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Connectivit? sous-r?gionale: la BM octroie 11 milliards de FCFA au Tchad

Le Groupe de la Banque mondiale a approuv? ce 18 f?vrier 2025 l?octroi d?un financement de 170 millions de dollars (10,633 milliards de FCFA) en faveur de la construction d?infrastructures routi?res au Tchad. Ce financement de l?Association internationale de d?veloppement (IDA) est d?di? ? l?impl?mentation de son Projet de connectivit? et d?int?gration au Tchad. Il sera pr?cis?ment question de bitumer 55 km de route sur le corridor Tchad-Niger-Mali-Alg?rie, notamment la section Liwa et Rig Rig, ainsi que 12 km de desserte reliant Bol (R?gion du Lac) ? cette m?me route. Il est ?galement question de proc?der au r?am?nagement de 50 km de routes rurales afin de faciliter l?acc?s ? des march?s dans des zones ? fort potentiel, renseigne l?institution. Un dernier volet du projet porte sur la construction d?installations commerciales et agricoles dans la localit? de Bol, tels que des entrep?ts et des march?s. ?En am?liorant l?efficacit? des transports le long de la route transsaharienne et la navigabilit? du Lac Tchad, le projet soutiendra la stabilisation de la r?gion, favorisera les opportunit?s ?conomiques et reliera les populations isol?es aux zones agricoles, aux march?s, aux ?coles, et aux services de sant??, souligne la directrice des op?rations de la BM pour le Tchad, Clara De Sousa. Louise Nsana

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Code minier de la Cemac: le bout du tunnel se profile

A la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (Cemac), des experts des d?partements de l?Education, de la recherche et du d?veloppement social (DERDS) et ceux des Infrastructures et du d?veloppement durable (DIDD) ont eu fort ? faire ? Bangui du 3 au 7 f?vrier 2025. Ces derniers ont ralli? la capitale centrafricaine dans le but de proc?der ? la relecture et ? la pr?-validation du Code minier de la sous-r?gion. Il y a ainsi ?t? consacr? le principe d?harmonisation des l?gislations mini?res nationales en vue de cr?er un environnement d?affaires attractif et de garantir la transparence dans le secteur. A ce titre, ?le projet de Code minier ?nonce les principes visant ? am?liorer la gouvernance du secteur minier, notamment en assurant la transparence des proc?dures et la redevabilit? des acteurs afin d??viter la fraude?, renseigne un compte-rendu de l?institution. Ledit texte met ?galement l?accent sur l?encadrement des activit?s mini?res artisanales, la protection de l?environnement et le respect de la r?glementation de changes ?dict?e par la Banque des Etats de l?Afrique centrale (Beac). Le DERDS et le DIDD appellent la Commission de la Cemac ? adopter, ? la suite du Code minier fin pr?t, un texte communautaire sp?cifique sur les carri?res. Ce, apr?s une collecte des donn?es dans les Etats. Louise Nsana

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Phase 2 de l?autoroute Yaound?-Douala : le chantier dans la nostalgie de l?avenir

La confrontation d?int?r?ts divergents n?en finit pas de dessiner un horizon incertain pour la fin des travaux. C?est un feuilleton qui n?en finit pas. D?un c?t?, le minist?re des Travaux publics (Mintp) envisage la reprise des travaux de la phase 2 du projet, ? l?arr?t depuis novembre dernier. De l?autre, des riverains qui bloquent tout d?ploiement d?engins sur le site. Au centre, des questions relatives aux indemnisations. Selon une autorit? traditionnelle qui cite des sources proches du dossier, ?l?argent ? verser aux populations impact?es par le trac? de la phase 2 du projet n?est pas disponible?. Et du coup, les indemnisations sont devenues une source d?attente ayant une influence sensible sur l?avancement du chantier. Au fil des jours, la situation ne cesse de susciter l?ire des oppositions et de concentrer la col?re des riverains de tout rang. Malgr? ses tentatives pour d?passer cette ambiance, la China First Highway Engineering Corporation (CFHEC), entreprise chinoise en charge de l’ex?cution du projet, compte sur des espaces d?initiatives et d?arbitrage ouverts par le Mintp. Rapports de forceSe targuant d??tre aux commandes d?une d?marche d?apaisement, Emmanuel Nganou Djoumessi a entrepris de marcher sur des ?ufs. ?Il est hors de question d?engager un bras de fer violent avec les populations riveraines?, a-t-il d?clar? face ? la presse le 14 f?vrier dernier. Seulement, soulignent nos sources, les prises de paroles de quelques repr?sentants des riverains n?ont pas laiss? au membre du gouvernement la possibilit? d?ouvrir et d?exploiter des marges de man?uvre. Fig?e et travers?e par des rapports de force, l?atmosph?re du jour a (par exemple) permis au Collectif des personnes impact?es par le projet au village Limai (Ngog-Mapubi) de dire clairement au Mintp qu?il serait imp?ratif d?obtenir leur indemnisation avant le d?but effectif des travaux. ?Ce n?est donc pas nous qui pouvons emp?cher les travaux. Il est simplement question de respecter les lois et r?glements du pays qui demandent que les riverains soient indemnis?s avant le d?but des travaux?, mart?le Christine Ngo Telep, conseiller r?gional pour le Centre et pr?sidente du comit? de suivi des travaux de l?autoroute pour les populations de Dibang dans le Nyong-et-K?ll?.Apr?s 8 ans (de 2014 ? 2022) consomm?s pour r?aliser la premi?re phase longue de 60 km, les pouvoirs publics disent prendre des pr?cautions en esp?rant honorer cette fois-ci les d?lais de 36 mois estim?s sur un lin?aire de 141,1 km. Bobo Ousmanou

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Man?uvres Rage, orage et affutage dans le Grand Nord

Au milieu du ras-le-bol et des m?disances publiques venues des r?gions septentrionales du pays, le Renouveau est en train de prendre des coups d?une rare violence. ?Si j?ai dit qu?il faut que le diable prenne d?abord et on verra apr?s, ce n?est pas le diable en tant que tel. Que n?importe qui prenne et on verra. Parce qu?on souffre. O? est l?amour? O? sont les ?coles dans les campagnes? Nos enfants souffrent, ils sont limit?s quand les enfants des autres sont en Am?rique, au Canada, en Europe! Nos enfants s?arr?tent ? Douala et Yaound?, ils sont des veilleurs de nuit avec la licence en poche. Les motos – taximen ? Douala, Yaound? et Bafoussam, ce sont nos enfants et nous sommes l? tout le temps ? dire oui, oui. Ils disent: Les gens du Nord, donnez- nous votre voix. B?tail ?lectoral donnez- nous votre voix. Actuellement dans le b?tail ?lectoral du Nord, il y a des panth?res, Des loups, il y a tout dedans??. A ?couter Mgr Barth?lemy Yaouda dans une r?cente sortie, on s?embarrasse vite: l??v?que de Yagoua est-il un id?aliste dans une ?poque troubl?e? Un dangereux pyromane? Ou encore un pr?lat qui vient de choisir d?exister par des propos incandescents? ?En tout cas, ses expos?s tr?s critiques vis-?-vis du r?gime de Yaound? donnent simplement un ?cho public au ton plus ?pre encore dans les conversations priv?es. L??v?que de Yagoua n?est que point de ralliement de tous les enfants en panne de figure providentielle?, confie un ressortissant de la r?gion de l?Extr?me-Nord. ?Si je vous le dis avec tant de franchise, c’est parce que partout dans la partie septentrionale de notre pays, nombreuses sont les personnes d?termin?es ? d?truire leurs anciens rapports avec le r?gime actuel, afin de produire un changement ? la bonne heure?, poursuit notre interlocuteur. Dur de ne pas le remarquer: la temp?rature continue de chuter sur le thermom?tre des relations entre Paul Biya et les populations du Grand Nord. Sur ces terres o? l?h?g?monie du Renouveau ?tait encore indiscutable, beaucoup d?habitants disent attendre une offre politique qui leur propose d?heureux lendemains, qui leur parle de leur juste fiert? d??tre ressortissant du Septentrion ou qui leur dit que les emplois seront d?abord pour eux et leurs enfants. En toutes mati?res, sp?cialement en mati?re de gouvernance politique, les uns et les autres estiment qu?ils ont ?t? les jouets de certains meneurs de jeux indiff?rents ? leurs souffrance?. Plan B? l?approche de l??lection pr?sidentielle, plusieurs r?cits construisent sans masquer l’essentiel des abominations subies par les populations de l?Adamaoua, du Nord et de l?Extr?me-Nord. ?Partout ici, les gens s?alarment d’un taux de ch?mage tr?s ?lev?, d?une ins?curit? et d?un sous-d?veloppement criards. C’est un immense g?chis. Ici, le syst?me est ? bout de souffle. ?a ne peut plus continuer comme ?a?, glisse un chef traditionnel. Dans cette ambiance, une d?marche est en cours. ?On va voir les gens directement pour recueillir leurs pr?occupations. Nous allons ? la recherche des habitants qui n’iraient pas d’eux-m?mes ? une r?union publique, en leur posant quelques questions d?ordre g?n?ral. Toutes leurs r?ponses nous serviront ? ?laborer notre programme pour l??lection pr?sidentielle?, assure une ?lite du Logone-et-Chari. Ongoung Zong Bella

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Oser quitter les sentiers battus

?Nous allons provoquer l?effondrement de l??conomie russe ? travers les sanctions ?conomiques?, pr?disait arrogamment un certain Bruno Le Maire. C??tait le 1er mars 2022. Il n?est pas inutile de rappeler que, avant d?aller ? la soupe, Le Maire avait violemment ?trill? Emmanuel Macron, consid?rant celui-ci comme un homme sans projet parce que sans conviction. Mais l??conomie russe s?est-elle effondr?e? La v?rit? est que la Russie n?a jamais gagn? autant d?argent que durant les fameuses sanctions.La v?rit? est que le gaz am?ricain transport? par bateaux co?te aujourd?hui plus cher ? l?Europe que le gaz russe qui ne traverse plus le territoire ukrainien.La v?rit? est que le pays de Macron a ?labor? et adopt? dans la douleur le budget 2025. La v?rit? est que Trump a ?cart? les Europ?ens des discussions sur l?Ukraine.Comme si cela n??tait pas suffisant, JD Vance, le vice-pr?sident am?ricain, affirmait ? la 61e conf?rence de Munich sur la s?curit?, le 15 f?vrier 2025, que la libert? d’expression ?tait en recul et en danger en Europe o? les citoyens sont de plus en plus surveill?s et musel?s par leurs dirigeants. Qui ne se souvient en effet de la fermeture sans autre forme de proc?s de « Russia Today » et de « Sputnik?? Les pr?tendus pays d?mocratiques avaient rendu les m?dias russes inaccessibles parce qu’ils voulaient nous emp?cher d?entendre un autre son de cloche sur l?Ukraine. Qui ignore que ce sont les dictateurs et esclavagistes europ?ens qui sont intervenus aupr?s du patron de Facebook pour restreindre la visibilit? de nos messages sur ce r?seau social?En tous les cas, ces fieff?s menteurs et pseudo-d?fenseurs des droits de l?homme ont trouv?, cette ann?e, un homme qui est d?cid? ? leur mener la vie dure et ? mettre fin ? leurs conneries. On peut ne pas approuver certaines annonces de Trump comme l?id?e d?envoyer les Palestiniens en ?gypte ou en Jordanie pour prendre le contr?le de la bande de Gaza mais comment ne pas se r?jouir que le successeur de Joe Biden soit en train de remettre les Europ?ens ? leur place? Qui se plaindrait des humiliations qu?il a commenc? ? infliger aux ridicules gueulards de l?Europe?Les Africains devraient profiter du retour de Donald Trump au pouvoir pour s’?manciper totalement de ces gens sans foi ni loi. ? mon avis, ce n?est plus le moment de tergiverser ni de se demander si une seconde chance peut ?tre accord?e ? la France dont la pr?sence ne nous a apport? que mis?re, d?solation et mort. Il s’agit plut?t de fermer certaines portes, de laisser partir les moments qui ont atteint leur fin. Nous devons nous dire que ce qui est arriv? est arriv? et que le moment est venu de l?cher prise, de rompre les amarres car il serait absurde de maintenir des liens avec ceux qui n’ont jamais montr? qu’ils souhaitaient ?tre li?s ? nous. S’il est av?r? que la gr?ce de Dieu passe mais ne repasse pas, alors les autres pays africains doivent mettre ? profit la Pr?sidence de Trump pour oser quitter les sentiers battus et se r?inventer comme le Mali, le Burkina et le Niger sont en train de le faire. Jean-Claude Dj?r?k?

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Yaound?: Il pleut des larmes?de pluie

A certains endroits de la capitale, le ciel est tomb? sur la t?te de quelques promoteurs de petites affaires. Ce vendredi matin Fortune, jeune m?re habitant le quartier Barri?re ? Yaound?, maudit le ciel face ? son poulailler ravag? par la pluie de la veille. ?C?est 35 poules et coqs du village, d’une valeur de plus de 700.000 FCFA, qui sont partis?, ?value-t-elle. Et cette ?norme perte tombe au moment de liquider une commande de 7 poules faite par un naturopathe. ?Qu’est-ce je vais dire ? mon client? Et comment je fais pour honorer les autres commandes??, s’interroge la dame en sanglots. Elle qui donne les poussins aux autres est d?sormais oblig?e de redemander la souche puisqu?il ?faut au moins 3 ans pour reconstituer un tel poulailler?.Autres endroits Ina, ressortissante de la r?gion de l’Extr?me-Nord du Cameroun, a perdu son espace de vente de Bili – Bili (breuvage traditionnel de l?Extr?me-Nord du Cameroun fait ? base de ma?s). La faute au vent pluvieux du jeudi 20 f?vrier 2025, qui a emport? le hangar nouvellement construit. ?J’inaugure mon petit bar le 11 f?vrier, en moins de dix jours, tout est parti. C’est quelle malchance?? Pour autant, la commer?ante ne se d?courage pas. Sa capacit? de r?silience est dop?e par l’enthousiasme qu’elle affiche pour remettre sur pied sa structure. Cette apr?s-midi du vendredi 21 f?vrier, elle d?barque avec des t?les neuves. Elle veut voir son ?affaire? red?marrer. ?Mes clients ne doivent pas chercher o? boire le Bili – Bili?, confie- t-elle aux personnes venues voir ce qui s?est pass?. A Nkongoa, ?Main coup?e? le Burundais et Yves le charpentier d?montent la toiture qui prot?ge le conteneur de sa compagne. ?L?eau de pluie stagne au-dessus du conteneur et s’infiltre dans la boutique?, dit-il. Les d?g?ts sont importants: alv?oles d’?ufs, trois sacs de farine, de sucre et de lait en poudre sont tremp?s. C’est avec une mine grave que ces ressortissants Burundais parlent des pertes de leur boutique. Selon ?Main coup?e?, ?les pertes financi?res sont de 600.000 FCFA au minimum?. Pour ne pas subir les m?mes d?sagr?ments, Yves le technicien ?tablit des besoins de l?ordre de 300.000 FCFA. Andr? Gromyko Balla

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Pass? colonial de l?Afrique et ?conomie in?galitaire : lourd tribut pour l?Afrique

Les lacunes des syst?mes ?conomiques, juridiques et judiciaires mis en ?uvre ? l?aune des orientations des supers puissances ne sauraient ?tre d?un grand b?n?fice pour l?Afrique. La r?alit? est mise en exergue dans le cadre des assises de pr?sentation de la Nouvelle pens?e africaine. Le probl?me des r?parations li?es ? l?esclavage et la colonisation devient in?vitable en Afrique. Alors que pour certaines communaut?s hors du continent la question est r?gl?e depuis des d?cennies, le continent noir peine ? se faire r?tablir dans ses droits. Une dynamique a lieu ces derni?res ann?es; en France notamment, o? la d?classification des archives a permis de donner de la vigueur aux travaux de recherche sur le pass? colonial des territoires jadis annex?s par la France. Les premiers r?sultats de ces travaux de recherches sur la p?riode 1945-1971 sont disponibles au Cameroun, o? une commission mixte franco-camerounaise a ?t? constitu?e ? cette fin sous l??gide de Paris. Et comme pour en acc?l?rer les processus similaires sur l?ensemble du continent, l?Union africaine a donn? de sa voix au concert des revendications le 15 f?vrier dernier, ? l?occasion du 38e sommet organis? sur le th?me: Justice pour les Africains et les personnes d?ascendance africaine par le biais des r?parations. La d?marche souscrite par l?institution continentale pour parvenir ? cet id?al consiste ? la fois ? des compensations financi?res et des politiques de r??quilibrages ?conomique, ?ducatif et social. L?id?al de justice recherch?e laisse cependant des doutes, notamment chez le Professeur gabonais Gr?goire Biyogo, de l?universit? panafricaine de la renaissance de Paris. ?Qui dit le conflit? Qui le d?dit? Qui met un terme au conflit? C?est celui qui a la puissance technologique. On voit bien ici que ce n?est pas n?cessairement la conception intrins?que de la justice que nous d?ployons?, ?nonce-t-il. Lire aussi : Depuis Yaound?: la Pens?e africaine se r?ajuste Pour ce dernier, la justice ? laquelle a droit l?Afrique reste sous le contr?le de l?Occident qui d?tient toujours sous sa coupe une partie des archives. ?J?ai appris qu?une communaut? d?historiens venaient au Cameroun pour r??crire la m?moire d?un acte inaudible. Comment peut-on penser que pour redire cet acte abominable, un regard ext?rieur puisse un tant soit peu ?tre pr?sent. Il s’agit de dire l’une des plus hautes abominations des temps coloniaux et aujourd’hui les chercheurs doivent automatiquement poser l’?quation d?s que l’abomination est ?tablie. Il faut donner sa traduction juridique et judiciaire. Et eux en arrivant ici ont pour objectif pr?cis d’anticiper pour amoindrir les enjeux judiciaires. Or, amoindrir la gravit? judiciaire c’est toujours aggraver l’horreur de la port?e financi?re de cette abomination, de cette infamie?, expose-t-il au rang des injustices et in?galit?s subies par l?Afrique dans sa position d?inf?riorit?. Il ?tend cette r?alit? aux aspects ?conomiques qui lient le continent au reste du monde; alors m?me que la voix de la mondialisation s?est impos?e ? l?Afrique, sur fond d?esp?rance de retomb?es positives. ?L??conomie mondiale ne se soucie pas d’?quilibrer, de redistribuer les richesses, les trouvailles. Or, le 20eme si?cle nous racontait qu’il avait fait un bond dans la conception unitaire de l’habitation du monde. On parlait du village-monde. Mais on avait compris que chaque ?conomie tient d’abord ? sup?rioriser sa partie et non pas ? redistribuer pour que le village-monde soit moins paup?ris?, soit une autre chose dans son unit?, dans sa multiplicit?. D’o? cette exigence que nous avons de repenser et de red?finir ce soi. Deuxi?me topique, les r?appropriations de soi. Il est donc important de comprendre que le premier enjeu qui est le n?tre, qui se dresse devant nous comme un geyser, c’est l’autod?finition de soi. Non pas un soi extatique, contemplatif, mais un soi ouvert?, souligne le scientifique, abordant l?int?r?t de la Nouvelle pens?e dont il est l?un des d?positaires. Le proc?d? conduisant ? cette finalit? ne semble cependant pas de tout repos tant l?ali?nation d?nonc?e est profonde. ?Depuis les traites n?gri?res, vous voyez comment ?a fonctionne, comment l’esclavage nous a d?sincarn?s totalement, puis la colonisation, et aujourd’hui, le n?ocolonialisme, nous n’avons pas de descriptions pertinentes de soi. Elles sont biais?es, elles sont d?pr?ci?es. Il nous faut nous red?crire autrement. Avec un horizon possible, capable de d?gager autrement ce qu’est l’homme, ce qu’est la pens?e, ce qu’est vivre ensemble, ce qu’est la relation ? la nature, ce qu’est la relation ? l?environnement?, d?clare-t-il avant d?appeler ? une refonte des relations commerciales entre l?Afrique et l?Occident. Louise Nsana Une mission pour les prochaines g?n?rations La jeunesse (actuelle et future) est appel?e ? perp?tuer la Nouvelle pens?e africaine dans les faits, gr?ce au d?veloppement des qualifications, savoirs et comp?tences. Relancer l?Afrique alors que tout semble jouer en d?faveur de l??mergence du continent. Tel est le mandat dont est investie la jeunesse du continent face aux contexte politique, macro?conomique en d?gradation. Et pour y arriver, l?universitaire C?cile Dolisane Ebosse appelle la jeunesse ? tenir le flambeau du savoir, via l??ducation. ?Th?ophile Obenga demande aux jeunes africains de s’inscrire dans la connaissance, et d’avoir le d?fi de la connaissance. Donc, la connaissance qui permet justement d’appr?hender les situations, d’appr?hender l’environnement, d’appr?hender l’ensemble des outils qui permettent de transformer son discours?, mart?le-t-elle. Le challenge pour les g?n?rations futures ? son sens consiste ? sortir de la diplomite pour progresser vers l?innovation, la cr?ation et le d?passement de soi. En termes de savoir, rappelle-t-on ? Yaound?, toutes les disciplines se valent. ?Voil? les grands d?fis exprim?s ? travers cette revue. Qui repr?sentent une manne d?opportunit? pour les jeunes g?n?rations qui devraient ?voluer d?sormais entre l’afrocentrisme et l’afro futurisme?, indique C?cile Dolisane Ebosse.La recherche du savoir ici pr?n?e touche la dimension plurielle des avoirs acad?miques et professionnelle que des aspects culturels sp?cifiques ? l?Afrique.?Donc, toutes les disciplines, les humanit?s, les sciences sociales et les exp?rimentales doivent se conjuguer, se croiser et s’encroiser. En r?cup?rant l?intelligence ancestrale, cela nous permet d’agir sur certains probl?mes contemporains. Comment cette intelligence ancestrale informe les questions sur le changement climatique ou sur le d?fi de l’intelligence artificielle?, questionne la savante qui rappelle dans la foul?e que la mission attendue de la jeune g?n?ration sera

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Depuis Yaound?: la Pens?e africaine se r?ajuste

Au commencement Il y a 28 mois, en octobre 2022, le monde entier vibrait au rythme des ?chos d?une conf?rence internationale organis?e au palais des Congr?s de Yaound? par le Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et les langues africaines (Cerdotola). In?dites, les assises travaillaient pour une nouvelle pens?e africaine. Les statistiques de pr?sence donnent ? constater une participation de pr?s de 1400 personnes venues des quatre coins de la plan?te et de plusieurs horizons scientifiques, disciplinaires et culturels. Les travaux furent sanctionn?s par la d?claration du 28 octobre 2022; qui porta sur ses fonds baptismaux un v?ritable mouvement aux contours plan?taires baptis?e Nouvelle pens?e africaine. La d?claration de Yaound? recommandait notamment de densifier la r?flexion engag?e, d?en ?largir les termes de r?f?rence, de diss?miner les r?sultats des recherches, d?organiser leur application en multipliant les partenaires, les acteurs et les synergies; d?en g?n?raliser les pratiques afin de doter l?Afrique et le monde d?une impulsion intellectuelle soutenue, capable de structurer ses r?volutions silencieuses et de porter ses projections de changements transformationnels dans tous les domaines de la vie. Ensemble, les participants missionn?rent le Cerdotola ? mettre en place un outil et un vecteur conceptuel enti?rement d?di? ? la renaissance africaine au sens le plus fort et le plus int?gral. En d?autres termes, ils invitaient ? capitaliser les id?es, les actions et les projections ?parses dans diverses initiatives pour r?inventer l?Afrique par les Africains du continent et de la diaspora. Un certain nombre de t?nors se rang?rent imm?diatement en ordre de bataille pour faire avancer cette ?uvre collective pharaonique appelant d?urgence la mobilisation permanente de l?esprit et du g?nie africain, cl?s indispensables pour que cette ?volution soit consolid?e de mani?re efficace et inclusive. Cette histoire, racont?e par le Pr Charles Binam Bikoi le 19 f?vrier 2025, a pr?c?d? la pr?sentation de la Revue internationale des sciences, cultures et patrimoines ?Nouvelle pens?e africaine? dont la pr?sente production ?ditoriale fait l??conomie. Louise Nsana L?Afrique prend son destin en main. Les signes avant-coureurs de cet aboutissement se profilent progressivement. Le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont ouvert le bal en cr?ant une s?paration profonde et sans pr?c?dent avec la France. Avant eux, le pr?sident Paul Biya du Cameroun mettait un terme ? certains accords historiques secrets avec le colonisateur d?antan. Comment passer sous silence la verve de plusieurs chefs d?Etats africains face ? ?l?attitude m?prisante? du pr?sident Emmanuel Macron en janvier dernier. Tout cela est de bons augures pour d??minents savants africains. R?unis ? Yaound? le mercredi 19 f?vrier 2025, sous l??gide du Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et les langues africaines (Cerdotola), une vingtaine d?intellectuels profilent une pens?e africaine d?tach?e des th?ories dites dominantes sous lesquelles le continent a longtemps ploy?. La Revue internationale des sciences, cultures et patrimoines sur la ?Nouvelle pens?e africaine?, parue la semaine derni?re en premier num?ro, en trace le sillon. ?En ce qui concernent les enjeux, ils sont les m?mes que ceux pour lesquels le Cerdotola a convoqu? et convoquera d?sormais la convention de la Nouvelle pens?e africaine. A savoir: outiller l?Afrique de la nouvelle dynamique conceptuelle th?orique et in-th?orique afin de soutenir les projections de transformation et les orientations des actions indispensables pour faire face aux d?fis du 21e si?cle qui commencent ? ressembler ? un si?cle du retour ? la loi du plus fort. Ces d?fis tournent autour de la transition de puissance, pour ceux qui exercent la puissance, et de la construction de la puissance?, souligne Charles Binam Bikoi, directeur de la revue. D?construction et constructionLes ?lites intellectuelles du continent et de la diaspora s?engagent ? la d?construction – construction. Autant dans l?esprit de la loi, qui a permis de fa?onner des si?cles de d?pendance aux puissances mondiales, que dans le pragmatisme d?une action visant ? faire renaitre l?Afrique ? partir de ses cendres.?Les histoires de la proclamation des ind?pendances, l?organisation de l?unit? africaine et les droits des afro-am?ricains ont ?t? suivies par une ?clipse. Cette ?clipse s?est caract?ris?e par une atomisation nationaliste, individualiste, ?conomiciste, endog?n?iste violente et partisane de la pens?e. C?est ainsi que la pens?e africaine a sombr? dans une quasi-absence de mouvements cons?quents d?id?es et de cr?ativit?. Qui mettra en doute que les d?cennies perdues pour le d?veloppement pass?es sous la dictature exog?niste de l?ajustement structurel auront ?t? les manifestations de la r?cession de la pens?e?, questionne le Pr Charles Binam Bikoi. Il est suivi dans cette logique par le philosophe Camerounais Ebenzer Njoh Mouelle: ?La nouvelle pens?e africaine ? mettre ? jour ne devrait pas ?tre une pens?e d?amphith??tre s?entretenant avec elle-m?me. Mais au contraire, elle devrait interpeller le politique et le pouvoir d?Etat. Convaincu de cette pr?occupation, le directeur de la revue, le Pr Charles Binam Bikoy, invite ? relancer les efforts inaboutis notamment en ce qui concerne le panafricanisme et la r?alisation d?une authentique unit? africaine en faveur de laquelle Kwame Nkrumah avait ardemment milit? jusqu?au coup d?Etat savamment orchestr? par ceux-l? m?mes qui continuent de combattre le projet de faire ?merger une vraie puissance politique africaine au niveau du continent?, explique le philosophe camerounais, Ebenezer Njoh Mouelle, pr?sentant mercredi une note de lecture de la Revue. Pour lui, nul doute que la pens?e ? que porte ?galement les Professeurs Jacques Fame Ndongo de l?Universit? de Yaound? I, Theophile Obenga de l?Universit? Marien Ngouabi de Brazzaville, Achille Mbembe de l?Universit? de Witwatersrand de Johannesburg, Seloua Luste Boulbina de l?Universit? de Paris, C?cile Dolisane Ebosse de l?Universit? de Yaound? I et Urbain Amoa de l?Universit? Charles Louis de Montesquieu en c?te d?Ivoire, entre autres – doit conduire ? un repositionnement de l?Afrique dans le concert des nations. ?Une deuxi?me chose sur laquelle l?on devrait mettre l?accent est l?acc?s au stade de puissance financi?re, de puissance ?conomique, de puissance militaire. Souvenez- vous que toutes ces trois puissances se trouvent au Nord par rapport au Sud. La puissance technologique aussi pour l?exploitation de nos minerais. Qui est-ce qui va sous terre? Ce n?est pas nous. Nous nous contentons de donner des

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Immigration vers le Canada : Tour de vis en pr?paration

Lors de sa visite au Cameroun, la semaine derni?re, la sous- ministre adjointe des Affaires internationales et R?ponses aux Crises, Immigration, R?fugi?s et Citoyennet? du Canada a discut? de m?canismes mis en ?uvre par Yaound? pour dissuader les voyageurs ? rejoindre ce pays d?Am?rique du Nord. Avec un volume de pr?s de 6.000 Camerounais qui ont immigr? au Canada de janvier ? avril 2024, le Cameroun est le deuxi?me pays au monde pourvoyeur de main d??uvre au Canada, juste derri?re la France. In fine, cela atteste de la forte pr?sence de la communaut? camerounaise dans ce pays. Et du coup, voil? qui donne de l?importance ? l?enjeu de gestion de ladite communaut?. Alors, Jennifer Maclntyre (sous- ministre adjointe des Affaires internationales et R?ponses aux Crises, Immigration, R?fugi?s et Citoyennet? du Canada) a fait le d?placement de Yaound? la semaine derni?re. Au minist?re camerounais des Relations ext?rieures, o? elle s?est rendue le 17 f?vrier 2025, bien qu?ayant soulign? l?ouverture de son pays aux ressortissants d?autres pays, Jennifer Maclntyre a (? en croire nos sources), fait la promotion de l?approche canadienne de privil?gier ?les retours au pays?. D?o? son soutien au Programme d?aide au retour et ? l?insertion des jeunes de la diaspora (PARI-JEDI) plac? sous l?autorit? du minist?re de la Jeunesse et de l?Education Civique. PlafondLa Canadienne insiste sur l?importance de trouver un ?quilibre entre les avantages de l??migration, notamment en termes de comp?tences et d?exp?riences, et les d?fis qu?elle pose au Cameroun, notamment la fuite des talents dans des secteurs cl?s comme la sant? et les nouvelles technologies. A ce propos, apprend-on, Jennifer Maclntyre sugg?re au Haut-Commissaire du Canada au Cameroun, Lorraine Anderson, de fixer des cibles annuelles d??mission de visas de r?sident permanent en fonction de la r?partition et du rythme de l?immigration les plus susceptibles de contribuer ? la satisfaction de ces objectifs. Pour d?crire cela, la sous- ministre adjointe des Affaires internationales et R?ponses aux Crises, Immigration, R?fugi?s et Citoyennet? du Canada parle de la s?curisation des migrations des Camerounais et de son processus, c?est-?-dire le processus par lequel les migrations sont int?gr?es dans un syst?me de s?curit? qui met l?emphase sur le contr?le. En ce sens, l?approche soutenue par la visiteuse canadienne est surtout orient?e vers une ?valuation des m?canismes camerounais propres ? favoriser la limitation des d?parts. Ongoung Zong Bella

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C’est Dieu seul qui nous garde

Dis-moi o? tu manges et je te dirai comment et avec quels ingr?dients sont concoct?s tes repas. L?, nous parlons de ce que nous consommons dans la rue, o? la proximit? et l?abondance des plats donnent le tournis. Par?s de leurs plus beaux atours, les menus se donnent la main dans une farandole infernale. Et leur s?duction est d?autant plus irr?sistible qu?ils portent tous dans un coin de notre t?te le label ?nourriture de chez nous?. Nos grands app?tits sont les r?v?lateurs ?clatants de notre rapport ordinaire ? la nourriture du terroir, marqu?e par le bin?me ?quantit?-prix?, auquel peu d?entre- nous ?chappent. Tyrannie de la pauvret? oblige, la liste de gros plats que nous commandons ? vil prix s?allonge en m?me temps que des histoires in?dites. Ces derniers temps, l’opinion publique nationale d?gaine sur la communaut? des restaurateurs. Ces derniers sont ?pingl?s et pilonn?s dans les r?seaux sociaux o?, de fa?on syst?matique, il est accept? que des choses pas tr?s bonnes se d?roulent dans nos cuisines. Depuis quelques semaines, le Cameroun s?est pris ? entendre tout au sujet d?une jeune restauratrice qui, dans l’une de nos grandes villes, s’est offert un curieux plaisir. Parce que la description de ce plaisir heurte les ?pith?tes et les attributs dont se servent les personnes polies, on dira tout simplement que ce plaisir est sadique. Sadique sur le plan moral, sadique sur le plan nutritionnel, sadique sur le plan commercial. Vous l’aurez devin?, nous parlons de cette jeune restauratrice qui, pour des raisons que nous ignorons, mixe dans une marmite des urines avec un aliment destin? ? la consommation humaine.Mais seulement voil?! Ce n?est pas le premier cas. A Douala, ? la fin des ann?es 90, une dame avait ?t? arr?t?e par la police de la ville. Elle avait ?t? accus?e d?avoir pr?par? et vendu des l?gumes dans lesquels se trouvait un placenta. A Bonab?ri, toujours ? Douala, en mars 2001, un homme pris en flagrant d?lit d?utilisation et de vente de coca?ne dans du vin de palme avait publiquement ?t? molest? ? mort par ses clients. Ces quelques histoires rappellent ce que beaucoup d’entre nous ?vitons de nommer, au nom du principe selon lequel ?c’est Dieu seul qui nous garde?. Et parce que Dieu nous garde justement, faut-il croire que ces pratiques n?ont plus rien d?in?dit? La question oblige ? analyser avec beaucoup d’?quilibre les multiples facettes du probl?me: aspects moraux, dimensions sanitaires, ?l?ments anthropologiques? Et le cas que nous ?voquons suffit pour nous interroger sur les conditions d’hygi?ne tout autour de ce que nous consommons dans la rue, dans les ?tourne-dos?, restaurants et h?tels, o? aucun miracle n?est cens? nous prot?ger des recettes taboues de ceux qui veulent faire du chiffre ? tous les prix. Sont donc taboues des choses auxquels nous nous interdisons de croire en temps normal, mais que nous d?vorons avec app?tit. C?est un cercle vicieux: plus ces choses sont ?puissantes?, plus le restau marche, plus le tenancier ne fait que nous rendre plus proches de lui, donc plus d?pendants de ce qu?il nous propose ? son menu, et plus les r?sultats d?vastateurs sont ignor?s jusqu?au moment o? elles sont mises ? nu. Bien entendu, il n’est pas dit ici que partout ces conditions d’hygi?ne sont plus proches de z?ro. Non! Ce que nous disons est strictement traduisible selon le contexte que nous avons d?clin? ? savoir l?entrecroisement sensible entre la morale, le commerce, la dignit? du commer?ant et celle du client, ainsi que la dignit? humaine. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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