Nom de l’auteur/autrice :Viviane TCHIAZE

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Tous coupables !

?Falaka?. L?, nous sommes en pays de connaissance des lexicologues, puisque Le petit Larousse affiche le terme, en d?finit le sens et identifie ses inventeurs. Il nous pr?cise qu?il d?signe des coups sur la plante des pieds. Une des forces du mot est d??tre utile et pratique chez ceux qui, au m?pris de toutes les garanties pr?vues par la loi, ont fait de la torture physique un m?tier. Depuis que la vid?o pr?sentant Longu? Longu? subissant la falaka est devenue un de ces aimants langagiers qui attire toutes les ferrailles politiques, sociologiques et intellectuelles, ce qui se dit ne cesse de mettre en ?vidence les conflits d?interpr?tation, ou plut?t les ambigu?t?s de la construction sociologique et les enjeux ?thiques et politiques des tortures inflig?es aux citoyens ? divers endroits du Cameroun. Dans ce qu?il convient d?sormais d?appeler ?l?affaire Longu? Longu??, ce qui nous tient ? la gorge avec une force particuli?re, nous invite ? r?fl?chir sur les le?ons ? tirer des faits pour notre soci?t? contemporaine, et ce qu’on lui souhaite. En fait, le d?bat juridique et moral (est-il l?gitime de torturer une personne?) concerne tout le monde. Mais il est d?j? r?gl?. Le droit international est tr?s clair: ?La torture est immorale et ill?gale, et, deuxi?mement, il est interdit aux signataires de la convention des Nations unies non seulement de se rendre responsables d’actes de torture, mais aussi de les tol?rer, de les mandater ou de les faciliter?. Ce droit, cependant, n’efface pas le fait: on a tortur?, depuis toujours, et on torture encore. D’o? un autre probl?me: la torture est-elle efficace? Envisag?e du seul point de vue pragmatique ou technique, une telle question semble ne devoir int?resser que les tortionnaires patent?s – gangsters, ravisseurs, mafieux, soldats d’arm?es de terreur ou agents d?voy?s de polices d’Etat. Les enjeux sont politiques pourtant, car si la torture est partout proscrite parce que ?cruelle et inhumaine?, c’est au nom de son efficacit? qu’elle est malgr? tout utilis?e, comme moyen ultime d’arracher des aveux, des informations, des secrets, en vue de fins jug?es sinon l?gitimes du moins n?cessaires. Voil? donc o? nous en sommes, chers lecteurs, ? force de donner la parole ? n?importe qui, ? n?importe quelle heure et sur n?importe quel sujet. Nous en sommes ? entendre que la torture serait acceptable dans certains cas; ce qui ne manque pas de conforter ses praticiens dans le fantasme d?avoir dompt? tous les risques et absout les ?ventuelles responsabilit?s. Et c?est l? un aspect important du d?bat, si l?on ne veut pas uniquement s?en tenir aux controverses relatives au pourquoi ce n?est que maintenant que la vid?o est publi?e. En r?alit?, les racines du mal sont beaucoup plus profondes au Cameroun o? la torture a deux buts: faire parler ou faire taire. Dans ce cadre, la s?v?rit? des effets de tous ordres d?bouche sur un questionnement qui ne peut ?tre ?lud?: qui torture qui? Bien ?videmment ce ne sont pas uniquement ceux qui ont tortur? Longu? Longu?. C?est tout le monde. Notre soci?t? est celle dans laquelle on pratique la torture; celle dans laquelle les tortionnaires redoublent d?imagination et de cruaut?, infligeant ? leurs victimes de pires atrocit?s, dans de macabres et terrifiantes mises en sc?ne. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Les pays de l?AES comme Bartim?e

Bartim?e, nom que l?on peut traduire par ?fils de l?honor??, n??tait pas honor? par les hommes de son temps. Mais J?sus va l?honorer, en le gu?rissant et en l?int?grant dans cette soci?t? qui l’avait exclu. Les disciples voulaient le faire taire, ils trouvaient qu’il ?tait un casse-pieds. En leur demandant de l?appeler, J?sus d?sire leur faire comprendre que Bartim?e a, lui aussi, du prix aux yeux de Dieu, qu’il m?rite d??tre respect? et honor? plut?t que d’?tre rejet? et m?pris? ? cause d?une infirmit? dont il n?est nullement responsable. Les disciples ont tent? d??touffer le cri de d?tresse de Bartim?e, probablement parce qu?ils avaient besoin de tranquillit?. Mais peut-on se reposer quand certains fr?res sont aux prises avec la maladie ou l?exclusion, quand ils sont oblig?s de faire la manche pour survivre? Pour J?sus, notre petit confort n?est pas plus important que la souffrance de nos semblables. Il en donne lui-m?me l?exemple en s’arr?tant pour parler avec Bartim?e et le gu?rir de sa c?cit? alors qu?il est en route pour J?rusalem o? il sera moqu?, insult? et mis ? mort. Le risque existe toujours de s?enfermer dans sa bulle, de refuser de s?arr?ter pour donner un coup de main, parce que soi-m?me on a du mal ? r?gler ses probl?mes. Le risque existe toujours de penser que nous devons nous occuper d’abord de nos affaires, de prendre soin de nous-m?mes en priorit?. C?est tout le contraire que nous montre le Nazar?en dans l??vangile de ce dimanche 27 octobre 2024. La tentation existe toujours de d?courager ceux qui veulent briser les cha?nes qui les tiennent captifs. Un chr?tien devrait encourager, stimuler, motiver, dire: « N?abandonne pas! » Les Bartim?es d’aujourd’hui, ce sont, par exemple, les pays de l?AES d?sireux de cesser de mendier au bord du chemin. Ils ont besoin d??tre encourag?s parce qu’ils m?nent un combat difficile mais noble. C’est pour nous tous qu’ils se battent. Jean-Claude Dj?r?k?

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Chine-Afrique: une relation dynamique

Depuis le d?but du 21e si?cle, la Chine a r?ussi ? se hisser ? la deuxi?me place dans l’?conomie mondiale, apr?s les ?tats-Unis. Elle revendique ainsi une influence diplomatique et ?conomique mondiale, rivalisant avec les autres grandes puissances en mati?re de commerce et d’investissement, notamment en Afrique. L’Afrique, en revanche, est une vaste zone g?ographique de la plan?te, c’est le troisi?me continent le plus grand du monde en termes de superficie et le deuxi?me en termes de population (estim?e ? environ 1,5 milliard d’habitants en 2024). Elle a une superficie d’environ 30,2 millions de kilom?tres carr?s avec les ?les environnantes et occupe 6 % de la surface totale de la Terre et 20,4 % de la superficie totale des terres ?merg?es.Elle est ?galement riche en ressources naturelles (p?trole, gaz naturel, uranium, lithium, cobalt, diamants, or, cuivre, etc.) et pr?sente donc un grand int?r?t ?conomique. La R?publique d?mocratique du Congo, par exemple, repr?sente environ 70 % de la production mondiale de cobalt.Les relations de la Chine avec les pays africains ne sont pas nouvelles. Elles remontent aux ann?es 1950, et plus pr?cis?ment ? 1955, lorsque la Conf?rence de Bandung eut lieu, au cours de laquelle les 29 pays africains et asiatiques participants adopt?rent les ?Cinq principes pour une coexistence pacifique », auxquels la Chine avait initialement souscrit en 1954 avec l’Inde. Ces principes sont le respect mutuel de la souverainet? et de l’int?grit? territoriale, la non-agression mutuelle, la non-ing?rence mutuelle dans les affaires int?rieures de chacun, l’?galit? et les avantages mutuels et la coexistence pacifique.A cette ?poque, la Chine signait des accords commerciaux avec des Etats africains, comme l’Alg?rie ou le Soudan. Fin 1963, Chu Enlai, alors Premier ministre chinois et num?ro deux apr?s Mao Zedong, effectua un voyage dans dix Etats africains en deux mois. Depuis, la pr?sence chinoise en Afrique n’a cess? de s’intensifier. Les int?r?ts de la Chine sur le continent africain sont centr?s sur l’?conomie, la politique, la s?curit? et la culture. L’Afrique est importante pour la Chine principalement parce qu’elle lui fournit d’importantes ressources pour soutenir sa base industrielle en pleine croissance, ainsi que pour assurer sa s?curit? ?nerg?tique. En m?me temps, la Chine consid?re l’Afrique comme une destination importante pour ses produits manufactur?s ? bas prix.L’Afrique joue ?galement un r?le important au sein des organisations multilat?rales internationales et notamment dans celles o? chaque pays-membre dispose d’une voix. La Chine tente ainsi d’attirer les gouvernements africains afin de recueillir le soutien de ses politiques sur la sc?ne internationale.Depuis 2002, en effet, le Forum sur la coop?ration sino-africaine (FOCAC) est pleinement op?rationnel, dont les membres sont 53 pays africains (c?est-?-dire tous pleinement reconnus ? l?exception du Royaume d?Eswatini qui entretient des relations diplomatiques avec Taiwan), et qui fonctionne ? trois niveaux, le niveau minist?riel ?tant le plus ?lev?. Il se tient ?galement tous les trois ans, en alternance entre un pays africain et la Chine. La derni?re conf?rence du FOCAC s?est tenue ? P?kin du 4 au 6 septembre 2024. Lors de cette 9e Conf?rence, le pr?sident chinois Xi Jinping s’est engag? ? fournir ? l’Afrique 360 milliards de yuans (50,7 milliards de dollars) d’aide financi?re au cours des trois prochaines ann?es, tout en promettant que son gouvernement contribuerait ? cr?er au moins 1 million d’emplois sur le continent.Le FOCAC, cr?? en 2000, est le principal m?canisme de coordination multilat?rale entre les pays africains et la Chine, et repose sur les d?clarations sur les principes de coexistence pacifique. Il est le principal canal par lequel la Chine fournit des ressources aux pays africains. Par le biais du FOCAC, la Chine fournit des aides sous forme d’annulation de la dette (en 2003, elle a annul? 750 millions de dollars am?ricains pour un total de 31 pays africains) sous forme de dons, de pr?ts ? taux r?duit et de pr?ts sans int?r?t. P?kin est donc le premier cr?ancier et l’un des principaux financeurs de nombreux projets d’infrastructures. Les fonds chinois ont servi ? la construction d’autoroutes, de voies ferr?es -r?cemment les r?seaux ferroviaires Addis-Abeba-Djibouti et Mombasa-Nairobi au Kenya ont ?t? livr?es aux gouvernements locaux -, de ports et de centrales ?lectriques sur tout le continent (au Nigeria, au Ghana et au Gabon, par exemple).En effet, plus de 3 000 entreprises chinoises sont pr?sentes dans les villes africaines, dont plus de 70 % sont des entreprises priv?es, constituant le pilier des investissements chinois en Afrique. De 2017 ? 2022, les investissements directs ?trangers (IDE) de la Chine en Afrique ont atteint 74 milliards de yuans (10,14 milliards de dollars), ce qui repr?sente 18 % des investissements directs ?trangers mondiaux en Afrique et au m?me niveau que l’Europe et les ?tats-Unis.P?kin est le premier partenaire commercial du continent africain. Selon le Fonds mon?taire international (FMI), pr?s d’un quart des exportations africaines sont destin?es ? la Chine, principalement des min?raux et des m?taux, et environ 16 % des importations proviennent de ce pays. Les ?changes commerciaux de la Chine avec les pays africains ont atteint un pic en 2023, ? 282 milliards de dollars. Parall?lement, comme le rapporte le Global Times, des touristes chinois ont visit? plusieurs destinations africaines en 2024, notamment le Kenya, la Tanzanie et le Maroc. En fait, selon cette publication, le Kenya a annonc? 1,1 milliard de dollars de revenus provenant d’activit?s touristiques similaires au cours du seul premier semestre de 2024. La Chine est en outre en concurrence f?roce et ouverte avec l’Occident, en premier lieu avec les ?tats-Unis, en Afrique, les deux superpuissances tentant d’accro?tre leur influence politique sur le continent et leur acc?s ? ses ressources naturelles. La campagne de p?n?tration de la Chine en Afrique prend un poids suppl?mentaire pour le r?gime chinois, qui revendique le leadership dans ce qu’on appelle le ?Sud global?, qui a pris une telle ampleur qu’elle indique implicitement la r?organisation du pouvoir mondial entre un monde ancien et un monde ?mergent.En conclusion, je voudrais souligner que le principe d?clar? de non-ing?rence dans les affaires int?rieures des autres ?tats ne doit en aucun cas ?tre contourn? par la Chine. L’avenir

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Eseka?: train de vie de l?indiff?rence et du mauvais souvenir

Il y a 8 ans, au moins 70 personnes perdaient leurs vies dans un accident ferroviaire survenu dans le chef-lieu du d?partement du Nyong-et-Kelle. A ce jour, quelques paroles de douleur r?sistent ? ? la vie ? qui roule ? tr?s grande vitesse dans la ville. Comment d?couvrir quelques-unes des facettes les plus enivrantes d?Eseka ce 18 octobre 2024 ? En r?pondant ? la question, Jacques Libam Bikoi, un natif de la ville, recourt ? la m?taphore ferroviaire : ? Le wagon est toujours plein ? Likabo. L?-bas, le train de vie ne s?arr?te jamais ?. Juste le temps de vider son sachet de whisky, le jeune mototaximan encha?ne des verbes, ? la forme active, ou passive, ou sous la forme participe, pour mieux rendre compte de l?ambiance qui s?vit en toutes saisons dans ce quartier du chef-lieu du Nyong-et-Kelle. ? A Likabo, la vie s?est lanc?e comme un train. ?a siffle 24/24 ! L?-bas, on mange, on danse, on livre, on se livre et on est livr?, on tamponne, on se tamponne et on est tamponn?, en se disant qu?on ne vit pas deux fois ?. Comme si sa langue osait enfin se d?lier d?un secret, Jacques Libam Bikoi explique que ? Likabo est devenu ainsi depuis fin octobre 2016, quand il y a eu un accident pr?s de la gare o? les gens avaient l?habitude de boire tr?s souvent ?.  ? Vivre ? A bien ?couter, le train de la vie s?est d?port? du lieu-dit ? Gare ? vers Likabo ? l?ouest d?Eseka. Sur les lieux, les observations et entretiens permettent d??tablir l?existence d?un large spectre d?interactions entre jeunes et vieux, hommes et femmes. Issus de toutes les classes sociales, ils se d?crivent globalement comme des personnes victimes de maux ordinaires ou des personnes tentant d??chapper ? leur solitude ou ? leur routine. Au fil d’?changes profond?ment humains, quelques buveurs d?alcool traditionnel ?voquent un drame qui les a touch?s de fa?on r?elle aussi bien que symbolique ; un drame qui a effondr? en eux toute envie d?aller ? vivre ? la gare ?.  Pour cela, ils soulignent la pr?ciosit? et la fragilit? de la vie. ? J??tais assis dans la buvette. A quelques m?tres de moi, ce que j?ai vu le 21 octobre 2016 ?tait terrible ! Quand le train a d?raill?, les gens criaient sous le fer ; un homme en tenue avait la t?te fendue comme une noix de coco ! Ce jour-l?, je me suis dit la vie n?est rien, mais rien ne vaut la vie ?, se rem?more Paul Massing Nwaha.  Entre deux gorg?es, Frida Nyem, sa voisine aborde les th?mes de la fatalit? et du hasard. Selon elle, il suffit de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment pour que le destin bascule. ? Ce 21 octobre 2016, c??tait leur jour. La mort est mont?e ? bord de leur train tout simplement ?, avance la dame. Dans un r?cit enrob? dans un bassa?a l?ger, Marcus Lucien Bahiya estime que quand se produit une catastrophe comme celle qui a emport? plus de 70 vies humaines et fait des centaines de bless?s, l’on ne peut songer, avec une certaine conviction, qu’? l’encha?nement de circonstances qui a men? les acteurs, parfois tout ? fait incidemment, sur le th??tre du drame. ? Ma fille, ?g?e de 23 ans seulement, est morte sous un wagon. Elle vendait des b?tons de manioc et la mort est venue la trouver au bord des rails ?, pleurniche le vieil homme.  Tout ? c?t?, un ivrogne ?rige la catastrophe ferroviaire du 21 octobre 2016 en une parenth?se dans l?existence de la ville d?Es?ka.  Ce qui, probablement, rythme son choix, c?est l?ivresse de la vie. ? Quel plus grand g?chis que de s’emp?cher de la vivre. Les gens sont morts ce jour-l?, et puis quoi ? Es?ka continue !?, grommelle-t-il.  Exag?ration ou indiff?rence, peut-?tre. Mais ?galement une partie de la v?rit?. Au cours des entretiens, ce qui est survenu dans cette ville il y a 8 ans suscite des r?flexions audacieuses. ? C?est pass?, Eseka respire et vit ?, rel?ve S?bastien Nkana, fonctionnaire ? la retraite. Pour la suite, c?est ? l?insulte que l?on tend le micro : ? Ce pourri sujet nous aide en quoi aujourd?hui ? Pour moi maintenant, mon vin est sup?rieur ? ce que vous racontez-l? ?. ? C?est que, ici ? Es?ka, nous sommes mus par une ?norme et ?puisante tension. Depuis qu?on a plac? le machin de st?le-l?, les gens vivent leur vie. On ne nous a toujours pas dit ce qui s?est r?ellement pass?. Je peux me tromper, le chef de l?Etat avait pourtant ordonn? une enqu?te. On doit tirer cette affaire au clair pour permettre ? nous les riverains de nous reconstruire moralement, car c?est bien de reconstruction qu?il s?agit apr?s ce traumatisme. ?, s?emporte Roland Bayiha, notable ? la chefferie de Likabo.  Tohu-bohu infernal Excit?s par la pr?sence du reporter, d?autres personnes se coupent mutuellement la parole pour discuter de ce qu?une voix appelle ? le contr?le d?moniaque des r?sultats de l?enqu?te ?. Dans un tohu-bohu infernal, il y a, d?un c?t?, ceux qui pensent que les conclusions des investigations sont log?es dans les tiroirs des services sp?ciaux du pays. Et puis, de l?autre c?t?, une poign?e soutient que tous les d?tails sur le drame du 21 octobre 2016 ? Es?ka n?ont pas encore ?t? livr?s. Au milieu, il y a des constructions sp?culatives qui misent sur un rebondissement ? quand les choses vont changer ?.   Sans doute toutes ces id?es enchev?tr?es sont-elles ? l??uvre au plus profond des uns et des autres. Reste que, entre pr?occupations diverses, beaucoup sont en proie au t?lescopage des rumeurs et des informations plus ou moins recoup?es. ? On nous a dit que, m?me si le temps passe, m?me apr?s un si?cle, les coupables seront punis ?, assume une dame. ? Il y a des gens qui ?taient dans ce train et dont les corps n?ont jamais ?t? retrouv?s ; et c?est la raison pour laquelle les enqu?tes ne sont

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Jean Luc Mastaki Namegabe?: ?Le contexte difficile nous am?ne ? se tourner vers l?innovation ?

Le directeur du bureau sous r?gional Afrique centrale de la Commission ?conomique pour l?Afrique appelle ? la mise en ?uvre de mesures favorables ? la recherche et l?innovation, Ce qui est n?cessaire ? la densification du tissu industriel dans la sous-r?gion. Quelle est la motivation derri?re la rencontre actuelle ?  Les ?conomies de l?Afrique centrale ont ?t? longtemps fortement d?pendantes des mati?res premi?res. Lorsque l?on regarde par exemple les ?conomies de la Cemac, l?on se rend compte qu?? 70%, nos pays ont des exportations concentr?es sur les produits du p?trole et sur le p?trole brut. Lorsque vous regardez vers la R?publique d?mocratique du Congo, nous sommes ici dans le large format de l?Afrique centrale, vous vous rendez compte que les ressources min?rales constituent encore une fois la grande part de nos exportations. Ce sont des produits que nous exportons sans grande valeur ajout?e et qui sont souvent sujets aux fluctuations des cours au niveau international. ?a fait que nos pays souffrent tous d?une certaine vuln?rabilit? au niveau macro?conomique. C?est pour ?a que nous ? la CEA, nous continuons ? marteler depuis 2017 qu?il faut donner de la valeur ajout?e ? ces produits en promouvant une industrialisation locale qui nous permettra finalement de pouvoir renforcer au niveau du commerce intra-r?gional qui est tr?s faible. Lorsqu?on regarde au niveau africain, la moyenne est autour de 12 ou 15%, mais en Afrique centrale les optimistes parlent de 2% d?autres parlent de moins de 2% du commerce intrar?gional. Et donc nous sommes une sous-r?gion qui ne commerce pas avec elle-m?me. Pourquoi ? Parce beaucoup de nos produits sont des mati?res premi?res que nous ne consommons pas. En de termes simples, quelqu?un dirait que nous produisons ce que nous ne consommons pas. Donc la diversification ?conomique qui consiste ? augmenter la part de produits manufactur?s dans notre basket d?exportation permettra non seulement d?endogeniser les emplois ; c?est-?-dire l?industrialisation, l?industrie est le secteur qui cr?? le plus d?emplois d?cents et massifs. La population en Afrique est jeune en majorit?. 64% de la population en Afrique centrale a moins de 24 ans. Des perspectives d?emplois sont importantes et c?est ? travers une industrialisation inclusive et durable qu?on peut r?pondre ? cela. Et aussi lorsqu?on diversifie une ?conomie, on se prot?ge par rapport ? un certains chocs exog?nes. La crise du Covid-19 est pass?e par ici, on a vu les effets. La crise de l?incursion ukrainienne est pass?e et on a vu les effets. Si nous continuons ? d?pendre des circuits d?approvisionnement ext?rieurs, nous restons extravertis, nous sommes vuln?rables ? tout choc qui peut intervenir sur le march?. N?est-ce pas un doux euph?misme de pr?tendre ? cela alors que le contexte dans nos Etats reste impropre ? l?innovation ? C?est effectivement ce contexte o? nous avons en face de nous beaucoup de d?fis. Que ?a soit les d?fis de productivit? ? l?agriculture ou ? la sant?, qu?il s?agisse des d?fis li?s aux changements climatiques ou au difficile acc?s ? l??nergie ; c?est ce contexte qui impose ? ce que l?on cherche l?innovation, car c?est une solution. Et donc c?est beaucoup plus dans ce contexte difficile qu?on a besoin d?innover. D?ailleurs les th?oriciens de l?innovation parlent de l?innovation induite. C?est-?-dire que ce sont les contextes de difficult?s qui encouragent ? aller vers les innovations. On ne dira pas que nous sommes en train d?investir sur quelque chose qui n?existe pas parce que les innovations existent d?j?. Il y a un probl?me c?est que les syst?mes d?innovations chez nous comprennent beaucoup d?acteurs : les chercheurs, les industriels, les politiciens, les laboratoires, les institutions des droits de propri?t?, etc. Tous ces acteurs ne sont pas tr?s bien connect?s. Nous faisons face ? un syst?me d?connect? o? finalement toutes ces innovations dont on est en train de parler finissent pas rester en plein laboratoire parce que l?acc?s au brevet et aux autres instruments de la propri?t? intellectuelle est un probl?me pour les jeunes innovateurs ; mais aussi les liens entre les innovateurs et les industries restent tr?s faibles de sorte qu?on ne passe pas ? la mise ? march?. ?a reste finalement les ?uvres de petite ?chelle qui ne permettent pas d?impacter sur notre productivit?. L?autre d?fi c?est le d?fi du financement des jeunes innovateurs qui n?arrivent pas ? passer ? l??chelle sup?rieure parce que les banques ne leur donnent pas de financement. Cela parce qu?ils n?ont pas de pass? commercial et qu?ils n?ont pas de garantie ; il y a aussi le risque li? ? la nouveaut? lui-m?me qui ne permet pas qu?ils aient acc?s au financement classique. N?est-il pas le moment de r?fl?chir maintenant sur des financements innovants, le capital-risque par exemple. Des financements innovants o? l?Etat pourrait, en partenariat avec le syst?me bancaire cr?er des fonds de garantie qui permettent ? ces innovateurs de d?velopper un proc?d? qui passe de la conception jusqu?? l?impl?mentation et la mise en ?chelle ; pour que finalement nos innovateurs puissent passer ? la phase entrepreneuriale. Au-del? de tout ?a, ce sont des d?fis de gouvernance. Lorsque les innovateurs et inventeurs cr?ent des produits et de nouveaux proc?d?s, ceux-ci sont-ils prot?g?s? Tant qu?on ne peut pas prot?ger un innovateur, lui permettant de b?n?ficier de ce quasi-monopole pendant un temps, lui permet de revenir sur ses charges, de r?mun?rer ses efforts, nous assisterons encore au ph?nom?ne de la fuite des cerveaux, la fuite innovateurs. Il s?agit donc de d?battre sur le d?veloppement des capacit?s ? innover, mais aussi protection et r?tention de ces capacit?s chez nous. Peut-on esp?rer bient?t des mesures coercitives en direction des banques pour qu?elles s?ouvrent plus aux cr?dits en faveur des petites et moyennes entreprises ? La r?union du CIE qui s?ach?ve est une r?union statutaire de la Commission ?conomique de l?Afrique centrale. Ses recommandations sont destin?es ? la conf?rence des ministres africains des Finances, de la Planification et du d?veloppement ?conomique. Cette conf?rence qui va se tenir d?un moment ? l?autre. Et donc ? travers ces discussions d?experts, nous transf?rons nos discussions qui sont alors adopt?es par les ministres. Ils peuvent alors prendre

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Adama Ekberg Coulibaly?: ?Nous voulons lancer le consortium pour la valorisation du capital naturel le plus t?t possible?

Le chef des initiatives sous-r?gionales du Bureau sous r?gions de la Commission ?conomique des Nations unies pour l?Afrique centrale donne des pr?cisions sur le projet de cr?ation d?une entit? pour favoriser la diversification ?conomique dans la sous-r?gion, au travers de la cr?ation des chaines de valeur autour des ressources naturelles. Les pr?sentes assises ont d?bouch? sur la cr?ation d’un consortium d?Etats pour la valorisation du capital naturel.  Que doit-on retenir au sujet de ce projet? Le Consortium pour la valorisation du capital naturel pour tirer le meilleur profit de cet actif de classe mondiale remonte ? une d?cision des chefs d’Etats de la Ceeac en 2012. Donc c’est une d?cision politique de faire en sorte, ? travers la vision des chefs d’Etats, d’aider ces ?conomies fortement d?pendantes de la fluctuation des prix des mati?res premi?res ; en faisant en sorte qu’elles puissent v?ritablement tenir debout. Comment ? En faisant en sorte que le capital d’exception dont disposent les Etats de la Ceeac ? on parle de 300 ? 500 millions d’hectares de for?t, ainsi que tout ce qui existe comme ressources hydriques, soit pr?s de 25%des ressources hydriques du continent, et pr?s de 60% des ressources ?nerg?tiques du continent africain. Pour citer seulement le cas de deux pays. La RDC c’est pr?s de 70% des ressources mondiales de cobalt, qui est devenu la mati?re premi?re fondamentale pour fabriquer tout ce qu’on recherche en termes de communication et de mobilit? dans le monde ; sans compter ce qui se trouve dans les oc?ans, nous avons tout ce qui peut exister comme biodiversit? c?est-?-dire les plantes d?exception qui constituent la base de la pharmacie mondiale. Nous avons tout ce capital mais c?est un capital qui rest? dormant et nous esp?rons maintenant qu?il soit transform? en capital productif. Donc ce projet est innovant dans ce sens qu?il permet aux populations d?Afrique centrale d??tre propri?taire de quelque chose. Quelque chose que nous appelons consortium et qui n?est rien d?autre que de mettre en place une entreprise mondiale dont chaque citoyen ? que ?a soit des femmes, des agriculteurs, les artisans, tous ces acteurs qui peuvent produite quelque chose ? partir de nos mati?res premi?res ? puissent devenir membre d?une entreprise qu?on appelle organisation de membres. Et les actionnaires de cette organisation seront les Etats-membres de la Ceeac; mais c?est aussi la possibilit? donn?e ? nos PME et PMI de devenir aussi membre de cette organisation. Ce que nous appelons secteur priv? est constitu? chez nous ici ? 80% de ces PME. Nous donnons la possibilit? ? des entreprises de moyenne et de grande taille d??tre membre. Et donc le consortium est le moyen de passer ? l?action, de se mettre ensemble des moyens au niveau des pays pour cr?er la plus grande entreprise, la plus grande organisation jamais cr??e au monde. ?a peut apparaitre comme quelque chose de myst?rieux, mais c?est une organisation qui va porter les ambitions de ces millions de petits producteurs que nous avons ; ces millions de femmes que nous voyons sans capitaux et qui sont aujourd?hui en panne de financement. Ce consortium va apporter des solutions pour le financement des petits entrepreneurs. Nous allons donc nous reposer sur ce que constitue aujourd?hui la valeur de ce patrimoine vert et de ce patrimoine bleu. Nous allons commencer par mettre en place cette entreprise. Nous allons y aller par ?tape. La premi?re ?tape ce serait de permettre aux Etats-membres de la Ceeac de se constituer en actionnaires et par la suite, nous allons voir comment les PME et les PMI ou les producteurs organis?s en coop?ratives de devenir actionnaires. Nous ne manquons pas de ressources mais ce qui n?a pas march? jusque-l? c?est de ne pas ?tre pass? ? l?action. Cette action n?cessite seulement qu?une d?cision politique soit prise au niveau des chefs d?Etats, des institutions. La premi?re institution ? faire le pas c?est la Banque des Etats de l?Afrique centrale ; donc la banque centrale doit aussi jouer sa partition en devenant membre de ce consortium, ainsi que toutes les institutions- Cobac, Cosumaf, BDEAC, et toutes celles qui font la surveillance de nos march?s ? Nous aurons l?occasion ? bien d?autres occasions de bien expliquer comment ce consortium sera mis en place ; comment ?a va fonctionner en termes de technologie. Laquelle existe d?ailleurs aujourd?hui, la blockchain. C?est un m?canisme qui permettra d?assurer l?effectivit? des actions qui seront pay?s ou les certificats que nous allons ?mettre sur le march? du cr?dit carbone, sur les march?s de cr?dit bleu ou cr?dit participatif. S?il ne tenait qu?? vous de lancer ce consortium, quels seraient les meilleurs d?lais pour le faire? Nous sommes ici aujourd?hui ? la 3e session du Comit? intergouvernemental des experts et des hauts fonctionnaires d?Afrique centrale et de l?Est. La prochaine session se tiendra en octobre 2025 0 Libreville au Gabon. Il reviendra, nous le pensons, ? la CEA de lancer un processus de consultations aupr?s des Etats, des institutions non ?tatiques, des entreprises, avec l?accompagnement de certains partenaires strat?gique des m?dias. Nous allons lancer une op?ration de communication pour que ce processus qui va constituer un appel pour une lev?e de fonds dans l?optique de l?actionnariat potentiel. Tous les acteurs seront sensibilis?s pour que d?ici octobre 2025, au moment de l??mission des titres pour constituer le capital du consortium, tous ces acteurs puissent s?exprimer. Ce sera de fa?on concr?te des ?missions de titres ou d?argent, accessibles ? toutes les bourses; avec 1000, 2000, 10000, 50?000 FCFA, en fonction des dispositions qui seront prises. Nous allons donner l?occasion ? tous les op?rateurs, non seulement du secteur formel mais du secteur informel, de pouvoir devenir actionnaires. Nous allons sommes accompagn?s dans cette initiative par des cabinets qui ont d?j? fait des preuves en mati?re d??mission actions et de lev?e de fonds. Le moment de lev?e de fonds sera annonc? et connu de tous pour qu?? l?occasion de cette date, lorsqu?il sera question de souscrire au capital de ce consortium que nous voulons constituer le plus rapidement possible, que tout le monde soit suffisamment

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Financement de l??conomie : l?Afrique centrale ouvre le champ ? de nouveaux partenariats

Venus d?Afrique centrale et de l?Est, les participants au troisi?me Comit? des experts et hauts fonctionnaires de l?Afrique centrale et de l?Est viennent de discuter ? Yaound? de la ? mise en ?uvre rapide des solutions de recherche et innovation pour acc?l?rer la diversification ?conomique en Afrique centrale?. Il est r?volu le temps des belles paroles sur comment doter l?Afrique des moyens de sa politique, en termes de diversification ?conomique. Le 3e Comit? des experts et hauts fonctionnaires de l?Afrique centrale et de l?Est en a pris le pouls ? Yaound?, du 15 au 18 octobre 2024, sous l??gide des bureaux sous r?gionaux de la Commission ?conomique des nations unies pour l?Afrique. L?institution y a battu le fer en faveur de la cr?ation d?une organisation au profil dualiste d?un march? financier et de consommation autour des ressources naturelles de l?Afrique centrale. ?Le cadre juridique a d?j? ?t? d?fini et sign? depuis quatre ann?es, nous l?avons partag? d?j? avec les institutions. En 2022, la BDEAC dit que si nous cr?ons aujourd?hui le consortium, elle est capable de recevoir les fonds du consortium ?, fait savoir Adama Egberg Coulibaly, chef des initiatives sous r?gionales de la CEA. Le ? Consortium pour la valorisation du capital naturel ?, pour d?signer le projet, r?pond ? un v?u des chefs d?Etats de la Communaut? ?conomique de l?Afrique centrale (Ceeac) rest? irr?alis? depuis 1992. Il est aujourd?hui remis sur la table alors que la sous-r?gion est on ne peut plus confront?e ? une croissance qui peine ? se redresser durablement ; des niveaux d?endettement ?lev?s, et des d?ficits budg?taires qui se creusent. A cela s?ajoutent les incertitudes li?es au contexte international et des d?ficits de financement d?envergure. La diversification ?conomique se positionne plus que jamais comme la seule option pour parvenir aux objectifs de d?veloppement durable. Or Celui-ci ne peut ?tre atteint qu?au travers de la recherche et l?innovation se sont ainsi accord? les participants aux assises de Yaound?. ? C?est un enjeu majeur pour les ?conomies du continent souvent d?pendantes d’un nombre limit? de secteurs ou de produits de base. La diversification ?conomique n?cessite non seulement l’adoption de nouvelles technologies et la cr?ation de nouveaux secteurs, mais aussi l’innovation dans les pratiques commerciales existantes pour augmenter leur valeur ajout?e. Cela peut inclure le d?veloppement de cha?nes de valeur agricoles plus sophistiqu?es, l’exploitation durable des ressources naturelles, et la promotion de secteurs ?mergents tels que les technologies de l’information et de la communication ?, explique la CEA dans une ?tude publi?e mardi, en marge des travaux du Comit?. ? ?a nous ne les avons pas encore en place. Et lorsque nous regardons aussi l?amont de ce que repr?sente l?innovation, l?amont c?est la technologie, si nous investissons dans l??ducation, la recherche, nous aboutirons ? l?innovation mais si nous ne convertissons pas ?a en initiative entrepreneuriale, nous n?aurons encore rien fait?, souligne Adama Egberg Coulibaly. La sous-r?gion doit cependant relever des d?fis d?ordre p?cunier, en am?lioration des quotes-parts de financement accord?s ? la recherche et l?innovation. ? Entre 2007 et 2020, les d?penses mondiales en Recherche et d?veloppement augmentent de mani?re constante, avec les membres de l?OCDE, les pays de l?Asie de l?Est et du Pacifique, ainsi que les pays de l?Europe et de l?Asie centrale en t?te. Ces pays y investissent massivement, allouant souvent plus de 2 % de leur (PIB) aux activit?s de recherche et d’innovation. En revanche, la plupart des pays africains allouent beaucoup moins, avec de nombreux pays y consacrant moins de 0,5 % de leur PIB ?, explique la CEA. C?est ce changement de paradigme qui impulse le projet de consortium en cours. Louise Nsana

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Strat?gie militaire en Afrique?: Paris en ? ma?tre?? carr?

La France ambitionne d?op?rer de profondes ruptures dans ses paradigmes militaires sur le continent africain. Pour saisir l?ampleur de la d?marche de Paris, il convient de comprendre la port?e du conseil de d?fense exclusivement consacr? ? l’Afrique r?uni depuis hier 23 octobre 2024 ? l’?lys?e. Plac?es sous la pr?sidence d’Emmanuel Macron, les assises se d?clinent en un processus d?analyses et de d?cisions. Dans une chronique diffus?e ce 24 octobre 2024 sur Radio France internationale (RFI), l?on apprend que ? la France met fin ? de grandes bases et ? de contingents permanents, mais oriente son dispositif vers des d?tachements de liaison interarm?es, constitu?s d?une centaine de militaires charg?s d?accueillir des d?tachements temporaires, dont la taille variera en fonction des exercices, formations et op?rations. Ce mod?le permet ?galement de diminuer l?exposition de l?arm?e fran?aise aux contestations et aux campagnes de d?sinformation concernant sa pr?sence sur le continent ?.  Mais, explique Pr Belinga Zambo, g?ostrat?ge camerounais, Paris r?fl?chit tr?s s?rieusement ? un concept de force de persuasion permanente ? l’?chelle du continent. ? La p?n?tration de grandes puissances ?mergentes constitue non pas une menace mais un facteur s?rieux de comp?tition, et ce n’est pas par le d?sengagement strat?gique que la meilleure solution sera apport?e. Par cons?quent, en ce qui concerne l’influence diplomatique de la France sur la sc?ne internationale, il ne faut pas se voiler la face car personne n’est dupe des belles logiques magistralement expos?es. ?, analyse Pr Belinga Zambo.  Jean-Ren? Meva?a Amougou

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L’universitaire Njock Richard honor? par Havard Kennedy School?

Au minist?re de la Sant? publique o? il occupe le prestigieux poste de SG, la nouvelle a ?t? accueillie avec joie et youyous. Le Pr Njock Richard ? a ?t? r?compens? ? la hauteur de son professionnalisme, son abn?gation et surtout son ardent d?sir de d’am?lioration continue ?, insiste un Directeur au minist?re de la Sant? publique. La nouvelle de son prix est donn?e par le Pr?sident du Conseil national de l’ordre des m?decins du Cameroun (ONMC), Dr Fonkoua Rodolphe qui en a eu la primeur. ? Le cercle prestigieux des « Alumni »de Harvard Kennedy School et du Distinguished Humphrey Fellowship Program a parmi ses laur?ats 2024, le Pr Njock Louis Richard, m?decin chevronn?, membre de l’ONMC et par ailleurs Secr?taire G?n?ral du Minist?re de la Sant? publique ?. C’est le premier camerounais ? ?tre retenu dans le cadre du programme de cette bourse am?ricaine,  ajoute le Pr?sident du Conseil de l’ONMC. Le Pr Njock Richard a suivi le Distinguished Humphrey Fellowship Program de la prestigieuse Harvard, une formation de haut niveau sur le leadership du 21e si?cle pour les d?cideurs.  Et l’on apprend que le Pr Njock a dans le cadre de ce programme visit? les organismes de la coop?ration m?dicale am?ricaine telles que CDC Atlanta, USAID… Le tout a ?t? couronn? par une reconnaissance de la participation ? ce programme par le D?partement d’Etat am?ricain. ? C’est un honneur pour le leadership de ce m?decin chevronn? et une reconnaissance internationale qui honore l’ensemble du pays et le corps m?dical camerounais en particulier.  Un exemple d’abn?gation au travail et de service ? la communaut? pour les jeunes g?n?rations ?, insiste le Dr Fonkoua Rodolphe qui adresse au laur?at les f?licitations de l’Ordre national des m?decins du Cameroun. Le concern? au triomphe modeste pr?f?re remettre Dieu, sa haute hi?rarchie et ses collaborateurs au centre de ses deux principales distinctions. Emma Douunguia (Correspondance particuli?re)

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Enjeux ?thiques de la vaccination en Afrique?: la CNPS du Cameroun inocule le traitement

En ce vendredi 17 octobre 20024, ? Yaound?, des experts pluridisciplinaires (m?decins, anthropologues, politologues, philosophes, communicateurs) participent ? une conf?rence – d?bat organis? par la Caisse Nationale de Pr?voyance Sociale. Cette grand-messe est un moment de questionnement sur la probl?matique du vaccin en Afrique. Le fondement de la vaccination est de prot?ger une communaut? en anticipant sur des ?ventuelles pathologies. Le grand questionnement est celui de savoir si on peut laisser autrui apporter les vaccins dans un contexte o? les enjeux g?opolitiques sont de plus en plus forts. Noel Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame, le directeur g?n?ral de la CNPS d?construit sans fioriture le discours meanstream des occidentaux sur les vaccins. Pour le manager des prestations sociales aux Cameroun, l?Occident vend du vent ? la place des m?dicaments et des vaccins. Il est donc question pour l?Afrique de construire son mod?le de d?veloppement d?une industrie des m?dicaments et des vaccins. Pour ce faire, il convoque l?histoire et l?anthropologie africaine en mati?re m?dicinale. ? Si la vaccination est comprise comme le fait d?inoculer un germe att?nu? pour susciter une r?action positive dans la d?fense immunologique contre un agent pathog?ne afin de ne plus ?tre infect?, les scarifications qui sont africaines sont des vaccins. On refuse ? nos anc?tres la primaut? de l?invention du vaccin. Alors que l?africain est le seul qui a toujours fait la vaccination ?, indique Noel Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame, dans son expos?. Il est r?confort? dans sa position par l?entretien qu?il a eu avec le repr?sentant de l?OMS au Cameroun au d?but de la pand?mie ? Covid-19. Celui-ci pr?disait une h?catombe si la population camerounaise n??tait pas vaccin?e ? hauteur d?au moins 20%. L?h?catombe annonc?e ne s?est pas produite alors que la population n?avait pas ?t? vaccin?e. Pour mieux ?tayer son argumentaire, il ?voque le caract?re ?conomique du vaccin. Il pr?sente les sommes glan?es, par les multinationales pharmaceutiques occidentales. Il prend le cas du groupe pharmaceutique am?ricano-allemand Pfizer, qui a produit un vaccin en phase exp?rimentale et a ?t? autoris? ? la commercialisation par l?OMS. ? Pfizer a fait un b?n?fice de 40 milliards de dollars avec un produit inefficace ?, d?montre-t-il. Il rejoint le Pr Binam, agr?g?e d?anesth?sie-r?animation, qui d?nonce la monopolisation des brevets, en privil?giant les m?dicaments qui produisent des milliards de dollars. Bigpharma, Pfizer, Johnson and Johnson, Moderna r?alisaient un b?n?fice de 1 000 dollars par seconde en 2022. Afin que le changement de paradigme ait lieu, le patron de la CNPS interpelle les intellectuels. Noel Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame ?met quelques pistes de r?flexion pour une v?ritable ?thique de la vaccination. Parmi celles-ci, on a la mise sur pied des ?quipes pluridisciplinaires et la production des analyses g?opolitiques dont la source est l?argent. Il demande de r?examiner le Droit International, ?laborer et avoir des constitutions qui permettent de se pr?munir des multinationales. Sur le plan du financement, il souhaite voir un financement solidaire et efficace, d?velopper l?industrie g?n?rique et d?velopper la recherche sur la pharmacop?e nationale. Sans oublier la mise en place des instituts d??valuations des vaccins. Strat?gies Le Pr Daniel Anicet Noah, anthropologue et communicateur, parlant de ces vaccins, souhaite voir les africains sortir de leur l?thargie pour faire face ? la diplomatie culturelle de l?occident. Et de pr?senter le corps comme, ? un objet technique qu?on peut aborder de mani?re analytique. Tel qu?il est construit, on peut aussi le d?construire ?. La probl?matique du vaccin est tr?s sensible pour que les africains laissent les m?dias occidentaux construire le narratif tout seul. Parce qu?ils ne vont promouvoir que leurs laboratoires. Pour l?ensemble des pan?listes, les vaccins produits par l?occident ne sont pas tous mauvais. Ils pensent que la science et la connaissance sont n?cessaires pour une bonne prise de d?cision. Andr? Gromyko Balla

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