LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

bloc d'article, LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Quand certains manipulent l’histoire pour servir des ambitions personnelles

Depuis plusieurs ann?es, les militants du Rassemblement des R?publicains (RDR) ne cessent de marteler un r?cit bien huil?. Selon eux, la C?te d?Ivoire aurait ?t? en ?tat de mort c?r?brale jusqu?? l?arriv?e de Dramane Ouattara au pouvoir en 2011, et ce serait uniquement gr?ce ? lui que le pays aurait retrouv? stabilit?, d?veloppement et respectabilit? internationale. Ces propos, souvent r?p?t?s avec aplomb sur les plateaux de t?l?vision, dans les meetings politiques et sur les r?seaux sociaux, rel?vent davantage de l?affabulation que de l?analyse s?rieuse. Ils t?moignent surtout d?un m?pris inqui?tant pour la v?rit? historique et d?une volont? manifeste de manipuler la m?moire collective ? des fins politiques. I. Une participation active du RDR sous GbagboAvant d?accuser Laurent Gbagbo d?avoir plong? la C?te d?Ivoire dans le chaos, il est essentiel de rappeler que le RDR a ?t? partie int?grante de ses gouvernements successifs. Plusieurs ministres issus du RDR si?geaient dans les diff?rents gouvernements de coalition, notamment apr?s les accords de Marcoussis (janvier 2003).Ces ministres, loin d??tre de simples ex?cutants, recevaient leurs ordres directement de leur chef de parti, Alassane Ouattara. ? cette ?poque, ils n?ont jamais d?nonc? ni quitt? le pouvoir pour protester contre une pr?tendue mauvaise gestion. Ils ont donc ?t? co-responsables du bilan de ces gouvernements. Accuser ensuite Gbagbo seul du marasme ?conomique ou politique, c?est faire preuve d?une malhonn?tet? intellectuelle manifeste. II. Qui a plong? le pays dans le chaos ? Le silence sur les zones rebellesAutre point que les partisans de Ouattara ?ludent volontairement : la division du pays. ? partir de 2002, la C?te d?Ivoire a ?t? scind?e en deux, avec une partie nord sous contr?le des rebelles des Forces Nouvelles, connues pour leur soutien ? Alassane Ouattara. Ces groupes ont exploit? ill?galement les ressources naturelles ? cacao, coton, or ? et instaur? une administration parall?le qui ?chappait totalement au contr?le du pouvoir central.Comment peut-on ensuite pr?tendre que le pays ?tait « en ruine » en 2011, sans pointer du doigt ceux qui l?ont affaibli pendant pr?s d?une d?cennie en refusant toute r?conciliation r?elle et en s?enrichissant sur le dos des populations ? La v?rit?, c?est que la paix est revenue apr?s 2011 non pas parce que le pays ?tait g?r? diff?remment, mais parce que le principal instigateur de l?instabilit? avait enfin acc?d? au pouvoir. III. La d?rive autoritaire d?un homme qui se croyait au-dessus des loisL?un des moments les plus symptomatiques de cette manipulation historique est sans doute le discours du 29 juillet. Prenant pr?texte de la stabilit? et de la s?curit? du pays, Alassane Ouattara a tent? de justifier un nouveau passage en force, violant une fois encore la Constitution ivoirienne en briguant un ?ni?me mandat pr?sidentiel.Parlant d?un « devoir qui transcende la parole donn?e », Ouattara s?est comport? en homme qui se pense indispensable, m?prisant les r?gles d?mocratiques les plus ?l?mentaires. Pourtant, le premier devoir d?un chef d??tat est de respecter la Constitution et de donner l?exemple en tenant ses engagements. En reniant ses propres promesses, il a trahi la confiance du peuple et insult? la d?mocratie. IV. Et maintenant ? Le peuple face ? ses responsabilit?sLa question centrale aujourd?hui n?est plus de savoir si Ouattara a trahi. C?est un fait. La v?ritable interrogation est de savoir ce que le peuple ivoirien compte faire face ? ce nouveau coup de force. L?Histoire enseigne que c?est dans l?adversit? que se r?v?lent les grandes nations. Le Mali a chass? un r?gime autoritaire en 2020. Le Burkina Faso s?est lev? en 2014 pour dire non ? l?arbitraire. La C?te d?Ivoire fera-t-elle moins ?Les Ivoiriens doivent se souvenir qu?ils sont les h?ritiers d?hommes et de femmes de courage: Mathieu Ekra, Marie et Ren? S?ry Kor?, Anne-Marie Raggi, Albert Paraiso, Victor Biaka Boda, Jean-Baptiste Mockey, Jacob Williams, Bernard Dadi?? Ces figures embl?matiques de la r?sistance, du nationalisme et de la dignit? humaine ont combattu sans rel?che pour que la C?te d?Ivoire soit un ?tat de droit. L?heure du choixLa balle est d?sormais dans le camp du peuple ivoirien. Laisser passer ce nouvel affront sans r?action, ce serait admettre que les principes r?publicains sont n?gociables, que la Constitution est un chiffon, et que la parole donn?e ne vaut plus rien.L?Histoire jugera ceux qui se sont tus par peur ou par confort. Elle glorifiera ceux qui, ? l?instar de leurs anc?tres, auront su se dresser contre le mensonge, l?oppression et la confiscation du pouvoir.La C?te d?Ivoire m?rite mieux qu?un storytelling politique. Elle m?rite la v?rit?, la justice, et surtout, le respect de sa Constitution. Jean-Claude DJEREKE

ARTICLE DE BLOG, LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

La transfiguration de J?sus

Aujourd?hui, les catholiques c?l?brent la transfiguration de J?sus. Qu’est-ce que la transfiguration ? L??vangile du jour affirme que, pendant la pri?re de J?sus sur la montagne, ?l?aspect de son visage devint autre et son v?tement devint d?une blancheur ?blouissante?. Dans la premi?re lecture, l?ap?tre Pierre d?clare avoir ?t? t?moin de l??v?nement avec Jacques et Jean. Il dit avoir vu J?sus s?entretenir avec Mo?se et ?lie. Mais de quoi les 3 personnes discutaient-elles ? De la mort de J?sus ? J?rusalem. Ce qui est r?v?l? ici, c?est l??tre humain qui accepte l??chec, la souffrance et la mort. Alors que nous avons pris l?habitude d?adorer un ?Dieu tout-puissant » ou un « Dieu fort?, J?sus transfigur? nous enseigne, dans cette sc?ne, que la puissance de Dieu r?side paradoxalement dans sa faiblesse et sa vuln?rabilit?. J?sus, que Pierre a vu accompagn? de Mo?se, le repr?sentant de la Loi, et d’?lie, le proph?te, quel message veut-il adresser aux chr?tiens ? Il veut probablement leur faire savoir qu’il existe une vie apr?s la vie terrestre : la vie ?ternelle o?, selon l?auteur du livre de l?Apocalypse, il n?y aura plus ni faim, ni soif, ni souffrance, ni maladie, ni d?ception, ni trahison. Que faut-il faire pour avoir part ? cette vie ?ternelle ? Observer les commandements de Dieu (Mo?se) et croire ce qu?ont enseign? les proph?tes (?lie). ?Tu ne tueras pas? est un des commandements divins r?guli?rement rappel?s par les proph?tes. La jalousie, l?envie et la volont? d??tre heureux tout seul peuvent amener l?homme ? tuer son semblable. Dans cette page d??vangile, Pierre est heureux que Jacques, Jean et lui-m?me soient t?moins de ce moment o? Mo?se et ?lie attestent que J?sus est bien celui dont il est question dans l?Ancien Testament et que les proph?tes ont annonc?. Il est heureux non seulement pour lui mais aussi pour les deux autres disciples. C?est la raison pour laquelle il utilise le pronom ?nous?: ?Il est bon que nous soyons ici. Faisons 3 tentes?. ?tre chr?tien, c?est ?tre heureux du bonheur des autres, ?tre joyeux avec eux quand ils ont de bonnes nouvelles, quand ils r?ussissent. Un chr?tien doit ?tre capable de dire ? son fr?re : ?Je suis heureux que tu sois heureux, je suis content pour toi, je suis content que ton commerce marche, je suis fier de ta r?ussite?. Un chr?tien, qui croit qu?il vient de Dieu et retourne ? Dieu, n?a pas besoin d?amasser immeubles, voitures et maisons pendant que ses fr?res manquent du strict minimum vital. Un chr?tien qui croit que nous sommes de passage sur terre n?a pas besoin de tuer ou de faire tuer des innocents pour avoir le pouvoir ou l?argent. Un chr?tien qui croit ? la transfiguration du Christ ne peut se taire ni demeurer passif devant cette Afrique chaque jour d?figur?e par la pauvret? organis?e et entretenue par des individus ?go?stes et criminels vivant ? l?int?rieur et ? l?ext?rieur du continent. Jean-Claude Dj?r?k?

bloc d'article, LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Quand le sport devient otage de la politique

Le 4 ao?t 2025 restera une date marquante dans l?histoire r?cente du Burkina Faso. Ce jour-l?, le mythique stade du 4 Ao?t a rouvert ses portes apr?s plusieurs mois de r?novation, dans une ambiance ? la fois festive et solennelle. Pour marquer cet ?v?nement national, les autorit?s burkinab? ont organis? une rencontre amicale opposant des militaires burkinab? ? une s?lection d?anciennes l?gendes du football africain.Le match en lui-m?me n??tait qu?un pr?texte ? une occasion pour rassembler, f?d?rer et, peut-?tre, panser quelques blessures sociales et politiques. Mais, derri?re les sourires et les accolades sur la pelouse, une ombre planait sur la pelouse r?nov?e, celle de plusieurs grandes figures du football ivoirien, dont Didier Drogba. Une brochette de l?gendes? incompl?te La s?lection africaine pr?sente ce jour-l? faisait r?ver. Les supporters burkinab? ont eu le privil?ge de voir ?voluer sur leur sol des figures embl?matiques du football continental: les Camerounais Samuel Eto?o Fils, multiple Ballon d?Or africain, Rigobert Song, ancien capitaine intraitable des Lions Indomptables, Alexandre Song, Benjamin Moukandjo, St?phane Mbia, mais aussi Alain Traor? et Charles Kabor?, enfants du pays sans oublier Seydou Keita, Mamadou Niang, El Hadji Diouf, Emmanuel Adebayor, Jay-Jay Okocha ou encore Taye Taiwo. Une g?n?ration dor?e, t?moin des grandes heures du football africain des ann?es 2000 ? 2015.Mais un groupe manquait cruellement ? l?appel, celui des anciens internationaux ivoiriens. Didier Drogba, Yaya Tour?, Kolo Tour?, Emmanuel Ebou?, Salomon Kalou, Didier Zokora? Aucun n?a fait le d?placement. Une absence qui a rapidement fait couler beaucoup d?encre. Un boycott sous influence ? ? Ouagadougou comme ailleurs, une question s?est vite impos?e: pourquoi aucun des anciens joueurs ivoiriens invit?s n?a-t-il r?pondu ? l?appel ? Les informations les plus concordantes pointent du doigt les autorit?s ivoiriennes, qui auraient express?ment emp?ch? ces footballeurs de participer ? l??v?nement. Ce ne serait pas la premi?re fois que la politique s?immisce dans des activit?s suppos?ment apolitiques. Mais ce geste, s?il est av?r?, a tout d?un signal fort: le pouvoir d?Abidjan aurait-il volontairement sabot? un moment d?unit? panafricaine au nom de dissensions politiques ?Le pr?sident burkinab? Ibrahim Traor?, tr?s populaire dans une large partie de la jeunesse africaine pour ses prises de position souverainistes et panafricanistes, ne fait pas l?unanimit? chez ses pairs. ? Abidjan, son discours frondeur, ses critiques ? peine voil?es du n?ocolonialisme et ses alliances r?gionales d?plaisent. Dans ce contexte, refuser ? des figures sportives embl?matiques de se rendre dans la capitale burkinab? pourrait ?tre interpr?t? comme une tentative de minimiser la port?e symbolique de cet ?v?nement. Sport et politique: l??ternel d?bat Le lien entre sport et politique n?est pas nouveau. Du boycott des Jeux olympiques de Moscou en 1980 par les ?tats-Unis, ? celui des Jeux de Los Angeles par les pays du bloc sovi?tique en 1984, l?histoire du sport mondial est jalonn?e d??pisodes o? les consid?rations diplomatiques et g?opolitiques ont influenc?, voire dict?, les comportements des athl?tes et des f?d?rations.Mais lorsqu?il s?agit d?anciens joueurs, d?sormais retir?s des terrains, l?attente est diff?rente. On imagine ? ? tort ou ? raison ? que leur statut d?anciens professionnels leur permet de se situer au-dessus des tensions politiques, de repr?senter une forme d?universalit? que le sport incarne dans ses id?aux les plus purs.En th?orie, donc, un joueur comme Didier Drogba devrait pouvoir assister librement ? un match de gala au Burkina Faso, retrouver d?anciens co?quipiers ou adversaires, saluer des fans africains qui l?admirent depuis des d?cennies. En pratique, la r?alit? semble bien plus complexe. O? est pass? le libre arbitre des joueurs ? Peut-on consid?rer que ces anciens joueurs ont ?t? contraints ? Et, s?ils avaient simplement d?cid?, par prudence ou loyaut?, de ne pas participer ? La question du libre arbitre des footballeurs dans ce genre de situation m?rite d??tre pos?e. Sont-ils encore des ambassadeurs du sport ou deviennent-ils, malgr? eux, des instruments diplomatiques ?Le cas ivoirien est particuli?rement d?licat. Alors que le pr?sident actuel d?Abidjan multiplie les gestes controvers?s ? ?limination d?opposants politiques majeurs, modification r?p?t?e de la Constitution ?, il semblerait que cette autorit? s??tende d?sormais ? la gestion de l?image des anciens ambassadeurs sportifs du pays. Si tel est le cas, cela repr?senterait une d?rive inqui?tante: la mainmise politique sur des personnalit?s qui devraient pouvoir agir selon leurs convictions et leur conscience.Didier Drogba, Yaya Tour? ou Kolo Tour? ont, par le pass?, incarn? l?unit?, le d?passement, l?espoir. Leur silence et leur absence lors d?un ?v?nement ? forte valeur symbolique, dans un pays fr?re, interrogent. Une fracture persistante entre Ouagadougou et Abidjan ? Derri?re l??v?nement sportif, c?est bien une fracture politique et diplomatique qui se profile. Les relations entre le Burkina Faso et la C?te d?Ivoire se sont d?t?rior?es ces derniers mois. En toile de fond, des d?saccords profonds sur les questions de gouvernance, de souverainet? et de coop?ration s?curitaire.Certes, la rivalit? entre pays voisins n?est pas une nouveaut? en Afrique de l?Ouest. Mais le climat actuel est particuli?rement tendu. Le boycott implicite du match de gala par les anciennes stars ivoiriennes n?est peut-?tre qu?un sympt?me de cette crise latente.Cela dit, ne pourrait-on pas esp?rer que le sport serve justement ? d?samorcer ces tensions ? N?est-ce pas l? sa fonction premi?re: rassembler, cr?er du lien, d?passer les clivages ? La vraie le?on du 4 ao?t Malgr? cette absence regrett?e, la f?te a eu lieu. Les tribunes du stade du 4 Ao?t ?taient pleines, les chants ont r?sonn?, les drapeaux ont flott?. Les Burkinab? ont c?l?br? leur arm?e, leur jeunesse, leurs h?ros sportifs, et ont envoy? un message clair: le peuple est debout.Si la politique a voulu s?immiscer dans ce moment de communion, elle n?a pas r?ussi ? en g?cher l?essence. Et c?est peut-?tre l? le plus grand enseignement de cette journ?e: le sport, lorsqu?il est sinc?re et populaire, peut encore triompher des manipulations et des divisions. Jean-Claude DJEREKE

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Diplomatie ou militantisme : quand l?ambassadeur choisit son camp politique .

Jean Claude DJEREKE critique avec virulence l?attitude de l?ambassadeur de France en C?te d?Ivoire, Jean-Christophe BELLIARD, qui aurait port? le m?me pagne que les militants du RDR (parti d?Alassane OUATTARA). Ce geste est per?u comme une prise de position politique inacceptable, exprimant un soutien explicite de la France ? un quatri?me mandat jug? anticonstitutionnel de OUATTARA, ainsi qu?aux exactions commises sous son r?gime. L?auteur d?nonce ce qu?il qualifie d?h?r?sie et d?indignit?, estimant que des pr?sidents fran?ais comme MITTERAND ou CHIRAC n?auraient jamais tol?r? un tel comportement partial. Il conclut en ironisant que l?ambassadeur, accus? d?avoir perdu toute honte, pourrait aussi bien adh?rer officiellement au RDR . Une pr?sentation de Marie No?lle ETOUNGOU.

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?, MIDIS DE L'INTEGRATION

L??glise entre fid?lit? et fractures

Alors que les b?n?dictions de couples homosexuels divisent le clerg?, Jean Claude Dj?r?k? scrute les premiers pas du pape L?on XIV, h?ritier d?une ?glise en qu?te d??quilibre. Dans cette chronique , Jean Claude Dj?r?k? revient sur les secousses provoqu?es par Fiducia supplicans, le texte autorisant la b?n?diction de couples homosexuels sous Fran?ois. Accueilli froidement en Afrique, ce document a ?t? rejet? par nombre d??v?ques, inquiets d?un brouillage moral et d?un glissement vers l?Occident. Face ? cette tension, le chroniqueur s?interroge : L?on XIV, nouveau pape, reprendra-t-il ce cap ? D?crit comme soucieux d?unit?, il pourrait pr?f?rer une ligne prudente : ne pas renier l?ouverture, mais m?nager les sensibilit?s locales. Dj?r?k? ?voque une ?glise travers?e de fractures, que L?on XIV devra rassembler sans renier la mis?ricorde pr?n?e par son pr?d?cesseur.

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut