LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

EMISSION COMMUNAUTES EN PARTAGE, LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?, Micro programme DW

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJEREKE

Et si l?histoire osait enfin se parler sans d?tour ?? travers le langage du r?ve, cette chronique propose un face-?-face rare et d?rangeant entre l?Afrique et la France, entre m?moires bless?es et responsabilit?s ?lud?es. De l?espoir suscit? par 1981 ? la d?sillusion Sankara, des silences coupables aux le?ons de morale s?lectives, le texte interroge une relation marqu?e par l?hypocrisie, la domination et le refus de repentance.Une parole libre, lucide et engag?e, qui refuse l?oubli et affirme une Afrique consciente, debout et d?termin?e ? ?crire elle-m?me son histoire.Une ?mission ? ?couter pour comprendre, questionner et penser autrement le pass?? et l?avenir. Une pr?sentation de Marie No?lle ETOUNGOU .

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?, Micro programme DW

Le feu qui ?claire et le feu qui consume

Depuis l?aube de l?humanit?, le feu accompagne l?homme comme une promesse et comme une menace. Il ?claire, r?chauffe et transforme, mais il peut aussi d?truire sans retour. ? travers le mythe de Prom?th?e et les r?alit?s contemporaines, ce texte interroge le prix de la lumi?re : celui que paient, hier comme aujourd?hui, les femmes et les hommes qui osent ?veiller les consciences, d?fier l?ignorance et porter une v?rit? d?rangeante. Car ?clairer le monde n?est jamais un acte anodin : c?est une responsabilit? lourde, souvent solitaire, qui exige courage, fid?lit? ? sa conscience et acceptation du sacrifice.Une pr?sentation de Marie No?lle ETOUNGOU .

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Vigilance et fermet?

Beaucoup aux ?tats-Unis et dans le monde sont convaincus que Nicolas Maduro a ?t? kidnapp? parce qu?un individu veut voler le p?trole v?n?zu?lien et d?tourner l?attention de ses compatriotes des crimes qu’il a commis et pour lesquels il pourrait ?tre condamn? sous peu. Ce que cet individu a fait le 3 janvier 2026, d?autres dirigeants occidentaux l?avaient d?j? fait avant lui. Aujourd?hui, comme hier, c?est le m?me modus operandi: tuer ou enlever autrui pour faire main basse sur les biens de son pays. Macron s’est r?joui du kidnapping de Maduro, tout simplement parce qu?il a envie de faire la m?me chose dans les pays de l?AES qui ont humili? et chass? la France, il y a trois ans. Il compte, pour cela, sur la complicit? de quelques vendus locaux. Traor?, Go?ta et Tiani sont donc avertis. Ils doivent faire preuve de la plus grande vigilance. Mais signer un vrai accord de d?fense avec la Russie, la Chine et la Cor?e du Nord, ce qui obligerait ces pays ? se battre ? leurs c?t?s, ne suffira pas. Il leur faudra aussi et d?abord d?masquer et traiter s?v?rement les valets de l?Occident dans leurs pays. De nombreux Africains estiment que nous ne pouvons pas continuer ? nous laisser distraire par des slogans creux comme la d?mocratie ou le respect des droits de l?homme dans la mesure o? ceux qui en parlent le plus sont les premiers ? les pi?tiner. Jean-Claude Dj?r?k?

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Un Libanais maire en C?te d?Ivoire ? Une id?e s?duisante, mais frein?e par quatre r?alit?s

L??lection de Zohran Mamdani, Am?ricain d?origine indienne, ? la t?te de la mairie de New York continue de susciter des d?bats ? travers le monde. Inspir?s par cet exemple, certains Libanais vivant en C?te d?Ivoire ont exprim? le souhait qu?un des leurs puisse, un jour, devenir maire, d?put?, voire ministre dans notre pays d?accueil. Pourquoi pas ?, pourrait-on dire, car la C?te d?Ivoire a toujours ?t? un pays ouvert, hospitalier, g?n?reux ? l??gard des ?trangers. Peu de nations au monde ont accueilli autant d??trangers que la n?tre, et peu leur ont offert autant d?opportunit?s ?conomiques et sociales. Pourtant, un tel r?ve para?t difficile ? concr?tiser aujourd?hui, et cela pour quatre raisons principales qui tiennent moins ? la loi qu?? la m?moire collective et aux rapports humains. Ces raisons ne rel?vent pas de la haine ni du rejet, mais d?une s?rie de comportements, d?attitudes et d?histoires qui ont nourri la m?fiance. La premi?re raison est morale. Les Libanais sont souvent per?us, en Afrique de l?Ouest, ? travers le prisme de ce que subissent les Africains subsahariens au Liban. Les reportages, les t?moignages et les enqu?tes d?ONG ont r?v?l? les traitements inhumains inflig?s ? de nombreux travailleurs africains, en particulier des femmes venues du Ghana, du Nig?ria, d??thiopie, du S?n?gal ou de Sierra Leone. Les images d?Africaines battues, priv?es de salaire, retenues contre leur gr?, parfois pouss?es au suicide, ont profond?ment choqu? les consciences africaines. Ces pratiques, largement document?es, sont li?es au syst?me dit de la kafala, qui donne ? l?employeur un quasi-pouvoir de propri?t? sur le travailleur. M?me si tous les Libanais n?y participent pas et que certains d?noncent eux-m?mes ces abus, le symbole reste violent: comment comprendre que ceux dont les compatriotes maltraitent des Africains au Moyen-Orient puissent aujourd?hui pr?tendre les diriger politiquement en Afrique ? Ce pass? r?cent cr?e une blessure de confiance. Il faut la reconna?tre et la soigner avant d?esp?rer b?tir une fraternit? civique solide. Les conditions de travail en C?te d?Ivoire: une injustice prolong?e Le deuxi?me obstacle tient aux conditions de travail impos?es, dans certains cas, aux employ?s ivoiriens par des employeurs d?origine libanaise. Beaucoup se plaignent de salaires tr?s bas, d?horaires ?puisants, de l?absence de contrats en bonne et due forme, ou du non-respect des cong?s et des droits sociaux. Ces pratiques, bien que non g?n?ralis?es, ternissent l?image d?une communaut? souvent prosp?re et ?conomiquement influente.Le ressentiment social se nourrit de cette impression d?exploitation. Dans une soci?t? o? la pauvret? reste ?lev?e, voir des ?trangers s?enrichir tout en payant mal leurs employ?s cr?e une fracture morale et politique. On ne peut pr?tendre ? la direction d?une commune ou d?une circonscription si une partie importante de la population vous per?oit comme injuste ou insensible ? la souffrance des travailleurs. Troisi?me critique: la corruption. De nombreux Ivoiriens accusent certains op?rateurs ?conomiques ?trangers ? parmi lesquels des Libanais ? de corrompre des agents de l?administration, des collecteurs d?imp?ts, voire des forces de l?ordre, afin d??chapper ? leurs obligations fiscales ou de r?gler des litiges ? leur avantage. M?me si ces pratiques ne concernent pas tous les entrepreneurs, elles alimentent le sentiment que la loi ne s?applique pas de la m?me mani?re ? tous. Dans l?esprit du citoyen, le pouvoir ?conomique se confond alors avec l?impunit?. Or, pour pr?tendre ? des responsabilit?s politiques, il faut ?tre au-dessus de tout soup?on. Tant que ce climat de m?fiance persistera, les ambitions politiques des ressortissants libanais resteront limit?es, quel que soit leur m?rite individuel. Le repli communautaire: obstacle ? la confiance Le quatri?me frein est sociologique. Les Libanais, en C?te d?Ivoire, forment une communaut? soud?e, mais souvent ferm?e. Ils vivent entre eux, se marient entre eux, se fr?quentent majoritairement entre eux. Ce choix de pr?server leur identit? culturelle et religieuse est compr?hensible ; toutefois, il renforce l?id?e d?un repli communautaire, d?une distance sociale qui emp?che la v?ritable int?gration. Dans l?imaginaire populaire, cette s?paration volontaire se traduit par une suspicion : ?Ils ne veulent pas vivre avec nous, mais ils veulent nous diriger.? Or, la politique repose avant tout sur le lien social, la proximit? et la confiance. Tant que les barri?res symboliques ne tomberont pas, la conqu?te du c?ur ?lectoral ivoirien sera difficile. Un dialogue de v?rit? pour d?passer la m?fiance Ces quatre raisons n?ont pas vocation ? nourrir la haine, mais ? rappeler une v?rit?: la confiance politique ne se d?cr?te pas, elle se m?rite. Si un jour un Libanais souhaite se pr?senter ? une fonction publique en C?te d?Ivoire, il devra incarner une autre mani?re d??tre, un rapport nouveau aux citoyens, fond? sur la justice, le respect et la transparence. Il faudra aussi que la communaut? libanaise, dans son ensemble, s?engage dans un processus de r?conciliation symbolique avec l?Afrique subsaharienne. Cela passe par la condamnation claire des mauvais traitements inflig?s aux Africains au Liban, par des gestes de solidarit? envers ces victimes et par un effort visible pour am?liorer les conditions de travail de leurs employ?s ici. Il ne s?agit pas de repentance, mais de responsabilit?. De leur c?t?, les Ivoiriens doivent ?viter la tentation de la g?n?ralisation. Tous les Libanais ne sont pas coupables des abus constat?s. Beaucoup vivent paisiblement, respectent la loi, paient leurs imp?ts et participent au d?veloppement du pays. Reconna?tre ces diff?rences, c?est aussi une marque de maturit?. La politique, miroir de la justice sociale Un Libanais maire en C?te d?Ivoire ? L?id?e n?est pas impensable. Elle pourrait m?me symboliser une nouvelle ?tape de notre ouverture. Mais cette ouverture exige d?abord la v?rit?, la justice et la r?ciprocit?. L?Afrique ne peut pas tendre la main ? ceux qui la m?prisent ailleurs, ni confier le pouvoir local ? ceux qui exploitent ses enfants sur place. Les Libanais de C?te d?Ivoire ont, pour beaucoup, contribu? ? la vitalit? ?conomique du pays. ? eux maintenant de montrer, par des actes, qu?ils partagent nos valeurs de respect et d??galit?. Alors, peut-?tre, un jour, les Ivoiriens verront en eux non plus des ?trangers fortun?s, mais des compatriotes de c?ur, capables de servir la cit? avec loyaut? et humanit?. Car la vraie

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Quand l?ONU se trompe de sujet

Le repr?sentant sp?cial du secr?taire g?n?ral de l?ONU pour l?Afrique de l?Ouest et le Sahel, le Mozambicain Leonardo Santos Sim?o, a adress? hier une lettre de f?licitations ? Simone Ehivet pour ? sa participation constructive et sa conduite patriotique exemplaire pendant l??lection pr?sidentielle d?octobre ?. * ? premi?re vue, le geste semble courtois, diplomatique, presque anodin. Mais, en r?alit?, ce genre de courrier ne m?rite qu?un seul sort: ?tre d?chir? et jet? ? la poubelle. Pourquoi ? Parce que ce n?est pas cela le sujet. Le v?ritable sujet, celui que Sim?o se garde bien d??voquer, c?est que le processus ?lectoral ivoirien a ?t? profond?ment vici?. Fichier ?lectoral truff? de doublons, commission ?lectorale ind?pendante outrageusement d?s?quilibr?e, climat d?intimidation g?n?ralis? : tout a concouru ? ?loigner les ?lecteurs et ? discr?diter le scrutin. Dans plusieurs localit?s, le vote n?a m?me pas pu se tenir, et pourtant, comme par magie, les autorit?s ont annonc? un taux de participation sup?rieur ? 50 %. Simone Ehivet, candidate et t?moin direct de ces irr?gularit?s, les a d?nonc?es publiquement. Qu?un repr?sentant onusien, cens? incarner la neutralit? et la rigueur, fasse l?impasse totale sur ces faits graves pour se contenter de f?liciter la ? participation ? d?une femme injustement marginalis?e, c?est non seulement ind?cent, mais insultant pour la v?rit?. Cette lettre est le symbole d?une hypocrisie internationale devenue coutumi?re : celle qui pr?f?re saluer la forme et ignorer le fond, f?liciter la patience plut?t que d?fendre la justice. Une ONU aveugle ou complice ? Je ne sais pas quel accueil Simone Ehivet r?servera ? ce courrier. Pour ma part, je pense que nous devrions apprendre ? ignorer tout ce qui vient de l?ONU ? ses d?l?gations, ses rapports, ses lettres de complaisance. Car cette organisation, qui se pr?tend gardienne de la paix mondiale, n?a jamais su r?soudre valablement un seul des probl?mes pos?s ? la conscience de l?homme par le colonialisme, comme le rappelait Frantz Fanon. Depuis sa cr?ation, l?Organisation des Nations unies s?est r?guli?rement align?e sur les puissances dominantes, l?gitimant des guerres injustes et des interventions ?trang?res destructrices. Fanon l?avait d?j? d?nonc? dans « Afrique Action » du 20 f?vrier 1961 : ? Chaque fois qu?elle est intervenue, c??tait pour venir concr?tement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur. ? Rien n?a chang?. Les mots de Fanon r?sonnent aujourd?hui avec la m?me force qu?hier, tant l?ONU continue de se montrer partiale, inefficace et soumise aux int?r?ts des grandes puissances. Comment penser, un seul instant, que cette organisation, qui a install? Alassane Ouattara au pouvoir en 2011 avec l?appui des ?tats-Unis, de la France, de l?Union europ?enne et de la CEDEAO, puisse aujourd?hui le sanctionner ou m?me le contredire ? L?ONU ne critique jamais ses cr?atures. Elle ne d?savoue jamais ses choix, m?me lorsqu?ils plongent des nations enti?res dans le d?sordre et la division. D?s lors, la lettre de f?licitations adress?e ? Simone Ehivet n?est qu?un simulacre de diplomatie, un texte creux destin? ? entretenir l?illusion d?un dialogue inclusif, tout en ?vitant soigneusement d?aborder les sujets qui f?chent. Derri?re les formules polies et les louanges protocolaires, c?est le silence sur les irr?gularit?s, le d?ni des violences, et l?oubli volontaire de la souffrance des ?lecteurs. L?amn?sie morale de Leonardo Sim?o Ce qui rend la situation encore plus affligeante, c?est qu?elle ?mane d?un homme qui devrait conna?tre le prix de la libert?. Leonardo Santos Sim?o est Mozambicain. Son pays, le Mozambique, a conquis son ind?pendance au terme d?une longue lutte arm?e men?e par la FRELIMO et incarn?e par Samora Machel, figure embl?matique du combat anticolonial africain. Machel, comme Am?lcar Cabral ou Agostinho Neto, croyait ? une Afrique digne, debout, lib?r?e de la tutelle des puissances ?trang?res. Comment donc comprendre qu?un fils de cette histoire glorieuse, h?ritier d?un peuple qui s?est lib?r? dans le sang et la dignit?, puisse aujourd?hui se mettre ? la remorque d?une organisation partisane et inefficace ? Comment un Africain conscient du prix de la souverainet? peut-il se contenter d?un r?le de messager docile, au service d?une ONU qui n?a jamais d?fendu v?ritablement la cause africaine ? En choisissant de f?liciter Simone Ehivet sans mentionner les injustices qu?elle a subies, Sim?o trahit la m?moire de son propre peuple. Il trahit aussi l?esprit de Samora Machel, qui disait: ? La solidarit? ne signifie pas applaudir l?injustice, mais la d?noncer, m?me quand elle vient de nos amis. ? Il aurait pu utiliser sa position pour attirer l?attention du monde sur les dysfonctionnements du processus ?lectoral ivoirien, pour exiger des r?formes, pour encourager une vraie r?conciliation. Au lieu de cela, il a pr?f?r? la voie facile de la diplomatie creuse. Notre vrai probl?me: la na?vet? Au fond, le probl?me n?est peut-?tre pas l?ONU elle-m?me. Le v?ritable probl?me, c?est notre propre na?vet?, notre immaturit? politique, notre incapacit? ? comprendre que personne ne viendra d?fendre nos int?r?ts ? notre place. Nous continuons ? attendre des solutions de l?ext?rieur, ? esp?rer une parole salvatrice des chancelleries occidentales, ? croire que les institutions internationales se soucient r?ellement de la d?mocratie en Afrique. C?est une illusion dangereuse. L?histoire r?cente est pourtant claire: chaque fois que ces organisations sont intervenues sur le continent, elles l?ont fait pour d?fendre les int?r?ts des puissances dominantes, jamais ceux des peuples. Que ce soit en Libye, en C?te d?Ivoire, en R?publique d?mocratique du Congo ou ailleurs, les cons?quences de leurs ? interventions humanitaires ? ont toujours ?t? le chaos, la division et la perte de souverainet?. Nous devons donc apprendre ? reprendre notre destin en main, ? b?tir nos propres institutions de r?gulation, nos propres m?canismes d?observation ?lectorale, nos propres mod?les de gouvernance. Tant que nous continuerons ? attendre la b?n?diction ou la d?sapprobation de l?ONU, de la CEDEAO ou de l?Union europ?enne, nous resterons des peuples sous tutelle. Se lib?rer de l?illusion La lettre de Leonardo Sim?o ? Simone Ehivet n?est pas un geste anodin. C?est le symbole d?un syst?me international qui feint de promouvoir la d?mocratie tout en prot?geant les r?gimes dociles. C?est aussi le miroir de notre propre faiblesse: celle d?esp?rer encore une reconnaissance venue d?ailleurs.

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L?hypocrisie d?une partie de l?opposition ivoirienne

Il y a des renversements qui heurtent la raison et la dignit?. Ce qu?on a d?nonc? avec force hier, on le cautionne aujourd?hui. Tel est, malheureusement, le spectacle auquel on assiste depuis quelques semaines dans certains cercles de l?opposition ivoirienne. M?me parmi des partisans de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam que je croyais lucides, ouverts d?esprit et int?gres, on entend d?sormais des voix favorables ? la participation de leurs partis aux l?gislatives organis?es par la Commission ?lectorale ind?pendante (CEI) qu?ils ont vigoureusement d?cri?e avant la pr?sidentielle d?octobre 2025. Comment expliquer qu?on puisse vilipender une institution pour sa partialit? et, quelques jours plus tard, accepter de fonctionner avec elle comme si de rien n??tait ? Cette contradiction n?est pas du d?bat raisonn?. C?est de l?enfumage. C?est une pirouette morale destin?e ? masquer des int?r?ts inavou?s. L?argument mythique des pr?c?dents : un leurre Les d?fenseurs de la participation avancent un argument souvent r?p?t?: autrefois, le PDCI, le RDR et le FPI avaient pris part aux l?gislatives m?me lorsqu?ils avaient ?t? exclus de la pr?sidentielle. De l?, on conclut que rien n?emp?che le PPA-CI et le PDCI d?aller aux l?gislatives malgr? la CEI d?cri?e. Cet argument tient pourtant sur du vent. Premi?rement, confondre des situations politiques diff?rentes en les traitant de pr?c?dents identiques est un abus d?analogie. Deuxi?mement, invoquer ces pr?c?dents sans reconna?tre la profondeur de la crise institutionnelle actuelle revient ? justifier la normalisation d?une injustice. L??thique sacrifi?e sur l?autel du clan Il ne faut pas se leurrer: beaucoup de ces discours ne visent pas le bien commun, mais la pr?servation d?int?r?ts personnels ou claniques. Le vrai moteur de cette volte-face, pour nombre d?acteurs, n?est pas l?amour du pays, mais la d?fense d?un fr?re de la m?me ethnie ? m?me s?il commet des erreurs ou s?il prend des d?cisions condamnables. On retrouve l? la vieille logique patrimoniale: la solidarit? d?abord pour le clan, la morale et la justice ensuite. ? l?heure o? des Ivoiriens croupissent derri?re les barreaux pour des raisons politiques, ? l?heure o? des familles pleurent des morts et portent les blessures insupportables de la crise pr??lectorale, accepter d?aller aux l?gislatives avec la CEI d?cri?e revient ? tourner le dos ? la souffrance collective. C?est ind?cent. C?est impardonnable. Il est vain de nier l?existence d?un facteur mat?riel puissant dans cette ?quation. Le salaire mensuel d?un d?put? ? 3 millions de francs CFA ? est, dans notre pays, une tentation r?elle. Pour des citoyens qui peinent ? survivre, un tel revenu est attractif. Mais r?duire l?engagement politique ? la recherche d?un revenu, c?est d?shonorer la vocation publique. Ce qui caract?rise, h?las, une partie de ces pseudo-opposants, c?est la cupidit? et la l?g?ret? morale. Ils vocif?rent quand il s?agit d?attaquer des adversaires hors du champ institutionnel, mais deviennent ?tonnamment muets quand il s?agit de d?fendre les principes de la d?mocratie face ? une CEI discr?dit?e. L?app?t du gain finit par dicter des choix politiques: mieux vaut un si?ge pay? que la lutte d?sint?ress?e pour la justice et la transparence. Admettons, pour l?instant, que le PPA-CI et le PDCI obtiennent quelques si?ges aux l?gislatives sous la CEI actuelle. Quelle sera alors la port?e r?elle de ces victoires ? Croire qu?ils pourront ?tre majoritaires et r?sister ? un ex?cutif aux commandes de tous les leviers de l??tat est illusoire. N?a-t-on pas d?j? vu, par le pass?, comment un d?coupage ?lectoral l?onin et des m?canismes administratifs biais?s peuvent offrir au pouvoir une ?crasante majorit? ? Le RHDP lui-m?me s??tait nagu?re octroy? 89 si?ges gr?ce ? un d?coupage favorable ? un pr?c?dent qui devrait servir d?avertissement, non d?encouragement. Il est donc illogique, et m?me na?f, de penser qu?une participation timide au jeu truqu? du pouvoir conduira ? des r?sultats probants. Au contraire, cela l?gitimera les institutions vici?es, fragmentera encore plus l?opposition et renforcera la machine du pouvoir. Tra?tres ou complices ? La responsabilit? des partis participants ? la lumi?re de ce qui pr?c?de, il faut parler clair. Les partis qui d?cideront de participer aux l?gislatives malgr? la CEI non r?form?e devront ?tre regard?s comme complices de la strat?gie du pouvoir. Ils ne seront pas de simples acteurs politiques. Ils seront, aux yeux d?une grande partie du peuple, des tra?tres ? la patrie, des ?l?ments qui, par leur consentement, participent ? la destruction de la C?te d?Ivoire. La politique ne se con?oit pas comme une succession de combinaisons personnelles destin?es ? sauver des ?lus. Elle est une responsabilit? envers la nation. Qui trahit la nation pour un si?ge, trahit l?avenir des g?n?rations. Qui accepte d?entrer dans un parlement n? d?une mascarade ?lectorale participe activement ? la banalisation de l?injustice. Appel ? la lucidit? et ? la d?fense du bien commun Face ? cette crise morale et politique, il est urgent que les Ivoiriens se r?veillent et jugent librement les actes de leurs dirigeants. Les ?lecteurs doivent comprendre que la qu?te du pouvoir personnel ou du confort mat?riel ne peut primer sur la d?fense des institutions d?mocratiques et le respect des vies sacrifi?es. Aux partisans de Gbagbo et Thiam ? et ? tous les citoyens ?pris de justice ? je lance un appel: ne vous laissez pas ensorceler par le chant des sir?nes qui promettent des si?ges parlementaires et le confort mat?riel. Ce n?est pas le moment de c?der au chantage du ventre ni aux solidarit?s ethniques. Le moment exige courage, esprit de sacrifice et loyaut? envers la nation. L?honneur d?un peuple vaut plus que le confort d?un ?lu Celui qui, aujourd?hui, choisit la facilit? ? accepter une CEI non r?form?e en ?change de quelques d?put?s ? signe l?acte de trahison contre l?espoir d?mocratique. La C?te d?Ivoire m?rite mieux que des marchandages d?appareils politiques et des compromissions qui enterrent la v?rit?. Que les partis qui pensent participer aux l?gislatives m?ditent ceci: l?Histoire ne retient pas ceux qui sauvent un fauteuil. Elle retient ceux qui sauvent une nation. Plut?t que d?engranger des si?ges au prix de la dignit? nationale, il est pr?f?rable d??tre du c?t? de la m?moire, de la justice et du peuple. L?honneur d?un pays vaut

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Mener le vrai combat

En France, comme aux ?tats-Unis, j?ai eu l?occasion de prier dans une ?glise ?vang?lique, m?thodiste ou baptiste. Et la chose qui m?a le plus frapp?, c?est que j?y ai rencontr? des hommes et femmes de toutes langues, cultures et nations: Asiatiques, Africains, Europ?ens, Am?ricains. ? partir de cette exp?rience, je me suis dit que l??glise ?vang?lique et les autres ?glises chr?tiennes sont catholiques car le mot grec ?katholic?s? signifie ?universel?. Je me suis ensuite dit que toutes les ?glises qui se r?clament du Christ sont ?vang?liques puisque l??vangile y est proclam?, qu?elles sont baptistes puisque le bapt?me y est pratiqu?, qu?elles sont m?thodistes puisqu?elles utilisent diff?rentes m?thodes pour accomplir la m?me mission ?vang?lisatrice. Ces communaut?s ne devraient donc pas se combattre sur des d?tails et futilit?s (par exemple, pratiquer le bapt?me par aspersion ou par immersion), ni chercher ? faire du d?bauchage (?quitte ton ?glise et viens chez nous?). Le vrai combat qui leur incombe est comment ?tre ?la lumi?re du monde et le sel de la terre?, comment impacter le monde dans lequel elles vivent. Elles devraient se demander pourquoi des groupes moins nombreux (Francs-ma?ons, Rosicruciens ou Illuminati) dirigent le monde, imposent leur agenda ? tout le monde. Le fait d??tre peu audibles sur les grands d?fis devrait plus inqui?ter les chr?tiens que pourquoi certains prient assis ou en langues. Les chr?tiens africains ne devraient-ils pas songer ? se mettre ensemble pour mener des actions qui lib?rent l?homme africain de l?ignorance, de la mis?re, de l?injustice et de l?oppression? Jean-Claude Dj?r?k?

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L?opposition ivoirienne face ? la r?pression

Le Front Commun, coalition regroupant le PDCI et le PPA-CI, a tenu une conf?rence de presse, ce mercredi 29 octobre 2025 dans un climat politique de plus en plus tendu. L?objectif principal de cette rencontre ?tait de d?noncer la r?pression grandissante dont sont victimes les deux formations politiques majeures de l?opposition. Les responsables de ces partis ont alert? l?opinion nationale et internationale sur les arrestations arbitraires, les intimidations, les menaces et les restrictions impos?es ? leurs militants et cadres. Selon eux, ces pratiques autoritaires visent ? affaiblir l?opposition et ? pr?parer une nouvelle mascarade ?lectorale, semblable ? celle du 25 octobre dernier. Le Front Commun estime que, si cette pers?cution ne cesse pas, la participation de l?opposition aux prochaines ?lections l?gislatives sera s?rieusement compromise. Mais peut-on parler d??lections l?gislatives tant que des centaines d?Ivoiriens restent d?tenus pour leurs opinions politiques et que la Commission ?lectorale ind?pendante (CEI) demeure inf?od?e au pouvoir en place? L?urgence n?est pas ?lectorale, mais politique et morale Certes, le salaire mensuel d?un d?put? ? 3 millions de francs CFA ? est, dans le contexte ivoirien, une somme consid?rable. Dans un pays o? la majorit? des citoyens peinent ? joindre les deux bouts, o? le ch?mage et la pauvret? gangr?nent les foyers, cette r?mun?ration peut susciter des convoitises et des ambitions. Cependant, la priorit? n?est pas l?. ? notre avis, l?heure n?est pas ? la recherche de si?ges ? l?Assembl?e nationale, mais ? la lib?ration du peuple ivoirien. Des centaines d?Ivoiriens sont encore injustement incarc?r?s pour leurs opinions politiques, pour avoir manifest? ou simplement exprim? leur d?saccord avec le pouvoir. Avant de penser ? briguer un mandat de d?put?, il faut redonner la libert? ? ces prisonniers politiques, symboles de la d?rive autoritaire que conna?t la C?te d?Ivoire. Il faut le dire sans d?tour: Alassane Dramane Ouattara ne peut ?tre consid?r? comme un pr?sident ?lu, car il n?y a pas eu d??lection v?ritable le 25 octobre. Le scrutin, boycott? par une large partie de la population et entach? de fraudes massives, n?a ?t? qu?une parodie de d?mocratie, un simulacre destin? ? l?gitimer un pouvoir d?j? confisqu?. Dans ces conditions, la priorit? pour l?opposition ne doit pas ?tre de participer ? de nouvelles ?lections organis?es par les m?mes institutions discr?dit?es, mais plut?t de rendre le pays ingouvernable par des actions coordonn?es et pacifiques de d?sob?issance civile. Il s?agit de bloquer le syst?me, de paralyser les structures de domination, et d?amener le r?gime ? c?der sous la pression populaire et politique.Pour atteindre cet objectif, une condition est indispensable: l?unit? sinc?re de l?opposition. Les opposants doivent cesser de se regarder en chiens de fa?ence, de se m?fier les uns des autres ou de ressasser les querelles du pass?. Les candidats retenus et les candidats recal?s lors du dernier scrutin doivent se retrouver autour d?une m?me table, dans un sinc?re examen de conscience. Il ne s?agit plus de se reprocher mutuellement les erreurs du pass?, mais de tirer les le?ons de l??chec collectif. La rancune doit ?tre jet?e ? la rivi?re. Le peuple ivoirien, fatigu? des divisions et des trahisons, attend de ses leaders du courage, de la lucidit? et du patriotisme. Une opposition unie, coh?rente et disciplin?e peut encore faire tomber ce r?gime autoritaire. Mais cette chute ne viendra pas d?un miracle. Elle d?pendra de la capacit? des forces d?mocratiques ? s?organiser, ? ?laborer des strat?gies efficaces de mobilisation et ? maintenir la pression constante sur le pouvoir. La d?sob?issance civile, les manifestations pacifiques, le boycott des produits fran?ais et la r?sistance citoyenne sont autant d?armes politiques l?gitimes lorsque toutes les voies institutionnelles ont ?t? confisqu?es. Penser d?j? aux l?gislatives est une faute morale et politique Commencer d?s maintenant ? penser aux prochaines ?lections l?gislatives serait une erreur strat?gique et une faute morale.D?une part, ce serait une incoh?rence totale, puisque la CEI, qui a ?t? d?nonc?e ? juste titre pour sa partialit? et son manque de transparence, n?a pas encore ?t? r?form?e. Comment pr?tendre aller ? de nouvelles ?lections avec les m?mes r?gles du jeu biais?es ? D?autre part, cette attitude reviendrait ? oublier les victimes des violences politiques r?centes: les morts, les bless?s et les prisonniers de la crise pr??lectorale et ?lectorale. Participer ? des l?gislatives dans ces conditions, c?est banaliser la souffrance du peuple ivoirien et fermer les yeux sur l?injustice. C?est aussi donner au pouvoir une l?gitimit? qu?il ne m?rite pas. Le peuple n?est pas dupe. Les Ivoiriens ?taient convaincus que, si tous les opposants s??taient unis derri?re un seul candidat, ils auraient vot? massivement pour lui. Ce r?ve d?unit?, une fois encore, a ?t? bris? par les ambitions personnelles, les calculs partisans et les ego d?mesur?s. Le r?sultat, nous le voyons aujourd?hui: un r?gime confort? dans sa domination, une opposition affaiblie et un peuple d?sillusionn?. L?heure de la responsabilit? et du courage Il est temps, plus que jamais, que les leaders de l?opposition mettent l?int?r?t g?n?ral au-dessus de leurs ambitions personnelles.La C?te d?Ivoire traverse une p?riode sombre, o? les institutions sont captur?es, la justice instrumentalis?e et les libert?s restreintes. Dans ce contexte, chaque d?cision politique doit ?tre guid?e non par le calcul ?lectoral, mais par la recherche du bien commun. L?opposition doit se rappeler qu?elle incarne l?esp?rance du peuple, et qu?? ce titre, elle n?a pas le droit de trahir cette confiance. Les Ivoiriens n?attendent pas des promesses, mais des actes concrets: une v?ritable alliance, une parole claire, et un plan de lutte coh?rent pour mettre fin ? la dictature politique et ?conomique qui asphyxie le pays. L?histoire ne pardonnera pas aux dirigeants qui, par ?go?sme ou par faiblesse, auront laiss? passer l?occasion de redonner ? la C?te d?Ivoire sa dignit? et sa souverainet?. Le temps des demi-mesures est r?volu. Le pays ne pourra rena?tre que si ses enfants les plus courageux osent dire non ? la peur, non ? la r?signation, et oui ? la r?sistance. Pour une opposition ? la hauteur de l?histoire La conf?rence de presse du Front Commun est le signe d?un tournant possible, le point de d?part d?une prise de

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Coup de gueule: c’est quoi l’humilit?

Les pharisiens ?taient r?put?s pour ne pas pratiquer ce qu?ils disaient ou pr?chaient. On comprend alors pourquoi J?sus recommanda de ne pas les imiter. Or le pharisien dans l??vangile de ce dimanche d?clare avoir fait ceci ou cela. On peut au moins le louer pour cela. On peut le f?liciter d’avoir pos? des actions bonnes. Et pourtant, il ne fut pas exauc?. Pourquoi? Parce qu?ayant observ? toute la loi, il donne l?impression qu’il n?attend plus rien de Dieu, parce qu?il est dans l?auto-admiration, l?auto-c?l?bration et l?auto-satisfaction, parce qu?il se croit sup?rieur ? ceux qui ne font pas comme lui, parce qu?il se vante, parce qu’il m?prise ceux qui n?agissent pas comme lui. L?autre, le publicain, bien que collabo de l?occupant romain et coupable de magouilles, fut exauc?. Pourquoi ? Parce qu?il attend encore quelque chose de Dieu, parce qu?il se sait p?cheur et qu’il le confesse, parce qu?il fait preuve d’humilit?. Mais attention au mot « humilit? ». ?tre humble, ce n?est pas nier les talents et qualit?s que Dieu nous a donn?s, ce n?est pas dire « je ne vaux rien ou je ne suis rien ». Tous, nous avons re?u quelque chose de Dieu. C’est ? chacun de d?couvrir son ou ses talents. ?tre humble, c’est ne pas m?priser les autres parce qu’on est ceci ou cela dans l??glise ou la soci?t?, c’est respecter, m?me le planton ou le balayeur de rue, tout simplement parce qu?il a ?t? cr?? ? l?image et ? la ressemblance de Dieu, parce que tout homme m?rite respect et consid?ration. « Sais-tu qui je suis ou bien ? qui tu as affaire? » Un chr?tien ne devrait pas tenir ce genre de propos car, ? la fin, nous mourrons tous et nous nous retrouverons devant le juste juge. Il est juste, parce qu’il sonde les c?urs et les reins, parce qu?il est incorruptible, parce qu’il regardera, non pas une partie, mais toute la vie de chacun. Jean Claude Dj?r?k?

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L?opposition ivoirienne face au d?fi de l?unit? apr?s une ?lection contest?e

Le Conseil constitutionnel, ? l?issue du processus de validation des candidatures ? l??lection pr?sidentielle, avait retenu cinq candidats, dont quatre issus de l?opposition. Cette d?cision, en apparence ?quilibr?e, a pourtant suscit? une vive controverse. En effet, les partisans des candidats non retenus y ont vu une man?uvre politique destin?e ? donner une fa?ade d?mocratique ? un scrutin d?j? jou? d?avance. Selon eux, la s?lection de certains opposants n??tait qu?une strat?gie du pouvoir en place pour l?gitimer une ?lection verrouill?e et sans v?ritable enjeu. Dans ce contexte tendu, les militants des candidats ?cart?s ont rapidement trait? les candidats de l?opposition valid?s de ? tra?tres ? et ? d?accompagnateurs du pr?sident sortant ?. Ils les accusaient d?avoir pactis? avec le pouvoir et de servir de caution ? une mascarade ?lectorale. Leurs parrainages, jug?s ? suspects ?, furent consid?r?s comme la preuve d?arrangements occultes. Ces partisans estimaient que les candidats retenus devaient se retirer purement et simplement du scrutin, convaincus que la victoire du pr?sident sortant ?tait d?j? acquise avant m?me le vote. Face ? ces accusations, les partisans des candidats retenus ont vivement r?agi. ? leurs yeux, ceux dont les candidatures avaient ?t? rejet?es ?taient simplement de mauvais perdants. Ils rappelaient que, si les dossiers de Gbagbo, Thiam ou Affi N?Guessan avaient ?t? valid?s, ces derniers auraient bel et bien particip? ? la m?me ?lection qu?ils d?non?aient aujourd?hui comme ? pli?e ?. Ils consid?raient que refuser de soutenir l?un des candidats d?opposition valid?s revenait ? offrir un boulevard au pr?sident Ouattara, en le laissant concourir presque seul. Ainsi, au lieu de pr?senter un front uni face au pouvoir, l?opposition ivoirienne s?est d?chir?e en public, chaque camp accusant l?autre de trahison, d?arrogance ou d?opportunisme. Cette division a profond?ment fragilis? la cr?dibilit? du discours d?alternance et a d?courag? une grande partie de la population, d?j? d?sabus?e par les crises politiques r?p?t?es. Le climat pr??lectoral s?est donc install? sous le signe de la m?fiance mutuelle, au d?triment d?une strat?gie collective susceptible de peser face au r?gime en place. Un scrutin sans v?ritable comp?tition L??lection du 25 octobre 2025 s?est tenue dans une atmosph?re morose et sous tension. Comme beaucoup s?y attendaient, la participation fut faible dans plusieurs r?gions, notamment dans les bastions de l?opposition. Trois jours plus tard, la Commission ?lectorale ind?pendante (CEI) a proclam? la victoire d?Alassane Ouattara avec 89,77 % des voix. Mais, pour nombre d?observateurs, il ne s?agissait pas d?une v?ritable victoire ?lectorale, car il n?y a pas eu d??lection ? proprement parler. En effet, la plupart des grands candidats avaient ?t? ?cart?s, vidant le scrutin de sa substance. De plus, de graves irr?gularit?s ont ?t? signal?es dans plusieurs localit?s. ? Kounahiri et ? Cocody, par exemple, on a compt? plus de votants que d?inscrits sur les listes ?lectorales ? un ph?nom?ne d?j? observ? dans certaines zones du Nord lors de la pr?sidentielle de 2010. Ces anomalies ont aliment? le sentiment d?un processus ?lectoral truqu?, destin? ? conforter un pouvoir d?j? solidement install?. Apr?s la mort d’un gendarme et d’un manifestant dans le sud et le centre-ouest du pays, plusieurs personnes ont perdu la vie ? Nahio. ? cela s?ajoute un d?s?quilibre flagrant des moyens: les candidats de l?opposition ont dispos? de ressources financi?res et logistiques largement inf?rieures ? celles du pr?sident sortant, qui a pu mobiliser l?appareil d??tat ? son avantage. Dans ces conditions, la comp?tition ?lectorale ne pouvait ?tre ni ?quitable ni transparente. Ce constat explique pourquoi une grande majorit? d?Ivoiriens a choisi le boycott plut?t que la participation ? ce qu?ils percevaient comme une simple formalit? institutionnelle. Apr?s la fausse victoire, quel avenir pour l?opposition ? Face ? cette situation, une question cruciale se pose: que doit faire l?opposition ivoirienne maintenant ? Deux voies s?offrent ? elle, et le choix entre les deux d?terminera sans doute l?avenir politique du pays. La premi?re option, celle de la division et de la querelle permanente, consisterait ? poursuivre les accusations mutuelles. Chaque camp continuerait ? reprocher ? l?autre son manque de loyaut? ou de lucidit?, pendant que le pouvoir en place consoliderait tranquillement sa position pour les cinq prochaines ann?es. Ce sc?nario, malheureusement familier dans l?histoire politique ivoirienne, ne ferait que prolonger la domination sans partage du r?gime et le d?couragement du peuple. La seconde option, bien plus exigeante mais aussi plus porteuse d?espoir, serait celle de l?unit? et de la r?flexion commune. L?opposition, dans toute sa diversit?, doit faire son examen de conscience et reconna?tre que sa strat?gie n?a pas ?t? ? la hauteur des d?fis du moment. Aucun parti, aucune figure politique, ne peut ? lui seul affronter un pouvoir solidement enracin?, disposant de l?appareil administratif, financier et s?curitaire du pays. Le salut ne viendra que d?un front commun, b?ti sur la confiance, le dialogue et la mise en avant de l?int?r?t national au-dessus des ambitions personnelles. Le Front commun, qui regroupe le PDCI et le PPA-CI, a d?j? appel? ? l?annulation du scrutin et ? la reprise des ?lections dans des conditions v?ritablement d?mocratiques. Cette position, loin d??tre extr?miste, r?pond ? une exigence de justice et de transparence. Au lieu de f?liciter Ouattara ? ce qui n?aurait aucun sens alors qu?une large majorit? d?Ivoiriens a boycott? ce semblant d??lection ?, tous les candidats de l?opposition devraient se rallier ? cette demande. Il est urgent que les leaders politiques se retrouvent autour d?une m?me table, non pas pour se partager des postes, mais pour r?clamer des r?formes structurelles: une nouvelle Commission ?lectorale ind?pendante, r?ellement neutre et ?quilibr?e ; un red?coupage ?lectoral juste, tenant compte de la repr?sentativit? r?elle des populations ; une r?vision transparente des listes ?lectorales et une allocation ?quitable des moyens de campagne ? tous les candidats. Une telle concertation, associant ?galement la soci?t? civile et les organisations religieuses, permettrait de recr?er la confiance entre les acteurs politiques et d??viter que les prochaines ?lections ne soient une r?p?tition du m?me sc?nario. C?est ? cette condition seulement que la C?te d?Ivoire pourra tourner la page des ?lections truqu?es et des crises post?lectorales. L?urgence d?une conscience collective L??lection pr?sidentielle

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