Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Vote du 12 octobre 2025: mention assez bien

 » Le scrutin s’est d?roul? dans le calme et la s?r?nit? dans la Commune de Yaound? 6, o? j’ai ?t? appel? ? accomplir mon devoir d’observateur. Cependant, il faut regretter de prime ? bord l’absence de coordination sur les diff?rents sites face ? l’afflux de potentiels ?lecteurs rencontr?s, visiblement d?boussol?s et souvent r?sign?s, parce que ne trouvant pas leurs noms sur les listes ?lectorales devant le bureau de vote. L’alternative fastidieuse du recours au site internet d’ELECAM, satur?, les couleurs similaires des bulletins de vote de deux candidats en comp?tition ou encore ces cas patents de l’absence de plusieurs repr?sentants des candidats en lice dans les bureaux de vote, ont ?t? soulign?s. En somme, il y a lieu de se f?liciter du travail accompli de tous les acteurs du processus ?lectoral » Claver ETOUNDI, Observateur – Pr?sident de l’association des professionnels des m?tiers de l’infocom COMMUNICATEURS-PMA.

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Les coulisses d’un autre vote

De nombreux citoyens se livrent ? la d?fiance en ouvrant des circuits de commerce et au mode de consommations Parall?le. Quand il faut contourner les lois, les camerounais deviennent trop ing?nieurs. Voil? ce qu’il faut retenir. Leurs capacit?s de r?silience se prouve une fois de plus ce 12 octobre 2025. Cette capacit? de survie est beaucoup plus accrue quand il est question de picoler. Plut?t que d’accomplir leurs devoirs citoyens, qui est de se rendre dans un bureau de vote pour choisir celui qui pr?sidera ? la destin?e du pays pendant les 7 ans avenir, ils mettent sur pied des stratag?mes pour continuer ? occuper leur quotidien. Jean barman dans la localit? d’Abomey (Odza), est un exemple. Aux environs de 11 h ce dernier ne supporte plus la pression venant des clients qui sont pour la plupart des fr?res du village. Ne pouvant pas ouvrir son bar fait dans l’improvisation. ? Je ne peux ne pas vendre parce qu’on interdit d’ouvrir les boutiques et bars ?, la d?fiance est ouverte. Il met sur pied un bar dans le petit cacaoyer qui se trouve derri?re la cuisine de son ?pouse. Comme dispositif on a 3 bancs d’environ 2 m?tres de longueur et 2 chaises en plastique. Les casiers de bi?re sont stock?s dans la cuisine, ? comme le village bavarde beaucoup, les gens iront dire que j’ai ouvert un bar. Et si le chef de village o? les hommes en tenues m’attrapent je dis que la cuisine c’est le magasin ?, rench?rit le barman. Ses clients d?cid?s ? l’accompagner dans cette aventure lui promettent un soutien sans faille, ? si l’autorit? vient on va dire que nous sommes sur le point d’aller au bureau de vote ?, ?voque Pierre, un de ces cousins. Armand un autre consommateur est plus humoristique, ? mon bureau de vote c’est ici, le bulletin de vote c’est la bi?re et l’urne c’est le ventre ?, d?t il en Ewondo. Ir?ne propri?taire d’une sup?rette ? Meyo a une strat?gie. N’habitant pas loin de sa boutique, elle prend les commandes des clients. Elle entre dans la boutique et mets la marchandise dans les sacs de march?. Chaque femme d?bourse 200 FCFA en plus comme prime de risques, ? si on m’arr?te je peux faire la prison donc pour faire ton march?, tu me donnes 200 FCFA, sinon je ne sers pas ?, impos? la dame. La m?me d?fiance est visible dans un atelier du c?t? de Toutouli, quartier voisin. Le propri?taire dont l’identit? ne sera pas r?v?l?e se dit non concern? par le vote. ? Aucun candidat ne m’a convaincu, je fais semblant de fermer mon atelier mais je travaille. C’est un homme en tenue qui a ces portes et fen?tres et il me met la pression. D’ailleurs d?s que termine avec cette porte, je l’appelle pour porter avec son pick-up ?, estime le soudeur. Ne pouvant pas ouvrir boutiques et autres lieux de travail, Lo?c et Syst?me prennent les manchettes et se lancent au travail manuel. Ils d?crochent le long de la route qui m?ne au bureau de vote de l’?cole publique de Meyo. C’est une occasion pour eux de se d?fouler. Andr? Gromyko Balla

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Les potins: Echos

Ce dimanche 12 octobre, les Camerounais ont ressorti leurs plus beaux habits et leurs cartes d??lecteurs pour aller voter. Pr?s de huit millions d??mes invit?es ? choisir entre douze pr?tendants, dont l?inoxydable Paul Biya, 92 ans au compteur et 43 ? la manette ? un record qui ferait p?lir m?me les pharaons. Lui brigue un huiti?me mandat, sans trembler, comme on redemande un dessert qu?on conna?t par c?ur. Le scrutin s?est d?roul? dans le calme, sauf ? Garoua, o? Issa Tchiroma a failli inventer le ? vote ? la bagarre ?. Rien de grave, juste un peu d?animation pour les cam?ras. Partout ailleurs, la foule s?est press?e devant les urnes. On n?avait pas vu autant de monde depuis les soldes de fin d?ann?e. Certains y ont vu un vent d?espoir, d?autres une simple curiosit? nationale : ? Et si, pour une fois, ?a changeait ? ? Pendant ce temps, le meeting de Biya ? Maroua ressemblait ? une r?union de famille un lundi matin : peu d?invit?s, beaucoup de b?illements. Les citoyens, eux, arm?s de smartphones, ont film? les r?sultats comme s?ils couvraient un concert de Beyonc?. Le ministre Atanga Nji a rappel? que seuls les ? canaux officiels ? comptent, ce qui a fait rire les r?seaux sociaux : ? Oui, surtout le canal du suspense ?ternel ! ? Quoi qu?il en soit, pour la premi?re fois depuis belle lurette, les Camerounais semblent y croire un peu. Peut-?tre que cette fois, l?histoire aura envie de voter, elle aussi. Versatile Le Front des D?mocrates Camerounais reconna?t enfin la victoire de Paul Biya et, dans un geste digne d?un film comique, abandonne Samuel Hiram Hyodi ? son sort. Front des D?mocrates Camerounais (FDC) jette officiellement l??ponge? et en profite pour f?liciter Paul Biya pour sa r??lection. Selon D?nis ?milien Atangana, leur candidat Hiram Iyodi a pr?f?r? ? se balader ? plut?t que de travailler pour ramener des votes, transformant la campagne en v?ritable promenade touristique. R?sultat : le parti est ? d?stabilis? ? et un peu groggy, tandis que Paul Biya savoure sa victoire. Le pauvre Hyodi se retrouve seul, tel un participant qu?on laisse ? l??cart en lui disant : ? Bon courage, tu g?res ?a tout seul ! ? Le parti explique que leur candidat ?tait trop occup? ? sa ? balade ?lectorale ?, une fa?on polie de dire qu?il profitait d?un petit tour de vacances pendant que les votes, eux, ne prenaient pas de pause. Entre regrets et ?clats de rire, on se dit que la politique peut parfois ressembler ? une com?die o? les h?ros? perdent leur sc?ne finale. Au micro de la CRTV? Le pr?sident-candidat Paul Biya, l?homme qui fait trembler les horloges et b?iller les calendriers, vient de l?cher une phrase dont les ?chos r?sonnent jusqu?au mont Cameroun : ? Je ne peux pas faire de projets sans ?tre s?r d??tre ?lu. ? Une d?claration si tranquille qu?on dirait un proverbe invent? par un philosophe assis sur un fauteuil en cuir depuis 1982. Au micro de Charles Ndongo, directeur g?n?ral de la CRTV et gardien officiel de la bonne parole pr?sidentielle, la sc?ne ressemblait ? une r?p?tition bien rod?e. Charles, micro en main, hocha la t?te avec la gravit? d?un pr?tre en pleine b?n?diction. Le public, lui, retint son souffle : allait-il annoncer un nouveau plan ? Une r?forme ? Un projet r?volutionnaire ? Non. Le pr?sident venait d?inventer le premier programme ?lectoral conditionnel de l?histoire : ? Si je gagne, je promets de r?fl?chir. ? Les analystes politiques, perplexes, s?arrachent les cheveux : comment faire campagne sans projet ? Les communicants, eux, saluent le g?nie de la formule : c?est la politique du ?peut-?tre?. Une strat?gie zen, sans stress, o? tout d?pend des astres et du Conseil constitutionnel. M?me les candidats rivaux en rient jaune : ? Nous, on fait des promesses ; lui, il fait des pauses. ? Dans les quartiers, on en parle au carrefour comme d?un nouvel ?pisode de s?rie. Certains y voient une sagesse africaine : pourquoi promettre la lune quand on peut attendre d??tre pr?sident pour la regarder ? D?autres ironisent : ? ? ce rythme, m?me les projets de routes vont attendre la confirmation des r?sultats. ? Mais soyons justes : apr?s plus de quatre d?cennies ? la t?te du pays, Paul Biya conna?t son public. Il sait que le suspense, c?est aussi une strat?gie de communication. Pendant que les autres courent, lui marche ? son rythme, en se demandant : ? Pourquoi se presser, si le futur est patient ? ? Une phrase, un sourire, et tout le Cameroun en d?bat. Le pr?sident n?a peut-?tre pas encore de projet, mais il a d?j? cr?? le buzz le plus calme du monde. JRMA

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Bello Bouba Maigari et Issa Tchiroma Bakary: le r?ve ?gorg? d?une coalition

Les ?lites politiques, ?conomiques et traditionnelles avaient pourtant jou? les messagers jusqu?au dernier souffle. Certains, dans l?ombre des palais et des salons feutr?s, esp?raient que ces interm?diaires tissent enfin un pont entre les deux hommes, mais il n?en fut rien. Le 10 octobre reste grav? dans les m?moires : ? Garoua, chacun des deux candidats programme son meeting ? la m?me heure dans l?apr?s-midi. Issa Tchiroma et ses partisans battent campagne au lieu-dit ? Carrefour 8 ?, dans le deuxi?me arrondissement de la ville. Bello Bouba et sa horde de fid?les choisissent la place des f?tes sis au quartier Roumd?-Adja, toujours dans le deuxi?me arrondissement. Ici tout comme l?-bas, les deux candidats apparaissent ? la fois sto?ques et majestueux dans leurs meetings respectifs. Tchiroma, entour? de ses fid?les, d?roule son programme et mart?le ses convictions, tandis que Bello Bouba attire sa propre foule, enthousiaste et vibrante. Les deux sc?nes se d?roulent en parall?le, chacune ?clair?e par les projecteurs des m?dias et par les yeux curieux des populations. La rivalit?, palpable, transforme les villes en mosa?ques d??motions contrast?es : espoirs, regrets, applaudissements et soupirs se m?lent dans une chor?graphie impr?visible. ? C?est comme si on avait voulu organiser un double spectacle dans une seule salle ?, confie sous anonymat un militant, moiti? d?sabus?, moiti? amus?. Ici tout comme l?-bas, les places se remplissent, les estrades vibrent, les slogans se superposent, et la ville devient un th??tre ? ciel ouvert. Le rendez-vous des ambitions devient alors un th??tre d??clipses mutuelles, o? chaque projecteur braqu? sur l?un faisait dispara?tre l?autre dans l?ombre. Jeu de miroirs et de strat?gies Dans celui-ci, les rumeurs circulent plus vite que les journalistes. Certains militants racontent que Tchiroma, fid?le ? sa r?putation de diplomate, aurait tendu une main ouverte, tandis que Bello Bouba, fid?le ? sa prudence proverbiale, aurait r?pondu par un sourire poli et un geste vague. ? Il nous a fait comprendre qu?il pr?f?rait marcher seul, avec sa caravane de fid?les ?, murmure un autre, sous couvert d?anonymat, tout en haussant les ?paules. Le d?sespoir des interm?diaires a atteint son paroxysme avec l?intervention d?Ousmane Mey, envoy? sp?cialement pour convaincre Bello Bouba de c?der sur certains points de la coalition. La tentative tourne court et s?ach?ve par une arrestation rocambolesque, juste quelques jours avant l?heure fatidique du meeting. ? C??tait un peu comme dans un roman policier, sauf que tout le monde connaissait les acteurs ?, commente, en souriant, un militant t?moin de la sc?ne. L?arrestation ne fait qu?alimenter les sp?culations : certains y voient une preuve de l?inflexibilit? de Bello Bouba, d?autres une mani?re subtile de rappeler les r?gles du jeu politique dans le Nord. La journ?e du 12 octobre, jour du vote, confirme cette tension : chacun des candidats accomplit son devoir citoyen dans son bastion respectif, entour? de partisans fid?les. Garoua vibre aux pas de Tchiroma, Basch?o chante aux cris de Bello Bouba. Avis Les militants anonymes, v?ritables t?moins de cette ?pop?e, n?h?sitent pas ? livrer leurs confidences avec humour et po?sie. De nombreux t?moignages traduisent un m?lange d?espoir et de d?sillusion. Certains croyaient en la coalition, esp?raient que le Grand Nord parlerait d?une seule voix. D?autres acceptent la logique des rivalit?s, conscientes que l?ambition et la fid?lit? aux bastions p?sent plus que la strat?gie collective. Mais tous reconnaissent la beaut? de ces moments : la puissance des urnes, la gravit? des choix, l??nergie des rassemblements o? les voix se m?lent aux chants et aux tambours, o? la politique devient un po?me incarn?, parfois un po?me qui ricane derri?re son masque de s?rieux. ? On se serait cru dans une pi?ce de th??tre o? chaque acteur r?p?te sa tirade sans jamais ?couter l?autre ?, raconte un jeune cadre politique. ? On riait de nous-m?mes, mais au fond, on pleurait pour la coalition qui ne viendrait jamais. ? Les discussions nocturnes dans les quartiers ?voquent les m?mes images : des n?gociations transform?es en chass?-crois?, des espoirs suspendus ? un fil, et un Ousmane Mey qui, par son arrestation, devient un personnage presque mythique de cette saga politique. Au-del? des anecdotes, l??chec de la coalition r?v?le les logiques complexes du pouvoir et des ambitions personnelles. Les deux candidats semblent incapables de d?passer un pass? de rivalit? entretenu par les calculs strat?giques et les influences multiples. Les ?lites, malgr? leur r?le de m?diateurs, se heurtent ? la muraille de l?ego et de la m?fiance. ? On voulait que la raison triomphe ?, souffle un observateur, ? mais c?est le th??tre des ambitions qui l?a emport? ?. Au vrai, malgr? la mobilisation populaire en faveur de Tchiroma, certains acteurs politiques refusent de s?y ranger. Des cadres influents, des alli?s traditionnels et des notables redoutant l??mergence d?un nouveau leader trop puissant, choisissent de maintenir leurs distances. Les r?unions secr?tes et les conciliabules dans les salons feutr?s r?v?lent les tensions : ? On ne peut pas simplement suivre le succ?s de Tchiroma, il faut prot?ger nos propres int?r?ts ?, murmure un conseiller influent, comme s?il expliquait une r?gle d??chec ? des enfants turbulents. Dans les villages, des partisans h?sitent, doutent de la strat?gie collective et pr?f?rent rester fid?les ? leurs clans, refusant de se fondre dans la vague d?enthousiasme autour de Tchiroma. Pourtant, jusqu?au dernier moment, certains habitants continuaient ? croire au miracle. Dans les ruelles de Maroua et sur les places de Garoua, l?espoir fragile se lisait dans les conversations. Fatoumata, marchande de fruits ? Maroua, confie : ? Je voulais vraiment croire que Tchiroma et Bello Bouba marcheraient ensemble. Ce serait bien pour le Nord. ? Issa, jeune enseignant, se souvient : ? On parlait d?alliance depuis des semaines? je pensais qu?ils laisseraient leurs rancunes de c?t?. ? Aminata, infirmi?re ? Garoua, ajoute : ? Jusqu?au matin du 10 octobre, je me disais que les meetings allaient se rejoindre, que les rivi?res de la B?nou? ne seraient pas s?par?es. ? M?me Mamadou, chauffeur de taxi, avoue : ? Je ne sais pas si la coalition a jamais exist?? mais au fond de moi, je voulais croire que

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RCA : neuf candidatures enregistr?es ? la cl?ture du d?p?t pour l’?lection pr?sidentielle du 28 d?cembre

Neuf candidatures ont ?t? officiellement enregistr?es ? l’issue de la p?riode de d?p?t des dossiers pour l’?lection pr?sidentielle pr?vue le 28 d?cembre prochain en R?publique centrafricaine (RCA), a annonc? dimanche Mathias Barth?lemy Morouba, pr?sident de l’Autorit? nationale des ?lections (ANE). La phase de r?ception des candidatures, ouverte le 2 octobre, s’est achev?e samedi dans un climat jug? apais?, selon M. Morouba. Ce processus s’est d?roul? dans un esprit de responsabilit?, traduisant l’engagement des partis politiques et des candidats ind?pendants en faveur du renforcement d?mocratique. « Cette mobilisation t?moigne de la vitalit? de notre d?mocratie et de la volont? commune de consolider les institutions r?publicaines », a-t-il d?clar? lors d’une allocution officielle. Le pr?sident de l’ANE a salu? le bon d?roulement des op?rations sur l’ensemble du territoire, remerciant les ?quipes de l’institution ?lectorale pour leur professionnalisme. Il a n?anmoins reconnu que certaines pr?fectures avaient ?t? confront?es ? des difficult?s logistiques, en particulier des retards dans la transmission des dossiers. M. Morouba a exprim? sa reconnaissance envers l’ensemble des acteurs nationaux ainsi que les partenaires techniques et financiers pour leur appui constant dans la mise en ?uvre de cette ?tape cruciale du processus ?lectoral. Le Conseil constitutionnel est d?sormais charg? d’examiner la recevabilit? des candidatures. Sa d?cision est attendue dans les prochaines semaines. BANGUI, 12 octobre (Xinhua)

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Interview : la lumi?re des femmes perce les t?n?bres de la guerre, d?clare une experte de l’ONU sur le genre en RDC

Il y a pr?s de 20 ans, Charlotte Songue arrivait ? Kisangani, capitale de la province de la Tshopo, ? l’est de la R?publique d?mocratique du Congo. C’?tait une jeune avocate camerounaise anim?e par des r?ves de justice et de solidarit?. Aujourd’hui conseill?re principale pour la protection des femmes et coordinatrice des questions de genre au Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC, son nom est devenu synonyme d’empathie, de d?termination et de force tranquille, des qualit?s qu’elle incarne dans l’une des missions humanitaires les plus exigeantes de l’ONU. ? J’avais une vingtaine d’ann?es lorsque j’ai commenc? en 2006 ?, se souvient-elle lors d’un r?cent entretien avec Xinhua dans son bureau de Kinshasa. ? Le monde professionnel ?tait majoritairement masculin, mais j’ai vite appris que le professionnalisme n’a pas de genre. ? D?s son plus jeune ?ge, Songue a ressenti une vocation pour le service international. ? D?s le lyc?e, je savais que je voulais travailler dans les relations internationales ?, a-t-elle d?clar?. Apr?s des ?tudes de droit au Cameroun et de droits humains en France, elle a rejoint le syst?me des Nations Unies comme volontaire et a ?t? d?ploy?e en RDC, un pays sortant d’une guerre mais pourtant tr?s r?silient. ? En tant que femme africaine, je me suis sentie oblig?e de servir mes fr?res et s?urs au-del? de mes fronti?res ?, a-t-elle d?clar?. ? Travailler ici m’a offert l’opportunit? de faire une r?elle diff?rence pour les survivantes de violences sexistes et de contribuer ? la reconstruction de la justice. ? Son bureau documente les violations des droits, assiste les victimes, forme les autorit?s et d?fend l’?galit? des sexes ? un travail qu’elle d?crit comme ? collectif et profond?ment humain ?. ? Nous collaborons avec le gouvernement congolais et la soci?t? civile pour garantir le respect des droits de chacun ?, a-t-elle d?clar?. Ces id?aux ont ?t? mis ? l’?preuve dans certaines des r?gions les plus difficiles du pays. Songue se souvient encore des pistes boueuses de Lemera, des for?ts denses de Shabunda et de Baraka, et des villages incendi?s d’Enyele apr?s des affrontements intercommunautaires. ? Se rendre l?-bas ?tait un d?fi ? la fois logistique et ?motionnel ?, a-t-elle confi?. ? Pourtant, je savais que notre pr?sence ?tait porteuse d’espoir. ? Il y a eu des moments o? le fardeau ?tait presque insupportable. ? Apr?s avoir entendu des t?moignages horribles ou appris la mort d’un coll?gue, je me sentais parfois impuissante ?, a-t-elle confi?. ? La nuit, lors des missions sur le terrain, je restais allong?e dans mon lit, sachant que non loin de l? o? je dormais, la violence et le sang continuaient de couler. ? ? Mais ma foi et ma famille m’ont donn? la force de continuer. Mes enfants me rappellent que la pers?v?rance compte ?, a-t-elle ajout?. Ce qui l’a le plus soutenue, ce sont les r?sultats tangibles : une survivante retrouvant sa dignit? ou une prisonni?re injustement d?tenue lib?r?e. ? Chacune de ces petites victoires me montre que ce que nous faisons ici n’est pas vain ?, a-t-elle ajout?. Au fil des ann?es de travail sur le terrain, Songue a coordonn? des projets de soutien aux victimes et d’autonomisation ?conomique des femmes. ? Ce qui me frappe le plus, c’est leur capacit? ? transformer la douleur en pouvoir ?, a-t-elle d?clar?.Une survivante m’a dit : « Je peux ? nouveau me tenir debout. » Ces mots restent grav?s dans ma m?moire. Elle s’exprimait avec fiert? en ?voquant la fa?on dont elle avait aid? des femmes ? assumer des r?les de leadership dans des zones autrefois inaccessibles. Dans la r?gion de Ruzizi, au Sud-Kivu, 57 femmes ont ?t? nomm?es chefs de quartier pour la premi?re fois gr?ce ? un projet similaire. ? Lorsque les femmes acc?dent ? la gouvernance locale, les d?cisions refl?tent les besoins de toute la communaut? ?, a-t-elle d?clar?. ? Investir dans le leadership f?minin profite ? tous. ? ? ses yeux, lutter contre les violences bas?es sur le genre implique l’engagement de toute la soci?t?, en particulier des hommes et des gar?ons. ? Les hommes doivent passer de la parole aux actes : signaler les abus, soutenir les survivantes et remettre en question les normes n?fastes. Il ne s’agit pas d’une guerre des sexes, mais d’un effort collectif pour une soci?t? plus juste ?, a-t-elle d?clar?. ?tant elle-m?me une femme, Songue a d?clar? que la question du genre ?tait ? l’essence m?me ? de sa mission. ? Comment rester insensible ? la douleur d’une adolescente agress?e par un groupe arm? ou d’une m?re rejet?e apr?s un viol ? ?, a-t-elle demand?. ? Ce qui me motive, c’est de les voir gu?rir et redevenir des leaders. Leurs victoires sont ma plus grande joie. ? Tourn?e vers l’avenir, Songue envisage des progr?s, mais aussi des d?fis : renforcer l’?tat de droit, mettre fin ? l’impunit? et prot?ger les libert?s civiques. ? La paix et la justice doivent progresser ensemble ?, a-t-elle d?clar?. Alors que la R?union mondiale des dirigeants sur les femmes se tient en Chine, son message a une port?e bien au-del? de la RDC. ? Le monde a besoin de cette force f?minine pour construire la paix ?, a-t-elle d?clar?. ? Votre lumi?re finit toujours par percer les t?n?bres de la guerre ?, a-t-elle ajout?, faisant r?f?rence ? ses s?urs dans les r?gions en proie ? des conflits. Songue a exprim? l’espoir que chaque fille d’Afrique puisse grandir dans un monde o? le genre ne constitue pas un obstacle. ? Je r?ve d’une Afrique o? ?tre une femme est une force, pas un risque. Qu’une fille n?e demain ? Kinshasa ou ? Yaound? ait la m?me ?ducation, la m?me libert? et les m?mes opportunit?s que n’importe quel gar?on. ? Fin? Comment rester insensible ? la douleur d’une adolescente agress?e par un groupe arm? ou d’une m?re rejet?e apr?s un viol ? ?, a-t-elle demand?. ? Ce qui me motive, c’est de les voir gu?rir et redevenir des leaders. Leurs victoires sont ma plus grande joie. ? Tourn?e

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Forum Global Gateway: le Cameroun renforce son ancrage strat?gique avec l?Union Europ?enne

A Bruxelles, le pays a d?fendu la vision d?un partenariat renouvel?, fond? sur la r?ciprocit?, la durabilit? et la souverainet? partag?e. Les 9 et 10 octobre 2025, Bruxelles, la capitale belge, a accueilli la deuxi?me ?dition du Forum Global Gateway. A ce rendez-vous majeur du partenariat Europe-Afrique, le Cameroun est all? confirmer son r?le de partenaire pivot et pragmatique dans la coop?ration euro-africaine. Selon la division de la communication, de la documentation et des relations publiques du minist?re des Relations ext?rieures (Minrex), la d?l?gation camerounaise conduite par Lejeune Mbella Mbella, s?est illustr?e en s?inscrivant dans une perspective de coop?ration strat?gique, visant ? attirer davantage de financements structurants pour les projets de d?veloppement et de connectivit? r?gionale. Lors des ?changes avec quelques officiels de l?UE, le Cameroun a proc?d? ? une revue approfondie de la coop?ration entre Bruxelles et Yaound?. Celle-ci est particuli?rement marqu?e par des d?cennies de partenariat dans les domaines de l?agriculture, des infrastructures, de la gouvernance, de l??ducation et de la transition ?nerg?tique. Les discussions ont ?galement port? sur les perspectives de renforcement de ces relations, dans un contexte mondial o? la r?silience ?conomique, la s?curit? et la durabilit? sont devenues des priorit?s communes. Engag? dans la mise en ?uvre de sa Strat?gie Nationale de D?veloppement 2020-2030, le Cameroun a r?affirm? sa volont? de diversifier ses partenariats ext?rieurs tout en consolidant ses liens historiques avec l?UE. Le Forum Global Gateway, initiative phare de l?UE, ambitionne d?acc?l?rer les investissements dans les infrastructures vertes, num?riques, ?nerg?tiques et sociales sur le continent africain. Dans ce cadre, la participation du Cameroun. En s?invitant ainsi au c?ur du d?bat sur la red?finition des ?quilibres ?conomiques entre l?Europe et l?Afrique, Yaound? confirme son r?le de partenaire pivot et pragmatique dans la coop?ration euro-africaine. Ongoung Zong Bella

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Casques bleus, l?aube du d?sengagement

Les Nations unies plient les drapeaux bleus. Pas par choix, mais par n?cessit? budg?taire. Un quart de leurs forces de maintien de la paix va rentrer ? la maison, comme des soldats d?une guerre silencieuse perdue non pas sur le terrain, mais dans les bureaux feutr?s des minist?res am?ricains. Le 9 octobre dernier, l?on a appris de l?ONU que treize ? quatorze mille militaires et policiers vont ?tre rapatri?s, des convois d?hommes et de femmes form?s ? maintenir la paix quittant des pays o? la paix, justement, n?est jamais compl?te. Ce n?est pas une premi?re. Chaque ?poque a ses replis. Mais celui-ci sonne ?trangement creux. ? New York, on parle de ? rationalisation ?. ? Washington, on parle d?? America first ?. Dans les capitales o? s??teindront les bases onusiennes, on parlera peut-?tre d?abandon. Depuis le retour de Donald Trump ? la Maison Blanche, les ?tats-Unis ont taill? dans l?aide internationale comme dans un budget de m?nage. Un milliard en moins ici, quelques centaines de millions l? ? et soudain, c?est toute la m?canique du multilat?ralisme qui se grippe. Le budget des op?rations de paix, 5,4 milliards de dollars, se voit amputer de la part du principal contributeur. L?Am?rique, jadis pilier de la diplomatie mondiale, se retire dans sa forteresse, laissant l?ONU compter ses pi?ces. L?organisation avait d?j? deux milliards de dollars d?arri?r?s ? ?ponger. Elle se retrouve maintenant avec un trou de 17 % dans son budget. Alors, elle fait ce que font tous les ?tats en d?tresse : elle coupe, elle rapatrie, elle r?duit. Et derri?re les chiffres (25 %, 13 000 hommes, 18 semaines de retrait), il y a des visages. Des contingents africains, asiatiques, latino-am?ricains, des logisticiens civils, des pilotes, des interpr?tes. Des vies suspendues au fil d?une d?cision am?ricaine. Certes, le pire sc?nario a ?t? ?vit? : Washington ne s?est pas totalement d?sengag?. Mais ce demi-geste ne suffit pas ? masquer le recul d?un id?al. Les Nations unies devront d?sormais apprendre ? faire la paix avec moins d?hommes, moins de moyens, moins d?illusions. Et peut-?tre plus de pragmatisme. Car maintenir la paix, c?est aussi maintenir l?espoir. Dans les ruines du Sud-Soudan, en R?publique centrafricaine, au Mali nagu?re, ce sont les casques bleus qui incarnaient encore une pr?sence, fragile mais r?elle, de la communaut? internationale. Leur retrait partiel marque un tournant : celui d?un monde qui regarde ailleurs pendant que les feux couvent encore. La paix, jadis valeur universelle, devient d?sormais un poste comptable. On y coupe comme dans un arbre malade, sans trop se demander si les racines survivront. Et pourtant, c?est l?, dans les interstices de ces budgets rabot?s, que se joue l?avenir d?une id?e : celle d?un monde capable de se tenir ensemble, m?me quand les nations s??loignent. L?ONU ne s?effondrera pas, mais elle vacillera. Ses soldats bleus redeviendront des silhouettes anonymes dans les couloirs de retour. Et l?on se demandera peut-?tre, dans quelques ann?es, quand la guerre aura de nouveau frapp? quelque part : que co?te vraiment la paix? JRMA

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Ne jamais n?gliger les petites gens

La femme de Naaman avait embauch? une esclave isra?lite. C?est cette esclave qui parla du proph?te ?lis?e ? sa ma?tresse qui ? son tour informa son mari qu?un proph?te gu?risseur vivait en Samarie. Tout part donc de cette esclave, de sa compassion mais surtout de ce qu?elle fit : ouvrir la bouche, parler au lieu de se taire. Il y a des prises de parole qui peuvent sauver des vies. Naaman, qui ?tait un g?n?ral de l?arm?e syrienne, devint furieux quand il entendit qu’il devait se baigner 7 fois dans l?eau du Jourdain. Il ?tait pr?t ? retourner en Syrie. Mais les serviteurs qui l?accompagnaient l?en dissuad?rent. Ils l?encourag?rent ? ob?ir ? la demande d??lis?e. Fort heureusement, Naaman les ?couta. Le r?le jou? par l’esclave et les serviteurs montre qu?on a toujours besoin de plus petit que soi et que personne ne doit ?tre n?glig? ou sous-estim? car nous ne savons pas par qui peut passer notre salut. Deuxi?me enseignement : la gratitude de Naaman et du Samaritain, le seul, parmi les dix l?preux gu?ris par J?sus, qui soit revenu sur ses pas pour dire merci. Nous devons toujours ?tre reconnaissants, m?me pour un verre d’eau. Dieu aime la reconnaissance. Troisi?me enseignement : ?lis?e refuse les cadeaux de Naaman parce qu?il sait que ce n?est pas lui mais Dieu qui gu?rit. Un pr?tre, un pasteur ou un berger qui demande ? ?tre pay? pour prier pour un malade est un escroc et un imposteur. Il faut simplement lui rappeler la parole du Christ dans Mt 10, 8 : « Vous avez re?u gratuitement, donnez gratuitement. » Il y a enfin cette parole de Naaman : « Je ne veux plus offrir ni hocauste ni sacrifice ? d’autres dieux qu?au Seigneur Dieu d?Isra?l ». Pour moi, ce changement de cap est la plus belle chose qui soit arriv?e ? Naaman, ce jour-l?. Cela est plus important que le fait d?avoir ?t? purifi? de la l?pre. ? Dieu, ne demandons pas uniquement la gu?rison physique, le pain, l??me s?ur, le boulot, etc. Demandons aussi et d’abord la gr?ce de la conversion ! Se convertir, c?est abandonner les mauvaises choses, changer de comportement, faire ce qui est conforme ? la volont? de Dieu. Jean-Claude Dj?r?k?

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