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Nos agr?g?s sur les plateaux

Chez nous, comme chez les autres d?ailleurs, la presse est consid?r?e comme un des lieux o? non seulement se d?roule le d?bat politique par l??change d?arguments, mais aussi o? se nouent les rapports de force, par la prise de position des diff?rents acteurs. Au Cameroun, le contexte politique aidant, nos m?dias n?en finissent plus de proposer une masse d?hommes dont les id?es r?agissent au m?me instant sur les plateaux. Seulement, s?il est commun de consid?rer que cela nourrit le d?bat sociopolitique, il est de plus compliqu? de ne pas se poser la question de savoir si les plateaux radio et t?l? ne sont pas devenus un lieu o? ? quelque chose se passe ?. Prenons les choses par ce bout et commen?ons par observer qu?autour de certains sujets, les d?bats propos?s par nos cha?nes de radio et de t?l?vision tournent en bataille d?experts. Bien loin des th?mes et des questions ? l?ordre du jour, le jeu de la parole de nos agr?g?s se vit comme un soufflet de forge qui attise la moindre ?tincelle, pour en faire jaillir un immense incendie. Outre mesure, on ne saurait se surprendre de ce qui est finalement offert au public : des ?missions engag?es dans un processus de d?nigrement mutuel dans un tohu-bohu d?attaques indirectes ou sous-entendues, toutes combin?es parfois ? des d?clarations sentencieuses, ? des invectives venimeuses et ? un grand nombre d?erreurs de raisonnement. Et s?agissant de nos ? Professeurs ?, il n’est pas s?r qu?on puisse consid?rer que leur langage lors des d?bats repr?sente encore le langage d?expert. Pendant de longues minutes, tout ce que disent nos experts et sp?cialistes op?re au d?triment de l?analyse critique des probl?mes et des solutions. Ce ph?nom?ne est remarquable lorsque, consciemment ou non, ils d?cident de rentrer dans le d?bat par une question secondaire. Cette d?rive n?exon?re pas le public, qui est loin d??tre une victime, puisqu?il nourrit, suscite ces involutions, participe aux ?missions et les regarde? De plus en plus flagrant, l?atypisme de l?image que renvoient nos agr?g?s affiche une trop grande incivilit? et sugg?rent une communication sans contr?le aucun. Dans ce vacarme, il s?ensuit un d?centrage du d?bat ? partir d?un dispositif qui trahit ouvertement d?ficits de coh?rence. Et de fait, on plonge dans On n?est plus dans les fantasmes de quelques individus qui attendent que le mod?rateur g?re les tours de parole dans le sens de leurs int?r?ts. ? cause d?un paradoxe qui leur est propre, ils ne se contentent pas seulement de perdre du temps aux mod?rateurs. Ils sont aussi producteurs de trivialit?s. Finalement, on se trompe en pensant que nos agr?g?s sont des personnes qui ont r?ussi ? ?chapper aux tyrannies du sens commun ou aux a priori. On se rend bien compte que, d?eux-m?mes, ils donnent l?image n?gative d?intellectuels cassant ou verbeux, ? l?aise dans les discours g?n?raux et le tintamarre du buzz m?diatique. La tentation est grande, alors, d?opposer savants et experts aux gens qui viennent d?cliner leurs parcours et profil sur les plateaux. A ce titre, il est lourd de signification de voir que cette spectacularisation port?e par nos agr?g?s n??chappe pas aux ressorts du mauvais spectacle. Jean Ren? Mev?’a Amougou

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Quand le sport devient otage de la politique

Le 4 ao?t 2025 restera une date marquante dans l?histoire r?cente du Burkina Faso. Ce jour-l?, le mythique stade du 4 Ao?t a rouvert ses portes apr?s plusieurs mois de r?novation, dans une ambiance ? la fois festive et solennelle. Pour marquer cet ?v?nement national, les autorit?s burkinab? ont organis? une rencontre amicale opposant des militaires burkinab? ? une s?lection d?anciennes l?gendes du football africain.Le match en lui-m?me n??tait qu?un pr?texte ? une occasion pour rassembler, f?d?rer et, peut-?tre, panser quelques blessures sociales et politiques. Mais, derri?re les sourires et les accolades sur la pelouse, une ombre planait sur la pelouse r?nov?e, celle de plusieurs grandes figures du football ivoirien, dont Didier Drogba. Une brochette de l?gendes? incompl?teLa s?lection africaine pr?sente ce jour-l? faisait r?ver. Les supporters burkinab? ont eu le privil?ge de voir ?voluer sur leur sol des figures embl?matiques du football continental : les Camerounais Samuel Eto?o Fils, multiple Ballon d?Or africain, Rigobert Song, ancien capitaine intraitable des Lions Indomptables, Alexandre Song, Benjamin Moukandjo, St?phane Mbia, mais aussi Alain Traor? et Charles Kabor?, enfants du pays sans oublier Seydou Keita, Mamadou Niang, El Hadji Diouf, Emmanuel Adebayor, Jay-Jay Okocha ou encore Taye Taiwo. Une g?n?ration dor?e, t?moin des grandes heures du football africain des ann?es 2000 ? 2015.Mais un groupe manquait cruellement ? l?appel, celui des anciens internationaux ivoiriens. Didier Drogba, Yaya Tour?, Kolo Tour?, Emmanuel Ebou?, Salomon Kalou, Didier Zokora? Aucun n?a fait le d?placement. Une absence qui a rapidement fait couler beaucoup d?encre. Un boycott sous influence ? ? Ouagadougou comme ailleurs, une question s?est vite impos?e : pourquoi aucun des anciens joueurs ivoiriens invit?s n?a-t-il r?pondu ? l?appel ? Les informations les plus concordantes pointent du doigt les autorit?s ivoiriennes, qui auraient express?ment emp?ch? ces footballeurs de participer ? l??v?nement. Ce ne serait pas la premi?re fois que la politique s?immisce dans des activit?s suppos?ment apolitiques. Mais ce geste, s?il est av?r?, a tout d?un signal fort : le pouvoir d?Abidjan aurait-il volontairement sabot? un moment d?unit? panafricaine au nom de dissensions politiques ?Le pr?sident burkinab? Ibrahim Traor?, tr?s populaire dans une large partie de la jeunesse africaine pour ses prises de position souverainistes et panafricanistes, ne fait pas l?unanimit? chez ses pairs. ? Abidjan, son discours frondeur, ses critiques ? peine voil?es du n?ocolonialisme et ses alliances r?gionales d?plaisent. Dans ce contexte, refuser ? des figures sportives embl?matiques de se rendre dans la capitale burkinab? pourrait ?tre interpr?t? comme une tentative de minimiser la port?e symbolique de cet ?v?nement. Sport et politique : l??ternel d?bat Le lien entre sport et politique n?est pas nouveau. Du boycott des Jeux olympiques de Moscou en 1980 par les ?tats-Unis, ? celui des Jeux de Los Angeles par les pays du bloc sovi?tique en 1984, l?histoire du sport mondial est jalonn?e d??pisodes o? les consid?rations diplomatiques et g?opolitiques ont influenc?, voire dict?, les comportements des athl?tes et des f?d?rations.Mais lorsqu?il s?agit d?anciens joueurs, d?sormais retir?s des terrains, l?attente est diff?rente. On imagine ? ? tort ou ? raison ? que leur statut d?anciens professionnels leur permet de se situer au-dessus des tensions politiques, de repr?senter une forme d?universalit? que le sport incarne dans ses id?aux les plus purs.En th?orie, donc, un joueur comme Didier Drogba devrait pouvoir assister librement ? un match de gala au Burkina Faso, retrouver d?anciens co?quipiers ou adversaires, saluer des fans africains qui l?admirent depuis des d?cennies. En pratique, la r?alit? semble bien plus complexe. O? est pass? le libre arbitre des joueurs ? Peut-on consid?rer que ces anciens joueurs ont ?t? contraints ? Et, s?ils avaient simplement d?cid?, par prudence ou loyaut?, de ne pas participer ? La question du libre arbitre des footballeurs dans ce genre de situation m?rite d??tre pos?e. Sont-ils encore des ambassadeurs du sport ou deviennent-ils, malgr? eux, des instruments diplomatiques ?Le cas ivoirien est particuli?rement d?licat. Alors que le pr?sident actuel d?Abidjan multiplie les gestes controvers?s ? ?limination d?opposants politiques majeurs, modification r?p?t?e de la Constitution ?, il semblerait que cette autorit? s??tende d?sormais ? la gestion de l?image des anciens ambassadeurs sportifs du pays. Si tel est le cas, cela repr?senterait une d?rive inqui?tante : la mainmise politique sur des personnalit?s qui devraient pouvoir agir selon leurs convictions et leur conscience.Didier Drogba, Yaya Tour? ou Kolo Tour? ont, par le pass?, incarn? l?unit?, le d?passement, l?espoir. Leur silence et leur absence lors d?un ?v?nement ? forte valeur symbolique, dans un pays fr?re, interrogent. Une fracture persistante entre Ouagadougou et Abidjan ? Derri?re l??v?nement sportif, c?est bien une fracture politique et diplomatique qui se profile. Les relations entre le Burkina Faso et la C?te d?Ivoire se sont d?t?rior?es ces derniers mois. En toile de fond, des d?saccords profonds sur les questions de gouvernance, de souverainet? et de coop?ration s?uritaire.Certes, la rivalit? entre pays voisins n?est pas une nouveaut? en Afrique de l?Ouest. Mais le climat actuel est particuli?rement tendu. Le boycott implicite du match de gala par les anciennes stars ivoiriennes n?est peut-?tre qu?un sympt?me de cette crise latente.Cela dit, ne pourrait-on pas esp?rer que le sport serve justement ? d?samorcer ces tensions ? N?est-ce pas l? sa fonction premi?re : rassembler, cr?er du lien, d?passer les clivages ? La vraie le?on du 4 ao?t Malgr? cette absence regrett?e, la f?te a eu lieu. Les tribunes du stade du 4 Ao?t ?taient pleines, les chants ont r?sonn?, les drapeaux ont flott?. Les Burkinab? ont c?l?br? leur arm?e, leur jeunesse, leurs h?ros sportifs, et ont envoy? un message clair : le peuple est debout.Si la politique a voulu s?immiscer dans ce moment de communion, elle n?a pas r?ussi ? en g?cher l?essence. Et c?est peut-?tre l? le plus grand enseignement de cette journ?e : le sport, lorsqu?il est sinc?re et populaire, peut encore triompher des manipulations et des divisions. Jean-Claude DJEREKE

bloc d'article, Cameroun Actualit?s, Sport

Lignes 65 ET 94: Paul Biya change la serrure de la caisse noire

Sans retirer les cl?s au Minfi et au Minepat, le chef de l’?tat recadre l’acc?s au pactole ?Ligne 65?, ? ligne 94 ?. Jusqu?ici, dans les oreilles de ceux qui ne savent pas de quoi il s?agit, ces appellations sonnent presque comme des pseudonymes. Cependant, via un bref descriptif souffl? par un inspecteur d?Etat, l?on comprend vite que derri?re les deux appellations se cachent des pics de retraits d?argent liquide effectu?s dans une caisse noire par quelques happy few, en dehors du circuit normal de l’ex?cution de la d?pense publique. Log?e entre les minist?res des Finances (Minfi) et de l?Economie, ladite caisse, g?r?e dans une totale opacit?, a ?t? d?lest?e d?environ 5 400 milliards FCFA, entre 2010 et 2021. En l’absence de tout cadre juridique, ce pactole vrombissant n?a fait l’objet d’aucun compte rendu officiel, d’aucune publication et donc d’aucun contr?le. Ce qu?un autre inspecteur d?Etat explique indique qu?il a servi ? ? couvrir les charges non r?parties de l??tat en fonctionnement d?une part, et ? assurer la disponibilit? des fonds de contrepartie et couvrir les autres charges non r?parties de l??tat en investissement d?autre part, Une partie de ces fonds dits ? destination particuli?re, ont servi ? financer les actions secr?tes de l’Etat, ? gratifier quelques hommes d’affaires, quelques patrons de m?dias les plus m?ritants et des man?uvres politiques occultes ?. ? On ne peut pas toujours contenter tout le monde. Lorsque le gouvernement estime qu?une op?ration est importante pour le pays, quand bien m?me cette op?ration est men?e par un priv?, le gouvernement a le droit d?estimer que ce priv? a le droit d??tre appuy? ?, exposait Louis Paul Motaze face aux d?put?s le 19 novembre 2022, ? Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire ! ?, confie un troisi?me inspecteur d?Etat. Celui-ci d?crit d?ailleurs ? une m?canique financi?re complexe aussi efficace que redoutable?. Bobo Ousmanou

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Un Parlement au service du peuple ou des puissants ?

Dans toute d?mocratie digne de ce nom, le Parlement est cens? faire entendre la voix des citoyens, d?fendre leurs droits, contr?ler l?action du gouvernement et veiller ? une r?partition ?quitable des ressources publiques. En C?te d?Ivoire, et dans d?autres pays d?Afrique francophone, avons-nous un Parlement godillot, c?est-?-dire soumis et passif, ou un Parlement r?ellement capable de d?fendre les int?r?ts du peuple ? Les r?cents ?v?nements survenus dans le pays semblent malheureusement pencher en faveur de la premi?re hypoth?se. Le silence des d?put?s face aux pr?occupations populaires L?un des ?pisodes les plus marquants de cette inertie parlementaire remonte ? avril 2023, lorsque les op?rateurs de t?l?phonie mobile Orange et MTN augment?rent brutalement leurs tarifs. Une d?cision impopulaire qui suscita l?indignation de nombreux consommateurs. Pourtant, dans cette temp?te sociale, le silence du Parlement fut assourdissant. Aucun soul?vement, aucune marche, aucune interpellation officielle de la part des repr?sentants de la nation. Un seul d?put? osa sortir du rang: Antoine Assal? Ti?moko. Ce dernier appela au boycott des op?rateurs, geste courageux qui finit par faire reculer les deux g?ants de la t?l?phonie. Cet exemple isol? met en lumi?re la faillite d?une institution qui, dans sa majorit?, semble sourde aux cris des plus d?munis.Autre cas tout aussi r?v?lateur: l?affaire Kom? Bakary, accus? de faux et usage de faux en ?criture publique. L? encore, le Parlement resta muet. Seul Assal? Ti?moko prit l?initiative de porter plainte, le 25 mars 2025. Ce mutisme collectif est d?autant plus choquant qu?il s?agit ici d?un scandale touchant aux fondements m?mes de la justice et de la transparence dans la gestion des affaires publiques. Une mobilisation s?lective et politicienne La passivit? du Parlement est d?autant plus troublante qu?elle contraste avec sa soudaine capacit? de mobilisation lorsque certains int?r?ts politiques sont en jeu. Ainsi, d?s l?annonce de la radiation de Tidjane Thiam de la liste ?lectorale, des d?put?s du PDCI se sont empress?s d?organiser une marche de protestation, le 14 juin 2025. Cette r?action rapide et ?nergique soul?ve une question: pourquoi une telle vigueur lorsqu?il s?agit d?un homme politique bien n?, parent d?Houphou?t-Boigny, alors que les injustices subies par des milliers d?anonymes sont ignor?es ?Cela donne le sentiment que l?indignation parlementaire est ? g?om?trie variable, dict?e non pas par un sens aigu de la justice ou de l??quit?, mais par des int?r?ts partisans ou des consid?rations de clan. Les ?lus semblent davantage pr?occup?s par la d?fense de leurs proches et de leurs alli?s que par celle du citoyen ordinaire. Le privil?ge de l??lite: une indignit? jamais d?nonc?e Un autre signe r?v?lateur du d?calage entre les d?put?s et leurs ?lecteurs est leur silence face ? certaines pratiques profond?ment in?galitaires. Lorsqu?un pr?sident, un ministre ou un d?put? tombe malade, il est aussit?t ?vacu? en Europe, en Tunisie, en Turquie ou au Maroc aux frais de l??tat. Pendant ce temps, l?Ivoirien moyen, lui, meurt dans des h?pitaux surpeupl?s, mal ?quip?s, voire sans soins. Ce traitement discriminatoire, v?ritable affront ? l??galit? r?publicaine, ne suscite aucune protestation de la part des parlementaires. En se taisant, ils cautionnent un syst?me qui r?serve le meilleur aux puissants et laisse les faibles ? leur sort. Le r?le du d?put?: un id?al trahi Th?oriquement, le d?put? est le repr?sentant de la nation tout enti?re. ? ce titre, il a pour mission de proposer des lois, d?interpeller le gouvernement, de contr?ler l?action de l?ex?cutif et de veiller ? la bonne utilisation des fonds publics. Il doit ?tre un veilleur, un porte-voix, un rempart contre les abus. En C?te d?Ivoire, cette mission semble ?tre vid?e de son sens. Trop souvent, les d?put?s se comportent comme des courtisans ou des spectateurs, alors qu?ils devraient ?tre des acteurs engag?s et critiques.Cette d?mission collective est d?autant plus inadmissible que les parlementaires ivoiriens jouissent d?un traitement financier enviable. Avec un salaire mensuel de 2 600 000 francs CFA (chiffres de 2023), ils figurent parmi les fonctionnaires les mieux r?mun?r?s du pays. Ce revenu g?n?reux se justifierait pleinement si les d?put?s remplissaient leur mandat avec rigueur et courage. Mais comment ne pas s?interroger sur leur m?rite lorsque leur action reste si timide, si in?gale, si d?tach?e des r?alit?s du quotidien ? Nos d?put?s m?ritent-ils leur salaire ? La question m?rite d’?tre pos?e. ? voir leur silence face ? l?augmentation du co?t de la vie, leur indiff?rence devant les spoliations fonci?res, leur immobilisme face ? la d?gradation des services publics et leur absence de solidarit? avec les victimes d?injustices sociales, on peut en douter. Le contraste entre leurs privil?ges et leur performance est choquant. Il invite ? une remise en question profonde du r?le du Parlement et ? une vigilance accrue de la soci?t? civile.En fin de compte, c?est au peuple qu?il revient de rappeler aux ?lus qu?ils ne sont pas l? pour servir leurs int?r?ts ou ceux de leur parti, mais pour d?fendre la nation. Il est temps de sortir de la r?signation et d?exiger un Parlement ? la hauteur des attentes populaires. Un Parlement qui ne se contente plus de voter des lois, mais qui les incarne. Un Parlement qui n?ait pas peur de se lever lorsque l?injustice frappe. Car ce n?est qu?en honorant leur mission de porte-voix du peuple que nos d?put?s m?riteront r?ellement le titre d?honorables. Jean-Claude DJEREKE

Femmes Int?gres et Int?gr?es de l'Afrique Centrale, MATINS DE L'INTEGRATION, Sport

L’?ssor du f?minicide en Afrique: « Possible de croire en l’?panouissement de la femme », avec Dr Sandrine Orkusa

Dans cette ?mission retrouvez les t?moignages des femmes, faits r?cents sur le f?minicide en Afrique, en occurrence au Cameroun. Aussi, plusieurs actuces et conseils propre au monde f?minin, succeptibles de contribuer ? l’?radication de ce ph?nom?ne. Avec le Docteur Sandrine ORKUSA et plusieurs actualit?s r?centes sur le fait ?voqu?, au micro de Nina Prisca Mekam, sur radio int?gration.

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Le 60e anniversaire de la nouvelle ? Le Mandat ? de Semb?ne Ousmane

Quel coll?gien ou lyc?en de l?Afrique sub-saharienne n?a pas lu et aim? ? Le Mandat ? de l??crivain s?n?galais Semb?ne Ousmane ? Qui n?a pas ?prouv? de la compassion pour Ibrahima Dieng, le personnage central de cette nouvelle ? Qui n?a pas ?t? boulevers? et r?volt? par les humiliations que lui fait subir une administration corrompue et inutilement tatillonne ? En effet, Dieng a du mal ? entrer en possession de l?argent envoy? par son neveu qui vit et travaille en France. ? certaines personnes, la somme de 25.000 F. CFA, le montant du mandat, pourrait para?tre d?risoire, pas ? Dieng qui est au ch?mage et croule sous les dettes. Le jour o? le facteur lui apporte ce fameux mandat, Dieng croit que sa vie va changer car ce mandat lui permettra non seulement de payer ses dettes mais de donner quelque chose ? sa famille ainsi qu?? ses voisins. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme il avait imagin?. En effet, lorsqu?il se rend ? la poste pour retirer le mandat, un agent lui demande de fournir sa carte d?identit?. Une pi?ce qu?il n?a pas et qu?il n?aura jamais car, en Afrique, avant d?obtenir ce genre de documents, il faut, ? d?faut d?avoir le bras long, graisser la patte ou mouiller la barbe ? plusieurs personnes, ce qui ne peut se faire que si on a de l?argent et beaucoup d?argent. Un v?ritable cercle vicieux qui ruinera les immenses espoirs que Dieng avait plac?s dans ce mandat. En un mot, l?oncle d?Abdou ne verra jamais la couleur des 25. 000 F. CFA. Semb?ne Ousmane s?appuie sur cette triste histoire pour critiquer les tares et abus de l?administration et de la police s?n?galaises mais aussi pour nous parler du petit peuple africain des villes, impuissant face ? certains fonctionnaires sans c?ur, ni ?thique. Un peuple constamment humili?, grug? et brutalis? par des gens cens?s ?tre ? son service. Un peuple dont les conditions de vie ne se sont gu?re am?lior?es apr?s le d?part du colon. Un peuple qui continue de broyer du noir malgr? les belles promesses des politiciens qui ne leur rendent visite qu?? l?approche des ?lections. Au-del? du S?n?gal, c?est donc l?Afrique des ind?pendances qui est clou?e au pilori par Semb?ne Ousmane dans cette ?uvre publi?e en 1965 par Pr?sence Africaine, la maison d??dition de son compatriote Alioune Diop qui travailla et se d?pensa beaucoup pour le rayonnement des litt?ratures et cultures africaines. Quand on relit cette nouvelle et qu?on regarde comment nos pays sont g?r?s actuellement, comment le petit peuple y est trait?, on a l?impression que l?Afrique n?a pas beaucoup chang? dans la mesure o? paysans et ouvriers continuent d??tre m?pris?s et exploit?s, dans la mesure o? les petits fonctionnaires font toujours preuve d?arrogance et de cupidit?, dans la mesure o? r?gnent partout le faux et la tricherie, toutes choses qui feront dire ? Ibrahima Dieng que ?l?honn?tet? est un d?lit de nos jours?. Semb?ne est un de mes auteurs favoris parce qu?il n?a pas vendu son ?me au diable pour devenir riche et puissant, parce qu?il ne s?est pas content? de stigmatiser les abus et exactions de la colonisation, ni de chanter sans cesse que l?Afrique est ?le berceau de l?humanit??. En effet, d?s qu?il r?alisa que les fausses ind?pendances des ann?es soixante tardaient ? d?boucher sur la construction de routes, d?h?pitaux et d??coles dignes de ce nom, sur la bonne gouvernance, sur le respect des deniers publics et sur l?am?lioration de la situation des pauvres et d?favoris?s, il prit sa plume pour crier et protester. Semb?ne ne s?est jamais mis au service de la Fran?afrique que feu Fran?ois-Xavier Verschave d?crivait comme ?un syst?me caract?ris? par des pratiques de soutien aux dictatures, de coups d??tat et d?assassinats politiques mais aussi de d?tournements de fonds et de financement ill?gal de partis politiques? (cf. F.-X. Vershave, ? La Fran?afrique : le plus long scandale de la R?publique ?, Paris, Stock, 1998). Le 19 janvier 2011, 4 penseurs africains ?- le Camerounais Achille Mbembe, le B?ninois Paulin Hountondji, le Congolais ?likia M?Bokolo et le S?n?galais Mamadou Diouf ?- donn?rent un grand coup de main ? la Fran?afrique en cosignant une tribune publi?e par des universitaires fran?ais dans ? Le Monde ?. En endossant cette tribune qui pr?sentait ? tort Laurent Gbagbo comme un ?chef ethnocentriste qui refuse sa d?faite? sans en apporter la moindre preuve, ils apportaient indirectement leur caution ? Sarkozy qui s?appr?tait ? bombarder la C?te d?Ivoire et ? installer Dramane Ouattara ? la t?te de la C?te d?Ivoire. Semb?ne n?aurait jamais particip? ? cette entreprise criminelle. Le natif de Ziguinchor (Casamance), qui ?tudia le cin?ma ? Moscou et quitta ce monde le 9 juin 2007, ne faisait pas partie de ces N?gres complex?s et cupides qui se joignent facilement au Blanc pour diaboliser ou assassiner les r?sistants africains. C?est sans doute pour cette raison ? le refus de pactiser avec les ennemis ou bourreaux de l?Afrique ??? que lui et Mongo Beti ne re?urent jamais de prix litt?raire en France. Feu Bernard Zadi Zaourou ne disait-il pas que les prix litt?raires ont un prix ? Traduction : pour recevoir un prix litt?raire en France, il y a un prix ? payer. La jeunesse africaine, en qu?te d?hommes et de femmes dignes et libres, trouvera un guide et un mod?le en Semb?ne Ousmane qui a toujours soutenu que ? l?argent comme l?essence de la vie ne te conduit que sur la fausse route o?, t?t ou tard, tu seras seul car l?argent d?truit tout ce qui nous reste d?humanit? ?. Elle puisera des valeurs dans ? Le Mandat ? qui campe admirablement des personnages aussi hilarants que Mety et Aram (les deux femmes d?Ibrahima Dieng), le facteur Bah, le boutiquier Mbarka ou le pique-assiette Gorgui Ma?ssa. Ibrahima Dieng connut toutes ces tribulations parce que des compatriotes mal intentionn?s voulaient le voir souffrir, ce que Semb?ne r?sume joliment dans cette formule: ? Le malheur, ce n?est pas seulement d?avoir faim et soif. Le malheur, c?est de savoir qu?il

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Financements des projets int?grateurs: l?appel de balle de la Cemac ? ses partenaires

Une mission de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (Cemac) a effectu? une tourn?e en Scandinavie et ? Paris du 3 au 9 f?vrier 2025; laquelle avait pour objectif la promotion des opportunit?s d?investissement en Afrique centrale, en lien principalement avec la poursuite des projets int?grateurs. C?est d?ailleurs dans ce sens que la d?l?gation conduite par le pr?sident de la Commission de la Cemac, Baltasar Engonga Edjo?o a mis le cap en scandinavie; en vue de conclure l?int?r?t manifest? par des institutions nordiques autour de cinq projets int?grateurs. A l?occurrence: le projet d?appui au d?veloppement int?gr? de la fili?re bois dans le Bassin du Congo; le projet de construction du port sec de Ngueli (Tchad-Cameroun); le projet de construction du prolongement du chemin de fer entre Ngaound?r? et Ndjamena; et le projet des am?nagements fluviaux et portuaires sur le fleuve Congo et ses affluents en RCA et au Congo. M?me son de cloche ? Paris, o? la d?l?gation de Baltasar Engonga Edjo?o a eu des ?changes avec des responsables du Groupe Wagas, Lequel avait annonc? des engagements financiers de l?ordre de 400 millions d?euros pour le renforcement de l?offre d??nergie, au travers du March? de l??lectrification dans la zone des trois fronti?res, et des projets d?urbanisation touchant la ville de Ndjamena au Tchad. La mission d?roul?e en pr?sence du commissaire en charge du march? commun, Ngabo Mbogo Seli, s?en tire ? bon compte avec entre autres: ?le fonds danois d?investissement et d?exportation qui souhaite ?tablir un partenariat avec la Banque de d?veloppement des Etats d?Afrique centrale (BDEAC). Le Conseil nordique, ainsi que les ministres des Affaires ?trang?res du Danemark et de la Norv?ge se sont engag?s ? mobiliser les investisseurs priv?s et publics scandinaves pour soutenir financi?rement les projets de la Cemac?, rev?le la Cemac sur ses plateformes sociales. Louise Nsana

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S?rie sur les h?ros africains?: Samora Machel, le pr?sident r?volutionnaire et panafricaniste

Samora Mois?s Machel est n? le 29 septembre 1933 dans une famille de fermiers. Quoique baptis? dans l??glise protestante, il est inscrit dans l??cole catholique la plus proche. Apr?s la mort de son fr?re dans une mine en Afrique du Sud, il r?alise qu?il ne pourra pas faire de longues ?tudes. Pour sa survie, il est oblig? de suivre une formation d’infirmier. Une fois la formation termin?e, il est embauch? ? l’h?pital de Louren?o-Marqu?s (aujourd?hui Maputo). L?, il ne tarde pas ? protester contre les bas salaires des infirmiers noirs. En 1961, il rencontre Eduardo Mondlane, un intellectuel mozambicain engag? dans la lutte contre le colonialisme portugais au Mozambique. En 1962, se sentant surveill? par la police portugaise, il abandonne son ?pouse pour rejoindre le Front de lib?ration du Mozambique (FRELIMO) dans la Tanzanie de Julius Nyerere. Le mouvement d?clenche, le 25 septembre 1964, la lutte arm?e contre le Portugal. En 1966, Machel devient secr?taire ? la D?fense du FRELIMO, poste qu?occupait Filipe Magaia, mort au combat. En 1968, il entre au comit? central du FRELIMO avec le grade de commandant en chef des forces arm?es.. Pendant deux ans, Eduardo Mondlane discute avec le gouvernement colonial, mais les discussions ne donnent rien. Mondlane d?cide alors de transformer le FRELIMO en un mouvement arm?. Il b?n?ficie, pour cela, du soutien de l?Union sovi?tique, de la Chine et de Cuba qui lui fournissent des armes. Ses hommes sont militairement form?s en Alg?rie. Depuis la Tanzanie, Mondlane lance sur le Nord du Mozambique son arm?e qui inflige de lourdes pertes aux Portugais. Ceux-ci ripostent en commettant de nombreux crimes contre l?humanit?. Malheureusement, Mondlane meurt dans un attentat ? la bombe en 1969. Samora Machel lui succ?de et prend la direction du FRELIMO. Avec une grande intelligence, il continue l?offensive et s?approche progressivement du Sud. Le mouvement finira par franchir le fleuve Zamb?ze. ? Lisbonne, le r?gime dictatorial du pr?sident Salazar est renvers? en 1974 lors de la r?volution dite des ?illets. Machel n?gocie l?ind?pendance et obtient le d?part de la minorit? blanche. Depuis la Tanzanie, il entre dans le pays sous les ovations du peuple mozambicain. Chef de l??tat En 1975, il est ?lu pr?sident de la R?publique. En bon communiste, il nationalise l??conomie et restitue aux Mozambicains les terres que les Portugais leur avaient vol?es. Il rend la sant? gratuite, d?veloppe l??ducation et permet aux Noirs de prendre possession des appartements qui ?taient occup?s par les Portugais au centre-ville. Toutes ces mesures sont ?videmment bien accueillies par les Mozambicains. Mais Machel sait aussi se montrer s?v?re, voire sans piti?, avec les tra?tres ? la nation car ?notre guerre de lib?ration n?a pas ?t? men?e pour remplacer l?injustice portugaise par l?injustice mozambicaine, l?injustice europ?enne par l?injustice africaine et l?injustice ?trang?re par l?injustice nationale?. Avec la Tanzanie et la Zambie, il forme la ligne de front qui apporte son soutien ? l?ANC d?Oliver Tambo, ? la ZANU de Robert Mugabe et ? la SWAPO de Sam Nujoma. La ligne de front n?avait pas d?autre but que de d?barrasser l?Afrique australe de la colonisation anglaise et hollandaise. Il va sans dire que l?engagement et les actions de Machel ne pouvaient que lui attirer l?ire des Blancs. Ces derniers vont donc cr?er la R?sistance nationale mozambicaine (RENAMO) constitu?e de Portugais et de Mozambicains. Lorsque la guerre ?clate entre la RENAMO et le FRELIMO, Machel est oblig? de signer un accord de non-agression avec l?Afrique du Sud. L?accord, qui exige que le Mozambique ne soutienne plus l?ANC, ne fait cependant pas dispara?tre l?hostilit? de Samora Machel envers le gouvernement raciste de Pretoria. Ses liens avec Moscou et Cuba aggravent l?inimiti? des tenants de l?apartheid ? son ?gard. C?est en revenant d?une r?union en Zambie, o? il ?tait question de demander ? Mobutu (Za?re) et ? Kamuzu Banda (Malawi) de l?cher l?apartheid et ses alli?s locaux, que Samora meurt dans un accident d?avion. Le Tupolev 134, qui avait ? son bord 35 passagers, survolait l?espace a?rien sud-africain. Nous sommes le 19 octobre 1986 et Machel n?a que 53 ans. C?est la fin d?une belle aventure avec le Mozambique. La guerre entre le FRELIMO et la RENAMO, elle, continue jusqu?en 1992, faisant environ 1 million de morts. Des unit?s d’?lites de l?arm?e sud-africaine et des membres de l?ex?cutif se rendent imm?diatement sur le lieu du crash. Le Mozambique ne sera inform? que dix heures plus tard. L’URSS et le Mozambique exigent une enqu?te internationale. Finalement, l?enqu?te sera men?e par l?Afrique du Sud. En janvier 1987, elle rend son rapport qui incrimine l??quipage sovi?tique qui n?aurait pas demand? les v?rifications d’usage. Les Sovi?tiques, qui rel?vent certaines contradictions dans le rapport, penchent pour la th?se de l?assassinat. Puisque les Sud-Africains avaient refus? de remettre la bo?te noire de l?avion aux autorit?s mozambicaines.  Hommage Thomas Sankara avait une grande estime pour Machel. Il lui rendit hommage en ces termes: ?Il ne s?agit pas pour nous de pleurer, pour ne pas nous confondre avec tous ces hypocrites, ces crocodiles et ces chiens qui ici et ailleurs font croire que la mort de Samora Machel provoque en eux la tristesse. Nous savons tr?s bien qui est triste et qui se r?jouit de la disparition de ce combattant. Nous ne voulons pas tomber dans cette comp?tition de cyniques qui d?cr?tent par-ci, par-l? tant et tant de jours de deuil, chacun essayant d?affirmer et d?afficher son abattement par des larmes que nous r?volutionnaires devons interpr?ter ? leur juste valeur. Samora Machel est mort. En tant que r?volutionnaires, cette mort doit nous ?difier, nous fortifier en ce sens que les ennemis de notre r?volution, les ennemis des peuples nous ont d?voil?s une fois de plus une de leurs tactiques, un de leurs pi?ges. Nous avons d?couvert que l?ennemi sait abattre les combattants m?me quand ils sont dans les airs. Nous savons que l?ennemi peut profiter d?un moment d?inattention de notre part pour commettre ses odieux crimes. De cette agression directe et barbare qui n?a pour seul but que de d?sorganiser la direction politique du FRELIMO et

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les cahiers de l’int?gration

Dans une Afrique en pleine mutation, la litt?rature occupe une place essentielle pour d?crypter les r?alit?s sociales, politiques et culturelles du continent. Entre m?moire, identit? et modernit?, comment les ?crivains africains d?aujourd?hui fa?onnent-ils le r?cit de leur ?poque ? Plong?e dans un univers o? les mots deviennent des armes, des ponts et des miroirs . Une pr?sentation de Marie No?lle Etoungou & de Florent Brice Tsala

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