Pass? colonial de l?Afrique et ?conomie in?galitaire : lourd tribut pour l?Afrique

Les lacunes des syst?mes ?conomiques, juridiques et judiciaires mis en ?uvre ? l?aune des orientations des supers puissances ne sauraient ?tre d?un grand b?n?fice pour l?Afrique. La r?alit? est mise en exergue dans le cadre des assises de pr?sentation de la Nouvelle pens?e africaine.

Communion autour de la Nouvelle pens?e africaine

Le probl?me des r?parations li?es ? l?esclavage et la colonisation devient in?vitable en Afrique. Alors que pour certaines communaut?s hors du continent la question est r?gl?e depuis des d?cennies, le continent noir peine ? se faire r?tablir dans ses droits. Une dynamique a lieu ces derni?res ann?es; en France notamment, o? la d?classification des archives a permis de donner de la vigueur aux travaux de recherche sur le pass? colonial des territoires jadis annex?s par la France. Les premiers r?sultats de ces travaux de recherches sur la p?riode 1945-1971 sont disponibles au Cameroun, o? une commission mixte franco-camerounaise a ?t? constitu?e ? cette fin sous l??gide de Paris. Et comme pour en acc?l?rer les processus similaires sur l?ensemble du continent, l?Union africaine a donn? de sa voix au concert des revendications le 15 f?vrier dernier, ? l?occasion du 38e sommet organis? sur le th?me: Justice pour les Africains et les personnes d?ascendance africaine par le biais des r?parations. La d?marche souscrite par l?institution continentale pour parvenir ? cet id?al consiste ? la fois ? des compensations financi?res et des politiques de r??quilibrages ?conomique, ?ducatif et social. L?id?al de justice recherch?e laisse cependant des doutes, notamment chez le Professeur gabonais Gr?goire Biyogo, de l?universit? panafricaine de la renaissance de Paris. ?Qui dit le conflit? Qui le d?dit? Qui met un terme au conflit? C?est celui qui a la puissance technologique. On voit bien ici que ce n?est pas n?cessairement la conception intrins?que de la justice que nous d?ployons?, ?nonce-t-il.

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Pour ce dernier, la justice ? laquelle a droit l?Afrique reste sous le contr?le de l?Occident qui d?tient toujours sous sa coupe une partie des archives. ?J?ai appris qu?une communaut? d?historiens venaient au Cameroun pour r??crire la m?moire d?un acte inaudible. Comment peut-on penser que pour redire cet acte abominable, un regard ext?rieur puisse un tant soit peu ?tre pr?sent. Il s’agit de dire l’une des plus hautes abominations des temps coloniaux et aujourd’hui les chercheurs doivent automatiquement poser l’?quation d?s que l’abomination est ?tablie. Il faut donner sa traduction juridique et judiciaire. Et eux en arrivant ici ont pour objectif pr?cis d’anticiper pour amoindrir les enjeux judiciaires. Or, amoindrir la gravit? judiciaire c’est toujours aggraver l’horreur de la port?e financi?re de cette abomination, de cette infamie?, expose-t-il au rang des injustices et in?galit?s subies par l?Afrique dans sa position d?inf?riorit?. Il ?tend cette r?alit? aux aspects ?conomiques qui lient le continent au reste du monde; alors m?me que la voix de la mondialisation s?est impos?e ? l?Afrique, sur fond d?esp?rance de retomb?es positives. ?L??conomie mondiale ne se soucie pas d’?quilibrer, de redistribuer les richesses, les trouvailles. Or, le 20eme si?cle nous racontait qu’il avait fait un bond dans la conception unitaire de l’habitation du monde. On parlait du village-monde. Mais on avait compris que chaque ?conomie tient d’abord ? sup?rioriser sa partie et non pas ? redistribuer pour que le village-monde soit moins paup?ris?, soit une autre chose dans son unit?, dans sa multiplicit?. D’o? cette exigence que nous avons de repenser et de red?finir ce soi. Deuxi?me topique, les r?appropriations de soi. Il est donc important de comprendre que le premier enjeu qui est le n?tre, qui se dresse devant nous comme un geyser, c’est l’autod?finition de soi. Non pas un soi extatique, contemplatif, mais un soi ouvert?, souligne le scientifique, abordant l?int?r?t de la Nouvelle pens?e dont il est l?un des d?positaires. Le proc?d? conduisant ? cette finalit? ne semble cependant pas de tout repos tant l?ali?nation d?nonc?e est profonde. ?Depuis les traites n?gri?res, vous voyez comment ?a fonctionne, comment l’esclavage nous a d?sincarn?s totalement, puis la colonisation, et aujourd’hui, le n?ocolonialisme, nous n’avons pas de descriptions pertinentes de soi. Elles sont biais?es, elles sont d?pr?ci?es. Il nous faut nous red?crire autrement. Avec un horizon possible, capable de d?gager autrement ce qu’est l’homme, ce qu’est la pens?e, ce qu’est vivre ensemble, ce qu’est la relation ? la nature, ce qu’est la relation ? l?environnement?, d?clare-t-il avant d?appeler ? une refonte des relations commerciales entre l?Afrique et l?Occident.

Louise Nsana

Une mission pour les prochaines g?n?rations

La jeunesse (actuelle et future) est appel?e ? perp?tuer la Nouvelle pens?e africaine dans les faits, gr?ce au d?veloppement des qualifications, savoirs et comp?tences.

Relancer l?Afrique alors que tout semble jouer en d?faveur de l??mergence du continent. Tel est le mandat dont est investie la jeunesse du continent face aux contexte politique, macro?conomique en d?gradation. Et pour y arriver, l?universitaire C?cile Dolisane Ebosse appelle la jeunesse ? tenir le flambeau du savoir, via l??ducation. ?Th?ophile Obenga demande aux jeunes africains de s’inscrire dans la connaissance, et d’avoir le d?fi de la connaissance. Donc, la connaissance qui permet justement d’appr?hender les situations, d’appr?hender l’environnement, d’appr?hender l’ensemble des outils qui permettent de transformer son discours?, mart?le-t-elle. Le challenge pour les g?n?rations futures ? son sens consiste ? sortir de la diplomite pour progresser vers l?innovation, la cr?ation et le d?passement de soi. En termes de savoir, rappelle-t-on ? Yaound?, toutes les disciplines se valent. ?Voil? les grands d?fis exprim?s ? travers cette revue. Qui repr?sentent une manne d?opportunit? pour les jeunes g?n?rations qui devraient ?voluer d?sormais entre l’afrocentrisme et l’afro futurisme?, indique C?cile Dolisane Ebosse.
La recherche du savoir ici pr?n?e touche la dimension plurielle des avoirs acad?miques et professionnelle que des aspects culturels sp?cifiques ? l?Afrique.?Donc, toutes les disciplines, les humanit?s, les sciences sociales et les exp?rimentales doivent se conjuguer, se croiser et s’encroiser. En r?cup?rant l?intelligence ancestrale, cela nous permet d’agir sur certains probl?mes contemporains. Comment cette intelligence ancestrale informe les questions sur le changement climatique ou sur le d?fi de l’intelligence artificielle?, questionne la savante qui rappelle dans la foul?e que la mission attendue de la jeune g?n?ration sera de se saisir de toutes les ressources existantes afin de faire ?voluer, dans la vision et la pratique, la pens?e africaine d?un d?veloppement du continent.


Louise Nsana

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