session ordinaire ce 12 novembre 2024 ? Yaound?, cette instance fait toutefois le constat d’une mise en ?uvre suffisamment fructueuse depuis une dizaine d’ann?es. Selon le ministre du Travail et S?curit? sociale (MINTSS), en termes d’avanc?es, la liste affiche notamment « des d?marches constructives au niveau du patronat ayant permis d?aboutir ? un consensus de mise sur pied de nouvelles organisations patronales que sont le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) et l?Union des Producteurs Agro-industriels du Cameroun (UPAC), rel?vement du SMIG, l?am?lioration de la protection du travail et des travailleurs ; le paiement des droits sociaux des soci?t?s d?Etat liquid?es ou restructur?es ; la n?gociation et l?application des conventions collectives ; l?exon?ration ? l?imp?t sur le revenu des personnes physiques (IRPP) ; de l?indemnit? de fin de carri?re et la situation socio?conomique dans les r?gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ».Les signes d?avanc?e existent. Toutefois, si beaucoup a d?j? ?t? r?alis?, c?est aussi peu au regard des enjeux du moment. Occasion pour Gr?goire Owona de d?noncer des points de r?sistance qui continuent de polluer cette embellie. Cela s’observe ? travers diverses man?uvres de pr?carisation des employ?s, la cupidit? des employeurs ou encore une relative faiblesse syndicale. A en croire Gr?goire Owona, la marche en avant en mati?re de dialogue social au Cameroun ne devrait plus s’arr?ter. D’o? l’appel lanc? ? l’endroit de tous les acteurs sociaux tous secteurs d’activit?s confondus d’?uvrer quotidiennement pour l’impl?mentation du dialogue social dans le pays. Jean Ren? Meva’a Amougou

ARTICLE DE BLOG

C?est au quotidien et dans les actes que nous devons b?tir la paix

Une fois de plus, la paix polarisera l?attention des Ivoiriens, ce 15 novembre 2024. Elle sera invoqu?e par certains dans les mosqu?es, temples et ?glises du pays. D?autres participeront ? des d?bats ici ou l? pour montrer combien elle est pr?cieuse et (se) convaincre que, sans elle, aucun d?veloppement socio-?conomique n?est possible. Quelqu?importantes qu?elles soient, pri?res et r?flexions ne suffiront cependant pas pour qu?advienne la paix durable ? laquelle nous aspirons individuellement et collectivement si nous ne prenons pas conscience en m?me temps que nous avons ? la construire quotidiennement. Une construction qui commence par la d?couverte de tout ce qui est contraire ? la paix.L??vang?liste Jean affirme que les ap?tres avaient verrouill? les portes de la maison o? ils se trouvaient parce qu?ils avaient peur des autorit?s juives apr?s la mort de J?sus (Jn 20, 19-23). Nombreux sont les Ivoiriens qui ont perdu la paix du c?ur et de l??me, qui vivent dans la peur. Ils ont peur que la prochaine ?lection pr?sidentielle ne fasse encore des morts et des bless?s, qu?elle ne d?bouche sur des violences et que les armes tonnent ? nouveau dans le pays. Ils ont peur de sortir et de circuler dans certains quartiers ? cause des microbes qui agressent et tuent impun?ment. Ils ont peur de voyager d?une ville ? une autre ? une certaine heure ? cause des coupeurs de routes. N?ayant pas d?assurance maladie, ils ont peur d?aller ? l?h?pital o? le malade n?est pas soign? tant que ses parents n?ont pas d?pos? la somme n?cessaire sur la table du m?decin ou de l?infirmier. Ceux qui sont en exil ont peur de rentrer parce qu?ils se disent qu?ils pourraient ?tre arr?t?s et jet?s en prison pour avoir critiqu? un jour le r?gime Ouattara.N?a pas non plus la paix l?homme priv? de pain, de toit ou de v?tement, l?homme qui ne peut pas penser et s?exprimer librement, l?homme qui manque de moyens pour scolariser sa prog?niture, l?homme victime de m?pris, d?injustice, d?exploitation, de discrimination ou d?oppression. Autant dire que la paix n?est pas simple absence de guerre. Certes, on ne se tire plus dessus dans notre pays pour le fauteuil pr?sidentiel mais cela ne signifie pas n?cessairement que le pays et ses habitants jouisent de la paix. Celle-ci doit ?tre comprise aussi comme le fruit de la justice et de la s?curit?. Car la paix ne peut exister l? o? les uns accumulent et festoient sans arr?t pendant que d?autres manquent du strict minimum, quand l?h?v?a et la noix de cajou du planteur sont vendus ? un prix d?risoire, lorsqu?une minorit? s?enrichit outrageusement sur le dos de la majorit?, l? o? on refuse de partager avec les d?munis les richesses du pays, l? o? on recourt ? la violence alors que la d?mocratie offre aux citoyens de d?battre ou de dialoguer, l? o? le d?tournement et le gaspillage des deniers publics sont devenus monnaiecourante, etc. C?est en refusant de pactiser avec ces anti-valeurs que nous participerons ? l?av?nement d?une C?te d’Ivoire pacifi?e et r?concili?e.Vouloir la paix, ce n?est donc pas se contenter de prier pour elle, ni de discourir sur elle mais agir d?une mani?re qui honore et respecte les autres.Si nous empruntons cette voie, alors ?le d?sert se changera en verger et la droiture habitera dans le d?sert. Et la justice aura sa demeure dans le verger [car] l’?uvre de la justice est la paix, Et le fruit de la justice, le repos et la s?curit? pour toujours. Et [notre] peuple demeurera dans le s?jour de la paix, dans des habitations s?res, dans des asiles tranquilles? (Isa?e 32, 12-18). Jean-Claude DJEREKE

ARTICLE DE BLOG

Le silence et l?indiff?rence de nos fr?res anglophones

Depuis 2011, ann?e o? le guide libyen Mouammar Kadhafi fut assassin? par les troupes de l?OTAN avec le feu vert de Barack Obama, Maliens, Burkinab? et Nig?riens se d?fendent comme ils peuvent contre des terroristes arm?s par des puissances ?trang?res qui veulent faire main basse sur leurs richesses mini?res. Chaque jour, des militaires et civils sont massacr?s dans les trois pays du Sahel mais jusqu’ici aucun pays de l?Afrique « anglophone » n?a r?agi aussi vigoureusement que le Rwanda o? l?anglais a d?tr?n? le fran?ais depuis 2003.En effet, le pays de Paul Kagam? envoya rapidement des soldats en Centrafrique en 2020 et au Mozambique en 2021. Sauf erreur de ma part, je ne suis pas certain que d’autres pays de l?Afrique « anglophone » aient men? une action similaire.Je n?ai pas encore appris que des marches ou des meetings aient ?t? organis?s ? Monrovia, Abuja, Nairobi, Lusaka, Dar es Salam ou Johannesbourg pour soutenir les Africains « francophones » qui, depuis un certain temps, vivent l?enfer sur terre.Je n?ai pas encore entendu dire que des cotisations ont ?t? lev?es ? Freetown, Kampala ou Harare pour soulager les personnes d?plac?es dans les pays de l?AES.En ao?t dernier, les ambassades de ces trois pays ? Washington avaient organis? une collecte de fonds pour venir en aide aux victimes du terrorisme mais aucun diplomate de l?Afrique anglophone n?avait pris part ? l??v?nement. Peut-on se dire h?ritiers des Julius Nyerere, Kwame Nkrumah, Jomo Kenyatta ou Kenneth Kaunda et avoir un tel comportement? L?Afrique du Sud, qui fut aid?e par les autres pays africains quand elle combattait l?apartheid, peut-elle continuer ? rester indiff?rente au combat men? par Bamako, Ouagadougou et Niamey?En 2011, Jacob Zuma avait piteusement retourn? sa veste ? propos de l??lection pr?sidentielle en C?te d’Ivoire parce que Sarkozy avait promis un si?ge permanent ? l?Afrique du Sud, une promesse qui ne se concr?tisa jamais. J?aimerais tant que lui et les autres Africains anglophones se souviennent de Modibo Ke?ta pour qui la solidarit? n??tait pas un mot creux, qui disait ceci: « Partout o? l?homme africain, l?homme tout court, ?tait asservi, bafou?, notre Parti n?a pas recherch? la criminelle m?diation. C?est r?solument qu?il a port? aide ? nos fr?res opprim?s. »J?aimerais tant qu’ils r??coutent la d?claration de l?Alg?rien Ahmed Ben Bella: « Parall?lement ? l?action du Che [Ernesto Guevara], nous menions une autre action pour le sauvetage de la r?volution arm?e de l?Ouest du Za?re. En accord avec Nyerere, Nasser, Modibo Ke?ta, Nkrumah, Kenyatta et S?kou Tour?, l?Alg?rie apportait sa contribution en envoyant des armes via l??gypte ? travers un v?ritable pont a?rien, tandis que l?Ouganda et le Mali ?taient charg?s de fournir des cadres militaires. C?est au Caire, o? nous ?tions r?unis, que nous avions con?u ce plan de sauvetage et nous commencions ? l?appliquer lorsqu?un appel d?sesp?r? nous fut adress? par les dirigeants de la lutte arm?e. Malheureusement, malgr? nos efforts, notre action intervint trop tard et cette r?volution fut noy?e dans le sang par les assassins de Patrice Lumumba. » O? sont les Wole Soyinka, Ngugi Wa Thiongo et autres Ayi Kwei Armah?Pourquoi sont-ils silencieux? ? quel moment ouvriront-ils la bouche? Doit-on penser que la lutte pour l??mancipation de toute l?Afrique ne les int?resse plus? Si « ?tre homme, c’est conna?tre la honte en face d?une mis?re qui ne semblait pas d?pendre de soi »(Antoine de Saint-Exup?ry), ceux qui se taisent devant les malheurs et souffrances des Maliens, Burkinab? et Nig?riens m?ritent-ils encore de porter ce nom d?homme? Jean-Claude DJEREKE

ARTICLE DE BLOG

Paul Biya, 42 ans apr?s : anthologie d’un myst?re

Entre profusion de rumeurs et inflation de d?mentis, le pr?sident de la R?publique, Paul Biya, a regagn? Yaound?, repris son travail au Palais de l?Unit? et ferm? une longue, intrigante et d?testable parenth?se de d?bats sans concession sur un pouvoir qu?il exerce depuis le 06 novembre 1982. Dans l?environnement de la c?l?bration de ses 42 ans de magistrature supr?me, beaucoup, dans le pays et au-del?, feignent de d?couvrir cet homme d??tat hors du commun, qui a pourtant montr? tant de constance et de coh?rence dans un style tout ? fait propre ? lui. Ce texte invite ? une lecture actualis?e de trois invariables de ce ?code Biya? qu?on a peut-?tre tort de consid?rer au premier degr?: l?absence, la distance et le silence. Entrons par une lapalissade: 42 ans de bail au pouvoir est une gageure. Le chef de l??tat lui-m?me ramasse ce record de long?vit? en une de ces formules dont il a le secret: ?ne dure pas au pouvoir qui veut, mais dure qui peut?. Comme plusieurs autres du m?me registre, qui font grand ?cho dans l?histoire politique camerounaise, la p?pite linguistique intervient le 03 juillet 2015 au Palais de l?Unit? ? Yaound?, lors d?une conf?rence de presse conjointe tenue avec Fran?ois Hollande, le Pr?sident francais de cette ?poque. Car depuis, notons-le au passage, la France a connu deux autres Pr?sidents (Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron), et jusqu?? cinq (Jacques Chirac et Fran?ois Mitterrand compl?tant la liste) dans l?intervalle qui correspond ? la somme des mandats successifs de Paul Biya. Sur le champ et de tous horizons, les observateurs, chercheurs, commentateurs et autres influen?eurs se perdent en conjectures ? propos de l??nigme la plus tenace du Cameroun. En attendant que les historiens, avec le recul, d?couvrent la grille d?explication la plus juste, osons une hypoth?se qui reposerait simplement sur une gestion ? bas bruit. Pr?sence discr?te, pouvoir secretPlaignons la presse qui s?est encore fourvoy?e autour de la sempiternelle interrogation dont elle barre inlassablement ses premi?res pages depuis toujours: O? est donc pass? Paul Biya? Des semaines durant, elle y a laiss? ses plumes de fiabilit? et de cr?dibilit?. ? la d?charge de ceux qui font profession de donner l?information ? Dieu sait combien et qui ils sont aujourd?hui – admettons que le sujet est insaisissable. Les sorties du chef de l?Etat, officielles ou priv?es, comme d?ailleurs ses retours, sa participation ou non ? des sommets internationaux, ses actes majeurs et hauts faits de gestion, tout est conduit dans le plus grand secret, invariablement entour? d?un imp?n?trable myst?re. Ce myst?re dont le G?n?ral De Gaulle disait qu?il est l?essence m?me du pouvoir. S?agissant de Paul Biya, cette approche des affaires publiques semble avoir ?t? moul?e dans des ateliers sp?ciaux. Bien s?r, on pense ? ses passages successifs aux s?minaires catholiques d?Akono et d?Ed?a ; puis aux ?tudes sup?rieures, de science politique notamment. On pense aussi ? la vingtaine d?ann?es de structuration ? l?ombre de son pr?d?cesseur Ahmadou Ahidjo qui se d?finissait lui-m?me comme ?un homme discret, certains diront secret?. Mais est-ce suffisant pour comprendre la pr?sence volontairement discr?te de Paul Biya? Oui, si l?on consid?re son apparente absence comme un levier de gestion de son pouvoir. Arr?tons-nous ? d?autres signes distinctifs de ce Cameroun, sur la sc?ne diplomatique par exemple: d?marche feutr?e, parole mesur?e, non-ing?rence, non-alignement, positions en retrait, autant d?options qui, en r?alit?, traduisent l?attachement chatouilleux du Pr?sident ? la sacralit? de la souverainet? du Cameroun.? l?aune des r?sultats, force est de reconna?tre que le pays ne fait pas pi?tre figure. Bien au contraire, on convoquerait volontiers deux illustrations pour en donner la preuve. D?abord l?affaire Bakassi, qui englobe la r?trocession au Cameroun de la p?ninsule ?ponyme et le r?glement d?finitif de la fronti?re terrestre(1680 Km) et maritime avec le Nig?ria. L?heureux aboutissement de ce dossier br?lant est, soulignons-le en gras, l?une des victoires diplomatico-judiciaires les plus retentissantes de l?histoire du Cameroun. Elle aura consacr? une d?marche pertinente et pers?v?rante, jamais exub?rante, mais toujours patiente. Le tout, gr?ce ? une habilet? man?uvri?re admirable dont l?auteur de ces lignes est un modeste et n?anmoins attentif t?moin. Ensuite, il y a la plus actuelle accession de l?ancien Premier ministre Philemon Yang ? la pr?sidence de la 79?me Assembl?e g?n?rale des Nations unies. Qu?un compatriote, discr?tionnairement choisi par le Pr?sident Biya tr?ne ainsi ? la tribune du plus grand c?nacle diplomatique mondial, d?montre aux sceptiques qu?on peut ?tre performant et avoir le triomphe modeste. Dans une autre perspective, il faut relever, de la part du pr?sident de la R?publique, une primaut? marqu?e pour la ma?trise des affaires int?rieures, ce pays ?tant, de mani?re incomparable, r?put? pour ?tre aussi h?t?rog?ne que complexe.Donc, il ne faut surtout pas confondre absence et indolence. ?Paul Biya, c?est comme le vent. On ne le voit pas, mais on le sent?, explique un aparatchick qui pratique le Pr?sident depuis 50 ans. Le fait est tellement pr?gnant dans l??cosyst?me dirigeant que, par une esp?ce de r?flexe pavlovien, tous les responsables publics croient toujours devoir en r?f?rer ? la ?haute hi?rarchie?, y compris dans leurs d?clarations et actes les plus ordinaires. S?il lui arrive d??tre physiquement absent de la m?diasph?re de longues semaines durant, le chef de l??tat est bel et bien omnipr?sent dans tous les esprits. Il y a l?, par ces temps de surexposition de ses homologues ? travers le monde, une vraie curiosit? m?diatique, politique, voire ontologique? ?il d?aigle du pouvoir?La distance est la deuxi?me hypoth?se d?explication de la long?vit? pr?sidentielle. Paul Biya conna?t bien ses compatriotes et leur propension ? se faire valoir. Il n?est pas loin de penser que sans cette distance, nombre d?entre eux s?en iraient r?pandre autour d?eux de vraies fausses confidences sur le mode: ?l?autre jour, le Pr?sident m?a dit?? ; cela, convenons-en, aurait pour effet de d?valoriser la parole pr?sidentielle et d?en d?mystifier l?illustre auteur. On notera aussi que les m?mes compatriotes, et pas des moindres, ont souvent montr? en maintes occasions qu?ils sont plus port?s ? d?fendre leurs int?r?ts familiaux, tribaux et r?gionaux que des causes r?ellement nationales. Perception

ARTICLE DE BLOG

Renaissance du cacao camerounais : entre succ?s et fragilit?

Ces cinq derni?res ann?es, le cacao camerounais a connu une v?ritable renaissance, marqu?e par une embellie spectaculaire qui en fait aujourd’hui une r?f?rence incontournable sur le march? international. Le prix de cette pr?cieuse mati?re premi?re a atteint des sommets in?gal?s, tandis que sa qualit?, autrefois ?clips?e par celle des grandes nations cacaoti?res, a su conqu?rir les palais les plus exigeants. Cette r?surgence, loin d??tre le fruit du hasard, est le r?sultat d’une strat?gie minutieusement orchestr?e et d’un engagement sans faille de tous les acteurs du secteur, avec, en t?te de file, le ministre du Commerce, dont l’impulsion visionnaire et la politique ?nergique ont permis de hisser le cacao camerounais vers de nouveaux horizons. Il serait injuste de ne pas saluer l’ing?niosit? et la d?termination du Ministre du Commerce, Luc Magloire MBARGA ATANGANA, qui a su, par des r?formes audacieuses et une diplomatie commerciale subtile, placer le Cameroun dans une dynamique de production cacaoy?re de plus en plus comp?titive. Le cacao, v?ritable or noir du pays, a b?n?fici? d’un soutien sans pr?c?dent, avec des initiatives visant ? am?liorer la qualit? des f?ves, renforcer les infrastructures agricoles, et diversifier les fili?res de transformation locale. Ainsi, le pays a vu se multiplier les partenariats strat?giques avec les grandes entreprises de chocolat et les acteurs du secteur financier, renfor?ant ainsi la position du Cameroun en tant qu’acteur majeur sur le march? mondial. Cet essor remarquable, cependant, ne doit pas occulter les d?fis auxquels se trouve confront? le secteur. Si le prix du cacao grimpe en fl?che et que la qualit? est aujourd?hui reconnue ? l??chelle internationale, il est imp?ratif de garder ? l?esprit qu?il ne s?agit que d?une ?tape dans un processus bien plus vaste et complexe. En effet, la tentation serait grande de s’endormir sur ces lauriers et de consid?rer cette ascension comme un acquis d?finitif. Or, il convient de se rappeler que la fragilit? du march? mondial, expos? aux al?as ?conomiques, climatiques et g?opolitiques, demeure un facteur de risque majeur pour les producteurs. L’une des priorit?s des prochaines ann?es devrait r?sider dans la consolidation de cette position pr?caire et dans la mise en place de m?canismes solides pour assurer une p?rennit? ? long terme. Le march? mondial du cacao ?tant soumis ? des fluctuations r?guli?res, le Cameroun devrait diversifier davantage ses d?bouch?s, encourager l’innovation dans la transformation locale et assurer une r?mun?ration juste et ?quitable pour ses producteurs. La qualit?, tant recherch?e par les consommateurs europ?ens et internationaux, doit continuer ? ?tre le fer de lance de la strat?gie camerounaise, mais elle ne suffira pas ? elle seule ? garantir la stabilit? du secteur si des mesures structurelles ne sont pas prises pour en s?curiser la rentabilit?. Il est ?galement important de ne pas perdre de vue l?inclusion des producteurs, notamment les petits exploitants et les n?o-cacaoculteurs, dont l?engouement pour la culture du cacao conna?t une croissance exponentielle. Ces derniers, bien que s?duits par la rentabilit? apparente de la fili?re, risquent de se retrouver pris au pi?ge d?un march? qui, ? force de sp?culations et de tensions sur les prix, peut s?av?rer instable. Le d?fi sera de les accompagner dans une d?marche de professionnalisation, de les former aux meilleures pratiques agricoles et de leur offrir un acc?s facilit? aux financements pour s?curiser leur investissement ? long terme. En outre, la durabilit?, aujourd?hui incontournable dans les grandes tendances du march? mondial, doit absolument ?tre au c?ur de cette strat?gie de croissance. Les d?fis ?cologiques, li?s ? la d?forestation, ? l’?puisement des sols ou encore aux d?r?glements climatiques, doivent ?tre anticip?s et int?gr?s dans une d?marche de production ?co-responsable. La mise en place de certifications et de pratiques agricoles durables pourrait ainsi offrir au cacao camerounais un atout suppl?mentaire face ? une concurrence internationale de plus en plus exigeante sur les normes environnementales. Au total, si le cacao camerounais vit une ascension fulgurante, cette r?ussite pourrait se transformer en un mirage si des efforts continus ne sont pas d?ploy?s pour garantir une r?gulation efficace du march?, une stabilit? des prix et une valorisation accrue de la cha?ne de valeur locale. Les producteurs, les n?o-cacaoculteurs et tous les acteurs du secteur doivent redoubler de vigilance, d?innovation et de solidarit? pour que cette success story ne devienne pas une ?piphanie ?ph?m?re, mais bien un mod?le durable et prosp?re pour les g?n?rations futures. Le r?le du gouvernement et des partenaires priv?s, guid?s par une vision claire et pragmatique, reste d?terminant pour sceller la place du Cameroun comme l’un des leaders du march? cacaoyer mondial. Face ? l’Atlantique, le 13 novembre 2024 MOI

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut