BTP : les bonnes affaires des vendeurs d’eau

Longtemps consid?r? comme un m?tier de seconde zone, la livraison d’eau a bon dos dans les chantiers.


Cette p?riode de forte chaleur est synonyme d’?tiage qui impacte significativement les points d’eau de la zone foresti?re camerounaise. En faisant le malheur des uns, elle fait le bonheur de Charlie. Ce livreur d’eau dans les chantiers de construction et fabriques de parpaings allant d’Anga’a jusqu’? la scierie de Mfou roule sur de l’or. Pour autant rien n’a ?t? facile pour lui. Nous sommes au mois de d’octobre 2024 quand il hume l’odeur des bonnes affaires. Le jeune op?rateur ?conomique faisant dans la vente des produits alimentaires, d?cide de vendre sa boutique, pour s’acheter une camionnette de troisi?me main et des r?cipients.


Ce jeudi 30 janvier, nous accompagnons Charlie. Il se rend dans les points d’eau (rivi?res et sources) et recueil de l’eau ? l’aide de sa motopompe. En moins de 10 minutes, il remplit les 4 cubitenaires d’une contenance de 1000 l se trouvant dans sa camionnette. De 9 ? 15h, Charlie fait 11 tours. Un cubitenaires co?te 5 000 FCFA. Il peut aller jusqu’? 6 000 FCFA. Un tour produit 20 000 FCFA, le carburant prend en moyenne 5 000 FCFA. On estime en cette p?riode de vache gr?ce qu’il gagne au bas mot 150 000 FCFA. Seul le dimanche constitue son jour de repos, ?c’est le jour o? je planifie mes choses. Je compte quitter la location avant 2026?. C’est aussi le jour o? il se rend dans les r?unions. Aujourd’hui Charlie apprend que son ?pouse est tr?s contente de lui, ?parce qu’elle voit l’argent entrer?, dit-il en souriant. ? la question de savoir ce qu’il fera lors de la saison pluvieuse Charlie dit qu’il transportera les parpaings dans les chantiers, ?je suis aussi abonn? dans les quincailleries. Je livrerai les marchandises?, assure Charlie.


Marc, quant ? lui vient ? peine d’entrer dans la quarantaine. Ce jeune camerounais ?tait habitu? aux travaux rudes comme le port des planches, la fabrication des parpaings, sans oublier le creusage de fausses septiques et puits. ?Marco tapait 15 sacs de ciment pour les parpaings par jour. Il portait 4 madriers et parcourait 4 ? 5 km dans la brousse?, raconte Yvette, sa compagne. Apr?s plus de 15 ans d’intenses activit?s, il est atteint d’une hernie discale. Il passe 6 mois alit?. Quand il se remet, ce dernier ne veut pas s’apitoyer sur son sort. Sa capacit? de r?silience lui permet de surmonter son handicap. Avec l’aide de ses proches, il r?ussit ? avoir une Toyota Dina. Sur ce dernier, il ach?te 3 cubitenaires et une motopompe. Marc se lance aussi dans la vente d’eau dans chantiers de construction, dans les fabriques de parpaings.


Tr?s vite il est devenu un incontournable dans Nkongoa et ses environs. Selon ses dires, il ne r?alise pas moins de 8 tours en une journ?e de travail. ?Je ne dois pas trop brutaliser mon dos?. Avec cette activit?, il gagne plus d’argent qu’avant qu’il ne tombe malade. Aujourd’hui, Marc a achet? une parcelle de terrain de 500 m? et doter ma compagne ? moins de 2 ans en tant que livreur d’eau.


Andr? Gromyko Balla

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