Il y a pr?s de 20 ans, Charlotte Songue arrivait ? Kisangani, capitale de la province de la Tshopo, ? l’est de la R?publique d?mocratique du Congo. C’?tait une jeune avocate camerounaise anim?e par des r?ves de justice et de solidarit?.

Aujourd’hui conseill?re principale pour la protection des femmes et coordinatrice des questions de genre au Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC, son nom est devenu synonyme d’empathie, de d?termination et de force tranquille, des qualit?s qu’elle incarne dans l’une des missions humanitaires les plus exigeantes de l’ONU. ? J’avais une vingtaine d’ann?es lorsque j’ai commenc? en 2006 ?, se souvient-elle lors d’un r?cent entretien avec Xinhua dans son bureau de Kinshasa. ? Le monde professionnel ?tait majoritairement masculin, mais j’ai vite appris que le professionnalisme n’a pas de genre. ?
D?s son plus jeune ?ge, Songue a ressenti une vocation pour le service international. ? D?s le lyc?e, je savais que je voulais travailler dans les relations internationales ?, a-t-elle d?clar?. Apr?s des ?tudes de droit au Cameroun et de droits humains en France, elle a rejoint le syst?me des Nations Unies comme volontaire et a ?t? d?ploy?e en RDC, un pays sortant d’une guerre mais pourtant tr?s r?silient. ? En tant que femme africaine, je me suis sentie oblig?e de servir mes fr?res et s?urs au-del? de mes fronti?res ?, a-t-elle d?clar?. ? Travailler ici m’a offert l’opportunit? de faire une r?elle diff?rence pour les survivantes de violences sexistes et de contribuer ? la reconstruction de la justice. ?
Son bureau documente les violations des droits, assiste les victimes, forme les autorit?s et d?fend l’?galit? des sexes ? un travail qu’elle d?crit comme ? collectif et profond?ment humain ?. ? Nous collaborons avec le gouvernement congolais et la soci?t? civile pour garantir le respect des droits de chacun ?, a-t-elle d?clar?. Ces id?aux ont ?t? mis ? l’?preuve dans certaines des r?gions les plus difficiles du pays. Songue se souvient encore des pistes boueuses de Lemera, des for?ts denses de Shabunda et de Baraka, et des villages incendi?s d’Enyele apr?s des affrontements intercommunautaires. ? Se rendre l?-bas ?tait un d?fi ? la fois logistique et ?motionnel ?, a-t-elle confi?. ? Pourtant, je savais que notre pr?sence ?tait porteuse d’espoir. ? Il y a eu des moments o? le fardeau ?tait presque insupportable.
? Apr?s avoir entendu des t?moignages horribles ou appris la mort d’un coll?gue, je me sentais parfois impuissante ?, a-t-elle confi?. ? La nuit, lors des missions sur le terrain, je restais allong?e dans mon lit, sachant que non loin de l? o? je dormais, la violence et le sang continuaient de couler. ? ? Mais ma foi et ma famille m’ont donn? la force de continuer. Mes enfants me rappellent que la pers?v?rance compte ?, a-t-elle ajout?. Ce qui l’a le plus soutenue, ce sont les r?sultats tangibles : une survivante retrouvant sa dignit? ou une prisonni?re injustement d?tenue lib?r?e. ? Chacune de ces petites victoires me montre que ce que nous faisons ici n’est pas vain ?, a-t-elle ajout?.
Au fil des ann?es de travail sur le terrain, Songue a coordonn? des projets de soutien aux victimes et d’autonomisation ?conomique des femmes. ? Ce qui me frappe le plus, c’est leur capacit? ? transformer la douleur en pouvoir ?, a-t-elle d?clar?.Une survivante m’a dit : « Je peux ? nouveau me tenir debout. » Ces mots restent grav?s dans ma m?moire. Elle s’exprimait avec fiert? en ?voquant la fa?on dont elle avait aid? des femmes ? assumer des r?les de leadership dans des zones autrefois inaccessibles. Dans la r?gion de Ruzizi, au Sud-Kivu, 57 femmes ont ?t? nomm?es chefs de quartier pour la premi?re fois gr?ce ? un projet similaire. ? Lorsque les femmes acc?dent ? la gouvernance locale, les d?cisions refl?tent les besoins de toute la communaut? ?, a-t-elle d?clar?. ? Investir dans le leadership f?minin profite ? tous. ?
? ses yeux, lutter contre les violences bas?es sur le genre implique l’engagement de toute la soci?t?, en particulier des hommes et des gar?ons. ? Les hommes doivent passer de la parole aux actes : signaler les abus, soutenir les survivantes et remettre en question les normes n?fastes. Il ne s’agit pas d’une guerre des sexes, mais d’un effort collectif pour une soci?t? plus juste ?, a-t-elle d?clar?. ?tant elle-m?me une femme, Songue a d?clar? que la question du genre ?tait ? l’essence m?me ? de sa mission. ? Comment rester insensible ? la douleur d’une adolescente agress?e par un groupe arm? ou d’une m?re rejet?e apr?s un viol ? ?, a-t-elle demand?. ? Ce qui me motive, c’est de les voir gu?rir et redevenir des leaders. Leurs victoires sont ma plus grande joie. ? Tourn?e vers l’avenir, Songue envisage des progr?s, mais aussi des d?fis : renforcer l’?tat de droit, mettre fin ? l’impunit? et prot?ger les libert?s civiques.
? La paix et la justice doivent progresser ensemble ?, a-t-elle d?clar?. Alors que la R?union mondiale des dirigeants sur les femmes se tient en Chine, son message a une port?e bien au-del? de la RDC. ? Le monde a besoin de cette force f?minine pour construire la paix ?, a-t-elle d?clar?. ? Votre lumi?re finit toujours par percer les t?n?bres de la guerre ?, a-t-elle ajout?, faisant r?f?rence ? ses s?urs dans les r?gions en proie ? des conflits. Songue a exprim? l’espoir que chaque fille d’Afrique puisse grandir dans un monde o? le genre ne constitue pas un obstacle. ? Je r?ve d’une Afrique o? ?tre une femme est une force, pas un risque.
Qu’une fille n?e demain ? Kinshasa ou ? Yaound? ait la m?me ?ducation, la m?me libert? et les m?mes opportunit?s que n’importe quel gar?on. ? Fin? Comment rester insensible ? la douleur d’une adolescente agress?e par un groupe arm? ou d’une m?re rejet?e apr?s un viol ? ?, a-t-elle demand?. ? Ce qui me motive, c’est de les voir gu?rir et redevenir des leaders. Leurs victoires sont ma plus grande joie. ? Tourn?e vers l’avenir, Songue envisage des progr?s, mais aussi des d?fis : renforcer l’?tat de droit, mettre fin ? l’impunit? et prot?ger les libert?s civiques. ? La paix et la justice doivent progresser ensemble ?, a-t-elle d?clar?.
Alors que la R?union mondiale des dirigeants sur les femmes se tient en Chine, son message atteindra bien au-del? de la RDC. ? Le monde a besoin de cette force f?minine pour construire la paix ?, a-t-elle d?clar?. ? Votre lumi?re finit toujours par percer les t?n?bres de la guerre ?, a-t-elle ajout?, faisant r?f?rence ? ses s?urs dans les r?gions en proie ? des conflits. Songue a exprim? l’espoir que chaque fille en Afrique puisse grandir dans un monde o? le genre ne soit plus un obstacle.
? Je r?ve d’une Afrique o? ?tre une femme est une force, pas un risque. Qu’une fille n?e demain ? Kinshasa ou ? Yaound? ait la m?me ?ducation, la m?me libert? et les m?mes opportunit?s que n’importe quel gar?on. ? Fin? Comment rester insensible ? la douleur d’une adolescente agress?e par un groupe arm? ou d’une m?re rejet?e apr?s un viol ? ?, a-t-elle demand?. ? Ce qui me motive, c’est de les voir gu?rir et redevenir des leaders. Leurs victoires sont ma plus grande joie. ? Tourn?e vers l’avenir, Songue envisage des progr?s, mais aussi des d?fis : renforcer l’?tat de droit, mettre fin ? l’impunit? et prot?ger les libert?s civiques.
? La paix et la justice doivent progresser ensemble ?, a-t-elle d?clar?. Alors que la R?union mondiale des dirigeants sur les femmes se tient en Chine, son message atteindra bien au-del? de la RDC. ? Le monde a besoin de cette force f?minine pour construire la paix ?, a-t-elle d?clar?. ? Votre lumi?re finit toujours par percer les t?n?bres de la guerre ?, a-t-elle ajout?, faisant r?f?rence ? ses s?urs dans les r?gions en proie ? des conflits. Songue a exprim? l’espoir que chaque fille en Afrique puisse grandir dans un monde o? le genre ne soit plus un obstacle. ? Je r?ve d’une Afrique o? ?tre une femme est une force, pas un risque. Qu’une fille n?e demain ? Kinshasa ou ? Yaound? ait la m?me ?ducation, la m?me libert? et les m?mes opportunit?s que n’importe quel gar?on. ?
KINSHASA, 13 octobre (Xinhua)