Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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H?l?ne Ngassa: ? chaque mesure prise pour soutenir ces femmes a un effet multiplicateur sur toute la communaut? ?

Dans un contexte o? les changements climatiques perturbent profond?ment les modes de vie des communaut?s rurales et o? l?acc?s aux ressources financi?res reste limit? pour les femmes, Int?gration a rencontr? l?experte en management des organisations communautaires et d?veloppement local au Cameroun. Elle nous livre son analyse des difficult?s rencontr?es par les femmes et les solutions que pourraient mettre en ?uvre les institutions publiques pour y rem?dier. Dr. Ngassa, quelles sont, selon vous, les principales difficult?s que rencontrent les femmes rurales face aux changements climatiques au Cameroun?? Les femmes rurales sont les premi?res victimes des variations climatiques. Elles g?rent l?agriculture familiale, l?approvisionnement en eau et la nutrition des enfants. Or, la s?cheresse, les inondations et l??rosion des sols rendent ces t?ches quotidiennes de plus en plus ardues. ? l?Ouest et dans le Nord, certaines cultures essentielles comme le ma?s ou le manioc ?chouent avant maturit?, entra?nant une ins?curit? alimentaire pour toute la famille. La pression est immense, car elles doivent r?pondre aux besoins imm?diats de leurs familles tout en essayant d?anticiper des saisons impr?visibles. De nombreux t?moignages illustrent ? quel point le quotidien des femmes rurales est directement impact? par le climat et comment cette instabilit? affecte la s?curit? alimentaire, l??ducation des enfants et m?me la sant? familiale. Et qu?en est-il de l?acc?s aux ressources financi?res?? C?est un vrai casse-t?te. Les institutions financi?res formelles restent largement inaccessibles aux femmes rurales, souvent en raison de la n?cessit? de garanties fonci?res ou de documents administratifs qu?elles ne poss?dent pas. Beaucoup se tournent vers le microcr?dit ou les tontines, mais ces solutions ne suffisent pas ? financer des projets agricoles innovants ou ? compenser les pertes dues aux catastrophes climatiques. Cela limite leur capacit? ? investir dans des semences de qualit?, de petits ?quipements agricoles ou m?me des activit?s g?n?ratrices de revenus compl?mentaires, les maintenant dans un cycle de vuln?rabilit?. Pour beaucoup, l?acc?s au financement reste une promesse non tenue, alors que ces femmes sont pr?tes ? investir leur travail et leur savoir-faire. Face ? cette situation, quelles solutions concr?tes les institutions publiques pourraient-elles mettre en place?? Il y a plusieurs axes. Premi?rement, am?liorer l?acc?s aux financements. Les banques et coop?ratives pourraient cr?er des produits adapt?s aux femmes rurales, comme des microcr?dits garantis par l??tat ou des fonds de r?silience climatique. On pourrait aussi renforcer les partenariats public-priv? pour subventionner l?achat de semences r?sistantes ? la s?cheresse ou d??quipements agricoles modernes. Des initiatives pilotes dans certaines r?gions montrent d?j? que lorsque l??tat soutient directement les groupements de femmes, les r?sultats sont tangibles.Deuxi?mement, la formation et l?accompagnement sont essentiels. Les femmes doivent ?tre form?es aux techniques agricoles adapt?es au changement climatique : irrigation goutte-?-goutte, agroforesterie, diversification des cultures. Les services publics de vulgarisation agricole doivent intensifier leurs visites sur le terrain et offrir des conseils personnalis?s. Ces formations ne se limitent pas ? l?agriculture : elles incluent aussi la gestion financi?re de l?exploitation, la constitution de coop?ratives et l?acc?s aux march?s locaux.Troisi?mement, il faut une approche de planification participative. Les femmes doivent ?tre incluses dans les comit?s de gestion des ressources naturelles et des budgets communaux. Leur exp?rience du terrain est une richesse pour ?laborer des politiques efficaces et durables. ? l?Extr?me-Nord, certaines communaut?s ont mis en place des syst?mes de stockage de l?eau g?r?s par des groupes de femmes locales, qui pourraient ?tre financ?s et ?tendus gr?ce ? l?appui de l??tat. Ce type d?implication favorise ?galement la responsabilisation et la p?rennit? des initiatives locales. Certaines femmes d?noncent un manque de coordination entre les minist?res et institutions publiques. Comment am?liorer cela?? La fragmentation est un probl?me r?current. Il faut des m?canismes de coordination plus efficaces entre le minist?re de l?Agriculture, celui de la Femme et de la Famille, le minist?re de l??conomie et les institutions financi?res publiques. Une ??plateforme multisectorielle?? pourrait centraliser les informations sur les programmes disponibles, simplifier les d?marches administratives et permettre aux femmes rurales de b?n?ficier plus facilement des subventions ou des pr?ts. Les nouvelles technologies, comme les applications mobiles de suivi et de paiement, sont aussi des outils prometteurs pour connecter ces femmes aux services financiers et aux informations agricoles. Une meilleure coordination permettrait d??viter que certaines initiatives se chevauchent ou ?chouent faute de suivi, et renforcerait la confiance des communaut?s dans les institutions publiques. Dans le domaine de l??ducation et de la sensibilisation, que peuvent faire les institutions?? L??ducation est un pilier. Les femmes rurales doivent ?tre inform?es sur les droits fonciers, les opportunit?s financi?res et les pratiques agricoles r?silientes. Les programmes radio et mobile sont tr?s efficaces pour toucher les zones recul?es. Il faut aussi soutenir l?enseignement technique et l?alphab?tisation financi?re, afin que ces femmes puissent non seulement cultiver, mais g?rer leurs revenus et ?pargner intelligemment. Les institutions peuvent ?galement d?velopper des programmes de mentorat, mettant en relation des femmes exp?riment?es avec des jeunes rurales pour transmettre des savoirs pratiques et des techniques d?adaptation au changement climatique. Selon vous, ces mesures sont-elles r?alisables ? court terme?? Oui, mais elles n?cessitent une volont? politique forte et des financements cibl?s. Il ne s?agit pas seulement d?investir de l?argent, mais de r?organiser les services publics pour qu?ils deviennent r?ellement accessibles et inclusifs. L?exp?rience montre que lorsque les institutions s?impliquent directement dans le soutien aux femmes rurales, les r?sultats sont visibles?: augmentation des rendements agricoles, meilleure s?curit? alimentaire et plus grande autonomie ?conomique des m?nages. Ce n?est pas seulement une question de justice sociale?; c?est aussi un investissement strat?gique pour la r?silience ?conomique du pays. Pour conclure, quels seraient les messages cl?s ? transmettre aux d?cideurs publics?? Trois messages principaux : int?grer les femmes rurales dans toutes les politiques de d?veloppement local, simplifier et s?curiser l?acc?s aux ressources financi?res et investir dans des formations pratiques adapt?es aux r?alit?s climatiques. Chaque mesure prise pour soutenir ces femmes a un effet multiplicateur sur toute la communaut?. En soutenant celles qui nourrissent et entretiennent nos villages, on investit dans la r?silience de tout le pays. Les d?cideurs doivent comprendre que ces interventions ne sont pas seulement philanthropiques?; elles sont vitales pour la s?curit? alimentaire, la

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Libreville et Malabo misent sur la libre circulation des biens et des personnes

Le mercredi 15 octobre 2025, le Palais pr?sidentiel de Libreville a accueilli une rencontre diplomatique majeure entre le pr?sident du Gabon, Brice Clotaire Oligui Ngu?ma, et le vice-pr?sident de la Guin?e ?quatoriale, Teodoro Ngu?ma Obiang Mangue. Selon la presse gabonaise, la rencontre des deux hommes s?inscrit dans une volont? commune de dynamiser les relations entre les deux pays voisins, notamment ? travers la facilitation de la circulation des biens et des personnes. Pour cela, apprend-on, ils ont convenu d?acc?l?rer la mise en ?uvre d?instruments favorisant la fluidit? des ?changes transfrontaliers. Ils ont insist? sur la n?cessit? d?am?liorer les infrastructures routi?res reliant les deux pays, de simplifier les proc?dures douani?res et de renforcer la s?curit? aux postes frontaliers. Objectif affich? : permettre aux commer?ants, transporteurs et investisseurs de circuler plus librement, tout en stimulant le commerce sous r?gional. Brice Clotaire Oligui Ngu?ma a soulign? que l?avenir des relations gabono-?quato-guin?ennes repose sur la mobilit? humaine et ?conomique. Selon lui, ? la libre circulation n?est pas seulement un enjeu logistique, mais une condition essentielle pour b?tir un espace commun de prosp?rit? ?. Il a ?galement mis en avant la volont? du Gabon d?accompagner les op?rateurs ?conomiques et les PME dans l?expansion de leurs activit?s au-del? des fronti?res. Teodoro Ngu?ma Obiang Mangue a, de son c?t?, r?affirm? l?engagement de la Guin?e ?quatoriale ? promouvoir une coop?ration fond?e sur la transparence et les int?r?ts partag?s. Il a plaid? pour l?harmonisation des cadres r?glementaires afin de faciliter les investissements et encourager la mobilit? professionnelle. Pour lui, la synchronisation des politiques ?conomiques entre Libreville et Malabo s?inscrit pleinement dans les ambitions port?es par l?Agenda 2030 des Nations unies et l?Agenda 2063 de l?Union africaine. Les deux dirigeants ont ?galement convenu de cr?er un comit? mixte charg? de suivre l??volution des projets transfrontaliers, qu?il s?agisse du commerce, du transport, de l??nergie ou des services. Ce m?canisme, selon leurs d?l?gations, devrait permettre d?identifier les obstacles persistants et d?apporter des solutions concr?tes pour fluidifier la circulation. En r?affirmant leur attachement ? la paix et ? l?int?gration r?gionale, le Gabon et la Guin?e ?quatoriale entendent ainsi transformer leur proximit? g?ographique en v?ritable moteur de croissance partag?e. Pour les deux capitales, la libre circulation ne se limite plus ? un principe communautaire, mais devient un levier strat?gique pour rapprocher les peuples et b?tir une ?conomie plus ouverte et r?siliente. Bobo Ousmanou

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Proclamation des r?sultats de la pr?sidentielle 2025: entre attente, tension et proclamation avort?e

Dans les rues de Bafoussam, Dschang et Garoua, la rumeur enfle, la col?re gronde, et l?impatience se transforme en d?fiance. Pendant ce temps, Issa Tchiroma Bakary revendique sa victoire, refusant tout recours contentieux. Le Cameroun vit suspendu ? une annonce qui n?arrive pas. Un pays pris en otage par le silence institutionnel Depuis le soir du 12 octobre, les Camerounais attendent, f?briles, la proclamation officielle des r?sultats de la pr?sidentielle. Mais le Conseil constitutionnel, seul habilit? ? le faire, garde un mutisme d?routant. Les jours passent, les sp?culations s?encha?nent, et les frustrations s?accumulent. ? Ce silence n?est pas seulement administratif, il est politique ?, confie un enseignant d’universit? ? Garoua, visiblement ?puis? par l?attente. ? On a l?impression d??tre les otages d?un syst?me qui joue avec le temps pour pr?parer sa mise en sc?ne finale ?, commente Hassan Abdoulaye, vendeur de pi?ces d?tach?es ? la Briqueterie ? Yaound?. Tchiroma revendique sa victoire Dans ce climat ?lectrique, une d?claration a secou? la sc?ne politique : Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), a proclam? les tendances le d?clarant vainqueur. ? Le peuple a parl?, et nous entendons sa voix. Notre victoire ne se plaide pas, elle s?assume ?, a lanc? un cadre de son parti lors d?une discussion improvis?e dans une agence de voyage ? Mvan, un quartier populaire de Yaound?. En refusant de d?poser un recours devant le Conseil constitutionnel, l?ancien ministre de la Communication place les institutions devant une ?quation d?licate : comment g?rer une victoire revendiqu?e hors des cadres l?gaux, mais soutenue par une frange importante de la population du Nord ? Dans les rues de Garoua, ses partisans exultent. Mais derri?re l?enthousiasme perce une inqui?tude sourde. Bafoussam, Garoua, Dschang : les braises d?une col?re latente Plusieurs villes camerounaises sont au bord de la rupture. L?impatience se transforme en tension palpable. Des commerces ferment plus t?t, les transports tournent au ralenti, et les forces de s?curit? se d?ploient discr?tement aux carrefours strat?giques. ? On ne veut pas revivre les erreurs du pass? ?, souffle un jeune commer?ant de Garoua. ? Mais si l?on continue ? nous ignorer, la rue va parler ?. ? Bafoussam, des leaders communautaires appellent au calme, mais reconnaissent que la situation devient explosive. Le moindre faux pas, la moindre provocation, pourrait embraser une r?gion o? le sentiment d?exclusion politique reste vivace. Une R?publique ? l??preuve de la transparence La lenteur du processus ?lectoral pose une question fondamentale : que reste-t-il de la confiance citoyenne ? Chaque heure qui passe sans proclamation officielle renforce le soup?on d?une manipulation en coulisses. Dans les m?dias internationaux, les analystes s?interrogent sur la solidit? du mod?le camerounais. Le pays, d?j? ?prouv? par les crises s?curitaires et sociales, peut-il supporter une nouvelle fracture politique ? Pour l?heure, la R?publique retient son souffle. Les urnes ont parl?, mais le verdict tarde ? descendre. Et dans les rues du Septentrion, la patience s?effrite comme le sable du Sahel balay? par le vent. TOM

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Pr?sidentielle camerounaise :le verdict attendu cette semaine

Cette semaine, le verdict tombe: au terme d?une marche ?lectorale longue et sous haute tension, la proclamation officielle des r?sultats de l??lection pr?sidentielle au Cameroun est attendue d?un jour ? l?autre. La tension atteint son paroxysme au Cameroun. ELECAM, la Commission ?lectorale nationale, devra remettre ce mercredi au plus tard son rapport final de recensement des votes, ouvrant la voie de la proclamation des r?sultats par le Conseil constitutionnel. Selon la loi ?lectorale, seul le Conseil constitutionnel est habilit? ? valider et annoncer le r?sultat d?finitif. Il dispose ? cet effet d’un d?lai de 14 jours ? compter des d?pouillements des urnes apr?s le scrutin. Cette semaine s?annonce d?cisive. Du d?compte officiel des voix ? la proclamation des r?sultats, chaque ?tape sera scrut?e avec attention par les acteurs politiques et la soci?t? civile. Le rapport national sur l?ensemble du scrutin, attendu au plus tard lundi 27 octobre, pourrait bien d?clencher des vagues d??motion et poser les jalons du futur pouvoir. D?s la remise du rapport, la phase contentieuse d?butera. Les candidats et partis ayant d?pos? des recours disposent d’une marge de man?uvre pour attaquer devant le Conseil constitutionnel les cas d?irr?gularit?s ou de fraudes constat?es lors du scrutin du 12 octobre. Ce n?est qu?apr?s l?examen de ces recours que le nom du ou de la candidat(e) ?lu(e) pourra ?tre proclam? officiellement. Sur le terrain, l?atmosph?re oscille entre impatience et vigilance. Les observateurs redoutent que des divergences entre r?sultats proclam?s et perceptions populaires ne provoquent des tensions. Le gouvernement insiste : seule la voie l?gale est l?gitime. De son c?t?, l?opposition se dit pr?te ? contester tout r?sultat jug? ? contestable ?. Cette semaine marque donc l?ultime acte d?une ?lection aux enjeux cruciaux pour le pays. Entre suspense et vigilance, le Cameroun retient son souffle : l?annonce officielle se fera-t-elle dans le calme ou d?clenchera-t-elle un nouveau compromis national?? Tom.

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Cemac: Tchad et Gabon principaux partenaires commerciaux du Cameroun

Le pays de Idriss Deby a achet? pour 139 milliards de FCFA au Cameroun en 2024, malgr? une contraction des ?changes entre les deux parties. ? Malgr? la diversification des partenaires, les ?changes avec les pays africains restent limit?s dans les statistiques douani?res. Elles repr?sentent seulement 9,4 % des recettes totales d’exportations dont 6,8% en direction des autres pays de la Cemac ?, ce constat est de l?Institut national de la statistique (Ins). Il pose un rappel de la pr?carit? des rapports commerciaux qu?entretiennent les Etats africains entre eux ; particuli?rement, ceux de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (Cemac) entre eux. Et pour poser les fondements de cette r?alit?, l?Ins s?appuie sur le volume des ?changes entre le Cameroun et ses voisins durant l?exercice 2024. Il en ressort que du groupe des dix grands clients du Cameroun, seul le Tchad partage le m?me espace que lui.  R?trogradation ? l?exportation Le Tchad est sorti du Top 5 des clients en 2024. Le pays d?Idriss Mahamat Deby r?trograde du 5e au 8e rang dans le top 10 des destinations des produits camerounais avec des parts de march? de 4,3%. Tandis que des pays comme L?Inde et l?Italie renforcent leur coop?ration commerciale avec des valeurs respectives de 327,4 milliards de FCFA (soit 10,1%) et 206,8 milliards de FCFA (soit 6,4%). Avec des tractations d?une valeur de 138,9 milliards de FCFA, le volume des achats du Tchad au Cameroun connait une baisse par rapport ? l?exercice 2023 ; o? il se situait ? 149,1 milliards de FCFA, indique l?INS. En 2023, l?expansion commerciale du Cameroun en Afrique tournait autour du Tchad, l?Afrique du Sud (1,6%), le Nigeria (1,3%), la Centrafrique (1,1%), le Gabon (1%), le Congo (0,6%), le S?n?gal (0,6%), la Guin?e Equatoriale (0,3%), l?Ethiopie (0,3%) et l?Alg?rie (0,3%). De faibles importations Au Cameroun, la dynamique des importations au Cameroun est tourn?e vers la Chine, l?Inde, la Belgique, la France, les Etats-Unis. Les 10 plus grands fournisseurs du pays totalisent ? eux seuls 60% des importations. Seul le Nigeria y a sa place. ? Les importations originaires des pays africains ont l?g?rement augment? (1,4 point) par rapport ? l?ann?e 2023. Elles repr?sentent 10,9% des d?penses totales d?importations. Dans ce sous-groupe, le Nig?ria se positionne au premier rang avec un poids de 3%. Les importations vers ce partenaire africain sont constitu?es en grande partie des carburants et lubrifiants (67,4%) et du sel, soufre et clinker (16,7%). Il est suivi par la c?te d?Ivoire (1,2%), le Togo (0,9%) et le Maroc (0,9%) ?, rapporte l?Institut national de la statistique. Dans l?espace Cemac, le Gabon est le seul pays ? exporter de fa?on intensive en direction du Cameroun. Cela bien que ses marges soient fix?es ? 0,5% seulement, pour une valeur de 24,7 milliards de FCFA. Louise Nsana

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Le vent du changement souffle-t-il sur le Cameroun ?

Pour la premi?re fois depuis plus de quarante ans, Paul Biya, arriv? au pouvoir en 1982, aurait ?t? battu dans les urnes, selon des sources cr?dibles. ? 92 ans, alors qu?il briguait un huiti?me mandat, il aurait ?t? devanc? par un opposant, Issa Tchiroma Bakary, dont la candidature semblait au d?part symbolique. Ce r?sultat bouleverse les id?es re?ues. Il montre que, m?me dans un r?gime verrouill?, l??lection peut ?tre un v?ritable levier de changement, ? condition que le peuple s?en empare avec d?termination. Cette victoire, si elle est confirm?e, repr?sente bien plus qu?une simple alternance politique. Elle vient briser un mythe, celui selon lequel participer ? une ?lection organis?e par un r?gime autoritaire revient ? jouer un r?le de figurant. D?sormais, les Camerounais et les autres peuples africains peuvent retenir ceci: un dictateur peut ?tre d?fait dans les urnes si le peuple le veut r?ellement et si l?opposition choisit de se battre au lieu de se retirer. Le peuple camerounais dit non, sans violence Le soul?vement ?lectoral du peuple camerounais n?est pas tomb? du ciel. Il est le fruit d?une col?re contenue, d?une fatigue collective et surtout d?un engagement populaire in?dit. Des millions d??lecteurs ont brav? les intimidations, les manipulations et les promesses creuses pour aller voter. Ils ont vot? contre un r?gime qui, en 40 ans, n?a pas ?t? capable de doter le pays d?infrastructures dignes de ce nom. M?me une simple autoroute entre Douala et Yaound? ? un projet ?voqu? depuis des d?cennies ? reste inachev?e ou dangereusement obsol?te. Ce vote est un message clair: le peuple n?est pas condamn? ? subir ind?finiment. Il peut choisir de tourner la page pacifiquement. Le Cameroun rejoint ainsi la liste des pays o? les urnes ont permis de sanctionner les abus, le n?potisme, l?immobilisme et l?arrogance du pouvoir. Cela devrait faire r?fl?chir les autres peuples africains. Le fatalisme n?a jamais ?t? une strat?gie. Ceux qui attendent que le changement vienne de l?ext?rieur ou par miracle ignorent la force du bulletin de vote. La C?te d?Ivoire, prochain test de maturit? d?mocratique Dans quelques jours, le 25 octobre 2025, les Ivoiriens seront appel?s aux urnes. L? aussi, les signes d?un basculement sont visibles. Ahoua Don Mello, candidat de l?opposition, est peut-?tre sous-estim? par certains, moqu? par d?autres, mais il incarne une alternative s?rieuse pour une grande partie de la population. Le contexte est porteur: pr?s de 4,5 millions d??lecteurs qui avaient boycott? les scrutins de 2015 et 2020 semblent aujourd?hui d?termin?s ? faire entendre leur voix. Il ne faut pas les sous-estimer. Car qui peut croire que ces ?lecteurs choisiront de redonner un mandat ? Alassane Ouattara, apr?s 15 ans de gouvernance per?ue par beaucoup comme autoritaire et exclusive ? Ce peuple, frustr? par les in?galit?s, la r?pression et la confiscation du d?bat d?mocratique, ne demande qu?une seule chose: pouvoir voter librement et voir son choix respect?. Cependant, certains opposants ont choisi de boycotter cette ?lection sous pr?texte que leur candidature a ?t? rejet?e ou que le processus est imparfait. C?est l? que l?illusion de la « politique de la chaise vide » doit ?tre d?mont?e. Ce choix ne profite jamais au peuple. Pire encore, il affaiblit l?opposition en laissant le terrain libre au pouvoir en place. Refuser la chaise vide L’histoire politique r?cente nous enseigne que la politique de la chaise vide n?a jamais ?t? payante. S?abstenir de participer ? une ?lection, aussi imparfaite soit-elle, ne fait que renforcer le r?gime en place. Abandonner le terrain ?lectoral, c?est c?der sans combattre. C?est aussi insulter le courage de millions de citoyens qui, eux, choisissent la voie du vote pour r?sister pacifiquement. De plus, il est regrettable d’entendre certains leaders politiques affirmer que ceux qui participent ? ces ?lections sont des tra?tres, des figurants ou des accompagnateurs du r?gime. Ce genre de discours est dangereux. Un vrai d?mocrate ne verse pas dans l?insulte ni dans le m?pris envers d?autres opposants. On peut avoir des strat?gies diff?rentes sans pour autant s’accuser mutuellement de complicit?. Quand on aime vraiment son pays, on se bat avec les moyens disponibles. On ne quitte pas la table d?s que les r?gles ne nous arrangent pas. On s?engage, on mobilise, on encadre les ?lecteurs, on surveille les urnes. C?est ainsi qu?on construit une culture d?mocratique solide, capable de survivre aux hommes forts et aux manipulations d?appareil. Un nouvel horizon pour l?Afrique francophone Le Cameroun nous l?a montr?: le vote n?est pas inutile. Quand le peuple d?cide, m?me un r?gime install? depuis quatre d?cennies peut tomber. La C?te d?Ivoire a aujourd?hui une occasion historique de d?montrer, elle aussi, que le changement par les urnes est possible. Les dictateurs ne sont pas invincibles. Les ?lections ne sont pas toujours truqu?es. Et, surtout, les opposants qui participent ? ces scrutins ne sont pas des tra?tres. Ce sont souvent eux qui font le travail difficile, ingrat mais indispensable pour porter l?espoir du peuple jusqu?au dernier bureau de vote. C?est dans les urnes, pas dans la rue, que le changement durable s?ancre. Les solutions d?hier ne sont plus celles d?aujourd?hui. ? l??re de la maturit? d?mocratique, seule la responsabilit? politique peut ouvrir la voie vers des lendemains meilleurs. Jean-Claude DJEREKE

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Tensions post?lectorales: le Cameroun face au spectre de la division

L?attente prolong?e de la proclamation des r?sultats officiels entretient un climat d?incertitude. Entre rumeurs, invectives identitaires et manipulations num?riques, la coh?sion nationale est mise ? rude ?preuve. Un silence propice ? toutes les d?rives Plusieurs jours apr?s l??lection pr?sidentielle, le Conseil constitutionnel n?a toujours pas rendu son verdict. Ce vide institutionnel alimente toutes les sp?culations. Dans les march?s, les universit?s, les r?dactions et jusque dans les salons priv?s, la m?me question revient : qui a vraiment gagn? ? Ce doute, nourri par le silence officiel, s?est transform? en un terrain fertile pour les interpr?tations et les manipulations. Sur WhatsApp et Facebook, des messages anonymes circulent : certains ?voquent des ?fraudes massives?, d?autres parlent de ?victoire vol?e?. Plus grave encore, les discours glissent insensiblement vers la stigmatisation ethnique. Un cadre administratif rencontr? ? Yaound? r?sume la situation : ? Ce n?est plus un d?bat politique, c?est devenu une guerre de r?cits. Et dans cette guerre, la v?rit? est la premi?re victime ?. Le spectre du tribalisme Les ?lections, au Cameroun, ont toujours r?veill? des tensions identitaires latentes. Mais cette fois, la virulence des propos et la vitesse de propagation des messages inqui?tent. Des expressions comme ?les gens du Nord?, ?les Bamil?k?s? ou ?les Sudistes? refont surface, r?activant des clivages que l?on croyait surmont?s. Les observateurs s?accordent ? dire qu?il s?agit d?une strat?gie d?lib?r?e. ? Ces discours n?apparaissent pas par hasard, explique un chercheur en communication politique. Ils visent ? d?tourner l?attention du vrai enjeu : la transparence du scrutin et la cr?dibilit? du processus d?mocratique ?. Au lieu d?un d?bat sur les programmes ou les r?formes, la discussion publique s?enlise dans des soup?ons communautaires, chaque camp cherchant ? se justifier par son appartenance plut?t que par ses id?es. ?Le changement, oui, mais pas avec eux? Les contradictions du discours politique sont frappantes. Hier, certains disaient : ? Nous voulons le changement, mais pas avec Kamto, il n?est pas s?rieux ? ou ? Le probl?me, ce sont les Bamil?k?s ?. Aujourd?hui, on entend : ? Le probl?me, ce sont les Nordistes ?, ou encore ? Tchiroma ne doit pas passer ?. Cette posture r?v?le une constance : le refus du changement selon son visage. Sous couvert d?arguments rationnels, se cache une peur plus profonde : celle de la perte d?un ?quilibre politique fig? depuis des d?cennies. ? Le tribalisme politique est devenu un outil de dissuasion, observe un sociologue de Garoua. Il permet de maintenir le statu quo, en faisant croire que l?alternance mettrait en danger la coh?sion nationale ?. Une fracture Nord-Sud L?id?e d?une opposition Nord?Sud refait surface ? chaque ?lection, mais elle ne repose sur aucun fondement r?el. Les difficult?s ?conomiques, le ch?mage des jeunes, la pauvret? ou la corruption touchent l?ensemble du pays. Pourtant, certains acteurs politiques entretiennent cette fracture fictive, y voyant un moyen de mobiliser leurs bases ou de d?l?gitimer leurs adversaires. Dans les r?gions septentrionales, o? le sentiment d?exclusion est d?j? profond, ces propos trouvent un ?cho particulier. ? l?inverse, dans le Sud, la peur d?une ?revanche politique? s?installe. Un cocktail explosif qui, selon un haut fonctionnaire du minist?re de l?Administration territoriale, pourrait ? d?stabiliser durablement la paix civile si rien n?est fait pour calmer les esprits ?. Les r?seaux sociaux, catalyseurs du malaise Dans ce climat, les plateformes num?riques jouent un r?le central. Des pages influentes, parfois pilot?es depuis l??tranger, orchestrent la diffusion de contenus polarisants. Images truqu?es, extraits audios sortis de leur contexte, slogans violents : les outils sont connus, mais leur impact est d?cupl? par la viralit? des r?seaux. Une cellule de veille citoyenne bas?e ? Douala a recens? en 48 heures plus de 1 500 publications ? caract?re ethnique li?es ? l??lection du 12 octobre. Le ph?nom?ne inqui?te jusque dans les milieux humanitaires et diplomatiques : ? Ce n?est pas seulement une crise politique, commente un observateur ?tranger. C?est une guerre de perceptions qui menace la stabilit? du pays ?. Pr?server la nation, l?urgence absolue Dans ce contexte tendu, les voix de la raison se font entendre. Des associations, des leaders religieux, des intellectuels appellent ? la responsabilit? collective. ? Nous devons ?viter de transformer une comp?tition politique en conflit identitaire ?, plaide un chef religieux ? Yaound?. Le Cameroun a d?j? connu des p?riodes de crise et a su, ? chaque fois, retrouver un ?quilibre fragile. Mais cette fois, la polarisation semble plus profonde, port?e par la rapidit? des r?seaux sociaux et l??rosion de la confiance institutionnelle. Plus que jamais, l?appel ? l?unit? nationale doit ?tre entendu : le Cameroun ne se r?sume pas ? ses r?gions, mais ? son peuple. Et ce peuple, dans toute sa diversit?, partage un m?me destin : celui d?un pays qui doit survivre ? ses ?lections. TOM

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Port fluvial de Garoua: le th??tre rouill? au bord de la B?nou?

Autrefois miroir du commerce r?gional, il n’offre plus qu’un plus qu?un reflet trouble. Ce 10 octobre 2025, le port fluvial de Garoua s?est r?veill? sous un manteau de poussi?re et de brouillard laiss? par la nuit. Alors que les premiers rayons du soleil se refl?tent sur l?eau de la B?nou?, un p?cheur surgit, brandissant une canne quatre fois plus grande que lui. ??Je p?che le poisson dans les ?paves de bateaux et de pirogues, l? o? les poissons viennent se cacher, c?est tr?s facile de les attraper??, explique-t-il, avec l?air de quelqu?un qui a trouv? la recette secr?te du bonheur. Au loin, un homme joue ? cache-cache avec nous, s??loignant chaque fois que l?on croit s?en approcher. Et voici qu?on tombe nez ? nez avec, un autre p?cheur. Nu comme un ver, il taquine le reporter et fait observer que nous avons p?n?tr? le territoire des naturistes, un territoire o? l?art de la p?che passe par la nudit?. ? C?est comme ?? ici depuis que le port est mort ?, confie-t-il, avec un sourire aussi large que le fleuve. Mort, vraiment ? On voudrait protester, sauver au moins l?honneur du g?ant fluvial. Mais les eaux de la Benou? semblent embarrass?es d?elles-m?mes, comme si elles s?excusaient d?exister encore. Autrefois miroir du commerce r?gional, elles n?offrent plus qu?un reflet trouble, bris? par les carcasses de barges immobiles. Le fleuve soupire, le quai craque, et le vent siffle des chansons de d?part sans retour. ? Le port de Garoua est mort, je vous l?ai dit ?, r?p?te le p?cheur nu, philosophe malgr? lui. Face ? nous, la silhouette du port se dresse, si l?on peut dire, dans un ?quilibre pr?caire, pareil ? un vieillard qui refuse de s?asseoir de peur de ne plus pouvoir se relever. Crevass?s comme des joues rid?es, les entrep?ts laissent passer des ronces et des souvenirs. Les grues, ces girafes m?talliques, s?inclinent doucement dans le vent, m?ditant sur leur gloire pass?e. Jadis, elles levaient des tonnes de marchandises. Aujourd?hui, elles l?vent ? peine un soupir. Fl?ner ici, c?est marcher dans une ?l?gie. Chaque pas soul?ve un nuage de poussi?re, comme si le sol lui-m?me cherchait ? nous cacher la vue. Le port de Garoua ne s?effondre pas : il s??tire dans son agonie, avec la gr?ce maladroite d?un ?l?phant dans un hamac. Aboubakar, ancien docker au visage burin? par le vent et la nostalgie, gratte sa barbe et soupire : ? Avant, on partait t?t, le c?ur battant. On savait que la journ?e serait longue, mais on rentrait avec de quoi nourrir les enfants. Maintenant, on vient juste pour bavarder avec les oiseaux ?. Il montre du doigt une vieille barge ?ventr?e, o? de nombreux pique-b?ufs et quelques h?rons ?puis?s partagent le r?pit de ces ruines bienveillantes. ? Voil? nos nouveaux coll?gues ?, dit-il en riant. Son rire sonne comme une bo?te de conserve qu?on ?crase. Ruines Entre les murs fissur?s des anciens entrep?ts, une vieille radio gr?sille quelque part, diffusant un makossa nostalgique. Visiblement, la vie ici a trouv? d?autres locataires. Dans ces cath?drales de t?les et de rouille, hommes et b?tes cohabitent en silence, unis par la m?me fatigue, par le m?me instinct de survie sous la chaleur impitoyable de la partie septentrionale du Cameroun. Des sans-abris y ont dress? des lits de fortune, faits de cartons, de filets de p?che. Des enfants jouent au foot avec une bouteille en plastique, juste ? c?t? d?un hangar ?ventr?. Comme des alpinistes, des ch?vres escaladent les vieilles armoires. Des moustiques et des grenouilles chantent leurs versets. Le tout baigne dans un d?cor surr?aliste, o? la rouille, la moisissure, la poussi?re, se m?lent au parfum ?cre du gasoil, du poisson s?ch? et du chanvre indien. Et quand le vent s?y met, les t?les des entrep?ts entonnent un concert de m?tal rouill?, digne d?un orchestre de fin du monde. Sur les quais, on dirait que tout est l? pour nous rappeler que le temps et l?abandon ne font pas de cadeau.? Ici, des restes se m?lent ? ceux du pr?sent : chaussures orphelines, sacs ?ventr?s, chemises abandonn?es par des voyageurs press?s de rejoindre le Nig?ria. ? Les objets aussi veulent rester ici. Ils se souviennent de ce qu??tait cet endroit auparavant ?, ironise Amina, vendeuse de poissons s?ch?s, les mains noircies par la fum?e. ? Avant, ma pirogue partait le matin, arrivait le soir. Maintenant, on attend trois jours, et quand elle revient, elle sent le d?sespoir marin? ?. Nostalgie Fadimatou Idriss, cheffe d?une petite coop?rative de transport fluvial bas? ? Garoua et au Nig?ria, note dans son carnet les maigres all?es et venues de la semaine : ? Il y a dix ans, je comptais trente pirogues par jour. Aujourd?hui, j?en vois deux, parfois trois quand Dieu est de bonne humeur ?. Son bureau, une baraque en planches rong?e par les termites, fait face ? un quai d?sert. ? M?me les poissons ont d?sert? la B?nou?, ils doivent trouver le courant trop lent. Avant, les cris des dockers couvraient le chant des oiseaux. Maintenant, c?est l?inverse ?. Elle montre une vieille balance rouill?e. ? On pesait des sacs de riz, des noix de karit?, des cargaisons enti?res de coton. Aujourd?hui, on p?se le vent?. Plus loin, dans un hangar transform? en garage improvis?, on croise Ibrahim Djould?, ancien capitaine de barge devenu r?parateur de v?los ici ? Garoua. ? J?ai conduit ici jusqu?? vingt convois par mois, dit-il avec un sourire m?lancolique. On transportait du ciment, du carburant, des r?ves. Maintenant, je r?pare des pneus crev?s et des r?ves perc?s ?. Il montre du doigt une vieille photo jaunie : on y voit sa barge, fi?re, pleine ? craquer, un drapeau flottant dans la brume. ? Quand j?ai quitt? la navigation, j?ai pleur?. Mais vous savez quoi ? Les larmes, ici, s?chent plus vite que les budgets ?. Il rit, un rire nerveux, puis ajoute : ? Le trafic a fondu comme beurre au soleil. A l??poque, chaque d?part d?embarcation vers le Nig?ria ressemble ? un petit chaos organis?.

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Sant? publique: la grippe joue aux farces et attaques

Une hausse marqu?e des cas de grippe frappe plusieurs r?gions du Cameroun. En cause : une souche particuli?rement virulente du virus A/H3N2, dont certaines mutations inqui?tent les scientifiques. Fi?vre persistante, toux s?che, douleurs musculaires… Depuis plusieurs semaines, les h?pitaux camerounais constatent une recrudescence de syndromes grippaux, notamment chez les enfants. Le ministre de la Sant? publique (Minsant?), Manaouda Malachie, a tir? la sonnette d?alarme le 15 octobre dernier, ?voquant une ? nette augmentation ? des infections respiratoires aigu?s dans les r?gions du Littoral, du Centre, du Nord-Ouest et de l?Ouest. Entre ao?t et octobre, 850 ?chantillons ont ?t? analys?s : 179 ?taient positifs ? la grippe, soit un taux de 21,1 %. Aucun d?c?s n?a ?t? enregistr? pour l?instant, mais les urgences sont satur?es, surtout chez les enfants de moins de cinq ans. ? La grippe progresse chez les moins de 65 ans, surtout les enfants, mais ralentit chez les plus ?g?s. Pourtant, l?intensit? globale reste tr?s ?lev?e ?, explique le Pr Honor? Kesseng, infectiologue. Pendant ce temps, la COVID-19 reste stable, avec seulement cinq cas confirm?s sur la m?me p?riode, un taux de positivit? de 0,59 %, sans hospitalisations graves ni nouveaux variants. Mais c?est bien la grippe saisonni?re qui inqui?te le plus les experts. Expertise Selon le Centre Pasteur du Cameroun, dont le service d??pid?miologie est partenaire du r?seau national de surveillance, la situation est suivie de pr?s. ? Depuis 2023, le Cameroun a enregistr? de nombreux cas li?s au virus A/H3N2, actuellement l?un des sous-types les plus fr?quents dans le monde ?, indique l?institution. Le CPC a s?quenc? les souches locales (2023-2024) et r?v?le qu?elles appartiennent toutes ? la lign?e 3c.2a. Le plus inqui?tant : plusieurs mutations importantes ont ?t? d?tect?es. Parmi elles, la mutation H275Y, retrouv?e dans environ 30 % des ?chantillons, est connue pour provoquer une r?sistance ? l?oseltamivir, l?un des principaux antiviraux utilis?s contre la grippe. ? Cela montre que le virus ?volue rapidement, parfois en s??loignant des souches vaccinales ?, souligne le CPC, insistant sur la n?cessit? d?une surveillance g?n?tique constante, notamment en Afrique centrale. Face ? cette flamb?e et aux risques associ?s, le minist?re de la Sant? appelle ? une vigilance accrue : ?viter l?autom?dication, consulter t?t en cas de sympt?mes, appliquer les gestes barri?res, et promouvoir la vaccination, encore marginale au Cameroun. ? Ce sont des mesures simples mais efficaces pour limiter les formes graves et ralentir la circulation du virus ?, rappelle Pr Kesseng. Il appelle ?galement ? une meilleure formation du personnel soignant dans la d?tection pr?coce des cas et dans la gestion des complications li?es ? la grippe. ? ce jour, la couverture vaccinale contre la grippe reste faible, faute de sensibilisation, d?approvisionnement stable en vaccins et d?adh?sion du public. Pourtant, selon les experts, la vaccination reste la meilleure arme pour pr?venir les formes graves et prot?ger les populations ? risque, notamment les personnes ?g?es, les enfants et les personnes immunod?prim?es. Alors que la saison s?che approche, les autorit?s redoutent une pression ?pid?mique durable. La grippe, souvent sous-estim?e, montre cette ann?e un visage plus agressif, n?cessitant une r?ponse sanitaire rapide et coordonn?e. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Transferts d?argent : le Cameroun leader de la CEMAC

Selon un rapport publi? le 14 octobre 2025 par la Banque des ?tats de l?Afrique centrale (BEAC), les ressortissants de la sous-r?gion ont re?u 557,3 milliards FCFA via le Mobile Money en 2023, un record historique. Dans ce contexte, le Cameroun se distingue comme le moteur de cette r?volution num?rique, concentrant 62,11 % des comptes Mobile Money, 63,58 % des transactions en volume et 76,57 % de la valeur totale des op?rations. A en croire des experts de la finance ?lectronique, cette position dominante s?explique par une forte p?n?tration de la t?l?phonie mobile et une adoption rapide des solutions num?riques par les populations. Les flux financiers en provenance d?Europe, qui repr?sentent 399 milliards FCFA, et d?Am?rique, 105,2 milliards, t?moignent de l?importance de la diaspora dans le d?veloppement ?conomique r?gional. La start-up britannique WorldRemit, implant?e au Cameroun depuis 2016, a contribu? ? cette dynamique en nouant des partenariats avec MTN et Orange, alimentant directement les portefeuilles Mobile Money locaux. Entre 2020 et 2023, plus de cinq millions de comptes suppl?mentaires ont ?t? ouverts au Cameroun, portant le total ? 24,86 millions. Cette progression s?accompagne d?une hausse significative des transactions, qui repr?sentent d?sormais 63,58 % des op?rations dans la CEMAC. Le taux d?activit? sur 30 jours atteint 47,04 % dans le pays, contre 42,67 % pour l?ensemble de la sous-r?gion, d?montrant l?adoption croissante de la monnaie ?lectronique pour les d?penses quotidiennes. Le leadership camerounais s?affirme ?galement par des actions promotionnelles soutenues des op?rateurs et une offre de services diversifi?e, renfor?ant l?inclusion financi?re et la fluidit? des flux mon?taires. Dans un espace CEMAC o? les transferts traditionnels restent souvent contraints, le Mobile Money au Cameroun impose d?sormais un mod?le ?conomique performant, rapide et accessible, pla?ant le pays au c?ur de la modernisation financi?re r?gionale. Ongoung Zong Bella

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