Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Des manifestations ?clatent au Cameroun suite ? des all?gations de fraude ?lectorale pr?sidentielle

Des manifestations ont ?clat? mardi ? Yaound?, la capitale camerounaise, alors qu’une foule en col?re accusait les autorit?s de fraude lors de l’?lection pr?sidentielle du 12 octobre. Dans plusieurs quartiers, les manifestants brandissaient des pancartes d?non?ant la ? fraude ?lectorale ? et une ? victoire vol?e ?. La police et la gendarmerie d?ploy?es dans toute la ville ont dispers? les manifestants ? coups de gaz lacrymog?ne apr?s de brefs affrontements. Des vid?os partag?es par les m?dias locaux sur les r?seaux sociaux montraient des manifestants accusant les responsables ?lectoraux d’avoir ? manipul? le d?compte des voix ? en faveur du pr?sident de longue date Paul Biya. Des manifestations similaires ont ?t? signal?es ? Garoua, chef-lieu de la r?gion du Nord et ville natale du candidat de l’opposition Issa Tchiroma Bakary, qui a revendiqu? la victoire. Le gouvernement et les chefs traditionnels ont publi? plusieurs communiqu?s, appelant au calme et ? la retenue. Plus t?t mardi, la Commission nationale de d?compte final des voix a d?clar? avoir achev? le d?compte des bulletins de vote et soumettre les r?sultats provisoires au Conseil constitutionnel, mandat? pour proclamer les r?sultats. Certains m?dias locaux ont rapport? que Biya ?tait en t?te avec plus de 50 % des voix. Le Conseil constitutionnel devrait annoncer les r?sultats officiels d’ici le 27 octobre, conform?ment au Code ?lectoral camerounais. YAOUND?, 21 octobre (Xinhua)

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Femmes rurales: face ? un climat devenu adversaire

Aujourd?hui, chaque semence est un combat qu?elles m?nent contre la m?t?o.? ? l?aube, Amina marche sur la terre rouge, ses pieds effleurant la poussi?re qui br?le sous le soleil. ??Avant, nous savions exactement quand planter le ma?s ou le manioc. Aujourd?hui, chaque semence est un pari contre la m?t?o??, murmure-t-elle, comme si la terre ?coutait ses doutes. Elle s?arr?te un instant, ferme les yeux et sent le vent caresser son visage, emportant avec lui l?odeur ?cre de la poussi?re et les souvenirs des saisons anciennes. Chaque pas qu?elle fait semble tracer une danse fragile entre espoir et incertitude, et elle imagine les r?coltes futures comme des promesses que le ciel doit tenir. Plus loin, Fatou traverse les sentiers rocailleux avec un seau d?eau sur l??paule. ??Je marche trois heures par jour pour puiser de l?eau pour ma famille et nos ch?vres. La rivi?re change de cap selon l?humeur du ciel??, raconte-t-elle. Elle rit parfois, nerveusement, quand le vent emporte le peu qu?elle a pu r?colter. Ses yeux suivent les ondulations de l?eau, r?vant d?un filet plus g?n?reux qui nourrirait le village tout entier. Chaque pierre sur laquelle elle pose le pied semble murmurer des histoires anciennes de femmes courageuses, et elle se sent soudain moins seule face ? l?immensit? du ciel et ? la s?cheresse qui s??tire. ? quelques kilom?tres, Mariama observe son champ de manioc br?l? par le soleil. ??Le climat nous vole nos r?coltes. Chaque pluie qui tombe trop t?t ou trop tard change tout??, explique-t-elle, ses yeux cherchant les nuages comme on cherche un espoir perdu. Le vent soul?ve des tourbillons de poussi?re qui dansent autour d?elle comme de petites flammes, et elle imagine d?j? les prochains semis, les graines qui s?accrocheront ? la terre malgr? tout. Elle murmure des pri?res silencieuses aux nuages, convaincue que m?me dans la destruction, la vie s?accroche et que la r?silience des femmes du village finira par transformer chaque difficult? en promesse de renaissance. Pourtant, ces femmes ne se laissent pas vaincre. Fatoumata, coordinatrice d?un jardin solidaire au Niger, raconte les solutions inventives?: ??Nous stockons l?eau de pluie et plantons des vari?t?s r?sistantes. Sans l?entraide des autres femmes, nous aurions tout perdu??. Naomie, mara?ch?re en R?publique centrafricaine, ajoute?: ??Quand mes l?gumes poussent malgr? la s?cheresse, c?est toute ma famille qui respire. Chaque graine est un combat gagn? contre le soleil et la poussi?re.?? Obstacles Ces initiatives restent fragiles. L?acc?s au financement, aux technologies agricoles et aux pr?visions climatiques reste limit?. Les politiques publiques tardent ? atteindre ces femmes, et la r?silience se heurte au silence des d?cideurs. L?agronome L?a Mbarga insiste?: ??Investir dans les femmes rurales, c?est investir dans la survie des villages et dans la lutte contre les effets du changement climatique ?. La 30? Journ?e mondiale de la femme rurale n?est pas seulement symbolique. Elle rappelle que chaque r?colte est une victoire, chaque graine plant?e un acte de courage. ??Quand nous r?ussissons ? r?colter malgr? la s?cheresse, c?est toute la communaut? qui respire??, conclut Amina. Entre poussi?re et vent, pluie et soleil capricieux, elles continuent de semer la vie. Le climat est devenu leur adversaire premier, mais leur d?termination est une force que rien ne peut effacer. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Un appel ? agir

Les changements climatiques exacerbent leur pr?carit?. S?cheresses prolong?es, inondations impr?visibles, ?rosion des sols et perte de biodiversit? transforment leurs champs en terrains incertains. Chaque semence plant?e est un pari contre la nature qui se d?r?gle. Dans ce contexte, l?acc?s aux ressources devient un enjeu vital. L?eau, la terre et le financement ne sont pas toujours ? port?e de main. Les infrastructures agricoles sont souvent inexistantes, et l?acc?s aux cr?dits, aux technologies ou aux informations climatiques reste un privil?ge rare. Pourtant, loin de se r?signer, ces femmes innovent et s?organisent. Coop?ratives, jardins communautaires, adoption de pratiques agro-?cologiques et d??nergies renouvelables : autant de r?ponses locales ? un d?fi global. Mais ces initiatives ont besoin de soutien. Politiques publiques cibl?es, programmes de formation, acc?s au march? et inclusion financi?re sont indispensables pour transformer la vuln?rabilit? en puissance durable. Ignorer ces femmes, c?est compromettre l?avenir alimentaire et environnemental de nos nations. Les soutenir, c?est investir dans la r?silience des communaut?s rurales, la s?curit? alimentaire et la justice climatique. La 30? Journ?e mondiale de la femme rurale n?est pas seulement une c?l?bration : c?est un appel ? agir, pour que la voix et les efforts des femmes rurales soient reconnus, prot?g?s et valoris?s. Face aux d?fis du climat et des ressources, elles ne doivent plus ?tre seules. ? l?occasion de la 30? Journ?e mondiale de la femme rurale, c?l?br?e le 15 octobre dernier, il est crucial de braquer les projecteurs sur celles qui, au c?ur de nos campagnes, portent la r?silience de nos soci?t?s. D?o? le pr?sent zoom.

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Cemac: entre rebond ?conomique et vigilance

R?unis ? Malabo les 7 et 8 octobre 2025, les membres du coll?ge de surveillance multilat?rale de la CEMAC ont dress? un tableau encourageant de la situation ?conomique r?gionale. Sous la pr?sidence de Baltasar Engonga Edjo?o, pr?sident de la Commission, la 42? session a examin? le Rapport de Surveillance Multilat?rale 2024 et les perspectives pour 2025-2026. Les donn?es pr?sent?es t?moignent d?un regain d?activit? : la croissance r?gionale s?est ?tablie ? 2,7 % en 2024, contre 1,8 % un an plus t?t. Cette embellie r?sulte du dynamisme du secteur non p?trolier, en hausse de 3,2 %. Toutefois, le ralentissement de l?inflation ? 4,1 %, bien qu?appr?ci?, reste sup?rieur ? la norme communautaire de 3 %, ? l?exception de la Centrafrique et du Gabon. Le coll?ge souligne des performances contrast?es entre ?tats. Le Cameroun (3,5 %), le Gabon (3,2 %) et le Tchad (2,6 %) tirent la croissance, tandis que la R?publique Centrafricaine am?liore ses r?sultats (1,8 %) gr?ce ? un contexte s?curitaire plus stable. En revanche, la conformit? aux crit?res de convergence demeure partielle : seuls le Cameroun, la RCA et la Guin?e ?quatoriale ont respect? deux crit?res sur quatre. Les indicateurs ext?rieurs affichent, eux, une nette am?lioration. Le taux de couverture de la monnaie atteint 74,9 %, et les r?serves de change couvrent d?sormais 4,86 mois d?importations, renfor?ant la stabilit? financi?re de la zone. Pour 2025 et 2026, la CEMAC table sur une croissance de 2,7 %, puis de 3,4 %. Mais ces pr?visions restent soumises aux al?as r?gionaux. D?o? l?appel du pr?sident Baltasar Engonga Edjo?o ? la prudence : ? La situation demeure fragile. Les ?tats doivent acc?l?rer les r?formes pour diversifier leurs ?conomies, am?liorer le climat des affaires et approfondir l?int?gration r?gionale ?. Remy Biniou

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

La C?te d?Ivoire face ? la perte des valeurs: Le cas du p?lerinage du couple Ouattara sur la tombe d?Houphou?t-Boigny

Le 14 octobre 2025, ? quelques jours de l??lection pr?sidentielle ivoirienne, le couple Alassane et Dominique Ouattara s?est rendu ? Yamoussoukro pour se recueillir sur la tombe de F?lix Houphou?t-Boigny, premier pr?sident de la C?te d?Ivoire et fondateur du Parti d?mocratique de C?te d?Ivoire (PDCI). L??v?nement, en apparence anodin, a suscit? de vives pol?miques. Pour de nombreux observateurs, il ne s?agissait pas d?un simple geste symbolique de m?moire ou de pi?t? r?publicaine, mais d?un acte ? forte port?e politique et spirituelle, dans un contexte ?lectoral tendu marqu? par l?exclusion du candidat du PDCI, Tidjane Thiam, de la course ? la pr?sidence. Ce p?lerinage du couple pr?sidentiel, interpr?t? par certains comme une man?uvre mystique, r?v?le bien plus qu?une simple affaire de superstitions africaines. Il met en lumi?re les contradictions d?une soci?t? o? la qu?te du pouvoir se conjugue avec la manipulation des symboles, la corruption des consciences et l?effacement progressif des valeurs morales qui avaient autrefois fond? la nation ivoirienne. I. Un p?lerinage controvers? et charg? de symboles La tombe d?Houphou?t-Boigny, situ?e dans la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, n?est pas un lieu comme les autres. Elle repr?sente ? la fois la m?moire d?un homme et le symbole d?un parti, le PDCI, qui a marqu? l?histoire politique de la C?te d?Ivoire depuis l?ind?pendance. C?est pourquoi la visite du couple pr?sidentiel sur ce site, ? la veille d?une ?lection pr?sidentielle dont le principal parti h?ritier du ? Vieux ? a ?t? ?cart?, a soulev? une profonde incompr?hension. Beaucoup d?Ivoiriens ont per?u cette visite comme une provocation. Comment comprendre, se demandent-ils, que les portes de la maison d?Houphou?t aient ?t? ouvertes ? un homme qui, depuis son accession au pouvoir, n?a cess? de marginaliser le PDCI et d?affaiblir son influence politique ? L?indignation a ?t? d?autant plus grande que, selon des rumeurs persistantes, la visite du couple Ouattara aurait ?t? inspir?e par un f?ticheur, qui aurait prescrit un rite destin? ? assurer la victoire du pr?sident sortant. Que cette version soit vraie ou non, elle traduit une conviction largement partag?e en Afrique: dans le jeu politique, les forces invisibles jouent souvent un r?le d?cisif. Mais, au-del? du folklore mystique, le v?ritable scandale r?side dans la complaisance de ceux qui ont permis cette visite. Car il semble ?vident que cette ouverture n?a pas ?t? gratuite. Des voix affirment que de grosses enveloppes ont circul?, confirmant la r?putation du r?gime Ouattara, ma?tre dans l?art de corrompre les consciences avec l?argent public. II. La corruption morale: un mal enracin? dans la soci?t? ivoirienne L?affaire du p?lerinage de Yamoussoukro ne saurait ?tre comprise isol?ment. Elle s?inscrit dans un processus plus profond: celui de la d?gradation progressive des valeurs morales en C?te d?Ivoire. Depuis plusieurs ann?es, la cupidit?, l?opportunisme et la soif du gain facile ont remplac? les vertus d?honn?tet?, de loyaut? et de dignit? qui caract?risaient autrefois les ?lites ivoiriennes. Cette d?rive morale explique en partie la fragilit? du tissu social et politique. Dans un pays o? tout peut s?acheter ? les consciences, les voix, les alliances, les silences ?, la politique devient une vaste foire d?int?r?ts individuels. Des d?put?s, des militants et m?me des cadres sup?rieurs du PDCI n?h?sitent plus ? rejoindre le RHDP, non par conviction, mais pour des avantages mat?riels. La trahison est devenue monnaie courante, et la fid?lit? un luxe moral que peu peuvent encore se permettre. La corruption morale n??pargne aucun domaine. Elle a permis, en 2002, l?entr?e des armes sur le territoire national. Elle a favoris?, en ao?t 2006, le d?versement de d?chets toxiques dans dix-huit sites d?Abidjan, causant des milliers de victimes. Elle se manifeste aujourd?hui encore dans la mani?re dont certains obtiennent des passeports ivoiriens sans en avoir le droit. Dans ce contexte, comment s??tonner que la politique elle-m?me soit devenue une entreprise de pr?dation ? III. Le r?le du pouvoir dans l??rosion des valeurs Depuis 2011, le r?gime d?Alassane Ouattara s?est impos? par une combinaison de strat?gie politique, de contr?le institutionnel et de client?lisme ?conomique. L?argent public a servi d?instrument de s?duction et de division. Les adversaires les plus virulents sont neutralis?s, non pas par la force brute, mais par des nominations, des contrats et des privil?ges qui ?touffent toute r?sistance morale. Cette pratique, que Jean-Fran?ois Bayart appelle la ? politique du ventre ?, a profond?ment transform? la soci?t? ivoirienne. L??thique du service public a c?d? la place ? la logique du profit personnel. La solidarit?, jadis fondement de la communaut?, a ?t? remplac?e par l?individualisme le plus cynique. Dans un tel contexte, le p?lerinage du couple pr?sidentiel sur la tombe d?Houphou?t-Boigny appara?t comme une m?taphore tragique: celle d?un pouvoir qui cherche ? se l?gitimer non par le m?rite, mais par la manipulation des symboles sacr?s de la nation. Le nom d?Houphou?t, jadis synonyme de rassemblement et de paix, est aujourd?hui instrumentalis? ? des fins politiciennes. IV. Le silence complice des ?lites Le scandale de Yamoussoukro met ?galement en lumi?re la responsabilit? des ?lites politiques et religieuses. Pourquoi ont-elles accept? que la m?moire du ? Vieux ? soit ainsi profan?e ? Par peur ? Par int?r?t ? Dans tous les cas, leur silence en dit long sur la crise morale du pays.Les gardiens du temple, ceux qui auraient d? d?fendre la dignit? d?Houphou?t-Boigny, se sont laiss?s acheter ou s?duire. Ce comportement traduit non seulement une faillite morale, mais aussi une perte de rep?res. Quand les symboles de la R?publique deviennent des objets de commerce, la nation tout enti?re perd son ?me. Le drame ivoirien n?est donc pas seulement politique. Il est avant tout spirituel. La C?te d?Ivoire est malade de ses ?lites, de leur manque de courage, de leur incapacit? ? dire non ? l?argent facile. Tant que la cupidit? primera sur la conviction, aucune alternance v?ritable ne sera possible. V. Pour une refondation morale et politique Si un opposant venait ? acc?der au pouvoir apr?s 2025, son premier chantier ne devrait pas ?tre ?conomique ou institutionnel, mais moral. Il s?agira de restaurer la valeur du travail, la dignit? du citoyen et la confiance dans

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March? financier unifi? de la CEMAC : 1,8 milliard FCFA pour acc?l?rer la dynamisation

La Banque des ?tats de l?Afrique centrale (BEAC) relance la dynamique du march? financier unifi? de la CEMAC. R?uni le 6 octobre 2025 ? Malabo, son Conseil d?administration a valid? le d?blocage de plus d?un 1,8 milliard FCFA pour achever la cr?ation du d?positaire central unique de la Bourse des valeurs mobili?res de l?Afrique centrale (BVMAC). Au c?ur de cette initiative, 1,04 milliard FCFA repr?sentent la participation directe de la BEAC au capital de la nouvelle entit?, tandis que 814,5 millions serviront ? couvrir, de mani?re transitoire, les actions non lib?r?es par certains actionnaires. L?objectif est clair : doter la zone CEMAC d?un syst?me int?gr?, s?r et transparent, capable de soutenir la croissance et d?attirer davantage d?investisseurs. Depuis la fusion du Douala Stock Exchange (DSX) et de la BVMAC en 2019, la BEAC assurait la fonction de d?positaire central ? titre provisoire. Cette mission devait durer quelques ann?es, mais les divergences entre institutions et la lenteur des proc?dures ont frein? la mise en ?uvre du projet. La relance act?e ? Malabo s?inscrit dans la deuxi?me phase de la dynamisation du march? financier unifi?, amorc?e en 2020 avec la conception du business plan de la nouvelle structure. Celle-ci sera majoritairement d?tenue par la BVMAC (40 % du capital), aux c?t?s de la BEAC et d?investisseurs priv?s. Le futur d?positaire central unique jouera un r?le strat?gique dans la consolidation du march? financier de la sous-r?gion. En centralisant la gestion des titres, il garantira la s?curit? des transactions, r?duira les risques op?rationnels et am?liorera la liquidit? du march?.Pour la BEAC, cette intervention financi?re vise ? renforcer la confiance des acteurs ?conomiques et ? cr?er les conditions d?un financement durable des ?conomies de la zone. Elle traduit ?galement la volont? politique des autorit?s mon?taires de faire de la CEMAC un espace financier plus comp?titif et conforme aux standards internationaux. Bobo Ousmanou

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Echanges commerciaux: la confusion ? 25 FCFA pr?s

A cause de la troublante ressemblance entre la nouvelle pi?ce de 25 FCFA et l?ancienne de 50 FCFA, usagers et commer?ants se perdent, et les erreurs de comptes s?accumulent. Depuis l?introduction des nouvelles pi?ces de monnaie dans la zone CEMAC par la BEAC en 2023, un malentendu d?un nouveau genre s?est gliss? dans les ?changes quotidiens. Dans plusieurs localit?s du pays, o? les nouvelles pi?ces se d?mocratisent de plus en plus, la confusion est d?autant plus ressentie. Le probl?me est simple : la pi?ce de 25 FCFA version 2023 est quasiment un sosie de l?ancienne 50. M?me format, m?me couleur, m?me confusion. R?sultat, usagers et commer?ants s?y perdent, et les erreurs s?accumulent. Sur les march?s, dans les taxis ou chez les vendeurs de rue, la sc?ne devient famili?re : on tend une pi?ce, on plisse les yeux, on soupire. ? Je rends la monnaie au jug? maintenant. Si le client proteste, je lui rends son argent et je lui demande de faire l?appoint lui-m?me ?, confie Madeleine, caissi?re dans un supermarch? ? Garoua. ? Un passager m?a pay? 100 FCFA avec deux pi?ces. Croyant que c??taient deux 50, j?ai d?marr?. C??taient deux 25. Il a voyag? en promotion ?, raconte Moussa, chauffeur de taxi ? Yaound?. La situation est d?autant plus critique que ces nouvelles pi?ces, cens?es cohabiter progressivement avec les anciennes, inondent d?j? les poches camerounaises. ? Depuis deux mois, je ne vois presque plus les vieilles pi?ces. Maintenant, chaque jour, je dois deviner si c?est 25 ou 50 ?, se plaint Rosine, vendeuse de beignets ? Mfou. M?me les enfants s?y perdent. ? Yaound?, Mme Ngo Bissom raconte : ? Mon fils m?a dit qu?il avait eu 150 francs. C??taient trois pi?ces de 25. Il ?tait tout fier d?avoir gagn? au change ?. Depuis, la BEAC (Banque des Etats de l?Afrique centrale) avait d?fendu une d?cision strat?gique : pi?ces modernes, s?curis?es, moins co?teuses. Mais sur le terrain, l?impatience monte. ? Qu?on modernise, d?accord. Mais qu?on puisse au moins lire la valeur sans microscope ! ?, grince Jean-Roger, fonctionnaire ? Yaound?. En attendant mieux, chacun d?veloppe ses astuces : comparer le relief, peser les pi?ces ? la main, ou tout simplement? ?viter de les utiliser. Ongoung Zong Bella

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Acc?s aux ressources financi?res: les femmes rurales entre ruses et r?ves

Pour faire pousser leurs projets, il leur faut plus que de la terre fertile : il leur faut de l?argent. Et l?, c?est une autre culture ? apprivoiser : celle des banques et des microcr?dits, souvent aussi myst?rieuse qu?une pluie au d?sert. ??Je suis all?e ? la banque avec mon manioc sous le bras pour montrer que je travaille dur. On m?a regard?e comme si j?avais amen? un mouton en costume-cravate??, raconte Clotilde Ngo Djell, mara?ch?re ? Songmbengue (Sanaga-Maritime, r?gion du Littoral), en ?clatant de rire. Comme elle, des milliers de femmes apprennent ? jongler entre justificatifs, proc?dures et formulaires, souvent plus complexes qu?un labyrinthe de termiti?res. Mais l?humour est aussi une arme contre l?adversit?. Marie Mbock Nloga, agricultrice ? Massok-Songloulou, confie : ??J?ai essay? de demander un pr?t ? la banque. On m?a demand? un titre foncier que je n?ai pas. Je me sens oubli?e par ceux qui devraient nous soutenir. ?Quand on me demande si je peux rembourser un pr?t, je r?ponds : ?Je peux rembourser? si le soleil daigne sourire ? mes tomates?!? ? Derri?re la plaisanterie se cache une v?rit? : l?acc?s au financement est une lutte quotidienne, ponctu?e de d?brouillardise et de solidarit?. Les femmes se r?unissent en coop?ratives, mettent en commun leurs maigres ?conomies et inventent des syst?mes d??pargne collectifs dignes d?un roman d?aventures. Certaines exp?rimentent m?me la ? banque du village ? ? leur fa?on : contributions mensuelles, micro-pr?ts entre voisines, et sanctions hilarantes pour celles qui oublient de rendre l?argent? ??On fait payer un sac de manioc ou cinq fagots de bois ? celles qui retardent leur remboursement. ?a motive et ?a fait rire??, confie Ang?le, tr?sori?re d?une coop?rative agricole dans la Mefou-et-Afamba (r?gion du Centre). Pourtant, derri?re les rires et les astuces, le message est s?rieux. Les femmes rurales savent que sans acc?s au financement, pas de semences, pas de r?coltes, pas de revenus. Les programmes de microcr?dit existent, mais restent souvent inadapt?s : taux ?lev?s, garanties impossibles et d?marches labyrinthiques. Elles r?clament un soutien adapt?, des outils simples et des financements accessibles, pour transformer leurs efforts quotidiens en prosp?rit? durable. A Songmbengue, les femmes rurales ont rappel?, avec humour et courage, que la finance n?est pas un terrain r?serv? aux comptables et aux bureaux climatis?s. Chaque pr?t accord? ? une femme rurale est une graine sem?e dans la terre du possible, et chaque sourire face ? l?absurdit? des proc?dures est une petite victoire po?tique. Entre chants de c?l?bration de la 30e Journ?e mondiale de la Femme rurale et calculs de pouce, elles ont montr? que m?me face aux banques les plus t?tues, la cr?ativit? africaine sait faire des miracles. JRMA

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

L?histoire des id?ologies africaines et des id?ologies sur l?Afrique

La contribution de Jean-Claude DJEREKE ? conf?rence ? l?universit? catholique de Paris, le 17 octobre 2025 ue l?id?ologie ? Selon le sociologue Guy Rocher, c?est un ? syst?me d?id?es et de jugements, explicite et g?n?ralement organis?, qui sert ? d?crire, expliquer, interpr?ter ou justifier la situation d?un groupe et qui, s?inspirant largement de valeurs, propose une orientation pr?cise ? l?action historique de ce groupe ? (G . Rocher, ? Introduction ? la sociologie g?n?rale, Tome 1: L?action sociale ?, Paris, Seuil, 1970). Karl Jaspers abonde dans le m?me sens lorsqu?il parle d?un ? ensemble d?id?es ou de repr?sentations qui passe aux yeux du sujet pour une interpr?tation du monde ou de sa propre situation, qui pour lui repr?sente la v?rit? absolue mais sous la forme d?une illusion par quoi il se justifie, se dissimule, se d?robe d?une fa?on ou d?une autre, mais pour son avantage imm?diat ? (K. Jaspers, ? Origine et sens de l?histoire ?, Paris, Plon, 1954). L?Afrique a ?t? l?objet de diverses id?ologies. Ces id?ologies, qu?elles soient port?es par des Europ?ens ou par des Africains, ont influenc? la mani?re dont le continent a ?t? per?u, gouvern? et comment ses populations ont men? leurs luttes pour la dignit? et l?autod?termination. Qu?elles soient colonialistes, panafricanistes, n?olib?rales ou d?coloniales, ces id?ologies ont contribu? ? fa?onner les politiques publiques, les structures sociales, les repr?sentations culturelles ainsi que les trajectoires de d?veloppement du continent. Certaines ont justifi? la domination, d?autres ont aliment? la r?sistance. Toutes ont laiss? une empreinte durable dans les consciences collectives et les institutions. Comprendre les id?ologies sur l?Afrique et les id?ologies africaines, c?est donc interroger les discours dominants, d?construire les st?r?otypes, redonner une place aux r?cits oubli?s et, surtout, reconna?tre les voix africaines dans la reconfiguration de leur propre destin. Car les id?ologies, loin d??tre neutres, influencent la mani?re dont un peuple se voit, s?organise, esp?re et agit. Notre expos? s?organisera en trois parties. Dans la premi?re, nous verrons comment l?Afrique ?tait per?ue et d?crite par les explorateurs, colons, missionnaires et ethnologues et comment ces id?ologies ont contribu? ? construire des st?r?otypes durables. La deuxi?me partie s?emploiera ? montrer ce que les Africains pensent et disent d?eux-m?mes, ? travers les mouvements intellectuels, politiques et spirituels n?s sur le continent. Enfin, dans une troisi?me partie, nous chercherons ? r?pondre ? une question essentielle: quelle doit ?tre l?attitude des chr?tiens africains face ? ces id?ologies africaines et sur l?Afrique? Quelle posture adopter au nom de leur fid?lit? ? la foi chr?tienne? I. Les id?ologies coloniales sur l?Afrique Les id?ologies coloniales se sont d?velopp?es ? partir du XVe si?cle et ont culmin? au XIXe si?cle avec la course ? l?Afrique men?e par les puissances europ?ennes. Ces id?ologies justifiaient l?esclavage et la colonisation en construisant une image de l?Afrique comme un continent ? sans histoire ?, ? arri?r? ?, et incapable de se gouverner. Ce clich? d?un continent sans histoire, que l?on doit, entre autres auteurs, ? Hegel dans ? La raison dans l?histoire ? et ? Victor Hugo qui r?duisait l?Afrique en 1879 ? ?un monceau inerte et passif qui, depuis six mille ans, fait obstacle ? la marche universelle? (cf. Pierre Magnan, ?Quand Victor Hugo d?fendait la colonisation de l?Afrique?, France TV Info du 21 avril 2019), a ?t? r?activ? en 2007 par Nicolas Sarkozy dans le Discours de Dakar, si l?on en croit l?historien fran?ais Fran?ois-Xavier Fauvelle qui, dans sa le?on inaugurale au Coll?ge de France , le 3 octobre 2019, affirmait ceci: ? Dire que l?Afrique n?a pas d?histoire est tout simplement faux d?un point de vue factuel: on peut parfaitement faire le r?cit de ses r?gimes politiques, de ses activit?s ?conomiques et culturelles ou encore de sa d?mographie et de ses mouvements de population.? Avant Fauvelle, le savant s?n?galais Cheikh Anta Diop avait d?construit ces pr?jug?s qui proviennent de l?ignorance dans son ouvrage le plus connu et le plus audacieux qu?un N?gre ait jusqu?ici ?crit au dire d?Aim? C?saire, ? Nations n?gres et culture ? (Paris, Pr?sence Africaine, 1954).Parmi les id?ologies occidentales sur l?Afrique, il y a le paternalisme selon lequel les Europ?ens devaient ? civiliser ? les Africains, per?us comme des enfants immatures. Le discours du ? fardeau de l?homme blanc ?, popularis? par Rudyard Kipling, illustre bien cette posturemoralisatrice. En parall?le, le racisme scientifique a servi ? hi?rarchiser les races, pla?ant les peuples africains au bas de l??chelle humaine, ce qui a justifi? l?exploitation ?conomique, culturelle et politique. Parmi les tenants de l?id?e que le Noir est inf?rieur au Blanc, on trouve Arthur de Gobineau (? Essai sur l?in?galit? des races humaines ?, ?ditions Firmin, 1853) et Lucien L?vy-Bruhl. Les cons?quences de ces id?ologies furent profondes: destruction des structures sociales traditionnelles, r??criture des histoires locales, imposition de langues ?trang?res et marginalisation des savoirs africains. Mieux que quiconque, C?saire a d?crit les d?g?ts de la colonisation en ?crivant: ?On me parle de progr?s, de ? r?alisations ?, de maladies gu?ries, de niveaux de vie ?lev?s au-dessus d?eux-m?mes. Moi, je parle de soci?t?s vid?es d?elles-m?mes, de cultures pi?tin?es, d?institutions min?es, de terres confisqu?es, de religions assassin?es, de magnificences artistiques an?anties, d?extraordinaires possibilit?s supprim?es. On me lance ? la t?te des faits, des statistiques, des kilom?trages de routes, de canaux, de chemins de fer. Moi, je parle de milliers d?hommes sacrifi?s au Congo-Oc?an. Je parle de ceux qui, ? l?heure o? j??cris, sont en train de creuser ? la main le port d?Abidjan. Je parle de millions d?hommes arrach?s ? leurs dieux, ? leur terre, ? leurs habitudes, ? leur vie, ? la vie, ? la danse, ? la sagesse 9 .? (? Discours sur le colonialisme ?, Paris, Pr?sence Africaine, 1950). Les id?ologies du d?veloppement en Afrique: promesses, illusions et r?sistances Depuis les ind?pendances africaines, le d?veloppement s?est impos? comme un horizon indiscutable, un id?al que les ?tats, les bailleurs internationaux et les ?lites politiques ont poursuivi avec d?termination. Pourtant, derri?re ce mot apparemment neutre se cachent desid?ologies, souvent impos?es de l?ext?rieur, qui ont fa?onn? la trajectoire du continent. Du d?veloppement cl?s en main h?rit? de

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Mme Marie-Th?r?se Abena Ondoa: ? nous avons pris en compte les dol?ances ?

D?claration de la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille du Cameroun, ? l?occasion de la c?l?bration de la 30e Journ?e mondiale de la Femme rurale ? Messok Songloulou. ? L?organisation a ?t? impeccable. Il y a eu une tr?s grande mobilisation. Les femmes nous ont montr? de quoi elles sont capables. Nous avons eu des sources de revenus tr?s adapt?es : la production des champignons, du miel, des hannetons, des escargots. Ce sont des investissements qui, ? long terme, peuvent les propulser tr?s loin, et les rendre financi?rement autonomes ; surtout qu?elles font des formations en cascades pour aller jusqu?aux fins fonds des communaut?s. C?est ce que nous avons appr?ci? au cours de c?r?monie. Nous avons vu une tr?s grande mobilisation des diff?rents d?partements de la r?gion du Littoral qui se sont retrouv?s ici ? Messok Songloulou pour c?l?brer celle qui nourrit le Cameroun ; celle qui permet au Cameroun d??tre ? l?abri de la faim ; et qui travaille encore beaucoup dans des conditions assez difficiles. Le gouvernement a fait l?effort de leur apporter un appui en diff?rents mat?riaux pouvant les aider dans leurs travaux agricoles. Nous pensons que ce que nous avons vu nous rassure. Nous avons pris en compte les dol?ances ; nous avons donn? des orientations pour voir dans quelle mesure on pouvait y r?pondre. Nous avons re?u l?adh?sion des uns et des autres et nous allons rentrer tr?s satisfaits par la belle c?r?monie dont nous ont gratifi?s les populations du Littoral en g?n?ral, celles de la Sanaga-Maritime en particulier ?. Source : Minproff

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