Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Plus de 80 personnes tu?es dans des attaques rebelles dans l’est de la RDC

Plus de 80 personnes ont ?t? tu?es dans une s?rie d’attaques men?es par les rebelles des Forces d?mocratiques alli?es (ADF) dans l’est de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC), a annonc? le gouvernement, tandis que l’Union africaine (UA) a condamn? mercredi cette ? attaque terroriste odieuse ?. Selon les autorit?s provinciales cit?es dans un communiqu? du gouvernement, au moins 71 personnes ont ?t? tu?es et plusieurs autres sont port?es disparues apr?s une attaque des ADF lundi soir ? Ntoyo, dans le territoire de Lubero, province du Nord-Kivu. Le colonel Alain Kiwewa, administrateur de Lubero, a d?clar? ? Xinhua que le bilan des morts s’?levait ? plus de 80. Dans un communiqu?, le pr?sident de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a fermement condamn? l’attaque de Ntoyo et les violences r?currentes visant les civils dans l’est de la RDC. Il a r?it?r? l’engagement de l’UA ? soutenir les efforts nationaux, r?gionaux et internationaux pour r?tablir la paix, la s?curit? et la stabilit? dans la r?gion des Grands Lacs. Le gouvernement a d?clar? que 18 autres personnes avaient ?t? tu?es dans la nuit de lundi ? mardi, lors d’attaques distinctes des ADF contre deux villages du territoire de Beni, ?galement au Nord-Kivu. Il a r?affirm? sa d?termination ? intensifier ses efforts pour prot?ger les civils, r?tablir la s?curit? et collaborer avec ses partenaires pour mettre fin aux activit?s des ADF. Les ADF, filiale de l’?tat islamique en Afrique centrale, ont intensifi? leurs attaques dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ces derniers mois, ciblant principalement les civils. Selon la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC, les assauts des ADF ont fait au moins 52 morts au Nord-Kivu entre le 9 et le 16 ao?t. Fin juillet, une quarantaine de civils ont ?t? tu?s lors d’une attaque contre une ?glise catholique en Ituri. Des op?rations militaires conjointes congolaises et ougandaises contre les ADF sont en cours depuis novembre 2021, mais le groupe rebelle continue de mener des raids meurtriers. KINSHASA, 10 septembre (Xinhua)

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? Livre blanc ? du CAWOF: des cl?s pour un nouveau contrat social au Cameroun

R?unies au sein du Cameroon Workers Forum (CAWOF), onze organisations syndicales proposent un projet sociopolitique national repens?. Le CAWOf a rendu public, le 4 septembre 2025 ? Yaound?, un Livre blanc du syndicalisme camerounais. V?ritable manifeste d?une trentaine de pages, le document trace les contours d?un dialogue social r?nov?, d?une gouvernance plus inclusive et d?un projet national repens?. Fruit de plusieurs mois de concertation entre organisations syndicales (appuy?es par la Fondation Friedrich Ebert), le ? Livre blanc ? de la CAWOF ambitionne de faire entendre la voix des travailleurs dans un contexte de fortes mutations sociales et politiques. Au c?ur du document, une revendication centrale : sortir le dialogue social de son r?le purement consultatif. Le Cawof propose la r?vision du Code du travail afin de donner aux instances de concertation un pouvoir d?cisionnaire. Les syndicats r?clament ?galement la cr?ation d?un Conseil national du dialogue social, organe permanent et ind?pendant, capable de r?gler rapidement les diff?rends et de fixer des orientations consensuelles pour le monde du travail. Pour le Cawof, il ne s?agit plus seulement de discuter, mais de b?tir une culture de d?cision partag?e entre l??tat, les employeurs et les travailleurs. Justice sociale et protection des travailleurs Le ? Livre blanc ? place la question sociale au premier plan. Les syndicats exigent l?application des normes de la CIPRES (Conf?rence interafricaine de la pr?voyance sociale) sur la s?curit? sociale, une meilleure redistribution des pensions vieillesse et un SMIG port? ? 150 000 FCFA, r?visable tous les deux ans. Ils proposent en parall?le la cr?ation d?un Smic index? sur la croissance ?conomique, afin que l??volution des salaires accompagne celle de la richesse nationale. Les disparit?s salariales et statutaires sont ?galement dans leur ligne de mire. D?o? le plaidoyer pour un statut unique de la fonction publique et l?harmonisation des grilles salariales. Objectif : r?duire les in?galit?s qui fragilisent la coh?sion du monde du travail. La vision syndicale ne fait pas l?impasse sur le d?fi majeur de l?emploi des jeunes. Le ? Livre blanc ? recommande de r?server une priorit? l?gale aux 18-35 ans dans les programmes publics ? forte intensit? de main-d??uvre et de reconna?tre la dur?e des stages scolaires ou professionnels comme de l?exp?rience valable dans les concours et recrutements. Pour le Cawof, offrir des perspectives ? la jeunesse est non seulement une exigence sociale, mais aussi une condition de stabilit? nationale. Vision politique, ?conomique et mon?taire Le document ne se limite pas aux revendications sociales. Il ouvre le champ ? une r?flexion politique de fond : instauration d?un f?d?ralisme ? cinq ?tats, inspir? des r?alit?s socioculturelles et g?ographiques du Cameroun : Grassfields, C?te maritime, For?t, Savane et Sahel. Chaque entit? disposerait de ses propres institutions administratives et l?gislatives, mais resterait reli?e ? une fonction publique f?d?rale. Une proposition audacieuse, qui traduit la volont? des syndicats de participer pleinement au d?bat national ? la veille des ?ch?ances ?lectorales de 2025 et 2026. Sur le terrain ?conomique, le ? Livre blanc ? affiche une critique assum?e du capitalisme lib?ral. Les syndicats y voient un syst?me g?n?rateur d?in?galit?s et appellent ? une redistribution plus ?quitable des richesses. Le Cawof plaide aussi pour une r?flexion ouverte sur l?avenir mon?taire du Cameroun et de la sous-r?gion, estimant que la souverainet? ?conomique passe par la r?vision des choix actuels. Au-del? des propositions techniques, le ? Livre blanc ? traduit la volont? du mouvement syndical camerounais de s??riger en force de proposition nation. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Issa Tchiroma Bakary-Maigari Bello Bouba: l?alliance du va-tout et du va-t?en

? quelques semaines du scrutin pr?sidentiel du 12 octobre, leur coalition surprend autant qu?elle intrigue. Jadis adversaires irr?ductibles, les deux v?t?rans de la politique camerounaise veulent consolider leur bastion du grand Nord et peser dans le jeu ?lectoral, quitte ? se poser en arbitres plut?t qu?en pr?tendants ? la victoire. Leur point de rencontre, c?est le Grand Nord. Ici, leurs noms r?sonnent depuis des d?cennies. Maroua, Garoua, Ngaound?r? : dans ces villes du Septentrion, les deux leaders disposent d?un socle ?lectoral fid?le. ? Leur force, c?est leur capacit? ? mobiliser dans le Nord, mais leur d?fi reste d?exister au-del? ?, analyse un enseignant-chercheur de l?universit? de Ngaound?r?. C?est pour consolider cette base, et tenter d??largir leur influence vers les grandes m?tropoles comme Douala et Yaound?, qu?ils se sont r?solus ? enterrer la hache de guerre. ? Il y a encore quelques mois, ils se regardaient en chiens de fa?ence ?, souffle un cadre politique bas? ? Garoua. La sc?ne politique camerounaise a longtemps ?t? marqu?e par leurs querelles d?ego et leurs divergences strat?giques. Aujourd?hui, ils affichent une entente nouvelle. Des r?unions discr?tes se multiplient, parfois jusque tard dans la nuit, pour dessiner une plateforme commune de campagne. Selon des sources proches d?Issa Tchiroma Bakary et de Maigari Bello Bouba, le programme s?articulerait autour de deux axes : la gouvernance et la justice sociale. ? L?heure n?est plus ? la dispersion des forces de l?opposition, mais ? l?union autour d?un projet cr?dible ?, plaide un proche de Bello, qui croit ? la sinc?rit? du rapprochement. Entre curiosit? et scepticisme Dans la rue, l?annonce suscite des r?actions contrast?es. Beaucoup saluent l?id?e d?une union face ? la toute-puissance du RDPC, parti au pouvoir. Mais d?autres doutent de la capacit? des deux hommes ? d?passer leurs ?gos. ? Ce sont deux v?t?rans qui connaissent le syst?me, mais peuvent-ils incarner un v?ritable renouveau ? ?, interroge un politologue de l?universit? de Garoua. Les r?seaux sociaux, eux, s?enflamment. Certains ironisent sur ? l?union de l?hypocrisie ?, quand d?autres y voient un acte de responsabilit?. ? Nous, les ?lites du Septentrion, sans distinction de quelque nature que ce soit, nous sommes tous responsables de la situation actuelle ?, reconnaissait r?cemment Issa Tchiroma dans une lettre ouverte adress?e au pr?sident de l?Assembl?e nationale. Une mani?re de justifier cette alliance comme une tentative de r?pondre au malaise social et ?conomique qui gangr?ne la r?gion. Le 12 octobre, leurs noms figureront sur les bulletins de vote, mais leurs chances de remporter l??lection apparaissent limit?es. Dans un paysage domin? par le RDPC de Paul Biya, la coalition Tchiroma-Bello cherche avant tout ? peser. ? Ils savent qu?ils ne peuvent pas battre Biya, mais ils veulent se rendre incontournables ?, estime un militant du parti au pouvoir rencontr? ? Mokolo. Leur strat?gie est claire : s??riger en arbitres, afin de monnayer leur poids ?lectoral dans d??ventuelles n?gociations post-scrutin. Si la pr?sidentielle ne devait pas leur ouvrir les portes du palais d?Etoudi, elle pourrait au moins leur offrir une place ? la table des r?formes politiques. Tom

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Sommet conjoint CEEAC?CEMAC: la r?volution avort?e

Marquer un tournant historique en r?unissant, pour la premi?re fois, les deux principales organisations r?gionales. Mais le projet, annonc? en grande pompe, s?est ?vanoui dans les limbes diplomatiques. L?annonce avait ?t? accueillie comme une avanc?e historique. Pour la premi?re fois, la Communaut? ?conomique des ?tats de l?Afrique centrale (CEEAC) et la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC) devaient se retrouver autour d?une m?me table, sous la forme d?un sommet conjoint. L??v?nement, pr?vu de longue date et pr?sent? comme ? une ?tape vers l?unit? ?, devait symboliser la volont? de d?passer les doublons institutionnels et de L?annonce avait ?t? accueillie comme une avanc?e historique. Pour la premi?re fois, la Communaut? ?conomique des ?tats de l?Afrique centrale (CEEAC) et la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC) devaient se retrouver autour d?une m?me table, sous la forme d?un sommet conjoint. L??v?nement, pr?vu de longue date et pr?sent? comme ? une ?tape vers l?unit? ?, devait symboliser la volont? de d?passer les doublons institutionnels et de donner ? l?Afrique centrale une voix plus forte sur la sc?ne continentale. Annonc? en juin 2025, puis report? en juillet de la m?me ann?e. Et? blackout. Le sommet conjoint CEEAC -CEMAC devait pourtant clarifier de nombreux chevauchements et poser les jalons d?une meilleure articulation, voire d?une fusion progressive des deux institutions. Les chefs d??tat avaient ?t? annonc?s, les chancelleries mobilis?es, et les diplomates ?voquaient d?j? une ? r?volution de la gouvernance r?gionale ?. Mais, ? chaque fois, tout s?est effondr?. Pas d?accord sur le lieu, pas d?accord sur la pr?sidence, pas m?me un communiqu? commun pour sauver les apparences. Le projet a ?t? renvoy? aux calendes grecques, victime de la m?fiance mutuelle et des rivalit?s politiques. A en croire plusieurs sources concordantes, les querelles protocolaires, les luttes de pr?s?ance et les pressions de certaines capitales ont fini par tout bloquer. R?sultat : le projet s?est arr?t?, et renvoy? sine die. Selon un habitu? des grands raouts diplomatiques en Afrique centrale, le premier n?ud de discorde fut? protocolaire. Qui devait pr?sider le sommet conjoint ? Le pr?sident en exercice de la CEEAC ou celui de la CEMAC ? Un compromis de co-pr?sidence fut ?voqu?, mais jamais act?. Deuxi?me pomme de discorde : le lieu. Bangui plaidait pour accueillir l??v?nement, pour symboliser la reconstruction d?un pays longtemps fragilis?. Libreville et Yaound? jugeaient ce choix risqu? sur le plan logistique et s?curitaire. Enfin, les capitales se sont affront?es sur les postes strat?giques. ? Chacun voulait placer ses hommes dans la future architecture institutionnelle ?, glisse un diplomate tr?s introduit. R?sultat : blocage total. ? Le sommet n?a pas ?t? annul? officiellement. Il a simplement? disparu de l?agenda ?, ironise-t-on dans les couloirs des instances impliqu?es dans l’organisation. ? Derri?re cet ?chec, se profilent les rivalit?s entre chefs d??tat. Qui pr?sidera un sommet conjoint ? Quelle capitale abritera un secr?tariat fusionn? ? ? qui reviendra le dernier mot en mati?re de s?curit?, d??conomie, de diplomatie ? Dans une sous-r?gion o? chaque pouvoir tient ? sa parcelle d?influence, ces questions se r?v?lent explosives. L?absence de consensus t?moigne moins d?un manque de moyens que d?une incapacit? chronique ? d?passer les ?gos nationaux ?, renseigne une source proche du dossier. Le prix de l’immobilisme Et pourtant, l’agenda ?tait ?pais de trois grands dossiers : La rationalisation institutionnelle (fusion des secr?tariats, clarification des mandats) ; la coordination des politiques ?conomiques et s?curitaires et la pr?paration d?une ?ventuelle fusion ? moyen terme. Pour les citoyens, cet avortement a un co?t r?el. L?Afrique centrale reste la r?gion la moins int?gr?e du continent, malgr? d?innombrables d?clarations d?intention. Les barri?res commerciales persistent, la libre circulation est al?atoire, et les projets communs sont rares. Le sommet manqu? n?est pas seulement une affaire de diplomates : ? il prolonge un statu quo qui bride le potentiel ?conomique et retarde la r?ponse collective aux d?fis s?curitaires ?, glisse Mansar Hobat?. ? C’est une occasion perdue au moment o? l?Afrique centrale est confront?e aux menaces du terrorisme, ? la crise climatique et ? une marginalisation croissante dans le commerce mondial, l?absence d?unit? r?gionale sonne comme une occasion tragiquement manqu?e. L?histoire retiendra que la CEEAC et la CEMAC avaient une chance unique de d?passer leurs querelles pour offrir ? la sous-r?gion un cadre de gouvernance coh?rent. Elles ont choisi de la laisser passer ?, regrette le Tchadien. Il poursuit : ? Depuis trente ans, la CEEAC et la CEMAC coexistent comme deux locomotives sur la m?me voie ferr?e. R?sultat : elles s?immobilisent plus qu?elles n?avancent. Et si cela persiste, en permettant aux structures continuent de se neutraliser, c?est tout le projet d?int?gration qui risque de s?enliser ?. Jean Ren? Meva’a Amougou

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Afrique centrale: deux sommets, une m?me cacophonie

? quelques jours d?intervalle, Malabo et Bangui accueillent les deux principales organisations d?Afrique centrale. La CEEAC parle s?curit? et r?formes, la CEMAC discute ?conomie et monnaie. Mais derri?re ce t?lescopage, c?est toute la fragilit? de l?int?gration r?gionale qui s?expose : manque de coordination, rivalit?s institutionnelles et une impression persistante de blocage. Le ballet diplomatique en Afrique centrale vire parfois au th??tre d?ombres. Cette fois, le sc?nario fr?le l?absurde : la Communaut? ?conomique des ?tats de l?Afrique centrale (CEEAC) et la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC), deux piliers cens?s incarner l?int?gration r?gionale, ont choisi d?organiser leurs sommets? ? quelques jours d?intervalle.R?sultat : embarras diplomatique, impression de d?j?-vu et surtout, une image brouill?e de la coh?sion r?gionale.La CEEAC, qui regroupe onze ?tats, a convoqu? ses dirigeants ? Malabo, en Guin?e ?quatoriale, le 7 septembre 2025. ? l?ordre du jour : s?curit?, paix, r?formes institutionnelles. La CEMAC, elle, a fix? rendez-vous ? Bangui, en Centrafrique, le 10 septembre, apr?s plusieurs reports. Ses discussions porteront sur la relance ?conomique post-Covid, l?avenir du franc CFA et l?int?gration des march?s. Deux th?matiques vitales, compl?mentaires sur le papier, mais trait?es comme si elles ?voluaient en silos concurrents. ? Soyons clairs : ce n?est pas une co?ncidence d?agenda, mais le reflet d?une cacophonie r?gionale devenue la norme ?, tranche le politologue camerounais Belinga Zambo. Avec ironie, il compare la situation ? ? deux grandes familles qui organisent leur mariage le m?me week-end, avec les m?mes invit?s ?. Car derri?re l?anecdote, les enjeux sont lourds : ces sommets mobilisent chefs d??tat, ministres et d?l?gations enti?res, dans une r?gion o? chaque rencontre repr?sente des co?ts financiers et politiques consid?rables. Pour l?internationaliste Bonny Azeufack, la situation interroge davantage qu?elle ne surprend. ? Deux organisations aux mandats diff?rents, mais compl?mentaires, devraient coordonner leurs pas. Or nous assistons ? une concurrence de calendrier qui fragilise l?id?e m?me d?int?gration ?, observe-t-il. Le chercheur tchadien Mansar Hobat?, sp?cialiste des dynamiques r?gionales, voit dans ce t?lescopage un sympt?me ancien : ? Depuis des ann?es, on d?nonce la prolif?ration d?organisations en Afrique centrale, souvent aux pr?rogatives qui se chevauchent. Cela engendre doublons, lenteurs et parfois rivalit?s. Quand deux sommets se tiennent presque simultan?ment, cela traduit un d?ficit de coordination et un manque de vision commune. ? Un constat d?autant plus pr?occupant que les d?fis de la sous-r?gion ne cessent de s?accumuler. Sur le front s?curitaire, les crises persistent, du bassin du lac Tchad ? l?est de la RDC. Sur le plan ?conomique, la relance reste fragile, alors que la pression internationale pour la transition ?nerg?tique s?intensifie. Quant aux citoyens, ils attendent toujours les b?n?fices concrets de cette int?gration tant promise. La juxtaposition des agendas CEEAC et CEMAC envoie donc un signal ambigu : au moment o? l?Afrique centrale devrait parler d?une seule voix, elle appara?t divis?e. ? La r?gion a besoin d?une v?ritable synergie, voire d?une rationalisation institutionnelle ?, plaide Hobat?. Jean Ren? Meva’a Amougou

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Fluidit? logistique et comp?titivit? des corridors en Afrique centrale: mention honorable pour le PAD

Cette appr?ciation ?mane de l?Institut sous-r?gional de statistiques et d??conomie appliqu?e (ISSEA), ? l?issue d?une vaste ?tude command?e par la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC), ? travers l?Observatoire des pratiques anormales (OPA). Depuis plusieurs ann?es, les statistiques sur les ?changes intracommunautaires en Afrique centrale inqui?tent. Les flux commerciaux entre les pays de la Cemac repr?sentent ? peine 2 % du volume global, un chiffre bien en de?? du potentiel r?gional. Dans ce contexte, am?liorer la fluidit? logistique et la comp?titivit? des corridors devient une priorit? strat?gique. Les r?sultats de l??tude men?e par l?ISSEA apportent une note d?optimisme : le PAD (Port autonome de Douala) enregistre une nette am?lioration de ses performances. ? Le temps global de transit, qui ?tait auparavant de 14 jours, a ?t? ramen? entre 8 et 9 jours ?, explique le Pr Robert Ngonte, chef de projet adjoint ? l?OPA. Une ?volution qui traduit des efforts de modernisation et de rationalisation des proc?dures. Le constat est partag? par Marcel Opoumba, directeur g?n?ral de l?ISSEA et chef de projet OPA. Selon lui, ? la r?duction des d?lais et la perception positive des usagers, notamment les commissionnaires en douane agr??s, justifient l?attribution d?une mention honorable au Port autonome de Douala ?. L??tude rel?ve ?galement une diminution significative des faux frais exig?s lors de certains contr?les, am?liorant ainsi la transparence et la comp?titivit? du site. Pour Joseph Nguene Nteppe, chef de la division de l?analyse prospective et de la coop?ration au PAD, ? ces r?sultats conf?rent au port un indicateur de comp?titivit? essentiel pour son image et son attractivit? ?. C?est donc sur la foi de tous ces ?l?ments, que le PAD, principal poumon ?conomique du Cameroun et de la sous-r?gion, a re?u ce jeudi 4 septembre 2025 ? Douala, une distinction particuli?re : la ? mention honorable ?. Des progr?s, mais aussi des d?fis L??valuation souligne toutefois que tout n?est pas encore parfait. Plusieurs points restent ? am?liorer, ? commencer par l?insuffisance des balises GPS utilis?es pour suivre les cargaisons. Sur environ 3 000 balises n?cessaires, seules 1 500 sont effectivement disponibles, entra?nant des retards dans le suivi des camions et allongeant le s?jour des v?hicules dans l?enceinte portuaire, estim? en moyenne ? trois jours.? cela s?ajoute la faiblesse de la connectivit? internet, un probl?me r?current dans l?ensemble de l?Afrique centrale, qui ralentit la transmission et le traitement des donn?es. ? L?int?gration de la plateforme num?rique Bus Cam6 demeure partielle. Certaines proc?dures, comme l??mission du titre de transit ou de la lettre de voiture internationale, sont encore effectu?es sous format papier ?, regrette le DG de l?ISSEA.Les d?lais et les co?ts restent donc jug?s sup?rieurs aux standards internationaux. S?y greffent des difficult?s de gouvernance et de coordination entre les diff?rents organismes impliqu?s dans la gestion du fret. Le manque d?informations claires sur les proc?dures continue de p?naliser les transporteurs et les usagers, notamment les chauffeurs de la Communaut? des transporteurs d?Afrique (CTA). Recommandations pour l?avenir Face ? ces limites, l?ISSEA a formul? une s?rie de recommandations destin?es non seulement au PAD, mais ? l?ensemble des pays membres de la CEMAC. L?une des priorit?s reste la finalisation de la num?risation et l?harmonisation des syst?mes d?information au niveau sous r?gional. L?objectif est de centraliser toutes les proc?dures ? travers un guichet unique portuaire, dot? d?une plateforme int?gr?e. En mati?re de gouvernance, l?accent doit ?tre mis sur la responsabilisation des agents et la mise en place de m?canismes efficaces de d?nonciation et de contr?le interne. La modernisation des infrastructures constitue ?galement un chantier majeur, incluant l?am?lioration de la connexion internet, de l?approvisionnement en ?nergie et du d?ploiement complet des GPS. Sur le plan institutionnel et r?gional, l??tude recommande une formation continue des acteurs portuaires ainsi que la promotion et la g?n?ralisation de l?outil informatique SGMAC, d?j? d?velopp? par la CEMAC. Un projet structurant pour la sous-r?gion L?OPA-AC, cadre dans lequel s?inscrit cette ?tude, est un projet lanc? par la CEMAC dans le but de renforcer la gouvernance des infrastructures de transport en Afrique centrale. Financ? dans le cadre du programme d?appui ? la gouvernance des infrastructures r?gionales et nationales, il vise ? r?duire les pratiques anormales qui freinent la fluidit? des ?changes commerciaux et minent la comp?titivit? des corridors. ? travers ce rapport, le PAD, malgr? ses insuffisances, d?montre sa capacit? ? am?liorer ses performances et ? s?aligner progressivement sur les standards internationaux. Mais le d?fi reste immense : transformer ces avanc?es ponctuelles en r?formes structurelles durables, afin de faire du principal port d?Afrique centrale non seulement une porte d?entr?e comp?titive, mais aussi un catalyseur du commerce r?gional. Diane Kenfack

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A l?initiative de la SCDP: le Terminal des hydrocarbures de Kribi d?s 2026

THK, Terminal des Hydrocarbures de Kribi. Il faudrait d?sormais s?y habituer. La premi?re partie de ce projet structurant d?marre en 2026, selon la directrice g?n?rale de la SCDP. Pour un d?but, il s?agira de la construction d?un quai et surtout d?un d?p?t de stockage d?une capacit? de 12000 tonnes m?triques de gaz de p?trole liqu?fi? (GPL). Au terme des travaux de la phase 1 en fin 2027, la capacit? de stockage du Cameroun sera port?e ? 16.000 tonnes m?triques (12000 de Kribi + 3500 actuellement), soit une multiplication par 5 des capacit?s d?aujourd?hui. A l?horizon 2050, le terminal des hydrocarbures de Kribi devrait pouvoir stocker 40.000 tonnes m?triques de GPL. THK, implant? non loin du port en eau profonde de Kribi, ce sera aussi 240.000 m3 de stockage de produits p?troliers, soit ? peu pr?s la capacit? actuelle de la SCDP sur l?ensemble du pays. C?est dire l?importance de ce projet initi? depuis 2009. Combien co?tera-t-il ? Madame V?ronique Moampea, patronne de la SCDP, r?serve cette r?ponse aux hautes autorit?s du pays. Toutefois, ? l?en croire, des sources de financement ne manquent pas pour ce projet inscrit dans le Programme d?investissement du secteur p?trolier en aval. Le PISPA est financ? entre autres par la taxe sur la modernisation des infrastructures p?troli?res en cours de collecte ou de mobilisation. Projets d?accroissement des capacit?s de stockage Le projet de construction d?un d?p?t massif pour le GPL ? Missole (dans la Sanaga Maritime) est ?galement dans les starkings blocks. Il pourrait d?marrer en fin 2026. Il s?agit d?un terminal d?une capacit? de 16000 tonnes m?triques de GPL, avec un pipeline qui partirait du d?p?t gaz de Bonab?ri, avec la possibilit? d?une remont?e du produit par le rail. En attendant la mise en route du THK avec ses bateaux de grandes capacit?s et du d?p?t massif de Missole, la SCDP est actuellement lanc?e dans un vaste chantier d?accroissement de ses capacit?s actuelles de stockage, sur l?ensemble de ses huit (8) d?p?ts ? travers huit villes du pays. A Douala -Bonab?ri : un centre emplisseur de 1000 tonnes m?triques est en construction, pour renforcer les 3500 tonnes m?triques d?j? disponibles. A Douala – Mboppi : deux (2) r?servoirs de stockage de 6500 m3 chacun sont en chantier. A l?Est ? Belabo, un bac de 5000 m3 de gasoil en chantier. Ces chantiers viennent en addition ? des r?habilitations des infrastructures de stockage effectu?es sur d?autres d?p?ts, notamment dans la partie septentrionale et le centre (Yaound?) du Cameroun. Impossible de passer sous silence l?accent mis sur la s?curit? et la modernisation de l?ensemble des sites de la SCDP. Citons en l?occurrence la modernisation des ?quipements de m?trologie, avec la mise en fonctionnement du dispositif de comptage ? calculateur ?lectronique ou du dispositif de t?l? jaugeage. Ce dernier permet de passer ? la connaissance en temps r?el de la situation exacte des stocks. Tout ceci va de pair avec l?acquisition et l?installation d?une solution de vid?o surveillance derni?re g?n?ration, sur les sites de Douala, Yaound?, Garoua, Bafoussam et Maroua R?sultats obtenus Pour madame V?ronique Moampea, ? avec la modernisation des infrastructures, il est d?sormais possible de d?charger au m?me moment deux navires au port de Douala. On a gagn? 40% du temps de d?chargement des navires ? Douala ?. Et de poursuivre : ? aucun litre de carburant ne manque dans un d?p?t p?trolier ; ceci devrait ?tre vrai jusqu?en cette fin d?ann?e ?. Le Cameroun s?achemine donc vers une fin d?ann?e sereine, pour la disponibilit? des produits p?troliers. L?une des cons?quences positives du d?ploiement de la SCDP. En rappel, la SCDP est une soci?t? ? capital mixte (51% pour l?Etat et 49% pour les priv?s) cr??e en 1979. Sa mission : stockage et distribution des produits p?troliers ; collecte des droits et taxes dans le domaine ?nerg?tique (taxe sur les hydrocarbures ; taxe sur la modernisation des infrastructures p?troli?res?) La SCDP, c?est 8 d?p?ts p?troliers d?une capacit? de stockage de 245.500 m3 de produits liquides et 5005 tonnes de gaz liqu?fi?. ? La SCDP est la banque des produits p?troliers. Elle redistribue aux marketeurs en fonction du sommier de chacun ?, indiquent les collaborateurs de la directrice g?n?rale de la SCDP. Remy Biniou

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CEMAC : onze chantiers sur la table des ministres ? Bangui

Ils se r?unissent ce 9 septembre ? Bangui. Les ministres de l?Union ?conomique d?Afrique centrale (UEAC) vont passer en revue une s?rie de dossiers sensibles, avant de les transmettre ? la Conf?rence des chefs d??tat, pr?vue ce 10 septembre 2025 dans la capitale centrafricaine. Harmoniser les d?penses fiscales Premier sujet : la d?finition et la publication des d?penses fiscales. Un projet de directive veut clarifier cette notion et en uniformiser le suivi dans tous les ?tats. Exit l?id?e d?un comit? centralis? : chaque pays g?rerait d?sormais son propre service d??valuation, jug? plus efficace. Booster les recettes fiscales Autre r?forme attendue : la cr?ation d?un comit? r?gional charg? de la Strat?gie de mobilisation des recettes fiscales int?rieures (SMRFI). Objectif : augmenter la pression fiscale et renforcer la r?silience face aux crises, ? l?image de la CEDEAO et de l?UEMOA. Sant? : un plan de riposte Le social n?est pas oubli?. Les ministres examinent le premier plan strat?gique sous-r?gional de s?curit? sanitaire (2025-2028), avec deux priorit?s : la lutte contre le MPOX et une strat?gie vaccinale synchronis?e. La Commission plaide pour un financement urgent de 2,8 milliards de FCFA. R?forme du statut du personnel La CEMAC veut moderniser la gestion de son personnel, mais l?initiative a un co?t : plus de 3,2 milliards de FCFA par an, soit pr?s de 4 % du budget communautaire. Les ministres doivent arbitrer entre attractivit? et soutenabilit?. Pouvoirs de la Commission Autre dossier sensible : l?abrogation d?une d?cision de 2011 sur les agr?ments, afin de donner au pr?sident de la Commission le pouvoir d?ajuster les droits forfaitaires. Le d?bat reste ouvert. Ordres communautaires Pour valoriser ses b?tisseurs de l?int?gration, la CEMAC a retenu 193 dossiers de personnalit?s ?ligibles aux d?corations. Une mani?re de renforcer la visibilit? de ses actions. Produire plut?t qu?importer Face ? la d?pendance ext?rieure, la strat?gie d?import-substitution des produits du cru avance. Adopt?e en 2023, elle doit d?sormais ?tre appuy?e par des ?tudes chiffr?es et des donn?es sur les cha?nes de valeur agricoles. Sanctionner les manquements budg?taires Un nouveau dispositif de sanctions contre les ?tats ne respectant pas les crit?res de convergence est sur la table. Mais les d?bats achoppent sur le montant des amendes : 0,05 % des recettes ou un plafonnement ? 2 milliards de FCFA ? Tr?sorerie en tension Le financement de la Communaut? reste plomb? par la faible collecte de la Taxe communautaire d?int?gration (TCI). Sans m?canisme automatique de reversement, la tr?sorerie demeure sous pression. Aviation civile : retard dangereux Deux ?tats tardent ? appliquer le code r?gional de l?aviation civile adopt? en 2024. Les retards de publication des r?glements posent un risque direct pour la s?curit? a?rienne. Free roaming : cinq ans de blocage Enfin, le serpent de mer du ? free roaming ? ressurgit. Adopt? en 2020, le r?glement n?est toujours effectif qu?entre le Congo et le Gabon. Les autres ?tats tra?nent les pieds, au d?triment des citoyens et des op?rateurs ?conomiques. Et apr?s ?? ces onze chantiers s?ajoutent neuf notes d?information allant du retour du si?ge de la Commission ? Bangui ? l??valuation du syst?me Licence-Master-Doctorat (LMD). Autant de dossiers qui illustrent les difficult?s mais aussi les ambitions de la sous-r?gion.Reste d?sormais ? voir quels arbitrages les chefs d??tat feront ce 10 septembre. Car derri?re les chiffres et les directives, c?est bien l?avenir de l?int?gration en Afrique centrale qui se joue ? Bangui. Synth?se de Jean Ren? Meva’a AmougouSource : CEMAC

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Qu?attendent-ils des travaux de Bangui??

Quelques citoyens de la CEMAC s?expriment. Jacqueline Nembot, commer?ante ? Douala ? C?est notre quotidien qui est en jeu ? ? Depuis des ann?es, on nous promet la libre circulation dans la CEMAC, mais pour aller vendre mes marchandises ? Libreville, je dois affronter des tracasseries polici?res et des co?ts ill?gaux. J?esp?re que le sommet de Bangui d?cidera enfin de mettre en application r?elle cette mesure, car ce n?est pas seulement une question de politique, c?est notre quotidien qui est en jeu. ? Oumar Mounine, ?tudiant centrafricain ? Qu?on harmonise les dipl?mes ? ? Le retour du si?ge de la Commission CEMAC ? Bangui est une source de fiert?. Mais au-del? du symbole, nous voulons que cela se traduise par des programmes concrets pour la jeunesse et l??ducation. Qu?on harmonise les dipl?mes, qu?on d?veloppe les ?changes universitaires et qu?on donne aux enseignants et aux ?tudiants de la r?gion une v?ritable ouverture r?gionale. ? Obed Makombo, infirmier centrafricain ? Garoua-Boula? (Est-Cameroun) ? Il faut une solidarit? sanitaire entre nos ?tats ?  ? Je travaille dans un h?pital o? les moyens sont limit?s. Lorsqu?une ?pid?mie frappe, chaque pays r?agit seul, alors qu?un effort coordonn? sauverait des vies. J?attends du sommet qu?il cr?e une v?ritable strat?gie r?gionale de sant? publique, avec des vaccins partag?s, des h?pitaux de r?f?rence, et une solidarit? sanitaire entre nos ?tats. C?est vital pour nous tous. ? Bachirou, camionneur camerounais ? Que les routiers et les commer?ants respirent enfin ?  ? Transporter des marchandises entre le Cameroun et le Gabon est une ?preuve. Entre les barrages, les pots-de-vin et les lenteurs administratives, les trajets deviennent ?puisants et co?teux. Nous esp?rons que le sommet de Bangui s?attaquera enfin ? ces obstacles et fera de la libre circulation des biens une r?alit?, pour que les routiers et les commer?ants respirent enfin. ? Estelle, ?tudiante gabonaise ? Yaound? ? Investir dans la mobilit? des jeunes ? ? Pour nous, la CEMAC reste trop lointaine. On en entend parler aux infos, mais rarement dans nos vies. Pourtant, nous aimerions des programmes d??changes ?tudiants, des bourses r?gionales, des stages dans les pays voisins. Si l?int?gration veut avoir un sens pour les jeunes, il faut investir dans notre mobilit? et dans notre avenir, pas seulement dans les grandes infrastructures. ? Herv?, entrepreneur congolais de passage au Cameroun ? Il faut aider les PME ?  ? J?ai mont? une petite entreprise, mais acc?der ? un financement reste un parcours sem? d?emb?ches. Les banques exigent des garanties impossibles. Ce que j?attends du sommet, c?est la mise en place de m?canismes r?gionaux simples, transparents et accessibles pour soutenir les PME. Il faut aider les PME. Une int?gration r?ussie doit d?abord aider les cr?ateurs d?emplois. ? Fatou Mba? Tolli, agricultrice, chef d?entreprise et membre de la soci?t? civile au Tchad ? Une int?gration sans citoyens est vou?e ? l??chec ? ? Je cultive du mil et des l?gumes que j?aimerais ?couler au Cameroun ou en Centrafrique. Mais les taxes et les barrages frontaliers rendent cela presque impossible. Nous voulons une CEMAC qui simplifie la vie des agriculteurs, qui nous aide ? trouver des d?bouch?s r?gionaux et qui lutte contre la corruption qui ?touffe nos efforts. Beaucoup de familles souffrent de la vie ch?re. Les prix montent, les salaires stagnent. Nous attendons des chefs d??tat qu?ils garantissent une stabilit? mon?taire et qu?ils prennent des d?cisions pour prot?ger le pouvoir d?achat. La CEMAC doit ?tre un rempart contre les crises ?conomiques mondiales, pas un simple club de dirigeants. Les sommets CEMAC se tiennent souvent derri?re des portes closes, loin des pr?occupations des citoyens. Pourtant, nous aussi, nous avons des propositions. Je souhaite que la soci?t? civile soit davantage impliqu?e dans l?int?gration r?gionale, que la voix des associations, des jeunes et des femmes soit entendue. Une int?gration sans citoyens est vou?e ? l??chec ?. Dr Clarisse Mbala, politologue (Universit? de Bertoua) ? Que la CEMAC humanise son projet ?  ? Le sommet de Bangui suscite chez moi l?espoir d?une r?habilitation du projet communautaire dans son versant social. L?int?gration ne saurait se r?duire aux flux financiers ou commerciaux ; elle doit se traduire par une am?lioration tangible du quotidien des citoyens. J?attends des dirigeants des engagements clairs en mati?re de mobilit? des personnes, de reconnaissance mutuelle des dipl?mes, de protection sanitaire et de participation citoyenne. Si la CEMAC ne parvient pas ? humaniser son projet, elle court le risque d?appara?tre comme une abstraction technocratique ?loign?e des peuples qu?elle pr?tend unir. ? Propos rassembl?s par Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Vers une CEMAC plus int?gr?e : Bangui accueille un sommet d?cisif

? Bangui, la 16? Conf?rence des Chefs d??tat de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC) s?ouvre ce 10 septembre 2025 dans un climat d?attente et de symboles forts. Au c?ur des d?bats : l?effectivit? de la libre circulation dans l?espace communautaire, le retour du si?ge de la Commission ? Bangui et la consolidation du projet d?int?gration r?gionale. Baltazar Engonga Edjo?o, Pr?sident de la Commission de la CEMAC, souligne l?importance de ce rendez-vous pour l?avenir de la sous-r?gion. ? La Conf?rence permettra d?examiner les avanc?es en mati?re d?int?gration ?conomique et de dresser le bilan des grandes r?formes engag?es ?, explique-t-il, citant notamment le PREF-CEMAC et le PRAFI. L?occasion ?galement de passer le t?moin de la pr?sidence tournante, de Faustin Archange Touad?ra ? Denis Sassou N?Guesso, un geste qu?il qualifie de ? moment hautement symbolique, garant de continuit? et de solidarit? ?. Un sommet attendu, une organisation rod?e Les pr?paratifs se sont d?roul?s dans ? les meilleures conditions ?, selon le Pr?sident de la Commission. Les d?l?gations affluent d?j? vers Bangui, illustrant ? le climat de confiance et de mobilisation ? autour de ce sommet. L??v?nement est d?autant plus significatif qu?il marque le retour du si?ge de la Commission de la CEMAC dans la capitale centrafricaine, apr?s plusieurs ann?es de d?localisation.  C?est, ? en croire Baltazar Engonga Edjo?o, l?un des temps forts de ce sommet. Pendant des ann?es, l?instabilit? politique et s?curitaire de la Centrafrique avait conduit au repli des institutions vers des capitales jug?es plus s?res. Ramener la Commission au c?ur de Bangui, c?est envoyer un message : la CEMAC assume la solidarit? avec un pays longtemps meurtri par la guerre. Ce geste illustre ? la fois une reconnaissance de l?am?lioration de la situation s?curitaire et la volont? des dirigeants de replacer la R?publique centrafricaine au centre du jeu communautaire. ? C?est un symbole fort pour notre institution comme pour la R?publique centrafricaine ?, estime Baltazar Engonga Edjo?o. Pour lui, ce retour ? illustre la volont? de consolider l?unit? et la proximit? avec les populations ?, tout en constituant ? un signe de solidarit? de la sous-r?gion envers un pays fr?re qui a pay? un lourd tribut aux crises ?. Pour le pr?sident de la Commission, le retour ? Bangui sert aussi de vitrine politique : montrer ? l?opinion publique que la CEMAC ne se limite pas ? des discours technocratiques, mais qu?elle peut incarner une fraternit? concr?te. Pour Faustin Archange Touad?ra, dont le mandat de pr?sident en exercice de la Conf?rence s?ach?ve, l??v?nement a valeur de couronnement. Pour son successeur, Denis Sassou Nguesso, il s?agit d?un signal de continuit? : l?int?gration r?gionale ne peut ?tre qu?un processus collectif et durable, au-del? des alternances institutionnelles. Libre circulation : un acquis encore fragile Au c?ur des d?bats, figure une question sensible : la libre circulation des personnes dans l?espace communautaire. Sur le papier, elle est d?sormais une r?alit? : les ressortissants des six pays de la CEMAC peuvent voyager sans visa dans l?espace communautaire. Une avanc?e ? majeure et irr?versible ?, insiste le Pr?sident de la Commission. De l?avis de Baltazar Engonga Edjo?o, deux obstacles persistent. Le premier est d?ordre structurel : l?insuffisance des infrastructures de transport et de communication, qui freine les ?changes et maintient des co?ts ?lev?s. Le second rel?ve de la gouvernance : la persistance des tracasseries administratives et de barri?res injustifi?es aux fronti?res. Pour y rem?dier, la Commission mise sur la construction de corridors modernes et la mise en place de postes de contr?le transfrontaliers uniques. Objectif : fluidifier les ?changes et simplifier les proc?dures. Des inqui?tudes s?curitaires Certains craignent que cette libert? accrue de circulation ne favorise les trafics et l?ins?curit? transfrontali?re. Une inqui?tude jug?e ? l?gitime ? par le Pr?sident de la Commission, qui assure que la question est prise ? tr?s au s?rieux ?. Des m?canismes de coop?ration renforc?e en mati?re s?curitaire et migratoire sont en cours de mise en place, afin de concilier ouverture des fronti?res et protection des citoyens. Retomb?es ?conomiques et sociales Malgr? les lenteurs, les b?n?fices commencent ? se faire sentir. Plus grande mobilit? des populations, ?changes commerciaux facilit?s, opportunit?s accrues pour les op?rateurs ?conomiques : les acquis existent, m?me s?ils ne sont pas toujours per?us par le grand public. Au-del? de l??conomie, cette mobilit? favorise ?galement une meilleure int?gration culturelle et sociale, cimentant ? le sentiment d?appartenance ? une m?me communaut? ?. Une vision pour l?avenir Pour Baltazar Engonga Edjo?o, la 16? Conf?rence doit ouvrir une nouvelle ?tape : ? Apr?s ce Sommet et le retour du si?ge de la Commission ? Bangui, nous voulons poursuivre l?int?gration avec rigueur : mise en ?uvre plus stricte des r?formes, lev?e des obstacles ? la libre circulation, dynamisation du march? commun et renforcement de la solidarit? entre ?tats ?. Son ambition est claire : b?tir une CEMAC ? forte, r?siliente et prosp?re ?, au service direct des citoyens. Car l?int?gration ne peut se r?duire ? des d?cisions politiques ou ? des textes r?glementaires : elle doit se traduire, dans la vie quotidienne des populations, par une libert? r?elle de circuler, de commercer et de construire ensemble un avenir partag?. En ce sens, le sommet de Bangui n?est pas qu?une rencontre institutionnelle. Il incarne une promesse : celle de transformer la CEMAC en une communaut? d??tats mais surtout de peuples, soud?s par des int?r?ts communs et un destin r?gional. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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