LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Jean-Baptiste, un serviteur de Dieu atypique

Le 29 ao?t, l??glise catholique c?l?bre la m?moire du martyre de Jean-Baptiste. Cette figure biblique, ? la fois puissante et d?rangeante, continue d?interpeller les consciences, non seulement par son message radical, mais aussi par la mani?re singuli?re dont il a incarn? sa mission. Jean-Baptiste n??tait pas un proph?te comme les autres. Il ?tait atypique, d?routant, et profond?ment fid?le ? Dieu. Son exemple soul?ve des questions br?lantes pour notre temps, notamment pour ceux et celles qui portent la parole de Dieu dans une Afrique en qu?te de justice et de v?rit?. Un proph?te sans filtre Jean-Baptiste ne caressait personne dans le sens du poil. Sa parole ?tait brute, tranchante, sans d?tour. Il ne flattait pas les foules, il les interpellait. Des hommes et des femmes, venant de J?rusalem, de toute la Jud?e et des environs du Jourdain, accouraient vers lui, non pas pour entendre des discours agr?ables, mais pour se confronter ? la v?rit?, pour se repentir. Le d?sert ?tait sa paroisse, loin du confort et des institutions religieuses ?tablies. Il ne d?pendait d?aucune synagogue ni d?aucune autorit?. Sa libert? ?tait totale, et c?est ce qui rendait sa voix si puissante. Jean n??tait ni diplomate ni populiste. Il n?avait rien ? vendre, ni huile miraculeuse, ni promesse de b?n?dictions mat?rielles. Il ne faisait pas commerce de la foi, il l?incarnait avec radicalit?. Sa mission n??tait pas de plaire, mais de secouer, d??veiller, de purifier. Il d?non?ait les injustices, les hypocrisies, les mensonges. M?me H?rode, le roi, n??chappa pas ? sa critique frontale ? critique qui lui co?ta la vie. Une vie d?aust?rit? et de coh?rence Ce qui frappait aussi chez Jean-Baptiste, c??tait la coh?rence entre son message et sa vie. Il pr?chait la sobri?t?, et il vivait dans l?aust?rit? la plus extr?me: v?tu d?un v?tement de poil de chameau, une ceinture de cuir autour de la taille, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage. Il ne vivait pas dans un palais, n?ambitionnait aucun pouvoir. Il voulait simplement que la v?rit? triomphe et que J?sus, le Christ, soit r?v?l? au monde. ? Il faut qu?il croisse, et que moi je diminue ?, disait-il. Quelle humilit? ! Quelle lucidit? ! Jean ne cherchait ni la gloire ni les honneurs, mais l?accomplissement du dessein de Dieu. Aujourd?hui, dans un contexte eccl?sial souvent tiraill? entre ambition personnelle, attachement au pouvoir, recherche du luxe et compromissions diverses, le t?moignage de Jean-Baptiste fait figure de rappel salutaire. Il montre qu?un authentique serviteur de Dieu ne cherche pas ? ?tre admir?, mais ? conduire les c?urs vers Dieu. Il n?a pas peur d??tre seul, d??tre rejet?, ou m?me d??tre emprisonn?, car il sait pour qui et pourquoi il parle. L?Afrique a besoin de proph?tes ? la lumi?re de Jean-Baptiste, une question br?lante se pose: o? sont les proph?tes aujourd?hui ? O? sont ceux qui, dans l??glise d?Afrique, osent dire la v?rit? au prix de leur s?curit? ou de leur carri?re ? Trop souvent, les voix eccl?siastiques se taisent face aux r?gimes oppressifs, face ? la mis?re des peuples, face aux violences et ? la corruption. Trop souvent, elles pr?f?rent les discours convenus, les b?n?dictions aux puissants, les compromis avec les autorit?s. Pourtant, l?Afrique a connu et conna?t encore des hommes de Dieu qui ont os? la v?rit?, ? temps et ? contretemps. Des figures comme le cardinal Bernard Yago (C?te d?Ivoire), Joseph Malula (ex-Za?re), Luc Sangar? (Mali), Christian Tumi (Cameroun), Raymond-Marie Tchidimbo (Guin?e), ont incarn? ce courage proph?tique. Bernard Yago, par exemple, fut violemment attaqu? pour avoir contest? la version officielle de la mort d?Ernest Boka en prison. Joseph Malula fut expuls? au Vatican pour avoir refus? de s?agenouiller devant la dictature de Mobutu. Ces hommes ont pay? le prix fort pour leur fid?lit? ? la v?rit?, mais leur h?ritage demeure. L??glise en Afrique n?a pas besoin d?affairistes ni de pr?dicateurs de confort. Elle n?a pas besoin de vendeurs d?illusions ni de clercs obs?d?s par le mat?riel. Elle a besoin de proph?tes. De ceux qui, comme Jean-Baptiste, disent ce qui d?range, qui r?veillent les consciences, qui refusent la langue de bois, et qui placent Dieu au-dessus de toute autre autorit?. Un appel ? la conversion La m?moire de Jean-Baptiste n?est pas un simple souvenir liturgique. C?est un appel ? la conversion, pour tous les croyants, et particuli?rement pour ceux qui ont re?u la charge de guider le peuple de Dieu. Le proph?te n?est pas un homme parfait, mais un homme int?gre. Il ne cherche pas ? plaire, mais ? ?tre fid?le. Il ne s?attache pas ? lui-m?me, mais oriente les c?urs vers le Christ. Prions pour que les pr?tres, les pasteurs, les ?v?ques et les cardinaux d?Afrique aient le courage de Jean-Baptiste. Prions pour qu?ils ne craignent ni la prison, ni la calomnie, ni la solitude. Prions pour qu?ils pr?f?rent la fid?lit? ? Dieu ? la reconnaissance des hommes. Et que, comme Jean, ils fassent du d?sert de notre temps un lieu de v?rit?, de justice et de r?conciliation. Jean-Claude DJEREKE

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Alassane Ouattara ou le cr?puscule d?un pouvoir solitaire

On aurait souhait? qu?il quitte la sc?ne avec dignit?, dans le respect de la parole donn?e et des textes fondamentaux de la R?publique. Mais Alassane Dramane Ouattara en a d?cid? autrement. ? 83 ans, il a choisi d’?crire l?un des chapitres les plus sombres de l?histoire politique de la C?te d?Ivoire en briguant un quatri?me mandat, en violation flagrante de la Constitution de novembre 2016. Une Constitution qu?il avait lui-m?me fa?onn?e, jurant devant le peuple et la communaut? internationale qu?il ne la pi?tinerait jamais. Ce revirement n?est pas un accident de parcours, mais plut?t une constante dans le mode de gouvernance de l?homme : dire une chose aujourd?hui, faire son contraire demain. Car Ouattara, au fil des ann?es, s?est impos? comme un ma?tre de la contradiction, un dirigeant pass? expert dans l?art de la duplicit? politique, m?prisant ouvertement les r?gles et les engagements pris publiquement. Le m?pris du peuple Ce quatri?me mandat n?est pas simplement ill?gal ; il est insultant pour le peuple ivoirien. Insultant parce qu?il foule aux pieds les principes d?mocratiques les plus ?l?mentaires. Insultant parce qu?il refl?te un profond m?pris pour un peuple qui l?a accueilli, puis support?, parfois dans la douleur et la terreur. Depuis plus d?une d?cennie, la C?te d?Ivoire vit au rythme d?un r?gime autoritaire maquill? en d?mocratie, o? l?opposition est traqu?e, o? la presse est musel?e, et o? l??conomie est entre les mains d?une ?lite inf?od?e au pouvoir. Mais que l?on ne s?y trompe pas: la d?nonciation de cette candidature n?est pas motiv?e par la peur. Non, Ouattara ne fait plus peur. Il ne p?se presque plus rien sur la sc?ne r?gionale. Les temps ont chang?, et avec eux, les alliances aussi. Les pays voisins ne le soutiennent plus comme avant, eux qui avaient autrefois ferm? les yeux sur ses d?rives au nom de la stabilit? r?gionale. Aujourd?hui, ces m?mes voisins sont tr?s remont?s contre lui, depuis qu?il aurait tent?, par des man?uvres obscures, de fragiliser leurs r?gimes, voire de les renverser. Il est d?sormais vu comme un homme isol?, affaibli, et potentiellement dangereux ? non plus pour ses ennemis, mais pour lui-m?me. Le Nord lui tourne le dos M?me dans le Nord du pays, son bastion traditionnel, Alassane Ouattara est en perte de vitesse. Les populations du Nord, qui l?ont longtemps soutenu, d?couvrent aujourd?hui la vraie nature de celui qu?ils croyaient ?tre leur champion. Roublardise, m?chancet?, trahisons multiples: c?est ce qu?on lui reproche d?sormais, au-del? des appartenances ethniques ou r?gionales. Certains vont plus loin, n?h?sitant pas ? ?voquer de lourds soup?ons dans les disparitions tragiques de plusieurs figures politiques et militaires de premier plan: Amadou Gon Coulibaly, Hamed Bakayoko, Issiaka Ouattara alias Wattao, ou encore Amadou Soumahoro, surnomm? ? Cimeti?re ?. Des morts pr?matur?es, parfois entour?es de myst?res, qui alimentent une l?gende noire autour d?un homme qui aurait pr?f?r? l??limination physique au d?bat d?mocratique. Et que dire du cas de Guillaume Soro, exil? politique, emp?ch? de rentrer dans son propre pays apr?s avoir ?t? ?ject? de la pr?sidence de l?Assembl?e nationale par celui-l? m?me qu?il avait contribu? ? porter au pouvoir ? Ce type de r?glements de comptes illustre la brutalit? d?un r?gime en fin de cycle, pr?t ? tout pour ?viter de rendre des comptes. Macron, le protecteur affaibli Longtemps, Ouattara a pu compter sur le soutien de la France, et notamment du pr?sident Emmanuel Macron, pour l?gitimer ses choix. Mais l? aussi, le vent a tourn?. Le pr?sident fran?ais, affaibli sur le plan int?rieur depuis les ?lections l?gislatives de juillet 2024, ne peut plus imposer sa volont? ni en France ni ? l?ext?rieur. Les r?v?lations de la journaliste am?ricaine Candace Owens sur certains aspects obscurs de son fonctionnement politique ont davantage terni son image. En Afrique, Macron est fr?quemment tourn? en d?rision, per?u comme un d?mocrate ? g?om?trie variable, prompt ? donner des le?ons, mais incapable d?emp?cher les d?rives de ses alli?s. Donald Trump, toujours influent, n?a jamais cach? son m?pris pour Macron, qu?il consid?re comme inefficace. Et, s?il n?a pu ramener Mohamed Bazoum au pouvoir au Niger, comment pourrait-il encore sauver Ouattara face ? une mobilisation populaire bien ancr?e et d?cid?e ? en finir avec un syst?me ? Un lion ?dent? face ? un peuple debout L?image est cruelle, mais elle r?sume bien la situation actuelle: Ouattara est comme un lion qui a perdu ses dents. Il rugit encore, parfois, par r?flexe, mais plus personne ne recule. Il ne fait plus peur, ni ? l?int?rieur, ni ? l?ext?rieur. Et le 9 ao?t 2025, cette r?alit? s?est exprim?e dans les rues de C?te d?Ivoire, o? des milliers d?Ivoiriens sont sortis pour dire non ? ce quatri?me mandat. Ce soul?vement n?est pas un feu de paille. Il marque une prise de conscience, une rupture entre le peuple et un pouvoir qui n?a cess? de trahir. Le peuple ivoirien a compris qu?il ne tient qu?? lui de mettre fin ? cette mascarade. Et s?il r?ussit ? r??diter l?exploit trois ou quatre fois sur l?ensemble du territoire, le r?gime vacillera, puis s?effondrera, comme tant d?autres avant lui. Les le?ons de l?histoire africaine L?histoire r?cente du continent est riche d?enseignements. En 2011, le peuple tunisien, ? force de courage et de d?termination, a fait tomber Ben Ali. En 2014, c?est Blaise Compaor? qui a d? fuir le Burkina Faso sous la pression de la rue. En 2020, les Maliens ont dit non ? la corruption et ? la mauvaise gouvernance, for?ant Ibrahim Boubacar Ke?ta ? la d?mission. Ces mouvements populaires ont montr? une chose: la patience d?un peuple a ses limites. On peut l?humilier, l?appauvrir, l?intimider pendant un temps, mais on ne peut pas le soumettre ind?finiment. Le peuple ivoirien n?a plus rien ? perdre. C?est l? sa plus grande force. Car, face ? un peuple uni, en col?re et d?termin?, aucun r?gime ne r?siste. Ni les blind?s, ni les forces de l?ordre, ni les soutiens ext?rieurs ne peuvent emp?cher l?in?luctable chute d?un pouvoir qui a ?puis? sa l?gitimit?. La fin d?un r?gne sans gloire Ce quatri?me mandat est celui de trop. Il

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Mgr Marcellin Yao Kouadio: La voix proph?tique qui secoue la jeunesse africaine

Le 24 ao?t 2025, ? Yamoussoukro, lors de la messe de cl?ture de la sixi?me ?dition des Journ?es nationales de la jeunesse catholique, Mgr Marcellin Yao Kouadio a lanc? un message d?une rare intensit? ? la jeunesse ivoirienne et africaine. Un discours sans compromis, qui m?le foi chr?tienne, conscience politique et appel ? la r?sistance morale. Ce pr?lat, pr?sident de la Conf?rence des ?v?ques catholiques de C?te d?Ivoire, s?est encore une fois affirm? comme une voix libre dans un paysage eccl?sial et politique souvent musel?. Un diagnostic sans fard de l?Afrique postcoloniale Dans son hom?lie, Mgr Kouadio n?a pas m?ch? ses mots. 65 ans apr?s les ind?pendances ? nominales ? accord?es par Charles de Gaulle, il dresse un constat s?v?re, mais lucide, sur l??tat du continent africain: un continent appauvri, pill? syst?matiquement par des puissances ?trang?res avec la complicit? de certains dirigeants africains. Pour lui, il ne s?agit pas d?un simple dysfonctionnement passager, mais d?un v?ritable verrouillage: emp?cher l?Afrique de progresser, l?emp?cher simplement de vivre. Face ? cette situation, l??v?que de Daloa rejette toute r?signation. Il appelle ? une r?volte spirituelle et politique. Il recommande de « briser les cha?nes de l?esclavage, de la colonisation, des accords coloniaux de la Fran?afrique, du n?ocolonialisme, de l?imp?rialisme militaire, des ind?pendances sous surveillance, de la souverainet? confisqu?e ». Cette d?nonciation frontale r?sonne comme un appel ? la lib?ration int?grale de l?Afrique ? non pas seulement par des discours politiques, mais ? travers une prise de conscience collective. Une jeunesse interpell?e, une figure propos?e S?adressant ? la jeunesse catholique, Mgr Kouadio a formul? une invitation claire et courageuse: ? Prenez votre destin en main. ? Il propose comme mod?le un jeune africain, Floribert Bwana, un Congolais de 26 ans assassin? ? Goma en 2007 pour avoir refus? de c?der ? la corruption. ? C?est un mod?le s?r ?, insiste-t-il. En opposition aux figures publiques corrompues ou aux influenceurs sans boussole morale, ce martyr de l?int?grit? devient un exemple ? suivre. Mgr Kouadio rappelle ainsi que la foi chr?tienne n?est pas une fuite hors du monde, mais un engagement radical pour la v?rit?, la justice, la dignit? humaine. ? Tout en l?homme ne rel?ve pas de C?sar ?, dit-il, ?voquant la libert? de conscience, l?honneur, la foi. La jeunesse est donc appel?e ? s?indigner, ? se solidariser avec tous ceux qui luttent pour la dignit? humaine et la justice, ? refuser de se conformer au mensonge ambiant. Une ?glise qui doit sortir de l?ambigu?t? Le moins que l?on puisse dire est que Mgr Kouadio se d?marque d?une certaine posture eccl?siale: celle des discours ti?des et complaisants, des sermons qui ? m?nagent la ch?vre et le chou ?, des hom?lies sans relief qui ?vitent les sujets qui f?chent. Il ne peut ?tre accus? de silence complice, motiv? par la peur de perdre des financements ou de d?plaire aux puissants. Son hom?lie est le genre d?hom?lies que beaucoup d?Africains aimeraient entendre, pas les discours creux (?) o? on renvoie dos ? dos parti au pouvoir et opposition, pas les discours soporifiques o? on refuse de d?noncer clairement le tribalisme, la dictature, les d?tournements de fonds publics ou la violation de la Constitution. Ce rappel est d?autant plus n?cessaire que l??glise se r?clame du Christ, lequel s?est d?fini lui-m?me comme ? le chemin, la v?rit? et la vie ?. Possible que le Vatican ait ses raisons pour la nomination ou l’affectation des ?v?ques mais on peut aussi se demander si, dans notre ?glise, certains n?ont pas peur de la v?rit? ?. Le courage de dire cette v?rit?, m?me lorsqu?elle d?range, est pr?cis?ment ce qui distingue Mgr Kouadio dans l??glise ivoirienne contemporaine. Une voix que l?on cherche ? marginaliser ? La libert? de ton de Mgr Kouadio ne date pas d?hier. En d?cembre 2013, alors que l?alliance politique entre Henri Konan B?di? et Alassane Ouattara battait son plein, il s??tait d?j? interrog? publiquement sur la compatibilit? entre ? houphou?tisme ? et violences, mensonges ou crimes. Cette sortie lui valut une mutation de Yamoussoukro ? Daloa, per?ue par beaucoup comme une sanction. Nombreux ?taient ceux qui pensaient alors qu?il se tairait, qu?il apprendrait la langue de bois. Mais sa prise de parole en ao?t 2025 prouve le contraire: non seulement il persiste, mais il ?l?ve encore plus haut la voix. Il refuse les honneurs obtenus au prix du silence. Il reste fid?le ? sa mission proph?tique, quitte ? rester ?v?que ? simple ?, tandis que certains, plus dociles, sont ? bombard?s archev?ques ?. Une parole qui d?range, mais qui lib?re En citant le pape Fran?ois, qui appelait en janvier 2023 ? Kinshasa les puissances ? ? retirer leurs mains de l?Afrique ?, Mgr Kouadio ajoute avec force : ? Retirer leurs mains ne suffit pas. ? Autrement dit, il ne s?agit pas seulement d?all?ger la pression n?ocoloniale, mais de couper radicalement les racines du syst?me d?exploitation. Il va plus loin que la diplomatie vaticane, en nommant explicitement les structures oppressives : accords coloniaux, imp?rialisme, id?ologies toxiques comme le genre ou le mariage pour tous. Cette clart? de propos ne pla?t pas ? tout le monde, y compris dans l?institution eccl?siale. Mais elle redonne espoir ? une jeunesse en qu?te de rep?res, lass?e de l?hypocrisie des discours religieux convenus et de la corruption des ?lites politiques. Dans une ?poque o? tout pousse ? la compromission, la voix de Mgr Kouadio est un souffle d?air frais, une parole de libert?, un rappel que l??glise ne doit jamais devenir l?otage des puissants. Conclusion Il est rare, aujourd?hui, d?entendre un ?v?que parler avec autant de franchise et de conviction. Dans une C?te d?Ivoire fragilis?e par les tensions politiques et sociales, dans une Afrique en lutte pour sa dignit?, la parole de Mgr Marcellin Yao Kouadio vient r?veiller les consciences. Il parle non seulement en pasteur, mais en proph?te. En refusant le silence complice, il rappelle ? chacun ? jeune ou adulte, croyant ou non ? que la v?rit? ne se n?gocie pas, et que le destin de l?Afrique ne se jouera ni ? Paris ni

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Pourquoi l?ONU ne peut pas ?tre la solution

Le retour ?ventuel de Laurent Gbagbo dans l?ar?ne politique ivoirienne suscite enthousiasme et espoir chez ses partisans, notamment depuis la diffusion d?une note dans laquelle l?Organisation des Nations Unies (ONU) aurait, semble-t-il, enjoint au r?gime de Ouattara de le rendre ? nouveau ?ligible. Si cette nouvelle ravit les GOR (Gbagbo ou Rien), elle appelle n?anmoins une r?flexion plus profonde sur la nature de l?ONU, son r?le dans les affaires africaines, et surtout sur l?illusion dangereuse de croire que le salut de l?Afrique viendra de l?ext?rieur. L?Histoire, avec ses blessures encore b?antes, nous enseigne pourtant que cette organisation internationale a rarement, pour ne pas dire jamais, agi dans l?int?r?t des peuples africains. I. L?ONU : instrument au service des puissances imp?rialistes ? Ceux qui aujourd?hui saluent l?intervention pr?sum?e de l?ONU en faveur de Laurent Gbagbo semblent avoir la m?moire courte. Ont-ils d?j? oubli? que c?est cette m?me organisation, bras juridique de l?ordre imp?rial, qui l?gitima les frappes fran?aises sur Abidjan en 2011 ? Ont-ils oubli? le r?le de l?ONUCI, cens?e ?tre neutre, dans l?installation d?Alassane Ouattara au pouvoir au m?pris de la souverainet? populaire ? Le soutien de l?ONU n?est pas le gage d?une justice retrouv?e, mais bien souvent la confirmation d?une ing?rence strat?gique. Frantz Fanon, penseur incontournable de la d?colonisation, avait d?j? d?nonc? cette d?rive dans un texte visionnaire publi? en 1960, au lendemain de l?assassinat de Patrice Lumumba. Selon lui, ? l?ONU n?a jamais ?t? capable de r?gler valablement un seul des probl?mes pos?s ? la conscience de l?homme par le colonialisme ?. Pis, elle agit, chaque fois, au secours de la puissance coloniale contre les int?r?ts des peuples. Ce fut le cas au Congo avec l?abandon de Lumumba, au Cameroun avec le contr?le de l?autod?termination, et cela se r?p?te encore aujourd?hui dans d?autres formes, plus subtiles mais tout aussi toxiques. II. L?illusion onusienne Croire que l?ONU peut aujourd?hui jouer un r?le de m?diateur juste et impartial en Afrique, c?est faire preuve d?une na?vet? d?sarmante.L?ONU ne d?fend pas les faibles contre les forts : elle sert les int?r?ts des grandes puissances qui la financent et la manipulent ? leur guise. Loin d??tre un arbitre neutre, elle est un acteur int?ress?, dont les d?cisions sont souvent dict?es par les rapports de force mondiaux, et non par la justice ou l??thique. Cette foi aveugle dans l?ONU est symptomatique d?un mal plus profond : le refus de croire en nos propres capacit?s. C?est la r?surgence d?un complexe d?inf?riorit? h?rit? de la colonisation, ce que d?aucuns pourraient appeler un ? complexe de Stockholm politique ? : aimer son oppresseur, esp?rer son salut de celui l? m?me qui nous a trahis. Et pendant que les peuples attendent l?intervention de la « communaut? internationale », les r?gimes autocratiques se r?organisent, se renforcent, et continuent d?asphyxier la d?mocratie. III. Le mod?le occidental : faux id?al et vraie ali?nation L?ONU n?est qu?un des nombreux ?l?ments du syst?me occidental que nous adoptons sans discernement, oubliant que ces mod?les nesont pas toujours adapt?s ? nos r?alit?s. La d?mocratie import?e, dans sa version caricaturale et corrompue, ne respecte souvent pas le choix du peuple. D?autres pratiques sociales que nous copions sans recul ? maisons de retraite pour les anciens, mariages entre personnes de m?me sexe, limitation des naissances ? nous ?loignent progressivement de nos propres valeurs.Le probl?me n?est pas tant l?existence de ces pratiques ailleurs, mais leur adoption m?canique et servile chez nous, sans r?flexion, sans adaptation, sans d?bat. Nous oublions que chaque peuple doit inventer son propre mod?le de soci?t?, fond? sur son histoire, sa culture, sa spiritualit?. Fanon nous avait pourtant mis en garde dans Les Damn?s de la Terre contre une Europe « mesquine, carnassi?re, homicide », qui « n?a ?t? g?n?reuse qu?en technologie, jamais en humanit? ». Devons-nous suivre aveugl?ment cette Europe en perdition, alors m?me qu?elle ?touffe sous ses contradictions internes ? IV. La vraie solution : le peuple en action, la rue comme tribunal Le 9 ao?t 2025, des milliers d?Ivoiriens sont descendus dans la rue pour d?noncer un r?gime moribond. Cette journ?e historique a montr?, s?il en ?tait encore besoin, que le peuple uni est capable de faire trembler n?importe quelle forteresse politique. Mais cet ?lan aurait d? se poursuivre, se renforcer, s?organiser. Car les pauses dans la lutte ne servent qu?? l?adversaire. La vraie solution n?est pas dans les chancelleries ?trang?res ni dans les rapports des institutions internationales. Elle est dans la mobilisation populaire, dans le courage de ceux qui refusent de se r?signer, dans la volont? d?imposer une rupture radicale avec un syst?me injuste. Ce ne sont pas les intellectuels ou les ?crivains qui doivent mener les marches, mais bien ceux qui aspirent ? diriger le pays. Ce sont eux qui doivent faire leurs preuves, non dans les discours, mais dans l?action, en s?exposant au danger, en payant le prix de leurs ambitions. V. L?Afrique debout : un imp?ratif de dignit? Les exemples tunisiens (2011), burkinab? (2014), et maliens (2020) montrent que lorsqu?un peuple se met debout, aucun pouvoir, aussi arm? ou soutenu soit-il, ne peut r?sister longtemps. Ce sont l? des preuves concr?tes que la lib?ration est possible, que la peur peut change de camp, que l?histoire n?est pas ?crite d?avance. Pourquoi la C?te d?Ivoire ferait-elle exception ? Pourquoi notre peuple serait-il incapable d?un sursaut de dignit? et de courage ? Nous devons comprendre, une bonne fois pour toutes, que personne ne viendra nous lib?rer ? notre place. Ni l?ONU, ni la France, ni les ?tats- Unis, ni m?me les belles d?clarations de l?Union africaine. La libert? se conquiert, elle ne se qu?mande pas. Elle s?impose par la force du nombre, la clart? du message, la l?gitimit? de la cause. Conclusion La solution ? la crise ivoirienne et plus largement ? la crise africaine ne viendra ni des institutions internationales ni de quelque messie ?tranger. Elle viendra des peuples eux m?mes, lorsqu?ils auront d?cid? de rompre avec l?attentisme, la soumission et l?illusion d?un secours ext?rieur. Il est temps de refermer le chapitre de la d?pendance, de sortir de la posture de victime, et d?embrasser pleinement

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Une parole proph?tique dans l?espace politique camerounais

Le 30 juillet 2025, un ?v?nement rare et profond?ment symbolique s?est produit dans l?espace public camerounais. Dans un contexte de r?pression politique et d?instrumentalisation de la justice, Mgr Paul Lonti?-Keun?, ?v?que de Bafoussam, a publi? un message qui fera date. Loin des discours convenus, il a d?nonc? sans d?tour la d?rive autoritaire du r?gime de Paul Biya, allant jusqu?? affirmer qu?il est pr?t ? mourir ou ? aller en prison pour avoir exprim? les souffrances du peuple camerounais. Dans un pays o? le silence complice de certains hommes d??glise est devenu monnaie courante, cette d?claration courageuse rompt avec la prudence habituelle de la hi?rarchie eccl?siastique.Cette sortie, radicale et risqu?e, ne peut ?tre comprise que dans le cadre plus large de l?histoire des relations entre l??glise et le pouvoir en Afrique. En se positionnant de mani?re aussi frontale, Mgr Keun? inscrit son action dans une tradition proph?tique o? la voix de l?homme de Dieu se fait le relais des cris du peuple. Mais, plus encore, il redonne sens ? une vocation spirituelle trop souvent trahie par des compromis mat?riels. I. Au-del? des murmures, le cri du proph?te L??glise catholique a souvent jou? un r?le d?observateur dans les crises politiques en Afrique. Mais elle s?exprime en g?n?ral dans un langage diplomatique, mesur?, parfois ambigu. Les propos de Mgr Keun?, eux, n?ont rien de cela. Ils sont clairs, tranchants, assum?s. L??v?que de Bafoussam demande ? ses fid?les de cesser de prier pour lui, non par rejet de la pri?re, mais parce qu?il n?a pas peur des cons?quences de son engagement. Il affirme, dans une allusion directe au r?gime de Yaound? : ? Si le r?gime de Paul Biya veut me tuer parce que je me fais l??cho des murmures du peuple camerounais, je suis pr?t ? mourir. En tant que chr?tiens, nous suivons un messie crucifi?. ?Dans ces paroles, il y a une profondeur spirituelle et une lucidit? politique. Mgr Keun? rappelle que le christianisme n?est pas une religion de confort, mais une voie exigeante, marqu?e par la croix. Il rappelle que le silence face ? l?injustice est une forme de trahison. En cela, il ne se contente pas de faire un constat, il appelle ? une r?orientation ?thique radicale de la mission eccl?siale dans la cit?. II. Un courage in?dit Les observateurs des relations entre ?glise et politique en Afrique s?accordent pour dire que, malgr? certaines figures proph?tiques comme Bernard Yago (C?te d?Ivoire), Maurice Michael Otunga (Kenya), Joseph-Albert Malula, Emmanuel Kataliko, Christophe Munzihirwa, Laurent Monsengwo (RDC), Paul Verdzekov ou Christian Tumi (Cameroun), aucun ?v?que n?avait jusqu?ici pouss? aussi loin la critique du pouvoir en place. M?me les ?v?ques de Douala et du Nord-Cameroun, qui avaient critiqu? la possibilit? d?un huiti?me mandat de Paul Biya, n?avaient pas propos? de mourir pour le salut du Cameroun.Le discours de Mgr Keun? tranche ?galement avec celui de certains ?v?ques ivoiriens qui, face ? des d?rives flagrantes, pr?f?rent renvoyer tous les acteurs politiques dos ? dos, appelant ? « une ?lection inclusive et pacifique » sans nommer les v?ritables fauteurs de trouble. Mgr Keun?, lui, « appelle un chat un chat ». Il refuse la langue de bois, refuse de se cacher derri?re des formules neutres ou consensuelles. Il nomme, il d?nonce, il accuse.Ce positionnement est d?autant plus remarquable qu?il met sa vie en danger dans un pays o? les opposants sont r?guli?rement arr?t?s, r?duits au silence, voire ?limin?s. Ce faisant, il incarne une figure proph?tique que beaucoup esp?raient sans trop y croire. III. La mission du pasteur dans la cit? : entre t?moignage et martyre Le message de l??v?que de Bafoussam oblige ? s?interroger sur la mission v?ritable des pr?tres, des pasteurs, des ?v?ques dans la soci?t? contemporaine. ? quoi servent-ils s?ils ne prennent pas position ? ? quoi servent-ils s?ils deviennent des gestionnaires d?institutions ou des b?n?ficiaires des largesses du pouvoir ? Mgr Keun?, dans une formule incisive, accuse certains membres du clerg? de se taire pour pouvoir continuer ? recevoir des bons d?essence, des sacs de ciment ou des billets de banque. Ce constat est d?une gravit? extr?me. Il remet en cause l?int?grit? spirituelle de ceux qui pr?tendent parler au nom du Christ mais qui, dans les faits, pr?f?rent se taire pour ne pas perdre leurs avantages. Pour le successeur de Mgr Dieudonn? Watio, un tel comportement est une imposture car un pasteur qui refuse de d?noncer l?injustice n?est pas simplement un l?che : il est un faux t?moin, un collaborateur du mal. Mgr Keun? ne glorifie pas pour autant la souffrance. Il ne cherche pas le martyre pour le martyre. Il ne fait pas de l?engagement politique une fin en soi. Ce qu?il souligne, c?est que le disciple du Christ ne peut esp?rer ?viter le sort de son ma?tre. Or, le ma?tre a fini sur une croix parce qu?il a d?rang? l?ordre ?tabli, parce qu?il ?tait iconoclaste. Et, si J?sus a pu aller jusqu?au bout de sa mission, c?est parce qu?il ne d?pendait d?aucune puissance terrestre, parce qu’il ne tendait pas la main. IV. Un appel ? la radicalit? ?vang?lique L?un des points les plus puissants du message de Mgr Keun? r?side dans sa critique de l??glise carri?riste. Dans une soci?t? o? l?on mesure trop souvent la r?ussite ? la taille des voitures, ? la surface des maisons ou au volume des enveloppes re?ues, il rappelle que le v?ritable succ?s pour un homme de Dieu ne r?side pas dans l?accumulation de biens mat?riels, mais dans la fid?lit? au message de l??vangile. Pour lui, un pr?tre qui cherche ? faire carri?re, ? accumuler des richesses, ? se mettre ? l?abri, n?est pas simplement un mauvais pr?tre : c?est un imposteur. Il ne travaille pas pour J?sus crucifi?, il travaille pour lui-m?me. Et, s?il trompe le peuple de Dieu, alors il devrait avoir l?honn?tet? et la d?cence de rendre le tablier. Ce discours est une gifle ? tous ceux qui ont transform? leur minist?re en fonction ou en plan de carri?re. Mais c?est aussi un appel, puissant et urgent, ? un retour ? l?essentiel : la radicalit? ?vang?lique,

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Compte aussi la mani?re de donner

Martin et Lucie, qui s??taient mari?s ? l??glise une semaine avant, avaient d?cid? de se promener ? pied dans leur quartier. Apr?s 5 minutes de marche, ils voient un gar?on manchot et portant des guenilles. Le gar?on mendiait. ?Je vais donner quelque chose au petit. ?a pourra l?aider ?, dit Martin. Son ?pouse r?pondit que c??tait une bonne id?e. Martin se dirigea alors vers le gar?on et lui jeta un billet de 10.000 fcfa sans le regarder ni lui dire un petit mot. Le gar?on refusa de ramasser le billet. Quand Martin s?en rendit compte, il revint sur ses pas et jeta cette fois-ci un billet de 20.000 f. toujours sans parler au gar?on. Celui-ci eut la m?me r?action que pour le premier billet. ?Quel est le probl?me de ce malheureux gar?on? Je lui donne de l?argent et il refuse de le prendre. Ch?rie, tu y comprends quelque chose???Laisse-moi essayer. Je vais utiliser une autre approche?, r?pondit Lucie. Arriv?e pr?s de l?enfant, Lucie s?accroupit, salua le gar?on, demanda son nom, ?changea quelques mots avec lui avant de lui remettre le billet de 20.000 francs. Martin, qui suivait la sc?ne de loin, vit que le gar?on avait pris l?argent et qu?il souriait. Quand Lucie le rejoignit, il lui dit ceci:? Aujourd?hui, tu m?as enseign? quelque chose: il ne suffit pas de donner. Compte aussi la mani?re de donner. Donner en injuriant, donner en maugr?ant ou donner sans regarder la personne ? qui on donne, ce n?est pas donner. Bref, on peut donner sans respecter la personne ? qui on veut faire du bien. Or un mendiant reste un homme qui m?rite respect et consid?ration. Merci pour la le?on, Lucie. Tu portes bien ton pr?nom qui vient du mot latin ?lux? et qui signifie ?lumi?re?. Merci de m?avoir ?clair?.? Jean-Claude Dj?r?k?

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Le r?gime transforme les temples du savoir en casernes politiques

En C?te d?Ivoire, l?universit?, lieu sacr? de la pens?e, du d?bat et de la formation de l??lite nationale, est en train de subir une profonde transformation. Non pas une ?volution acad?mique, non pas une r?forme de fond tourn?e vers l?excellence, mais une d?rive politique grave, orchestr?e par le r?gime d?Alassane Ouattara et son ministre de l?Enseignement sup?rieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara. La derni?re trouvaille de ce pr?tendu ministre consiste ? installer des forces parall?les et irr?guli?res sur les campus universitaires. Des groupes suppos?ment charg?s de la ? s?curit? ?, mais qui, dans les faits, servent ? surveiller, intimider et r?primer les ?tudiants. Ces milices, form?es en marge des structures officielles, sont financ?es sur fonds publics. Autrement dit : l?argent du contribuable est utilis? non pas pour ?lever le niveau de l?enseignement sup?rieur, mais pour museler la jeunesse ivoirienne. Quand le ministre tente d?acheter la conscience des ?tudiants Le nom d?Adama Diawara ne fait pas l?unanimit? dans les cercles acad?miques, et pour cause. D?j?, le 14 septembre 2023, il s’?tait illustr? dans un scandale de corruption morale. ? l??poque, les ?tudiants de l??cole pr?paratoire aux sciences de la sant? (EPSS) s?opposaient ? la suppression du tronc commun en m?decine, mesure controvers?e et incompr?hensible, qui risquait d?appauvrir la formation m?dicale ivoirienne. Face ? la r?sistance des ?tudiants, le ministre n?avait rien trouv? de mieux que de proposer des billets de banque pour tenter de les faire taire. Mais, preuve que tout n?est pas perdu, ces ?tudiants avaient refus? cet acte de corruption manifeste. Ils avaient dit niet ? une tentative de marchandage politique. Ce refus avait mis en lumi?re l’ind?cence du r?gime et le manque de l?gitimit? morale d?un ministre qui, dans tout pays normal, aurait d? pr?senter sa d?mission imm?diate. Seulement voil?: depuis avril 2011, la C?te d?Ivoire n?est plus un pays normal. Ce pays est tomb? dans une logique o? l??thique, l?int?grit?, la responsabilit? ne sont plus les piliers de la vie publique. Vers une dictature acad?mique ? En installant ces forces de s?curit? informelles dans les universit?s, le pouvoir franchit une ligne rouge. Les franchises universitaires, qui garantissent l?autonomie des institutions et la libert? d?expression acad?mique, sont pi?tin?es. L?universit? devient un espace sous surveillance, non plus un lieu de libert? intellectuelle, mais une zone militaris?e au service d?un r?gime autoritaire. Le pr?texte est toujours le m?me: assurer la s?curit? des biens et des personnes. Mais, en r?alit?, ce que craint le r?gime, ce n?est pas l?ins?curit?, c?est la voix libre et critique des ?tudiants. Ce sont eux, historiquement, qui ont toujours ?t? ? la pointe des contestations. Ce sont eux qui, dans les ann?es 1990, ont contribu? ? la chute du parti unique. Ce sont eux qui, demain, pourraient devenir les fers de lance d?un soul?vement populaire.En muselant l?universit?, le r?gime Ouattara cherche donc ? tuer dans l??uf toute contestation possible. C?est une strat?gie de contr?le total de la soci?t?, de l?espace public, des institutions, et m?me de la pens?e. Une d?rive qui s?inscrit dans un syst?me plus large Cette d?rive universitaire n?est que la face visible d?un iceberg bien plus inqui?tant: la transformation progressive de l??tat ivoirien en instrument de r?pression au service d?int?r?ts priv?s et ?trangers. Le r?gime ne gouverne plus pour les Ivoiriens, mais pour se maintenir co?te que co?te au pouvoir. Le d?part du PDCI du RHDP, autrefois principal alli? du pouvoir, a r?v?l? au grand jour les fractures internes de ce r?gime. Le climat politique est d?l?t?re, marqu? par l?exclusion de figures majeures de l?opposition, la mainmise sur les m?dias publics, l?instrumentalisation de la justice, et l?utilisation abusive des forces de l?ordre contre les manifestations pacifiques.Aujourd?hui, m?me les pays voisins s?inqui?tent de la situation en C?te d?Ivoire. Le r?gime Ouattara, per?u comme inflexible, autocratique et d?connect? du peuple, est vu comme un facteur d?instabilit? pour l?ensemble de la sous-r?gion. Le vent de rejet des r?gimes autoritaires qui souffle sur l?Afrique de l?Ouest n??pargnera pas Abidjan. Le peuple se r?veille Le 9 ao?t 2025 restera une date charni?re. Ce jour-l?, des milliers d?Ivoiriens ont r?pondu ? l?appel du PPA-CI et du PDCI pour d?noncer la d?rive dictatoriale du r?gime. ? Yopougon, ? Abobo, ? Bouak?, ? Daloa, le peuple a march?, non plus par peur, mais par dignit?. C?est la preuve que l?inertie n?est plus une option. Comme le disait Machiavel, ? La meilleure forteresse des tyrans, c?est l?inertie des peuples. ? Mais cette forteresse commence ? se fissurer. La population ne veut plus d?un pouvoir qui traque les ?tudiants, qui exclut les opposants, qui r?gne par la peur, et surtout, qui fait de la C?te d?Ivoire une terre d?ali?nation politique.Aujourd?hui, les Ivoiriens sont ?trangers dans leur propre pays. Ils voient leurs institutions d?voy?es, leurs droits bafou?s, leur jeunesse maltrait?e. L?heure est venue de dire stop. Conclusion Ce qui se joue aujourd?hui dans les universit?s ivoiriennes d?passe le simple cadre de l?enseignement sup?rieur. Il s?agit d?un combat pour la souverainet? nationale, pour la d?mocratie, pour la justice, pour la dignit? humaine.Les universit?s ne doivent pas devenir des casernes. Les ?tudiants ne doivent pas ?tre trait?s comme des ennemis de l??tat. Les ministres ne doivent pas acheter le silence par des billets de banque. Et le peuple ne doit plus tol?rer un pouvoir qui le m?prise.Si la C?te d?Ivoire veut retrouver sa normalit?, elle doit commencer par purger son syst?me des pratiques autoritaires. Le retour ? l??thique, ? la transparence, ? la responsabilit? publique est une urgence. Le r?veil du peuple, amorc? le 9 ao?t 2025, doit se poursuivre. Car un peuple qui se tait devient complice. Jean-Claude DJEREKE

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Dans les Monts Mandara, Fanon murmure aux oreilles des kirdi

Dans les hauteurs des Monts Mandara, une m?moire r?siste ? l’effacement. Celle d?un peuple qui lutte pour la reconnaissance de son identit?, face ? une histoire ?crite sans lui. Retour sur une trajectoire de d?sali?nation inspir?e par les pens?es de Frantz Fanon et Jean-Marc Ela. Quand l??ducation devient subversion En novembre 1972, dans le village de Kojing, canton de S?raoua, de jeunes Zoulgo osent r?ver d?un avenir diff?rent : ils tiennent une r?union familiale pour discuter de la cr?ation d?une ?cole. R?sultat ? Arrestations, accusations de r?bellion, torture et d?portation au Centre de R??ducation de Tchollir?. Un ?pisode tragique, mais embl?matique de la r?pression institutionnalis?e contre toute vell?it? d?autonomie dans les montagnes du Mayo-Sava. Parmi les arr?t?s : Ngouloumdar, Softokom, Chirew-Chirew et Mengu?w? Amos, instituteur. Derri?re les barreaux, leur sort traduit une logique implacable : celle d?un ?tat qui, appuy? par une ?lite islamo-f?odale locale, pr?f?re l?assimilation brutale ? l??mancipation culturelle. La pens?e de Fanon comme levier de lib?ration Dans ce contexte de domination politico-religieuse, les pens?es de Frantz Fanon et de Jean-Marc Ela ont constitu? une source d?inspiration majeure pour la jeunesse montagnarde. Fanon, dans Les Damn?s de la Terre, appelle ? une r?appropriation radicale de l?histoire et de la culture des domin?s. Jean-Marc Ela, pr?tre, sociologue et intellectuel radical, fonde ? Tokomb?r? un centre culturel d?di? ? l??veil critique des jeunes Kirdi. Il y introduit Fanon, C?saire, la th?ologie de la lib?ration? avant d??tre contraint ? l?exil par l?alliance entre pouvoir religieux et administration coloniale. ? Pour les kirdis, la marginalisation ne fut pas que politique. Elle fut aussi religieuse et culturelle. L??re Ahidjo avait ent?rin? la domination des ?lites islamis?es sur les chefferies kirdi. Prisons priv?es, corv?es obligatoires, pr?l?vements ill?gitimes comme la zakat, enl?vements d?enfants, requalification des chefferies en lamidats : la violence institutionnelle se conjuguait ? la domination symbolique ?, commente le docteur Assako, un fils montagnard. ? Avec l?arriv?e au pouvoir de Paul Biya en 1982, l?espoir d?une rupture s?esquisse ?, rempile l?ex?g?te. De la r?sistance ? l?affirmation identitaire Aujourd?hui encore, les cicatrices sont visibles. Mais elles n?emp?chent pas la renaissance. Les Zoulgo ? peuple kirdi, peuple r?silient ? continuent de revendiquer leur droit ? l?autod?termination symbolique et politique. Leur territoire, leur langue (le zoulgo), leur espace sacr? (le Kwit?), leurs r?cits oraux, tous participent d?un mouvement plus vaste de d?sali?nation, qui d?passe le simple cadre identitaire pour toucher ? la question de la justice sociale. ? Pour ces populations des hauteurs, l?enjeu est clair : sortir de la folklorisation, de l?invisibilit? et des tutelles impos?es. Refuser l?assignation ? r?sidence culturelle. Et, ? la lumi?re de Fanon, reprendre la parole, affirmer leur histoire, et reconstruire, enfin, leur avenir?, fait remarquer Issa Babba, un responsable d?ONG tr?s connu dans la r?gion. TOM

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Frantz Fanon, cent ans d?un combat pour l?humain

La question des r?parations Fanon pose la question des r?parations dans « Les Damn?s de laTerre ». Pour lui, la colonisation et l?esclavage ne peuvent pas ?tre effac?s par une simple ind?pendance juridique. Il insiste sur le fait que les pillages, les massacres, l?esclavagisme ont enrichi les puissances imp?rialistes au prix de souffrances incalculables. Il pense donc qu?une vraie justice exige des r?parations, au nom de la m?moire, de la dignit? et de la v?rit?. Dans « Les Damn?s de la Terre », il ?crit : ? Les gouvernements des diff?rentes nations europ?ennes ont exig? des r?parations [?] Pareillement, nous disons que les ?tats imp?rialistes commettraient une grave erreur s?ils se contentaient de retirer de notre sol les cohortes militaires [?] La richesse des pays imp?rialistes est aussi notre richesse. ? Ces propos, souvent oubli?s, r?sonnent encore aujourd?hui dans les d?bats contemporains sur la restitution des ?uvres d?art, la dette coloniale, les r?parations financi?res ou symboliques. Fanon nous rappelle que la d?colonisation n?est pas achev?e tant que les rapports ?conomiques et symboliques de domination persistent. La tentation et les limites de la violence L?un des aspects les plus controvers?s de la pens?e fanonienne reste sa r?flexion sur la violence. Fanon consid?re que, dans le cadre colonial, la violence est structurelle et que r?pondre par la violence devient alors une mani?re de se r?approprier son humanit?. ? La violence est l?homme r?habilit? ?, ?crit-il. Mais cette position a suscit? de nombreuses critiques. Certains lui reprochent de glorifier la violence r?volutionnaire, de l??riger en mythe r?dempteur, au d?triment d?autres formes de r?sistance : culturelles, spirituelles, ?ducatives, politiques. Il est vrai que Fanon, dans l?urgence de la lutte alg?rienne, privil?gie l?action directe. Cela peut appara?tre aujourd?hui comme une vision partielle, inadapt?e aux luttes contemporaines. Cependant, r?duire Fanon ? un th?oricien de la violence serait injuste. Sa pens?e est aussi un cri contre l?inhumanit? du syst?me colonial, une tentative d?sesp?r?e de rendre sa dignit? ? celui qui en a ?t? d?poss?d?. Fanon ne glorifie pas la violence gratuite. Il en souligne les dangers, les impasses possibles. Il sait que la lib?ration n?est pas garantie par les armes, mais par un profond changement de conscience. Un solitaire universel Aim? C?saire, dans la revue « Pr?sence Africaine » en 1962, quelques mois apr?s la mort de Fanon, ?crivait? Fanon a v?cu jusqu?au bout son destin de paladin de la libert? [?] Il est mort en soldat de l?Universel. Le tragique ? C?est que sans doute cet Antillais n?aura pas trouv? des Antilles ? sa taille et d?avoir ?t?, parmi les siens, un solitaire. ? Ces mots disent tout : la grandeur de Fanon, mais aussi sa solitude. Trop radical pour les mod?r?s, trop antillais pour certains Africains, trop r?volutionnaire pour les intellectuels bourgeois, trop critique pour les militants dogmatiques? Fanon d?rangeait. Il a fini isol?, malade, exil? ? mais fid?le ? sa vision. Conclusion Cent ans apr?s sa naissance, la voix de Fanon continue de r?sonner. Ses appels ? fuir les mod?les europ?ens, ? construire un monde fond? sur la dignit? et la pluralit?, trouvent un ?cho dans les luttes d?coloniales, dans les mouvements pour la justice raciale, ?cologique et sociale. Les peuples du Sud global, les diasporas, les opprim?s de toutes sortes red?couvrent Fanon comme un compagnon de route, un ?claireur de conscience. Certes, sa pens?e a des limites. Elle est marqu?e par l?urgence, parfois excessive, d?une ?poque de feu. Mais elle nous oblige ? poser les bonnes questions : qu?est-ce qu??tre libre ? Comment se d?faire de l?ali?nation ? Peut-on penser l?universel sans effacer les diff?rences ? Comment rendre ? chaque ?tre humain sa dignit?, sa voix, son histoire ? Jean-Claude DJEREKE

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La marche du 9 ao?t 2025 ? Yopougon, un tournant d?cisif pour l?opposition ?

Le 9 ao?t 2025, Yopougon, le plus grand quartier populaire d?Abidjan, a vibr? au rythme d?une impressionnante mobilisation populaire. ? l?appel d?une frange importante de l?opposition ivoirienne, des milliers de manifestants ont battu le pav? pour dire ? non ? au quatri?me mandat du pr?sident Alassane Ouattara, qu?ils qualifient d?anticonstitutionnel, et pour d?noncer la radiation de quatre grandes figures politiques: Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Guillaume Soro et Charles Bl? Goud?. Cette manifestation, au-del? de sa dimension symbolique, soul?ve de nombreuses questions sur l?avenir politique du pays et la capacit? r?elle de l?opposition ? inverser le rapport de force. Une d?monstration de force qui rappelle les grandes heures de la contestation L?ampleur de la marche du 9 ao?t a marqu? les esprits. Pour beaucoup d?observateurs, il s?agissait de la plus grande mobilisation de l?opposition depuis les gigantesques rassemblements d?octobre 2002 sur le Plateau d?Abidjan, men?s ? l??poque par Charles Bl? Goud?. Comme en 2002, la foule nombreuse, d?termin?e et pacifique a rappel? que la rue pouvait encore peser dans les ?quilibres politiques ivoiriens. En effet, cette marche n??tait pas un simple d?fil? de protestation. Elle cristallisait des col?res accumul?es depuis plusieurs ann?es: la frustration n?e de la confiscation du d?bat d?mocratique, l?exclusion de leaders politiques majeurs, l?absence de dialogue sinc?re entre pouvoir et opposition, mais aussi la d?gradation des conditions de vie des populations. Le gouvernement, en r?ponse, a tent? de minimiser la port?e de l??v?nement. Mais les images parlent d?elles-m?mes: une mar?e humaine a d?ferl? dans les rues de Yopougon, d?montrant que la base populaire de l?opposition reste vivace. Vers une rupture politique majeure ? Mais cette d?monstration de force, aussi impressionnante soit-elle, suffit-elle ? renverser le cours des choses ? Le pr?sident Ouattara, au pouvoir depuis 2011, semble d?termin? ? aller jusqu?au bout de son quatri?me mandat malgr? les critiques internes et internationales. Il a jusqu?? pr?sent ignor? les appels au dialogue et les mises en garde sur les cons?quences d?un ent?tement autocratique. Son r?gime est accus? d?avoir profond?ment divis? le pays, notamment ? travers une gouvernance per?ue comme clanique, ethno-centr?e et autoritaire. De nombreux Ivoiriens s?interrogent: que peut encore faire l?opposition si le pouvoir continue de faire la sourde oreille ? Le risque d?un durcissement de la contestation est r?el. Plusieurs voix au sein de l?opposition ?voquent d?j? la n?cessit? de ? passer ? la vitesse sup?rieure ? si leurs revendications ne sont pas entendues. Autrement dit, paralyser le pays, bloquer l??conomie, frapper l? o? cela fait mal ? au portefeuille de l??tat et des grandes entreprises, notamment fran?aises, qui tirent profit de la stabilit? apparente du pays. La logique serait alors celle d?un bras de fer frontal. Une situation que le pays a d?j? connue avec ses cons?quences d?sastreuses, mais que beaucoup jugent aujourd?hui in?vitable, ? moins que le r?gime ne revienne ? la raison. L?appel de la rue : vers un sc?nario ? la malienne ou ? la burkinab? ? L?exemple malien de 2020, o? le peuple est descendu massivement dans la rue pour obtenir la chute d?Ibrahim Boubacar Ke?ta, ou celui du Burkina Faso en 2014, qui a vu la chute de Blaise Compaor?, alimente les espoirs de ceux qui pensent que seule la pression populaire pourra faire reculer Ouattara. Le mot d?ordre de certains militants est clair: ? Si Ouattara refuse le dialogue, c?est ? la rue de parler. ? Cette option, radicale mais soutenue en silence par une partie croissante de la population, gagne du terrain. L?exasp?ration est palpable. Entre une dette nationale qui d?passe les 44 000 milliards de FCFA, la restriction des libert?s fondamentales et une gouvernance per?ue comme opaque, le sentiment de ras-le-bol se g?n?ralise. Mais pour que cette strat?gie ait une chance de succ?s, encore faut-il que l?opposition joue enfin collectif. Or, c?est bien l? que r?side le principal d?fi : l?unit?. Trop souvent divis?e, travers?e par des ambitions personnelles et des calculs de positionnement, l?opposition peine ? parler d?une seule voix. Or, face ? un r?gime aussi solidement install?, seul un front uni, coh?rent et disciplin? pourrait faire vaciller le pouvoir. Des marches, oui, mais apr?s ? La marche du 9 ao?t restera dans l?histoire politique ivoirienne comme une d?monstration spectaculaire de la vitalit? de l?opposition. Mais ? elle seule, elle ne suffira pas ? changer le cours des ?v?nements. Il faudra bien plus qu?un d?ferlement populaire d?un jour pour mettre fin ? ce que certains appellent d?sormais la ? d?rive monarchique ? du r?gime Ouattara. L?opposition doit d?sormais transformer cette ?nergie populaire en strat?gie politique. Elle devra s?organiser, construire un programme alternatif cr?dible, r?sister aux tentations de r?cup?ration ethnique ou violente, et surtout, maintenir la pression dans la dur?e. Car le temps joue pour le pouvoir: chaque jour qui passe sans action concr?te affaiblit la mobilisation. Au final, la vraie bataille commence maintenant. Une bataille pour la d?mocratie, pour l??tat de droit, pour la justice sociale. Une bataille que seule une opposition forte, unie et d?termin?e peut esp?rer remporter. Et le peuple, las de promesses non tenues, semble pr?t, cette fois, ? aller jusqu?au bout. Jean-Claude DJEREKE

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