LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

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Ma r?action au dernier communiqu? de la Conf?rence des ?v?ques catholiques de C?te d?Ivoire

Chers ?v?ques et archev?ques,J?ai lu avec attention votre communiqu? dat? du 24 octobre 2025 et intitul? « Appel ? l?apaisement et ? la pri?re ». Je vous sais gr? d?avoir de la compassion pour les bless?s, prisonniers et familles ayant perdu quelqu’un dans cette l?gitime protestation contre le quatri?me mandat anticonstitutionnel d?Alassane Ouattara. Vous ?crivez: « Nous n?avons cess? de vous rejoindre pour vous inviter ? la paix, au respect du droit et de la vie humaine ». Vous auriez pu ?crire aussi que la paix est le fruit de la justice et de la v?rit?, cette v?rit? dont J?sus affirmait qu?elle rend libre (Jn 8, 32). Or, ? mon humble avis, ce qui vous manque, et on le voit dans toutes vos derni?res interventions, c?est ce que les Japonais Ichiro Kishima et Fumitake Koga appellent « le courage de ne pas ?tre aim? » car, dans notre monde o? beaucoup aiment les basses flatteries, quiconque ose dire la v?rit? s’expose automatiquement ? ?tre d?test?, lynch? et combattu. La v?rit? qu?il aurait fallu dire, c?est que notre Constitution interdit plus de deux mandats ? la t?te de l??tat, quelles que soient l?intelligence et la comp?tence de celui qui a occup? le fauteuil pr?sidentiel. Cette v?rit?, l??piscopat burkinab? l?a dite lors de sa seconde Assembl?e pl?ni?re ? Fada N?Gourma (15-21 f?vrier 2010) en disant non ? Blaise Compaor? qui voulait modifier l?article 37 de la Constitution pour s’?terniser au pouvoir. Cette v?rit?, les pr?lats de la R?publique d?mocratique du Congo l?ont dite en demandant, le 26 novembre 2017, ? Joseph Kabila de ne pas briguer un troisi?me mandat. Le 2 janvier 2018, le cardinal Laurent Monsengwo rench?rissait en ces termes: « Il est temps que les m?diocres d?gagent et que r?gnent la paix et la justice en RDC. » Au lieu de vous opposer clairement et publiquement ? la seconde violation de notre Constitution par Ouattara, vous vous ?tes born?s ? r?clamer « une ?lection juste, transparente, inclusive et apais?e » sans nous dire si le pr?sident sortant ?tait concern? par cette ?lection inclusive. Au lieu d’appeler un chat un chat, au lieu de d?signer et d?interpeller l’individu que le voyou Sarkozy dit avoir install? au pouvoir sans pol?mique (cf. Nathalie Schuck et Fr?d?ric Gerschel, « ?a reste entre nous, hein. Deux ans de confidences de Nicolas Sarkozy », Paris, Flammarion 2014) et qui pourrit la vie ? toute une nation depuis 1999, vous vous contentez de renvoyer dos ? dos parti au pouvoir et opposition et de nous appeler ? la pri?re et au je?ne. La pri?re et le je?ne, que je ne m?prise point, sont-ils incompatibles avec le fait de dire la v?rit?? Non. « Le feu est allum?, le brasier est fumant », ?crivez- vous encore et vous posez la question suivante: « Jusqu’? quand cela va-t-il durer? » Les miennes sont celles-ci: jusqu’? quand allez- vous vous comporter comme Ponce Pilate? Jusqu’? quand allez-vous m?nager la ch?vre et le chou? Jusqu’? quand allez- vous utiliser le langage diplomatique ? l?egard du dictateur? Certains ?v?ques, qui n?h?sitaient pas ? parler durement au pr?sident Laurent Gbagbo, pourquoi se taisent-ils aujourd’hui comme si tout allait bien dans le pays? Qu’ont-ils re?u de Ouattara pour qu’ils deviennent muets comme des carpes sur les d?rives et abus de ce r?gime? Inviter ? la pri?re et au je?ne apr?s avoir cautionn? par le silence un r?gime dictatorial et coupable de violations des droits humains, c’est assurer le service minimum,chers ?v?ques. ?a ne co?te pas cher. It?s cheap commitment (c’est un engagement bon march?). Les patriotes ivoiriens ne d?sesp?rent pas de voir le bout du tunnel. Ils croient que leur calvaire prendra fin un jour parce que « tout finit par finir » (L?andre Sahiri) mais ils ne se souviendront que de ceux qui ont ?t? avec eux et pour eux dans les moments difficiles. Les l?ches et collabos du r?gime, ils les traiteront comme le g?n?ral de Gaulle traita les ?v?ques et cur?s qui avaient soutenu le mar?chal P?tain et l?occupant nazi. Apr?s la lib?ration de la France, Charles de Gaulle demanda et obtint la d?mission des ?v?ques collabos (cf. Jacques Duquesne, « Les catholiques fran?ais sous l?occupation », Paris, Seuil, 1996). J?esp?re ne vous avoir pas bless?s, chers ?v?ques et archev?ques, en disant ce que je pense de votre dernier communiqu?. Vous me connaissez. Je ne sais pas faire semblant. Je ne sais pas tourner autour du pot. Si je vous ai heurt?s, veuillez bien vous montrer indulgents ? mon ?gard comme le Christ qui nous veut vrais, libres et debout. Jean-Claude Dj?r?k?

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Coup de gueule: tout se paie sur terre

Hier, vers 14h, je venais de lib?rer ma chambre dans l?h?tel Berkeley situ? 2, rue d’Odessa dans le 14e arrondissement de Paris. Alors que j?attendais un jeune compatriote qui devait me conduire ? Champigny-sur-Marne, Bry-sur-Marne et Bagnolet, je vois Sarkozy. D?cid?ment ! Il n??tait plus avec Gu?ant et Hortefeux. Il sortait d’une ?picerie. Moi: me reconnaissez-vous?Lui: bien s?r que oui. On s’est vus ? Roissy, jeudi dernier. C?est vous qui m?avez trait? de dohiman (petit menteur) quand je vous ai dit que ma lettre ? Ouattara ?tait confidentielle.Moi: c’est exact. Donc, c’est demain que vous serez enferm?, n?est-ce pas?Lui: tout ? fait. Voil? pourquoi je profite ? fond de mes derniers moments d?homme libre. Moi: il est vrai que je n?ai jamais aim? vos m?thodes et votre grossi?re ing?rence dans le conflit ivoirien en 2011 mais je ne peux pas me r?jouir de voir un homme priv? de la libert? de se d?placer, m?me si la peine qui vous a ?t? inflig?e ne me semble pas imm?rit?e. Lui: ah bon? Donc votre yako de la derni?re fois n??tait pas sinc?re. D’ailleurs, sachez que je vous suis sur Facebook. Je lis aussi Alexis Gnagno, Mamadou Traor? et un certain Excellence Zadi. Je ne sais pas pourquoi il se fait appeler Excellence. Vous, plusieurs fois, vous m?avez trait? de voyou et d?inculte. Moi: entre nous, n??tes-vous pas vraiment un gros inculte? Votre fameux discours de Dakar en 2007 quand vous disiez que l?homme noir n?est pas assez entr? dans l?Histoire est celui d?un inculte. C’est un ramassis d?inepties, monsieur Sarkozy. Je suis d?sol? de vous le dire.Lui: tout le monde m?a insult? ? cause de ce discours ?crit par Henri Guaino. La r?plique la plus virulente est venue des intellectuels africains dans un ouvrage collectif intitul? « L?Afrique r?pond ? Sarkozy « . Non, je n?aurais pas d? dire ce que j?ai dit ? l?universit? Cheikh Anta Diop. Moi: peut-?tre les juges auraient-ils ?t? moins s?v?res si vous aviez vers? une partie de l?argent du guide Kadhafi dans les caisses de l’Etat Fran?ais. Lui: je ne pouvais pas le faire parce que c’est une tradition fran?aise: l?argent rackett? par Chirac, Mitterrand et les autres aux chefs d??tat africains n?a jamais profit? au peuple fran?ais. Qui est fou? La diff?rence entre Chirac et moi, c’est que Kadhafi ne mettait pas son argent dans les djemb?s. Moi: justement c’est Robert Bourgi qui l?a r?v?l?. Il a dit aussi que l??lection pr?sidentielle de 2010 a ?t? gagn?e par l?homme que vous vouliez vitrifier. J?ai attendu en vain que vous d?mentiez l?information. Lui: effectivement je n?ai pas r?agi mais vous devez conna?tre le proverbe selon lequel « qui ne dit mot consent ». Le Conseil constitutionnel ivoirien est un d?calque du Conseil constitutionnel fran?ais dont les d?cisions sont irr?vocables. Quand je demandai ? Youssouf Bakayoko de proclamer les r?sultats provisoires, j??tais dans le faux, j?agissais contre le droit. Ouattara n?avait pas gagn?. Moi: il n?est pas trop tard pour le dire urbi et orbi. Vous avez eu le courage de reconna?tre que l?Europe est un continent barbare et inhumain. Armez- vous de ce courage pour d?clarer que votre pays s’est tromp? sur Laurent Gbagbo et qu’il n?a pas ?t? juste avec lui, que vous avez fait du mal ? la C?te d?Ivoire. Je vous encourage ? faire cette d?marche avant votre d?part de ce monde car nul ne conna?t l?heure de ce voyage sans retour. Si vous le voulez, je pourrais demander ? Makosso de vous confesser et de vous donner l?absolution en prison. Lui: tout le monde sauf ce vendeur d?huile dinor. Je ne sais pas s?il y a plus grand escroc que ce Makosso.Moi: mon compatriote est arriv?. Je dois vous quitter. Je vous souhaite de mettre ? profit votre s?jour carc?ral pour devenir un homme nouveau. Bon courage ? vous! Lui: merci beaucoup. J?en ai besoin en ce moment. La vie est bizarre: aujourd’hui Laurent Gbagbo est libre et moi, Sarkozy, je m?appr?te ? entrer en prison. Qui l?e?t cru? Je constate simplement que tout se paie ici-bas. Tout se paie sur terre. Jean-Claude Dj?r?k?

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La C?te d?Ivoire face ? la perte des valeurs: Le cas du p?lerinage du couple Ouattara sur la tombe d?Houphou?t-Boigny

Le 14 octobre 2025, ? quelques jours de l??lection pr?sidentielle ivoirienne, le couple Alassane et Dominique Ouattara s?est rendu ? Yamoussoukro pour se recueillir sur la tombe de F?lix Houphou?t-Boigny, premier pr?sident de la C?te d?Ivoire et fondateur du Parti d?mocratique de C?te d?Ivoire (PDCI). L??v?nement, en apparence anodin, a suscit? de vives pol?miques. Pour de nombreux observateurs, il ne s?agissait pas d?un simple geste symbolique de m?moire ou de pi?t? r?publicaine, mais d?un acte ? forte port?e politique et spirituelle, dans un contexte ?lectoral tendu marqu? par l?exclusion du candidat du PDCI, Tidjane Thiam, de la course ? la pr?sidence. Ce p?lerinage du couple pr?sidentiel, interpr?t? par certains comme une man?uvre mystique, r?v?le bien plus qu?une simple affaire de superstitions africaines. Il met en lumi?re les contradictions d?une soci?t? o? la qu?te du pouvoir se conjugue avec la manipulation des symboles, la corruption des consciences et l?effacement progressif des valeurs morales qui avaient autrefois fond? la nation ivoirienne. I. Un p?lerinage controvers? et charg? de symboles La tombe d?Houphou?t-Boigny, situ?e dans la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, n?est pas un lieu comme les autres. Elle repr?sente ? la fois la m?moire d?un homme et le symbole d?un parti, le PDCI, qui a marqu? l?histoire politique de la C?te d?Ivoire depuis l?ind?pendance. C?est pourquoi la visite du couple pr?sidentiel sur ce site, ? la veille d?une ?lection pr?sidentielle dont le principal parti h?ritier du ? Vieux ? a ?t? ?cart?, a soulev? une profonde incompr?hension. Beaucoup d?Ivoiriens ont per?u cette visite comme une provocation. Comment comprendre, se demandent-ils, que les portes de la maison d?Houphou?t aient ?t? ouvertes ? un homme qui, depuis son accession au pouvoir, n?a cess? de marginaliser le PDCI et d?affaiblir son influence politique ? L?indignation a ?t? d?autant plus grande que, selon des rumeurs persistantes, la visite du couple Ouattara aurait ?t? inspir?e par un f?ticheur, qui aurait prescrit un rite destin? ? assurer la victoire du pr?sident sortant. Que cette version soit vraie ou non, elle traduit une conviction largement partag?e en Afrique: dans le jeu politique, les forces invisibles jouent souvent un r?le d?cisif. Mais, au-del? du folklore mystique, le v?ritable scandale r?side dans la complaisance de ceux qui ont permis cette visite. Car il semble ?vident que cette ouverture n?a pas ?t? gratuite. Des voix affirment que de grosses enveloppes ont circul?, confirmant la r?putation du r?gime Ouattara, ma?tre dans l?art de corrompre les consciences avec l?argent public. II. La corruption morale: un mal enracin? dans la soci?t? ivoirienne L?affaire du p?lerinage de Yamoussoukro ne saurait ?tre comprise isol?ment. Elle s?inscrit dans un processus plus profond: celui de la d?gradation progressive des valeurs morales en C?te d?Ivoire. Depuis plusieurs ann?es, la cupidit?, l?opportunisme et la soif du gain facile ont remplac? les vertus d?honn?tet?, de loyaut? et de dignit? qui caract?risaient autrefois les ?lites ivoiriennes. Cette d?rive morale explique en partie la fragilit? du tissu social et politique. Dans un pays o? tout peut s?acheter ? les consciences, les voix, les alliances, les silences ?, la politique devient une vaste foire d?int?r?ts individuels. Des d?put?s, des militants et m?me des cadres sup?rieurs du PDCI n?h?sitent plus ? rejoindre le RHDP, non par conviction, mais pour des avantages mat?riels. La trahison est devenue monnaie courante, et la fid?lit? un luxe moral que peu peuvent encore se permettre. La corruption morale n??pargne aucun domaine. Elle a permis, en 2002, l?entr?e des armes sur le territoire national. Elle a favoris?, en ao?t 2006, le d?versement de d?chets toxiques dans dix-huit sites d?Abidjan, causant des milliers de victimes. Elle se manifeste aujourd?hui encore dans la mani?re dont certains obtiennent des passeports ivoiriens sans en avoir le droit. Dans ce contexte, comment s??tonner que la politique elle-m?me soit devenue une entreprise de pr?dation ? III. Le r?le du pouvoir dans l??rosion des valeurs Depuis 2011, le r?gime d?Alassane Ouattara s?est impos? par une combinaison de strat?gie politique, de contr?le institutionnel et de client?lisme ?conomique. L?argent public a servi d?instrument de s?duction et de division. Les adversaires les plus virulents sont neutralis?s, non pas par la force brute, mais par des nominations, des contrats et des privil?ges qui ?touffent toute r?sistance morale. Cette pratique, que Jean-Fran?ois Bayart appelle la ? politique du ventre ?, a profond?ment transform? la soci?t? ivoirienne. L??thique du service public a c?d? la place ? la logique du profit personnel. La solidarit?, jadis fondement de la communaut?, a ?t? remplac?e par l?individualisme le plus cynique. Dans un tel contexte, le p?lerinage du couple pr?sidentiel sur la tombe d?Houphou?t-Boigny appara?t comme une m?taphore tragique: celle d?un pouvoir qui cherche ? se l?gitimer non par le m?rite, mais par la manipulation des symboles sacr?s de la nation. Le nom d?Houphou?t, jadis synonyme de rassemblement et de paix, est aujourd?hui instrumentalis? ? des fins politiciennes. IV. Le silence complice des ?lites Le scandale de Yamoussoukro met ?galement en lumi?re la responsabilit? des ?lites politiques et religieuses. Pourquoi ont-elles accept? que la m?moire du ? Vieux ? soit ainsi profan?e ? Par peur ? Par int?r?t ? Dans tous les cas, leur silence en dit long sur la crise morale du pays.Les gardiens du temple, ceux qui auraient d? d?fendre la dignit? d?Houphou?t-Boigny, se sont laiss?s acheter ou s?duire. Ce comportement traduit non seulement une faillite morale, mais aussi une perte de rep?res. Quand les symboles de la R?publique deviennent des objets de commerce, la nation tout enti?re perd son ?me. Le drame ivoirien n?est donc pas seulement politique. Il est avant tout spirituel. La C?te d?Ivoire est malade de ses ?lites, de leur manque de courage, de leur incapacit? ? dire non ? l?argent facile. Tant que la cupidit? primera sur la conviction, aucune alternance v?ritable ne sera possible. V. Pour une refondation morale et politique Si un opposant venait ? acc?der au pouvoir apr?s 2025, son premier chantier ne devrait pas ?tre ?conomique ou institutionnel, mais moral. Il s?agira de restaurer la valeur du travail, la dignit? du citoyen et la confiance dans

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L?histoire des id?ologies africaines et des id?ologies sur l?Afrique

La contribution de Jean-Claude DJEREKE ? conf?rence ? l?universit? catholique de Paris, le 17 octobre 2025 ue l?id?ologie ? Selon le sociologue Guy Rocher, c?est un ? syst?me d?id?es et de jugements, explicite et g?n?ralement organis?, qui sert ? d?crire, expliquer, interpr?ter ou justifier la situation d?un groupe et qui, s?inspirant largement de valeurs, propose une orientation pr?cise ? l?action historique de ce groupe ? (G . Rocher, ? Introduction ? la sociologie g?n?rale, Tome 1: L?action sociale ?, Paris, Seuil, 1970). Karl Jaspers abonde dans le m?me sens lorsqu?il parle d?un ? ensemble d?id?es ou de repr?sentations qui passe aux yeux du sujet pour une interpr?tation du monde ou de sa propre situation, qui pour lui repr?sente la v?rit? absolue mais sous la forme d?une illusion par quoi il se justifie, se dissimule, se d?robe d?une fa?on ou d?une autre, mais pour son avantage imm?diat ? (K. Jaspers, ? Origine et sens de l?histoire ?, Paris, Plon, 1954). L?Afrique a ?t? l?objet de diverses id?ologies. Ces id?ologies, qu?elles soient port?es par des Europ?ens ou par des Africains, ont influenc? la mani?re dont le continent a ?t? per?u, gouvern? et comment ses populations ont men? leurs luttes pour la dignit? et l?autod?termination. Qu?elles soient colonialistes, panafricanistes, n?olib?rales ou d?coloniales, ces id?ologies ont contribu? ? fa?onner les politiques publiques, les structures sociales, les repr?sentations culturelles ainsi que les trajectoires de d?veloppement du continent. Certaines ont justifi? la domination, d?autres ont aliment? la r?sistance. Toutes ont laiss? une empreinte durable dans les consciences collectives et les institutions. Comprendre les id?ologies sur l?Afrique et les id?ologies africaines, c?est donc interroger les discours dominants, d?construire les st?r?otypes, redonner une place aux r?cits oubli?s et, surtout, reconna?tre les voix africaines dans la reconfiguration de leur propre destin. Car les id?ologies, loin d??tre neutres, influencent la mani?re dont un peuple se voit, s?organise, esp?re et agit. Notre expos? s?organisera en trois parties. Dans la premi?re, nous verrons comment l?Afrique ?tait per?ue et d?crite par les explorateurs, colons, missionnaires et ethnologues et comment ces id?ologies ont contribu? ? construire des st?r?otypes durables. La deuxi?me partie s?emploiera ? montrer ce que les Africains pensent et disent d?eux-m?mes, ? travers les mouvements intellectuels, politiques et spirituels n?s sur le continent. Enfin, dans une troisi?me partie, nous chercherons ? r?pondre ? une question essentielle: quelle doit ?tre l?attitude des chr?tiens africains face ? ces id?ologies africaines et sur l?Afrique? Quelle posture adopter au nom de leur fid?lit? ? la foi chr?tienne? I. Les id?ologies coloniales sur l?Afrique Les id?ologies coloniales se sont d?velopp?es ? partir du XVe si?cle et ont culmin? au XIXe si?cle avec la course ? l?Afrique men?e par les puissances europ?ennes. Ces id?ologies justifiaient l?esclavage et la colonisation en construisant une image de l?Afrique comme un continent ? sans histoire ?, ? arri?r? ?, et incapable de se gouverner. Ce clich? d?un continent sans histoire, que l?on doit, entre autres auteurs, ? Hegel dans ? La raison dans l?histoire ? et ? Victor Hugo qui r?duisait l?Afrique en 1879 ? ?un monceau inerte et passif qui, depuis six mille ans, fait obstacle ? la marche universelle? (cf. Pierre Magnan, ?Quand Victor Hugo d?fendait la colonisation de l?Afrique?, France TV Info du 21 avril 2019), a ?t? r?activ? en 2007 par Nicolas Sarkozy dans le Discours de Dakar, si l?on en croit l?historien fran?ais Fran?ois-Xavier Fauvelle qui, dans sa le?on inaugurale au Coll?ge de France , le 3 octobre 2019, affirmait ceci: ? Dire que l?Afrique n?a pas d?histoire est tout simplement faux d?un point de vue factuel: on peut parfaitement faire le r?cit de ses r?gimes politiques, de ses activit?s ?conomiques et culturelles ou encore de sa d?mographie et de ses mouvements de population.? Avant Fauvelle, le savant s?n?galais Cheikh Anta Diop avait d?construit ces pr?jug?s qui proviennent de l?ignorance dans son ouvrage le plus connu et le plus audacieux qu?un N?gre ait jusqu?ici ?crit au dire d?Aim? C?saire, ? Nations n?gres et culture ? (Paris, Pr?sence Africaine, 1954).Parmi les id?ologies occidentales sur l?Afrique, il y a le paternalisme selon lequel les Europ?ens devaient ? civiliser ? les Africains, per?us comme des enfants immatures. Le discours du ? fardeau de l?homme blanc ?, popularis? par Rudyard Kipling, illustre bien cette posturemoralisatrice. En parall?le, le racisme scientifique a servi ? hi?rarchiser les races, pla?ant les peuples africains au bas de l??chelle humaine, ce qui a justifi? l?exploitation ?conomique, culturelle et politique. Parmi les tenants de l?id?e que le Noir est inf?rieur au Blanc, on trouve Arthur de Gobineau (? Essai sur l?in?galit? des races humaines ?, ?ditions Firmin, 1853) et Lucien L?vy-Bruhl. Les cons?quences de ces id?ologies furent profondes: destruction des structures sociales traditionnelles, r??criture des histoires locales, imposition de langues ?trang?res et marginalisation des savoirs africains. Mieux que quiconque, C?saire a d?crit les d?g?ts de la colonisation en ?crivant: ?On me parle de progr?s, de ? r?alisations ?, de maladies gu?ries, de niveaux de vie ?lev?s au-dessus d?eux-m?mes. Moi, je parle de soci?t?s vid?es d?elles-m?mes, de cultures pi?tin?es, d?institutions min?es, de terres confisqu?es, de religions assassin?es, de magnificences artistiques an?anties, d?extraordinaires possibilit?s supprim?es. On me lance ? la t?te des faits, des statistiques, des kilom?trages de routes, de canaux, de chemins de fer. Moi, je parle de milliers d?hommes sacrifi?s au Congo-Oc?an. Je parle de ceux qui, ? l?heure o? j??cris, sont en train de creuser ? la main le port d?Abidjan. Je parle de millions d?hommes arrach?s ? leurs dieux, ? leur terre, ? leurs habitudes, ? leur vie, ? la vie, ? la danse, ? la sagesse 9 .? (? Discours sur le colonialisme ?, Paris, Pr?sence Africaine, 1950). Les id?ologies du d?veloppement en Afrique: promesses, illusions et r?sistances Depuis les ind?pendances africaines, le d?veloppement s?est impos? comme un horizon indiscutable, un id?al que les ?tats, les bailleurs internationaux et les ?lites politiques ont poursuivi avec d?termination. Pourtant, derri?re ce mot apparemment neutre se cachent desid?ologies, souvent impos?es de l?ext?rieur, qui ont fa?onn? la trajectoire du continent. Du d?veloppement cl?s en main h?rit? de

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Le vent du changement souffle-t-il sur le Cameroun ?

Pour la premi?re fois depuis plus de quarante ans, Paul Biya, arriv? au pouvoir en 1982, aurait ?t? battu dans les urnes, selon des sources cr?dibles. ? 92 ans, alors qu?il briguait un huiti?me mandat, il aurait ?t? devanc? par un opposant, Issa Tchiroma Bakary, dont la candidature semblait au d?part symbolique. Ce r?sultat bouleverse les id?es re?ues. Il montre que, m?me dans un r?gime verrouill?, l??lection peut ?tre un v?ritable levier de changement, ? condition que le peuple s?en empare avec d?termination. Cette victoire, si elle est confirm?e, repr?sente bien plus qu?une simple alternance politique. Elle vient briser un mythe, celui selon lequel participer ? une ?lection organis?e par un r?gime autoritaire revient ? jouer un r?le de figurant. D?sormais, les Camerounais et les autres peuples africains peuvent retenir ceci: un dictateur peut ?tre d?fait dans les urnes si le peuple le veut r?ellement et si l?opposition choisit de se battre au lieu de se retirer. Le peuple camerounais dit non, sans violence Le soul?vement ?lectoral du peuple camerounais n?est pas tomb? du ciel. Il est le fruit d?une col?re contenue, d?une fatigue collective et surtout d?un engagement populaire in?dit. Des millions d??lecteurs ont brav? les intimidations, les manipulations et les promesses creuses pour aller voter. Ils ont vot? contre un r?gime qui, en 40 ans, n?a pas ?t? capable de doter le pays d?infrastructures dignes de ce nom. M?me une simple autoroute entre Douala et Yaound? ? un projet ?voqu? depuis des d?cennies ? reste inachev?e ou dangereusement obsol?te. Ce vote est un message clair: le peuple n?est pas condamn? ? subir ind?finiment. Il peut choisir de tourner la page pacifiquement. Le Cameroun rejoint ainsi la liste des pays o? les urnes ont permis de sanctionner les abus, le n?potisme, l?immobilisme et l?arrogance du pouvoir. Cela devrait faire r?fl?chir les autres peuples africains. Le fatalisme n?a jamais ?t? une strat?gie. Ceux qui attendent que le changement vienne de l?ext?rieur ou par miracle ignorent la force du bulletin de vote. La C?te d?Ivoire, prochain test de maturit? d?mocratique Dans quelques jours, le 25 octobre 2025, les Ivoiriens seront appel?s aux urnes. L? aussi, les signes d?un basculement sont visibles. Ahoua Don Mello, candidat de l?opposition, est peut-?tre sous-estim? par certains, moqu? par d?autres, mais il incarne une alternative s?rieuse pour une grande partie de la population. Le contexte est porteur: pr?s de 4,5 millions d??lecteurs qui avaient boycott? les scrutins de 2015 et 2020 semblent aujourd?hui d?termin?s ? faire entendre leur voix. Il ne faut pas les sous-estimer. Car qui peut croire que ces ?lecteurs choisiront de redonner un mandat ? Alassane Ouattara, apr?s 15 ans de gouvernance per?ue par beaucoup comme autoritaire et exclusive ? Ce peuple, frustr? par les in?galit?s, la r?pression et la confiscation du d?bat d?mocratique, ne demande qu?une seule chose: pouvoir voter librement et voir son choix respect?. Cependant, certains opposants ont choisi de boycotter cette ?lection sous pr?texte que leur candidature a ?t? rejet?e ou que le processus est imparfait. C?est l? que l?illusion de la « politique de la chaise vide » doit ?tre d?mont?e. Ce choix ne profite jamais au peuple. Pire encore, il affaiblit l?opposition en laissant le terrain libre au pouvoir en place. Refuser la chaise vide L’histoire politique r?cente nous enseigne que la politique de la chaise vide n?a jamais ?t? payante. S?abstenir de participer ? une ?lection, aussi imparfaite soit-elle, ne fait que renforcer le r?gime en place. Abandonner le terrain ?lectoral, c?est c?der sans combattre. C?est aussi insulter le courage de millions de citoyens qui, eux, choisissent la voie du vote pour r?sister pacifiquement. De plus, il est regrettable d’entendre certains leaders politiques affirmer que ceux qui participent ? ces ?lections sont des tra?tres, des figurants ou des accompagnateurs du r?gime. Ce genre de discours est dangereux. Un vrai d?mocrate ne verse pas dans l?insulte ni dans le m?pris envers d?autres opposants. On peut avoir des strat?gies diff?rentes sans pour autant s’accuser mutuellement de complicit?. Quand on aime vraiment son pays, on se bat avec les moyens disponibles. On ne quitte pas la table d?s que les r?gles ne nous arrangent pas. On s?engage, on mobilise, on encadre les ?lecteurs, on surveille les urnes. C?est ainsi qu?on construit une culture d?mocratique solide, capable de survivre aux hommes forts et aux manipulations d?appareil. Un nouvel horizon pour l?Afrique francophone Le Cameroun nous l?a montr?: le vote n?est pas inutile. Quand le peuple d?cide, m?me un r?gime install? depuis quatre d?cennies peut tomber. La C?te d?Ivoire a aujourd?hui une occasion historique de d?montrer, elle aussi, que le changement par les urnes est possible. Les dictateurs ne sont pas invincibles. Les ?lections ne sont pas toujours truqu?es. Et, surtout, les opposants qui participent ? ces scrutins ne sont pas des tra?tres. Ce sont souvent eux qui font le travail difficile, ingrat mais indispensable pour porter l?espoir du peuple jusqu?au dernier bureau de vote. C?est dans les urnes, pas dans la rue, que le changement durable s?ancre. Les solutions d?hier ne sont plus celles d?aujourd?hui. ? l??re de la maturit? d?mocratique, seule la responsabilit? politique peut ouvrir la voie vers des lendemains meilleurs. Jean-Claude DJEREKE

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

La peur a chang? de camp

En pleine campagne ?lectorale, Alassane Dramane Ouattara s?est permis de railler l?opposition ivoirienne avec une d?sinvolture d?concertante : ? Les autres ne veulent pas venir aux ?lections. Ils ont peur? S?ils sont gar?ons, qu?ils viennent? Au lieu de rester dans leurs salons climatis?s. ? ? ses c?t?s, son fr?re Ten? Birahima ? promu non pas par m?rite mais par un odieux syst?me de rattrapage ethnique ? est all? jusqu?? expliquer que c?est ? cause de « l?incomp?tence » des Ivoiriens que Ouattara se voit contraint de briguer un quatri?me mandat. Il faut le dire: ce genre de provocation, en plus d??tre m?prisante, traduit une f?brilit? ?vidente au sommet de l??tat. Une confiscation du pouvoir ?hont?e Peut-on d?cemment parler de courage quand on s’accroche ? un pouvoir usurp?, confisqu? au prix de fraudes, de r?pressions sanglantes et d?exclusions arbitraires ? Peut-on se vanter d??tre ? majoritaire ? quand on verrouille tout l?appareil ?lectoral, qu?on mus?le la presse, qu?on disperse violemment les manifestations pacifiques et qu?on met les citoyens sur ?coute ?Ce pouvoir, ce n?est pas le peuple qui l?a donn? ? Ouattara. C?est Sarkozy. Et cela suffit ? comprendre la nature de cette gouvernance : une pr?sidence impos?e, ill?gitime, tenue par la force et par le silence complice de certaines puissances ?trang?res. La peur, elle est de leur c?t? Car les vrais peureux, ce ne sont pas ceux qui r?clament des conditions de vote justes. Les vrais peureux, ce sont ceux qui installent des cam?ras de surveillance dans toutes les rues, ceux qui envoient, ? la nuit tomb?e, des hommes encagoul?s arr?ter des opposants ou de simples citoyens critiques, ceux qui tremblent ? l?id?e de voir ?merger une candidature capable de cristalliser l?espoir d?un peuple. Ce sont eux qui ont peur. Ils savent que leur popularit? est en lambeaux, qu?ils ne sont plus d?sir?s ? la t?te d?un pays qu?ils n?ont fait que piller, fragmenter, diviser et maltraiter. Ils savent que si la parole ?tait libre, s?ils ne truquaient pas les r?gles du jeu ? chaque ?lection, ils seraient balay?s par les urnes. Alors, ils pr?f?rent jouer les durs, se cacher derri?re une rh?torique guerri?re pour masquer leur panique. Le vrai courage commence par l?honn?tet? S?ils ?taient aussi courageux qu?ils le pr?tendent, ils n?excluraient pas des candidats majeurs de la course ? la pr?sidentielle. Ils n?interdiraient pas les meetings de l?opposition. Ils accepteraient un audit international de la CEI. Ils ouvriraient un dialogue national sur la r?forme du processus ?lectoral. Bref, ils accepteraient de jouer la d?mocratie ? armes ?gales.Mais cela, ils n?en sont pas capables. Parce que gouverner dans la transparence, sans fraude, sans intimidation, sans favoritisme, exigerait un courage moral qu?ils n?ont jamais montr?. Un respect des institutions qu?ils ont toujours bafou?. Une loyaut? envers le peuple qu?ils ont trahi depuis longtemps. Un pouvoir impos?, une fin in?vitable Le temps des impostures touche ? sa fin. O? sont Blaise Compaor?, Alpha Cond?, Ali Bongo ou encore Nicolas Sarkozy ? Ces parrains d?un syst?me violent et corrompu ont tous fini par tomber ou se retrouver marginalis?s. L?histoire ne ment pas: les r?gimes qui refusent l?alternance, qui pi?tinent les libert?s et m?prisent la souverainet? populaire finissent toujours par sombrer. Le peuple peut plier, mais il ne rompt pas. Et un jour, il se l?ve. L?arrogance n?est pas une preuve de force Messieurs Ouattara et Birahima devraient se souvenir que l?arrogance est souvent le masque de la peur. Quand on est vraiment fort, on n?a pas besoin d?humilier ses adversaires. Quand on est vraiment l?gitime, on n?a pas besoin d??craser les autres pour exister. Et surtout, quand on est vraiment patriote, on est fier de ses origines, on respecte son peuple, on l??coute, on le prot?ge.Parfois, il vaut mieux se taire que d?ouvrir la bouche pour d?biter des inepties. Car, ? force de jouer avec le feu, on finit toujours par se br?ler. Jean-Claude DJEREKE

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Ne jamais n?gliger les petites gens

La femme de Naaman avait embauch? une esclave isra?lite. C?est cette esclave qui parla du proph?te ?lis?e ? sa ma?tresse qui ? son tour informa son mari qu?un proph?te gu?risseur vivait en Samarie. Tout part donc de cette esclave, de sa compassion mais surtout de ce qu?elle fit : ouvrir la bouche, parler au lieu de se taire. Il y a des prises de parole qui peuvent sauver des vies. Naaman, qui ?tait un g?n?ral de l?arm?e syrienne, devint furieux quand il entendit qu’il devait se baigner 7 fois dans l?eau du Jourdain. Il ?tait pr?t ? retourner en Syrie. Mais les serviteurs qui l?accompagnaient l?en dissuad?rent. Ils l?encourag?rent ? ob?ir ? la demande d??lis?e. Fort heureusement, Naaman les ?couta. Le r?le jou? par l’esclave et les serviteurs montre qu?on a toujours besoin de plus petit que soi et que personne ne doit ?tre n?glig? ou sous-estim? car nous ne savons pas par qui peut passer notre salut. Deuxi?me enseignement : la gratitude de Naaman et du Samaritain, le seul, parmi les dix l?preux gu?ris par J?sus, qui soit revenu sur ses pas pour dire merci. Nous devons toujours ?tre reconnaissants, m?me pour un verre d’eau. Dieu aime la reconnaissance. Troisi?me enseignement : ?lis?e refuse les cadeaux de Naaman parce qu?il sait que ce n?est pas lui mais Dieu qui gu?rit. Un pr?tre, un pasteur ou un berger qui demande ? ?tre pay? pour prier pour un malade est un escroc et un imposteur. Il faut simplement lui rappeler la parole du Christ dans Mt 10, 8 : « Vous avez re?u gratuitement, donnez gratuitement. » Il y a enfin cette parole de Naaman : « Je ne veux plus offrir ni hocauste ni sacrifice ? d’autres dieux qu?au Seigneur Dieu d?Isra?l ». Pour moi, ce changement de cap est la plus belle chose qui soit arriv?e ? Naaman, ce jour-l?. Cela est plus important que le fait d?avoir ?t? purifi? de la l?pre. ? Dieu, ne demandons pas uniquement la gu?rison physique, le pain, l??me s?ur, le boulot, etc. Demandons aussi et d’abord la gr?ce de la conversion ! Se convertir, c?est abandonner les mauvaises choses, changer de comportement, faire ce qui est conforme ? la volont? de Dieu. Jean-Claude Dj?r?k?

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Macron, le vrai probl?me de la France

Parler de remaniement, c?est entretenir l?illusion d?un changement. Nommer un nouveau Premier ministre, c?est faire du rafistolage politique et maintenir un syst?me qui refuse de voir la r?alit? en face. C?est aussi continuer ? m?priser le peuple fran?ais, qui n?en peut plus d?un pr?sident dont l?unique obsession semble ?tre de donner plus d?argent aux riches et ? des cabinets de conseil de moralit? douteuse comme la compagnie am?ricaine McKinsey. Certains voudraient nous faire croire que la crise actuelle est gouvernementale, qu?un nouveau Premier ministre suffirait ? calmer les tensions, ? relancer l?action. Mais le probl?me de la France ne se situe ni ? Matignon, ni ? l?Assembl?e nationale. Le c?ur du blocage se trouve ? l??lys?e. Le probl?me de la France, aujourd?hui, c?est Emmanuel Macron. Depuis les ?lections l?gislatives de 2022, o? il a perdu la majorit? absolue, il a refus? d?entendre le message des urnes. Plut?t que d?en tirer les cons?quences, il a choisi de passer en force, multipliant les 49.3, gouvernant sans d?bat, imposant des r?formes rejet?es massivement, comme celle des retraites. Il s?est assis sur le vote des Fran?ais, pr?f?rant l?autorit? solitaire au compromis d?mocratique. Un pr?sident en rupture avec la d?mocratie Ce mandat est devenu celui de la ruse et de la mauvaise foi. Emmanuel Macron tord les r?gles, manipule les institutions et ?vite toute remise en question. Il continue de gouverner comme s?il disposait d?un blanc-seing, alors que sa l?gitimit? politique est profond?ment entam?e.Certains Fran?ais songent d?j? ? une nouvelle dissolution de l?Assembl?e nationale. Mais ce serait un nouveau tour de passe-passe pour repousser l??ch?ance. Cette strat?gie ne r?soudrait rien. Dissoudre, pour quoi faire ? Reproduire les m?mes blocages ? Obtenir un sursis ? Non. Le v?ritable blocage, c?est Macron. Le seul geste responsable: d?missionner ? ce stade, il ne reste qu?une option r?ellement d?mocratique: qu?Emmanuel Macron d?missionne et qu?une ?lection pr?sidentielle anticip?e soit organis?e. Ce serait un acte de lucidit? et de responsabilit?. La France a besoin d?un nouveau d?part, d?un pouvoir qui respecte les institutions, les corps interm?diaires, la voix du peuple. Elle a besoin d?un pr?sident qui gouverne avec, et non contre, le pays. Le syst?me actuel est ? bout de souffle. Et changer le Premier ministre ne r?glera rien, pas plus qu?un nouveau discours ou une strat?gie de communication. Le double discours d?Emmanuel Macron Ce qui ajoute au malaise, c?est le double discours permanent du chef de l??tat. ? l??tranger, il se pose en champion de la d?mocratie. Il donne des le?ons aux pays africains, d?nonce les r?gimes autoritaires, plaide pour des ?lections libres pendant que, chez lui, il m?prise les mouvements sociaux, muselle le Parlement, refuse le r?f?rendum et gouverne par d?cret. Cette incoh?rence ne passe plus. Elle mine la cr?dibilit? de la France. Elle r?v?le une vision verticale, technocratique o? la d?mocratie est tol?r?e tant qu?elle ne g?ne pas les d?cisions du sommet.Comme quoi, la vertu n?est pas toujours l? o? on l?imagine. Un peuple fatigu? et m?pris? Les Fran?ais sont ?puis?s par ce quinquennat. Les in?galit?s explosent, les services publics s?effondrent, le pouvoir d?achat recule et l??coute politique est devenue inexistante. Face ? cela, Emmanuel Macron continue de prot?ger les int?r?ts des plus ais?s, refusant toute remise ? plat du mod?le ?conomique, tout dialogue r?el avec les citoyens. Et que propose-t-il ? De changer de visage ? Matignon ? De recycler les m?mes figures politiques d?j? connues ? C?est non seulement insultant pour l?intelligence des Fran?ais, mais aussi r?v?lateur d?un pr?sident totalement coup? des r?alit?s sociales. Une alternative est possible Non, la France n?est pas condamn?e ? subir ce cycle infernal de crises politiques et de r?formes impos?es. Il existe une alternative, mais elle commence par une rupture nette avec le macronisme, c?est-?-dire une rupture avec la personnalisation excessive du pouvoir, l?autoritarisme institutionnel et le m?pris du peuple. Emmanuel Macron doit partir. Pas dans la violence, ni dans l?humiliation, mais dans un acte d?mocratique clair: une d?mission suivie d?une ?lection pr?sidentielle anticip?e. Le pays y gagnerait en apaisement, en clart? et en l?gitimit?. Car, aujourd?hui, ce que le peuple r?clame, ce n?est pas un nouveau plan de communication. C?est un vrai changement de cap. Jean-Claude DJEREKE

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Une arm?e forte ou la disparition programm?e: le choix crucial des ?tats africains

Depuis les ind?pendances formelles dans les ann?es 1960, la quasi-totalit? des pays africains anciennement colonis?s par la France n?ont jamais pris la mesure de l’importance strat?gique de poss?der une arm?e nationale forte, capable de d?fendre la souverainet? et les int?r?ts de la nation. La s?curit?, bien trop souvent rel?gu?e au second plan, a ?t? abandonn?e aux puissances ?trang?res ? principalement ? l?ancienne puissance coloniale fran?aise ou ? des forces multinationales comme celles de l?ONU. Cette d?pendance s?curitaire s?est r?v?l?e catastrophique ? plusieurs reprises, lorsque ces alli?s suppos?s se sont montr?s absents, inactifs ou complices au moment des grandes crises. I. Une d?pendance historique lourde de cons?quences L?exemple de la C?te d?Ivoire en septembre 2002 est embl?matique. Le pr?sident Laurent Gbagbo, ?lu dans un climat de tension, a ?t? d’abord attaqu? par une r?bellion entra?n?e au Burkina Faso. Il a ?t? ensuite renvers? en 2011 ? la suite d?une intervention militaire ?trang?re sous couvert de la r?solution d?une crise post-?lectorale. Derri?re le discours sur la d?mocratie, l?intervention fran?aise, appuy?e par l?ONUCI, a clairement d?montr? qu?en l?absence d?une arm?e nationale puissante et fid?le ? l??tat, un pays peut ?tre soumis ? une ing?rence ?trang?re au m?pris de sa souverainet?. Le cas du Centrafrique de Faustin-Archange Touad?ra est tout aussi r?v?lateur. Malgr? la pr?sence constante des forces fran?aises (op?ration Sangaris jusqu?en 2016) puis de la MINUSCA, le pays est rest? en proie ? une instabilit? chronique, domin? par des groupes arm?s et plong? dans le chaos. Ni la paix, ni la s?curit? n?ont ?t? r?tablies durablement. Cela prouve une v?rit? simple: aucune force ?trang?re ne prot?gera durablement un pays mieux que ses propres forces nationales. La R?publique D?mocratique du Congo (RDC) constitue l?un des exemples les plus dramatiques. Depuis plus de deux d?cennies, l?Est du pays est le th??tre de violences inou?es, de massacres ? grande ?chelle, de viols syst?matiques, malgr? la pr?sence de la MONUSCO, l?une des plus grandes missions de maintien de la paix des Nations unies. Cette mission n?a jamais pu, ou voulu, emp?cher les exactions. Des millions de Congolais ont ?t? tu?s ou d?plac?s, et les ressources du pays continuent d??tre pill?es par des puissances ?trang?res ou des groupes arm?s soutenus de l?ext?rieur. L?absence d?une arm?e puissante et bien organis?e a ?t? l?une des principales causes de ce d?sastre humanitaire et ?conomique. II. Une richesse sans d?fense est une proie La majorit? des pays africains disposent de ressources naturelles consid?rables ? minerais rares, p?trole, gaz, or, diamants, for?ts tropicales. En th?orie, ces ressources devraient ?tre un levier de d?veloppement ?conomique et social. En pratique, elles attirent les convoitises de puissances ?trang?res ou d?acteurs ?conomiques sans scrupule, souvent soutenus militairement ou politiquement par leurs gouvernements.Sans une arm?e forte, disciplin?e, bien ?quip?e et motiv?e, aucun pays ne peut d?fendre efficacement ses richesses. L?histoire r?cente regorge d?exemples o? des entreprises multinationales ont profit? du chaos ou de la faiblesse de l??tat pour piller les ressources naturelles, souvent en complicit? avec des ?lites locales corrompues. Un pays qui ne peut prot?ger ses mines, ses for?ts, ses fronti?res ou ses citoyens est condamn? ? rester d?pendant et sous-d?velopp?, quelles que soient ses richesses. Dans ce contexte, la priorit? ne peut plus ?tre la construction d?infrastructures visibles mais vuln?rables comme les routes, ponts ou h?pitaux, si l?on n?est pas capable de prot?ger ces investissements. L?arme de la dissuasion militaire est un outil fondamental du d?veloppement durable et souverain. On ne construit pas une nation forte sans un pilier s?curitaire solide. III. L?exemple des puissances qui se font respecter Le cas de l?Iran est r?v?lateur. Isol? sur la sc?ne internationale, menac? de toutes parts, ce pays a compris tr?s t?t qu?aucune aide ext?rieure ne le prot?gerait. En d?veloppant une arm?e puissante, des missiles balistiques, une strat?gie militaire autonome et dissuasive, l?Iran est aujourd?hui respect? ? voire craint ? m?me par ses ennemis. La r?cente riposte militaire contre Isra?l montre qu?un pays qui se donne les moyens de riposter n?est jamais attaqu? ? la l?g?re. Les autres exemples sont bien connus: la Chine, la Russie, la Cor?e du Nord, l?Inde ou encore le Pakistan ont tous compris que leur souverainet? passait par la force militaire. Qu?ils soient d?mocratiques ou autoritaires, riches ou en d?veloppement, ils savent qu?aucune n?gociation s?rieuse ne peut se faire sans une force militaire cr?dible en arri?re-plan. La dissuasion, m?me sans utilisation directe des armes, est une garantie de paix. IV. Les Occidentaux n?avaient aucun int?r?t ? armer l?Afrique Confier la s?curit? des pays africains aux anciennes puissances coloniales a ?t? une erreur historique monumentale. Ces puissances n?avaient, et n?ont toujours, aucun int?r?t ? voir ?merger des ?tats africains puissants et ind?pendants. Le maintien d?une certaine instabilit?, d?une d?pendance s?curitaire et ?conomique, leur permet de continuer ? piller les ressources naturelles du continent en toute impunit?.Il est donc absurde ? et m?me dangereux ? de continuer ? suivre les conseils des ? partenaires ? occidentaux qui r?p?tent que la priorit? est au d?veloppement ?conomique et non ? la d?fense. Dans les faits, un pays qui ne peut se d?fendre n?a pas d??conomie. Un h?pital ou une ?cole ne servent ? rien si le territoire est livr? aux groupes arm?s. Une route ne fait pas avancer un pays si elle est emprunt?e par des forces ?trang?res ou des milices pour transporter des ressources vol?es.Demander ? un pr?dateur de veiller sur sa proie, c?est faire preuve de na?vet?, voire d?une profonde irresponsabilit? politique. Les ?lites africaines doivent prendre conscience que l?ind?pendance r?elle passe par l?autonomie militaire. V. Le r?veil militaire africain: l?exemple du Burkina Faso Face ? la menace terroriste grandissante dans la r?gion du Sahel, certains dirigeants commencent ? changer de paradigme. Le capitaine Ibrahim Traor?, pr?sident de la transition au Burkina Faso, a compris que la premi?re condition de survie de son pays est une arm?e nationale forte, enracin?e dans le peuple, motiv?e par la d?fense du territoire et non par des privil?ges ou des int?r?ts ?trangers. En mobilisant la jeunesse, en r??quipant les forces arm?es, en mettant fin aux coop?rations militaires inefficaces

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Une arm?e forte ou la disparition programm?e : le choix crucial des ?tats africains

Depuis les ind?pendances formelles dans les ann?es 1960, la quasi-totalit? des pays africains anciennement colonis?s par la France n?ont jamais pris la mesure de l’importance strat?gique de poss?der une arm?e nationale forte, capable de d?fendre la souverainet? et les int?r?ts de la nation. La s?curit?, bien trop souvent rel?gu?e au second plan, a ?t? abandonn?e aux puissances ?trang?res principalement ? l?ancienne puissance coloniale fran?aise ou ? des forces multinationales comme celles de l?ONU. Cette d?pendance s?curitaire s?est r?v?l?e catastrophique ? plusieurs reprises, lorsque ces alli?s suppos?s se sont montr?s absents, inactifs ou complices au moment des grandes crises. I. Une d?pendance historique lourde de cons?quences L?exemple de la C?te d?Ivoire en septembre 2002 est embl?matique. Le pr?sident Laurent Gbagbo, ?lu dans un climat de tension, a ?t? d’abord attaqu? par une r?bellion entra?n?e au Burkina Faso. Il a ?t? ensuite renvers? en 2011 ? la suite d?une intervention militaire ?trang?re sous couvert de la r?solution d?une crise post-?lectorale. Derri?re le discours sur la d?mocratie, l?intervention fran?aise, appuy?e par l?ONUCI, a clairement d?montr? qu?en l?absence d?une arm?e nationale puissante et fid?le ? l??tat, un pays peut ?tre soumis ? une ing?rence ?trang?re au m?pris de sa souverainet?. Le cas du Centrafrique de Faustin-Archange Touad?ra est tout aussi r?v?lateur. Malgr? la pr?sence constante des forces fran?aises (op?ration Sangaris jusqu?en 2016) puis de la MINUSCA, le pays est rest? en proie ? une instabilit? chronique, domin? par des groupes arm?s et plong? dans le chaos. Ni la paix, ni la s?curit? n?ont ?t? r?tablies durablement. Cela prouve une v?rit? simple : aucune force ?trang?re ne prot?gera durablement un pays mieux que ses propres forces nationales. La R?publique D?mocratique du Congo (RDC) constitue l?un des exemples les plus dramatiques. Depuis plus de deux d?cennies, l?Est du pays est le th??tre de violences inou?es, de massacres ? grande ?chelle, de viols syst?matiques, malgr? la pr?sence de la MONUSCO, l?une des plus grandes missions de maintien de la paix des Nations unies. Cette mission n?a jamais pu, ou voulu, emp?cher les exactions. Des millions de Congolais ont ?t? tu?s ou d?plac?s, et les ressources du pays continuent d??tre pill?es par des puissances ?trang?res ou des groupes arm?s soutenus de l?ext?rieur. L?absence d?une arm?e puissante et bien organis?e a ?t? l?une des principales causes de ce d?sastre humanitaire et ?conomique. II. Une richesse sans d?fense est une proie La majorit? des pays africains disposent de ressources naturelles consid?rables minerais rares, p?trole, gaz, or, diamants, for?ts tropicales. En th?orie, ces ressources devraient ?tre un levier de d?veloppement ?conomique et social. En pratique, elles attirent les convoitises de puissances ?trang?res ou d?acteurs ?conomiques sans scrupule, souvent soutenus militairement ou politiquement par leurs gouvernements. Sans une arm?e forte, disciplin?e, bien ?quip?e et motiv?e, aucun pays ne peut d?fendre efficacement ses richesses. L?histoire r?cente regorge d?exemples o? des entreprises multinationales ont profit? du chaos ou de la faiblesse de l??tat pour piller les ressources naturelles, souvent en complicit? avec des ?lites locales corrompues. Un pays qui ne peut prot?ger ses mines, ses for?ts, ses fronti?res ou ses citoyens est condamn? ? rester d?pendant et sous-d?velopp?, quelles que soient ses richesses. Dans ce contexte, la priorit? ne peut plus ?tre la construction d?infrastructures visibles mais vuln?rables comme les routes, ponts ou h?pitaux, si l?on n?est pas capable de prot?ger ces investissements. L?arme de la dissuasion militaire est un outil fondamental du d?veloppement durable et souverain. On ne construit pas une nation forte sans un pilier s?curitaire solide. III. L?exemple des puissances qui se font respecter Le cas de l?Iran est r?v?lateur. Isol? sur la sc?ne internationale, menac? de toutes parts, ce pays a compris tr?s t?t qu?aucune aide ext?rieure ne le prot?gerait. En d?veloppant une arm?e puissante, des missiles balistiques, une strat?gie militaire autonome et dissuasive, l?Iran est aujourd?hui respect? voire craint m?me par ses ennemis. La r?cente riposte militaire contre Isra?l montre qu?un pays qui se donne les moyens de riposter n?est jamais attaqu? ? la l?g?re. Les autres exemples sont bien connus : la Chine, la Russie, la Cor?e du Nord, l?Inde ou encore le Pakistan ont tous compris que leur souverainet? passait par la force militaire. Qu?ils soient d?mocratiques ou autoritaires, riches ou en d?veloppement, ils savent qu?aucune n?gociation s?rieuse ne peut se faire sans une force militaire cr?dible en arri?re-plan. La dissuasion, m?me sans utilisation directe des armes, est une garantie de paix. IV. Les Occidentaux n?avaient aucun int?r?t ? armer l?Afrique Confier la s?curit? des pays africains aux anciennes puissances coloniales a ?t? une erreur historique monumentale. Ces puissances n?avaient, et n?ont toujours, aucun int?r?t ? voir ?merger des ?tats africains puissants et ind?- pendants. Le maintien d?une certaine instabilit?, d?une d?pendance s?curitaire et ?conomique, leur permet de continuer ? piller les ressources naturelles du continent en toute impunit?. Il est donc absurde et m?me dangereux de continuer ? suivre les conseils des ? partenaires ? occidentaux qui r?p?tent que la priorit? est au d?veloppement ?conomique et non ? la d?fense. Dans les faits, un pays qui ne peut se d?fendre n?a pas d??conomie. Un h?pital ou une ?cole ne servent ? rien si le territoire est livr? aux groupes arm?s. Une route ne fait pas avancer un pays si elle est emprunt?e par des forces ?trang?res ou des milices pour transporter des ressources vol?es. Demander ? un pr?dateur de veiller sur sa proie, c?est faire preuve de na?vet?, voire d?une profonde irresponsabilit? politique. Les ?lites africaines doivent prendre conscience que l?ind?pendance r?elle passe par l?autonomie militaire. V. Le r?veil militaire africain: l?exemple du Burkina Faso Face ? la menace terroriste grandissante dans la r?gion du Sahel, certains dirigeants commencent ? changer de paradigme. Le capitaine Ibrahim Traor?, pr?sident de la transition au Burkina Faso, a compris que la premi?re condition de survie de son pays est une arm?e nationale forte, enracin?e dans le peuple, motiv?e par la d?fense du territoire et non par des privil?ges ou des int?r?ts ?trangers. En mobilisant la jeunesse, en r??quipant les forces arm?es, en mettant fin aux coop?rations militaires inefficaces

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