Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

bloc d'article

Akere Muna: l’avocat prend la v?rit? par son noyau

Dans le Cameroun des images fig?es et des peurs silencieuses, l’ancien b?tonnier avance, lucide et patient, observant la politique comme on ?coute le vent : avec attention, humour discret et une po?sie qui s?invite entre les lignes de plusieurs th?mes. Le vent du quartier Bastos porte une odeur de pluie, ce 7 octobre 2025. Dans sa r?sidence, Akere Muna se d?place avec la lenteur de celui qui conna?t un pays trop bien pour en attendre des miracles. Pas d?sabus?, simple- ment lucide, il porte dans sa voix la fatigue des justes et la tendresse des obstin?s. ? J?ai tout essay? pour rapprocher les c?urs et les ambitions ?, confie-t-il. ? Mais nos ?gos sont plus solides que nos convictions ?. L?homme ne hausse pas le ton : son r?alisme  a la  douceur d?un  d?senchantement ma?tris?. Il raconte, sans amertume, les rencontres secr?tes,  les  promesses suspendues, les regards qui ?vitent la sinc?rit?. ? Chacun voulait sauver le Cameroun, mais personne ne vou- lait ?tre second dans ce salut ?, sou- pire l?avocat international. La phrase tombe comme un verdict : r?sumant des semaines de dialogues manqu?s, d?alliances avort?es et de r?ves ?br?- ch?s avant m?me d?avoir pris forme. ? la t?l?vision, Paul Biya bat campagne depuis Maroua. Aux yeux d?Akere  Muna,  la  sc?ne s?affiche comme l?oriflamme d?une guerre d?ombres. Il s?arr?te parfois pour observer. ? Nous  sommes un  pays d?images fig?es ?,dit-il, ? mais la d?mocratie, elle, a besoin de mouvement ?. Dans sa bouche, le mot prend un sens presque spirituel : refus de la paralysie, croyance qu?un citoyen peut d?placer un peu la montagne de la peur. Car la peur, dit-il, est la premi?re ennemie du Cameroun : peur de parler, peur d?esp?rer, peur m?me d?aimer ce pays autrement. Cette peur, il l?a vue dans les visages, dans les silences des march?s, dans les murmures des fonctionnaires qui baissent la voix avant de prononcer le mot changement. Mais il l?a vue aussi se fissurer, lentement, dans les yeux des jeunes. ? La jeunesse n?est pas dupe, elle est en veille. Il suffira d?une ?tincelle, d?un mot vrai, d?un geste juste pour qu?elle se l?ve ?. Akere Muna ne se dit pas opposant, encore moins proph?te. Il se d?finit comme un r?aliste debout : ni r?sign?, ni exalt?. ? J?ai compris qu?au Cameroun, la politique ne se joue pas seulement dans les urnes, mais dans les consciences. Ce pays ne se changera pas par d?cret, mais par ?veil ?. Ses phrases r?sonnent comme des pri?res la?ques : ni col?re, ni d?sespoir, juste une conviction calme que le courage citoyen reste la seule ressource durable. Face ? lui, quelques journalistes l??coutent avec le respect r?serv? ? ceux qui n?ont pas trahi. L?un demande s?il croit encore au changement. Il r?pond sans h?siter : ? Je ne crois plus aux sauveurs, je crois aux sursauts ?. Le mot reste suspendu dans l?air, lourd comme une promesse. Un autre ?voque sa campagne de 2018, men?e sans faste, avec la parole pour seule arme. ? Je n?ai jamais perdu une ?lection ?, dit-il en souriant, ? j?ai seulement appris combien il est difficile de gagner contre la peur et l?habitude ?. Puis il se tait, comme pour ?couter le vent. Il jette un regard panoramique sur la sc?ne politique actuelle avec un m?lange de d?tachement et de vigilance. Beaucoup s?agitent pour une part du g?teau, pas pour le go?t du bien commun. ? Certains font de la politique comme on fait du commerce : avec calcul et b?n?fice. Moi, j?ai choisi de la faire comme on fait de la musique : avec ?me et discipline ?. La phrase ?tonne, mais dit tout de sa philosophie. Ami-ami avec Bello Le Grand Nord, avec ses 30 % de l??lectorat camerounais, n?a jamais ?t? une simple carte sur l??chiquier politique. Aujourd?hui, Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maigari s?y livrent une gu?guerre digne des duels de romans, o? les alliances se nouent et se d?nouent  plus  vite  que les nuages d?orage sur la plaine de l?Adamaoua. Akere Muna, pied ? pied dans la lucidit?, observe le th??tre avec un sourire mi ironique, mi accabl?. ? Le Nord ne se vend pas comme un kilo de ma?s au march? ?, lance-t-il, ponctuant sa phrase d?un ?clat de rire discret. Pour lui, les man?uvres de Bello Bouba et Tchiroma ne sont pas que des strat?gies ?lectorales : ce sont des petites com?dies, parfois tragiques, parfois absurdes, qui ignorent le souffle r?el des ?lecteurs. Entre d?clarations tonitruantes et alliances de raison,  le juriste ?m?rite  estime  que le  Grand Nord  se trouve ballott? comme une pirogue sur le Logone. Akere Muna insiste : ? On peut discuter, marchander, n?gocier, mais la v?rit?, c?est que le peuple nordiste a sa dignit? et son humour,  et il sait  rire  des querelles d?adultes qui jouent aux enfants ?. Il pointe avec un brin de po?sie, le paradoxe de la sc?ne politique : ? les gens s?affrontent comme des aigles dans le ciel, mais au sol, les habitants attendent l?eau, la sant?, l??cole? ? Une v?rit? qu’on ne peut balayer d’un revers de plume. Dans ce septentrion ? la fois strat?gique et attachant, les alliances sont temporaires, les discours flamboyants, mais la lucidit? d?Akere Muna rappelle que, derri?re les duels et les rires forc?s, l?essentiel reste immuable : le respect d?un ?lectorat qui n?a ni temps ni patience pour les querelles inutiles. Akere Muna n?esquive pas le sujet sensible de son alliance pass?e avec Bello Bouba Ma?gari. Certains y ont vu un pacte contre nature, un compromis d?ambition plut?t qu?un contrat d?id?es. Lui pr?f?re y lire une tentative de r?conciliation nationale. ? Ce n??tait pas une alliance de confort, mais de lucidit? ?, affirme- t-il. ? Quand on veut b?tir un pays, on ne choisit pas toujours ses compagnons de route, on choisit la direction sur la base d??l?ments objectifs ?. Il reconna?t cependant que cette d?marche a sem? le doute parmi ses partisans les plus ardents. ? Beaucoup n?ont vu que la surface, pas le

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Macron, le vrai probl?me de la France

Parler de remaniement, c?est entretenir l?illusion d?un changement. Nommer un nouveau Premier ministre, c?est faire du rafistolage politique et maintenir un syst?me qui refuse de voir la r?alit? en face. C?est aussi continuer ? m?priser le peuple fran?ais, qui n?en peut plus d?un pr?sident dont l?unique obsession semble ?tre de donner plus d?argent aux riches et ? des cabinets de conseil de moralit? douteuse comme la compagnie am?ricaine McKinsey. Certains voudraient nous faire croire que la crise actuelle est gouvernementale, qu?un nouveau Premier ministre suffirait ? calmer les tensions, ? relancer l?action. Mais le probl?me de la France ne se situe ni ? Matignon, ni ? l?Assembl?e nationale. Le c?ur du blocage se trouve ? l??lys?e. Le probl?me de la France, aujourd?hui, c?est Emmanuel Macron. Depuis les ?lections l?gislatives de 2022, o? il a perdu la majorit? absolue, il a refus? d?entendre le message des urnes. Plut?t que d?en tirer les cons?quences, il a choisi de passer en force, multipliant les 49.3, gouvernant sans d?bat, imposant des r?formes rejet?es massivement, comme celle des retraites. Il s?est assis sur le vote des Fran?ais, pr?f?rant l?autorit? solitaire au compromis d?mocratique. Un pr?sident en rupture avec la d?mocratie Ce mandat est devenu celui de la ruse et de la mauvaise foi. Emmanuel Macron tord les r?gles, manipule les institutions et ?vite toute remise en question. Il continue de gouverner comme s?il disposait d?un blanc-seing, alors que sa l?gitimit? politique est profond?ment entam?e.Certains Fran?ais songent d?j? ? une nouvelle dissolution de l?Assembl?e nationale. Mais ce serait un nouveau tour de passe-passe pour repousser l??ch?ance. Cette strat?gie ne r?soudrait rien. Dissoudre, pour quoi faire ? Reproduire les m?mes blocages ? Obtenir un sursis ? Non. Le v?ritable blocage, c?est Macron. Le seul geste responsable: d?missionner ? ce stade, il ne reste qu?une option r?ellement d?mocratique: qu?Emmanuel Macron d?missionne et qu?une ?lection pr?sidentielle anticip?e soit organis?e. Ce serait un acte de lucidit? et de responsabilit?. La France a besoin d?un nouveau d?part, d?un pouvoir qui respecte les institutions, les corps interm?diaires, la voix du peuple. Elle a besoin d?un pr?sident qui gouverne avec, et non contre, le pays. Le syst?me actuel est ? bout de souffle. Et changer le Premier ministre ne r?glera rien, pas plus qu?un nouveau discours ou une strat?gie de communication. Le double discours d?Emmanuel Macron Ce qui ajoute au malaise, c?est le double discours permanent du chef de l??tat. ? l??tranger, il se pose en champion de la d?mocratie. Il donne des le?ons aux pays africains, d?nonce les r?gimes autoritaires, plaide pour des ?lections libres pendant que, chez lui, il m?prise les mouvements sociaux, muselle le Parlement, refuse le r?f?rendum et gouverne par d?cret. Cette incoh?rence ne passe plus. Elle mine la cr?dibilit? de la France. Elle r?v?le une vision verticale, technocratique o? la d?mocratie est tol?r?e tant qu?elle ne g?ne pas les d?cisions du sommet.Comme quoi, la vertu n?est pas toujours l? o? on l?imagine. Un peuple fatigu? et m?pris? Les Fran?ais sont ?puis?s par ce quinquennat. Les in?galit?s explosent, les services publics s?effondrent, le pouvoir d?achat recule et l??coute politique est devenue inexistante. Face ? cela, Emmanuel Macron continue de prot?ger les int?r?ts des plus ais?s, refusant toute remise ? plat du mod?le ?conomique, tout dialogue r?el avec les citoyens. Et que propose-t-il ? De changer de visage ? Matignon ? De recycler les m?mes figures politiques d?j? connues ? C?est non seulement insultant pour l?intelligence des Fran?ais, mais aussi r?v?lateur d?un pr?sident totalement coup? des r?alit?s sociales. Une alternative est possible Non, la France n?est pas condamn?e ? subir ce cycle infernal de crises politiques et de r?formes impos?es. Il existe une alternative, mais elle commence par une rupture nette avec le macronisme, c?est-?-dire une rupture avec la personnalisation excessive du pouvoir, l?autoritarisme institutionnel et le m?pris du peuple. Emmanuel Macron doit partir. Pas dans la violence, ni dans l?humiliation, mais dans un acte d?mocratique clair: une d?mission suivie d?une ?lection pr?sidentielle anticip?e. Le pays y gagnerait en apaisement, en clart? et en l?gitimit?. Car, aujourd?hui, ce que le peuple r?clame, ce n?est pas un nouveau plan de communication. C?est un vrai changement de cap. Jean-Claude DJEREKE

bloc d'article

Maroua: Issa Tchiroma pris dans sa propre mar?e humaine

?Entre ?motion spontan?e et strat?gie d?image, son ?quipe revendique ??une communication par l?image vraie??. Ce 9 octobre 2025, la nuit tombe doucement sur le march? aux b?ufs de Maroua. La poussi?re rouge, soulev?e par des milliers de pas, flotte comme un voile dor?, piquant les yeux et chatouillant les narines. L?odeur de foin, de b?tail, de charbon et de fum?e de grillades se m?le aux ?pices des vendeurs ambulants, tandis que quelqu?un, quelque part, hurle : ??Attention au b?uf?!?? La foule rit, recule, avance, comme une vague qui h?site avant de se briser. Elle attend. Longtemps. Chaque minute devient un petit suspense digne d?une s?rie t?l?vis?e : ??Va-t-il enfin appara?tre???? Chaque cri, chaque chant transforme l?arriv?e du candidat en moment mythique. Quand il arrive, Issa Tchiroma Bakary, coinc? dans sa voiture, devient l?objet d?une ferveur incontr?lable. Les mains frappent sur la carrosserie, sur les capots, parfois m?me sur des bouteilles vides qui r?sonnent comme des trompettes improvis?es. Les tambours surgissent de ruelles inattendues, les klaxons des motos et les b?lements des b?ufs cr?ent une symphonie un peu chaotique, mais diablement efficace. Les jeunes frappent sur des bidons, des caisses, et un voisin essaie m?me de taper sur un seau de poubelle en rythme, ? contretemps, ce qui fait ?clater de rire toute la foule. Les femmes, foulards et pagnes virevoltants, tournent sur elles-m?mes avec des rires qui se m?lent aux chants et aux slogans pour Tchiroma. Les enfants, curieux et t?m?raires, passent entre les jambes des adultes, parfois effleurant les pneus, parfois se retrouvant nez ? nez avec un b?uf confus. Les t?l?phones portables s??l?vent comme une pluie de lucioles num?riques, capturant chaque ?clat de lumi?re et chaque silhouette dansante. Chaque photo, chaque vid?o devient un fragment tangible de ferveur, preuve que le candidat incarne une ?nergie populaire r?elle? et que personne ne s?ennuie ici. La mobilisation m?diatique est impressionnante. Des ?quipes locales et internationales se faufilent entre les jambes, les cam?ras et micros en alerte. Des correspondants ?trangers, visiblement un peu perdus mais charm?s, tentent de comprendre qui hurle quoi, tandis qu?un journaliste local crie : ??Reculez, vous ?tes sur ma ligne?!?? L?image circule aussit?t, transformant un march? poussi?reux en sc?ne quasi mondiale.  Arriv?e du ? bon diable ? Derri?re les vitres teint?es de sa voiture, le candidat sourit, conscient que chaque seconde pass?e ? contenir son impatience renforce son image de leader entour? d?une ferveur authentique. Le cr?puscule dramatise les visages et les silhouettes. Les lampes torches dessinent des ?clats sur les mains lev?es, et les tambours improvis?s transforment le march? en carnaval o? chacun est acteur et spectateur. Les foulards flottent comme des flammes mouvantes, chaque instant devenant fragment d?histoire, t?moignage que la campagne se joue ici, au milieu de la poussi?re et des odeurs m?l?es. Tchiroma, prisonnier consentant de cette mar?e humaine, l?ve la main derri?re la vitre entrouverte. Geste bref mais charg? de sens : salut, remerciement, promesse implicite. Aucune d?claration. ??L?id?e est de cr?er une tension ?motionnelle??, confie un responsable local. ??La longue attente amplifie la joie de son apparition. Effet calcul? mais visible pour tous??. Regards Les experts observent, m?lant admiration et analyse froide. Le professeur El Hadj Baba explique : ??La longue attente est un outil classique de mise en sc?ne ?motionnelle. Chaque minute de patience devient ?nergie collective. La couverture m?diatique renforce l?effet.?? Jeanne Nsoga ajoute : ??M?me orchestr?e, l??motion semble authentique. ? peine Paul Biya a-t-il quitt? la capitale du Diamar? que son ancien ministre, pose ses valises dans la m?me ville. Une arriv?e calcul?e, un chass?-crois? digne d?un ballet ?lectoral o? chaque pas compte. La foule croit vivre un moment spontan?, et les journalistes amplifient le spectacle.?? Albert Nkam, sociologue, commente : ??La force de ce rassemblement est ?motionnelle. On ne vote pas seulement, on participe ? une exp?rience collective. La longue attente fait partie de la dramaturgie. La couverture nationale et internationale transforme un instant local en spectacle ? grande port?e.?? Pour les communicants de Tchiroma, la sc?ne prouve qu?aucun montage n?est n?cessaire. La v?rit? de la foule suffit. Dans cette mar?e humaine, entre poussi?re, ?clats de rire et exclamations impr?vues, l?image du candidat s??crit avec la spontan?it? d?une po?sie populaire, le r?alisme d?une sc?ne de march? et l?humour d?une farce joyeuse orchestr?e par des milliers de bras lev?s et de c?urs battants. Jean Ren? Meva’a Amougou ? Maroua

bloc d'article

L?abstention, la bombe silencieuse du 12 octobre

Alors que le pays s?appr?te ? voter ce 12 octobre, l?abstention massive qui se profile prend des allures de pl?biscite ? l?envers : un vote politique par le silence. Silence ou insurrection muette ? Loin d??tre une simple paresse civique, l?abstention appara?t comme un geste volontaire de contestation. Elle traduit la d?fiance envers un syst?me ?lectoral jug? verrouill? et une classe politique incapable de se renouveler. ? d?faut de descendre dans la rue, les Camerounais expriment leur r?volte par l?inaction, transformant l?urne en symbole d?absence. ? Yaound? comme ? Maroua, l?ambiance ?lectorale est certes visible mais des intentions ? ne pas aller voter sont bien visibles en milieu jeune. Dans les march?s, les bars, les campus, l??lection pr?sidentielle se discute ? vives voix. Les projections ?voquent un taux de participation historiquement bas, bien en de?? des 65 % affich?s lors du pr?c?dent scrutin. Une l?gitimit? fragilis?e Quelles que soient les urnes du 12 octobre, le futur pr?sident h?ritera d?un mandat contest?, min? par l?absence de soutien populaire massif. Derri?re les chiffres officiels, la r?alit? s?imposera : gouverner un peuple qui a choisi de ne pas choisir. Une ?quation explosive pour un pays d?j? travers? par les crises sociales, identitaires et s?curitaires. Dans un pays o? plus de 60 % de la population a moins de 30 ans, l?indiff?rence des jeunes devient un signal politique majeur. Beaucoup n?ont jamais pris la peine de s?inscrire sur les listes ?lectorales. D?autres, inscrits, d?clarent ouvertement qu?ils ne voteront pas. ? On nous demande d??lire, mais rien ne change pour nous. Alors, pourquoi perdre du temps ? ?, l?che un motataximan de Garoua. L?abstention s?affirme comme la v?ritable arme d?une g?n?ration d?sabus?e. Quand l?abstention devient le vrai scrutin Le 12 octobre, ce n?est pas seulement un pr?sident que le Cameroun s?appr?te ? ?lire. C?est surtout l?ampleur du divorce entre le peuple et ses institutions que le monde observera. Dans ce face-?-face silencieux, la grande question reste enti?re : l?abstention est-elle encore un simple d?sint?r?t? ou d?j? le premier acte d?une r?volution politique ? TOM Tom.

bloc d'article

L?abstention, la bombe ? fragmentation qui menace l?apr?s-12 octobre

Si le peuple se d?tourne massivement des urnes, c?est l??difice d?mocratique lui-m?me qui risque de s??crouler. Car l?apr?s-scrutin pourrait ouvrir la voie ? l?instabilit?, aux ?meutes et ? une perte brutale de l?gitimit? du pouvoir. Une d?mocratie ? bout de souffle Ce dimanche, les Camerounais ne d?cideront pas seulement du nom de leur pr?sident. Ils d?cideront surtout de l?avenir de leur d?mocratie : survivra-t-elle ? l?indiff?rence massive, ou sombrera-t-elle dans le fracas d?un pays gouvern? par et pour une minorit? ? La campagne ?lectorale, cens?e galvaniser les foules, s?est transform?e en procession terne. Meetings d?sert?s, slogans recycl?s, promesses sans ?cho : tout pourrait indiquer que le 12 octobre ne sera pas une f?te de la d?mocratie, mais une c?r?monie d?enterrement civique. Dans les quartiers populaires de Douala, les villages de l?Extr?me-Nord ou les campus universitaires, la lassitude est la m?me chez les ?lecteurs : ? voter ne change rien ?. Le lendemain du vote : un pr?sident assis sur un volcan Un chef de l??tat ?lu par une poign?e d??lecteurs n?aura ni l?assise ni l?autorit? pour gouverner sereinement. D?j?, des voix s??l?vent pour d?noncer une ? mascarade ?lectorale ?. Si l?abstention atteint des records, la l?gitimit? du vainqueur sera contest?e d?s l?aube du 13 octobre. Le pouvoir devra alors affronter un peuple qui n?a pas vot? pour lui? mais qui n?acceptera pas non plus d??tre ignor?. Le spectre des ?meutes et de la col?re populaire Dans un pays o? la frustration sociale est palpable ( ch?mage end?mique, vie ch?re, in?galit?s r?gionales ), l?abstention peut devenir l??tincelle d?une explosion incontr?lable. Des ?meutes pourraient embraser les grandes villes, sur fond de contestation de la victoire proclam?e. Le Nord, d?j? fragilis? par l?ins?curit?, pourrait devenir l??picentre de violences politiques et communautaires, nourries par le sentiment d?exclusion. Une br?che pour les extr?mes L? o? la d?mocratie ?choue, les extr?mes prosp?rent. L?abstention ouvre la porte ? l??mergence de mouvements radicaux, religieux ou identitaires, qui se pr?senteront comme l?alternative ? une classe politique jug?e corrompue et ill?gitime. La jeunesse, laiss?e pour compte, pourrait basculer dans ces discours de rupture. Ce sc?nario n?est plus hypoth?tique : il s??crit d?j? dans les frustrations du quotidien. Le compte ? rebours d?une implosion politique Si l?apr?s-12 octobre se r?sume ? un pr?sident affaibli face ? une majorit? silencieuse et en col?re, alors le Cameroun entrera dans une zone de turbulence in?dite. La d?mocratie ne mourra pas d?un coup d??tat ni d?une guerre ouverte, mais d?une lente agonie : celle du d?sengagement civique, du discr?dit des urnes et du r?gne d?un vide politique propice au chaos. Tom

bloc d'article

Scrutin du 12 octobre 2025: et si le vrai vainqueur s?appelait Abstention ?

? la veille du scrutin pr?sidentiel, le Cameroun retient son souffle. Mais une ?vidence s?impose d?j? : ce 12 octobre, les urnes risquent de r?sonner plus du silence que du vote. L?abstention massive, nourrie par la lassitude, la col?re et la m?fiance, pourrait bien ?tre l?autre vainqueur de cette ?lection. Dans les rues de Douala comme dans les villages du Nord, l?ambiance est glaciale. Meetings clairsem?s de plusieurs candidats de l?opposition, slogans sans ferveur, ?lecteurs indiff?rents depuis la disqualification de Maurice Kamto, le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) : la pr?sidentielle ressemble ? une pi?ce dont le public s?est d?tourn?. Loin de mobiliser, la campagne a creus? le foss? entre le peuple et la classe politique. La jeunesse en premi?re ligne du d?sengagement Avec plus de 60 % de jeunes dans la population, le Cameroun devrait vibrer d?une ?nergie d?mocratique. D??ue, d?sabus?e, cette jeunesse voit dans l?abstention une arme politique. ? Nous ne risquons pas voter, parce que voter ne change rien. L?opposition que nous attendions compact et uni semble dispers?e ?, l?che Absalom, ?tudiant ? l?Universit? de Yaound? I. Quel que soit le vainqueur du 12 octobre, il pourrait h?riter d?un pays o? la majorit? silencieuse aura refus? de participer au choix. Cette abstention massive fragilise d?avance la l?gitimit? du futur pr?sident. Derri?re les chiffres officiels, une v?rit? crue s?imposera : gouverner sans l?adh?sion populaire, c?est r?gner sur du sable mouvant. L?abstention, un vote de d?fiance Refuser de voter, ce n?est plus seulement de l?indiff?rence. C?est un message politique clair : d?noncer un syst?me ?lectoral verrouill? et une ?lite sourde aux r?alit?s sociales. Dans un pays travers? par la crise ?conomique, les tensions s?curitaires et les fractures identitaires, ce geste de retrait devient un cri silencieux. Le 12 octobre 2025 pourrait marquer un tournant : une ?lection o? le peuple, en s?abstenant massivement, choisira de ne plus choisir. Et si, au soir du scrutin, le v?ritable vainqueur n??tait pas un candidat? mais le vide des urnes ? Tom

bloc d'article

Production p?troli?re: le Cameroun roule sur des pics d?croissants

Les donn?es de la SNH portent ? 6,528 millions de barils la quantit? de p?trole brut au 1er trimestre 2025. Loin des 24,26 millions de barils dont se pr?valait encore le Cameroun 2018 dans son rapport ITIE?d?di?. La Soci?t? nationale des hydrocarbures (SNH) a rendu publiques des donn?es relatives ? la production de p?trole brut sur l?ensemble du territoire camerounais ; ainsi que des chiffres sur la commercialisation des quotes-parts r?serv?es ? l?Etat entre janvier et avril 2025. Ceux-ci mettent ainsi en exergue une quantit? de 6,528 millions de barils de p?trole extrait, dont 4,027 millions de barils revenant ? l?Etat. S?agissant des revenus g?n?r?s au b?n?fice du Cameroun, les comptes de la SNH pointent ?159,920 milliards de FCFA au titre de contribution au budget de l?Etat, 12,149 milliards de FCFA d?imp?ts sur les soci?t?s, 0,582 milliards de FCFA d?imp?ts sur les soci?t?s p?trolier, 0,582 milliards de FCFA et 3,832 milliards de FCFA pour divers autres imp?ts et taxes ?. Des ?carts Ces chiffres pris en comparaison avec les donn?es des rapports de l?Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) sur les exercices 2018 ? 2022 ? en attendant la publication imminente du rapport 2023 ? donnent un aper?u de la tendance nationale en mati?re de production p?troli?re. Il apparait ainsi une ?volution en dents de scie, dont la seule constance reste l?important ?cart entre les performances de 2018 et celles enregistr?es de 2021 au premier trimestre 2025. Ainsi, selon le rapportage ITIE Cameroun, qui se fonde sur la divulgation des soci?t?s ?voluant dans le secteur et de diff?rentes entit?s ?tatiques, le pays enregistre 24,26 millions de barils en 2018, maintient le cap en 2019 avant d?atteindre son pic le plus ?lev? sur les huit derni?res ann?es en 2020, par une production de 25,51 millions de barils.  Il s?ensuit depuis 2021 une baisse notable des quantit?s qui fait r?f?rence ? 24,63 millions de barils sur la p?riode ?voqu?e et ainsi que 23,92 en 2022. Pour les exercices 2023 et 2024, la SNH ?tat respectivement de 23,88 et 21,771 millions de barils.  Globalement la production d?hydrocarbures liquides est pass?e de 25,13 millions de barils en 2018 ? 26,56 en 2020 avant de chuter ? 25,61 en 2021 pour finalement s??tablir ? 24,95 millions de barils en 2022 (Cf. Rapport ITIE Cameroun 2022). La raison, l?on y apprend, tient ? du vieillissement des champs et aux conditions op?rationnelles du secteur ?. Sur la question pr?cise, le regard plonge principalement dans les bassins de Rio del Rey et Douala/Kribi-Campo o? le vieillissement conjugue avec absence de nouvelles d?couvertes de gisements p?troliers. Exportations en baisse Dans son rapport sur le commerce ext?rieur du Cameroun en 2024 publi? ce 29 septembre, l?Institut national de la statistique (INS) met un doigt sur la tendance baissi?re des recettes d?exportation des huiles brutes de p?trole. Chiffr?es ? 1002,7 milliards de FCFA au cours de l?exercice susmentionn?, elles affichent une baisse de 11,0% par rapport ? l?ann?e 2023. Pour une vision plus pr?cise du ph?nom?ne, le rapportage ITIE laisse ? voir l?impact positif de la hausse des cours de mati?res premi?res sur les performances du Cameroun en 2021 et 2022. Le pays y cumulait des recettes de l?ordre 1468, 38 milliards de FCFA pour un volume export? de 24,62 millions de barils en 2022 selon le rapportage ITIE. S?agissant de l?exercice 2021, les volumes export?s s?y ?levaient ? 24,63 millions de barils pour des recettes chiffr?es ? 909,71 milliards de FCFA. Louise Nsana

bloc d'article

Route Mora-Dabanga-Kousseri: des signaux de relance

Malgr? les contraintes s?curitaires et climatiques, le chantier avance ? un rythme jug? satisfaisant, selon le MINTP. La reconstruction de la route Mora?Dabanga?Kousseri franchit une ?tape d?cisive. Le 7 octobre dernier, l?entreprise en charge du chantier a proc?d? ? la planche d?essai en vue de la mise en ?uvre de la couche de roulement en b?ton bitumineux, une op?ration technique d?terminante avant la livraison de l?infrastructure annonc?e pour la fin de l?ann?e 2025. ? en croire le MINTP (minist?re des Travaux publics), la planche d?essai r?alis?e permet d??valuer la r?sistance et la qualit? du b?ton bitumineux, derni?re couche qui assurera la solidit? et la long?vit? du rev?tement. Selon les ing?nieurs sur le site, cette phase confirme la conformit? du mat?riau aux standards internationaux et ouvre la voie ? la g?n?ralisation de la pose sur l?ensemble du trac?. Les travaux, ex?cut?s sous la supervision du Minist?re des Travaux publics (MINTP), visent ? garantir une route durable, capable de supporter un trafic commercial croissant. L?axe Mora?Dabanga?Kousseri, long de pr?s de 205 kilom?tres, constitue un corridor majeur reliant le Cameroun au Tchad et au Nigeria, et par extension aux march?s sah?liens. Sa remise ? niveau rev?t donc une port?e ?conomique et g?ostrat?gique de premier plan. Au-del? des aspects techniques, la relance de l?axe Mora?Dabanga?Kousseri symbolise la r?silience d?un territoire souvent ?prouv?. Les ?changes commerciaux, interrompus ou ralentis par la d?gradation des routes, retrouveront progressivement leur dynamique. Les transporteurs, les commer?ants et les producteurs agricoles b?n?ficieront directement de cette am?lioration, avec une r?duction notable des temps de trajet et des co?ts logistiques. En effet, le projet, inscrit dans le Programme national de r?habilitation des routes structurantes, illustre la volont? du gouvernement de renforcer les infrastructures dans les r?gions septentrionales, longtemps confront?es ? l?enclavement et ? la d?gradation du r?seau routier. B?n?fices Sur le plan socio-?conomique, la r?habilitation de cette route transformera profond?ment la vie des populations locales. Elle facilitera l??coulement des produits agricoles, r?duira les co?ts de transport et renforcera la comp?titivit? des fili?res d??levage, de commerce transfrontalier et de services. ? terme, la route deviendra un v?ritable levier d?int?gration ?conomique r?gionale. Jadis symbole d?enclavement, cet axe routier s?impose d?sormais comme un instrument de relance et d??quilibre territorial, au service de la croissance et de la coh?sion nationale. Sa livraison pr?vue en d?cembre 2025 marquera une ?tape cl? dans la modernisation du r?seau routier national. Elle renforcera ?galement la position du Cameroun comme p?le logistique sous-r?gional, soutenant les ambitions ?conomiques port?es par la Strat?gie nationale de d?veloppement 2030. Jean-Ren? Meva’a Amougou

bloc d'article

Qui est le Golem?

Une vieille l?gende juive raconte qu?un vieux sage voulait prot?ger son peuple, alors il a pris de la boue, il a model? un corps, et il a ?crit un mot magique sur son front ? un mot qui voulait dire ?V?rit? ?. Et la chose s?est lev?e!Elle bougeait, elle ob?issait, elle faisait tout ce qu?on lui disait.Mais elle n?avait ? pas d??me ?, pas de c?ur, pas de pens?e.Elle faisait tout, m?me quand c??tait injuste, m?me quand ?a tuait.Il avait cr?? le Golem.Sauf que le Golem, docile et puissant, devait prot?ger le peuple. Mais il finit par devenir incontr?lable.Priv? d??me, il ob?issait sans comprendre, ex?cutait sans conscience.Pour l?arr?ter, il fallut effacer une lettre du mot magique : ?met devint Met ? ?Mort?.Et la cr?ature retomba en poussi?re.Cette histoire ancienne pourrait bien ?tre celle du Cameroun d?aujourd?hui.Car notre pays aussi semble gouvern? par un Golem, un ?tre d?argile : un pouvoir sans vie, sans souffle, mais qui continue de bouger, de parler, de signer, comme m? par une force invisible.Un ?tat devenu m?canique.Une R?publique maintenue artificiellement en mouvement. Alors, qui est le Golem du Cameroun ? Est-ce Ferdinand Ngoh Ngoh, le tout puissant secr?taire g?n?ral de la pr?sidence, d?tenteur d?une ?d?l?gation permanente de signature? qui fait de lui la main agissante d?un chef de l??tat absent ?Cr?ature fid?le ou nouveau ma?tre du sortil?ge ?Ob?it-il encore ? Biya, ou agit-il d?j? pour lui-m?me ?Celui qui a ?t? cr?? pour ex?cuter n?est-il pas, ? son tour, devenu indispensable au point de rendre son cr?ateur impuissant ?Ou bien, le vrai Golem, c?est Paul Biya lui-m?me ? cet homme de 93 ans dont le nom continue d?animer le syst?me ?Un pr?sident transform? en symbole, un corps politique vid? de sa substance , utilis? par ceux qui craignent de perdre le pouvoir s?il s??teint.Biya n?est-il pas devenu l?instrument d?un r?gime qui ne sait plus vivre sans lui, une marionnette que son entourage fait bouger pour prot?ger ses privil?ges ?Issa Tchiroma serait-il le Golem ou plut?t ironie du destin, le seul capable de d?sactiver le Golem ?Ancien ministre, il y a encore quelques mois, ancien avocat du diable et porte-parole du pouvoir, aujourd?hui candidat contre lui.Celui qui fut la voix du monstre veut-il d?sormais le faire taire ?Mais peut-on r?ellement d?truire la cr?ature qu?on a servie pendant tant d?ann?es?Ou sera-t-il, lui aussi, englouti par la machine qu?il tente de d?fier ? Qui est le Golem ?Le serviteur devenu ma?tre ?Le ma?tre devenu pantin?Ou le syst?me tout entier, fait de peur, de silence et d?int?r?ts crois?s, qui manipule et d?vore ? la fois ? Dans la l?gende juive, le Golem finit toujours par ?craser ceux qui refusent de l?arr?ter.Et quand il tombe, il ne tombe jamais seul : il emporte le temple avec lui.La question, aujourd?hui, est :les Camerounais le 12 octobre prochain sauront-il effacer le mot ?pouvoir? du front de cette cr?ature avant qu?elle ne r?duise le pays en poussi?re ? Jean Pierre Bekolo

bloc d'article

? Discours de campagne ?: Cavaye sauv? par la tradition

Comme un lion qui confond la savane ? la for?t, le pr?sident de l’Assembl?e nationale s’est perdu dans sa prise de parole. A Garoua et ? Maroua, l’on d?fend le lamido. ? Maroua, ce 7 octobre 2025, le soleil cogne sur les cr?nes comme un tambour impatient. On attend la grande messe du verbe politique, la parole inspir?e du pr?sident de l?Assembl?e nationale, devant Paul Biya en campagne ?lectorale. Et soudain, Cavaye Yeguie Djibril entre en sc?ne, drap? dans la dignit? de ses longues ann?es de fid?lit?, le regard perdu entre le pass? glorieux et le micro tremblotant. Le public, ?ventail en main, soupire d?avance : on va entendre l?hommage ? Paul Biya, le po?me de la constance, la chanson du chef ?ternel. On a bien un po?me, oui? mais d?un genre nouveau : la po?sie du d?sordre syntaxique. Les mots de Cavaye s??lancent comme des papillons ivres. Une phrase commence au Nord et finit au Sud, sans passer par le verbe. Les id?es se croisent comme des ch?vres en libert? sur une route de campagne. Parfois, une m?taphore s??crase sur une comparaison mal attach?e. On dirait une peinture de Dali r?cit?e ? voix haute : le temps fond, les mots coulent, et personne ne sait plus o? commence la louange ni o? finit la confusion. Cavaye veut glorifier Paul Biya ; il finit par c?l?brer le chaos organis?. Et au milieu du d?sastre, Cavaye, impassible, continue, s?r que le message, lui, plane devant le chef de l’?tat. Sous la tente blanche, les applaudissements sont m?caniques, presque rituels. On n??coute plus les mots : on salue l?effort. ? Il parle ?, disent les uns. ? Il survit ? sa phrase ?, murmurent les autres. La fid?lit?, ici, se confond ? l’auteur du discours, pas ? sa coh?rence. ? Garoua, la nouvelle du ? discours ? s’est r?pandue comme un parfum de moquerie contenue. Mais attention : on ne rit pas d?un lamido. La tradition, indulgente, prot?ge le vieil homme de la raillerie. ? C?est le lamido, on est oblig? de l’?couter ?, souffle un jeune militant du RDPC. ? dire que, m?me quand la parole s??gare, le respect tient la bride au rire. Ici ? Garoua, beaucoup haussent les ?paules avec philosophie. ? Le vieux lion rugit encore, m?me s?il confond la savane et le d?sert ?, glisse un commer?ant entre deux gorg?es de th? br?lant. C’est que, en ces lieux, le respect s?enrobe toujours d?un brin d?humour. Dans les caf?s, la conversation s??tire. Un vieux militant r?sume la pens?e g?n?rale : ? Ce n?est pas ce qu?il dit qui compte, c?est le fait qu?il soit encore l? pour le dire. ? Et tout le monde acquiesce, entre respect et r?signation. Pas grave Dans les rues poussi?reuses de Maroua, les commentaires vont bon train. Hamadou, militant de la premi?re heure sous la banni?re du RDPC, balaie la critique d?un revers de main : ? Vous autres, vous aimez trop les mots bien rang?s. Cavaye parle avec le c?ur, pas avec le dictionnaire ! ? ? c?t? de lui, Zara, jeune ?tudiante drap?e dans un pagne du parti, hausse les ?paules : ? On ne comprend pas tout, mais il parle devant le chef de l’?tat et ?a suffit ?. Plus loin, Moussa, vendeur de t?l?phones, rit doucement : ? Moi, je crois qu?il a m?lang? son texte. Mais ce n?est pas grave. Tant qu?il dit ?Biya?, le reste passe. Un lamido est inspir? par Dieu ?. Ici et l?, quelques avis parlent du ? po?me du d?sordre ?. Comme si, ? force de vouloir plaire, Cavaye laisse parler son inconscient politique.? On l??coute comme on ?coute la pluie sur la t?le : sans comprendre chaque mot, mais heureux qu?il pleuve encore ?, confie A?ssa, militante du RDPC ? Maroua, les yeux pleins de tendresse. ? Garoua tout comme ? Maroua, le discours de Cavaye s??vapore dans l?air chaud, comme une incantation dont on oublie le sens mais pas la musique. Il reste dans les m?moires comme une parabole du temps politique : quand les mots tr?buchent, la tradition les rel?ve. Quand la raison s??gare, la coutume s?incline. Et quand le chef bafouille, on applaudit encore plus fort, par patriotisme ou par r?flexe. JRMA

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut