Nom de l’auteur/autrice :Viviane TCHIAZE

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Kagam? doit se souvenir d?Amin Dada

Dans la Gr?ce antique, Hybris ?tait la divinit? de l?exc?s. Quand un individu est excessif, aveugl? par un irrationnel complexe de sup?riorit?, d?vor? par la volont? de dominer et de soumettre les autres, quand il verse facilement dans la d?mesure ou quand il pense ?tre ma?tre du monde, il se rend alors coupable d?hybris. Mais ceux qui souffrent de cette maladie ne sont jamais ? l?abri d?une chute. En d?autres termes, l?orgueilleux finit par tomber car, dans la mythologie grecque, N?m?sis, la d?esse de la vengeance, de l??quilibre et de la justice divine, ?tait charg?e de punir les humains qui se livrent ? l?hybris. Il faut avoir cela ? l?esprit pour comprendre pourquoi l?une des inscriptions grav?es sur le fronton du Temple de Delphes ?tait « Rien de trop ».L?Histoire politique africaine est remplie d’exemples d’individus qui en faisaient trop, qui ?taient habit?s par des d?sirs m?galomaniaques et qui, ? cause de cela, termin?rent leur existence d?une mani?re piteuse. Citons, entre autres, Macias Nguema (Guin?e ?quatoriale), Jean-Bedel Bokassa (Centrafrique) Mobutu (Za?re) ou Idi Amin Dada (Ouganda). Je voudrais m?attarder un peu sur le dernier cas.Arriv? au pouvoir en 1971, Amin Dada devint vite c?l?bre ? cause de ses frasques et bouffonneries. Partout et ? tout moment, il voulait (d?)montrer qu?il ?tait fort et puissant. Comme si cela ne suffisait pas, il d?cida, en octobre 1978, d?envahir une partie du territoire tanzanien. L?arm?e ougandaise occupa la Saillie de Kagera. Mais Julius Nyerere n??tait pas homme ? tol?rer ce genre d’affront. Le premier pr?sident de Tanzanie organisa alors la riposte. Celle-ci fut fatale car, bien entra?n?e et d?termin?e, l?arm?e tanzanienne r?ussit ? r?cup?rer les villes tanzaniennes prises par les soldats ougandais et ? chasser Idi Amin du pouvoir, le 10 avril 1979 lors de la bataille de Kampala.La m?saventure d?Idi Amin Dada devrait instruire Kagam? qui donne l?impression que rien ne peut l?arr?ter dans sa volont? de faire main basse sur le Nord-Kivu, voire sur le pouvoir de Kinshasa. La RDC, affaiblie et ridiculis?e aujourd’hui, rien ne dit qu?elle sera dans cette position ?ternellement. Amin Dada, quoique soutenu par Kadhafi, fut vaincu ? la fin. B?n?ficier de l?appui des pays occidentaux ne devrait pas faire croire au pr?sident rwandais qu?il peut d?faire facilement l?Afrique du Sud qui compte plusieurs partenaires dans le groupe des BRICS. « Le plus fort n?est jamais assez fort pour ?tre toujours le ma?tre s?il ne transforme sa force en droit ». Je convoque ces sages paroles de Jean-Jacques Rousseau pour faire comprendre la chose suivante: Nous pouvons et devons r?gler nos diff?rends autrement qu?en nous entretuant avec des armes fabriqu?es et vendues par ceux-l? m?mes qui ont toujours r?v? de nous voir dispara?tre pour accaparer nos richesses. L?absence d?ambition est aussi dangereuse qu?une ambition d?mesur?e. Kagam? est ambitieux, il veut certainement faire de grandes choses pour son pays et pour l?Afrique. On ne peut le lui reprocher mais chacun de nous doit aussi savoir que n?est bonne que l?ambition qui ne d?truit pas des vies humaines. Jean-Claude Dj?r?k?

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L?homme ne peut compter sur ses seules forces

L?une des le?ons que l?on peut tirer de l??vangile de ce 5e dimanche du Temps ordinaire (Ann?e C) peut ?tre formul?e de la mani?re suivante: La gr?ce de Dieu abonde l? o? l?homme accepte de d?passer les limites du bon sens. Pierre capture une grande quantit? de poissons parce qu’il a consenti ? poser un acte qui va contre le bon sens. Sa qualit?, dans cette page d??vangile, c?est d?avoir compris que l?effort suppl?mentaire que le Christ lui demandait, apr?s une p?che infructueuse, n??tait pas inutile et l? se trouve toute la diff?rence avec Sisyphe pour qui porter ?ternellement le rocher jusqu’en haut d?une montagne ?tait devenu un effort inutile, absurde. Camus invitait pourtant ? imaginer ce Sisyphe heureux. Et Pierre, accomplissant une t?che qu?il ne juge pas inutile, serait-il moins heureux?Compter sur ses forces physiques et intellectuelles n?a rien de mauvais. C?est m?me un devoir parce qu’il y a des choses qui rel?vent de notre responsabilit? mais arrive un moment o? l?homme est oblig? de « compter sur Dieu » (Xavier Th?venot), de dire comme Pierre: « Sur ta parole, je jetterai le filet » (in verbo tuo, laxabo rete). Cette confiance en Dieu ne rabaisse pas l?homme mais le grandit. Jean-Claude Dj?r?k?

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L?Octroi Automatique des Droits en Pension aux Assur?s ?ligibles : une R?volution pour les Agents de la CNPS et le Grand Public

Dans un contexte o? l?efficacit? et la simplification des d?marches administratives sont de plus en plus recherch?es, l?introduction de l?octroi automatique des droits en pension pour les assur?s ?ligibles repr?sente une avanc?e majeure. Cette r?forme, qui touche directement le fonctionnement de la Caisse Nationale de Pr?voyance Sociale (CNPS), suscite des attentes consid?rables tant chez les agents de cette institution que chez les assur?s sociaux. Elle incarne une v?ritable r?volution dans la gestion des retraites et des droits sociaux, avec des cons?quences profondes pour le syst?me de protection sociale. Une R?forme Innovante pour Simplifier les D?marches Jusqu?? pr?sent, le processus de demande de pension par les assur?s sociaux n?cessitait des d?marches complexes et souvent longues, impliquant de nombreux documents et la v?rification manuelle des droits. L’introduction du syst?me d?octroi automatique des droits en pension permet de r?duire consid?rablement cette charge administrative. D?sormais, d?s qu?un assur? remplit les conditions d??ligibilit? ? la retraite, ses droits sont automatiquement valid?s et la pension est calcul?e en fonction de ses cotisations et de son historique aupr?s de la CNPS. Cette simplification repose sur une mise ? jour technologique des outils de gestion de la CNPS, qui permet d?assurer un traitement plus rapide et plus transparent des demandes de pension. Le syst?me informatique de la CNPS, connect? en temps r?el aux bases de donn?es des assur?s, permet ainsi d??viter les erreurs humaines, d?am?liorer l?efficacit? du service et de garantir une distribution plus fluide des pensions. Avantages pour les Assur?s Sociaux Pour les assur?s sociaux, cette r?forme est une v?ritable aubaine. Plus besoin de se d?placer, de multiplier les d?marches ou de craindre des oublis ou des erreurs dans le calcul de leur pension. L?automatisation garantit que chaque assur? recevra ce ? quoi il a droit, sans d?lai ni complication. De plus, l?ensemble du processus devient plus transparent, car les assur?s peuvent suivre en ligne l??volution de leur dossier et avoir acc?s ? une information claire sur le montant de leur pension. Ce syst?me permet ?galement d’?viter les situations o? des assur?s n?auraient pas pu demander leur pension par ignorance ou par complexit? administrative. Il r?duit ainsi le risque de pensions impay?es pour des assur?s qui n?auraient pas pu mener ? bien les d?marches n?cessaires, tout en favorisant une meilleure inclusion sociale. Un Impact Positif sur les Agents de la CNPS Les agents de la CNPS b?n?ficient ?galement de cette r?forme. En r?duisant la charge de travail li?e ? la v?rification manuelle des dossiers de pension, ces derniers peuvent se concentrer sur des t?ches ? plus forte valeur ajout?e, comme l?accompagnement personnalis? des assur?s ou la gestion des situations complexes. Le syst?me automatique leur permet ?galement de g?rer un nombre plus important de dossiers sans que la qualit? du service ne soit affect?e. L?automatisation de la proc?dure offre par ailleurs une plus grande s?curit? en mati?re de gestion des fonds et une r?duction du risque d?erreurs administratives. Les agents peuvent ainsi mieux g?rer leur temps et offrir un service plus rapide et plus efficace aux assur?s. Une R?volution pour le Grand Public L’impact de cette r?forme ne se limite pas seulement aux assur?s directs et aux agents de la CNPS. Elle a ?galement des implications importantes pour l?ensemble de la population. En am?liorant l?acc?s ? la pension de retraite, le syst?me contribue ? la r?duction des in?galit?s sociales et ? la s?curit? financi?re des personnes ?g?es. De plus, elle participe ? la modernisation du syst?me de protection sociale, avec des outils num?riques plus accessibles et performants. Les citoyens, conscients de cette avanc?e, voient d?un bon ?il la mise en place de ce m?canisme qui leur garantit une gestion plus transparente et plus fiable de leurs droits sociaux. En favorisant la d?mat?rialisation des d?marches administratives, cette r?forme s?inscrit dans un mouvement global de modernisation des services publics, cr?ant ainsi un mod?le de gestion sociale plus en phase avec les exigences du XXIe si?cle. Conclusion L?introduction de l?octroi automatique des droits en pension est bien plus qu?une simple am?lioration technique. C?est une v?ritable r?volution pour le syst?me de protection sociale, tant pour les assur?s sociaux que pour les agents de la CNPS. En all?geant les d?marches administratives, en renfor?ant la transparence et en assurant une gestion plus rapide et plus efficace des droits ? pension, cette r?forme pose les bases d?un avenir o? la s?curit? sociale sera plus accessible, plus juste et plus ?quitable pour tous. Pour les assur?s comme pour la CNPS, cette r?volution est une promesse de progr?s et de bien-?tre.

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S?rie sur les h?ros africains?: Victor Biaka Boda, martyr de la lutte anticoloniale??

C?est un h?ros et un martyr de la lutte anticolonialiste. Il est regrettable que sa famille biologique n?ait jamais vu son corps, qu?il n?ait pas eu droit ? une s?pulture digne, que F?lix Houphou?t-Boigny et ses successeurs n?aient pas daign? reconna?tre son sacrifice et honorer sa m?moire. Mort pour la patrie, cet homme ne peut continuer d??tre ignor? pendant que les rues, avenues et boulevards de la capitale ?conomique portent les noms des ?Angoulvant, Clozel, Chardy, Nogu?s et autres massacreurs chamarr?s, les pires symboles de la colonisation? (Marcel Amondji).? Un proverbe bh?t? enseigne que, ?lorsque les abeilles finissent de fabriquer le miel, elles disparaissent et ce sont les mouches qui apparaissent?. Le m?decin et s?nateur Victor Biaka Boda n?a pas seulement disparu dans la nuit du 27 au 28 janvier 1950. Il a aussi disparu de l?histoire de la conqu?te de l?ind?pendance de la C?te d?Ivoire. Aucun manuel ne parle de lui, aucun monument n?a ?t? construit pour lui. Hormis le stade de Gagnoa qui porte son nom, rien n?a ?t? fait par la nation pour l?honorer. Et pourtant, de mani?re significative, il prit part ? la lutte contre la colonisation, mena cette lutte sans ruse ni calcul et en paya le prix fort. En effet, Biaka Boda a ?t? assassin? ? Bouafl? par des suppl?tifs syriens de l?arm?e coloniale fran?aise apr?s avoir ?t? tortur? ? coups de ba?onnette. C?est plus tard qu?on retrouva son corps sans t?te et suspendu ? une branche d?arbre. Comment tout cela arriva-t-il? Biaka Boda avait quitt? Yamoussoukro. Il ?tait en route pour Gagnoa quand son v?hicule tomba en panne ? quelques kilom?tres de Bouafl?. Il d?cida alors de passer la nuit dans cette ville. L?Almamy Ali Diaby, qui avait accept? de l?h?berger, ?tait-il de m?che avec les assassins de Biaka Boda? Toujours est-il qu?il fut enlev? et liquid?, cette nuit-l?. Sa mort ne sera officiellement annonc?e par la m?tropole que le 20 mars 1953.  Jusqu?au s?nat fran?ais Que reprochait la France ? Biaka Boda? Qu?est-ce qu?elle ne lui a pas pardonn?? D?avoir ?t? aussi intransigeant que Ruben Um Nyob?, F?lix-Roland Moumi? et les autres leaders nationalistes de l?Union des populations du Cameroun (UPC) qui voulaient une vraie ind?pendance, d?avoir refus? de se soumettre, selon un repr?sentant du Comit? central de la France d’Outre-Mer qui s?exprimait en 1952 sur sa mort (cf. Claude G?rard, ?Les pionniers de l’ind?pendance?, ?ditions Intercontinents, 1975). Biaka Boda repr?sentait l?aile dure du Rassemblement d?mocratique africain (RDA). Malgr? la pers?cution des leaders de ce parti par les colons, malgr? les arrestations, brimades, emprisonnements et autres tueries (je pense entre autres ? la r?pression des manifestations de Bouafl?, le 21 janvier 1950), le s?nateur fustige les d?rives de la colonisation et appelle les villes qu?il visite ? l?insurrection. Mais c?est ? Daloa qu?il prononce, le 18 novembre 1949, le discours le plus virulent contre le colonialisme. L’administrateur Andr? Buttavand avait us? de tous les moyens (barrages dress?s sur la route, d?ploiement de la police et de la gendarmerie) pour emp?cher le meeting de Biaka Boda dans la cit? des antilopes. Excellent tribun et grand harangueur de foules, le s?nateur fait comprendre ? ceux qui sont venus l??couter que personne ne peut confisquer ?ternellement la libert? d?un peuple et que la C?te d’Ivoire sera bient?t affranchie de la colonisation. ? cette ?poque, le RDA est un parti anticolonialiste qui n?a pas peur d?organiser des gr?ves, des marches et des manifestations pour protester contre les exactions de la colonisation. Des ?meutes ?clatent et se succ?dent dans le pays ? partir du 6 f?vrier 1949. Le 14 novembre 1948, le gouverneur Laurent P?choux est envoy? ? Abidjan pour mater les insurg?s et ?pacifier? la colonie. Le m?me jour, Victor Biaka Boda est ?lu au S?nat fran?ais dans le cadre de l?Union fran?aise. Son ?loquence, sa fermet? et sa droiture lui attirent rapidement le respect et l?admiration des s?nateurs. Il utilise la tribune du S?nat pour condamner la r?pression des manifestations pacifiques, pour d?fendre les int?r?ts des populations ivoiriennes, pour r?clamer l’alignement des pensions des anciens combattants d’Outre-Mer sur celles de la m?tropole. Mais qui est cet homme de petite taille n? ? Dahi?pa-K?hi, le 25 f?vrier 1913 ? D?o? tire-t-il sa force et sa d?termination ? D?o? lui vient son courage ? Quelles rencontres a-t-il faites ? Victor Biaka Boda perd tr?s t?t son p?re et sa m?re. Il sera donc ?lev? par ses grands-parents maternels ? Biakou, village situ? ? environ douze kilom?tres de Dahi?pa-K?hi. En 1920, il commence l??cole ? Gagnoa. Sept ans plus tard, il d?croche le certificat d’?tudes primaires ?l?mentaires. En 1930, il obtient le brevet d’?tudes primaires sup?rieures ? l??cole primaire sup?rieure de Bingerville. L??cole de m?decine de Dakar l?accueille de 1931 ? 1937. Il en sort avec le titre de m?decin africain. Il soigne ses premiers patients ? Nz?r?kor?. Pendant son s?jour en Guin?e, Biaka fait la connaissance d?Ahmed S?kou Tour?, celui qui, le 28 septembre 1958, dira ?non? ? la communaut? franco-africaine du g?n?ral de Gaulle. S?kou Tour? dirigeait alors la section guin?enne du RDA, le plus grand mouvement d’Afrique occidentale qui ?tait vent debout contre la colonisation. Biaka ne tarde pas ? adh?rer au RDA. Admis au comit? directeur du RDA-Guin?e, il attaque le colonialisme chaque fois qu?il a l?occasion de s?adresser aux militants de ce parti. L’administration coloniale commence ? surveiller ce jeune r?volutionnaire.  En 1947, il rentre en C?te d’Ivoire. Jean-Baptiste Mockey, Ouezzin Coulibaly, Jacob William, Mathieu Ekra, Dignan Bailly, Anne-Marie Raggi, Ren? S?ry-Kor? et d?autres ?taient d?j? engag?s dans le combat contre l?exploitation coloniale. Sans tarder, Biaka Boda se joint ? eux. En f?vrier 1949, huit responsables du PDCI-RDA sont arr?t?s et incarc?r?s sans jugement ? la prison de Grand-Bassam. Le 24 d?cembre 1949, leurs ?pouses et s?urs marchent sur la prison civile de Grand-Bassam pour r?clamer leur lib?ration. Contrairement ? beaucoup d’autres qui se cachaient, de peur de subir le courroux des colons, Biaka Boda joua un r?le actif dans la mobilisation pour la lib?ration des prisonniers politiques. Devrait-on s?en ?tonner? Non

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Le Tchad annonce la formation d’un nouveau gouvernement

Le secr?taire g?n?ral de la pr?sidence tchadienne, Mahamat-Ahmad Alhabo, a lu jeudi ? la t?l?vision nationale un d?cret pr?sidentiel annon?ant la liste du nouveau gouvernement d’Allamaye Halina, reconduit en tant que Premier ministre il y a deux jours. Le nouveau gouvernement est compos? de 37 membres, dont cinq ministres d’Etat, trois ministres d?l?gu?s et huit secr?taires d’Etat. Le gouvernement a ?t? nomm? apr?s consultation du nouveau Premier ministre, a fait savoir la pr?sidence. L’entr?e la plus remarqu?e est celle d’Abdoulaye Sabre Fadoul comme ministre d’Etat, ministre des Affaires ?trang?res, de l’Int?gration africaine, des Tchadiens de l’?tranger et de la Coop?ration internationale. Les m?dias locaux ont rapport? que le gouvernement comprend des femmes et des jeunes hommes qui rejoignent le gouvernement pour la premi?re fois. N’DJAMENA, 6 f?vrier (Xinhua)

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BTP : les bonnes affaires des vendeurs d’eau

Longtemps consid?r? comme un m?tier de seconde zone, la livraison d’eau a bon dos dans les chantiers. Cette p?riode de forte chaleur est synonyme d’?tiage qui impacte significativement les points d’eau de la zone foresti?re camerounaise. En faisant le malheur des uns, elle fait le bonheur de Charlie. Ce livreur d’eau dans les chantiers de construction et fabriques de parpaings allant d’Anga’a jusqu’? la scierie de Mfou roule sur de l’or. Pour autant rien n’a ?t? facile pour lui. Nous sommes au mois de d’octobre 2024 quand il hume l’odeur des bonnes affaires. Le jeune op?rateur ?conomique faisant dans la vente des produits alimentaires, d?cide de vendre sa boutique, pour s’acheter une camionnette de troisi?me main et des r?cipients. Ce jeudi 30 janvier, nous accompagnons Charlie. Il se rend dans les points d’eau (rivi?res et sources) et recueil de l’eau ? l’aide de sa motopompe. En moins de 10 minutes, il remplit les 4 cubitenaires d’une contenance de 1000 l se trouvant dans sa camionnette. De 9 ? 15h, Charlie fait 11 tours. Un cubitenaires co?te 5 000 FCFA. Il peut aller jusqu’? 6 000 FCFA. Un tour produit 20 000 FCFA, le carburant prend en moyenne 5 000 FCFA. On estime en cette p?riode de vache gr?ce qu’il gagne au bas mot 150 000 FCFA. Seul le dimanche constitue son jour de repos, ?c’est le jour o? je planifie mes choses. Je compte quitter la location avant 2026?. C’est aussi le jour o? il se rend dans les r?unions. Aujourd’hui Charlie apprend que son ?pouse est tr?s contente de lui, ?parce qu’elle voit l’argent entrer?, dit-il en souriant. ? la question de savoir ce qu’il fera lors de la saison pluvieuse Charlie dit qu’il transportera les parpaings dans les chantiers, ?je suis aussi abonn? dans les quincailleries. Je livrerai les marchandises?, assure Charlie. Marc, quant ? lui vient ? peine d’entrer dans la quarantaine. Ce jeune camerounais ?tait habitu? aux travaux rudes comme le port des planches, la fabrication des parpaings, sans oublier le creusage de fausses septiques et puits. ?Marco tapait 15 sacs de ciment pour les parpaings par jour. Il portait 4 madriers et parcourait 4 ? 5 km dans la brousse?, raconte Yvette, sa compagne. Apr?s plus de 15 ans d’intenses activit?s, il est atteint d’une hernie discale. Il passe 6 mois alit?. Quand il se remet, ce dernier ne veut pas s’apitoyer sur son sort. Sa capacit? de r?silience lui permet de surmonter son handicap. Avec l’aide de ses proches, il r?ussit ? avoir une Toyota Dina. Sur ce dernier, il ach?te 3 cubitenaires et une motopompe. Marc se lance aussi dans la vente d’eau dans chantiers de construction, dans les fabriques de parpaings. Tr?s vite il est devenu un incontournable dans Nkongoa et ses environs. Selon ses dires, il ne r?alise pas moins de 8 tours en une journ?e de travail. ?Je ne dois pas trop brutaliser mon dos?. Avec cette activit?, il gagne plus d’argent qu’avant qu’il ne tombe malade. Aujourd’hui, Marc a achet? une parcelle de terrain de 500 m? et doter ma compagne ? moins de 2 ans en tant que livreur d’eau. Andr? Gromyko Balla

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Veille d??lection pr?sidentielle dans les Monts Mandara : les partis politiques montrent d?j? leurs muscles

On n?entend m?me pas d?une oreille que le pr?sident en exercice de l?Etat du Cameroun pourrait ne pas se pr?senter ? la prochaine ?lection pr?sidentielle. Les petits plats se mettent progressivement dans les grands pour assurer un pl?biscite au candidat naturel du Rassemblement D?mocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Paradoxalement, ses ?42 ans de r?gne sans partage? semblent plut?t ?tre le slogan f?d?rateur pour ses partisans. Un sexag?naire rencontr? ? Makoulb? et qui se fait d?lib?r?ment appeler ?militant de premi?re heure? ne va pas du dos de la cuill?re pour dire ses pressentiments. ? la simple ?vocation du sujet sur l?alternance au sommet de l?Etat, il soutient qu? ?il est plut?t ais? de prendre ses quartiers sous l?ombre d?un arbre fruitier que de divaguer ? la recherche de jeunes plants dont la production fruiti?re pourrait ?tre incertaine?. Lorsqu?on discute avec des villageois, on comprend vite que les mentalit?s ?lectorales sont clairement pr?par?es ? aller aux urnes pour le RDPC. Le militant d?un parti d?opposition rencontr? ? Godigon confit que ?la tache sur le terrain n?est pas ais?e. Les autres ont pris de l?avance sur nous. Nous parcourons de longues distances pour rencontrer nos militants. Nous utilisons les moyens de bord, nos motos. A chaque rencontre, il faut pouvoir entretenir les gens qui viennent nous ?couter. Il faut pouvoir leur offrir un peu de bil-bil (bi?re de mil). Et ?a se paye par nos poches. Et le plus souvent, nous n?avons pas cet argent. Le militantisme a un prix exorbitant pour nous en ces difficiles moments de r?cession ?conomique o? la tasse de mil coute d?j? ch?re. Nos adversaires sont bien implant?s partout o? nous allons. C?est difficile de changer les mentalit?s?. A Mora o? une sorte d?union sacr? semble d?j? ?tre fait autour du RDPC malgr? le quiproquo qui a longtemps aliment? les d?bats sur la capacit? de l?homme du Renouveau ? tenir le bateau Cameroun, un conseiller municipal de la ville ?ponyme r?v?le que ?nous vivons d?autres r?alit?s ici. Des enjeux ?lectoraux qui n?ont rien ? voir avec ce que les autres vivent l?-bas ? Yaound?. On ne voit les leaders de l?opposition ici que lorsque nous sommes ? l?approche d??ch?ances ?lectorales. Nous sortons progressivement d?un contexte s?curitaire traumatisant dans lequel nous avons beaucoup perdu. Et nous savons les qui ont toujours ?t? l?. Nous sommes pr?ts ? accompagner la dynamique de d?veloppement enclench?e par le pr?sident de la r?publique. Il s?est dit beaucoup de choses sur sa capacit? ? apporter une plus-value consid?rable au d?veloppement de notre pays. Mais nous avons obtenu des garanties qu?il est physiquement et moralement apte ? assumer ses fonctions. Nous avons des doutes lorsque nous observons la hargne avec laquelle ces jeunes ?loups politiques? sont pr?ts ? tout pour mettre en ?uvre leur id?e du ?chassement?. Nous ne savons pas ? quelle sauce nous serons mang?s. J?estime donc que Biya demeure le moindre mal?. Les adeptes du parti de la flamme dans les massifs montagnards affutent leurs armes pour garantir un pl?biscite ? leur champion. ?Nous sommes nombreux qui sommes partis de l?opposition pour se rallier au RDPC. Nous avons ?cout? le discours f?d?rateur du nouveau Maire de la ville de Mora. C?est lui qui nous a convaincu. Nous constatons une r?elle synergie ax?e vers le d?veloppement et l??quit?. C?est une v?ritable locomotive ?litaire au service des plus faibles que draine le grand-fr?re Talba?, rench?rit un transfuge de l?Union Nationale pour la D?mocratie et le Progr?s (UNDP) devenu militant incontest? du RDPC. Autrefois, antre de l?opposition, la commune de Mora est devenue un bastion imprenable du parti de Biya. Jadis, kirdis des montagnes et islamo-mandara install?s autour du Sultanat du Wandala, ?taient confront?s ? un duel de d?fiance. Aujourd?hui, ils forment un bloc autour du RDPC. ?C?est notre seul gage de stabilit?, le seul ? qui nous pouvons confier nos vies en cette p?riode pleine de tumultes. Nous n?avons pas un autre choix. Nous le soutiendrons?, soutient Varvar?, un agent du comit? de vigilance de Kourgui. Dr TOM

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Inclusion financi?re : ce que visent conjointement la BEAC et la BCEAO

Le renforcement des relations financi?res est au c?ur des perspectives communes. C?est ce qu?augure la rencontre entre les dirigeants de ces deux institutions le 27 janvier dernier. La ville de Yaound? a abrit?, jeudi 27 janvier 2025, la rencontre in?dite entre le gouverneur de la Banque des Etats de l?Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, et son homologue de la Banque centrale des Etats de l?Afrique de l?Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou. La s?ance de travail qu?ont tenu ces personnalit?s est relative ? la mise en ?uvre de l?accord de coop?ration liant les deux institutions depuis 2018. Elle donne un aper?u du nouveau virage que souhaitent amorcer les deux institutions en termes de relation financi?re ext?rieure. Celle-ci est d?j? au beau fixe gr?ce ? la dynamique des transactions financi?res enregistr?e de part et d?autre. En 2022, la transmission de fonds hors de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (Cemac) a d?pass? 1130 milliards de FCFA dont 759 282 929 301 FCFA transf?r?s vers l?Afrique de l?Ouest. A c?t? de cela, le flux d?argent transf?r? depuis cette sous-r?gion vers la Cemac s??l?ve ? 371 193 357 487 FCFA, selon des donn?es publi?es dans le rapport des ?tats des services de paiement de la Beac au titre de l?ann?e 2022. L?Afrique de l?Ouest y apparait comme le troisi?me destinataire des transferts de fond issus de la Cemac; derri?re l?Union europ?enne (305 656 830 034 FCFA) et l?Asie (189 345 153 213 FCFA). Front communsLa BEAC et la BCEAO sont fortement engag?es sur la voie de l?inclusion financi?re dans leurs espaces respectifs. En dehors des cadres r?glementaires qui s??toffent au fils des ann?es, des chantiers sont conclus sur le champ de la r?gulation et de la normalisation; avec en vue la protection des consommateurs gr?ce ? la publication des conditions de banque, entre autres, la surveillance des institutions bancaires et des op?rateurs de paiement mobiles. ?Les informations sur les tarifs qui sont accessibles peuvent servir de base au r?gulateur et aux m?dias pour influencer les banques. Ces acteurs sont plus outill?s que les consommateurs pour suivre l??volution des tarifs et identifier les pratiques ind?sirables?, souligne la BEAC dans sa Lettre de recherche du premier semestre 2019. En 2022, la Cemac comprenait 498 prestataires de services de paiement ayant ouvert plus de 37 millions de comptes aux habitants de la communaut?. 2,4 milliards de transactions ont ?t? r?alis?es pour un montant d?passant 107 126 milliards de FCFA. Cot? Afrique de l?Ouest, l?on atteint d?j? un taux global d?utilisation des services financiers de 67,2% en 2021, contre 63,7% un an plus t?t, selon la BCEAO. Mais la Banque centrale, a en vue un taux de p?n?tration de 75% dans les prochaines ann?es, si l?on s?en tient aux perspectives pr?sent?es ? l?occasion d?une conf?rence ? Dakar, le 8 juillet 2021, sur le th?me ?transformation digitale et inclusion financi?re; opportunit?s et d?fis pour le secteur bancaire en Afrique?. Cette ambition est le socle de rencontres comme celle tenue ? Yaound? le 27 janvier dernier. Laquelle vise pr?cis?ment ? acc?l?rer les objectifs d?inclusion financi?re entre les deux parties avec en d?fi l?essor des monnaies ?lectroniques. Notamment dans les domaines de la transformation digitale, l?innovation, la cybers?curit? et les syst?mes d?information; la surveillance, la modernisation et l?interconnexion des syst?mes et moyens de paiement. Pour la BCEAO cependant, comprennent ?galement la surveillance des bonnes pratiques en mati?re de cession et de rapatriement de devises; d?apr?s les dispositions de son r?glement relatif aux relations financi?res ext?rieures des Etats-membres de l?UEMOA. Louise Nsana

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Centre national DDR de M?m? : un laboratoire de l?int?gration africaine

Nich? dans le Mayo-Sava, dans la r?gion de l?Extr?me-Nord du Cameroun, ce Centre national de d?sarmement, de d?mobilisation et de r?insertion (CNDDR) accueille des pensionnaires de divers horizons. Dans sa derni?re adresse ? la nation ? l?occasion du nouvel an, le Pr?sident Paul Biya n?a pas manqu? de souligner les efforts d?ploy?s par le CNDDR pour favoriser le ?retour ? la maison? des ?fils prodiges de la nation? embarqu?s na?vement dans des entreprises terroristes dans le NoSo et l?Extr?me-Nord du Cameroun. Il n?a pas cach? sa satisfaction quant ? l?atteinte des objectifs assign?s ? cet organisme ?tatique: ?C?est l?occasion pour moi de rappeler aux membres de ces bandes arm?es, que la nation leur tend toujours la main. Je les invite, une fois de plus, ? saisir l?offre de paix qui leur a ?t? faite et ? d?poser les armes. Des centaines de leurs camarades ont d?j? rejoint les Centres de D?sarmement, de D?mobilisation et de R?insertion, et ont ?t? form?s ? diff?rents m?tiers, afin de faciliter leur insertion sociale. Le sort de ceux qui persistent dans la criminalit? est peu enviable. Ils continueront d??tre traqu?s sans rel?che et r?pondront in?luctablement de leurs forfaits?. A l?Extr?me-Nord, les activit?s du CNDDR sont particuli?rement marqu?es par une forte implication des populations locales dans le processus de r?int?gration d?ex-associ?s de Boko Haram. Le processus de r?int?gration met en exergue les autorit?s locales, les forces de d?fense et de s?curit?, les comit?s de vigilance, les imams et les chefs traditionnels. Dans une interview accord?e ? un m?dia local le 12 d?cembre dernier ? Maroua, le chef de centre DDR de l?Extr?me-Nord, Oumar Bicha?r, soutenait qu?? cette date?notre centre affiche 2.967 ex-combattants et associ?s r?guli?rement enregistr?s dans notre base de donn?es. Ils sont essentiellement constitu?s d?hommes, de femmes et d?enfants vivants dans et aux alentours du Centre?. Alors que les effectifs vont crescendo, le 18 d?cembre 2024, le nouveau Centre DDR de M?m? a ?t? inaugur?, impulsant la vision de Paul Biya en offrant un peu plus de commodit?s ? ses occupants. Melting potAu-del? des nationalit?s camerounaises ? qui ce programme offre des opportunit?s de sortie de crise, des expatri?s ont ?galement b?n?fici? de la prise en charge des autorit?s camerounaises. Des tchadiens, nig?riens et nig?rians victimes du terrorisme ont plusieurs fois ?t? accueillis en territoire camerounais. Des corridors humanitaires ont ?t? ouverts pour garantir une assistance ad?quate ? ces individus en d?tresse. ?Je suis de nationalit? nig?riane, n? ? Bama dans l?Etat du Borno. Je suis ici depuis plus de 5 ans. J?ai b?n?fici? d?une assistance de l?Etat camerounais d?s lors que j?ai pris l?engagement de quitter Boko Haram et de suivre des amis camerounais qui ont d?cid? de saisir la main tendue de leur pr?sident ? la suite de son appel. Une fois que nous avons ?t? r?cup?r? par les militaires camerounais au niveau de la fronti?re, je n?ai pas ?t? exclu du fait de mes origines? soutient Blama, un ex-combattant de Boko Haram. ?Le Centre dans lequel nous avons v?cu est un lieu de convivialit? o? nous recevions des informations sur l??ducation civique, sur l?amour de la patrie et le vivre-ensemble. J?y ai appris ? faire de la m?canique. C?est bien ce que font les autorit?s camerounaises puisqu?elles nous permettent malgr? le fait que la guerre n?est pas encore totalement termin?e, de d?poser les armes et r?int?grer plus tard les communaut?s. Maintenant, je suis pr?t ? rentrer chez moi?.La cr?ation du CNDDR r?sulte du d?cret n?2018/719 du 30 novembre 2018. C?est un programme bas? sur le volontariat dont le principal objectif est d?accueillir ceux qui ont pris les armes en les d?posant et surtout ? pr?parer leur r?int?gration dans la vie normale. Un long processus impliquant le renforcement des capacit?s des ex-associ?s ? ?tre des acteurs de socialisation et de coh?sion sociale dans les communaut?s locales. ?On ne peut pas les r?int?grer et les l?cher comme ?a, soutient Oumar Bicha?r. Pendant leur s?jour au Centre, ils apprennent de petits m?tiers, ils acqui?rent des formations. Il y a des mesures d?accompagnement en termes de kits d?installation qu?ils acqui?rent avant de rejoindre les communaut?s. Ils sont form?s pour ?tre des catalyseurs de d?veloppement susceptibles d?embaucher d?autres jeunes des localit?s int?gr?es dans leurs petites entreprises?. Dr TOM

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S?rie sur les h?ros africains?: Jerry Rawlings dans le c?ur des gens

Rawlings refuse de briguer un troisi?me mandat. Il abandonne la vie politique en 2001 mais continue de s?int?resser ? ce qui se passe dans son pays et sur le continent. Pr?sident, il menait une vie sobre et se garda de piquer dans les caisses de l??tat. Il vivait les valeurs auxquelles il croyait. Pour lui, servir le peuple dans la simplicit? ?tait la chose la plus importante. Leader charismatique, il n?h?sitait pas ? mettre la main ? la p?te ou ? transporter avec les ?tudiants les f?ves de cacao au port de Tema. Il pr?f?rait ?tre dans le c?ur des gens plut?t que d?avoir son nom sur un ?difice ou sur un stade. Bref, il abhorrait le culte de la personnalit? car il estimait que le peuple n?oublie jamais ceux qui l?ont bien servi. Et le peuple ghan?en qu?il avait servi avec d?vouement l?aimait tant et si bien que Rawlings n?avait pas besoin de se promener avec des gardes du corps dans les rues d?Accra. Sa s?curit?, c??tait ce peuple ghan?en ? la grandeur et ? la prosp?rit? duquel il se consacra corps et ?me, ce peuple qu?il aimait profond?ment.  C?est de mani?re inattendue qu?il tira sa r?v?rence, ce 12 novembre 2020. Sit?t inform?s, le pr?sident Nana Akufo-Addo d?cr?ta un deuil national de 7 jours et tous les partis politiques suspendirent leur campagne pour la pr?sidentielle de d?cembre 2020. Le Ghana et l?Afrique ?taient inconsolables. La disparition de Rawlings n??tait pas seulement un coup dur pour des milliers de gens. Elle les rendait aussi orphelins. Pourquoi ? Parce que l?ancien pr?sident du Ghana avait positivement marqu? son ?poque, parce qu?il avait montr? une fa?on diff?rente de g?rer les affaires publiques, parce qu?une voix forte, la voix des sans-voix, s??tait ?teinte, parce qu?on ne verrait plus cet amoureux de l?ordre et de la discipline r?gler la circulation dans les rues d?Accra sous les ovations de ses compatriotes qui aimaient l?appeler ?Papa J?. Jeunesse ?lev? par Victoria Agbotui, une Ghan?enne d?c?d?e le 24 septembre 2020 ? l??ge de 101 ans, puisque son p?re ?cossais refusa de le reconna?tre, Jerry Rawlings se comporta effectivement en p?re de famille en prenant la d?fense de Kingsley Ofosu et de ses sept malheureux compagnons. Hormis Ofosu, les autres jeunes ghan?ens avaient ?t? froidement abattus et jet?s par-dessus bord dans la nuit du 2 au 3 novembre 1992. Jerry Rawlings avait exig? le jugement de l??quipage du cargo MC Ruby (Vladimir Ilnitskiy, Val?ry Artemenko, Oleg Mikhailevskiy, Petr Bondarenko et Sergue? Romashenko) et fait savoir que son pays pourrait rompre les relations diplomatiques avec la France et l?Ukraine si justice n??tait pas rendue aux victimes et ? leurs familles.  Treize ans plus t?t, il avait essay? de mettre fin ? la corruption et ? l?indiscipline qui progressivement d?truisaient le Ghana apr?s l?ind?pendance politique arrach?e en 1957 par Kwame Nkrumah. Pourquoi ? Parce qu?il ne supportait pas les d?rives et tares de cette soci?t? que l??crivain Ayi Kwei Armah a bien d?crite dans ?L??ge d?or n?est pas pour demain?. Il avait d?cid? de d?gager le r?gime qui ?tait ? la t?te du pays et devait mener le coup avec quelques compagnons. Avant le coup, il leur d?clara ceci : ?Ceux qui ont pill? le pays ne peuvent pas se retirer comme cela, en h?ros, et continuer ensuite ? tirer les ficelles. Il ne peut y avoir de changement v?ritable dans ce pays sans purification. Il nous faut agir, et vite. Il faut une action vigoureuse, drastique, radicale pour purger le pays. Il faut punir les criminels d??tat qui nous ont r?duits ? cette situation d?indignit??.  Carri?re Le 15 mai 1979, le jeune pilote de l’arm?e de l’air passe ? l?action mais le coup d??tat ?choue. Il est condamn? ? mort. Ce que le peuple retient du proc?s radiot?l?vis?, ce n?est pas cette condamnation mais le discours de Jerry Rawlings. En voici un extrait: ?Je suis l? pour mettre en garde les officiers sup?rieurs, les politiciens, les hommes d?affaires et les criminels ?trangers contre notre col?re. Ils se sont servis de notre sang, de nos sueurs et de nos larmes, bref de notre travail pour s?enrichir et se noyer dans le vin, dans le sexe. Pendant ce temps, vous, moi, la majorit?, nous luttions quotidiennement pour survivre. Moi, je sais ce que c?est que d?aller au lit avec un mal de t?te provoqu? par un ventre vide. Je pr?viens ceux qui s?aviseraient d?aider les goinfres qui nous exploitent ? fuir qu?ils paieront pour eux. Ils seront jug?s, ch?ti?s pour les privations qu?ils ont impos?es au peuple?. Il ajoute: ?L?heure du jugement est arriv?e. Et ce n?est nullement une question de militaires contre civils, d?Akans contre Ew?s, ou de Gas contre nordistes, mais de ceux qui poss?dent contre ceux qui n?ont rien. Vingt-deux ans apr?s l?ind?pendance, vous et moi continuons ? cogner nos t?tes contre le sort, contre le sol, en croyant que Dieu viendra nous sauver de leurs griffes. Il ne viendra pas si vous ne prenez pas vous-m?mes en main votre propre destin ! La France a tir? son salut d?une r?volution. Les ?tats-Unis, la Grande-Bretagne, l?Union sovi?tique, la Chine, l?Iran aussi ! Laissez-moi vous dire que Dieu n?aide pas les gens qui dorment. Ne comptez pas non plus sur les gros messieurs que vous voyez passer dans de belles voitures. Ils ne peuvent pas vous aider, parce que leur ventre est plein ; leurs enfants mangent ? leur faim et ils ont les moyens d?aller et venir o? ils veulent, comme ils veulent?. Un groupe d?officiers, qui intervient ? temps, emp?che l?ex?cution de Rawlings. Les officiers, dirig?s par le major Boakye-Djan, renversent le lieutenant g?n?ral Fred Akuffo, le 4 juin 1979. Boakye-Djan et ses hommes lib?rent Rawlings et l’installent ? la t?te du Conseil des forces arm?es r?volutionnaires (AFRC en anglais). Des ?lections g?n?rales ?taient d?j? pr?vues. Organis?es par l?AFRC, elles sont remport?es par le Dr. Hilla Limann mais, le 31 d?cembre 1981, Jerry Rawlings est oblig? de reprendre les choses en main. Pourquoi ? Parce que

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