Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Congo : ouverture ? Brazzaville de la 44e session ordinaire du conseil des experts de l’UEAC

La 44e session ordinaire du Conseil des experts de l’Union ?conomique de l’Afrique centrale (UEAC) s’est ouverte lundi ? Brazzaville, en pr?sence des repr?sentants des six pays membres de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l’Afrique centrale (CEMAC). Cette rencontre, qui pr?c?de la session du Conseil des ministres de l’Economie, des Finances et du Plan pr?vue le 31 octobre, se tient sur le th?me « Vers la mise en ?uvre du budget-programme pour promouvoir la gouvernance communautaire ». Les travaux visent principalement ? examiner le projet de budget de la CEMAC pour l’exercice 2026, estim? ? plus de 85 milliards de francs CFA (environ 150,8 millions de dollars am?ricains), selon les experts. Le vice-pr?sident de la Commission de la CEMAC, Charles Assamba Ongodo, a indiqu? que ce budget enregistre une l?g?re hausse par rapport ? celui de 2025, arr?t? ? environ 83 milliards de francs CFA (147,2 millions de dollars am?ricains). « Cette progression s’explique par une augmentation des ressources propres de plus de 31,6 % par rapport ? 2025, accompagn?e d’une augmentation des financements ext?rieurs de plus de 10,4 % », a-t-il pr?cis?. Il a ajout? que ce projet de budget, qui sera soumis ? l’approbation du Conseil des ministres, refl?te des orientations r?alistes et tient compte des contraintes li?es ? la capacit? financi?re de la communaut?, conform?ment aux directives du pr?sident de la Commission, Baltasar Engonga Edjo’o. Lors de la 43e session ordinaire tenue en septembre dernier ? Bangui (R?publique centrafricaine), les ministres de l’UEAC avaient notamment examin? l’harmonisation de l’?valuation des d?penses fiscales, la cr?ation d’un Comit? r?gional pour la mobilisation des recettes fiscales int?rieures, ainsi que l’adoption d’un dispositif de sanctions en cas de manquements aux r?gles de surveillance multilat?rale. BRAZZAVILLE, 27 octobre (Xinhua)

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Centrafrique : 65 ex-combattants d?posent volontairement les armes dans le nord-est du pays

Soixante-cinq ex-combattants du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), un groupe arm? actif dans le nord-est de la R?publique centrafricaine (RCA), ont volontairement d?pos? les armes afin de rejoindre le processus de paix, selon plusieurs sources locales concordantes. Ces membres du FPRC, groupe politico-militaire issu de l’ex-S?l?ka et dirig? par le chef rebelle Noureddine Adam, ont remis leurs armes et munitions dans le village de Sikik?d?, situ? ? plus de 1.000 km de Bangui, la capitale centrafricaine. Les op?rations de d?sarmement se poursuivent dans la pr?fecture de la Vakaga, dans le but de d?sarmer l’ensemble des ex-combattants du FPRC, qui a longtemps ?t? l’un des principaux acteurs de la coalition des patriotes pour le changement (CPC), a indiqu? Abakar Yaya, adjoint au maire de Sikik?d?. Il a ?galement encourag? d’autres groupes arm?s ? int?grer le processus de paix. Malick Yacoub, pr?sident du collectif des ressortissants de la Vakaga, a soulign? que cette op?ration a r?ussi gr?ce ? une campagne de sensibilisation pr?alable, qui a permis d’expliquer aux ex-combattants l’importance du d?sarmement volontaire et les b?n?fices du programme pour leur r?insertion au sein des communaut?s locales. Il a par ailleurs pr?cis? que cette initiative visait avant tout ? renforcer la s?curit? et ? consolider la paix dans la r?gion. BANGUI, 27 octobre (Xinhua)

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Bamenda: la ville o? la vie devient plus ch?re

L?Institut national de la statistique (INS) rapporte un taux d?inflation annuelle de 4,9 % pour la p?riode d?octobre 2024 ? septembre 2025, contre 3,8 % au niveau national. Bamenda, capitale de la r?gion du Nord-Ouest, conna?t une flamb?e des prix qui p?se lourdement sur le quotidien de ses habitants. La ville devient ainsi la capitale r?gionale la plus ch?re du Cameroun en septembre 2025. D?apr?s l?INS, ce tableau marque un v?ritable bond : en juillet 2024, Bamenda affichait un taux de seulement 2,6 %, inf?rieur ? la norme communautaire de 3 % fix?e par la Cemac. Produits alimentaires : principaux moteurs Selon l?INS, plusieurs causes expliquent cette situation ? Bamenda : Perturbations d?approvisionnement li?es ? la crise s?curitaire dans la r?gion ; co?ts de transport ?lev?s ; forte d?pendance aux produits import?s, notamment le riz et certaines huiles raffin?es ; faible offre locale, aggrav?e par la perturbation de la production agricole. L?Institut tient ses chiffres : ? L?gumes frais (tomates, gombos, poivrons, ? ndol? ? ; ? keleng keleng ?) : +12 % ; huiles et graisses locales : +9 % ; fruits : +10 % ?. Ces hausses entra?nent une compression du pouvoir d?achat. ? Un produit co?tant 10 000 F Cfa il y a un an s?ach?te d?sormais ? 10 490 F CFA ?, explique le Dr Franck Tsoungui, ?conomiste. Mais certains produits alimentaires connaissent des augmentations encore plus marqu?es. Exemple : le sac de riz de 25 kilos co?te 9 000 F CFA ? Bamenda, contre 7 800 F CFA ? Ebolowa et 8 000 F CFA ? Garoua Cons?quences pour les m?nages Pour les habitants, l?inflation se traduit par une pression accrue sur le budget quotidien. L?alimentation devient plus ch?re, et le pouvoir d?achat recule, obligeant de nombreux m?nages ? revoir leurs priorit?s de consommation. L?INS souligne que l?inflation est principalement tir?e par les produits alimentaires et boissons non alcoolis?es, repr?sentant pr?s de la moiti? des d?penses des m?nages. Au niveau national, ces produits ont augment? en moyenne de 7 % sur un an. Disparit?s r?gionales L?inflation ne frappe pas toutes les villes de la m?me mani?re. Maroua (4,4 %), Bafoussam et Buea (4,3 % chacune) enregistrent ?galement de fortes hausses, tandis que Bertoua (2,4 %) et Garoua (3,2 %) restent plus mod?r?es. Pour inverser cette tendance, experts et acteurs ?conomiques insistent sur la n?cessit? de ma?triser l?inflation et de renforcer la production locale, afin de soulager durablement les populations. Bobo Ousmanou

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

L?opposition ivoirienne face au d?fi de l?unit? apr?s une ?lection contest?e

Le Conseil constitutionnel, ? l?issue du processus de validation des candidatures ? l??lection pr?sidentielle, avait retenu cinq candidats, dont quatre issus de l?opposition. Cette d?cision, en apparence ?quilibr?e, a pourtant suscit? une vive controverse. En effet, les partisans des candidats non retenus y ont vu une man?uvre politique destin?e ? donner une fa?ade d?mocratique ? un scrutin d?j? jou? d?avance. Selon eux, la s?lection de certains opposants n??tait qu?une strat?gie du pouvoir en place pour l?gitimer une ?lection verrouill?e et sans v?ritable enjeu. Dans ce contexte tendu, les militants des candidats ?cart?s ont rapidement trait? les candidats de l?opposition valid?s de ? tra?tres ? et ? d?accompagnateurs du pr?sident sortant ?. Ils les accusaient d?avoir pactis? avec le pouvoir et de servir de caution ? une mascarade ?lectorale. Leurs parrainages, jug?s ? suspects ?, furent consid?r?s comme la preuve d?arrangements occultes. Ces partisans estimaient que les candidats retenus devaient se retirer purement et simplement du scrutin, convaincus que la victoire du pr?sident sortant ?tait d?j? acquise avant m?me le vote. Face ? ces accusations, les partisans des candidats retenus ont vivement r?agi. ? leurs yeux, ceux dont les candidatures avaient ?t? rejet?es ?taient simplement de mauvais perdants. Ils rappelaient que, si les dossiers de Gbagbo, Thiam ou Affi N?Guessan avaient ?t? valid?s, ces derniers auraient bel et bien particip? ? la m?me ?lection qu?ils d?non?aient aujourd?hui comme ? pli?e ?. Ils consid?raient que refuser de soutenir l?un des candidats d?opposition valid?s revenait ? offrir un boulevard au pr?sident Ouattara, en le laissant concourir presque seul. Ainsi, au lieu de pr?senter un front uni face au pouvoir, l?opposition ivoirienne s?est d?chir?e en public, chaque camp accusant l?autre de trahison, d?arrogance ou d?opportunisme. Cette division a profond?ment fragilis? la cr?dibilit? du discours d?alternance et a d?courag? une grande partie de la population, d?j? d?sabus?e par les crises politiques r?p?t?es. Le climat pr??lectoral s?est donc install? sous le signe de la m?fiance mutuelle, au d?triment d?une strat?gie collective susceptible de peser face au r?gime en place. Un scrutin sans v?ritable comp?tition L??lection du 25 octobre 2025 s?est tenue dans une atmosph?re morose et sous tension. Comme beaucoup s?y attendaient, la participation fut faible dans plusieurs r?gions, notamment dans les bastions de l?opposition. Trois jours plus tard, la Commission ?lectorale ind?pendante (CEI) a proclam? la victoire d?Alassane Ouattara avec 89,77 % des voix. Mais, pour nombre d?observateurs, il ne s?agissait pas d?une v?ritable victoire ?lectorale, car il n?y a pas eu d??lection ? proprement parler. En effet, la plupart des grands candidats avaient ?t? ?cart?s, vidant le scrutin de sa substance. De plus, de graves irr?gularit?s ont ?t? signal?es dans plusieurs localit?s. ? Kounahiri et ? Cocody, par exemple, on a compt? plus de votants que d?inscrits sur les listes ?lectorales ? un ph?nom?ne d?j? observ? dans certaines zones du Nord lors de la pr?sidentielle de 2010. Ces anomalies ont aliment? le sentiment d?un processus ?lectoral truqu?, destin? ? conforter un pouvoir d?j? solidement install?. Apr?s la mort d’un gendarme et d’un manifestant dans le sud et le centre-ouest du pays, plusieurs personnes ont perdu la vie ? Nahio. ? cela s?ajoute un d?s?quilibre flagrant des moyens: les candidats de l?opposition ont dispos? de ressources financi?res et logistiques largement inf?rieures ? celles du pr?sident sortant, qui a pu mobiliser l?appareil d??tat ? son avantage. Dans ces conditions, la comp?tition ?lectorale ne pouvait ?tre ni ?quitable ni transparente. Ce constat explique pourquoi une grande majorit? d?Ivoiriens a choisi le boycott plut?t que la participation ? ce qu?ils percevaient comme une simple formalit? institutionnelle. Apr?s la fausse victoire, quel avenir pour l?opposition ? Face ? cette situation, une question cruciale se pose: que doit faire l?opposition ivoirienne maintenant ? Deux voies s?offrent ? elle, et le choix entre les deux d?terminera sans doute l?avenir politique du pays. La premi?re option, celle de la division et de la querelle permanente, consisterait ? poursuivre les accusations mutuelles. Chaque camp continuerait ? reprocher ? l?autre son manque de loyaut? ou de lucidit?, pendant que le pouvoir en place consoliderait tranquillement sa position pour les cinq prochaines ann?es. Ce sc?nario, malheureusement familier dans l?histoire politique ivoirienne, ne ferait que prolonger la domination sans partage du r?gime et le d?couragement du peuple. La seconde option, bien plus exigeante mais aussi plus porteuse d?espoir, serait celle de l?unit? et de la r?flexion commune. L?opposition, dans toute sa diversit?, doit faire son examen de conscience et reconna?tre que sa strat?gie n?a pas ?t? ? la hauteur des d?fis du moment. Aucun parti, aucune figure politique, ne peut ? lui seul affronter un pouvoir solidement enracin?, disposant de l?appareil administratif, financier et s?curitaire du pays. Le salut ne viendra que d?un front commun, b?ti sur la confiance, le dialogue et la mise en avant de l?int?r?t national au-dessus des ambitions personnelles. Le Front commun, qui regroupe le PDCI et le PPA-CI, a d?j? appel? ? l?annulation du scrutin et ? la reprise des ?lections dans des conditions v?ritablement d?mocratiques. Cette position, loin d??tre extr?miste, r?pond ? une exigence de justice et de transparence. Au lieu de f?liciter Ouattara ? ce qui n?aurait aucun sens alors qu?une large majorit? d?Ivoiriens a boycott? ce semblant d??lection ?, tous les candidats de l?opposition devraient se rallier ? cette demande. Il est urgent que les leaders politiques se retrouvent autour d?une m?me table, non pas pour se partager des postes, mais pour r?clamer des r?formes structurelles: une nouvelle Commission ?lectorale ind?pendante, r?ellement neutre et ?quilibr?e ; un red?coupage ?lectoral juste, tenant compte de la repr?sentativit? r?elle des populations ; une r?vision transparente des listes ?lectorales et une allocation ?quitable des moyens de campagne ? tous les candidats. Une telle concertation, associant ?galement la soci?t? civile et les organisations religieuses, permettrait de recr?er la confiance entre les acteurs politiques et d??viter que les prochaines ?lections ne soient une r?p?tition du m?me sc?nario. C?est ? cette condition seulement que la C?te d?Ivoire pourra tourner la page des ?lections truqu?es et des crises post?lectorales. L?urgence d?une conscience collective L??lection pr?sidentielle

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Le pr?sident gabonais f?licite Paul Biya pour sa r??lection ? la pr?sidence du Cameroun

Le pr?sident gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a adress? lundi ses f?licitations ? Paul Biya pour sa r??lection ? la pr?sidence du Cameroun pour un huiti?me mandat. « Brice Clotaire Oligui Nguema, pr?sident de la R?publique, chef de l’Etat, adresse ses f?licitations ? son excellence Monsieur Paul Biya pour sa r??lection ? la magistrature supr?me », indique une d?claration du pr?sident gabonais lue au journal t?l?vis? de 20 heures. Dans son message, M. Nguema a salu? « la confiance renouvel?e du peuple camerounais envers son pr?sident » et lui a pr?cis? ses « v?ux de succ?s pour ce nouveau mandat », tout en r?affirmant « son attachement aux valeurs de paix et de stabilit? ». ?g? de 92 ans, Paul Biya dirige le Cameroun depuis le 6 novembre 1982. Selon les r?sultats officiels proclam?s lundi par le Conseil constitutionnel, Paul Biya a remport? l’?lection pr?sidentielle avec 53,66% des voix. LIBREVILLE, 27 octobre (Xinhua)

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R?sum? de l’actualit? mondiale de Xinhua ? 00h30 GMT, le 28 octobre

Paul Biya a ?t? r??lu pr?sident du Cameroun pour un huiti?me mandat, recueillant 53,66 % des voix, a annonc? lundi le Conseil constitutionnel du pays. Le candidat du Front du salut national du Cameroun, Issa Tchiroma Bakary, est arriv? deuxi?me avec 35,19 % des voix. Plus de 4,6 millions de Camerounais ont vot? sur plus de huit millions d’?lecteurs inscrits, portant le taux de participation ? 57,76 %, contre 53,85 % en 2018 et 65,82 % en 2011. (Cameroun-Election-R?sultats) – – – – ABIDJAN — Le pr?sident sortant de la C?te d’Ivoire, Alassane Ouattara, candidat du Rassemblement des houphou?tistes pour la d?mocratie et la paix, a remport? un quatri?me mandat ? l’?lection pr?sidentielle avec 89,77 % des voix, selon les r?sultats provisoires publi?s lundi par la Commission ?lectorale ind?pendante (CEI). Fran?ais Selon la CEI, Ouattara a recueilli 3.759.030 voix sur un total de 4.187.318 bulletins valides exprim?s, avec une participation ?lectorale atteignant 50,10 pour cent parmi les 8,7 millions d’?lecteurs inscrits en C?te d’Ivoire et ? l’?tranger. (C?te d’Ivoire-Election-R?sultat) – – – – BUDAPEST — La Hongrie ne soutiendra pas le lancement des n?gociations d’adh?sion ? l’Union europ?enne (UE) avec l’Ukraine tant qu’un gouvernement national sera au pouvoir, a d?clar? lundi le ministre des Affaires ?trang?res Peter Szijjarto. R?pondant aux questions au parlement, Szijjarto a d?clar? que la chance pour la candidature de l’Ukraine ? l’UE de symboliser la paix ?tait pass?e, et que la Hongrie continue d’opposer son veto aux n?gociations en raison de pr?occupations concernant la s?curit? europ?enne, l’?conomie et les march?s du travail. (Hongrie-UE-Ukraine) – – – – BEYROUTH — Deux personnes ont ?t? tu?es lundi dans une frappe de drone isra?lienne dans le sud du Liban, a rapport? l’Agence nationale de presse officielle libanaise (NNA). Citant le centre d’urgence du minist?re de la Sant?, l’ANI a d?clar? que la frappe a touch? un site ? la p?riph?rie du village d’Al-Bayad dans le district de Tyr, tuant deux fr?res et en blessant plusieurs autres. (Liban-Isra?l-Frappes a?riennes). YAOUNDE

Grande interview

Maurice Simo Djom: ? face aux manifestants dans la rue, que les militaires et les policiers pensent ? leurs propres enfants ?

Le fondateur de la revue internationale de g?opolitique africaine L?Etat de l?Afrique ?voque quelques th?mes de l??dition 2025, notamment l?analyse g?opolitique de la pr?sidence perp?tuelle et de la succession dynastique en Afrique centrale. Votre ouvrage s?intitule L?Etat de l?Afrique 2025. Port? ? ce jour, l?Afrique est-elle sur la trajectoire que vous annonciez ? En cr?ant cette revue en 2023, je la voyais comme un miroir, un thermom?tre et une boussole. Comme miroir, c?est une base de donn?es assez dense qui nous montre o? nous sommes, nous, Africains. En tant que thermom?tre, les analyses contenues dans la base de donn?es indiquent comment nous allons. Et en tant que boussole, les donn?es et les analyses tracent le chemin de l?avenir. Contrairement ? ce qu?on croit, la prospective n?est pas la science qui ?tudie les sc?narii du futur, c?est plut?t l?art de pr?parer l?avenir. Vous comprendrez qu?il est t?t pour dire si ce que je voulais en 2023 s?est r?alis?. C?est plut?t ? moi de souhaiter rester dans la m?me trajectoire et de pers?v?rer. A cet effet, oui, je reste dans la trajectoire de donner ? l?Afrique un outil d?introspection et de prospective pour agrandir ses marges de man?uvres dans le jeu mondial. Vous parlez de ? successions dynastiques et de pr?sidences perp?tuelles ? l??preuve des ruptures g?opolitiques en Afrique centrale. Est-ce l??chec des dirigeants, des institutions ou d?un mod?le postcolonial impos? ? Je ne vois pas cela comme un ?chec, mais comme une dynamique. La m?thode d?analyse que j?utilise est emprunt?e ? l?Ecole des Annales, c?est l?histoire de la longue dur?e. En utilisant cette m?thode, j?ai constat? que la pr?sidence perp?tuelle est une combinaison savante entre des ambitions personnelles de dirigeants locaux et une logique de d?colonisation en trompe-l??il, o? les puissances mondiales veulent garder la main en jouant sur des figures parentales aussi longtemps qu?elles le peuvent. C?est pourquoi, lorsque la pr?sidence perp?tuelle tend ? s?essouffler, la succession dynastique est tout trouv?e en tant que facteur de pr?servation du statu quo. Mais cette dynamique est ? l??preuve des ruptures g?opolitiques et les puissances occidentales n?ont plus le monopole de la planification et de la projection. S?ouvre alors un horizon int?ressant o? plusieurs nouveaux acteurs s?invitent dans le jeu : les peuples, ? travers l?appropriation politique par le bas, les puissances anticoloniales, notamment asiatiques et latino-am?ricaines, porteuses d?agendas concurrents et enfin des profils politiques porteurs de rupture. La prospective sugg?re que la pr?sidence perp?tuelle et la succession dynastique ont un avenir incertain. Dans le contexte politique camerounais actuel, pensez-vous que le processus politique en cours ouvre la porte aux perspectives d?une ouverture d?mocratique v?ritable ? Ce processus politique est une ?ni?me occasion pour les populations camerounaises de devenir un peuple. Vous savez que le Cameroun en tant qu?Etat est n? de la volont? des conqu?rants. A plusieurs reprises, les Camerounais ont essay? de reprendre la main mais ils se sont heurt?s ? des difficult?s fortes. L?UPC avait cr?? un moment de construction d?un contrat social et d?une nation, mais elle a perdu la guerre de d?colonisation, une guerre d?autant plus curieuse et in?gale qu?elle ?tait cach?e. Depuis lors, les populations camerounaises tentent en vain de faire ce qu?il faut pour poser des bases solides. Nous avons eu plusieurs constitutions, mais aucune d?elle ne vient v?ritablement de nous. Elles ne refl?tent ni nos r?alit?s ni nos aspirations. En plus, d?s que de faibles consensus ont ?t? d?gag?s, l?autocratie a tout fait pour les d?tricoter.Ce moment offre aux populations une nouvelle possibilit? d?essayer. Peut-?tre que cette fois sera la bonne pour faire les deux choses qui vaillent : tourner la page de l?autoritarisme et ?crire un contrat social. J?insiste sur le fait que tourner la page ne suffit pas. Il faut poser les bases et d?finir comment nous voulons vivrons ensemble. Car finalement, peu importe comment le Cameroun a ?t? constitu? initialement, maintenant la question c?est le contrat social : comment les Camerounais veulent-ils vivre ensemble ? Sommes-nous une monarchie ou une r?publique ? Si nous nous accordons pour ?tre une monarchie, alors r?digeons un contrat de monarchie et le roi restera l? comme au Maroc, ? vie. Mais si nous sommes une r?publique, le contrat social devra garantir que chacun de nous fasse ce qui est n?cessaire pour que ce contrat soit respect?. Votre livre ?voque la bataille de Tinzaouat?ne. De quoi s?agit-il ? C?est un ?v?nement, une bataille qui a eu lieu au nord du Mali en juillet 2024. Tinzaouat?ne est une localit? du Mali qui a son pendant de l?autre c?t? de l?Alg?rie (dont la graphie est Tinzawat?ne), un peu comme Kolwezi en RDC qui a son pendant sym?trique en Zambie (Solwezi). En 2023, le fait marquant de l?ann?e, c??tait la bataille de Niamey, mais je parlais alors d?une bataille qui n?a pas eu lieu car le porte-avion fran?ais ? Mistral ? avait certes mouill? au large du golfe de Guin?e, mais il ?tait reparti sans avoir propuls? le moindre avion de guerre en direction de Niamey. Contrairement ? la bataille de Niamey qui n?avait pas eu lieu, la bataille de Tinzaouat?ne, elle, a bel et bien eu lieu. C?est le fait marquant de l?ann?e 2024. L?ouvrage analyse le contexte, les combats, les bellig?rants directs et indirects et les enjeux. Le r?le de chacun est d?crypt? : les mercenaires internationaux, les FAMa, l?Ukraine, l?OTAN, le S?n?gal, l?UA, etc. L?analyse offre l?occasion de comprendre le jeu mondial en Afrique et l?absence de projection africaine au sujet de ce jeu. Vous parlez de ? l?int?gration r?gionale qui entre dans une zone de turbulence, avec la sortie consomm?e de trois pays de la CEDEAO ?. A quoi ressemblerait, concr?tement l?Afrique du XXIe si?cle, selon Maurice Simo ? Absolument, l?ann?e 2025 marquait le cinquantenaire de la CEDEAO, mais l?anniversaire n?a pas ?t? c?l?br?. Pourtant c?est la CER [Communaut? Economique R?gionale] qui enregistre le plus d?avanc?es en mati?re d?int?gration. La sortie du Burkina Faso, du Niger et du Mali de la CEDEAO n?est pas une bonne nouvelle. L?Afrique que je souhaite ? C?est un continent

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Ma r?action au dernier communiqu? de la Conf?rence des ?v?ques catholiques de C?te d?Ivoire

Chers ?v?ques et archev?ques,J?ai lu avec attention votre communiqu? dat? du 24 octobre 2025 et intitul? « Appel ? l?apaisement et ? la pri?re ». Je vous sais gr? d?avoir de la compassion pour les bless?s, prisonniers et familles ayant perdu quelqu’un dans cette l?gitime protestation contre le quatri?me mandat anticonstitutionnel d?Alassane Ouattara. Vous ?crivez: « Nous n?avons cess? de vous rejoindre pour vous inviter ? la paix, au respect du droit et de la vie humaine ». Vous auriez pu ?crire aussi que la paix est le fruit de la justice et de la v?rit?, cette v?rit? dont J?sus affirmait qu?elle rend libre (Jn 8, 32). Or, ? mon humble avis, ce qui vous manque, et on le voit dans toutes vos derni?res interventions, c?est ce que les Japonais Ichiro Kishima et Fumitake Koga appellent « le courage de ne pas ?tre aim? » car, dans notre monde o? beaucoup aiment les basses flatteries, quiconque ose dire la v?rit? s’expose automatiquement ? ?tre d?test?, lynch? et combattu. La v?rit? qu?il aurait fallu dire, c?est que notre Constitution interdit plus de deux mandats ? la t?te de l??tat, quelles que soient l?intelligence et la comp?tence de celui qui a occup? le fauteuil pr?sidentiel. Cette v?rit?, l??piscopat burkinab? l?a dite lors de sa seconde Assembl?e pl?ni?re ? Fada N?Gourma (15-21 f?vrier 2010) en disant non ? Blaise Compaor? qui voulait modifier l?article 37 de la Constitution pour s’?terniser au pouvoir. Cette v?rit?, les pr?lats de la R?publique d?mocratique du Congo l?ont dite en demandant, le 26 novembre 2017, ? Joseph Kabila de ne pas briguer un troisi?me mandat. Le 2 janvier 2018, le cardinal Laurent Monsengwo rench?rissait en ces termes: « Il est temps que les m?diocres d?gagent et que r?gnent la paix et la justice en RDC. » Au lieu de vous opposer clairement et publiquement ? la seconde violation de notre Constitution par Ouattara, vous vous ?tes born?s ? r?clamer « une ?lection juste, transparente, inclusive et apais?e » sans nous dire si le pr?sident sortant ?tait concern? par cette ?lection inclusive. Au lieu d’appeler un chat un chat, au lieu de d?signer et d?interpeller l’individu que le voyou Sarkozy dit avoir install? au pouvoir sans pol?mique (cf. Nathalie Schuck et Fr?d?ric Gerschel, « ?a reste entre nous, hein. Deux ans de confidences de Nicolas Sarkozy », Paris, Flammarion 2014) et qui pourrit la vie ? toute une nation depuis 1999, vous vous contentez de renvoyer dos ? dos parti au pouvoir et opposition et de nous appeler ? la pri?re et au je?ne. La pri?re et le je?ne, que je ne m?prise point, sont-ils incompatibles avec le fait de dire la v?rit?? Non. « Le feu est allum?, le brasier est fumant », ?crivez- vous encore et vous posez la question suivante: « Jusqu’? quand cela va-t-il durer? » Les miennes sont celles-ci: jusqu’? quand allez- vous vous comporter comme Ponce Pilate? Jusqu’? quand allez-vous m?nager la ch?vre et le chou? Jusqu’? quand allez- vous utiliser le langage diplomatique ? l?egard du dictateur? Certains ?v?ques, qui n?h?sitaient pas ? parler durement au pr?sident Laurent Gbagbo, pourquoi se taisent-ils aujourd’hui comme si tout allait bien dans le pays? Qu’ont-ils re?u de Ouattara pour qu’ils deviennent muets comme des carpes sur les d?rives et abus de ce r?gime? Inviter ? la pri?re et au je?ne apr?s avoir cautionn? par le silence un r?gime dictatorial et coupable de violations des droits humains, c’est assurer le service minimum,chers ?v?ques. ?a ne co?te pas cher. It?s cheap commitment (c’est un engagement bon march?). Les patriotes ivoiriens ne d?sesp?rent pas de voir le bout du tunnel. Ils croient que leur calvaire prendra fin un jour parce que « tout finit par finir » (L?andre Sahiri) mais ils ne se souviendront que de ceux qui ont ?t? avec eux et pour eux dans les moments difficiles. Les l?ches et collabos du r?gime, ils les traiteront comme le g?n?ral de Gaulle traita les ?v?ques et cur?s qui avaient soutenu le mar?chal P?tain et l?occupant nazi. Apr?s la lib?ration de la France, Charles de Gaulle demanda et obtint la d?mission des ?v?ques collabos (cf. Jacques Duquesne, « Les catholiques fran?ais sous l?occupation », Paris, Seuil, 1996). J?esp?re ne vous avoir pas bless?s, chers ?v?ques et archev?ques, en disant ce que je pense de votre dernier communiqu?. Vous me connaissez. Je ne sais pas faire semblant. Je ne sais pas tourner autour du pot. Si je vous ai heurt?s, veuillez bien vous montrer indulgents ? mon ?gard comme le Christ qui nous veut vrais, libres et debout. Jean-Claude Dj?r?k?

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Tensions post-?lectorales: les parents d’?l?ves refusent d’envoyer les enfants ? l’?cole

Craignant des ?chauffour?es apr?s la proclamation des r?sultats de la pr?sidentielle du 12 octobre 2025, certains chefs de famille retiennent leurs prog?nitures ? la maison. Au moins 80% d’?l?ves du primaire et du secondaire habitants le sud et les p?riph?ries-sud de la capitale auront au moins 16 heures d’absences pour le mois d’octobre. Cette fois-ci les ?coliers ne sont pas la cause de cette forte absence du 22 et 23 octobre 2025. Il faut plut?t incriminer les parents. Une responsabilit? qu’ils assument d’ailleurs, ? je ne peux pas envoyer mes trois enfants ? l’?cole. Il faut d’abord que la situation soit normale, je fonctionne avec les r?p?titeurs jusqu’? nouvel ordre ?, estime Abba, un parent d’?l?ve. Cas pratique Le couple Djou qui vit ? Abang (Mfou) n’empreinte pas deux chemins. Leurs 5 enfants dont un est mal voyant n’iront pas ? l’?cole tant que la proclamation des r?sultats de la pr?sidentielle n’est pas effective. Cette grande crainte du couple r?side dans le fait que leurs bambins fr?quentent dans un coll?ge priv? au complexe BEAC, un quartier tr?s hupp? du sud de la capitale, ? nous ne pouvons pas prendre le risque de les envoyer ? l’?cole. Si les conflits commence il sera compliqu? de partir d’Etoudi o? je travaille pour venir chercher les enfants. Leurs p?res travail ? Douala ?, se justifie la maman. Sur 17 ?l?ves que compte le CM2 de l’?cole publique d’Assock, seul trois r?pondent pr?sent. Cette forte abstention d?courage le ma?tre qui au lieu d’enseigner pr?f?re appeler les parents et leurs demandes de laisser les enfants rentrer ? l’?cole, ? les enfants sont en classe d’examen et je ne peux pas avancer avec 3 ?l?ves. Je serai m?me oblig? de voir comment est-ce que je programme les cours de rattrapage ?, regrette l’enseignant. Comme autre coup de gueule, il demande aux parents de ne pas c?der ? la pression et ?viter de m?ler les enfants ? la politique, ? la politique aux politiciens, l’?cole aux ?coliers ?, indique-t-il. Jules, chauffeur d’un bus de transport d’?l?ves met en veilleuse le groupe WhatsApp. Il prend le t?l?phone et appelle individuellement les parents. Il demande ? ces derniers d’appr?ter les enfants pour l’?cole, ? on a renvoy? la proclamation des r?sultats de la pr?sidentielle, appr?t?s les enfants pour qu’ils aillent ? l’?cole ?, dit-il. Sauf qu?arriv? au point de ramassage ? Ebouma-Adam ? Nkongoa, il n’y a aucun ?l?ve. Ce vendredi 23 octobre, certains ?l?ves du lyc?e Bilingue d’Odza, malgr? le report de l’annonce de la proclamation des r?sultats h?sitent ? se rendre au campus. La cause de cette crainte vient des r?seaux sociaux. ? Toutouli Mama Marthe, enseignante ? la retraite et grand-m?re de 6 petits fils en classes d’examens est oblig?e d’hurler sur ses petits-enfants, ? vous ?tes en classe d’examen, partez ? l’?cole. Je vais passer au lyc?e pour v?rifier si vous ?tes ? l’?cole. Au lieu d’?tre concentr? sur vos cahiers, vous parlez de politique. Vous comptez sur quoi ? ?, gronde la p?dagogue. Elle fait une promesse qui est de confisquer les t?l?phones portables de ces derniers, ? je vais demander ? vos parents de reprendre les t?l?phones ?. Incertitude Avec le renvoie de la proclamation des r?sultats de la pr?sidentielle, les parents sont de plus en plus anxieux. Bon nombre disent scruter les ?toiles avant d’envoyer les enfants ? l’?cole la derni?re semaine du mois d’octobre. Andr? Gromyko Balla

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Proclamation des r?sultats de la pr?sidentielle: le Grand Nord retient son souffle

Entre militarisation, peur et col?re contenue, les populations attendent la proclamation des r?sultats dans une atmosph?re de terreur politique. Les rues se sont vid?es, les visages se ferment, les conversations se murmurent. Dans les villes du Grand Nord, l?attente des r?sultats de l??lection pr?sidentielle du 12 octobre a pris des allures d?angoisse collective. ? Garoua, Maroua, Ngaound?r?, Mokolo, Yagoua ou Kousseri, la tension est telle qu?on parle d?sormais d?une r?gion ? en veille de feu ?.Tous les regards sont braqu?s vers le Conseil constitutionnel, ultime arbitre d?un scrutin dont la l?gitimit? est d?j? contest?e dans plusieurs cercles. Un calme de fa?ade, une peur bien r?elle Depuis quelques jours, un calme pr?caire s?est install?. Mais c?est un calme charg? de peur, de col?re et de r?signation. Les premi?res mobilisations populaires, rapidement contenues par les forces de s?curit?, se sont tues, non pas par apaisement, mais par attente strat?gique.? Les gens attendent juste la proclamation des r?sultats pour sortir ? nouveau. Ce sera le signal ?, confie sous anonymat un enseignant de l?Universit? de Maroua. Les centres urbains du septentrion sont d?sormais plac?s sous haute surveillance polici?re. Les patrouilles se multiplient, les check-points fleurissent ? chaque carrefour strat?gique. ? Un r?gime qui dit ?tre pl?biscit?, mais qui d?ploie l?arm?e partout, vit dans la peur de son propre peuple ?, ironise un jeune militant de Garoua. L?appel ? la rue de Tchiroma : la tension monte d?un cran Dans ce climat ?lectrique, une nouvelle ?tincelle vient raviver les inqui?tudes. Le candidat Issa Tchiroma Bakary, arriv? en t?te dans plusieurs bureaux de vote du septentrion selon des compilations locales, a appel? ses militants ? une marche pacifique nationale ce dimanche 26 octobre. Objectif d?clar? : ? d?noncer la volont? du r?gime de s?approprier la victoire du peuple ?. L?annonce, largement relay?e sur les r?seaux sociaux et les radios locales, a imm?diatement provoqu? un branle-bas de combat dans les services de s?curit?. Des instructions fermes auraient ?t? donn?es aux gouverneurs et pr?fets pour emp?cher tout rassemblement non autoris?, m?me pacifique. ? Garoua, des camions anti?meutes ont ?t? d?ploy?s pr?s du rond-point de la Pr?sidence r?gionale. ? Maroua, les forces mixtes sont visibles autour du march? central et des grands axes. ? Nous marcherons pacifiquement, car c?est notre droit. Si on nous emp?che, ce sera la preuve que le pouvoir a peur de la v?rit? ?, d?clare Hassan Hamidou, membre du comit? de campagne de Tchiroma joint par t?l?phone. Un pays sous tension : peur, r?serves et paralysie Dans plusieurs foyers, les familles font des stocks de vivres. ? Garoua comme ? Maroua, les march?s ont ?t? pris d?assaut : riz, farine, huile, eau, tout ce qui peut tenir quelques jours sans sortie.Des messages circulent sur les r?seaux : les camionneurs sont appel?s ? suspendre les trajets vers le Tchad et le nord du Cameroun, par peur de blocages ou d??meutes. ? l?Universit? de Garoua, le ministre de l?Enseignement sup?rieur a ordonn? un arr?t de cours de quelques jours, officiellement ? pour apaiser le climat social ?. Officieusement, il s?agit d??viter les regroupements ?tudiants dans une ville o? la grogne enfle. ? Quarante-trois ans, c?est assez ? : la jeunesse gronde Partout, la jeunesse dit son ras-le-bol. ? Quarante-trois ans au pouvoir, et nos vies n?ont pas chang?. Nous sommes encore sans ?lectricit?, sans routes, sans emplois ?, d?nonce Bruno Adamou, jeune de Tokomb?r?, le regard dur.  Son cong?n?re, assis ? c?t?, ajoute : ? Le Pr?sident est venu ? Maroua en 2018 implorer nos voix. Il est rentr? et s?est enferm? pendant sept ans. Il ne peut pas gouverner par procuration depuis Yaound? pendant que nous survivons ici. Ses proches d?cident de tout, pendant que nous, on cr?ve ?. Les frustrations se m?lent ? un sentiment d?abandon. Dans cette r?gion historiquement fid?le au r?gime, le foss? entre le pouvoir et la population n?a jamais sembl? aussi profond. Le Grand Nord au bord du pr?cipice Alors que le Conseil constitutionnel s?appr?te ? proclamer les r?sultats, la question br?le sur toutes les l?vres : le pays est-il pr?t ? affronter la v?rit? des urnes ? Le septentrion, longtemps consid?r? comme un bastion stable, semble ? la crois?e des chemins : entre loyaut? historique et exigence de changement. Un cadre administratif local r?sume la situation avec gravit? : ? ce n?est pas seulement une ?lection. C?est un moment de v?rit? nationale. Soit on ?coute la col?re, soit on la subit ?. Tom.

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