NOSO, F?d?ralisme, Langues, ?ducation? au Cameroun: le Pr Charly Gabriel Mbock op?re ? vif
Dans une perspective macro-historienne, Pr Charly Gabriel Mbock d?plie plusieurs th?mes li?s ? la crise dans les r?gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays. Pour l??crivain, anthropologue, directeur de recherche et homme politique camerounais, c?est par vice de conception, de formulation et de gestion, que le ?Kamerun? a pris pr?texte de la langue anglaise pour brouiller la compr?hension et torpiller la solution d’une trag?die politique et socioculturelle nationale abusivement baptis?e ?Probl?me anglophone?. Selon lui, une s?rie d?enjeux et d??volutions sont ? inscrire au tableau de synth?se du pass? et du futur sociopolitique du Cameroun. Au lendemain de ce 1er octobre 2024, cela fait 66 ans qu?on parle de la r?unification au Cameroun, dans un contexte o?, depuis 2016, le Cameroun vit une crise dans les r?gions du Nord-ouest et du Sud-Ouest, avec des terroristes qui ont pris les armes contre la R?publique. Il y a quelques jours, on a appris l?arrestation, en Norv?ge de l’un de ceux qui sont pr?sent?s comme les v?ritables instigateurs de cette crise. Qu’est-ce que ?a vous fait d’apprendre, par exemple, que Ayaba Cho ?t? interpell? en Norv?ge.Il est possible d’?piloguer sur les cons?quences de cette situation tragique pour notre pays. Je m’efforce de remonter ? la source du drame. Parce que, si nous nous limitons aux cons?quences, il y aura ce monsieur, il y en a d’autres dans d’autres pays, ce sont des fils du Cameroun. La question de fond serait de savoir comment cela s’est-il fait pour qu’il arrive ? certains Camerounais de se retrouver dans cette situation, peut-?tre de d?sespoir, o? ils peuvent se sentir oblig?s de g?rer par la violence, une violence dont ils se plaignent et que personne ne semble pr?t ? accorder la moindre attention. Donc, sur le plan m?thodologique, g?rer les cons?quences est une chose. Mais remonter ? la source du drame me semble beaucoup plus instructif pour les Camerounais et pour l’avenir du Cameroun. Il me semble que le souci de remonter aux sources permet de r??quilibrer les angoisses, les col?res, les frustrations, et de se dire qu’est-ce qui n’a pas march?, et ? quel moment y a-t-il eu basculement? C’est le souci du chercheur que je suis. Le titre de votre dernier nouvel ouvrage est: ?Kamerun et si la solution ?tait anglophone?, avec un point d’interrogation au bas de cette phrase. Pourquoi?Kamerun avec ?K?. Ce n’est pas un hasard, parce que c’est par le ?K? que notre pays a ?t? d?sign?, identifi? pour la premi?re fois dans l’histoire. Je n?ai pas la chance d??tre historien ; j?en profite pour rendre hommage ? un regrett? coll?gue, Daniel Abwa, qui vient de nous quitter. Il aurait mieux parl? de l’histoire du Kamerun. Je ne suis pas historien, mais Kamerun avec ?K? signifie beaucoup de choses, parce que c’est ? partir du ?K? que beaucoup de choses se sont d?roul?es. Et dans l’ouvrage que vous signalez, que vous annoncez, je signale que c’est la francophonisation de ce nom Kamerun qui a ?t? l’une des sources majeures des probl?mes que nous vivons en ce moment. Autre ?l?ment singulier dans cet ouvrage, vous faites r?f?rence ? Bernard Fonlon. C’est quoi le symbole derri?re?Ah! Bernard Fonlon! Il ?tait surtout un grand homme. Voyez-vous, j’ai eu le privil?ge de l’avoir comme enseignant ? l’universit? du Kamerun. Il y a des personnes qui ne sont pas que des visages et des cravates. Il y a des personnes qui sont des projets. Comme individu, il m’est arriv? de le dire, nous avons tous un visage. Mais, c’est quand quelqu’un repr?sente un projet qu?il accroche, qu?il attire ma modeste attention. Et Bernard Fonlon est de ces personnages-l? que le Kamerun aurait int?r?t ? mieux conna?tre ; et c’est ? lui que je d?die cette r?flexion, ce questionnement sur la trag?die qui mutile des familles au Cameroun. Je rappelle qu’il est d?c?d? le 26 ao?t 1986 ? Ottawa, au Canada. Venons-en au fait, parlant de l’ouvrage. Et d’entr?e, vous dites, ?le Kamerun a pris pr?texte de la langue anglaise pour brouiller la compr?hension et torpiller la solution d’une trag?die politique et socioculturelle nationale abusivement baptis?e ?Probl?me anglophone?. Y a-t-il une probl?matique singuli?re derri?re cette expression?Absolument, oui. Parce que, dans les techniques de communication, les mots cachent les choses. ?Probl?me anglophone?, aucun probl?me ne parle Anglais. ?Anglophone? signifie quelqu’un qui parle l’Anglais. Mais aucun probl?me n’a jamais parl? l’Anglais. Or, nos compatriotes qui s’expriment de temps en temps en Anglais se retrouvent dans une situation insoutenable pour eux. Et au lieu d’identifier le probl?me dont ils souffrent, dont ils parlent, et qu’ils signalent ? cor et ? cri, on veut coller l??tiquette linguistique ? une question sociopolitique de grande douleur.Je dis ?on?, parce que c’est un ?on? cibl?. Nous ne parlons pas ? des individus, mais nous parlons ? un syst?me de communication qui veut manipuler l’opinion. Et qui, au lieu d’identifier clairement le probl?me national kamerunais dont souffrent des Kamerunais qui parlent de temps en temps l’Anglais, on veut faire comme si c’est l’Anglais qui fait le probl?me. C’est une construction mal?fique qui veut fausser la visibilit? du drame sociopolitique qui est ? la base de cette trag?die-l?. S’ils pensaient ce qu’ils disaient, on l’aurait compris. Mais le temps que j’ai pris ? analyser, vous savez, ces deux termes-l?, ?probl?me anglophone?, m?a permis de d?busquer le mensonge et de d?couvrir ce qu’on appelle aujourd’hui un mensonge de l’histoire. Et vous allez expliquer cela. On ?tait en train de dire qu?au plan de sa formulation, vous avez deux angles d’approche. Il y a d’abord le vice de formulation que vous indiquez et puis derri?re, l?angle d?approche proprement dit?Je vous remercie parce que nous sommes fragiles dans nos conclusions, dans nos r?sultats. Mais si nous sommes fragiles dans la m?thode, nous sommes perdus. Voil? pourquoi il est important de bien cadrer la m?thode qu?on a utilis?e. Premi?rement, je crois qu’il y a une intelligence de probl?me et une intelligence de solution. Qu’est-ce que j’entends par l?? Lorsque nous abordons un probl?me, comme probl?me, nous pouvons arriver ? le









