Nom de l’auteur/autrice :Viviane TCHIAZE

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Autonomisation des journalistes : UPF et RJ2C scandent le m?rite au f?minin

Un Grand Talk a mis en lumi?re ce 3 mai 2025 les bonnes pratiques ? adopter par les femmes ? journalistes, face aux vents contraires dans leur progression professionnelle. Samedi, 3 mai, est jour de libert? de la presse. A l?occasion, la section camerounaise de l?Union internationale de la presse francophone (UPF) s?int?resse ? la condition des journalistes de sexe f?minin. Au menu?: un ?change sur le th?me?: ? Femmes journalistes, r?alit?s et d?fis d?autonomisation ?. L?objectif n?est pas d??noncer ou reproduire ? son propre compte la somme des j?r?miades pass?es?; mais de promouvoir le courage, le professionnalisme et la valorisation de l?identit? individuelle des actrices de la profession au Cameroun. Pour mieux en parler?: Evelyne Mengue ? Koung, pr?sidente de la section camerounaise de l?UPF, Laurentine Assiga, pr?sidente du R?seau des journalistes culturels du Cameroun, C?line Fotso, promotrice de l?organe de presse ??Je Wanda magazine?? et Serge Bayimbe, chef secteur communication et information de l?Organisation des Nations unies pour la science et la culture (Unesco) pour l?Afrique centrale. La somme des contributions produites devant un parterre de professionnels et de jeunes journalistes passionn?s issus d??tablissements secondaires et universitaires du pays appelle ? la recherche et l?exercice des comp?tences, ? la poursuite d?un id?al professionnel, ? la valorisation de son identit?, et ? l?affirmation de son g?nie. ??Ce qui revient, c?est de ne pas rester dans la posture de : je suis une femme, je vais avoir des privil?ges, etc. Il ne faut pas se limiter ? son genre. Il faut ?tre en accord avec ses objectifs et ne surtout pas les prendre ? la l?g?re. Si on veut avoir un media, si on veut devenir ?ditorialiste, on se fixe cet objectif et apr?s on trouve son plan d?action. Il n?y a pas d?obstacles qu?on ne puisse pas affronter. Un refus est parfois la meilleure fa?on d??tre sur la voie qui vous est destin?e. Il faut prendre des initiatives, se cr?er sa propre voie??, soutient Celine Fotso. ProfessionnalismeUn autre d?fi qui interpelle la gent f?minine dans la corporation, apprend-on, porte sur la gestion des relations humaines. Lesquelles, mal encadr?es, donnent lieu ? diverses formes de d?rives. ? La femme journaliste a un besoin de protection qui est plus grand. Vous savez, le journaliste est mis en vitrine surtout dans l?audiovisuel et sur les blogs. Et dans des soci?t?s comme la n?tre, la femme doit dans ce cas, plus que l?homme, r?pondre ? un certain nombre d?exigences. La tendance est de penser qu?elle est l? parce qu?elle est jolie, parce qu?elle a donn? quelque chose pour ?tre l?. Du coup, elle est expos?e ? un scanner un peu plus rigoureux que celui de l?homme ?, souligne Serge Bayimbe. Le poids ? porter est alors grand : harc?lement de toutes sortes y compris sexuel et atteinte ? l?int?grit? ou ? la dignit?, entre autres. Pour les intervenants, cependant, le m?rite est de pouvoir s??lever au-dessus de ces obstacles. ??Les r?seaux sociaux sont des d?fis qui s?imposent ? tous les professionnels. Qu?ils soient hommes ou femmes. Maintenant la femme, elle, doit lutter pour pouvoir s?imposer par ses propres m?rites pour ne pas ?tre regard?e comme une femme d?abord et une professionnelle ensuite?; elle doit pouvoir ?tre une professionnelle et donc ne pas se r?fugier derri?re sa condition pour justifier quelques ?garements dans le comportement ou la paresse et l?incomp?tence. Mais utiliser le fait d??tre femme comme un atout que l?on met en avant au-del? des autres comp?tences professionnelles??, d?clare Evelyne Mengue ? Koung. Entre partage d?exp?riences et analyse des r?alit?s de terrain, les pan?listes du Grand Talk ont eu fort ? dire sur les responsabilit?s des professionnelles du m?tier. Lesquelles doivent par ailleurs jongler avec leurs responsabilit?s sociales et familiales. L?-dessus, pas de formule magique, ni de r?gle passe-partout, juste des conseils pr?venant de ces femmes, m?res et ?pouses. Il s?agit en substance de se cr?er un environnement personnel sain par l??tablissement de rapports de qualit? avec ses alli?s du quotidien, l?adoption d?une discipline de vie et la prise en compte de son ?panouissement personnel. Louise Nsana et Marie No?lle Etoungou (stagiaire) Afrique Concentration et d?pendance aux annonceurs affaiblissent l?ind?pendance des m?dias La libert? de la presse recule de mani?re pr?occupante dans de nombreux pays africains. C?est dans cette r?gion que le score ?conomique se d?t?riore dans le plus grand nombre de pays : 80 % d?entre eux sont concern?s. Dans nombre de cas, les m?dias restent concentr?s entre les mains de quelques groupes priv?s proches du pouvoir ou de personnalit?s aux int?r?ts politiques, compromettant ainsi l?ind?pendance des r?dactions. Cette concentration est notamment remarquable dans des pays comme le Nig?ria (122e, – 10 places), la Sierra Leone (56e) ou encore le Cameroun (131e). Elle s?accompagne d?une d?pendance aux revenus publicitaires, majoritairement aliment?e par les budgets de communication de l??tat et de grandes entreprises. C?est le cas au B?nin (92e) et au Togo (121e). Cette situation accro?t la pression sur les r?dactions, pouss?es ? l?autocensure par crainte de perdre ces financements. Au Kenya (117e), The Nation en a fait les frais : le journal a vu ses publicit?s retir?es par l?op?rateur Safaricom apr?s avoir r?v?l? le r?le de celui-ci dans la surveillance des communications de citoyens. Le manque de subventions publiques p?rennes et transparentes fragilise encore davantage le secteur. Dans plusieurs pays, les aides ?tatiques sont rares ou distribu?es de mani?re discr?tionnaire. En Mauritanie (50e), elles sont affaiblies par une mauvaise gouvernance, ce qui compromet l?ind?pendance des m?dias. Au S?n?gal (74e), leur transparence est au c?ur de r?formes en cours, non sans contestation de la profession, qui fait aussi face ? des contr?les fiscaux intensifi?s et ? la suspension de conventions publicitaires avec des entit?s publiques.? Des journalistes et des m?dias en dangerAu Sahel, la d?gradation de la s?curit? compromet directement la viabilit? ?conomique des m?dias. Certains, au Mali (119e, – 5 places) et au Burkina Faso (105e, – 19 places) ont vu leurs activit?s suspendues et leurs ?quipes contraintes au d?placement interne ou ? l?exil. Des journalistes jug?s critiques des autorit?s burkinab?

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A la CNPS : T?te haute le 29 avril, f?te haute le 1er mai?

En l?espace de 72 heures, la Caisse nationale de pr?voyance sociale (CNPS) s?est mise sous le feu des projecteurs. Pour c?l?brer la Journ?e africaine de la pr?vention des risques professionnels (JAPRP) et la Journ?e mondiale de la s?curit? et sant? au travail (JMSST), il faut avoir ? l?esprit que la CNPS est bien dans son ?l?ment chaque ann?e. En 2025, t?te haute, l?entreprise s?est investie dans une double c?l?bration le 29 avril dernier. En effet, pour la 29?me JAPRP et la 23?me JMSST, la CNPS s?est appropri?e de bonnes approches analytiques, afin de trouver les bonnes r?ponses aux d?fis de la pr?vention des risques professionnels, de la s?curit? et de la sant? au travail. Pour cela, les r?flexions sont all?es loin au-del? de ces d?fis. A la CNPS, l?on a choisi de d?velopper des dimensions th?matiques qui font du cadre professionnel un projet global. Alors, des libell?s tels que ?La pr?vention des risques professionnels ? l??preuve de la transformation num?rique et des mutations technologiques : opportunit?s, d?fis et strat?gies d?adaptation?, ou ?R?volutionner la sant? et la s?curit? : le r?le de l?IA et de la num?risation au travail? structurent plusieurs modules de r?flexion.?Les experts de la CNPS s?emploient ? identifier les nouveaux risques professionnels li?s ? la transformation num?rique et ? l?essor des nouvelles technologies. Bien plus, la CNPS met en ?vidence les opportunit?s des technologies pour am?liorer la pr?vention des risques professionnels, tout en s?engageant dans la sensibilisation aux risques en milieu professionnel, et en proposant des mesures de pr?vention et de prise en charge adapt?es. Pour le directeur g?n?ral de la CNPS, Alain No?l Olivier Mekulu Mvondo Akame, ? le d?fi actuel est d?accompagner, d?organiser le d?ploiement du num?rique pour limiter les cons?quences sociales. C?est donc ? juste titre que cette ann?e, la Journ?e africaine de pr?vention des risques professionnels interpelle les parties prenantes du monde du travail d?une part sur les transformations num?riques et d?autre part, sur le bien-?tre des travailleurs en milieu professionnel ?. 72 heures plus tard?Cap sur le Boulevard du 20 mai. En ce lieu, une bonne brochette d?employ?s de la CNPS participe aux festivit?s de la f?te du Travail. En joyeux lurons, tous se sont ensuite d?port?s ? l’immeuble si?ge de la CNPS ? Yaound?, sous la coordination de Nana Bello. Le Directeur des Ressources humaines en profite pour dire que c?est le travail r?alis? par l?ensemble du personnel de la CNPS qui met en ?uvre la liesse du jour. A la cl?, une exhortation ? plus de discipline : ? Dans l’indiscipline, si vous produisez 10. Sachez qu’avec la discipline, vous produirez 100 ?. Nana Bello interpelle les repr?sentants du personnel sur leur r?le de relais de la bonne information, ?afin d??difier les agents et lever les incompr?hensions, dans le cadre de l??ducation ouvri?re ?. Il leur rappelle aussi que le Code de conduite est une boussole pour tous, sans distinction, d?finissant les r?gles et les modalit?s pratiques applicables en mati?re d??thique professionnelle Dans leurs discours, les d?l?gu?s du personnel et responsables syndicalistes saluent la performance de leur employeur au cours de l’exercice 2024. Selon eux, la prime de r?sultat fait montre d?une volont? du top-management de ? voir la CNPS du Cameroun caracoler parmi les institutions les plus brillantes du pays ?.? Jean-Ren? Meva?a Amougou

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A l?OBC : 1er mai, mention tr?s sp?ciale

Dans le cadre de la f?te du Travail, les employ?s et le staff dirigeant de l?Office du Baccalaur?at du Cameroun (OBC) parcourent les acquis en vue de mieux affronter d?autres d?fis. D?nicher l?inconnu dans l?ordinaire, c?est pr?cis?ment ici le pari des personnels de l?OBC. S?adonner aux plaisirs de la musique et des blagues, s?amuser sans freins et sans remords? A l?OBC, ce 1er mai 2025, c?est un grand jour. En observant des coll?gues phosphorer ensemble autour d?un buffet et d?une cave garnis, rien n?offre une r?f?rence directe au calme que d?gagent souvent les bureaux de l?OBC.? Aller de l?avantDans cet h?tel (sis au lieu-dit Mbog-Abang ? Yaound?) r?serv? par l?institution, ce qui se passe et se d?ploie ? travers les concours de danse entre directeurs et chauffeurs, sous-directeurs, chefs de bureau et employ?s subalternes r?v?le les codes cach?s d?un climat social paisible ? l?OBC. Au gr? d?une simple plong?e dans le pass?, le directeur de l?OBC, Etienne Roger Minkoulou, se satisfait de l?ambiance du jour. Dans un discours improvis?, il f?licite le travail remarquable des hommes et des femmes engag?s dans l’organisation des examens officiels. Il signale la mise en application de la d?centralisation dans l’organigramme de l’OBC. Il laisse entendre que le processus a conduit ? la cr?ation et la mise en service imm?diate de dix antennes r?gionales, r?parties sur l’ensemble du territoire national. ? Elles n’ont d’ailleurs pas eu besoin beaucoup de temps pour que les premiers r?sultats se manifestent sur le terrain ?, rel?ve-t-il. Pour la suite, le directeur g?n?ral de l?OBC rappelle le bien-fond? de la f?te du Travail. Celle-ci, ? l?en croire, est ? la fois autocritique et projective. C?est tout le sens du message qu?il s?emploie ? consigner dans les m?moires de ses collaborateurs. ? Que chacun soit une ampoule afin de briller tous ensemble et avoir une session d’examen 2025 r?ussie. Sur les cendres de la session 2024, nous devons d?j? b?tir le plan d’action de la session 2025?, exhorte-t-il. En bon p?dagogue, Etienne Roger Minkoulou explique que tout cela passe par la capitalisation des acquis pour les ?ch?ances de fin d?ann?e scolaire 2024/2025. Andr? Gromyko Balla??

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Le 60e anniversaire de la nouvelle ? Le Mandat ? de Semb?ne Ousmane

Quel coll?gien ou lyc?en de l?Afrique sub-saharienne n?a pas lu et aim? ? Le Mandat ? de l??crivain s?n?galais Semb?ne Ousmane ? Qui n?a pas ?prouv? de la compassion pour Ibrahima Dieng, le personnage central de cette nouvelle ? Qui n?a pas ?t? boulevers? et r?volt? par les humiliations que lui fait subir une administration corrompue et inutilement tatillonne ? En effet, Dieng a du mal ? entrer en possession de l?argent envoy? par son neveu qui vit et travaille en France. ? certaines personnes, la somme de 25.000 F. CFA, le montant du mandat, pourrait para?tre d?risoire, pas ? Dieng qui est au ch?mage et croule sous les dettes. Le jour o? le facteur lui apporte ce fameux mandat, Dieng croit que sa vie va changer car ce mandat lui permettra non seulement de payer ses dettes mais de donner quelque chose ? sa famille ainsi qu?? ses voisins. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme il avait imagin?. En effet, lorsqu?il se rend ? la poste pour retirer le mandat, un agent lui demande de fournir sa carte d’identit?. Une pi?ce qu?il n?a pas et qu?il n?aura jamais car, en Afrique, avant d?obtenir ce genre de documents, il faut, ? d?faut d?avoir le bras long, graisser la patte ou mouiller la barbe ? plusieurs personnes, ce qui ne peut se faire que si on a de l?argent et beaucoup d?argent. Un v?ritable cercle vicieux qui ruinera les immenses espoirs que Dieng avait plac?s dans ce mandat. En un mot, l?oncle d?Abdou ne verra jamais la couleur des 25. 000 F. CFA. Semb?ne Ousmane s?appuie sur cette triste histoire pour critiquer les tares et abus de l’administration et de la police s?n?galaises mais aussi pour nous parler du petit peuple africain des villes, impuissant face ? certains fonctionnaires sans c?ur, ni ?thique. Un peuple constamment humili?, grug? et brutalis? par des gens cens?s ?tre ? son service. Un peuple dont les conditions de vie ne se sont gu?re am?lior?es apr?s le d?part du colon. Un peuple qui continue de broyer du noir malgr? les belles promesses des politiciens qui ne leur rendent visite qu?? l?approche des ?lections. Au-del? du S?n?gal, c?est donc l?Afrique des ind?pendances qui est clou?e au pilori par Semb?ne Ousmane dans cette ?uvre publi?e en 1965 par Pr?sence Africaine, la maison d??dition de son compatriote Alioune Diop qui travailla et se d?pensa beaucoup pour le rayonnement des litt?ratures et cultures africaines.Quand on relit cette nouvelle et qu?on regarde comment nos pays sont g?r?s actuellement, comment le petit peuple y est trait?, on a l?impression que l?Afrique n?a pas beaucoup chang? dans la mesure o? paysans et ouvriers continuent d??tre m?pris?s et exploit?s, dans la mesure o? les petits fonctionnaires font toujours preuve d?arrogance et de cupidit?, dans la mesure o? r?gnent partout le faux et la tricherie, toutes choses qui feront dire ? Ibrahima Dieng que ?l?honn?tet? est un d?lit de nos jours?.Semb?ne est un de mes auteurs favoris parce qu?il n?a pas vendu son ?me au diable pour devenir riche et puissant, parce qu?il ne s?est pas content? de stigmatiser les abus et exactions de la colonisation, ni de chanter sans cesse que l?Afrique est ?le berceau de l?humanit??. En effet, d?s qu?il r?alisa que les fausses ind?pendances des ann?es soixante tardaient ? d?boucher sur la construction de routes, d?h?pitaux et d??coles dignes de ce nom, sur la bonne gouvernance, sur le respect des deniers publics et sur l?am?lioration de la situation des pauvres et d?favoris?s, il prit sa plume pour crier et protester. emb?ne ne s?est jamais mis au service de la Fran?afrique que feu Fran?ois-Xavier Verschave d?crivait comme ?un syst?me caract?ris? par des pratiques de soutien aux dictatures, de coups d’?tat et d’assassinats politiques mais aussi de d?tournements de fonds et de financement ill?gal de partis politiques? (cf. F.-X. Vershave, ? La Fran?afrique : le plus long scandale de la R?publique ?, Paris, Stock, 1998). Le 19 janvier 2011, 4 penseurs africains ?- le Camerounais Achille Mbembe, le B?ninois Paulin Hountondji, le Congolais ?likia M?Bokolo et le S?n?galais Mamadou Diouf ?- donn?rent un grand coup de main ? la Fran?afrique en cosignant une tribune publi?e par des universitaires fran?ais dans ? Le Monde ?. En endossant cette tribune qui pr?sentait ? tort Laurent Gbagbo comme un ?chef ethnocentriste qui refuse sa d?faite? sans en apporter la moindre preuve, ils apportaient indirectement leur caution ? Sarkozy qui s?appr?tait ? bombarder la C?te d?Ivoire et ? installer Dramane Ouattara ? la t?te de la C?te d?Ivoire. Semb?ne n?aurait jamais particip? ? cette entreprise criminelle. Le natif de Ziguinchor (Casamance), qui ?tudia le cin?ma ? Moscou et quitta ce monde le 9 juin 2007, ne faisait pas partie de ces N?gres complex?s et cupides qui se joignent facilement au Blanc pour diaboliser ou assassiner les r?sistants africains. C?est sans doute pour cette raison ? le refus de pactiser avec les ennemis ou bourreaux de l?Afrique ??? que lui et Mongo Beti ne re?urent jamais de prix litt?raire en France. Feu Bernard Zadi Zaourou ne disait-il pas que les prix litt?raires ont un prix ? Traduction : pour recevoir un prix litt?raire en France, il y a un prix ? payer. La jeunesse africaine, en qu?te d’hommes et de femmes dignes et libres, trouvera un guide et un mod?le en Semb?ne Ousmane qui a toujours soutenu que « l’argent comme l’essence de la vie ne te conduit que sur la fausse route o?, t?t ou tard, tu seras seul car l’argent d?truit tout ce qui nous reste d’humanit? ». Elle puisera des valeurs dans ? Le Mandat ? qui campe admirablement des personnages aussi hilarants que Mety et Aram (les deux femmes d?Ibrahima Dieng), le facteur Bah, le boutiquier Mbarka ou le pique-assiette Gorgui Ma?ssa. Ibrahima Dieng connut toutes ces tribulations parce que des compatriotes mal intentionn?s voulaient le voir souffrir, ce que Semb?ne r?sume joliment dans cette formule: « Le malheur, ce n?est pas seulement d?avoir faim et soif. Le malheur, c’est de savoir qu?il y a

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Ob?ir ? Dieu plut?t qu?aux hommes?

Troisi?me dimanche de P?ques/ Ann?e C. Les Ap?tres avaient ?t? fouett?s parce qu’ils avaient d?sob?i ? l?interdiction de parler de J?sus que les Juifs avaient ??ex?cut? en le suspendant au bois du supplice mais que le Dieu de nos p?res a ressuscit頻, parce que l?un d?entre – eux, Pierre, avait os? d?clarer au grand pr?tre : ? Il faut ob?ir ? Dieu plut?t qu?aux hommes. » Lib?r?s, ils retourn?rent chez eux tout joyeux ??d’avoir ?t? jug?s dignes de subir des humiliations pour le nom de J?sus??, relate Luc dans le livre des Actes des Ap?tres.Pierre et ses compagnons ?taient dans la joie, probablement parce qu?ils n?avaient pas oubli? la parole du Ma?tre : ??Heureux ?tes-vous quand les hommes vous ha?ssent et vous excluent, quand ils vous insultent et rejettent votre nom comme m?prisable ? cause du fils de l?homme? C’est ainsi en effet que leurs p?res traitaient les proph?tes ! » (Lc 6, 22-23).Le mot cl? ici est « proph?tes ». Le proph?te n?est jamais bien trait?. Il est rarement applaudi et adul? parce qu?il est soucieux de plaire ? Dieu et non aux hommes, parce qu’il parle pour les laiss?s-pour-compte, parce qu?il proclame la v?rit? et la justice de Dieu, parce qu’il d?range les puissants qui ?crasent, affament ou tuent, parce qu’il attaque les hommes qui attendent de leurs semblables silence et soumission. Lorsque, ? trois reprises, J?sus demande si Pierre l?aime, il veut savoir si le fils de Jean aime J?sus le crucifi?, J?sus qui n?avait pas sa langue dans la poche, J?sus qui ne confondait pas respecter les autorit?s et se prosterner devant elles, J?sus qui ?tait sans feu ni lieu. Pour le Christ, seules les personnes capables d?affronter H?rode, capables de souffrir pour la v?rit? et la justice, peuvent pa?tre son troupeau. ? trois jours de l?ouverture du conclave, il est bon que ces textes soient entendus et m?dit?s par les cardinaux et par celui d’entre – eux qui sera choisi pour succ?der ? Fran?ois.??v?ques, pr?tres et fid?les la?cs ne sont pas moins interpell?s. Car, tous, nous avons ? retrouver le sens de notre bapt?me : ?tre des signes de contradiction dans un monde o? « sont nombreuses les voix ? faire la propagande de mod?les de vie fond?s sur l?arrogance et la violence, le succ?s ? tout prix, l?apparence et les possessions mat?rielles au d?triment de l??tre » (Beno?t XVI, discours prononc? devant 500 000 jeunes ? Lorette en septembre 2007). Pour s?r, le futur pape devra jeter des ponts ? l?int?rieur de l??glise, entre cette derni?re et le monde, mais le plus important, et c?est mon v?u, est qu’il parle et t?moigne ? temps et ? contretemps. Comme les proph?tes.?

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Centrafrique : intensification des patrouilles de la MINUSCA dans le sud-est face ? la recrudescence des violences arm?es

La Mission multidimensionnelle int?gr?e des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) a annonc? mercredi que ses forces de maintien de la paix ont intensifi? leurs patrouilles dans plusieurs localit?s du sud-est de la R?publique centrafricaine, ? la suite d’une recrudescence des violences arm?es. Selon Florence Marchal, porte-parole de la mission onusienne, la MINUSCA est particuli?rement active dans la pr?fecture du Haut-Mbomou, o? elle s’emploie ? prot?ger les civils expos?s ? des menaces persistantes et ? r?tablir le calme dans cette r?gion en proie ? des tensions croissantes ces derniers jours. Mme Marchal a rapport? que les r?centes attaques dans les sous-pr?fectures de Z?mio et de Mboki avaient provoqu? le d?placement de nombreux habitants. Plusieurs d’entre eux ont trouv? refuge dans les environs de l’?glise catholique, de l’h?pital local ainsi que dans des centres de formation. D’autres ont travers? la fronti?re pour se r?fugier en R?publique D?mocratique du Congo. En r?ponse ? cette situation s?curitaire pr?occupante, la MINUSCA a renforc? sa pr?sence dans la zone par la mise en ?uvre de patrouilles permanentes, destin?es ? pr?venir de nouvelles attaques et ? rassurer la population locale. La porte-parole a ?galement indiqu? que la mission soutenait les Forces arm?es centrafricaines (FACA) en facilitant le d?ploiement par voie a?rienne de plus de 200 soldats, afin de consolider leur dispositif dans cette r?gion. Des affrontements opposant les forces gouvernementales et leurs alli?s ? des miliciens arm?s ont ?t? signal?s r?cemment ? Z?mio et Mboki, mettant en p?ril la stabilit? de cette r?gion. BANGUI, 8 mai (Xinhua)

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Tribune de Didier Ndengue, Candidat ? la Pr?sidence du SNJC-Littoral?

Les acquis sont r?els. Les ignorer, c?est se mentir ? soi-m?me. Les a?n?s ont mis le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) ? un niveau tr?s ?lev?. Il faut donc pr?server leur h?ritage. Aujourd?hui, nous avons l?un des syndicats les plus importants du Cameroun. Nos dirigeants le savent. C?est parce qu?il a ?t? b?ti sur une fondation solide. Ces a?n?s dont je parle plus haut nous ont form?s pour prendre la rel?ve le moment venu. Alex Gustave Azebaze me l?avait rappel? un jour. ??Vous avez tous suivi des formations sur le syndicalisme. Vous ?tes tous pr?ts pour diriger le SNJC??, m?avait-il dit il y a quelques ann?es au sortir d?un atelier de formation.? Depuis 2012, ou peut-?tre m?me avant, j?ai beaucoup appris aupr?s de tous les leaders qui se sont succ?d?s ? la t?te de notre Syndicat. J?ai appris de leurs victoires et de leurs erreurs. C?est parce qu?ils ont travaill? dur en innovant ? chaque fois que notre flamme syndicale reste allum?e contre vents et mar?es. Dans le titre La Lune, le c?l?bre rappeur Youssouphafredonne cette phrase: ? Celui qui trahit les anc?tres chez nous se fera goumer.? Honn?tement, je ne veux pas me faire battre par les anc?tres. Surtout que depuis la cr?ation de La Plume de l?Aigle en avril 2018, j?ai re?u un soutien moral et professionnel de la corporation. Le SNJC est la principale organisation professionnelle ? laquelle je me suis donn? ? fond participant ? tous les combats visant ? soutenir des confr?res en difficult? ? travers des publications sur mes plateformes ou physiquement sur le terrain.  Sans passion, ni don de soi, je ne prendrai pas le risque de me jeter dans la bataille ? la pr?sidence du SNJC-Littoral, parce que cela demande beaucoup de temps, d??nergie et des finances. Il faut mettre son carnet d?adresses ? contribution, son espace de travail et innover pour une cause noble. C?est un sacrifice que j?ai d?cid? de faire. J?en suis conscient.  Vous me donnez mille raisons de croire  Je veux redonner au SNJC-Littoral ce qu?il m?a donn?. Pour y parvenir, un diagnostic s?rieux s?impose. Depuis l?annonce de ma candidature, je re?ois des appels venant de presque toutes les r?dactions de la capitale ?conomique camerounaise et des messages de soutien. ? Didier, depuis que je te connais, je sais que tu es un gar?on int?gre. Tu as la capacit? de ramener tous tes confr?res au sein du SNJC. Si tu es ?lu, je reprends ma carte de membre sans probl?me? ; ? Didier Ndengue, j?esp?re que tu ne blagues pas. Nous avons besoin de toi ? la t?te du SNJC-Littoral? ; ? Petit fr?re, je veux faire partie de ton ?quipe de campagne. Je ne recherche pas un poste, c?est juste parce que je crois que tu peux.? Les messages de cette nature pleuvent. M?me certains camarades qui s?expriment rarement dans nos forums m?apportent leur soutien ind?fectible. Ils placent leur espoir en moi. Ils me croient capable de maintenir la flamme allum?e dans la r?gion du Littoral. Cette marque de confiance me touche profond?ment. Elle me fout m?me une sacr?e pression ! Une question me taraude l?esprit : ? pourquoi croient-ils autant en ma petite personne ? ? Peut-?tre qu?ils voient quelque chose que je ne vois pas.  Toutefois, j?ai d?cid? de relever le d?fi. Mon premier challenge sera de ramener tous les confr?res/cons?urs, sans distinction dans notre maison commune apr?s mon ?lection. Nous recruterons partout, notamment dans les m?dias communautaires, r?gionaux et nationaux, tant priv?s que publics. De la presse ?crite, au num?rique, en passant par les m?dias audiovisuels.  Les fractures sont r?elles. Certains Camarades les ?voquent sans m?me mesurer la profondeur des plaies qu?elles ont cr??es ? l’issue des r?centes ?ch?ances ?lectorales. Certains font tout pour les minimiser. Les clans se sont form?s. Les ignorer c?est faire la politique de l?autruche.  Dieu m?en est t?moin, en bon libre-penseur, je n?appartiens ? aucun camp. ?a ne sert absolument ? rien de s?obstiner ? m?en coller un. Le seul camp auquel j?assume mon appartenance, c?est celui du SNJC. Sauf preuve du contraire, je n?ai jamais boud? un bureau r?gional ou national. Je me sens ? l?aise avec tout le monde car pour moi, seul l?int?r?t supr?me de notre syndicat compte. Et cela ne changera pas.  Combien de fois certains confr?res m?ont propos? la gestion des sections r?gionales de leurs associations de journalistes et j?ai refus? ? D?aucun m?ont m?me demand? de m?associer ? eux pour cr?er des syndicats pour concurrencer le SNJC. Des douces pressions, j?en ai subi. J?ai dit niet. Mon c?ur ne bat que pour le SNJC. C?est cet amour que je veux exprimer ? travers les actes au sommet de notre section r?gionale.  Transparence garantie  Je ne vise aucun positionnement, bien qu?il soit naturel quand on dirige une grande section comme le Littoral. En termes de privil?ge, mon m?dia m?en donne suffisamment depuis 7 ans. C?est d?ailleurs la seule activit? que je m?ne apr?s mon d?part sans trompette de l?hebdomadaire sous-r?gion Int?gration, o? j?ai pass? 8 ans. C?est d?ailleurs mon ancien Directeur de publication, Thierry Ndong qui m?avait demand? ? l??poque comment je fais pour ne pas avoir le num?ro de t?l?phone de Denis Nkwebo, alors vice-pr?sident national du SNJC ? l??poque.  La trentaine r?volue, je crois avoir amass? toute l?exp?rience n?cessaire pour mener ? bien ma mission en tant que pr?sident r?gional du SNJC-Littoral. Tous les m?canismes de transparence dans la gestion de nos activit?s, finances et partenariats par mon ?quipe seront connus dans les prochains jours. Une plateforme d?di?e sur laquelle chacun pourra s?informer sans avoir ? contacter le BEL est en cours de t?l?chargement. Elle est en train d??tre cr??e sous fonds propres. Les rapports de nos activit?s y seront publi?s trimestriellement. Les Camarades auront aussi la possibilit? de nous remonter leurs remarques et suggestions pour nous permettre de nous am?liorer.  Mon ?quipe opte pour une gestion participative de notre Syndicat dans la r?gion du Littoral. Si nous ?chouons, ce sera notre victoire ? tous/tes et si nous r?ussissons, ce sera notre victoire ? tous/tes. Parce

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Proposition de dissolution des partis politiques au Mali?: un naufrage d?mocratique en perspective

Au Mali, le?s???consultations sur la relecture de la Charte des partis politiques??, organis?es ? l?initiative des autorit?s??militaires?de transition, se sont achev?es le mardi 29?avril??2025. Les participants ont formul? plusieurs?recommandations?,??dont la prolongation de la transition pour une dur?e de cinq ans??et la???suspen?sion de?toutes les questions ?lectorales?? jusqu?? la ??pacification?? du pays?. Le chef de la junte, le g?n?ral Assimi Go?ta, ? a ?t? ?lev? au rang de pr?sident de la R?publique et? il lui a ?t? ?galement recommand? de dissoudre les partis politiques? et de durcir les conditions de leur cr?ation. Si ces recommandations sont valid?es par le chef de la junte, elles consacrent un recul du pluralisme politique obtenu de haute lutte depuis la chute de Moussa Traor?, le 26 mars 1991. ??ric Topona Moncga, journaliste ? la Deutsche Welle, ? Bonn (Allemagne) Au commencement ?tait une transition qui ne devait pas s??tendre au-del? de deux ann?es. Au fur et ? mesure que les ann?es passent, la transition politique au Mali n?a eu de cesse de s??terniser, ? tel point que nombre d?observateurs se sont trouv?s en droit de se demander, ? juste titre, si un retour ? l?ordre constitutionnel ?tait toujours envisageable.  Dans cet intervalle de temps d?cid?ment interminable, les militaires au pouvoir ? Bamako ont ?voqu?, chaque fois qu?ils sont interpell?s sur cette question cruciale, l?imp?ratif de s?curiser le pays et de r?tablir son int?grit? territoriale. C?est ? se demander si les pays qui ont tenu des ?lections en Afrique depuis que le pluralisme politique est devenu la r?gle ?taient tous pacifi?s. Le S?n?gal a tenu depuis des d?cennies des ?lections d?mocratiques, alors que le conflit en Casamance n??tait pas encore r?solu. Le Nigeria a organis? des ?lections pr?sidentielles en 2023, dont les r?sultats ont ?t? publi?s en 48 h, alors que la pieuvre terroriste de Boko Haram n?est pas encore enti?rement neutralis?e. Le Tchad, tout aussi engag? dans un processus de transition politique, a organis? des ?lections g?n?rales inclusives tout en continuant le combat contre les nombreuses menaces ? ses fronti?res. L?argument de la ? pacification ? du pays est d?autant moins recevable dans l?environnement international extr?mement instable qui limite toute pr?vision fiable sur le long terme, voire le moyen et le court terme, que nul ne peut pr?dire ce que sera le monde ? tr?s court terme.  Il y a ? peine un semestre, nul ne pouvait pr?voir un retournement g?ostrat?gique majeur des ?tats-Unis dans le conflit russo-ukrainien, avec ses cons?quences ? la cha?ne sur l?ensemble de la sc?ne politique internationale. Moins encore, la guerre commerciale f?roce que Donald Trump livre au reste du monde cr?e une nouvelle donne totalement impr?vue qui diminue consid?rablement les possibilit?s budg?taires de nombreux ?tats. Front patriotique et Union sacr?e Si nul ne met en doute la n?cessit? pour les autorit?s actuelles du Mali de r?tablir l?autorit? de l??tat sur l?ensemble du territoire national, la question qu?il est l?gitime de se poser est celle de savoir si le pouvoir central ? Bamako pourra efficacement mener la guerre contre le terrorisme djihadiste jusqu?? son ?radication en divisant le pays comme il ne l?a jamais ?t?.  En effet, il y a plut?t lieu de redouter qu?elles obtiennent l?effet inverse de celui recherch?. L?histoire des pays qui font face ? des agressions ext?rieures atteste que, lorsque la nation doit combattre un ennemi commun ? ses fronti?res, seul un front patriotique le plus large possible peut venir ? bout de cette menace. Cet imp?ratif strat?gique se justifie d?autant plus que les forces arm?es maliennes sont confront?es ? une guerre pour l?essentiel asym?trique. Les terroristes, comme dans la plupart des pays confront?s ? cette menace, se fondent dans la population ou en font partie depuis des lustres. Comme l?a d?montr? le r?cent rapport du Timbuktu Institute, les terroristes du ? Groupe de soutien ? l?islam et aux musulmans? (JNIM) ne cessent de gagner du terrain dans l?ouest du Mali, en raison entre autres d?un d?litement du lien social, du d?classement d?une jeunesse en proie ? la persistance du ch?mage et ? l?absence des services sociaux de base et des perspectives d?avenir. D?s lors, ces segments de la population deviennent des proies facilement manipulables par les terroristes salafistes.  ?Du pain b?ni pour les djihadistes Plut?t que? de proposer la dissolution d??une centaine de formations politiques, dont les plus importantes du pays, ne fallait-il pas organiser une vaste concertation afin de cr?er cette n?cessaire Union sacr?e face ? une menace qui ne cesse de progresser, en d?pit du discours officiel de moins en moins rassurant??  Cette recommandation formul?e par des partisans de la junte militaire qui fait le lit de m?contentements de plus en plus grandissants est plut?t, en r?alit?, du pain b?ni pour les terroristes qui pourraient les exploiter pour r?pandre leur cat?chisme pseudo-religieux et criminel. La dissolution ?annonc?e des formations politiques est par ailleurs hautement pr?occupante sous l?angle du respect du pluralisme politique et de l?avenir de la gouvernance au Mali.  Depuis quelque temps, en Afrique subsaharienne francophone, notamment dans les pays de la nouvelle Alliance des ?tats du Sahel, se fait entendre un discours qui fait le proc?s de la d?mocratie et estime que ce syst?me politique n?a pas permis d?apporter aux Africains la prosp?rit? ?conomique et la souverainet? r?v?es. Or, c?est une grave erreur d?appr?ciation que de limiter la revendication des peuples africains, depuis les ann?es 1990 et pour une meilleure gouvernance, ? la d?mocratie formelle, apr?s l??chec des partis uniques.  Par ailleurs, l?un des principaux reproches qui ?tait fait ? ce syst?me de gouvernance, c??tait l?absence de reddition des comptes et la centralisation excessive du pouvoir d??tat entre les mains d?un seul homme, voire d?une clique.  Le plus d?plorable durant ces d?cennies, c?est que, dans la plupart de ces ?tats ? parti unique, les promesses de progr?s social et de construction d?un ?tat moderne et solide n?ont gu?re ?t? tenues, jusqu?? leur effondrement dans le sillage de la faillite du communisme sovi?tique qui fut leur mod?le d?inspiration. L?une des vertus du pluralisme politique, et non des moindres, est son potentiel de dissuasion contre certains abus de pouvoir et autres d?rives autocratiques.  La mobilisation actuelle des forces politiques qui s?oppose ? ce verrouillage sans

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Le 60e anniversaire de la nouvelle ? Le Mandat ? de Semb?ne Ousmane

Quel coll?gien ou lyc?en de l?Afrique sub-saharienne n?a pas lu et aim? ? Le Mandat ? de l??crivain s?n?galais Semb?ne Ousmane ? Qui n?a pas ?prouv? de la compassion pour Ibrahima Dieng, le personnage central de cette nouvelle ? Qui n?a pas ?t? boulevers? et r?volt? par les humiliations que lui fait subir une administration corrompue et inutilement tatillonne ? En effet, Dieng a du mal ? entrer en possession de l?argent envoy? par son neveu qui vit et travaille en France. ? certaines personnes, la somme de 25.000 F. CFA, le montant du mandat, pourrait para?tre d?risoire, pas ? Dieng qui est au ch?mage et croule sous les dettes. Le jour o? le facteur lui apporte ce fameux mandat, Dieng croit que sa vie va changer car ce mandat lui permettra non seulement de payer ses dettes mais de donner quelque chose ? sa famille ainsi qu?? ses voisins. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme il avait imagin?. En effet, lorsqu?il se rend ? la poste pour retirer le mandat, un agent lui demande de fournir sa carte d?identit?. Une pi?ce qu?il n?a pas et qu?il n?aura jamais car, en Afrique, avant d?obtenir ce genre de documents, il faut, ? d?faut d?avoir le bras long, graisser la patte ou mouiller la barbe ? plusieurs personnes, ce qui ne peut se faire que si on a de l?argent et beaucoup d?argent. Un v?ritable cercle vicieux qui ruinera les immenses espoirs que Dieng avait plac?s dans ce mandat. En un mot, l?oncle d?Abdou ne verra jamais la couleur des 25. 000 F. CFA. Semb?ne Ousmane s?appuie sur cette triste histoire pour critiquer les tares et abus de l?administration et de la police s?n?galaises mais aussi pour nous parler du petit peuple africain des villes, impuissant face ? certains fonctionnaires sans c?ur, ni ?thique. Un peuple constamment humili?, grug? et brutalis? par des gens cens?s ?tre ? son service. Un peuple dont les conditions de vie ne se sont gu?re am?lior?es apr?s le d?part du colon. Un peuple qui continue de broyer du noir malgr? les belles promesses des politiciens qui ne leur rendent visite qu?? l?approche des ?lections. Au-del? du S?n?gal, c?est donc l?Afrique des ind?pendances qui est clou?e au pilori par Semb?ne Ousmane dans cette ?uvre publi?e en 1965 par Pr?sence Africaine, la maison d??dition de son compatriote Alioune Diop qui travailla et se d?pensa beaucoup pour le rayonnement des litt?ratures et cultures africaines. Quand on relit cette nouvelle et qu?on regarde comment nos pays sont g?r?s actuellement, comment le petit peuple y est trait?, on a l?impression que l?Afrique n?a pas beaucoup chang? dans la mesure o? paysans et ouvriers continuent d??tre m?pris?s et exploit?s, dans la mesure o? les petits fonctionnaires font toujours preuve d?arrogance et de cupidit?, dans la mesure o? r?gnent partout le faux et la tricherie, toutes choses qui feront dire ? Ibrahima Dieng que ?l?honn?tet? est un d?lit de nos jours?. Semb?ne est un de mes auteurs favoris parce qu?il n?a pas vendu son ?me au diable pour devenir riche et puissant, parce qu?il ne s?est pas content? de stigmatiser les abus et exactions de la colonisation, ni de chanter sans cesse que l?Afrique est ?le berceau de l?humanit??. En effet, d?s qu?il r?alisa que les fausses ind?pendances des ann?es soixante tardaient ? d?boucher sur la construction de routes, d?h?pitaux et d??coles dignes de ce nom, sur la bonne gouvernance, sur le respect des deniers publics et sur l?am?lioration de la situation des pauvres et d?favoris?s, il prit sa plume pour crier et protester. Semb?ne ne s?est jamais mis au service de la Fran?afrique que feu Fran?ois-Xavier Verschave d?crivait comme ?un syst?me caract?ris? par des pratiques de soutien aux dictatures, de coups d??tat et d?assassinats politiques mais aussi de d?tournements de fonds et de financement ill?gal de partis politiques? (cf. F.-X. Vershave, ? La Fran?afrique : le plus long scandale de la R?publique ?, Paris, Stock, 1998). Le 19 janvier 2011, 4 penseurs africains ?- le Camerounais Achille Mbembe, le B?ninois Paulin Hountondji, le Congolais ?likia M?Bokolo et le S?n?galais Mamadou Diouf ?- donn?rent un grand coup de main ? la Fran?afrique en cosignant une tribune publi?e par des universitaires fran?ais dans ? Le Monde ?. En endossant cette tribune qui pr?sentait ? tort Laurent Gbagbo comme un ?chef ethnocentriste qui refuse sa d?faite? sans en apporter la moindre preuve, ils apportaient indirectement leur caution ? Sarkozy qui s?appr?tait ? bombarder la C?te d?Ivoire et ? installer Dramane Ouattara ? la t?te de la C?te d?Ivoire. Semb?ne n?aurait jamais particip? ? cette entreprise criminelle. Le natif de Ziguinchor (Casamance), qui ?tudia le cin?ma ? Moscou et quitta ce monde le 9 juin 2007, ne faisait pas partie de ces N?gres complex?s et cupides qui se joignent facilement au Blanc pour diaboliser ou assassiner les r?sistants africains. C?est sans doute pour cette raison ? le refus de pactiser avec les ennemis ou bourreaux de l?Afrique ??? que lui et Mongo Beti ne re?urent jamais de prix litt?raire en France. Feu Bernard Zadi Zaourou ne disait-il pas que les prix litt?raires ont un prix ? Traduction : pour recevoir un prix litt?raire en France, il y a un prix ? payer. La jeunesse africaine, en qu?te d?hommes et de femmes dignes et libres, trouvera un guide et un mod?le en Semb?ne Ousmane qui a toujours soutenu que ? l?argent comme l?essence de la vie ne te conduit que sur la fausse route o?, t?t ou tard, tu seras seul car l?argent d?truit tout ce qui nous reste d?humanit? ?. Elle puisera des valeurs dans ? Le Mandat ? qui campe admirablement des personnages aussi hilarants que Mety et Aram (les deux femmes d?Ibrahima Dieng), le facteur Bah, le boutiquier Mbarka ou le pique-assiette Gorgui Ma?ssa. Ibrahima Dieng connut toutes ces tribulations parce que des compatriotes mal intentionn?s voulaient le voir souffrir, ce que Semb?ne r?sume joliment dans cette formule: ? Le malheur, ce n?est pas seulement d?avoir faim et soif. Le malheur, c?est de savoir qu?il

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