Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Pr?sidentielle 2025: plus de 7 millions de camerounais priv?s d’urnes

Derri?re les 8,2 millions d??lecteurs habilit?s ? voter pour leur prochain pr?sident le 12 octobre prochain, se cache un constat alarmant : la situation de pr?s de 7 millions de citoyens en ?ge de voter mais qui resteront en marge du scrutin faute d?inscription sur les listes ?lectorales. Une d?mocratie amput?e de presque la moiti? de son potentiel. ? trois semaines du scrutin pr?sidentiel, le Cameroun affiche un fichier ?lectoral provisoire de 8 219 210 ?lecteurs. Pourtant, selon les projections d?mographiques, le pays compte pr?s de 15 millions de citoyens majeurs. Cela signifie qu?au moins 7 millions de Camerounais, soit pr?s d?un ?lecteur sur deux, n?auront pas acc?s aux urnes. Un chiffre qui interroge la cr?dibilit? d?une ?lection cens?e incarner le suffrage universel. Des obstacles multiples La masse des non-inscrits s?explique par plusieurs facteurs. D?abord, la barri?re administrative : lenteurs dans la d?livrance des cartes nationales d?identit?, absence de centres d?enr?lement dans certaines zones rurales, files interminables. Ensuite, un d?sint?r?t croissant de la jeunesse, majoritaire dans la population, qui ne croit plus ? la port?e du vote. Enfin, une m?fiance envers Elecam et le syst?me ?lectoral, accus?s par une partie de l?opinion de manquer de transparence. Un risque pour la l?gitimit? du scrutin En droit, le scrutin du 12 octobre sera valable. Mais en politique, un pr?sident ?lu par moins de la moiti? du corps ?lectoral potentiel verra sa l?gitimit? fragilis?e. Dans un pays marqu? par les crises sociales, ?conomiques et s?curitaires, l?exclusion de millions de citoyens pourrait nourrir frustrations et contestations. ? Une ?lection o? la moiti? du peuple n?a pas parl? n?est pas une d?mocratie consolid?e ?, r?sume un observateur politique. Comment donner voix aux sans-voix ? Pourtant, ces exclus du fichier ?lectoral ne sont pas condamn?s au silence absolu. Certains pourront encore peser par la mobilisation citoyenne, les d?bats publics, les r?seaux sociaux, ou en rejoignant des organisations de la soci?t? civile. ? plus long terme, des r?formes structurelles s?imposent : automatiser l?inscription d?s l?obtention de la carte d?identit?, multiplier les antennes mobiles dans les zones recul?es, ou encore faciliter l?enr?lement num?rique. Et demain ? Le 12 octobre, le Cameroun choisira un pr?sident. Mais au-del? de la comp?tition entre candidats, c?est une autre bataille qui se joue : celle de l?inclusion d?mocratique. Tant que sept millions de citoyens resteront ? l??cart, le suffrage universel camerounais demeurera une promesse inachev?e. Tom.

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Visite de Paul Biya ? Maroua: la communaut? du Septentrion ? Yaound? et ses environs dans la joie

Ils se disent une fois de plus privil?gi?s en r?servant sa premi?re sortie de sa campagne ? l’Extr?me-Nord. Ils snobent leurs compatriotes des autres r?gions du Cameroun. C’est rare de trouver les ressortissants du septentrion abandonner momentan?ment motos, fil ? coudre, comptoirs et bilbildrom. Mettre en veilleuse le commerce nomade (vendeurs de rem?de, de pagne et soya) en pleine journ?e et aux heures de pointes pour visionner. Ils l’ont fait ce 7 octobre 2025. Tel un match de football les ressortissants des 6 d?partements de la r?gion de l’extr?me-nord se retrouvent pour suivre la campagne qui se d?roule dans leur capitale r?gionale. C’est ce qui est observ? ? Nkongoa chez Amada, boutiquier et un des leurs o? une dizaine entre eux se retrouve pour regarder le meeting du pr?sident candidat. Ce n’est pas tant la visite en elle-m?me qui importe, c’est plut?t une surprise, vu les sp?culations sur la capacit? du pr?sident ? battre campagne, ils ne s’attendaient pas. ? Ma d?termination ? vous servir reste intacte ?, voil? le fragment de discours du candidat Biya qui rassure Seydou originaire de Kousseri et restaurateur dans le coin. Il pense que ce dernier va mourir au pouvoir, ? Paul Biya vous dit qu’il va diriger jusqu’? la fin de ses jours ?, voit-il. Appr?ciations M?me s’ils trouvent le discours du Dr Sani Babani, maire de ville de Maroua redondant et insipide, ? il dit ce que tous les politiques du RDPC disent ?, d?clare Yves, cordonnier. Ils saluent et appr?cient par contre celui de Cavaye Yegui? Djibril, pr?sident de l’Assembl?e nationale. Ils le trouvent tr?s sarcastique surtout ? cause de son improvisation. Le pr?sident de la commission r?gionale de campagne pour la r?gion, tel un visionnaire insiste sur l’?ducation. Leur joie est plus grande avec des ?clats de rires lorsque le tr?s honorable demande au candidat du RDPC d’envoyer les enseignants et les ?l?ves ? l’?cole ? Mr le Pr?sident, il faut demander aux enseignants et aux ?l?ves d’aller ? l’?cole, que les enfants aillent ? l’?cole. Ils ne doivent plus ?tre dans les bars pour consommer le bilbil ?, cette s?quence du meeting est tr?s amusante pour les t?l?spectateurs qui se trouvent chez Amada. Pour bon nombre d’entre eux, Cavaye Yegui? Djibril, a ravi la vedette ? Paul Biya. Bien avant la tenue du meeting, Kirikou et J?r?my, vendeurs de viande brais? installent un poste t?l?viseur. Le long du parcours du cort?ge pr?sidentielle est une occasion pour eux de pr?senter des merveilles touristiques aux clients, ? vous ?tes seulement ? Yaound?, partez un peu ? Maroua, vous verrez la beaut?. Ce que vous voyez ? la t?l? n’est rien ?, lance Kirikou. Il taquine Essama un autochtone de Coron qui regarde l’arriv?e de Paul Biya. Pour rendre leur vis-?-vis plus jaloux J?r?my parle de pollution, ? Paul Biya est chez moi au grand Nord parce qu’il fuit la pollution de Yaound?. Regardez comment le soleil est bio ?, estime le brasseur. Andr? Gromyko Balla

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Paul Biya ? Maroua: entre promesses de r?confort et scepticisme populaire

Le chef de l??tat a tenu, ce 7 octobre ? Maroua, un meeting de campagne qui avait valeur de test. Apr?s plusieurs semaines de doutes sur sa mobilisation personnelle, Paul Biya a choisi le Septentrion pour rassurer, r?affirmer sa confiance dans l?avenir et tendre la main ? une population partag?e entre fid?lit? historique et lassitude sociale. Un discours de r?assurance aux allures de confession Sous un soleil de plomb et devant une foule mobilis?e par les structures du parti au pouvoir, Paul Biya a surpris par un ton plus direct qu?? l?accoutum?e 😕 Je connais les attentes insatisfaites qui vous font douter du lendemain. En me fondant sur l’exp?rience qui est le mien, je puis vous assurer que ces probl?mes ne sont pas insurmontables ?. Ces mots, salu?s par des acclamations, sonnent comme une reconnaissance implicite des frustrations qui traversent le Grand Nord. ? Quand il dit qu?il nous comprend, c?est d?j? un pas ?, confie A?ssatou, commer?ante au march? de Domayo. ? Mais nous avons trop entendu de promesses. Cette fois, nous voulons voir les actes ?. Le Septentrion, poumon ?lectoral sous tension Le choix de Maroua n?est pas anodin. R?gion charni?re et r?servoir ?lectoral d?cisif, le Septentrion (Adamaoua, Nord et Extr?me-Nord) concentre pr?s de 38 % de l??lectorat national, soit plus de 3 millions d?inscrits sur les listes ?lectorales selon les estimations d?Elecam. Lors de la pr?sidentielle de 2018, c?est dans cette partie du pays que Paul Biya avait r?alis? ses scores les plus ?lev?s, engrangeant plus de 70 % des suffrages dans certaines circonscriptions. Mais le paysage a ?volu? : la jeunesse, nombreuse et d?sabus?e, regarde avec scepticisme. ? Je suis venu ?couter, mais je n?attends plus rien ?, l?che Moussa, ?tudiant en sciences politiques. ? Depuis qu?on est enfants, on nous dit que l?avenir sera meilleur. Pourtant, nous sommes toujours sans emploi et sans routes. ? Dissiper les doutes apr?s les h?sitations La pr?sence de Paul Biya ? Maroua met fin aux rumeurs persistantes d?un d?sengagement direct dans la campagne. En apparaissant lui-m?me dans le Nord, il envoie un double signal : il reste le ma?tre du jeu et il reconna?t le poids politique du Septentrion, capable ? lui seul de faire basculer l??lection du 12 octobre. ? Le fait qu?il soit venu en personne est d?j? une r?ponse ? ceux qui pensaient qu?il ne pouvait plus porter la campagne ?, analyse un cadre local du RDPC. ? Mais il faudra plus qu?un discours pour convaincre les jeunes, qui repr?sentent plus de 60 % des ?lecteurs ici?. Promesse d?exp?rience contre fatigue ?lectorale En insistant sur son ? exp?rience ? comme gage de solutions, Paul Biya joue la carte du v?t?ran face ? une population impatiente. ? L?exp?rience, c?est bien ?, r?torque Hamadou, moto-taximan, ? mais ce qu?on attend, ce sont des routes, des h?pitaux, du travail. Pas seulement des paroles ?. Si le pr?sident-candidat parvient ? contenir les d?fections dans son fief septentrional, il consolidera une base ?lectorale difficile ? renverser. Mais une baisse de la participation, tr?s redout?e cette ann?e, pourrait affaiblir son socle et ouvrir des br?ches ? ses adversaires, notamment dans les grandes villes du Sud et de l?Ouest. Le test de Maroua Au-del? de l?enthousiasme affich?, Maroua aura servi de r?v?lateur : un pr?sident qui tente de transformer la lassitude en confiance, un ?lectorat strat?gique en qu?te de preuves concr?tes, et une campagne ?lectorale qui se joue d?sormais ? guichet ferm?. ? une semaine du scrutin, le message est clair : le Grand Nord d?tient plus que jamais les cl?s du verdict national. Tom.

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A l?UNESCO: un ?gyptien face aux d?fis

En succ?dant ? Audrey Azoulay, Khaled El-Enany h?rite d?une pile de dossiers urgents. Le 6 octobre dernier ? Paris, la direction g?n?rale de l?UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l??ducation, la science et la culture) a chang? de visage. C?est Khaled El-Enany, 53 ans, qui en porte d?sormais les espoirs et les tourments. A 54 ans, l?ancien ministre ?gyptien du Tourisme et des Antiquit?s h?rite d?une maison fragilis?e. Il promet une ? UNESCO pour les peuples ?, centr?e sur la d?fense des droits humains, la diffusion du savoir scientifique et la protection des expressions culturelles. Mais derri?re ce credo consensuel se cache une ?quation complexe : comment maintenir la cr?dibilit? et la neutralit? de l?organisation dans un monde o? les fractures politiques, ?conomiques et technologiques s??largissent ? Chantiers Le premier d?fi d?El-Enany est financier. Le d?part annonc? des ?tats-Unis en 2026 priverait l?UNESCO de pr?s de 75 millions de dollars par an sur un budget global d?environ 900 millions. Le nouveau directeur g?n?ral en a conscience : ? Sans budget, il ne peut y avoir d?action ?, a-t-il rappel? devant le Conseil ex?cutif. Mobiliser de nouvelles ressources, s?duire les partenaires priv?s et convaincre Washington de revenir dans le giron onusien constitueront ses priorit?s imm?diates. Le deuxi?me front est politique. Dans une institution o? les d?bats sur l??ducation, la m?moire ou le patrimoine deviennent souvent le reflet des tensions g?opolitiques, El-Enany devra jouer les ?quilibristes. Il s?est engag? ? maintenir une ? politique ouverte ? et un dialogue permanent, en traitant chaque dossier ? sur une base d??galit? et non politis?e ?. Une ambition louable, mais mise ? rude ?preuve par la comp?tition d?influence que se livrent les grandes puissances au sein m?me de l?UNESCO. Enfin, l??gyptien devra r?affirmer la pertinence de l?organisation face aux nouveaux d?fis plan?taires : la r?volution num?rique, la r?gulation de l?intelligence artificielle, le r?chauffement climatique et la protection d?un patrimoine mondial menac? par les guerres. Redonner du souffle ? une institution parfois per?ue comme lente et bureaucratique exigera autant de diplomatie que de courage politique. Entre crise budg?taire, rivalit?s d??tats et mutation du monde de la connaissance, Khaled El-Enany prend la barre d?un navire ? la fois prestigieux et vuln?rable. Son mandat commencera sous le signe du doute, mais aussi de l?attente : celle d?une UNESCO capable, ? nouveau, d??duquer, d??clairer et de rassembler. Bobo Ousmanou

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OAPI

Depuis sa cr?ation, l?Organisation africaine de la propri?t? intellectuelle (OAPI) dit avoir un bilan flatteur en mati?re de formations. Selon l?organisation panafricaine, 611 personnes ont ?t? form?es en propri?t? intellectuelle, dont 68 auditeurs sp?cialis?s dans les indications g?ographiques (IG). Ces auditeurs jouent un r?le crucial pour les 17 ?tats membres de l?organisation. Ils sont charg?s d?identifier les produits locaux et de constituer les dossiers n?cessaires aupr?s de l?OAPI, permettant ainsi aux ?tats d?obtenir la reconnaissance officielle de leurs indications g?ographiques.

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Le 27 septembre dernier, l?UNESCO a d?sign? 26 nouvelles r?serves de biosph?re dans 21 pays, ? un record jamais atteint depuis 20 ans ?, pr?cise l?organisation onusienne. D?sormais, le R?seau mondial des r?serves de biosph?re en compte d?sormais 784 dans 142 pays, ayant plac? depuis 2018 plus d?un million de km2 d?espaces naturels suppl?mentaires sous protection. Bon ? savoir : cette ann?e, six pays accueillent leur premi?re r?serve de biosph?re et Sao Tom?-et-Principe devient le premier ?tat dont l?int?gralit? du territoire est class?e r?serve de biosph?re.

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Afrique centrale : l?urgence d?un r?veil ?conomique

Sous les ?clats ternes d?une croissance de 3,3 %, l?Afrique centrale avance ? pas compt?s. Les crises mondiales successives ? pand?mie, guerre en Ukraine, instabilit?s climatiques ? ont laiss? des cicatrices profondes. Et tandis que les ?conomies avanc?es rebondissent, la sous-r?gion demeure fragile, vuln?rable aux chocs exog?nes et prisonni?re d?un mod?le de rente qui refuse obstin?ment de mourir. Les chiffres parlent d?eux-m?mes : le commerce intrar?gional plafonne ? 2 %, comme un symbole d?un march? commun qui ne d?colle pas. Les produits traversent plus facilement les oc?ans que les fronti?res voisines. Plus de 150 millions de personnes souffrent d?ins?curit? alimentaire, cons?quence directe d?une d?pendance quasi maladive aux importations. Dans un territoire qui regorge pourtant de ressources naturelles et de terres arables, la contradiction est cruelle. C?est dans cette atmosph?re que, lors de la 4?me session conjointe du Comit? intergouvernemental des hauts fonctionnaires et experts (CIE) d?Afrique centrale et de l?Est tenue ? Kigali le 1er octobre dernier, Charles Assamba Ongodo, vice-pr?sident de la Commission de la CEMAC (Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale), a lanc? un appel aussi lucide que pressant : ? L?Afrique centrale a besoin d?acc?l?rer la diversification de sa base commerciale. ? Derri?re cette phrase, une ?vidence : tant que la sous-r?gion ne transformera pas ses richesses sur place, elle restera spectatrice du march? mondial. Bois, cacao, mangan?se ou p?trole ? autant de tr?sors bruts export?s sans valeur ajout?e, pendant que les emplois et les devises s??vaporent ailleurs. La strat?gie sous r?gionale d?import-substitution, si elle est enfin activ?e, pourrait changer la donne. Il ne s?agit plus de produire pour produire, mais de b?tir des cha?nes de valeur r?gionales : transformer le cacao en chocolat, le coton en textile, le manioc en farine locale. C?est dans cette industrialisation progressive que se joue la souverainet? ?conomique. ? d?faut, la balance commerciale restera d?s?quilibr?e, la devise instable, et la croissance, un mirage statistique. Mais la diversification ne se d?cr?te pas, elle se pr?pare. Elle exige ?nergie, infrastructures, et surtout, volont? politique. Trop souvent, les ?tats membres fonctionnent en solitaires, chacun esp?rant attirer les m?mes investisseurs, implanter les m?mes usines, vendre les m?mes produits. L?Afrique centrale ne manque pas de strat?gies, mais d?ex?cution : les rapports s?empilent plus vite que les r?formes ne s?appliquent. Pourtant, les signaux de r?veil existent. Les zones ?conomiques sp?ciales se multiplient, les corridors transfrontaliers se dessinent, les programmes de la CEA et de la CEMAC convergent autour de la transformation locale. Jean Luc Mastaki, directeur du Bureau sous r?gional de la CEA pour l?Afrique centrale, y voit une opportunit? : ? Miser sur nos capacit?s productives et tirer parti de la ZLECAf, c?est ouvrir la voie ? une transformation durable et inclusive ?. Encore faut-il que les ?tats fassent front commun. Car face aux chocs climatiques et g?opolitiques, aucune ?conomie n?est assez solide seule. Les d?fis alimentaires, ?nerg?tiques et mon?taires ne se r?soudront pas dans l?isolement. L?Afrique centrale doit donc apprendre ? se penser comme un ensemble, et non comme six march?s fragment?s. ? l?heure o? d?autres sous-r?gions du continent consolident leur int?gration, l?Afrique centrale n?a plus le droit ? la lenteur. Elle doit choisir : rester ? la tra?ne ou assumer enfin sa vocation de puissance ?conomique. Les mati?res premi?res ne suffisent plus ; il faut les transformer, les valoriser, les partager. Et si, au lieu d?attendre le prochain choc mondial, la sous-r?gion d?cidait de provoquer son propre sursaut ? JRMA

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R?serves en p?ril

?La chute continue des r?serves de change de la CEMAC alerte sur la fragilit? ?conomique de la sous-r?gion et la n?cessit? de mesures urgentes. Les pays de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC) traversent une p?riode critique, marqu?e par une ?rosion inqui?tante de leurs r?serves de change. Selon les derniers chiffres publi?s par la Banque des ?tats de l?Afrique centrale (BEAC), celles-ci se situent d?sormais autour de 8,2 milliards de dollars, contre 10,5 milliards il y a un an, soit une contraction de pr?s de 22 %. Cette tendance traduit la vuln?rabilit? structurelle des ?conomies de la sous-r?gion, fortement d?pendantes des mati?res premi?res. Le p?trole et le bois restent les principales sources de recettes d?exportation, mais la volatilit? de leurs prix sur les march?s internationaux fragilise les finances publiques. Parall?lement, la hausse des importations de produits alimentaires et industriels contribue ? la pression sur les r?serves. ??La d?pendance aux mati?res premi?res expose nos ?conomies ? des chocs ext?rieurs. Quand le baril de p?trole baisse, nos r?serves s?effritent rapidement??, explique Dr. Alain Nkoghe, sp?cialiste banques et finance dans une institution priv?e d’enseignement sup?rieur ? Douala. ? l?issue du comit? de politique mon?taire du 29 septembre 2025, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a exprim? sa pr?occupation face ? cette situation. ??Nos r?serves de change diminuent plus vite que pr?vu, ce qui limite notre capacit? ? intervenir pour stabiliser le franc CFA et prot?ger le pouvoir d?achat des populations. Il est essentiel que la coordination entre la BEAC et les ?tats membres soit renforc?e??, a-t-il d?clar?. Il a insist? sur l?importance d?une approche collective et de r?formes structurelles. ??La BEAC continuera de jouer son r?le de stabilisateur mon?taire, mais la responsabilit? est partag?e. Les gouvernements doivent soutenir nos efforts par des politiques ?conomiques prudentes, en particulier la diversification des sources de revenus et le contr?le strict des d?penses publiques??, a-t-il ajout?. La situation inqui?te ?galement les institutions financi?res r?gionales et les analystes. ??La contraction des r?serves est un signal clair que la zone CEMAC doit acc?l?rer sa diversification ?conomique. Sans r?formes profondes, le risque d?une d?pr?ciation du franc CFA et d?une hausse de l?inflation devient r?el??, estime Fatoumata Dione, analyste pour un cabinet financier international bas? ? Yaound?. Certains pays ont d?j? commenc? ? envisager des mesures d?urgence, telles que la r?duction des importations non essentielles et la recherche de financements ext?rieurs. Selon les experts, combiner discipline budg?taire, strat?gies de diversification ?conomique et attractivit? pour les investissements ?trangers reste la seule voie pour s?curiser les r?serves et restaurer la confiance des march?s. La baisse continue des r?serves illustre la fragilit? de la zone CEMAC et souligne la n?cessit? d?actions concert?es ? court et moyen terme. Entre volatilit? des march?s, d?pendance aux mati?res premi?res et besoins sociaux croissants, la sous-r?gion se trouve ? un tournant crucial pour pr?server la stabilit? ?conomique et prot?ger ses populations. Jean Ren? Meva’a

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R?serves en crise

La baisse des r?serves de change en Afrique centrale commence ? peser lourdement sur le quotidien des m?nages et la stabilit? ?conomique de la r?gion. La diminution des r?serves de change dans la zone CEMAC n?est plus un simple indicateur macro?conomique : elle se traduit concr?tement dans le portefeuille des citoyens. L?augmentation du co?t des importations, alimentaires comme industrielles, se r?percute directement sur les prix ? la consommation. Riz, ma?s, huile? les produits essentiels du panier moyen sont parmi les plus touch?s. ??Nous avons constat? une augmentation de 15 % du prix du riz au march? central de Brazzaville depuis le d?but de l?ann?e??, rapporte Jean-Pierre Mavoungou, commer?ant local. Pour les familles, cette hausse est un choc, dans un contexte o? le revenu disponible est d?j? limit?. Elles doivent d?sormais arbitrer entre alimentation et autres besoins vitaux, avec des cons?quences imm?diates sur le bien-?tre et la nutrition. Pour l??conomiste Alice Ndongo, bas?e ? Yaound?, ??la hausse des prix alimentaires traduit non seulement la baisse des r?serves, mais aussi la vuln?rabilit? des pays de la CEMAC face aux fluctuations des march?s internationaux. Les m?nages ? faible revenu sont les premiers ? en subir les effets.?? Les effets de cette baisse ne se limitent pas aux foyers. Selon Dr. Mireille Tchoua, consultante en finance internationale, ??les entreprises h?sitent ? s?implanter dans des pays o? la monnaie est menac?e et o? la stabilit? financi?re est incertaine. Cela freine l?investissement et limite la cr?ation d?emplois??. De son c?t?, Jean-Marc Mekabe, analyste ?conomique bas? ? Libreville, ajoute : ??Un environnement financier fragile d?courage les investisseurs ?trangers et ralentit le d?veloppement de projets structurants, ce qui retombe in?vitablement sur la population.?? Face ? ces pressions, les gouvernements de la CEMAC multiplient les mesures pour stabiliser la monnaie et s?curiser l?approvisionnement en produits essentiels. Certains recourent ? l?emprunt aupr?s de la Banque des ?tats de l?Afrique centrale (BEAC), tandis que d?autres n?gocient des accords bilat?raux. Mais pour de nombreux analystes, ces efforts restent insuffisants. ??Si les prix continuent de grimper, la population en ressentira directement l?impact, et cela pourrait alimenter des tensions sociales??, avertit Thierry Massoma Ma Ekouti, ?conomiste bas? ? Douala. ??Il est urgent de combiner soutien financier, renforcement de la production locale Face ? l??rosion des r?serves de change, les responsables de la CEMAC explorent des strat?gies pour restaurer stabilit? et confiance. JRMA

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R?glement sur la d?forestation: un an de r?pit pour le Cameroun

Initialement pr?vu pour 2026, le R?glement de l?Union europ?enne sur la d?forestation (RDUE), qui interdit l?importation de cacao, caf?, caoutchouc, huile de palme, soja, b?uf et bois issus de zones r?cemment d?bois?es, pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2027.  Une lettre du 23 septembre 2025, sign?e par la commissaire europ?enne ? l?Environnement Jessika Roswall, justifie ce report par l?impossibilit? pour la plateforme informatique de g?rer le volume massif de donn?es attendu. L?objectif : assurer un syst?me fiable capable de traiter les informations sans bloquer les importations. Selon une source diplomatique ? Yaound?, ? ce d?lai permet aussi de sensibiliser les producteurs locaux, de d?velopper des partenariats avec le secteur priv? et de mettre en place des m?canismes d?audit ind?pendants pour ?viter tout rejet de produits et pr?server la r?putation du pays sur le march? international ?. Pour le Cameroun, ce report n?est pas un contretemps. Si les fili?res cacao et caf? sont pr?tes ? r?pondre aux exigences, d?autres secteurs, notamment le bois et le caoutchouc, doivent se consolider. Le d?lai suppl?mentaire permet de renforcer la tra?abilit?, de former les acteurs de terrain et d?ajuster les dispositifs de certification indispensables pour rester comp?titif. Le RDUE impose en effet aux exportateurs de prouver que leurs produits ne proviennent pas de for?ts r?cemment d?bois?es, avec des syst?mes de suivi pr?cis et une documentation compl?te sur la cha?ne d?approvisionnement. M?me pour les fili?res huile de palme, soja et b?uf, dont les exportations vers l?UE sont marginales, le gouvernement peut profiter de ce r?pit pour structurer les bases et anticiper d??ventuelles expansions futures. Renforcer la tra?abilit? et les standards environnementaux pourrait aussi faire du Cameroun un mod?le pour la sous-r?gion, renfor?ant son r?le dans la lutte contre la d?forestation en Afrique centrale. En somme, ce d?lai d?un an offre au Cameroun une opportunit? rare : mieux s?adapter, s?curiser ses fili?res et ?viter les sanctions ou rejets sur le march? europ?en. Alors que la pression internationale sur la durabilit? s?accentue, ce report pourrait faire la diff?rence entre transition chaotique et adaptation r?ussie, positionnant le pays comme un acteur cr?dible de la lutte contre la d?forestation. Bobo Ousmanou

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