Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Port autonome de Douala

cela fait 150 ans qu’il e x i s t e . Cr?? en 1881 par la firme?allemande Woermann Linie avec l?accord des rois Douala, il passa des simples bateaux-pontons aux premiers quais en b?ton, devenant un hub moderne pour le commerce ouest-africain. Apr?s l?ind?pendance, il fut confi? ? l?ONPC avant de devenir Port autonome en 1998. Aujourd?hui, il reste un pilier strat?gique de l??conomie camerounaise et r?gionale, f?tant son anniversaire entre m?moire et perspectives d?avenir.

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Caisse des D?p?ts ?et Consignations (CDEC) du ?Cameroun ?a engag? des poursuites judiciaires contre ?sept dirigeants d??tablissements de cr?dit pour leur refus de transf?rer des fonds et avoirs d?volus ? ?l?institution. Ces  poursuites concernent des comptes bancaires inactifs et des contrats d?assurance-vie non r?clam?s, dont la gestion incombe l?galement ? la CDEC. Les dirigeants vis?s sont accus?s de non-respect des obligations pr?- vues par le d?cret n?2023/08500/PM du 1er d?cembre 2023, qui encadre le transfert de ces fonds. Cette action judiciaire intervient dans un  contexte de tensions entre la CDEC et certains acteurs du secteur financier, notamment la Commission bancaire d?Afrique centrale (COBAC), concernant la supervision et la r?glementation des caisses de d?p?ts dans la zone CEMAC.  La CDEC, sous tutelle du minist?re des Finances, affirme sa souverainet? et son ind?pendance dans la gestion des fonds  d?volus, conform?ment aux lois camerounaises.

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Lutte contre la corruption fonci?re: entre?fr?missements?d?avanc?es?et?inerties?persistantes

R?unisle25septembre2025 ? Yaound? autour ?de la presse, de la soci?t? civile et de l?administration, ?les acteurs ?du secteur foncier dressent un ?tat ?des lieux contrast? : si des? pas significatifs se font depuis une d?cennie, le chemin vers une gouvernance fonci?re assainie ?demeure sem? d?emb?ches. ? l?initiative de Transparency International (TI) Cameroun, cette conf?rence de presse s?inscrit dans le prolongement d?un programme de suivi des r?formes fonci?res lanc? en 2014. ? Des avanc?es sont rep?rables dans l?am?nagement du dispositif juridique. Mais il reste beaucoup ? faire, au regard de l?indice de corruption qui ressort des enqu?tes de terrain ?, reconna?t Me Njoh Manga Bell, avocat international et figure du plaidoyer pour une transparence accrue dans le domaine. Des progr?s notables Ces avanc?es, les participants les identifient surtout dans le renforcement du cadre normatif. De nouvelles dispositions permettent de clarifier certaines proc?dures d?immatriculation et de r?duire, sur le papier du moins, les zones d?opacit?.  L?implication  croissante de la soci?t? civile dans le suivi  des  dossiers,  la  mise  en place de plateformes de dialogue multipartite et l??mergence d?acteurs locaux de contr?le constituent autant de signaux encourageants. Pour Eric Zobo, chef traditionnel du d?partement de la Leki?, la reconnaissance accrue du r?le des autorit?s coutumi?res est un pas important. ? L?implication des chefs dans le processus d?immatriculation ou de partage du patrimoine foncier contribue ? pr?venir des conflits destructeurs ?, souligne-t-il. Cette valorisation des m?diations traditionnelles r?duit ? terme les tensions r?currentes  qui opposent  familles, communaut?s  et acteurs ?conomiques. Les angles morts Mais ces progr?s restent fragiles et peinent encore ? se traduire  dans  la  pratique  quotidienne. La lenteur des proc?dures, la complexit? des d?marches et les interf?rences politiques entretiennent des zones d?ombre o? prosp?rent les pratiques frauduleuses. Les conclusions de TI sont sans appel : les pots-de-vin  pour  acc?l?rer  un dossier ou trancher un litige restent monnaie courante, et l?accaparement des terres au profit de r?seaux influents alimente la d?fiance des populations. Signe  inqui?tant  :  malgr? l?importance du sujet, la question fonci?re demeure absente des d?bats politiques. ? deux semaines de la pr?sidentielle du 12 octobre 2025, les programmes des candidats brillent par leur silence sur ce   dossier   explosif.   ?Nous sommes surpris de ne pas entendre les pr?tendants ? la magistrature supr?me pr?senter leur vision sur le foncier, alors m?me que c?est une bombe ? retardement. Ou plut?t, devrions-nous dire, une bombe qui explose d?j? chaque jour sous nos yeux ?, mart?le Me Njoh Manga Bell. Un enjeu national vital Le foncier n?est pas qu?une affaire d?experts ou de juristes : il concerne chaque Camerounais. H?ritage familial, base de subsis- tance agricole, levier de d?velop- pement ?conomique, il cristallise des attentes vitales. ? Je mets au d?fi quiconque de ne pas ?tre confront?, directement ou indi- rectement, ? un probl?me de terre dans son village, son quartier ou m?me dans son activit? professionnelle ?, insiste l?avocat. Les participants ? la rencontre de Yaound? s?accordent : seule une mobilisation nationale, int?grant toutes les parties prenantes (pouvoirs publics, autorit?s traditionnelles,   organisations   citoyennes, secteur priv?) permet de d?samorcer cette source chronique de tensions sociales. La sensibilisation, la vulgarisation des lois et la mise en ?uvre effective de r?formes ambitieuses apparaissent comme des conditions incontournables. Entre espoir et vigilance ? l?heure o? la question fonci?re devient un r?v?lateur de la gouvernance nationale, les avanc?es juridiques et institutionnelles m?ritent d??tre salu?es. Mais leur port?e reste limit?e tant que les pratiques sur le terrain ne changent pas. ? Tous les Camerounais doivent  pouvoir vivre d?cemment de ce qui leur est l?gu? en h?ritage : la terre ?, conclut le pr?sident de TI Cameroun, appelant ? hisser ce dossier au rang de priorit? nationale. La lutte contre la corruption fonci?re au Cameroun avance, mais ? petits pas. Et chaque reculade rappelle qu?une r?forme inachev?e se transforme en nouvelle source de frustrations. La bataille pour la terre, vitale et symbolique, reste ouverte. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Cent cinquanti?me anniversaire: Douala, port de r?f?rence dans le Golfe de Guin?e?

Le Premier Ministre, chef du Gouvernement a lanc? le 26 septembre 2025 au port de Douala les festivit?s de ses 150 ans. L?occasion de se pencher sur le r?le capital de cette plateforme pour l’?conomie nationale et sous – r?gionale. La consolidation du commerce ext?rieur, la mobilisation des recettes douani?res et fiscales, la cr?ation de milliers d’emplois sont autant d’acquis de la dynamique engag?e par le top management actuel du Port autonome de Douala (PAD). Et les perspectives sont aussi reluisantes. Une place d?sormais incontournable dans la sph?re ?conomique nationale et Afrique centrale, attest?e par des chiffres. Au c?ur des d?fis actuels, le port de Douala Bonaberi confirme le caract?re strat?gique de son autorit? portuaire, le Port Autonome de Douala. Joseph Nguene Nteppe, Directeur de l?analyse, la prospective et la coop?ration au PAD : ? le port de Douala contribue pour environ 14% des emplois formels cr??s par l?Etat du Cameroun au Cameroun. Ce port repr?sente 70% du commerce ext?rieur du Cameroun. En termes de mobilisation des droits et taxes de douane, c?est 80% de recettes douani?res ?. Des chiffres obtenus gr?ce ? la strat?gie payante du partenariat public-priv?. Le port s’?tend et investit, sans s’appauvrir. ? Nous n?avons pas de licenciements ? caract?re ?conomique. Ce qui d?montre que l??conomie se porte bien ?, indique lorsque Nchechuma Banla, Directeur des ressources humaines au PAD. Au niveau de la Communaut? ?conomique d?Afrique centrale, le port de Douala est ?galement le port des R?publiques Centrafricaine et Tchadienne. En effet, l?essentiel du fret maritime de ces deux pays est g?r? ? partir de la capitale ?conomique du Cameroun. Une performance remarquable qui cherche quotidiennement la perfection. En effet, autant les critiques sont peu nombreuses dans les op?rations d?embarquement et d?barquement des marchandises en faveur de ces deux pays d?pourvus de face maritime, autant les tracasseries routi?res dans l?acheminement ? bon port du fret restent un ?norme d?fi ? relever par les autorit?s camerounaises. L?enjeu : ?viter au Tchad et ? la RCA d?envisager des solutions de contournement du port de Douala. La r?cente actualit? relative aux travaux d’extension du Port de Douala ? Missol? et ? Bonaberi laisse entrevoir des perspectives heureuses pour l??conomie nationale et la sous- r?gion. ? Les perspectives de croissance du trafic le confirment. La confiance des partenaires s?agrandit ?galement. Le port de Douala est train de se positionner comme un p?le majeur dans le Golfe de Guin?e ?, indique -t-on au PAD. Des perspectives qui am?liorent le statut de la place portuaire de Douala, port de r?f?rence dans le golfe de Guin?e.  Bobo Ousmanou avec L?on Bertrand Tanefo (Crtv Littoral)

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Plaidoyer: l??cho catholique de la campagne

Alors que les Camerounais s?appr?tent ? aller aux urnes dans une douzaine de jours, la lettre pastorale de Mgr Samuel Kleda, archev?que de Douala rendue publique le 8 aout 2025, et une vid?o de Mgr Paul Lontsie-Keune, ?v?que de Bafoussam, diffus?e le 31 juillet 2025, n?en finissent pas de susciter des r?actions diverses chez les ?lecteurs, partag?s entre attentes, scepticisme et espoir de changement. ? Douala, la lettre pastorale de Mgr Kleda a ?t? diffus?e dans les paroisses de son dioc?se le 10 aout 2025, ? l?occasion des messes. Elle met en avant des probl?matiques connues : ch?mage, pauvret?, manque de perspectives pour les jeunes. ? C?est notre quotidien ?, confie Pierre, un commer?ant du march? Nkoulouloun. ? Quand l?archev?que en parle, on se sent au moins entendus ?. ? Bafoussam, la vid?o de Mgr Paul Lontsie-Keune a ?t? largement partag?e sur les r?seaux sociaux. On y voit l??v?que insister sur la difficult? des familles ? assurer l?essentiel. ? Beaucoup de parents vivent ce qu?il d?crit ?, commente Aline, enseignante au lyc?e de Ngouach?. ? Ce n?est pas une d?couverte, cela rappelle aux responsables politiques ce qui se passe r?ellement sur le terrain ?. Si certains saluent la prise de parole de l??glise, d?autres se montrent plus prudents. ? Les ?v?ques parlent, mais au final, est-ce que ?a change m?me quelque chose ? ?, s?interroge Joseph, ?tudiant ? l?universit? de Yaound? I. ? Le probl?me, c?est que les dirigeants nous ?coutent rarement ?. Dans plusieurs quartiers, les discussions tournent autour de l?impact r?el de ces interventions. Pour certains fid?les, elles renforcent la n?cessit? d?aller voter. Pour d?autres, elles ne suffisent pas ? lever le sentiment de r?signation. Un rappel sans consigne ?lectorale Les responsables de l??glise insistent sur leur neutralit? : aucune consigne de vote donn?, aucun candidat d?sign?. Mais la port?e de leurs paroles est ind?niable. En ?voquant la pauvret?, ils replacent les enjeux sociaux au centre du d?bat politique. ? Quand un ?v?que parle, il ne dit pas pour qui voter ?, explique Martin, cat?chiste ? la paroisse catholique de M?len ? Yaound?. ? Mais il nous rappelle que rester ? la maison le jour du vote, c?est laisser les autres d?cider ? notre place. Il faut aller rempli son droit civique ?. ? mesure que le 12 octobre approche, ces prises de parole semblent agir comme un rappel collectif. Dans les march?s et les r?unions de quartier, les ?lecteurs en discutent. Certains affirment qu?ils iront voter pour ? essayer quelque chose de nouveau ?. D?autres doutent que les ?lections changent leur situation imm?diate, mais reconnaissent que ? ne pas voter revient ? ne rien tenter ?. Pour beaucoup, le message principal de l??glise est clair : la participation citoyenne est essentielle. Dans leurs sorties, les ?v?ques soulignent que la pr?carit? ne peut ?tre combattue que par des choix politiques adapt?s. ? travers ces interventions, l??glise catholique ne cherche pas ? orienter les suffrages, mais elle rappelle l?importance de la responsabilit? citoyenne. Dans un pays o? l?abstention est souvent ?lev?e, ce rappel r?sonne fortement. Le 12 octobre, les ?lecteurs auront l?occasion de s?exprimer. Reste ? savoir dans quelle mesure ces appels contribueront ? renforcer la participation et ? orienter les attentes autour de la lutte contre la pr?carit?. Tom

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Le billet de la campagne: ? Cameroun, le seul pays o?? ?

? Le Cameroun est le seul pays o? la terre glisse en saison s?che ?. Une phrase peut devenir un rituel quotidien. ? Le Cameroun est le seul pays o?? ? Chaque matin, dans les kiosques ? journaux ou au d?tour des caf?s, elle surgit, suspendue entre le caf? chaud et le regard des passants. ? Le Cameroun est le seul pays o?? ? : des mots qui, ? eux seuls, r?sument le pays, ses paradoxes et ses d?bats, et qui r?sonnent autant dans les discours du palais que dans les meetings de quartier. Au pouvoir, elle est un outil de prestige. On la prononce avec solennit?, comme un mantra, pour vanter les prouesses du gouvernement ou les exploits du pr?sident. ? Le Cameroun est le seul pays o? les routes relient les villages les plus recul?s ?, clame-t-on dans un ton officiel. Ou encore : ? Le Cameroun est le seul pays o? nous avons su pr?server la paix malgr? les crises ?. Et dans les couloirs du pouvoir, chacun r?p?te cette phrase avec la conviction d?un ?cho ininterrompu, comme si l?unicit? du pays se mesurait ? la fr?quence de son invocation. Dans l?opposition, la formule se transforme, se retourne comme un gant. M?me trois mots suffisent ? pointer du doigt les manquements et contradictions : ? Le Cameroun est le seul pays o? des routes annonc?es depuis dix ans restent des r?ves de b?ton ?, ou encore, dans un murmure amer : ? Le Cameroun est le seul pays o? les ?lections se tiennent sans transparence et o? la voix de l?opposition s??teint dans le vacarme du pouvoir ?. La phrase devient un symbole, une fa?on de rappeler aux citoyens que l?exceptionnel peut ?tre aussi synonyme de frustration et d?attente.Dans les rues, elle s?impose comme un refrain familier. Les passants, souvent mi-amus?s, mi-exasp?r?s, se chuchotent la formule, la ponctuent de commentaires ironiques. ? Ebolowa, dans les march?s, on entend : ? Le Cameroun est le seul pays o? m?me les affiches ?lectorales semblent surveiller les opposants ?, et les rires fusent. Dans les salons de coiffure et les caf?s, la phrase vire au mot de passe : elle introduit les conversations sur la vie quotidienne, les promesses non tenues, les espoirs et les regrets. Cette phrase traverse le Cameroun comme une onde invisible. Elle se glisse dans les bulletins d?information, s?accroche aux pancartes des militants, et s?immisce dans les conversations des jeunes et des anciens. Chaque jour, elle rappelle que le pays est unique, mais que cette singularit? peut se lire en plusieurs sens : celui de la fiert? comme celui de l?ironie. Elle est le miroir de notre soci?t?, o? chaque mot compte, o? chaque nuance est scrut?e, et o? la parole publique devient un instrument de s?duction ou de critique. Et pourtant, malgr? sa r?p?tition, la phrase conserve sa puissance. Comme si l?entendre chaque jour, dans des contextes diff?rents, rappelait aux Camerounais que l?exception n?est jamais univoque. Le Cameroun est le seul pays o? trois mots peuvent signifier tout et son contraire, o? la m?me phrase se retrouve sur les l?vres du ministre et du militant, sur les pancartes du pouvoir et celles de l?opposition, et dans le murmure des citoyens attentifs ? chaque mot prononc?. ? force de l?entendre, on finit par l?int?grer ? notre quotidien. Elle devient un guide ironique ou s?rieux selon les moments, un leitmotiv qui traverse les caf?s, les radios, les places publiques et m?me les r?unions de famille. Chaque jour, elle s?impose, comme un ?cho du pays lui-m?me, unique et pluriel, paradoxal et fascinant. Et l?on se surprend ? sourire, ? r?fl?chir, parfois ? se f?cher, devant cette phrase qui, malgr? sa simplicit?, capture l?essence d?un pays o? tout peut sembler possible et impossible ? la fois. Oui, le Cameroun est le seul pays o? une phrase peut vivre sa vie propre, d?passer les intentions de ceux qui la prononcent et s?installer dans l?imaginaire collectif. Et chaque jour, elle revient, inlassable, imposante, famili?re, nous rappelant que dans ce pays, m?me trois mots peuvent tout dire. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Paris et Yaound?: entre rapports diplomatiques et soutien ?lectoral

Alors que la France reconna?t pour la premi?re fois sa responsabilit? dans les violences durant la guerre d?ind?pendance camerounaise, les investissements ?conomiques, les nominations diplomatiques et la retenue dans les discours politiques tracent une strat?gie d??quilibre ? quelques mois d??ch?ances ?lectorales sensibles au Cameroun. Une visite marquante ? ?toudi Lors de son audience d’adieu avec le pr?sident Paul Biya le 29 ao?t 2025, l’ambassadeur de France Thierry Marchand exprime une appr?ciation positive du chef de l’?tat camerounais. Il souligne que Paul Biya est ? conscient et inform? de la r?alit? des sujets ? abord?s, et ajoute : ? Je l’ai retrouv? exactement dans le m?me ?tat d’esprit, et avec la m?me attitude ?. Alors que les camerounais doutent de la capacit? de leur Chef d?Etat ? assumer pleinement un nouveau mandat, Marchand pr?cise que le pr?sident camerounais ? tient v?ritablement les r?nes du pays ? et qu’il est ? pr?t ? s’engager dans une campagne pr?sidentielle pour un nouveau mandat ?. Ces d?clarations sont interpr?t?es par certains observateurs comme un soutien fran?ais implicite ? la candidature de Paul Biya pour un huiti?me mandat. Cependant, elles suscitent des critiques, certains y voyant une ing?rence dans les affaires int?rieures du Cameroun. Et pourtant, l?ancien ambassadeur de France au Cameroun a d?clar? : ? la constance et la profondeur de la relation franco-camerounaise doivent ?tre pr?serv?es, dans le respect mutuel et le dialogue sinc?re ?. Selon Lejeune Mbella Mbella, ministre camerounais des Relations Ext?rieures, cette visite s?inscrit dans une d?marche de renforcement des liens traditionnels, sans vouloir ? instrumentaliser la diplomatie ? des fins politiques internes ?. 65 millions d?euros pour la mobilit? urbaine ? Yaound? Alors que Paul Biya, candidat ? sa propre succession est critiqu? pour la gestion calamiteuse des voiries urbaines et interurbaines, un financement de 65 millions d?euros de la France pour des projets routiers ? Yaound? est annonc?. L?Agence Fran?aise de D?veloppement (AFD) justifie ce soutien par la n?cessit? d?am?liorer les infrastructures urbaines, de d?congestionner la circulation et de faciliter le transport des biens et des personnes. Pour l??conomiste camerounais Rodrigue Nana Ngassam, ? ce type d?investissement, au moment o? la population ressent fortement les lacunes des infrastructures, est porteur d?une forte attente, non seulement technique, mais aussi politique : il prouve que la coop?ration reste concr?te ?. Non-ing?rence : posture diplomatique ou strat?gie calcul?e ? Sur les contentieux pr?-?lectoraux, l?opposition camerounais estime avoir ?t? handicap? en toute violation des r?gles d?mocratiques, la France adopte une posture de silence officiel. Un porte-parole du minist?re camerounais des Affaires ?trang?res aurait d?clar? anonymement que Paris ? n?a pas vocation ? interf?rer dans les processus ?lectoraux camerounais ? et souligner son attachement ? au respect de la souverainet? nationale des pays partenaires ?. Diplomatie ou soutien ?lectoral d?guis? ? Le gouvernement camerounais soutient que les interventions de la France (qu?il s?agisse de financements d?infrastructures ou de coop?ration institutionnelle) sont ? b?n?fiques ? pour le d?veloppement national. Comme le rappelle Lejeune Mbella Mbella, ? le fait que les partenariats servent l?int?r?t national ne doit pas ?tre per?us comme des ing?rences ?. Si la reconnaissance historique r?cente par la France de sa responsable dans la r?pression des ind?pendantistes camerounais marque une avanc?e dans la m?moire commune, les prochains mois seront d?terminants quant ? la fa?on dont Paris et Yaound? jugulerons la tension entre coop?ration et souverainet? politique. Le choix du nouvel ambassadeur, la transparence sur l?usage des financements, la responsabilit? dans la gestion d?mocratique des ?lections, tout cela sera scrut? non seulement par les ?lites mais par la soci?t? civile camerounaise. Tom

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USA?Cameroun: entre ?lections et lutte antiterroriste

La semaine pass?e, Yaound? a vu d?filer deux visiteurs de poids : l?ambassadeur am?ricain et le chef de l?Africom, le commandement militaire am?ricain pour l?Afrique. Ces rencontres avec Paul Biya montrent que Washington revient sur le devant de la sc?ne camerounaise. Mais ce retour soul?ve une question centrale : les ?tats-Unis veulent-ils aider ? consolider la d?mocratie camerounaise ou privil?gient-ils avant tout la s?curit? r?gionale ? La s?curit? avant tout Depuis plus d?une d?cennie, le Cameroun est confront? aux attaques de Boko Haram et de ses factions dans le bassin du Lac Tchad. Pour les ?tats-Unis, ce dossier est prioritaire. La visite du g?n?ral Michael Langley ? Yaound? n?a laiss? aucun doute : Washington consid?re le Cameroun comme un partenaire militaire incontournable. ? Les ?tats-Unis ne peuvent pas se permettre de voir vaciller un ?tat pivot de la stabilit? r?gionale ?, rappelle le politologue camerounais Mathias Eric Owona Nguini. En clair : l?enjeu s?curitaire prime sur le reste. Des financements qui reviennent Apr?s une p?riode de froid diplomatique et la suspension de certains programmes, Washington a annonc? le retour de financements, notamment pour la sant? et les infrastructures. Ces appuis rappellent que les ?tats-Unis ne veulent pas se couper totalement d?un pays strat?gique. Pour l?universitaire Jean Hassane, ? il s?agit d?une diplomatie d??quilibre : maintenir l?influence am?ricaine sans donner l?impression d?un soutien aveugle au r?gime ?. Les financements sont donc un signal de rapprochement, mais ils restent encadr?s. Silence sur les querelles ?lectorales Mais un sujet reste d?licat : la gestion des contentieux pr?-?lectoraux au Cameroun. Alors que la soci?t? civile et l?opposition d?nonce des irr?gularit?s, les officiels am?ricains se montrent tr?s discrets. Interrog? sur le sujet, l?ambassadeur am?ricain a r?sum? la position de Washington : ? Le choix des Camerounais appartient aux Camerounais eux-m?mes ?. Autrement dit, pas d?ing?rence. Une neutralit? qui peut ?tre per?ue comme un signe de respect? ou comme un calcul pour ne pas froisser un r?gime encore solidement install?. Entre urnes et kalachnikovs Le dilemme est clair : les ?tats-Unis veulent ? la fois appara?tre comme des partenaires de la d?mocratie et d?fendre leurs int?r?ts strat?giques. Mais en donnant la priorit? ? la lutte antiterroriste, ils prennent le risque d??tre accus?s de double discours. Cette tension entre urnes et kalachnikovs n?est pas propre au Cameroun : elle traverse toute la politique africaine de Washington. Mais ici, elle prend une r?sonance particuli?re, dans un pays o? la question de la succession pr?sidentielle reste ouverte. Tant que ce flou persistera, la relation USA?Cameroun restera faite d??quilibres fragiles, o? la s?curit? l?emporte sur la d?mocratie. Tom.

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

L?aide que nous voulons

On ?tait le 13 avril 2020 et le coronavirus faisait rage. Emmanuel Macron d?clara: « Nous devons savoir aider nos voisins d?Afrique. » Une d?claration aussi mensong?re que le r?ve de certains missionnaires de sauver les Africains de la barbarie et de l?enfer car Maliens, Ivoiriens et Nig?riens ne sont pas voisins de la France. Les voisins de la France, ce sont les Italiens, les Espagnols, les Belges et les Anglais.Cinq ans plus tard, le Premier ministre du Burkina Faso a r?cemment r?pondu ? Macron en affirmant que son pays ne veut pas d?aide, ne veut rien de la France. Pour ma part, j?ajouterais simplement ceci: que les dirigeants fran?ais s?occupent des gens qui les ont ?lus et dont la vie devient de plus en plus difficile. Nous Africains, s?il y a une aide que la France d?sire nous apporter, c’est de ne plus se m?ler de nos affaires, de nous laisser r?gler nos probl?mes nous-m?mes. Sa fameuse aide ne nous a gu?re fait avancer. Comme le disait Thomas Sankara, « nous encourageons l?aide qui nous aide ? nous passer de l?aide ». Depuis que la France a ?t? chass?e des trois pays de l?AES (Mali, Burkina et Niger), ces pays-l? ont-ils disparu? Non. J?ai plut?t entendu qu’ils se portent beaucoup mieux qu’avant. ? bon entendeur, tant pis (c?est la formule d?Abdoulaye Ma?ga)! Jean-Claude Dj?r?k?

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Pr?sidentielle du 12 octobre: urnes, diaspora et regards ?trangers

? quelques semaines du 12 octobre, le Cameroun s?appr?te ? voter dans un contexte international tr?s observ?. Entre mobilisation de la diaspora, influence diplomatique et enjeux g?opolitiques, cette ?lection d?passe largement les fronti?res du pays. Un scrutin sous haute surveillance Pour la premi?re fois, la pr?sidentielle camerounaise attire l?attention du monde entier. Le gouvernement a ouvert la p?riode d?accr?ditation pour les observateurs ?trangers, notamment ceux de l?Union africaine. Le ministre des Relations ext?rieures, Lejeune Mbella Mbella, a insist? sur le respect des conventions internationales et la protection des missions diplomatiques. Ces mesures montrent que Yaound? souhaite donner une image de transparence et rassurer ses partenaires internationaux. Les observateurs seront l? pour suivre le d?roulement du vote et veiller ? la r?gularit? du processus. La diaspora, un acteur cl? La diaspora camerounaise p?se de plus en plus dans le d?bat politique. Des Camerounais vivant en Europe, en Afrique de l?Ouest ou en Am?rique participent activement au scrutin. Ils relaient des informations sur les r?seaux sociaux, organisent des p?titions, des collectes de fonds et des campagnes de sensibilisation. ? La diaspora est devenue un acteur politique incontournable ?, note le politologue Mathias Eric Owona Nguini. ? Elle peut amplifier les mobilisations locales et attirer l?attention internationale sur le scrutin ?.Certaines communaut?s ? l??tranger, pr?parent activement le vote, illustrant leur r?le croissant dans la vie politique camerounaise. Pressions et enjeux internationaux Au-del? du vote, des puissances ?trang?res observent et parfois interpellent le gouvernement camerounais. La France, par exemple, a r?cemment reconnu son r?le historique dans la guerre contre les ind?pendantistes camerounais, un geste qui p?se sur le contexte diplomatique. D?autres pays suivent de pr?s la pr?sidentielle, pr?occup?s par la gouvernance et le respect des droits humains.Le 12 octobre sera plus qu?une ?lection pr?sidentielle. Entre urnes, diaspora mobilis?e et diplomatie internationale, chaque acteur (sur place ou ? l??tranger) contribuera ? la mani?re dont ce scrutin sera per?u au Cameroun et dans le monde. La pr?sidentielle se joue autant dans les bureaux de vote que sur les r?seaux, dans les ambassades et sur la sc?ne internationale. TOM

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