Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Le billet de la campagne: sacr? 12 octobre 2025

La campagne pr?sidentielle ! Ce moment de l?ann?e o? le pays se transforme en une gigantesque ar?ne politique, mi-cirque, mi-salon de th?. Le 12 octobre approche et, comme toujours, les derniers jours sont un v?ritable festival d?inattendus. Entre d?sistements, retournements de veste et promesses qui s?envolent plus vite qu?un ballon de baudruche, les ?lecteurs assistent ? un spectacle digne des meilleures com?dies de boulevard. D?abord, les d?sistements. Chaque campagne a ses h?ros? et ses victimes. Il y a ceux qui, apr?s avoir clam? haut et fort leur d?termination, disparaissent soudainement comme par magie. Les meetings deviennent des monologues solitaires, les banderoles s?ennuient sur les murs, et les militants regardent autour d?eux avec l?air de dire : ? Mais o? est pass? le candidat ? ? C?est un peu comme inviter des amis ? un barbecue et d?couvrir que le chef cuistot a pris le train pour la Lune. Puis viennent les retournements de veste, ce sport national qui fait trembler les calculatrices ?lectorales. Un jour, vous soutenez le candidat A ; le lendemain, vous ?tes pris en photo avec le candidat B, le sourire forc? et le poing lev?, comme si vous aviez toujours ?t? l?. Les alliances se font et se d?font plus vite que les hashtags sur les r?seaux sociaux. Les observateurs tentent de suivre, mais ? ce rythme, m?me un GPS perdrait le nord politique. Et au milieu de tout cela, l?effervescence populaire. Le peuple, lui, se prend au jeu avec une ferveur qui pourrait rivaliser avec celle des supporters de football. Les meetings deviennent des f?tes, les discours des concours d??locution, et chaque poign?e de main un acte h?ro?que digne d?un roman d?aventure. On s??merveille, on s?indigne, on rit parfois aux ?clats ? surtout quand un candidat promet de r?soudre tous les probl?mes du pays en une seule journ?e. Ah, l?optimisme politique ! Le 12 octobre, point culminant de cette campagne, se profile donc comme un rendez-vous ? ne pas manquer. Les ?lecteurs attendent, les journalistes se pr?parent ? d?gainer leurs stylos, et les candidats r?p?tent leurs discours, esp?rant que cette fois-ci, personne ne leur fera faux bond. Et si certains retournent encore leur veste ? la derni?re minute, eh bien, tant pis : le spectacle continue, et le pays, lui, regarde, applaudit et parfois pouffe de rire. Car, apr?s tout, la politique a toujours ?t? une sc?ne o? l?humour se glisse l? o? on ne l?attend pas. Entre d?sistements spectaculaires, alliances improbables et promesses mirobolantes, il faut savoir sourire. Le peuple, m?me ?bahi, trouve toujours mati?re ? rire : un geste maladroit, une phrase sortie de son contexte, un meeting qui tourne au th??tre d?improvisation. Dans cette com?die ?lectorale, chacun joue son r?le, et le 12 octobre s?annonce comme le grand final d?un spectacle que l?on n?oubliera pas de sit?t. Alors, que vous soyez fervent supporter ou simple spectateur, pr?parez vos lunettes de spectateur et votre sens de l?humour : la campagne pr?sidentielle se termine en fanfare, et personne ne sait vraiment qui rira le dernier. Mais une chose est s?re : entre d?sistements, retournements de veste et effervescence populaire, le 12 octobre restera grav? dans les m?moires comme le jour o? la politique s?est transform?e en une com?die o? chacun joue son r?le? parfois m?me sans l?avoir pr?vu. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Quand les petites phrases font la grande campagne

Entre punchlines ?lectorales, confessions publiques et r?pliques dignes d?un concours de stand-up, le Cameroun se d?couvre une nouvelle passion : la politique en version slam. Elles fusent comme des balles de ping-pong dans l?ar?ne ?lectorale. Les petites phrases de la pr?sidentielle 2025 sont devenues des missiles politiques, des friandises m?diatiques, des morceaux de spectacle ? ciel ouvert. On ne parle plus seulement de projets, mais de punchlines. Dans un pays o? le verbe a plus de pouvoir qu?un d?cret, les candidats soignent leurs mots comme des griots modernes. Cabral Libii, en technicien du langage et du s?rieux, ouvre le bal : ? Je ne promets pas le miracle, je promets le travail ?. Une phrase qui fleure la rigueur administrative et la sueur honn?te. Sobre, presque protestante dans un univers de promesses cath?drales. Mais sur les r?seaux, la malice fuse : ? Tr?s bien, mais avec quel budget ? ? Face ? lui, Akere Muna endosse la toge du philosophe r?publicain : ? Le changement commence dans nos t?tes ?. Morale impeccable, mais parfois mal comprise. Certains y voient un appel ? l?introspection nationale, d?autres un aveu d?impuissance : quand tout se passe ? dans la t?te ?, que reste-t-il dans la marmite ? Les humoristes involontaires de la R?publique Puis surgit Issa Tchiroma, l?infatigable. L?homme que m?me les temp?tes minist?rielles n?ont jamais renvers?. Devant un public m?dus?, il l?che : ? Je demande pardon aux Camerounais ?. Silence. Puis tonnerre. Les uns applaudissent, les autres toussent de surprise. Le verbe haut de la R?publique, celui qui autrefois fustigeait l?opposition avec la vigueur d?un tambour, d?couvre soudain le ton de la confession. Certains s?attendait ? un programme, ils ont eu un acte de contrition. Et tout le monde en parle. C?est dire si, parfois, la politique peut aussi se jouer sur le divan. Un autre candidat, plus r?gional mais tout aussi inspir?, balance la bombe : ? Yaound? n?est pas le Cameroun ?. La phrase explose dans les quartiers, s?imprime sur les pagnes, s?envole sur TikTok. Elle dit tout, sans tout dire : la centralisation, la marginalisation, la soif de reconnaissance. Bref, du concentr? de revendication en huit mots. M?me le camp du pouvoir, longtemps sobre, se met ? la formule choc. Un ministre-candidat tacle : ? Gouverner, c?est rassembler, pas d?m?nager la capitale ?. Une r?plique taill?e pour les breaking news, qui allie humour et ironie, tout en soulignant les clivages de la campagne. Quand les r?seaux deviennent les urnes du verbe Aujourd?hui, les phrases ne vivent plus dans les meetings, mais dans les stories. Le communicant d?un candidat l?avoue : ? Avant, on ?crivait des discours. Maintenant, on ?crit pour TikTok ?. R?sultat : les meetings ressemblent ? des plateaux de com?die politique. Les punchlines s?encha?nent, le public rit, filme, commente. Et le lendemain, tout se joue en ligne : qui a gagn? la bataille du buzz ? Qui a sorti la ? phrase du jour ? ? La politique devient un art du tempo et du trending topic. Et dans cette valse num?rique, une v?rit? s?impose : celui qui parle bien, vit bien. Au fond, ces petites phrases racontent un grand malaise et un grand talent. Malaise d?un d?bat public o? la forme l?emporte sur le fond. Talent d?une g?n?ration de politiciens qui ont compris que, dans un pays de conteurs, il faut savoir captiver avant de convaincre. Mais attention : ? force de confondre la politique et le show, on risque de transformer les urnes en sc?nes et les ?lecteurs en spectateurs. Le Cameroun m?rite mieux que des slogans : il m?rite des solutions. Reste que, d?ici au scrutin, la bataille du verbe continue. Et si le prochain pr?sident se d?cidait, au fond, ? coups de petites phrases ? Jean Ren? Meva’a Amougou

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Joseph Tedou

Directeur de l?Institut national de la statistique (INS), il vient de signer avec l?unit? de gestion du Projet filets sociaux adaptatifs et d?inclusion ?conomique (PFS-AIE), protocole d?accord permettant ? d?identifier 10 500 nouveaux m?nages b?n?ficiaires dans le cadre du 8? cycle des transferts mon?taires ordinaires, ? partir des donn?es de l?Enqu?te sur les conditions de vie des m?nages (CVTS) ?. Selon le patron de l?INS, cela ? donnera un nouveau souffle ? la lutte contre la pauvret? et offrira ? des milliers de m?nages une chance r?elle de sortir de la pr?carit? ?.

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500 milliards FCFA

En moins de quatre mois, c?est la somme que l?Agence de promotion des investissements du Cameroun (API) a r?ussi ? s?curiser (sous forme d?investissements) dans des secteurs strat?giques tels que l??nergie, l?agriculture, les infrastructures et les technologies. Cette performance t?moigne de l?efficacit? de l?API ? attirer des capitaux et ? stimuler l??conomie nationale. Selon l?API, cette dynamique in?dite pourrait redessiner le paysage de l?investissement au Cameroun, renfor?ant la confiance des investisseurs locaux et ?trangers. En favorisant des projets ? forte valeur ajout?e, l?API entend cr?er des emplois, moderniser les infrastructures et soutenir la diversification ?conomique. Cette avanc?e rapide illustre la capacit? du Cameroun ? mobiliser et canaliser les ressources pour un d?veloppement durable et inclusif, tout en consolidant son attractivit? sur la sc?ne africaine et internationale.

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Assainissement ? Yaound?: entre annonces ambitieuses et r?alit?s persistantes

Dans une r?cente sortie m?diatique, le maire Luc Messi Atangana ?voque une nouvelle phase en mati?re de propret? urbaine. En 2022, la Communaut? urbaine de Yaound? (CUY) a ouvert ? la concurrence le secteur de la collecte et du transport des d?chets. L?arriv?e de Thychlof Sarl, aux c?t?s d?Hysacam, devait am?liorer la couverture et la r?gularit? du ramassage. Sur le papier, les taux de collecte progressent. Dans les faits, de nombreux quartiers p?riph?riques continuent d??tre oubli?s, livr?s ? eux-m?mes ou contraints d?improviser des d?charges sauvages. La propret? du centre-ville contraste avec les collines surpeupl?es des arrondissements p?riph?riques, o? les camions passent rarement. C?t? traitement, la mairie mise sur un projet de valorisation des d?chets en n?gociation avec des investisseurs ?trangers. Une perspective s?duisante, mais encore hypoth?tique. La d?charge de Nkolfoulou, satur?e depuis des ann?es, continue d?accueillir des tonnes de d?tritus chaque jour, faute d?alternative imm?diate. L?annonce d?une nouvelle d?charge ? Ongot, dans le 7? arrondissement, suscite ? la fois espoir et inqui?tude : espoir d?une meilleure organisation, inqui?tude pour les riverains, souvent tenus ? l??cart des d?cisions. Le maire revendique aussi un progr?s dans la gestion des d?chets liquides. La station de traitement des boues de vidange d?Etoa, ouverte en 2021, devait mettre fin aux pratiques insalubres. Si elle a r?duit les vidanges sauvages, sa capacit? reste limit?e face ? l?ampleur des besoins. La ville ne dispose que d?une vingtaine de camions pour assurer la navette entre les m?nages et le site, un nombre d?risoire pour une m?tropole de plusieurs millions d?habitants. Soutenu par l?Association internationale des maires francophones (AIMF), le projet a permis la formation de quelques op?rateurs priv?s, mais la professionnalisation du secteur demeure embryonnaire. Entre ambitions modernistes et contraintes budg?taires, Yaound? semble avancer ? pas mesur?s sur un terrain glissant : celui d?un assainissement encore d?pendant d?investisseurs ?trangers et de d?cisions centralis?es. Car si les annonces abondent, le citoyen, lui, attend toujours de voir la promesse d?une ville propre se mat?rialiser au coin de sa rue. Ongoung Zong Bella

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Lutte contre le paludisme: des h?teliers s?en m?lent

Afin de renforcer la confiance des visiteurs et de pr?server leur sant?, une cinquantaine de propri?taires d?h?tels ont adopt? un plan d?action interne de pr?vention de la maladie. Dans un contexte o? le paludisme reste une menace sanitaire majeure au Cameroun, certains acteurs du secteur touristique ont d?cid? de prendre les devants. Leur initiative, apprend-on, s?inscrit dans une dynamique de collaboration entre le secteur priv? et les institutions publiques. Les mesures ? mettre en ?uvre ont ?t? d?finies lors d?un atelier organis? r?cemment ? Yaound?, sous l??gide du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), du minist?re du Tourisme et de l?organisation Impact Sant? Afrique. L?objectif : faire du tourisme au Cameroun une exp?rience s?re, o? la protection contre cette maladie mortelle ne rel?ve plus du hasard. Selon les participants, ces engagements ne se limitent pas ? de simples d?clarations d?intention. Les h?tels concern?s pr?voient de renforcer la formation de leur personnel sur les m?thodes de pr?vention, d?assurer une surveillance r?guli?re des installations pour ?viter la prolif?ration des moustiques et de sensibiliser les clients sur les gestes simples mais essentiels pour se prot?ger. Des campagnes de pulv?risation cibl?e, l?installation de moustiquaires impr?gn?es d?insecticide dans les chambres et la mise ? disposition de produits r?pulsifs figurent ?galement parmi les mesures envisag?es. Enjeu Le choix de cibler le secteur h?telier n?est pas anodin. Le tourisme repr?sente pour le Cameroun un levier strat?gique de d?veloppement ?conomique, avec l?ambition d?attirer 3,5 millions de visiteurs d?ici 2030. Or, le paludisme, responsable de pr?s de 3 millions de cas et de plus de 2?000 d?c?s recens?s en 2024 selon le PNLP, constitue un frein significatif ? cette ambition. La mise en ?uvre de plans de pr?vention dans les h?tels peut donc constituer un signal fort pour les touristes, rassur?s par l?attention port?e ? leur sant?. Pour les experts, cette initiative marque un tournant dans la gestion de la sant? publique au sein du secteur priv?. ? C?est une d?marche proactive qui montre que le tourisme et la sant? peuvent aller de pair ?, souligne un repr?sentant du PNLP. ? La collaboration entre les institutions et les h?teliers est essentielle pour transformer cette ambition en r?alit? concr?te ?, ajoute-t-il. Au-del? des b?n?fices imm?diats pour les visiteurs, les h?tels engag?s esp?rent ?galement am?liorer leur image et fid?liser une client?le sensible ? la qualit? des services et ? la s?curit? sanitaire. Dans un contexte mondial o? la sant? est devenue un crit?re central du choix des destinations, ces initiatives peuvent constituer un avantage comp?titif pour le Cameroun, qui cherche ? se positionner comme une destination s?re et accueillante. Toutefois, le succ?s de ce plan d?pendra de la rigueur avec laquelle ces mesures seront appliqu?es et suivies dans le temps. Le PNLP et ses partenaires ont pr?vu un dispositif d?accompagnement et de suivi pour ?valuer l?efficacit? des actions mises en place et partager les bonnes pratiques entre ?tablissements. Le but est clair : cr?er un mod?le de pr?vention durable qui pourrait, ? terme, ?tre ?tendu ? l?ensemble des h?tels du pays. Alors que la saison touristique s?annonce cruciale pour le Cameroun, ces initiatives constituent une ?tape significative vers un tourisme s?curis? et responsable, capable de concilier d?veloppement ?conomique et protection de la sant? publique. Les prochains mois permettront de mesurer si cet engagement traduit r?ellement une avanc?e tangible dans la lutte contre le paludisme dans les lieux de loisirs. Jean Ren? Meva’a Amougou

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Humeur: la soci?t? civile, un instrument du savoir, au-del? de l’?mancipation et de l’?ducation ? la citoyennet?

Dans un monde objet aujourd’hui de mutations, de multiples transformations sociales, g?opolitiques et g?ostrat?giques ; en particulier l?Afrique a besoin de sens, de ligne directrice, d?alternatives plurielles, de projets innovants et de perspectives nouvelles. Face ? l’ampleur de ces bouleversements aussi bien qu’? l’urgence de ces interrogations, la n?cessit? de repenser le r?le de la soci?t? civile dans un environnement o? les hommes politiques et les intellectuels camerounais sont frapp?s de discr?dit pour leurs errances politiques, leurs erreurs de jugement, de d?rives id?ologiques donc certains sont menac?s de disparition. La soci?t? civile dans ses missions de veille, d’?veil, de contr?le, d?influence, d?arbitre d’impartiale, en aigle face ? la temp?te doit :1-Se d?marquer par la bonne analyse des politiques et un plaidoyer en jouant le r?le de m?diateur entre les pouvoirs publics et le peuple profond pour favoriser la bonne gouvernance ;2-Par la r?glementation, le suivi des performances de l’action de l’?tat et du comportement des agents publics ;3-Par le renforcement du capital social permettant aux citoyens d’identifier, d’exprimer leurs valeurs, leurs croyances et leurs normes civiques dans un processus d?mocratique, pour une culture politique transculturelle et consensuelle.Elle se doit d’?tre un instrument important qui aident les institutions ? devenir plus fortes, transparentes, responsables et inclusives dans leurs processus d?cisionnels, leurs services et leurs projets. S.E Paul Biya, candidat sortant ? la prochaine ?lection pr?sidentielle du 12 octobre publiait je cite sur son compte x courant 2025 :La soci?t? civile camerounaise est d’un dynamisme remarquable et d’une contribution appr?ci?e ? l’?ducation ? la citoyennet?, ? la promotion des causes de natures diverses (politique, ?conomique, culturelle, environnementale, corporatiste, etc). Ma conviction est qu’il n’y a pas de r?gime d?mocratique prometteur, sans soci?t? civile ?nerg?tique. Il n’y a pas de r?gime d?mocratique prometteur sans une soci?t? civile ?nerg?tique ! par ailleurs, celle-ci ne saurait ?tre une antichambre de l’opposition, pour la simple raison qu’elle ne l’est pas. Si nous sommes confront?s ? une opposition moribonde et << b?te>> comme l’a titr? un journal c’est justement parce que la soci?t? civile n’a jusqu’ici pas ?t? exigeante vis ? vis de l’opposition, il arrive tr?s souvent qu’elle se confonde ? elle, la caressant dans le sens du poil. La soci?t? civile n’est non plus une chambre ? coucher du r?gime, qui l’a souvent pris pour une auberge de passage. L?arrogance, la corruption? qui font corps dans cet ordre gouvernant sont d? ? une soci?t? civile vassalis?e et ?mascul?e? En m?me temps sa neutralit? est contestable du fait qu’elle est instrument de d?veloppement strat?gique au service de la nation, elle se doit de prendre position en cas de n?cessit? au gr? des int?r?ts du peuple profond ou de l’int?r?t sup?rieur de la nation, la souverainet? ?tant non-n?gligeable. Nos positions qui semblent parfois ambigu?s tranchent souvent avec cette logique qui vise ? mettre l’int?r?t sup?rieur de la nation au-dessus de nos int?r?ts personnels. Rev. Jean De Dieu Evouna, expert en sciences sociales/Pr?sident de l’Organisme africain de d?veloppement des familles (OADF-ONG).

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Une arm?e forte ou la disparition programm?e: le choix crucial des ?tats africains

Depuis les ind?pendances formelles dans les ann?es 1960, la quasi-totalit? des pays africains anciennement colonis?s par la France n?ont jamais pris la mesure de l’importance strat?gique de poss?der une arm?e nationale forte, capable de d?fendre la souverainet? et les int?r?ts de la nation. La s?curit?, bien trop souvent rel?gu?e au second plan, a ?t? abandonn?e aux puissances ?trang?res ? principalement ? l?ancienne puissance coloniale fran?aise ou ? des forces multinationales comme celles de l?ONU. Cette d?pendance s?curitaire s?est r?v?l?e catastrophique ? plusieurs reprises, lorsque ces alli?s suppos?s se sont montr?s absents, inactifs ou complices au moment des grandes crises. I. Une d?pendance historique lourde de cons?quences L?exemple de la C?te d?Ivoire en septembre 2002 est embl?matique. Le pr?sident Laurent Gbagbo, ?lu dans un climat de tension, a ?t? d’abord attaqu? par une r?bellion entra?n?e au Burkina Faso. Il a ?t? ensuite renvers? en 2011 ? la suite d?une intervention militaire ?trang?re sous couvert de la r?solution d?une crise post-?lectorale. Derri?re le discours sur la d?mocratie, l?intervention fran?aise, appuy?e par l?ONUCI, a clairement d?montr? qu?en l?absence d?une arm?e nationale puissante et fid?le ? l??tat, un pays peut ?tre soumis ? une ing?rence ?trang?re au m?pris de sa souverainet?. Le cas du Centrafrique de Faustin-Archange Touad?ra est tout aussi r?v?lateur. Malgr? la pr?sence constante des forces fran?aises (op?ration Sangaris jusqu?en 2016) puis de la MINUSCA, le pays est rest? en proie ? une instabilit? chronique, domin? par des groupes arm?s et plong? dans le chaos. Ni la paix, ni la s?curit? n?ont ?t? r?tablies durablement. Cela prouve une v?rit? simple: aucune force ?trang?re ne prot?gera durablement un pays mieux que ses propres forces nationales. La R?publique D?mocratique du Congo (RDC) constitue l?un des exemples les plus dramatiques. Depuis plus de deux d?cennies, l?Est du pays est le th??tre de violences inou?es, de massacres ? grande ?chelle, de viols syst?matiques, malgr? la pr?sence de la MONUSCO, l?une des plus grandes missions de maintien de la paix des Nations unies. Cette mission n?a jamais pu, ou voulu, emp?cher les exactions. Des millions de Congolais ont ?t? tu?s ou d?plac?s, et les ressources du pays continuent d??tre pill?es par des puissances ?trang?res ou des groupes arm?s soutenus de l?ext?rieur. L?absence d?une arm?e puissante et bien organis?e a ?t? l?une des principales causes de ce d?sastre humanitaire et ?conomique. II. Une richesse sans d?fense est une proie La majorit? des pays africains disposent de ressources naturelles consid?rables ? minerais rares, p?trole, gaz, or, diamants, for?ts tropicales. En th?orie, ces ressources devraient ?tre un levier de d?veloppement ?conomique et social. En pratique, elles attirent les convoitises de puissances ?trang?res ou d?acteurs ?conomiques sans scrupule, souvent soutenus militairement ou politiquement par leurs gouvernements.Sans une arm?e forte, disciplin?e, bien ?quip?e et motiv?e, aucun pays ne peut d?fendre efficacement ses richesses. L?histoire r?cente regorge d?exemples o? des entreprises multinationales ont profit? du chaos ou de la faiblesse de l??tat pour piller les ressources naturelles, souvent en complicit? avec des ?lites locales corrompues. Un pays qui ne peut prot?ger ses mines, ses for?ts, ses fronti?res ou ses citoyens est condamn? ? rester d?pendant et sous-d?velopp?, quelles que soient ses richesses. Dans ce contexte, la priorit? ne peut plus ?tre la construction d?infrastructures visibles mais vuln?rables comme les routes, ponts ou h?pitaux, si l?on n?est pas capable de prot?ger ces investissements. L?arme de la dissuasion militaire est un outil fondamental du d?veloppement durable et souverain. On ne construit pas une nation forte sans un pilier s?curitaire solide. III. L?exemple des puissances qui se font respecter Le cas de l?Iran est r?v?lateur. Isol? sur la sc?ne internationale, menac? de toutes parts, ce pays a compris tr?s t?t qu?aucune aide ext?rieure ne le prot?gerait. En d?veloppant une arm?e puissante, des missiles balistiques, une strat?gie militaire autonome et dissuasive, l?Iran est aujourd?hui respect? ? voire craint ? m?me par ses ennemis. La r?cente riposte militaire contre Isra?l montre qu?un pays qui se donne les moyens de riposter n?est jamais attaqu? ? la l?g?re. Les autres exemples sont bien connus: la Chine, la Russie, la Cor?e du Nord, l?Inde ou encore le Pakistan ont tous compris que leur souverainet? passait par la force militaire. Qu?ils soient d?mocratiques ou autoritaires, riches ou en d?veloppement, ils savent qu?aucune n?gociation s?rieuse ne peut se faire sans une force militaire cr?dible en arri?re-plan. La dissuasion, m?me sans utilisation directe des armes, est une garantie de paix. IV. Les Occidentaux n?avaient aucun int?r?t ? armer l?Afrique Confier la s?curit? des pays africains aux anciennes puissances coloniales a ?t? une erreur historique monumentale. Ces puissances n?avaient, et n?ont toujours, aucun int?r?t ? voir ?merger des ?tats africains puissants et ind?pendants. Le maintien d?une certaine instabilit?, d?une d?pendance s?curitaire et ?conomique, leur permet de continuer ? piller les ressources naturelles du continent en toute impunit?.Il est donc absurde ? et m?me dangereux ? de continuer ? suivre les conseils des ? partenaires ? occidentaux qui r?p?tent que la priorit? est au d?veloppement ?conomique et non ? la d?fense. Dans les faits, un pays qui ne peut se d?fendre n?a pas d??conomie. Un h?pital ou une ?cole ne servent ? rien si le territoire est livr? aux groupes arm?s. Une route ne fait pas avancer un pays si elle est emprunt?e par des forces ?trang?res ou des milices pour transporter des ressources vol?es.Demander ? un pr?dateur de veiller sur sa proie, c?est faire preuve de na?vet?, voire d?une profonde irresponsabilit? politique. Les ?lites africaines doivent prendre conscience que l?ind?pendance r?elle passe par l?autonomie militaire. V. Le r?veil militaire africain: l?exemple du Burkina Faso Face ? la menace terroriste grandissante dans la r?gion du Sahel, certains dirigeants commencent ? changer de paradigme. Le capitaine Ibrahim Traor?, pr?sident de la transition au Burkina Faso, a compris que la premi?re condition de survie de son pays est une arm?e nationale forte, enracin?e dans le peuple, motiv?e par la d?fense du territoire et non par des privil?ges ou des int?r?ts ?trangers. En mobilisant la jeunesse, en r??quipant les forces arm?es, en mettant fin aux coop?rations militaires inefficaces

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?lection pr?sidentielle: le Cameroun ? la crois?e des chemins

Dans quelques jours, le Cameroun jouera son avenir lors des ?lections pr?sidentielles. Il y a 35 ans, je publiais dans Cameroon Tribune un article intitul? ? Le retour du diable ?. Trois d?cennies et demie plus tard, ce texte r?sonne avec une acuit? gla?ante : notre pays s?effondre, rong? par une mis?re rampante qui s?est install?e dans nos vies comme une fatalit?. Nous continuons, pour beaucoup, ? danser au rythme d?un pouvoir vid? de sa substance. Le RDPC n?est plus qu?un simulacre, r?duit ? la figure d?un pr?sident omnipr?sent dans les discours, mais devenu spectre dans les actes. Je ne suis pas m?decin. Je suis journaliste, experte en communication. Je travaille encore, avec la m?me passion, mais dans un autre registre. Ce qui est path?tique, voire pathologique, c?est de voir un pays s??teindre ? petit feu. Je ne suis pas en Occident. Je suis en Afrique. Je voyage dans des nations o? le mot ? ind?pendance ? n?a pas ?t? vid? de son sens. Ind?pendance du Cameroun : parlons vrai Le contentieux historique Cameroun – France , que le Dr Daniel YAGNYE TOM d?nonce depuis des d?cennies, reste entier. 2025 n?a rien r?solu. Sommes-nous sortis du cercle tragique ? Non. Pendant des d?cennies, j?ai subi un tribalisme rampant au Cameroun. Les insultes, des insinuations vicieuses : chauve-souris, Nkenkerou, asmodisia, cochon gratt?, Agatha, ont souvent jalonn? mon parcours. Ainsi, je ne me reconnais pas dans ce repli ethnique qui ne sert qu?une minorit?, sous couvert d?un tribalisme savamment orchestr?. Ce qui sid?re, c?est de voir certains s?accrocher ? des ?lucubrations villageoises pour justifier la long?vit? d?un pr?sident africain. En v?rit?, cette long?vit? repose sur une m?canique bien huil?e : l?accaparement des ressources publiques par une caste qui les d?tourne pour corrompre et ?craser. Dire cela ne fait pas de moi une opposante. Cela fait de moi une patriote lucide. Un choix assum?, un engagement visc?ral Je suis Camerounaise par choix. J?ai obtenu mon baccalaur?at en France, mais j?ai choisi de rentrer au Cameroun en 1983. J?ai ?tudi?, travaill? 35 ans, fond? une famille dans mon pays. C?est pour mes enfants et pour la jeune g?n?ration que je prends la parole aujourd?hui.M?me ministre, je d?noncerais la d?ch?ance actuelle du Cameroun. Nous sommes tous complices, ? des degr?s divers : passe-droits, trafics d?influence, tchoko. C?est notre Cameroun. Francophones, anglophones? nul n?est innocent.Pendant ce temps, les OTS et autres gagne-mis?res crient famine. Silence impos?, pillage m?thodique Pourquoi ne pas exiger des profiteurs du syst?me qu?ils freinent leur voracit? ? On demande aux victimes de pr?server la paix sociale, co?te que co?te. Brim?s, battus? trop facile. Les ?l?phants s?affrontent, et l?on exige de l?herbe qu?elle reste immobile.Au Cameroun, il n?y a que deux tribus : les oppresseurs et les opprim?s. Le reste n?est que diversion. On nous impose le silence pendant que le pillage s?intensifie. Les bien-pensants d?p?cent la ? b?te ? Cameroun en se gavant. Appartements luxueux ? Paris, dans le 16e, voisins de Dominique de Villepin ; ? Neuilly, avec Nicolas Sarkozy ; ou sur la 5e Avenue ? New York. Et que dire des comptes num?rot?s dans des paradis fiscaux ? M?moire vive, parole aff?t?e Alors adolescente, imaginer un Cameroun sans le pr?sident Ahidjo relevait de l?impensable. Aujourd?hui, on nous rejoue le m?me sc?nario.? la veille de ma retraite, j?ai servi quatre ans au minist?re de la Communication, sous la tutelle de Monsieur Tchiroma. Un conflit violent m?a oppos?e ? un directeur. Dans ce contexte tendu, Monsieur Tchiroma s?est distingu? par une droiture rare. Il a tranch? avec ?l?gance, mais surtout avec une justice exemplaire. Il a r?tabli l??quilibre l? o? l?abus mena?ait. Ce geste, dans un environnement souvent hostile, m?rite d??tre salu? avec force. Je ne me laisserai pas embarquer dans des youyou creux et insipides. Je n?ai ni besoin d?huile de sardine, ni de gadgets ? deux sous pour livrer le sort de mon pays ? une « esp?rance » sans lendemain. By Isabelle ESSONO Luanda, 07 octobre 2025.

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Pr?sidentielle 2025: ces non-inscrits, qui sont-ils ?

Plus de 7 millions de citoyens majeurs ne voteront pas Le 12 octobre prochain. Qui sont ces non-inscrits, invisibles mais d?cisifs pour la vitalit? d?mocratique ? Une masse silencieuse Le fichier ?lectoral camerounais compte officiellement 8 219 210 ?lecteurs. Or, selon les estimations d?mographiques, le nombre de citoyens majeurs se situe entre 13 et 15 millions. Cela signifie que pr?s de la moiti? du corps ?lectoral potentiel ne participera pas au scrutin. Ces ?non-inscrits? forment une masse silencieuse, invisible dans les statistiques officielles mais bien r?elle dans la vie politique. Les jeunes en premi?re ligne La majorit? des non-inscrits est compos?e de jeunes ?g?s de 20 ? 35 ans. D?sillusionn?s par un syst?me politique qu?ils jugent verrouill?, beaucoup estiment que ?leur vote ne change rien?. L?abstention d?bute donc bien avant le jour du scrutin : elle prend la forme d?une non-inscription volontaire, symbole d?un d?sint?r?t croissant. Les oubli?s des campagnes d?enr?lement Une autre partie des non-inscrits vit dans les zones rurales et enclav?es. Le manque de centres d?inscription, les difficult?s de transport, mais aussi les lenteurs dans l?obtention des cartes nationales d?identit? expliquent leur absence du fichier ?lectoral. Ces citoyens, souvent les plus marginalis?s, sont doublement exclus : de l?administration et de la vie politique. La diaspora oubli?e Si pr?s de 5 millions de Camerounais vivent hors du pays, seuls 28 236 d?entre eux apparaissent sur les listes ?lectorales. Faible mobilisation, contraintes logistiques et manque de structures d?Elecam ? l??tranger expliquent ce chiffre d?risoire. La diaspora, pourtant influente ?conomiquement, reste ainsi quasi absente politiquement. Un d?fi pour la d?mocratie Les non-inscrits posent une question cruciale : quelle est la valeur d?un scrutin o? pr?s de la moiti? du peuple reste silencieuse ? L?galement, l??lection du 12 octobre sera valide. Mais moralement et politiquement, cette exclusion fragilise la l?gitimit? du futur pr?sident et r?v?le une d?mocratie encore incompl?te. Tom

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