Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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la Cemac face ? la saign?e: Cemac en tension

Les gouvernements de la sous-r?gion face ? la baisse des r?serves : entre mesures d?urgence et strat?gies de long terme. La Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC) traverse une p?riode d?licate. La chute des r?serves de change, qui alimentait jusqu?ici la stabilit? de la zone franc, suscite des inqui?tudes croissantes tant chez les d?cideurs politiques que chez les acteurs ?conomiques. Les gouvernements sont d?sormais confront?s ? un dilemme : adopter des mesures d?urgence pour ?viter une crise financi?re ou engager des r?formes structurelles pour renforcer la r?silience ?conomique ? long terme. ? la Banque des ?tats de l?Afrique centrale (BEAC), l?heure est ? la communication rassurante. Dans une r?cente note adress?e aux march?s, l?institution souligne que ??la liquidit? de la zone reste g?rable, mais des efforts concert?s sont n?cessaires pour stabiliser la situation??. Ces d?clarations visent autant ? ?viter une panique bancaire qu?? maintenir la confiance des investisseurs. Pour les experts, la crise actuelle met en lumi?re des faiblesses structurelles anciennes. ??Les pays de la CEMAC ont longtemps d?pendu du p?trole et des mati?res premi?res. Cette d?pendance rend les ?conomies vuln?rables aux chocs externes. Il est urgent de diversifier les sources de revenus et de renforcer les secteurs productifs locaux??, analyse Dr. Ernest Mba Bekono, sp?cialiste des politiques publiques bas? ? Yaound?.Les mesures envisag?es par les ?tats vont de la r?duction des importations non essentielles ? la r?vision de certaines politiques fiscales. Certains gouvernements ?tudient ?galement la possibilit? de renforcer la fiscalit? sur des produits strat?giques afin de mobiliser des ressources suppl?mentaires. ??Chaque franc compte, et il faut agir rapidement tout en ?vitant d??roder le pouvoir d?achat des citoyens??, pr?cise Fatou Nguema, consultante politique. Dans ce contexte, la mobilisation de financements ext?rieurs appara?t comme une n?cessit?. Des discussions sont en cours avec les institutions multilat?rales. ??Nous suivons de pr?s la situation en Afrique centrale. Des m?canismes de soutien cibl?s pourraient ?tre mis en place pour stabiliser les r?serves et accompagner les r?formes structurelles??, d?clare un responsable de la Banque mondiale ? Yaound?. Le Fonds mon?taire international (FMI), pour sa part, aurait exprim? sa disponibilit? ? soutenir des programmes de renforcement de la gestion macro?conomique. ??Un soutien coordonn? peut aider la CEMAC ? traverser cette phase critique sans compromettre la stabilit? ? long terme??, indique un expert en poste ? la repr?sentation du FMI au Cameroun. Politiquement, la situation est particuli?rement sensible. Toute d?cision per?ue comme une aust?rit? risque de provoquer des tensions sociales. Les gouvernements doivent donc conjuguer action rapide et communication transparente pour ?viter que la crise ?conomique ne se transforme en crise politique. ??La perception des citoyens est cruciale. Il ne suffit pas de prendre des mesures, il faut que les populations comprennent et soutiennent les choix ?conomiques??, rappelle Fatou Nguema. Les analystes soulignent ?galement que la crise pourrait devenir un catalyseur pour des r?formes plus profondes. Au-del? des mesures d?urgence, la question de la souverainet? mon?taire et de la coop?ration r?gionale est au c?ur des d?bats. ??La zone franc a assur? une certaine stabilit? pendant des d?cennies, mais elle doit ?voluer pour s?adapter aux r?alit?s ?conomiques actuelles. La coop?ration r?gionale et la diversification ?conomique sont des piliers indispensables pour la r?silience future??, estime Dr Mba Bekono. Dans ce contexte, certains bailleurs de fonds internationaux appellent ? des r?formes cibl?es pour r?duire la vuln?rabilit? de la r?gion aux fluctuations des prix des mati?res premi?res. ??Investir dans l?agriculture, l?industrie locale et les infrastructures permettra non seulement de stabiliser la balance commerciale, mais aussi de cr?er des emplois et renforcer l?int?gration r?gionale??, souligne une source de l?Agence fran?aise de d?veloppement (AFD). Malgr? la complexit? de la situation, plusieurs observateurs restent optimistes. La combinaison de mesures imm?diates pour prot?ger les r?serves et d?un plan de r?forme ? long terme pourrait, selon eux, transformer cette p?riode de tension en opportunit?. ??La crise actuelle pourrait inciter les ?tats de la CEMAC ? moderniser leurs institutions ?conomiques et ? renforcer la transparence dans la gestion publique. C?est un d?fi, mais aussi une chance unique??, conclut Dr Mba Bekono. Ainsi, la CEMAC se trouve ? un carrefour strat?gique. Entre gestion de crise et vision ? long terme, la zone franc d?Afrique centrale doit trouver un ?quilibre d?licat. La r?ponse des gouvernements, soutenue par la coop?ration internationale, d?terminera la trajectoire ?conomique et politique de la r?gion pour les ann?es ? venir. Jean Ren? Meva’a Amougou

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Formation anti-EEI : le CCPAC poursuit son programme 2025

Du 22 au 25 septembre 2025, Libreville a servi de point de convergence pour une formation sp?cialis?e sur les Engins Explosifs Improvis?s (EEI), destin?e aux Forces de D?fense et de S?curit? gabonaises. Cette initiative, orchestr?e par le Secr?tariat Permanent du Comit? des Chefs de Police de l?Afrique Centrale (CCPAC), s?inscrit dans le programme d?activit?s 2025, qui vise ? renforcer la coop?ration r?gionale face ? la recrudescence des menaces terroristes et transfrontali?res. Cette session fait suite aux recommandations formul?es lors de la 4? Session du Conseil s?curitaire du CCPAC, qui avait tir? la sonnette d?alarme sur l?usage croissant des EEI par des groupes arm?s, favoris? par le trafic de composants. L?objectif affich? ?tait de former les participants ? identifier ces ?l?ments lors des contr?les routiers et ainsi pr?venir leur prolif?ration et utilisation malveillante. La c?r?monie d?ouverture, pr?sid?e par le G?n?ral de Corps d?Arm?e Serge Herv? Ngoma, Commandant en Chef des Forces de Police Nationale, a r?uni des repr?sentants du Minist?re de l?Int?rieur, de la CEMAC, ainsi que les commandements de la police, de la gendarmerie et des douanes. Le Colonel Esa?e Ovono Eyi Mezui, Secr?taire Permanent du CCPAC, a salu? le soutien logistique des autorit?s gabonaises et insist? sur la n?cessit? de diffuser les comp?tences acquises aupr?s de l?ensemble des forces. Libreville succ?de au Cameroun, ? la R?publique centrafricaine et au Tchad, qui ont d?j? b?n?fici? de sessions similaires. Selon le calendrier du programme 2025, d?autres pays de la sous-r?gion seront concern?s dans les prochains mois, dans le cadre d?une strat?gie r?gionale coordonn?e visant ? renforcer la vigilance et la pr?vention sur le terrain. Cette s?rie de formations s?inscrit dans une dynamique r?gionale plus large, o? le partage d?expertise et la coordination entre forces de s?curit? constituent des armes essentielles contre les menaces hybrides et les r?seaux criminels transfrontaliers. Les experts du CCPAC rappellent que l?efficacit? de ces sessions d?pendra de la capacit? des participants ? transmettre les acquis et ? appliquer sur le terrain les techniques apprises Jean-Ren? Meva’a Amougou

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Cameroun : un complexe pharmaceutique d?un milliard USD pour transformer l?Afrique centrale

Le 3 octobre 2025 restera grav? dans l?histoire pharmaceutique du Cameroun. ? Meyo, dans la p?riph?rie de Yaound?, a ?t? pos?e la premi?re pierre d?un complexe pharmaceutique d?envergure, fruit d?une joint-venture sino-camerounaise, Yicheng Pharmaceutical Group Fabrication Co., LTD, avec un investissement de 530 milliards FCFA (948 millions USD). Le projet ambitionne de transformer le Cameroun en hub pharmaceutique r?gional et de r?pondre ? une urgence critique : la d?pendance massive aux importations de m?dicaments. Situ? ? moins de cinq kilom?tres de l?a?roport international de Yaound?-Nsimalen, le site de Meyo s??tend sur 5 hectares, avec possibilit? d?extension. La premi?re unit? de production pourra fabriquer annuellement 100 millions de flacons, 2 milliards d?ampoules injectables et 10 milliards de comprim?s, couvrant environ 100 r?f?rences pharmaceutiques essentielles. Cette capacit? vise ? stabiliser l?offre locale tout en r?pondant ? la demande croissante de la zone CEMAC, qui regroupe Cameroun, Gabon, Guin?e ?quatoriale, R?publique centrafricaine, Tchad et Congo. ? La localisation proche de l?a?roport est un atout logistique majeur ?, note Mme Solange Tchoumi, experte en politique de sant? publique. ? Elle facilite l?importation des mati?res premi?res et la distribution rapide des produits finis dans l?ensemble de la sous-r?gion?. Impact ?conomique et emplois Au-del? de l?enjeu sanitaire, le complexe devrait g?n?rer des milliers d?emplois directs et indirects. Les fournisseurs locaux, laboratoires de contr?le qualit? et services logistiques b?n?ficieront d?un essor significatif. ? Nous estimons que plus de 5 000 emplois directs et 10 000 indirects pourraient ?tre cr??s sur les cinq premi?res ann?es ?, pr?cise Jean-Pierre Zang, ?conomiste industriel camerounais. ? C?est un v?ritable levier pour dynamiser l??cosyst?me pharmaceutique camerounais et r?gional ?. Aujourd?hui, le Cameroun importe plus de 95 % de ses m?dicaments, et la facture pharmaceutique nationale a atteint 169 milliards FCFA en 2024, un poids lourd pour l??conomie et un frein ? l?acc?s aux soins de qualit?. ? Ce complexe est une r?ponse strat?gique ? la fois nationale et r?gionale ?, explique Dr Patrice Hilarion Assene, ?conomiste sp?cialis? en sant? publique. ? La production locale permettra de s?curiser l?approvisionnement des pays voisins et de r?duire leur d?pendance aux march?s internationaux?. Le projet pourrait ?galement transformer Yaound? en un p?le industriel pharmaceutique sous-r?gional, attirant investisseurs et experts. ? Cette usine constitue un catalyseur pour l?innovation et la formation dans le secteur pharmaceutique ?, ajoute Dr Omer Lagan Mele, chercheuse camerounaise en politiques de sant? publique. Une vision sous-r?gionale Le Cameroun ambitionne de positionner Meyo comme un hub pharmaceutique pour toute la CEMAC, r?duisant les ruptures d?approvisionnement et rendant les m?dicaments plus accessibles. Selon Dr Hilarion Assene, ? la capacit? de produire localement des m?dicaments de qualit? est un atout strat?gique pour toute la sous-r?gion. Les pays voisins pourront s?curiser leurs cha?nes d?approvisionnement et r?duire leurs co?ts d?importation. ? Des accords de distribution sont envisag?s avec les pays voisins pour rationaliser les approvisionnements et faciliter la cr?ation de r?seaux logistiques interconnect?s. ? Il s?agit d?une opportunit? unique pour cr?er un march? pharmaceutique int?gr? ?, souligne Ursula Maffo, ?conomiste camerounaise. ? Les synergies entre production locale et demande r?gionale pourraient rendre les m?dicaments plus abordables et am?liorer l??quit? en sant?. ? Un projet align? avec les politiques nationales Le complexe s?inscrit dans le cadre du Plan National de D?veloppement Sanitaire (PNDS) et de la Strat?gie Nationale 2030 (SND30), visant ? renforcer les infrastructures de sant? et promouvoir l?innovation pharmaceutique. ? Nous sommes en train de b?tir non seulement une usine, mais une strat?gie nationale et r?gionale de souverainet? sanitaire ?, insiste Mme Maffo. Le projet illustre ?galement la volont? de l?Afrique centrale de r?duire sa d?pendance aux importations et de renforcer sa r?silience face aux crises sanitaires. ? La pand?mie a montr? l?urgence de d?velopper des capacit?s locales ?, rappelle Dr Amina Nguema. ? Meyo est une r?ponse concr?te et ambitieuse ? cet enjeu ?. Perspectives D?s 2027, le Cameroun pourrait devenir un mod?le de production pharmaceutique locale, offrant aux pays de la CEMAC des m?dicaments fiables, accessibles et produits selon les normes internationales. Ce complexe pourrait transformer durablement le paysage sanitaire et ?conomique de la sous-r?gion, tout en affirmant la capacit? de l?Afrique centrale ? produire pour ses citoyens. ? Le complexe de Meyo n?est pas seulement une usine ; c?est une vision strat?gique pour la sant? et l??conomie de toute l?Afrique centrale ?, conclut Ursula Maffo. ? Il marque le d?but d?une nouvelle ?re o? le continent cesse de d?pendre exclusivement des importations et affirme son r?le dans la production pharmaceutique r?gionale ?. Flux financiers, circulation des biens et des personnes Au-del? de l?emploi et de la production, le complexe de Meyo est appel? ? devenir un moteur ?conomique r?gional. Selon Dr L?onard Ngomo, expert en ?conomie r?gionale, ? la mise en place de ce hub va g?n?rer des flux financiers significatifs, ? travers l?investissement direct, les ?changes commerciaux et la taxation des op?rations logistiques. Cela renforcera les budgets nationaux et facilitera la circulation de capitaux entre les pays de la CEMAC. ? La production locale induira ?galement une circulation accrue des biens et des personnes. Les m?dicaments produits seront export?s vers les pays voisins via des corridors logistiques bien d?finis, stimulant le transport, la douane et les services de stockage. ? Le complexe va cr?er un v?ritable r?seau de circulation de marchandises et de personnel qualifi? ?, pr?cise Mme Fatou Bissiri, sp?cialiste en commerce et transport r?gional. ? Des techniciens, pharmaciens et logisticiens circuleront r?guli?rement entre le Cameroun et ses voisins, renfor?ant l?int?gration ?conomique de la sous-r?gion. ? Cette dynamique favorisera aussi la cr?ation de clusters industriels autour de Meyo, attirant fournisseurs de mati?res premi?res, soci?t?s de transport et laboratoires d?analyses. ? La compl?mentarit? entre production locale, distribution et expertise humaine est un atout pour faire ?merger un v?ritable march? pharmaceutique int?gr? ?, insiste Dr Amina Nguema. Ongoung Zong Bella

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Koki Assoumou

Le Cameroun enregistre un nouveau succ?s diplomatique avec l??lection de l’une de ses filles au Conseil de l?Organisation de l?aviation civile internationale (OACI), lors de la 42? Assembl?e g?n?rale tenue ? Montr?al. Directeur g?n?ral de l?Autorit? a?ronautique du Cameroun, Koki Assoumou rejoint ainsi l?un des organes d?cisionnels les plus strat?giques de l?organisation onusienne, charg?e de fixer les normes mondiales de s?curit? et de navigation a?rienne. Cette ?lection consacre l?expertise et la cr?dibilit? du Cameroun dans le secteur a?rien, au moment o? le pays renforce la modernisation de ses infrastructures a?roportuaires et ?uvre pour une meilleure int?gration du ciel africain. Pour Yaound?, cette victoire illustre la reconnaissance internationale du professionnalisme de ses cadres et la pertinence de sa diplomatie technique. Elle ouvre ?galement de nouvelles perspectives de coop?ration dans un domaine cl? pour la connectivit? et le d?veloppement ?conomique du continent.

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Conseil de s?curit? de l’ONU: l’Afrique hausse le ton

Apr?s avoir essuy? un trop plein d’injustices, le continent parle d?sormais pour casser la porte longtemps rest?e verrouill?e par certaines puissances. Depuis 1945, le fonctionnement du Conseil reste fig? dans une architecture h?rit?e de l?apr?s-guerre. Les cinq membres permanents ? ?tats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni ? disposent d?un droit de veto quasi absolu, tandis que dix autres si?ges tournent sur une base biennale. Une m?canique qui, pour le continent africain, traduit une injustice structurelle. ? Avec 54 ?tats, plus d?un milliard d?habitants et un poids ?conomique croissant, l?Afrique ne peut plus ?tre rel?gu?e au rang de spectateur ?, a martel? Bio lors de la comm?moration des 80.ans de l’ONU ? New York. Alors que l?Organisation des Nations unies souffle ses 80 bougies, l?heure n?est plus aux discours convenus. Pour Julius Maada Bio, pr?sident de la Sierra Leone et porte-parole du Comit? des dix (C-10) mandat? par l?Union africaine, le constat est sans d?tour : ? L?Afrique exige d?sormais sa place au Conseil de s?curit? ?.Son message r?sonne comme un ultimatum : deux si?ges permanents avec droit de veto et deux si?ges non permanents suppl?mentaires, ou la poursuite d?une marginalisation qui mine la l?gitimit? m?me du syst?me multilat?ral. Un consensus clair L?Afrique ne parle pas en ordre dispers?. Depuis la position commune d?Ezulwini et la d?claration de Syrte, l?Union africaine a trac? une ligne ferme : l??quit? avant la faveur. Cette demande ne rel?ve ni d?un caprice diplomatique ni d?un calcul de pouvoir, mais d?une exigence de justice historique. La plupart des conflits trait?s par le Conseil concernent le continent, sans que celui-ci ne soit repr?sent? ? la table o? se prennent les d?cisions. Les r?formes partielles introduites ces derni?res ann?es, comme la discussion sur la limitation du veto, apparaissent insuffisantes. ? Il faut cesser de bricoler. Tant que la composition du Conseil ne refl?tera pas le monde r?el, ses d?cisions manqueront de l?gitimit? ?, estime Dr Daniel Nkomba, internationaliste camerounais, consultant aupr?s de plusieurs think tank internationaux. Un avertissement politique Au-del? de la revendication institutionnelle, c?est la cr?dibilit? m?me des Nations unies qui se joue. Comment mobiliser la jeunesse africaine autour du multilat?ralisme si son continent est tenu ? l??cart des d?cisions mondiales ? Comment parler de paix et de coop?ration quand les structures de pouvoir restent celles du si?cle dernier ? Pour Julius Maada Bio, l?avertissement est clair : ? Le Conseil doit s?ouvrir, ou il s?enfermera dans son ill?gitimit?. ? L?Afrique n?entend plus patienter. Forte de ses alliances r?gionales, de son influence croissante dans les forums internationaux et de sa d?mographie galopante, elle se pr?pare ? imposer sa voix sur la sc?ne mondiale. Bobo Ousmanou

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Halte au chantage par la peur !

Le sang n?a pas coul?, mais la menace est claire, brutale, insupportable. L?attaque dont a ?t? victime Cyrille Bojiko, patron de Balafon Media, d?passe de tr?s loin la cat?gorie des ? d?rapages ?. Ici, c?est le m?tier de journaliste, tout entier, qui est vis?, ? travers l?un de ses visages les plus embl?matiques. Les assaillants n?ont pas seulement endommag? du mat?riel, ils ont voulu frapper une conscience, r?duire au silence une voix qui, par son ind?pendance, d?range. Leur message est limpide : ? Nous pouvons aller plus loin, jusqu?? l??limination physique. ? Voil? ce que dit ce guet-apens. Voil? ce qui doit nous r?volter. Car ? travers Cyrille Bojiko, ce sont des centaines de journalistes camerounais qui se voient menac?s. Depuis des ann?es, le m?tier se pratique dans un climat de peur larv?e : intimidations, arrestations arbitraires, convocations humiliantes, pressions ?conomiques. D?sormais, la ligne rouge est franchie. Nous ne sommes plus dans l?accident isol? ; nous sommes dans une offensive contre la libert? d?informer. Et l?histoire nous enseigne qu?une soci?t? qui s?attaque ? ses journalistes s?attaque en r?alit? ? elle-m?me. Dans ce contexte, la promesse faite par Paul Biya en campagne ? ? je m?occuperai de la protection des journalistes ? ? sonne comme un aveu. Oui, le Cameroun n?est pas un havre de s?curit? pour celles et ceux qui ont choisi de porter la voix du peuple. Oui, exercer ce m?tier chez nous rel?ve du courage civique. Mais un aveu ne suffit pas ! Ce que les journalistes exigent, ce que la soci?t? r?clame, ce que la d?mocratie impose, ce sont des actes concrets : enqu?tes s?rieuses sur les agresseurs, sanctions exemplaires, dispositifs cr?dibles de protection. Le pouvoir a ici une occasion historique : montrer qu?il ne se contente pas de slogans, mais qu?il fait de la libert? de la presse un pilier effectif de notre R?publique. S?il ?choue, c?est tout l??difice d?mocratique qui vacillera, car un pays o? l?information est musel?e est un pays qui avance les yeux band?s. Ne nous trompons pas : attaquer un journaliste, ce n?est pas seulement viser un individu. C?est tenter de b?illonner un peuple, c?est interdire aux citoyens de savoir, de comprendre, de critiquer, de choisir. C?est substituer la peur ? la v?rit?. Et nous refusons d?habiter ce silence impos?.Cyrille Bojiko n?est pas seul. Derri?re lui, c?est toute une corporation qui se dresse, c?est une soci?t? civile qui s?indigne, c?est une jeunesse connect?e qui observe et qui n?acceptera plus que la plume soit une cible impunie. La libert? de la presse n?est pas un luxe ; elle est une condition vitale de notre avenir commun. ? ceux qui menacent, nous r?pondons : vos balles n?arr?teront pas nos mots. JRMA

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73,3

L?esp?rance de vie ? la naissance dans le monde a atteint 73,3 ans en 2024, soit un gain de 8,4 ans depuis 1995, selon les derni?res estimations internationales. Cette progression s?explique en grande partie par la r?duction continue de la mortalit? infantile, r?sultat des avanc?es m?dicales, de l?am?lioration de la nutrition et de l?acc?s ?largi aux soins de sant?. Les projections indiquent que cette tendance pourrait se poursuivre : d?ici 2054, projette l’ONU, la long?vit? moyenne mondiale devrait atteindre 77,4 ans, confirmant un allongement durable de la vie ? l??chelle plan?taire.

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M?me pas une simple photo ensemble? d?primant !

Tchiroma, cavalier solitaire lanc? dans une chevauch?e improbable, attire chaque jour plus d?adeptes. Sans moyens d?mesur?s, il r?ussit l? o? d?autres ?chouent : rallier les foules avec l??nergie brute du petit peuple. Dans ce climat de lassitude, sa vitalit? tranche comme une ?claircie au milieu d?un ciel lourd. Car partout ailleurs au Cameroun actuellement, la politique rend malade. Les Camerounais ont le blues. Achille Mbembe l?a dit : Paul Biya a g?ch? nos vies. Pendant que l?alliance Bello-Tchiroma pi?tine, que Kamto d?nonce les trahisons, que Bello, ancien proche de Biya, se voit interdit de meeting dans le village m?me du pr?sident, la d?prime s??paissit. Elle touche jusqu?aux barons du r?gime : Ren? Sadi avale ses couleuvres, Laurent Esso se contente de d?filer en silence. Elle atteint aussi ces jeunes fonctionnaires de trente ans, enr?l?s dans la campagne d?un homme de 92 ans qui ignore jusqu?? leurs noms. Ils s?y pr?tent par calcul, esp?rant grappiller quelques ?chelons dans une administration en panne. Et cette tristesse se lit dans les foules hurlant sur de pauvres femmes en pagne aux couleurs du RDPC, oblig?es de se pr?ter au jeu pour quelques billets afin de nourrir leurs enfants. Elle se lit aussi dans cette image absurde qui envahit tout l?espace publicitaire : un portrait mensonger d?un pr?sident qui n?a rien du vieillard qu?il est.Mais la d?prime la plus insoutenable est intime : celle d?une fille contrainte d’appeler ? voter contre son propre p?re, accusant publiquement l?homme qui l?a engendr?e d?avoir inflig? tant de souffrances ? son peuple. Comment ne pas voir dans son d?sarroi la v?rit? nue, plus forte que tout discours ? M?me son r?trop?dalage forc? ne change rien : la blessure est faite. Et puis il y a la d?prime ordinaire, celle des millions de Camerounais qui tirent le diable par la queue et qui, en lisant le slogan de campagne de Paul Biya ? ? Esp?rance ? ? comprennent qu?il ne reste plus qu?? remettre leur sort ? Dieu, pour sept ann?es encore. Car tout le monde sait ? m?me en feignant de croire au destin de son candidat ? que le RDPC trichera et que Paul Biya sera proclam? vainqueur. Alors oui, nous allons ? cette ?lection tous malades. Et pourtant, il n?est pas trop tard. Comme un patient en ?tat critique, il nous faut une th?rapie de choc. Mais une th?rapie qui commence par un r?cit, par un narratif. Pas un r?cit de divisions, de querelles d?ego, de calculs d?risoires. Non : un r?cit qui transforme nos blessures en histoires, nos humiliations en images, notre d?sespoir en imagination. Candidats, ?lecteurs, partis : cessez de vous mesurer les uns aux autres. Offrez-nous une seule histoire commune, une histoire ? la mesure du v?ritable enjeu. Une photo ensemble pour porter un message collectif. Une simple image pour nous gu?rir de cette ?lection du 12 octobre d?primante. Commen?ons parl? : une simple photo de vous tous ! Jean -Pierre Bekolo

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Une arm?e forte ou la disparition programm?e : le choix crucial des ?tats africains

Depuis les ind?pendances formelles dans les ann?es 1960, la quasi-totalit? des pays africains anciennement colonis?s par la France n?ont jamais pris la mesure de l’importance strat?gique de poss?der une arm?e nationale forte, capable de d?fendre la souverainet? et les int?r?ts de la nation. La s?curit?, bien trop souvent rel?gu?e au second plan, a ?t? abandonn?e aux puissances ?trang?res principalement ? l?ancienne puissance coloniale fran?aise ou ? des forces multinationales comme celles de l?ONU. Cette d?pendance s?curitaire s?est r?v?l?e catastrophique ? plusieurs reprises, lorsque ces alli?s suppos?s se sont montr?s absents, inactifs ou complices au moment des grandes crises. I. Une d?pendance historique lourde de cons?quences L?exemple de la C?te d?Ivoire en septembre 2002 est embl?matique. Le pr?sident Laurent Gbagbo, ?lu dans un climat de tension, a ?t? d’abord attaqu? par une r?bellion entra?n?e au Burkina Faso. Il a ?t? ensuite renvers? en 2011 ? la suite d?une intervention militaire ?trang?re sous couvert de la r?solution d?une crise post-?lectorale. Derri?re le discours sur la d?mocratie, l?intervention fran?aise, appuy?e par l?ONUCI, a clairement d?montr? qu?en l?absence d?une arm?e nationale puissante et fid?le ? l??tat, un pays peut ?tre soumis ? une ing?rence ?trang?re au m?pris de sa souverainet?. Le cas du Centrafrique de Faustin-Archange Touad?ra est tout aussi r?v?lateur. Malgr? la pr?sence constante des forces fran?aises (op?ration Sangaris jusqu?en 2016) puis de la MINUSCA, le pays est rest? en proie ? une instabilit? chronique, domin? par des groupes arm?s et plong? dans le chaos. Ni la paix, ni la s?curit? n?ont ?t? r?tablies durablement. Cela prouve une v?rit? simple : aucune force ?trang?re ne prot?gera durablement un pays mieux que ses propres forces nationales. La R?publique D?mocratique du Congo (RDC) constitue l?un des exemples les plus dramatiques. Depuis plus de deux d?cennies, l?Est du pays est le th??tre de violences inou?es, de massacres ? grande ?chelle, de viols syst?matiques, malgr? la pr?sence de la MONUSCO, l?une des plus grandes missions de maintien de la paix des Nations unies. Cette mission n?a jamais pu, ou voulu, emp?cher les exactions. Des millions de Congolais ont ?t? tu?s ou d?plac?s, et les ressources du pays continuent d??tre pill?es par des puissances ?trang?res ou des groupes arm?s soutenus de l?ext?rieur. L?absence d?une arm?e puissante et bien organis?e a ?t? l?une des principales causes de ce d?sastre humanitaire et ?conomique. II. Une richesse sans d?fense est une proie La majorit? des pays africains disposent de ressources naturelles consid?rables minerais rares, p?trole, gaz, or, diamants, for?ts tropicales. En th?orie, ces ressources devraient ?tre un levier de d?veloppement ?conomique et social. En pratique, elles attirent les convoitises de puissances ?trang?res ou d?acteurs ?conomiques sans scrupule, souvent soutenus militairement ou politiquement par leurs gouvernements. Sans une arm?e forte, disciplin?e, bien ?quip?e et motiv?e, aucun pays ne peut d?fendre efficacement ses richesses. L?histoire r?cente regorge d?exemples o? des entreprises multinationales ont profit? du chaos ou de la faiblesse de l??tat pour piller les ressources naturelles, souvent en complicit? avec des ?lites locales corrompues. Un pays qui ne peut prot?ger ses mines, ses for?ts, ses fronti?res ou ses citoyens est condamn? ? rester d?pendant et sous-d?velopp?, quelles que soient ses richesses. Dans ce contexte, la priorit? ne peut plus ?tre la construction d?infrastructures visibles mais vuln?rables comme les routes, ponts ou h?pitaux, si l?on n?est pas capable de prot?ger ces investissements. L?arme de la dissuasion militaire est un outil fondamental du d?veloppement durable et souverain. On ne construit pas une nation forte sans un pilier s?curitaire solide. III. L?exemple des puissances qui se font respecter Le cas de l?Iran est r?v?lateur. Isol? sur la sc?ne internationale, menac? de toutes parts, ce pays a compris tr?s t?t qu?aucune aide ext?rieure ne le prot?gerait. En d?veloppant une arm?e puissante, des missiles balistiques, une strat?gie militaire autonome et dissuasive, l?Iran est aujourd?hui respect? voire craint m?me par ses ennemis. La r?cente riposte militaire contre Isra?l montre qu?un pays qui se donne les moyens de riposter n?est jamais attaqu? ? la l?g?re. Les autres exemples sont bien connus : la Chine, la Russie, la Cor?e du Nord, l?Inde ou encore le Pakistan ont tous compris que leur souverainet? passait par la force militaire. Qu?ils soient d?mocratiques ou autoritaires, riches ou en d?veloppement, ils savent qu?aucune n?gociation s?rieuse ne peut se faire sans une force militaire cr?dible en arri?re-plan. La dissuasion, m?me sans utilisation directe des armes, est une garantie de paix. IV. Les Occidentaux n?avaient aucun int?r?t ? armer l?Afrique Confier la s?curit? des pays africains aux anciennes puissances coloniales a ?t? une erreur historique monumentale. Ces puissances n?avaient, et n?ont toujours, aucun int?r?t ? voir ?merger des ?tats africains puissants et ind?- pendants. Le maintien d?une certaine instabilit?, d?une d?pendance s?curitaire et ?conomique, leur permet de continuer ? piller les ressources naturelles du continent en toute impunit?. Il est donc absurde et m?me dangereux de continuer ? suivre les conseils des ? partenaires ? occidentaux qui r?p?tent que la priorit? est au d?veloppement ?conomique et non ? la d?fense. Dans les faits, un pays qui ne peut se d?fendre n?a pas d??conomie. Un h?pital ou une ?cole ne servent ? rien si le territoire est livr? aux groupes arm?s. Une route ne fait pas avancer un pays si elle est emprunt?e par des forces ?trang?res ou des milices pour transporter des ressources vol?es. Demander ? un pr?dateur de veiller sur sa proie, c?est faire preuve de na?vet?, voire d?une profonde irresponsabilit? politique. Les ?lites africaines doivent prendre conscience que l?ind?pendance r?elle passe par l?autonomie militaire. V. Le r?veil militaire africain: l?exemple du Burkina Faso Face ? la menace terroriste grandissante dans la r?gion du Sahel, certains dirigeants commencent ? changer de paradigme. Le capitaine Ibrahim Traor?, pr?sident de la transition au Burkina Faso, a compris que la premi?re condition de survie de son pays est une arm?e nationale forte, enracin?e dans le peuple, motiv?e par la d?fense du territoire et non par des privil?ges ou des int?r?ts ?trangers. En mobilisant la jeunesse, en r??quipant les forces arm?es, en mettant fin aux coop?rations militaires inefficaces

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Tout commence par la foi

« Augmente en nous la foi. » Les ap?tres raisonnent en termes de quantit?. Ils parlent comme des employ?s qui demandent une augmentation de salaire ? leur patron afin de faire face ? leurs charges. Ils voudraient que J?sus augmente leur foi mais dans quel but? Probablement pour qu?ils puissent accomplir des choses spectaculaires et impressionner ceux et celles qui seront t?moins de ces choses-l?. J?sus, lui, est dans une tout autre logique. Pour lui, ce qui importe, ce n?est pas que la foi soit petite ou grande mais qu?elle existe r?ellement, c’ est-?-dire que l?homme ait confiance en lui-m?me, qu’il croie que tout n?est pas perdu et qu’il est toujours possible de rebondir dans la vie et de  » reb?tir, m?me sur des ruines » (Martin Gray) car celui qui est convaincu peut faire beaucoup avec peu de choses. M?me avec des blessures et des infirmit?s, celui-l? peut gu?rir des fr?res et s?urs en difficult?. ? travers une visite, une ?coute ou un encouragement, il peut permettre ? des personnes d?sesp?r?es de retrouver le sourire. Les hommes et femmes en d?tresse qui viennent le toucher, que leur dit J?sus? « Va, ta foi t?a sauv?.  » On avait dit de leurs pays qu?ils ?taient pauvres et que seule l?aide ?trang?re pouvait les soulager un tant soit peu. Assimi Go?ta, Ibrahim Traor? et Abdourahamane Tiani, eux, croyaient que leurs pays pouvaient s’ en sortir. Ils croyaient qu’ils pouvaient ?tre avec d’ autres les artisans d?une Afrique nouvelle. Ils avaient surtout compris combien il est n?cessaire de s’ armer de courage et de d?termination pour faire du neuf car, comme le rappelle l?ap?tre Paul ? Timoth?e, « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donn? ». Sans la foi en eux-m?mes et sans la foi en l?Afrique, les 3 dirigeants de l?AES n?auraient pas r?alis? toutes ces grandes choses pour lesquelles ils sont admir?s et respect?s aujourd’hui. Par cons?quent, il ne s’ agit plus de chercher ? savoir si les autres nous laisseront travailler en paix. Ils ne nous l?cheront jamais parce que, sans nos ressources, ils ne sont rien. La question qui m?rite d??tre pos?e est simple: croyons-nous que l?Afrique peut se r?veiller comme la Chine et nous croyons-nous capables de participer ? cette renaissance? Jean-Claude Dj?r?k?

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