Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

ARTICLE DE BLOG

Au Goethe-Institut Kamerun: l?IA se met au service de l?Allemand

L?enseignement de cette langue appel?e ? ?tre r?volutionn? par le digital. Le Cameroun prend un virage num?rique dans l?enseignement de l?allemand. Les 24 et 25 septembre 2025 ? Yaound?, inspecteurs et responsables p?dagogiques se sont r?unis pour leur s?minaire annuel, plac? cette ann?e sous le th?me : ???valuation formative au moyen de l?IA et des outils num?riques au cours d?allemand??. L??v?nement, inaugur? dans les locaux du MINESEC (minist?re des Enseignements secondaires) par Ilka Seltmann (la directrice du Goethe-Institut de Yaound?), le repr?sentant de l?ambassade d?Allemagne et une repr?sentante du minist?re, a mis en exergue le r?le central du Goethe-Institut dans la modernisation p?dagogique du pays. Corpus ? travers des ateliers pratiques et des sessions sp?cialis?es, les participants ont d?couvert comment l?Intelligence artificielle peut transformer l?apprentissage de l?allemand. Prononciation, syntaxe, compr?hension orale : l?IA permet d?sormais de fournir un suivi personnalis? et imm?diat pour chaque ?l?ve, facilitant une ?valuation formative plus pr?cise et motivante. Selon les experts, ces outils num?riques contribuent ? rendre l?enseignement moins centr? sur la m?morisation et plus sur l?interaction et l?adaptation aux besoins de chaque apprenant. La deuxi?me journ?e, organis?e au Goethe-Institut, a permis aux inspecteurs de perfectionner leurs comp?tences sur des plateformes interactives, des logiciels d?apprentissage adaptatif et des syst?mes d?analyse de donn?es ?ducatives. Ces nouvelles pratiques seront relay?es dans les r?gions, assurant ainsi un effet multiplicateur sur l?ensemble des enseignants d?allemand du pays. ??Notre objectif est de former des enseignants capables de tirer pleinement parti des technologies num?riques pour dynamiser leurs cours et renforcer la motivation des ?l?ves??, a expliqu? le Goethe-Institut Kamerun. Le s?minaire souligne ?galement l?importance de l?accompagnement p?dagogique pour garantir une utilisation ?thique et efficace de l?IA. Les participants ont insist? sur le fait que la technologie ne remplace pas l?enseignant, mais devient un alli? pr?cieux pour am?liorer la qualit? et la personnalisation de l?apprentissage. Gr?ce ? cette initiative, le Cameroun se positionne ? la pointe de l?innovation ?ducative en Afrique francophone. Le Goethe-Institut, par son expertise et son engagement, joue un r?le cl? en facilitant la diffusion de m?thodes modernes et interactives. L?introduction de l?IA dans les classes d?allemand ne rel?ve plus de la th?orie : elle devient un levier concret pour transformer l?enseignement et renforcer la ma?trise des langues dans le pays. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Marie-Claude Harvey

R?cemment nomm?e Haut-Commissaire du Canada au Cameroun, a pr?sent? ses lettres de cr?ance ? Yaound? au ministre des Relations ext?rieures, Lejeune Mbella Mbella, le 16 septembre 2025. Sa mission s?annonce exigeante : consolider un partenariat bilat?ral d?j? solide, l?adapter aux enjeux multilat?raux r?gionaux et favoriser la coop?ration dans des secteurs cl?s comme le d?veloppement durable, l??ducation et la s?curit?. La diplomate devra ?galement naviguer dans un contexte g?opolitique complexe, o? ?quilibre et dialogue seront essentiels pour renforcer la pr?sence canadienne et soutenir les projets conjoints.

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8,1 millions

Selon une ?tude de l’Institut Health Effect (IHE) publi?e le 23 septembre 2025, dans le monde en 2021, c?est le nombre de d?c?s pr?matur?s survenus du fait de la pollution de l?air. Pour IHE, cela repr?sente plus d’un d?c?s sur huit dans le monde. Plus de 700 000 de ces d?c?s concernaient des enfants de moins de cinq ans. ? Gaz d??chappement des voitures. Fum?e d?usine. Fum?e des feux de for?t. Il y a de fortes chances que, o? que vous viviez sur Terre, vous soyez expos? ? une forme de pollution atmosph?rique presque tous les jours. Les cons?quences de cette pollution peuvent ?tre d?bilitantes, voire mortelles ?, alerte IHE.

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Ports africains : quand la mar?e basse devient promesse

La mer n?a pas toujours le m?me tempo. Selon la CNUCED, 2025 sera marqu? par un ralentissement in?dit : le commerce maritime mondial n?avancera que de 0,5 %. Une brise faible sur les radars des grandes puissances, mais une houle lourde pour les rivages africains. Car dans un monde o? pr?s de 80 % des ?changes transitent par voie maritime, chaque fr?missement du commerce mondial se r?percute jusqu?aux quais de Douala, Kribi, Lagos, Tema, Abidjan ou Mombasa. Ce coup de frein doit r?sonner comme un ?lectrochoc. L?Afrique ne peut plus se contenter de ses infrastructures vieillissantes, de ses terminaux satur?s et de ses proc?dures administratives interminables. La v?ritable bataille ne se jouera plus seulement sur la capacit? d?accueil mais sur la comp?titivit?. Chaque conteneur, chaque escale, chaque flux logistique sera convoit?. Ceux qui sauront offrir rapidit?, fluidit? et s?curit? remporteront la mise. Les autres resteront ? quai, spectateurs d?une mondialisation qui s??crit sans eux. Or le constat est s?v?re : goulets d??tranglement, corruption end?mique, lenteurs chroniques? trop souvent, les ports africains symbolisent les retards structurels du continent. Derri?re ces obstacles se cache pourtant un potentiel immense. Car un port n?est pas qu?un simple point de d?barquement : c?est une porte d?entr?e vers les march?s int?rieurs, une plateforme d?int?gration r?gionale, un levier strat?gique pour attirer investissements et industries. Dans ce contexte, le ralentissement mondial peut paradoxalement se transformer en chance. Une chance d?acc?l?rer la modernisation, d?investir enfin dans l?automatisation des terminaux, la digitalisation des proc?dures, la fluidit? des corridors multimodaux reliant routes, rails et plateformes logistiques int?rieures. Bref, une chance de passer du bricolage au strat?gique. Les exemples ne manquent pas. L? o? certains ports africains ont engag? de vraies r?formes ? ? Durban, ? Tanger Med, ou dans le hub ?mergent de Kribi ? les r?sultats sont visibles : d?lais r?duits, co?ts ma?tris?s, flux s?curis?s. L? o? rien n?a ?t? entrepris, l?immobilisme se paie cash : cargaisons bloqu?es, armateurs frustr?s, ?conomies ?touff?es. La question n?est donc plus technique. Elle est ?minemment politique. L?Afrique a les moyens financiers, humains et technologiques d?op?rer cette mue. Les partenaires internationaux sont pr?ts ? cofinancer. Les investisseurs priv?s attendent des signaux clairs. Ce qui manque encore trop souvent, c?est la volont? politique de r?duire les rentes, de couper court aux pratiques opaques et de parier sur l?avenir plut?t que sur la survie au jour le jour. Car moderniser un port, c?est bien plus qu?un chantier d?infrastructures. C?est un acte de souverainet?. C?est affirmer que le continent refuse de rester un maillon p?riph?rique, condamn? ? subir les fluctuations impos?es ailleurs. C?est aussi redonner de l?air ? ses ?conomies nationales, offrir ? ses jeunes entrepreneurs des d?bouch?s ?largis, et renforcer une int?gration r?gionale trop souvent r?duite ? des slogans. La mer, en 2025, sera moins g?n?reuse. Mais elle continuera de battre les rivages africains, r?guli?re et exigeante. Aux dirigeants de transformer ce souffle ralenti en opportunit?. ? eux de prouver que les ports africains ne seront plus des goulets d??tranglement mais les portes ouvertes d?une prosp?rit? partag?e. Le ralentissement n?est pas une fatalit?. Il peut ?tre le point de d?part d?une nouvelle histoire : celle d?une Afrique qui, enfin, prend la barre de sa destin?e maritime. Jean-Ren? Meva’a Amougou

Cameroun Actualit?s, MIDIS DE L'INTEGRATION

CAMEROUN/12 OCTOBRE : EN ROUTE VERS LES URNES?

La campagne ?lectorale pour la pr?sidentielle du 12 Octobre au Cameroun est lanc?e officiellement depuis le samedi 27 octobre 2025. Le pr?sident de la R?publique, Paul Biya, a regagn? Yaound? ce 1er octobre, apr?s un court s?jour priv? en Europe. A son arriv?e, une foule enthousiaste s?est mobilis?e pour t?moigner son amour inconditionnel au couple pr?sidentiel, ? quelques jours seulement de l??lection pr?sidentielle. Ce d?placement ? l??tranger n??tait pas qu?une simple parenth?se de repos. Selon des sources du dossier, le chef de l?Etat y a multipli? des rencontres strat?giques, dans la perspective de l??v?nement politique majeur du 12 octobre prochain. Les 11 partis politiques se d?ploient depuis lors, dans les activit?s relatives ? la campagne pr?sidentielle dans toute l’?tendue du territoire. Dans cette ?dition de Cameroun Actualit?s, retrouvez tous les temps forts de ces moments in?dits.

MATINS DE L'INTEGRATION, Reportage

CRADEC/ITIE: Le droit citoyen, des donn?es ouvertes encore inaccessibles

? Donn?e ouverte ? ou ?open data?, est une pratique de publication sous licence ouverte qui garantit un acc?s libre et gratuit aux donn?es num?riques.Cette pratique a ?t? introduite dans la Norme ITIE 2016 ? travers les articles ci-apr?s : 7.1. b : ? Le Groupe multipartite est tenu de convenir d?une politique claire en mati?re d?accessibilit?, de diffusion et de r?utilisation des donn?es ITIE ?.Norme ITIE 7.1. c) : ? Le Groupe multipartite est tenu de rendre le Rapport ITIE disponible en format de donn?es ouvertes (xlsx ou csv) en ligne et faire conna?tre sa disponibilit? ?. 7.2 : ? Le Groupe multipartite est encourag? ? publier des Rapports ITIE qui sont lisibles / consultables ?lectroniquement et ? coder ou baliser les Rapports ITIE et les fichiers de donn?es ?.En 2017, le Comit? ITIE Cameroun a d?fini sa?politique des donn?es ouvertes?dont le pr?sent portail constitue l?un des deux axes prioritaires.

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Le temps presse?

L?Afrique centrale est ? la crois?e des chemins. Alors qu?un quart du commerce mondial s?effectue aujourd?hui en ligne, la sous-r?gion peine encore ? tirer pleinement parti du e-commerce. La rencontre de Douala, qui a r?uni pendant deux jours acteurs du secteur priv?, r?gulateurs et responsables de plateformes en ligne, a mis en lumi?re un imp?ratif : agir vite pour ne pas rester ? la tra?ne. ? Le e-commerce n?est plus un ph?nom?ne marginal ?, souligne Jacob Kotcho Bongkwaha, directeur du march? commun de la CEEAC. ? Il est indispensable d??laborer des politiques adapt?es, de mettre en ?uvre des strat?gies concr?tes et de cr?er un cadre r?glementaire harmonis?. ? L?objectif est clair : permettre ? chaque ?tat de d?velopper sa strat?gie nationale sans entrer en conflit avec celles de ses voisins, et favoriser une int?gration ?conomique r?gionale coh?rente. Plusieurs ?tats disposent d?j? de politiques nationales du commerce ?lectronique. Mais sans harmonisation, ces initiatives risquent de se heurter et de freiner l??mergence d?un march? r?gional unifi?. La rencontre du 23 septembre 2025 ? Douala visait cr?er cette convergence, en r?pertoriant les pr?occupations de tous les acteurs et en ?tablissant un cadre commun qui guidera les futures d?cisions au niveau communautaire. L?enjeu d?passe les aspects techniques : il s?agit de garantir ? l?Afrique centrale une place cr?dible sur le march? num?rique mondial. Le message est sans ?quivoque : pour ne pas rater le train du e-commerce, la sous-r?gion doit agir rapidement, coordonner ses efforts et investir dans les infrastructures num?riques. L?Afrique centrale a les moyens de transformer le commerce ?lectronique en moteur de croissance et d?int?gration. Mais le temps presse : l?opportunit? est r?elle, et l?inaction serait co?teuse. Le futur ?conomique de la sous-r?gion se construit d?s aujourd?hui, dans ces concertations inclusives et strat?giques. D?o? le pr?sent zoom. JRMA

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Afrique centrale : le num?rique s?impose et transforme le quotidien

Dans la sous-r?gion, le digital n?est plus une promesse : il devient une r?alit? qui touche chaque jour davantage de citoyens. Etat des lieux. Selon Jacob Kotcho Bongkwaha, directeur du march? commun de l?organisation, ? le taux de p?n?tration des abonn?s mobiles est pass? de 18 % ? 42 % entre le d?but de la derni?re d?cennie et 2019, et il devrait atteindre 46 % d?ici 2025 ?. Une progression spectaculaire qui illustre l?acc?l?ration des technologies de communication dans la sous-r?gion. L?acc?s ? Internet mobile suit la m?me trajectoire. De 52 millions d?utilisateurs en 2020, le chiffre devrait grimper ? 86 millions d?ici 2025, soit plus d?un tiers de la population. Cette croissance ouvre un terrain fertile pour le commerce ?lectronique et les services digitaux. ? Les smartphones deviennent des passerelles vers des services financiers, ?ducatifs et commerciaux jusque-l? inaccessibles ? beaucoup ?, souligne Dr Sylvie Mbarga, experte en ?conomie num?rique ? Yaound?. Pour les start-up locales, cette r?volution num?rique est une aubaine. ? Nous pouvons d?sormais atteindre des clients dans des zones semi-urbaines et rurales, ce qui ?tait impossible il y a cinq ans ?, explique Alain Tchatchoua, dirigeant d?une plateforme de livraison de produits alimentaires ? Douala. L?inclusion num?rique, jusque-l? un concept, commence ? se traduire en opportunit?s ?conomiques tangibles. Mais la route est encore sem?e d?obstacles. Les infrastructures restent in?gales selon les pays et les zones, et le co?t des donn?es mobiles freine l?acc?s pour de nombreux citoyens. ? On parle de boom num?rique, mais il faut rendre ces services abordables pour que la transition soit v?ritablement inclusive ?, temp?re Fatou Ngoma, consultante congolaise en politiques publiques. Elle insiste ?galement sur la formation aux comp?tences digitales pour pr?parer la population ? tirer pleinement profit de cette r?volution. Les gouvernements ne restent pas inactifs. La CEEAC encourage la cr?ation de plateformes r?gionales de commerce ?lectronique et de solutions de paiement mobile s?curis?es. L?objectif : construire un march? unique num?rique, o? les biens et services circulent librement et o? les citoyens peuvent profiter des avantages du digital. Au-del? de l??conomie, le num?rique transforme d?autres secteurs : ?ducation, sant?, agriculture. Les plateformes d?apprentissage en ligne se multiplient, les consultations m?dicales ? distance se d?veloppent, et les outils connect?s permettent aux agriculteurs de mieux g?rer leurs cultures. ? Cette transition num?rique n?est pas seulement ?conomique, elle change la vie des gens ?, observe Marie-Claude Essola, sociologue camerounaise sp?cialis?e dans les nouvelles technologies. La CEEAC est donc ? un tournant. Entre promesses de croissance, d?fis d?infrastructure et enjeux d?inclusion, le num?rique devient un levier strat?gique de d?veloppement r?gional. Si les efforts se poursuivent pour rendre les services accessibles ? tous, l?Afrique centrale pourrait voir na?tre un march? digital dynamique et int?gr?, capable de transformer durablement son ?conomie et sa soci?t?. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Se mettre en bonne intelligence avec le contexte

Alors que le commerce ?lectronique transforme l??conomie mondiale, l?Afrique centrale cherche ? ne pas rester ? la tra?ne. Pour tirer pleinement parti de ce potentiel, la sous-r?gion doit activer plusieurs leviers essentiels, selon experts et autorit?s communautaires. ? L?investissement dans les infrastructures num?riques est aujourd?hui un imp?ratif. Sans r?seau fiable et rapide, il sera difficile de soutenir la croissance des plateformes en ligne ?, souligne Jean-Marc Biloa, sp?cialiste en ?conomie num?rique. Dans la m?me veine, les experts recommandent de simplifier la fiscalit? et les proc?dures douani?res pour le commerce en ligne, afin de r?duire les co?ts et faciliter les transactions transfrontali?res. Parall?lement, le d?veloppement des comp?tences num?riques figure au c?ur des priorit?s. ? Former la jeunesse aux outils du num?rique, c?est pr?parer l??conomie de demain ?, affirme Marie-Louise Ekoua, consultante en technologies de l?information. Plusieurs programmes de formation sont envisag?s pour renforcer l?employabilit? et encourager l?entrepreneuriat digital. Le cadre r?glementaire constitue ?galement un enjeu majeur. La cr?ation d?une r?glementation harmonis?e au niveau de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (Cemac) pourrait offrir un environnement stable et s?curis? pour les investisseurs et les plateformes locales. ? Le potentiel du commerce ?lectronique en Afrique centrale est immense, mais il doit s?accompagner d?un cadre r?glementaire clair et d?infrastructures fiables pour que les entreprises locales puissent pleinement en b?n?ficier. Une politique r?gionale coh?rente permettra de stimuler l??conomie tout en prot?geant les consommateurs. Il est crucial que les PME locales soient accompagn?es dans leur transformation digitale. Cela passe par des formations cibl?es et des plateformes de paiement s?curis?es, qui garantissent confiance et fluidit? dans les transactions en ligne ?, ajoute Jacob Kotcho Bongkwaha. ? En offrant des solutions adapt?es aux besoins des consommateurs et des entreprises locales, la r?gion pourrait diversifier ses revenus et stimuler l??conomie, tout en r?duisant la d?pendance aux march?s traditionnels ?, postule Jacqueline Adiaba-Nkemb?, sp?cialiste en r?gulation financi?re en zone CEMAC. Avec ces mesures, dit-elle, l?Afrique centrale pourrait progressivement consolider son ?cosyst?me num?rique et g?n?rer de nouvelles opportunit?s ?conomiques. Les efforts conjoints des gouvernements, des entreprises et des acteurs de la soci?t? civile seront d?terminants pour transformer ce potentiel en croissance tangible. JRMA

Grande interview

Dr Sylvie Mbarga: ?les efforts combin?s des pays cr?ent un environnement favorable ? l??mergence d?un march? num?rique solide??

Selon l?experte en ?conomie num?rique, l?Afrique centrale a tout pour se mettre r?solument au diapason de l?e-commerce. ? Pour commencer, quel est l??tat actuel du e-commerce en Afrique centrale ? Le e-commerce en Afrique centrale progresse, mais il reste encore embryonnaire compar? ? d?autres r?gions d?Afrique. Dans la zone CEMAC ? Cameroun, Gabon, Guin?e ?quatoriale, R?publique Centrafricaine, Tchad et Congo ? le taux de p?n?tration d?Internet varie entre 20 % et 40 %, et la population qui fait confiance aux paiements en ligne est encore minoritaire. Le march? est fortement concentr? dans les grandes villes comme Douala, Yaound? ou Libreville, o? l?acc?s ? Internet mobile est plus r?gulier et les services financiers num?riques sont plus d?velopp?s. Le e-commerce y prend diff?rentes formes : certains op?rateurs ciblent le B2C, d?autres le B2B, notamment pour l?import-export de biens manufactur?s et de produits agricoles. Cette croissance est encourageante, mais elle masque encore des disparit?s importantes entre zones urbaines et rurales. Les projections indiquent que le march? pourrait tripler d?ici 2030 si les infrastructures et la r?gulation s?am?liorent, ce qui ferait de la CEMAC un hub r?gional encore sous-exploit?. Douala semble ?tre un point n?vralgique. Pouvez-vous nous d?tailler les initiatives qui y sont mises en place ? Douala est effectivement le moteur ?conomique et num?rique du Cameroun, avec son port et son a?roport international qui facilitent l?import-export et le e-commerce transfrontalier. Plusieurs start-ups locales, en partenariat avec des investisseurs internationaux, d?veloppent des plateformes de vente de produits alimentaires, v?tements, ?lectroniques et biens de consommation courante. L?innovation logistique est ?galement au c?ur de ces initiatives : des entrep?ts automatis?s commencent ? appara?tre, et des solutions de livraison ?last mile? par moto ou mini-camionnettes permettent de desservir des quartiers jusque-l? isol?s. La ville exp?rimente aussi des syst?mes de paiement mobile int?gr?s, souvent en partenariat avec des banques locales et des fintechs, pour s?curiser et acc?l?rer les transactions. Ces solutions permettent non seulement de traiter des paiements en ligne classiques, mais aussi de g?rer des micro-transactions et des abonnements r?guliers, adapt?s ? la r?alit? ?conomique des consommateurs urbains. Douala b?n?ficie ?galement d?un ?cosyst?me dynamique d?incubateurs et de hubs technologiques, comme Douala Tech Hub et Silicon Mountain East, qui offrent mentorat, formation et acc?s ? des financements pour les jeunes entrepreneurs du num?rique. Ces initiatives ont un impact direct sur l??conomie locale : elles cr?ent des emplois, modernisent la cha?ne logistique et favorisent l??mergence d?un march? de consommation num?rique. De plus, elles servent de mod?le pour d?autres villes de la CEMAC, qui observent de pr?s les succ?s de Douala pour adapter leurs propres strat?gies. Enfin, les autorit?s locales ont commenc? ? faciliter l?installation de data centers et ? moderniser les infrastructures ?lectriques et Internet dans les zones industrielles, ce qui renforce encore le r?le de Douala comme hub num?rique r?gional. Quels sont les principaux obstacles au d?veloppement du commerce ?lectronique dans la r?gion ? Les obstacles sont multiples et souvent interd?pendants. Le premier est l?infrastructure num?rique : malgr? les progr?s, la couverture Internet haut d?bit reste irr?guli?re, surtout dans les zones rurales et semi-urbaines. Le co?t de l?acc?s ? Internet est encore prohibitif pour une grande partie de la population. Le deuxi?me obstacle est logistique : les routes en mauvais ?tat, le manque d?adresses standardis?es et l?inefficacit? des services de livraison compliquent la distribution des marchandises. Ensuite, la r?gulation et la fiscalit? sont h?t?rog?nes au sein de la CEMAC, ce qui complique le commerce transfrontalier. Certains pays imposent des taxes ?lev?es sur les ventes en ligne ou sur les produits import?s, rendant les plateformes moins comp?titives. Enfin, le facteur humain est crucial : beaucoup de consommateurs restent m?fiants vis-?-vis des paiements en ligne, et les comp?tences num?riques des commer?ants et clients sont limit?es. Ces obstacles doivent ?tre surmont?s simultan?ment pour que le e-commerce devienne r?ellement inclusif et durable dans la sous-r?gion. Face ? ces d?fis, quels leviers sont actuellement explor?s par les acteurs locaux et les autorit?s ? Plusieurs leviers sont activement explor?s. Les autorit?s publiques travaillent ? renforcer l?infrastructure Internet et mobile, notamment ? Douala et ? Libreville, pour r?duire la fracture num?rique. La CEMAC envisage un cadre harmonis? pour simplifier la fiscalit?, uniformiser la TVA et la douane, et faciliter les transactions transfrontali?res. Les start-ups locales d?veloppent des solutions logistiques adapt?es : centres de distribution r?gionaux, partenariats avec des transporteurs locaux, suivi des livraisons en temps r?el et paiement ? la livraison lorsque n?cessaire. Il y a aussi des initiatives de formation des jeunes entrepreneurs et commer?ants pour d?velopper leurs comp?tences num?riques et am?liorer la qualit? du service client. Enfin, certains programmes pilotes visent ? sensibiliser la population ? l?usage du e-commerce et ? renforcer la confiance des consommateurs via des plateformes s?curis?es et transparentes. Ces efforts combin?s cr?ent un environnement favorable ? l??mergence d?un march? num?rique solide. Peut-on citer des exemples concrets d?initiatives r?ussies dans la sous-r?gion ? Absolument. ? Douala, certaines plateformes alimentaires ont mis en place des entrep?ts connect?s ? une application mobile permettant de suivre les commandes et de g?rer les stocks en temps r?el, r?duisant les ruptures de produits et am?liorant la satisfaction client. Au Gabon, des start-ups d?veloppent des services e-commerce adapt?s aux zones rurales, utilisant SMS ou USSD pour passer des commandes, afin de pallier le faible acc?s Internet. Au Cameroun et au Congo, des accords bilat?raux facilitent d?sormais la circulation des marchandises entre les deux pays, avec des proc?dures douani?res simplifi?es pour le e-commerce. En R?publique centrafricaine et au Tchad, des initiatives de commerce ?lectronique B2B permettent aux commer?ants de s?approvisionner plus facilement en produits import?s. Ces projets illustrent comment l?innovation et l?adaptation locale peuvent surmonter des d?fis majeurs et stimuler l??conomie num?rique. Quel r?le joue la confiance des consommateurs dans cette ?quation ? La confiance est essentielle. Un consommateur doit ?tre s?r que son paiement est s?curis?, que la commande arrivera dans les d?lais et que le service apr?s-vente est fiable. Dans la CEMAC, beaucoup h?sitent encore ? utiliser les cartes bancaires en ligne ou les portefeuilles mobiles, surtout dans les zones rurales. Les plateformes investissent

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