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Hofnung est un vrai menteur

Dans son dernier livre, « Bouak?, le dernier cold case de la Fran?afrique » (Paris, Fayard, 2024), Thomas Hofnung soutient qu?une source lui a confi? que ce sont les faucons du r?gime Gbagbo qui avaient d?cid?, lors d’une r?union ? la r?sidence pr?sidentielle, du bombardement du camp militaire fran?ais de Bouak? afin d?obliger la France ? quitter d?finitivement notre pays comme les ?tats-Unis quitt?rent Mogadiscio, la queue entre les pattes, le 25 mars 1994. Il soutient aussi que Bertin Kadet prenait part ? cette r?union. Or l?ancien ministre de la D?fense interrog? par le journaliste Th?ophile Kouamouo affirme qu’il ?tait hors du pays ? la date indiqu?e par Hofnung et qu’il ne pouvait donc pas avoir particip? ? une telle r?union.Hofnung a donc menti. Mais quels objectifs poursuit-il en inventant des histoires? Il veut d?douaner Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Mich?le Alliot-Marie et Michel Barnier qui avaient demand? aux autorit?s togolaises de lib?rer les pilotes bi?lorusses responsables de la mort des 9 soldats fran?ais et d’un civil am?ricain. Dans le m?me temps, Hofnung veut justifier le massacre par la force Licorne, le 6 novembre 2004, devant l?h?tel Ivoire, d’une soixantaine de jeunes ivoiriens manifestant pacifiquement. Ma?tre Jean Balan, avocat des familles des soldats fran?ais tu?s, estime que le bombardement du camp militaire fran?ais de Bouak? n??tait qu’un pr?texte dont le gouvernement fran?ais entendait se servir pour renverser le pr?sident Laurent Gbagbo qui en lan?ant l’op?ration « Dignit? » voulait mettre fin ? la partition de la C?te d?Ivoire (cf. « Crimes sans ch?timent. Affaire Bouak?, l?un des plus grands scandales de la Ve R?publique », Max Milo, 2020). C?est cette v?rit? que le livre de Hofnung veut nier car ce qui caract?rise avant tout les ap?tres du n?o-colonialisme, c’est le d?ni, le mensonge et la fuite en avant. Et dire que ce vrai affabulateur travaille ? « La Croix », journal catholique o? on devrait ch?rir et d?fendre la v?rit? et la justice envers et contre tout. C?est tout simplement honteux. Aussi honteux que le silence des pr?tres et religieux/ses fran?ais devant les nombreux crimes de leur pays en Afrique. Et, si une institution est incapable de d?savouer un individu qui a perp?tr? des tueries pour arriver au pouvoir et qui viole la Constitution pour le confisquer, elle s’expose immanquablement ? la longue au m?pris et au rejet de ceux qu?elle a abandonn?s.Tout ?a finira un jour car « tout finit par finir » (L?andre Sahiri). Jean-Claude Dj?r?k?

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NOSO, F?d?ralisme, Langues, ?ducation? au Cameroun: le Pr Charly Gabriel Mbock op?re ? vif

Dans une perspective macro-historienne, Pr Charly Gabriel Mbock d?plie plusieurs th?mes li?s ? la crise dans les r?gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays. Pour l??crivain, anthropologue, directeur de recherche et homme politique camerounais, c?est par vice de conception, de formulation et de gestion, que le ?Kamerun? a pris pr?texte de la langue anglaise pour brouiller la compr?hension et torpiller la solution d’une trag?die politique et socioculturelle nationale abusivement baptis?e ?Probl?me anglophone?. Selon lui, une s?rie d?enjeux et d??volutions sont ? inscrire au tableau de synth?se du pass? et du futur sociopolitique du Cameroun. Au lendemain de ce 1er octobre 2024, cela fait 66 ans qu?on parle de la r?unification au Cameroun, dans un contexte o?, depuis 2016, le Cameroun vit une crise dans les r?gions du Nord-ouest et du Sud-Ouest, avec des terroristes qui ont pris les armes contre la R?publique. Il y a quelques jours, on a appris l?arrestation, en Norv?ge de l’un de ceux qui sont pr?sent?s comme les v?ritables instigateurs de cette crise. Qu’est-ce que ?a vous fait d’apprendre, par exemple, que Ayaba Cho ?t? interpell? en Norv?ge.Il est possible d’?piloguer sur les cons?quences de cette situation tragique pour notre pays. Je m’efforce de remonter ? la source du drame. Parce que, si nous nous limitons aux cons?quences, il y aura ce monsieur, il y en a d’autres dans d’autres pays, ce sont des fils du Cameroun. La question de fond serait de savoir comment cela s’est-il fait pour qu’il arrive ? certains Camerounais de se retrouver dans cette situation, peut-?tre de d?sespoir, o? ils peuvent se sentir oblig?s de g?rer par la violence, une violence dont ils se plaignent et que personne ne semble pr?t ? accorder la moindre attention. Donc, sur le plan m?thodologique, g?rer les cons?quences est une chose. Mais remonter ? la source du drame me semble beaucoup plus instructif pour les Camerounais et pour l’avenir du Cameroun. Il me semble que le souci de remonter aux sources permet de r??quilibrer les angoisses, les col?res, les frustrations, et de se dire qu’est-ce qui n’a pas march?, et ? quel moment y a-t-il eu basculement? C’est le souci du chercheur que je suis. Le titre de votre dernier nouvel ouvrage est: ?Kamerun et si la solution ?tait anglophone?, avec un point d’interrogation au bas de cette phrase. Pourquoi?Kamerun avec ?K?. Ce n’est pas un hasard, parce que c’est par le ?K? que notre pays a ?t? d?sign?, identifi? pour la premi?re fois dans l’histoire. Je n?ai pas la chance d??tre historien ; j?en profite pour rendre hommage ? un regrett? coll?gue, Daniel Abwa, qui vient de nous quitter. Il aurait mieux parl? de l’histoire du Kamerun. Je ne suis pas historien, mais Kamerun avec ?K? signifie beaucoup de choses, parce que c’est ? partir du ?K? que beaucoup de choses se sont d?roul?es. Et dans l’ouvrage que vous signalez, que vous annoncez, je signale que c’est la francophonisation de ce nom Kamerun qui a ?t? l’une des sources majeures des probl?mes que nous vivons en ce moment. Autre ?l?ment singulier dans cet ouvrage, vous faites r?f?rence ? Bernard Fonlon. C’est quoi le symbole derri?re?Ah! Bernard Fonlon! Il ?tait surtout un grand homme. Voyez-vous, j’ai eu le privil?ge de l’avoir comme enseignant ? l’universit? du Kamerun. Il y a des personnes qui ne sont pas que des visages et des cravates. Il y a des personnes qui sont des projets. Comme individu, il m’est arriv? de le dire, nous avons tous un visage. Mais, c’est quand quelqu’un repr?sente un projet qu?il accroche, qu?il attire ma modeste attention. Et Bernard Fonlon est de ces personnages-l? que le Kamerun aurait int?r?t ? mieux conna?tre ; et c’est ? lui que je d?die cette r?flexion, ce questionnement sur la trag?die qui mutile des familles au Cameroun. Je rappelle qu’il est d?c?d? le 26 ao?t 1986 ? Ottawa, au Canada. Venons-en au fait, parlant de l’ouvrage. Et d’entr?e, vous dites, ?le Kamerun a pris pr?texte de la langue anglaise pour brouiller la compr?hension et torpiller la solution d’une trag?die politique et socioculturelle nationale abusivement baptis?e ?Probl?me anglophone?. Y a-t-il une probl?matique singuli?re derri?re cette expression?Absolument, oui. Parce que, dans les techniques de communication, les mots cachent les choses. ?Probl?me anglophone?, aucun probl?me ne parle Anglais. ?Anglophone? signifie quelqu’un qui parle l’Anglais. Mais aucun probl?me n’a jamais parl? l’Anglais. Or, nos compatriotes qui s’expriment de temps en temps en Anglais se retrouvent dans une situation insoutenable pour eux. Et au lieu d’identifier le probl?me dont ils souffrent, dont ils parlent, et qu’ils signalent ? cor et ? cri, on veut coller l??tiquette linguistique ? une question sociopolitique de grande douleur.Je dis ?on?, parce que c’est un ?on? cibl?. Nous ne parlons pas ? des individus, mais nous parlons ? un syst?me de communication qui veut manipuler l’opinion. Et qui, au lieu d’identifier clairement le probl?me national kamerunais dont souffrent des Kamerunais qui parlent de temps en temps l’Anglais, on veut faire comme si c’est l’Anglais qui fait le probl?me. C’est une construction mal?fique qui veut fausser la visibilit? du drame sociopolitique qui est ? la base de cette trag?die-l?. S’ils pensaient ce qu’ils disaient, on l’aurait compris. Mais le temps que j’ai pris ? analyser, vous savez, ces deux termes-l?, ?probl?me anglophone?, m?a permis de d?busquer le mensonge et de d?couvrir ce qu’on appelle aujourd’hui un mensonge de l’histoire. Et vous allez expliquer cela. On ?tait en train de dire qu?au plan de sa formulation, vous avez deux angles d’approche. Il y a d’abord le vice de formulation que vous indiquez et puis derri?re, l?angle d?approche proprement dit?Je vous remercie parce que nous sommes fragiles dans nos conclusions, dans nos r?sultats. Mais si nous sommes fragiles dans la m?thode, nous sommes perdus. Voil? pourquoi il est important de bien cadrer la m?thode qu?on a utilis?e. Premi?rement, je crois qu’il y a une intelligence de probl?me et une intelligence de solution. Qu’est-ce que j’entends par l?? Lorsque nous abordons un probl?me, comme probl?me, nous pouvons arriver ? le

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Nicolas Beyene : 47 ans au volant des morts et des vivants

Voile lev? sur le m?tier de chauffeur de corbillard, tel que pratiqu? par un ?ancien?. Que son ?pouse le consid?re gentiment comme ?dragueur ? vocabulaire pauvre?, voil? qui amuse bien Nicolas Beyene, Lorsque nous le rencontrons ce 21 octobre 2024 dans sa maison sise au quartier Ekounou (Yaound? 4e), l?octog?naire fait valoir son ?me d?enfant. ?C?est ainsi que la patronne de ce palais me traite ? seulement quelques jours de la Toussaint?, sourit-il. Sur le coup, ce p?re de 12 enfants invente une curieuse galanterie: ?Quand j?accompagne quelqu?un dans son village natal, des femmes me supplient de bien tenir mon volant?. Dans une ambiance o? la sinc?rit? de l’amour cohabite avec la puret? des sentiments, Nicolas Beyene se taille un profil: celui de ?plus vieux chauffeur professionnel de corbillard du Cameroun?. ?Cela fait 47 ans que je suis conducteur de pompes fun?bres?, renseigne-t-il. Pour la suite, il se r?v?le ?tre un personnage qui a beaucoup voyag? ? travers le Cameroun. ?Je connais ce pays, du Nord au Sud, de l?Est ? l?Ouest. Partout, j?ai conduit des corbillards?, explique-t-il. Tout cela passerait pour plut?t commun si l?on n?ajoutait ? la carte ?le transport des restes de plusieurs dignitaires de la R?publique?. Vie de ?convoyeur de morts?Dans ce ?palmar?s?, Nicolas Beyene rappelle juste un chiffre: ?un?. ?Selon moi, il est le symbole du jour o? tout s?arr?te pour un ?tre qui ?tait plein de vie. Ceci me vaut un salaire que je d?pense dans une seule vie, celle de ma petite famille. C?est ce message qu?un conducteur de pompes fun?bres incarne au quotidien?. A tous ?gards, le propos transcrit sur un rouleau des informations consid?rables sur le r?le et les comp?tences du ?chauffeur de corbillards?. ?La mission principale du conducteur de pompes fun?bres est d?assurer la conduite d?un v?hicule fun?raire en veillant ? la s?curit? des personnes transport?es. Il en assure l?entretien et la propret??. ? sa mani?re, Nicolas Beyene, ? combien bavard et r?flexif, se l?che et convainc que celui qui exerce ce m?tier doit poss?der un ensemble de comp?tences techniques, ?motionnelles et interpersonnelles. Sur la grille sont expos?s tact, discr?tion, adresse au volant, concentration, ma?trise de soi, bonnes capacit?s d?adaptation et ?quilibre ?motionnel solide. ?Personnellement, je dois dire que je suis soumis ? une certaine disponibilit? (interventions de nuit, de week-end et de jours f?ri?s) pour r?pondre aux appels d?urgence et assurer les services fun?raires lorsque n?cessaire. Bref, quotidiennement je suis confront? ? la souffrance des familles en deuil?, ?bauche-t-il. Et d?ajouter: ?N’allez pas croire que vous allez vous morfondre ? la place du deuil au village. Il y a le vin, la bouffe? En tout cas, on a beau convoy? un mort, la vie prend souvent le chauffeur du corbillard ? bras-le-corps.Sans doute, le caract?re particuli?rement sensible du deuil explique et l?gitime cela. A ?couter Nicolas Beyene, ces diff?rents aspects r?clament que le travail du conducteur de pompes fun?bres se d?ploie avec moins de ?mercantilisme? et de ?froideur?, et plus de ?d?cence?, de ?respect?, de ?patience?, de ?cordialit??. Conscient de tout cela, notre interlocuteur se d?fend alors d??tre indiff?rent ? la douleur des familles. Au contraire, il fait valoir la difficult? relationnelle de son travail et l?investissement personnel qu?il n?cessite. Il ne s?agit pas, selon Nicolas Beyene, de seulement d?ployer la comp?tence technique n?cessaire au fonctionnement normal du corbillard. ?Il faut aussi ?couter les familles, leur laisser le temps de r?flexion n?cessaire aux prises de d?cisions, comprendre les relations entre les responsables du deuil?, confie-t-il. L?enjeu est d??viter ce qu?il appelle les ?deuils volcaniques?. Sc?nes de deuilEn revendiquant pleinement la dimension empirique et intuitive de son m?tier, l?homme laisse libre cours ? quelques anecdotes autour d?un ?deuil volcanique?. ?J??tais un jour dans un village ? l?Est du Cameroun, ? environ 450 km de Yaound?. On dirait que les responsables de cette famille s??taient entendus pour bagarrer. D?j?, ? la morgue, apr?s la lev?e de corps, une bagarre sanglante a pr?c?d? le d?part du corbillard. Je crois que les uns accusaient les autres d?avoir tu? leur fille. Vers Messamena, j?ai eu une crevaison. Le temps d?arranger la roue, une autre bagarre a d?clench?. Cette fois-l?, c?est un jeune qui s?indignait de l?absence de son nom sur le programme ?dit? ? cet effet. Il ne cessait de dire ?alors que j?ai tout fait depuis??. Alors, je tente d?adopter l?attitude morale qui convient, c?est-?-dire para?tre d?sint?ress?, apaiser, comprendre, d?culpabiliser, voire d?charger l??motion des endeuill?s tout en ne me montrant pas. J?ai parfois jou? les m?diateurs pour que le calme revienne et qu?on puisse partir. Il peut s?agir, par exemple, d?orienter la conversation vers ceux qui restent, vers l?importance de la transmission de la m?moire familiale aux descendants ou de perp?tuer une activit? ou un projet que le d?funt avait de son vivant: ?? un moment donn?, on peut parfois essayer de les ?booster?. Un grand-p?re qui avait perdu son ?pouse apr?s 60 ans de vie commune, ? quoi il pouvait se raccrocher? Je lui dis: ?coutez, il y a des enfants qui viennent de na?tre, c?est ? vous de leur raconter qui ?tait leur grand-m?re?? Technico-commercialSur la foi de ses exp?riences, Nicolas Beyene consid?re la satisfaction du client comme une condition de la survie ?conomique de la bo?te qui l?emploie. Il dit accorder une attention prioritaire ? ce d?tail. Celui-ci se d?cline sous diff?rents registres: ?C?est ? moi de faire la diff?rence: ?a va ?tre ma fa?on de communiquer, le relationnel, ma fa?on de travailler. Quand un deuil est volcanique, moi le chauffeur du corbillard, je ne me laisse pas emporter par le vent de la col?re. Et Dieu seul sait combien les gens vous disent du n?importe quoi, en vous sommant par exemple de vous arr?ter pour prendre une bi?re ou bien faire leurs besoins. Je me montre tr?s docile. C?est du technico-commercial, du commerce et de la psychologie, car je sais que lorsqu?ils auront un autre malheur, ils reviendront vite chez nous?. Ce qui se dit l? est d?autant plus important que le march? repose largement sur le ?bouche

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Dans les march?s de Yaound? : le chol?ra en vente ? profusion

Partout dans les grands espaces marchands de la capitale, l??talage des fruits, poissons et viandes se situe ? proximit? des caniveaux souill?s par la poussi?re soulev?e au passage des v?hicules, les d?chets abandonn?s par les vendeurs et les consommateurs, les d?jections animales et les eaux pollu?es qui d?gagent des odeurs ?cres. La premi?re travers?e du March? Mokolo (Yaound? 2) donne toujours ? trouver cet espace franchement laid. D?aucuns disent que la marche le long de cette art?re est p?nible au regard de la colonisation de la rue par des commer?ants. Ici, la vue se limite ? un ramassis de comptoirs improvis?s, avec des marchandises sur des cartons et des nappes usag?es pos?es ? m?me le sol. Ils ont pour point commun de servir de comptoirs pour la vente de fruits frais, ? c?t? des ordures o? pullulent en permanence mouches et rats. Comme ? Mokolo, au march? Mvog-Mbi dans le 4e arrondissement de la capitale, le m?me d?cor d?vore le regard de tous ceux qui posent le pied sur la route principale talonnant les carrefours Mvog-Atangana-Mballa et Mvog-Mbi. En parcourant ses all?es, on est imm?diatement frapp? par l?omnipr?sence des l?gumes dispos?s ? m?me le sol. Un peu partout, l??talage des fruits, poissons et viandes se situe ? proximit? des caniveaux souill?s par la poussi?re soulev?e par le passage des v?hicules, les d?chets abandonn?s par les vendeurs et les consommateurs, les d?jections animales et les eaux pollu?es qui d?gagent des odeurs ?cres. Au march? Mvog-Ada (toujours dans le 4e arrondissement de Yaound?), une vendeuse ?tale chaque jour ses l?gumes sur un vieux sac pos? directement sur le sol. ?Je n?ai pas les moyens d?avoir un ?talage plus propre, et les clients ne se plaignent pas vraiment?, explique-t-elle. Ce qu?elle dit correspond avant tout ? une forme de comptoir auto-construit et autog?r? qui r?pond ? la n?cessit? de survivre lorsque l?offre immobili?re ?vince les uns et les autres. ChaoLes frais associ?s ? la location de ces espaces sont souvent prohibitifs pour les petits commer?ants qui n?ont pas un capital suffisant. Malgr? l?am?nagement de comptoirs destin?s ? la vente, leur utilisation reste limit?e. Plusieurs raisons expliquent cette situation. Pour Alain Akoa, vendeur de poissons au march? Mvog-Mbi: ?le co?t ?lev? du comptoir est la cause de la vente ? la sauvette. Avec ma brouette, je n?ai pas besoin de payer un ticket ? la mairie, sauf que je ne suis pas stable. Ma mobilit? me permet aussi d’?couler facilement ma marchandise?. De plus les d?marches administratives peuvent dissuader les vendeurs potentiels, qui pr?f?rent la flexibilit? du commerce informel sans ignorer le fait que les comptoirs ne sont pas toujours situ?s dans des zones facilement accessibles aux populations, limitant ainsi leur efficacit?. Esquisse de canalisationFace ? cette r?alit?, une pr?sence effective de certains agents de la mairie et parfois m?me de la police, tous charg?s de la s?curit?, de l’ordre et de la propret? commence ? se faire ressentir. Le nomm? Awara, policier bien connu par les vendeurs ? la sauvette du march? Mvog-bi, confie: ?prendre des mesures pour int?grer ces commer?ants informels dans le tissu ?conomique est une urgence. Des initiatives visant ? r?guler et ? formaliser leur activit? sont mises en place. Pour cela nous organisons des r?unions avec eux ici au march? pour les sensibiliser sur la n?cessit? de ne pas occuper la chauss?e au risque de se voir confisquer sa marchandise?. Entre-temps, les agents de la mairie font la ronde, proposant des tickets aux uns et aux autres. L’un d’eux nous avoue: ?ce sont les vendeurs qui salissent le march?, mais c’est nous qui balayons. Ils occupent la chauss?e n’importe comment et cr?ent des embouteillages. Voil? pourquoi nous les d?pouillons parfois de leurs marchandises?. RisquesLes consommateurs, quant ? eux, sont souvent peu conscients des risques qu?ils encourent. Le nutritionniste, ?lys?e Batamag, souligne que les aliments ?tal?s sur le sol peuvent facilement ?tre contamin?s par des agents pathog?nes, des bact?ries responsables d?intoxications alimentaires pouvant entra?ner des complications graves, voire mortelles. ?Ces aliments vendus presque au sol peuvent provoquer des bact?ries responsables d?intoxications alimentaires ainsi que des maladies telles que la typho?de, les maux de ventre, le chol?ra et autres. Les consommateurs doivent prendre conscience de ce danger?, explique-t-il. ?Ce n?est pas hygi?nique, mais comme nous venons d?acheter ces produits, nous allons les nettoyer comme il faut avant de consommer?, avance une cliente sous couvert d?anonymat. Marie No?lle Etoungou (stagiaire)

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?clairage public : Cambriol?e, l’autoroute broie du noir

Selon nos enqu?tes, les c?bles ?lectriques alimentant le r?seau illuminant l’autoroute Yaound?-Nsimalen sont vol?s, plongeant l’infrastructure routi?re dans la p?nombre. ?Il fallait que le pr?sident de la R?publique passe ici de nuit pour voir que l’autoroute n’est pas ?clair?e?. La pri?re de Jeanne, riveraine de l’autoroute Yaound?-Nsimalen, n’est pas exhauss?e. La trentaine sonn?e, la jeune dame aurait souhait? que le pr?sident constat?t par lui-m?me le vandalisme de l’infrastructure nouvellement construite. Elle charge une fois de plus. ?Je n’ai rien contre, mais on cache beaucoup de choses au boss. Il fallait ?crire des pancartes pour d?noncer cette tromperie?, assume la commer?ante devant les ?l?ments de la garde pr?sidentielle. En fait, Jeanne d?nonce avec la derni?re ?nergie l’absence d’?clairage observ? depuis plus de trois semaines sur cette axe routier majeur. Avec ? la cl?, le retour des agressions, viols et d?couvertes des macchab?s au niveau de l’?changeur de Meyo (Yaound? 4). Cet ?clairage saisonnier inqui?te aussi Donald, un autre riverain de l’?changeur de Meyo. ?Pourquoi cet axe pr?sidentiel est fr?quemment dans le noir depuis plus de trois semaines??, s’interroge-t-il. Ce questionnement tombe ? point nomm? avec le retour du chef de l’?tat apr?s un long s?jour professionnel et priv? hors du triangle national. ?J?ose croire que cette situation sera rem?di?e avec le retour du pr?sident. Il y a d?j? trop de cris de d?tresses depuis?.Certains connaisseurs du coin parlent du vol des c?bles ?lectriques sur les poteaux d’?clairage. Pour Herv?, ce sont des actes de vandalisme. ?Les gars tirent le cuivre, m?me les disjoncteurs?. D’autres ?l?ments comme les boitiers en m?tal (couvercles) prot?geant le dispositif technologique sont vol?s. M?me les aveugles peuvent voir les fils coup?s. ?? quoi servent les cam?ras de surveillance plac?e le long de l’autoroute? S’interroge sieur Ndoumba, un autre riverain. La r?ponse ? cette interrogation vient de Casimir, op?rateur ?conomique. Ce dernier montre la grande brousse qui a envahi les bordures de l’?changeur. Les cam?ras de surveillance ne voient que du feu. ?C?est dans cette brousse que ces voleurs emballent le butin?. Andr? Gromyko Balla

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Cameroun : Discours sur la pratique du journalisme

Valentin Sim?on Zinga, Haman Mana et Eug?ne Shema militent non seulement pour un retour au canon du m?tier, mais aussi pour l?arrimage au num?rique. Il a ?t? pr?sent? au grand public le 24 octobre dernier ? la Fondation Paul Ango Ela. L’ouvrage ?Cameroun, le journalisme en mutation: regards sur une profession en p?ril? de 134 pages publi? aux ?ditions du Chabel est pr?fac? par Charles Ndongo, directeur g?n?ral de la Crtv et postfac? par Thomas Atenga, enseignant d’universit?. Le livre est un exercice d’introspection sans concession sur les maux qui minent le plus beau m?tier du monde au Cameroun. Les auteurs apprennent que le m?tier est malmen? par des forces externes. Pour l’un d’eux, en l’occurrence Valentin Sim?on Zinga, ces forces sont de divers ordres: politiques, ?conomiques et sociales. Haman Mana parle de ?journaliste aplati?. Un annonceur ach?te des pages de publicit? dans le journal et exige que ce m?dia en retour ne s’int?resse pas ? ses activit?s. Bref, le journaliste d?nonce les organes de presse phagocyt? par les pouvoirs d’argent.D?o? la lancinante question: ?que va devenir le journalisme demain?. Et de plaider pour un retour ? l’orthodoxie professionnelle. ?C?est le moment de r?sister?, indique avec ferveur V. S. Zinga. Ce qui pose entre autres les probl?mes d?engagement du journaliste et de son acc?s aux sources d?information. Le journaliste doit-il ?tre engag? o? non? Comment ?viter d??tre otage des lobbies dans un environnement politico- ?conomique tr?s souvent nocif ? la pratique du journalisme? NotesDaniel Anicet Noah, qui fait la note de lecture dudit ouvrage, pense que ?l?ensemble des challenges du travail dans les m?dias a ?t? balay?. En partant de la profession elle-m?me, la mani?re d’?crire qui est influenc?e par l’?cosyst?me technologique. Ils parlent du journaliste avec ses sources, l?activit? ?conomique du journalisme, l’aide ? la presse, la protection du journaliste. Charles Ndongo, le pr?facier de l’ouvrage profite de cette tribune pour remonter les bretelles aux jeunes journalistes. ?Ce qui m’?tonne aujourd’hui chez les journalistes, c’est le manque d’humilit?. Les journalistes sont devenus arrogants?, ass?ne-t-il lors de la pr?sentation de l’ouvrage. Il lance alors un cri de ralliement ? l’apprentissage aupr?s des a?n?s. Eug?ne Shema, quant ? lui, milite pour une loi imposant l’acc?s aux sources. Celle-ci permettrait aux journalistes de professionnaliser davantage leurs narratifs. Andr? Gromyko Balla

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Pension – retraite : Albert Ebana, la CNPS fait gr?ce

Malgr? le poids de l’?ge, ce retrait? tient bon gr?ce ? la Caisse Nationale de Pr?voyance Sociale (CNPS). ? 90 ans, Albert Ebana, ancien employ? de la Soci?t? anonyme des brasseries du Cameroun (SABC), est aujourd’hui aveugle et peine ? marcher. Gr?ce ? sa petite pension, qu’il per?oit chaque fin du mois ? l’agence CNPS Messamendongo de Meyo (Yaound? 4), il parvient ? assumer ses responsabilit?s et rester le chef effectif de sa famille. ?Si je n’avais pas ma pension, je serais d?j? dans la tombe. Mais avec mon petit argent, je parviens ? acheter mes m?dicaments de diab?te et de tension. Je donne ?galement l?argent de ration ? ma femme?, indique le vieillard. Pour toucher sa pension, le nonag?naire se d?place ? l’aide de sa canne traditionnelle. Il se fait accompagner par son ?pouse, Juliette ?g?e de 79 ans. A l?en croire, il a per?u ses 40.700 FCFA de pension du mois septembre ? la deuxi?me semaine du mois d’octobre. Il pr?sente le paquet de m?dicaments achet? apr?s son passage au guichet de banque. Le reste d’argent, son ?pouse Juliette l?utilise pour la popote. La vie d?Albert Ebana n?est plus un long fleuve tranquille. Il se r?veille vers 12h. Son vieux poste radio ne le quitte jamais. C?cile, l?une de ses filles, venu lui rendre visite lance une pique, pour le pousser ? parler: ?tu ne peux pas laisser ton vieux totem dans la chambre?, ironise la dame.Dans cette apr?s-midi du 18 octobre, ? peine sorti du lit ?grand baobab?, comme il se fait affectueusement appeler par ses petits-fils, s’assoit sur son vieux canap? rembourr? d?chiquet?. Il se plie une fois de plus ? un rituel: donner l’argent ? sa descendance. ? tour de r?le, il donne l’argent des beignets et de la dime ? ses petits-fils, arri?re-petits-fils et autres, pour la messe du dimanche. La plus forte somme est de 50 FCFA. Apr?s s’?tre pli? ? cet exercice dont il est le seul ? ma?triser le doigt?, il prend son petit d?jeuner, constitu? des restes de nourriture r?chauff?e de la veille. ?C?est dans son handicap qu’il est devenu dictateur. Il doit toujours manger les restes de la veille. Il peut prendre ce qu’il appelle petit d?jeuner et remanger le lendemain. Je suis la seule ? supporter ses caprices?. Mais un d?tail et non des moindres. L’ancien agent des brasseries du Cameroun doit toujours avoir au moins un litre de vin rouge dans sa cave. ?Je bois tous les vins rouges, parce qu’il diminue le sucre dans le sang?, affirme papa Albert. Il offre m?me un verre ? ses h?tes. ?Il est interdit de refuser?, nous dit Alain, son petit-fils. Albert Ebana est clair: la pension qu’il per?oit est l’un des facteurs de sa long?vit?.Pour la campagne de de digitalisation actuellement en cours, ?commandant?, son surnom du village, explique les tenants et aboutissants d??All? CNPS? ? ses fr?res, eux-aussi pensionnaires de la CNPS. Andr? Gromyko Balla

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Le 19 octobre 2024, ? la demande des militants du Parti des peuples africains-C?te d?Ivoire (PPA-CI), j?ai donn? une conf?rence ? Montr?al sur pourquoi Laurent Gbagbo doit ?tre inscrit sur la liste ?lectorale. Doit-on inscrire Laurent Gbagbo sur la liste ?lectorale?

D?apr?s le dictionnaire « Larousse », la n?cessit? est ce dont on ne peut pas se passer, ce qui s’impose. L?inscription de Laurent Gbagbo sur la liste ?lectorale s?impose-t-elle? Sans h?siter, je r?ponds par l?affirmative. Pourquoi? Primo, parce que la Cour africaine des droits de l?homme et des peuples qui est au-dessus des juridictions nationales a ordonn? en septembre 2020 que son nom soit remis sur la liste ?lectorale. Secundo, parce que, de tous les candidats qui se sont d?j? d?clar?s pour la pr?sidentielle d?octobre 2025, Laurent Gbagbo est le seul qui parle ouvertement de souverainet?, laquelle souverainet?, de mon point de vue, passe par la fermeture des bases militaires ?trang?res, la non-immixtion de la France dans les affaires int?rieures des pays africains et l?abandon du franc CFA, n? le 25 d?cembre 1945 et dont l??conomiste ?gyptien Samir Amin pr?conisait la r?vision au d?but des ann?es 1970 dans une ?tude command?e par Hamani Diori, premier pr?sident du Niger (cf. « L?Afrique de l?Ouest bloqu?e. L??conomie politique de la colonisation, 1880-1970 », Paris, ?ditions de minuit, 1971); Tertio, parce que Laurent Gbagbo est le seul homme politique ivoirien craint par la France affairiste, politique et m?diatique. Pourquoi est-il craint? Parce qu?il est l?un des rares Africains capables de parler franchement et cr?ment ? la France et de la France. Souvenons-nous, ? cet ?gard, de sa premi?re comparution, le 5 d?cembre 2011: ?J?ai ?t? arr?t? le 11 avril 2011 sous les bombes fran?aises, c?est l?arm?e fran?aise qui a fait le travail?. Gbagbo est craint parce qu?il n?a jamais voulu ?tre un sous-pr?fet de l?ancienne puissance colonisatrice, parce qu?il n?a jamais cherch? ? se soigner et ? poss?der des biens (immeubles, villas et comptes bancaires) en France. Quarto, parce que, s?il a surv?cu ? tout ce qu?il a subi (tentatives de renversement, arrestation, d?portation ? Korhogo, 8 ans de d?tention ? la Cour p?nale internationale, cela signifie que Dieu n?en pas fini avec lui. Je fais partie des Ivoiriens et Africains qui croient que, si Dieu a gard? Laurent Gbagbo en vie et s?Il lui a permis de triompher de tous ses adversaires et ennemis, c?est parce que la mission que le Cr?ateur lui a confi?e n?est pas termin?e. Lui-m?me , en ?voquant sa premi?re participation ? l??lection pr?sidentielle de 1990, s?est d?crit comme un pr?curseur. On peut aussi dire de lui que, par les injustices qu?il a courageusement affront?es, il a ouvert les yeux des Africains sur ce qu?est la France. Marcien Towa[1] disait ? ce sujet ceci: ?Laurent Gbagbo a expos? la France. Il a permis ? l?Afrique et au monde entier de voir le visage hideux de la France.? Quinto, parce que c?est Laurent Gbagbo qui est vraiment en mesure de r?ussir la r?conciliation qui, si on veut qu?elle soit vraie et durable, exige que les responsabilit?s soient situ?es, que les Ivoiriens sachent qui a fait quoi, ? quel moment et pourquoi. Je suis d?accord avec lui quand il soutient qu?il est trop facile de dire ?Je demande pardon aux Ivoiriens, j?ai pardonn? ? X ou ? Y, on doit avancer, on doit passer ? autre chose, etc.? Non, il est ind?cent et immoral de passer ? autre chose en passant par pertes et profits les milliers d?Ivoiriens dont la vie s?est pr?cocement arr?t?e ? cause d?individus assoiff?s de pouvoir et instrumentalis?s par une puissance ?trang?re qui a toujours per?u notre pays comme une vache ? lait et qui a toujours cru qu?elle pouvait y faire ce que bon lui semble. Vladimir Jank?l?vitch, un survivant du nazisme, a ?crit un ouvrage intitul? « L?Imprescriptible ». Cet ouvrage r?unit deux textes , ?Pardonner?? et ?Dans l?honneur et la dignit??. Dans le premier texte, Jank?l?vitch constate que la plupart des bourreaux et ceux qui ont soutenu le hitl?risme n’ont jamais ?t? inqui?t?s. Je convoque ici ce texte parce qu?il porte deux id?es que je trouve justes et auxquelles je souscris sans r?serve: 1) ?La m?moire de l’horreur constitue une obligation morale? et 2) ?Nous ont-ils jamais demand? pardon? C’est la d?tresse et c’est la d?r?liction du coupable qui seules donneraient un sens et une raison d’?tre au pardon. Quand le coupable est gras, bien nourri, prosp?re, enrichi par le « miracle ?conomique », le pardon est une sinistre plaisanterie.? Sexto, parce que Laurent Gbagbo a ouvertement apport? son soutien ? l?Alliance des ?tats du Sahel (AES) qui se bat courageusement et fermement pour la vraie ind?pendance des pays africains dits francophones. Septimo, parce que Laurent Gbagbo est le seul acteur politique ivoirien capable de nous dire les v?rit?s qui ?l?vent l?homme, m?me si ces v?rit?s font mal, parce qu?il n?est pas coutumier de la d?magogie facile et des promesses farfelues. Je pense, par exemple, au discours prononc? par lui le jour o? il fut investi comme candidat du PPA-CI ? la pr?sidentielle d?octobre 2025. Qu?il me soit permis de citer un extrait de cette importante adresse: ?L?Afrique, c?est chez nous ! La C?te d?Ivoire, c?est chez nous ! Et nous ne pouvons pas laisser les autres se battre pour nous. Nous devons nous battre pour nous-m?mes.Quelquefois, quand je parle ? des plus jeunes et m?me ? mes enfants, je leur dis que les Africains ont de grandes admirations pour les Occidentaux, mais ces Occidentaux, leurs parents et leurs grands-parents ont souffert le martyre. Les Am?ricains dont on parle souvent, ils ont souffert de la guerre de lib?ration contre la Grande Bretagne. Puis, ils ont fait la guerre int?rieure, le Sud contre le Nord. Et tout ce que nous voyons aujourd’hui, c’est le r?sultat de ces guerres. Ils se sont battus pour que leur pays soit propre, pour que leur pays soit bien. Aujourd’hui, leur pays est bien ! Mais nous, on veut ?tre bien sans se battre. On veut ?tre bien sans traverser des p?riodes difficiles. Mais enfin! Mais enfin! Abraham Lincoln, il est mort. Georges Washington, qui a laiss? son nom ? la capitale et qui a ?t? le premier pr?sident, il est mort. Mais ce sont leurs petits enfants qui aujourd’hui profitent du combat qu’ils ont men?!

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46e session du Conseil des ministres de l?APPO?: Creuser les puits aujourd’hui pour ?tancher les soifs de demain

Face ? l?incertitude, il faut repenser l?avenir du p?trole africain. Il ne faudrait pas que notre or broie du noir. En s?exprimant face ? la presse ce 30 novembre 2024, le secr?taire g?n?ral de l’Organisation des producteurs de p?trole africains (APPO) renseigne que les travaux de Yaound? sont en train d’?crire ? un grand r?cit, celui du changement de paradigme ?. Pour Dr Farouk Ibrahim, la perspective d?un effondrement du syst?me financier et du cataclysme que cela aurait repr?sent? pour l??conomie mondiale est un puissant facteur incitatif en faveur de la coordination africaine ?.  ? C?est dans ce contexte qu?il convient de restituer la tenue ? Yaound? des travaux de la 46e session du Conseil des ministres de l?APPO ?, valide le ministre camerounais des Relations ext?rieures. En ouvrant la rencontre ce jour, Mbella Mbella explique qu?? ? l?urgence de faire face au contexte international s?ajoute celle visant ? r?viser en profondeur le fonctionnement du l?APPO, notamment par l??laboration d?un programme coordonn? de mise en ?uvre de la banque africaine de la banque africaine de l??nergie ?.  ? Cette banque se concentrera essentiellement sur le financement de projets p?troliers et gaziers sur le continent africain, car les fonds provenant de l??tranger se tarissent. Aujourd?hui, 75 % du p?trole et 45 % du gaz que nous produisons est export?. Certains justifient cela par le fait que c?est parce que nous n?avons pas de march?s en Afrique. Ce n?est pas vrai. Il est essentiel de cr?er un march? de l??nergie en Afrique. Une fois que ce march? sera cr?? et bien structur?, vous verrez que ces volumes d??nergie que nous exportons ne sont pas suffisants pour le march? africain. ?, explique Dr Farouk Ibrahim. Le secr?taire g?n?ral de l?APPO note que la Banque mondiale et d’autres institutions financi?res internationales ferment le robinet des financements et ? imposent des conditions strictes, ce qui n’a pas beaucoup de sens ?, en ce qui concerne l?Afrique.  Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Industrialisation agricole: la solution dans les Zes

Les Zones ?conomiques sp?ciales (Zes) peuvent contribuer de mani?re significative ? la transformation ?conomique par l?industrialisation agricole des produits de grande consommation tels que la viande, le poisson, le riz et le ma?s?. Cette position de la Commission ?conomique pour l?Afrique (CEA) est mise en contexte avec la Zone de libre-?change africaine (Zlecaf). Selon l?institution, les Zes facilitent l?acc?s aux march?s internationaux du fait de leurs positions ? proximit? des zones logistiques. Elles sont par ailleurs imagin?es pour attirer des investissements directs ?trangers (IDE) par l?octroi des incitations fiscales, des r?glementations simplifi?es et des proc?dures administratives acc?l?r?es. Le troisi?me argument convoqu? par la CEA pour promouvoir la cr?ation des zones ?conomiques sp?ciales est le transfert des comp?tences et de l?expertise. Seulement, mentionne l?institution onusienne dans un r?cent rapport, le d?veloppement des Zes reste marginal sur le continent africain. ?Aujourd?hui, le monde compte environ 54 000 Zes dont l?Afrique en compte 54, soit un pour mille du niveau mondial?. Et plus encore, ?les performances des Zes en Afrique ont jusqu?? pr?sent ?t? en de?? des objectifs dans la mesure o? beaucoup de Zes ne r?pondent pas aux objectifs fix?s. Ce qui contraste avec les exp?riences en Asie de l?Est en Am?rique latine?, mart?le l?institution. Louise Nsana

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