Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

L?opposition ivoirienne face ? la r?pression

Le Front Commun, coalition regroupant le PDCI et le PPA-CI, a tenu une conf?rence de presse, ce mercredi 29 octobre 2025 dans un climat politique de plus en plus tendu. L?objectif principal de cette rencontre ?tait de d?noncer la r?pression grandissante dont sont victimes les deux formations politiques majeures de l?opposition. Les responsables de ces partis ont alert? l?opinion nationale et internationale sur les arrestations arbitraires, les intimidations, les menaces et les restrictions impos?es ? leurs militants et cadres. Selon eux, ces pratiques autoritaires visent ? affaiblir l?opposition et ? pr?parer une nouvelle mascarade ?lectorale, semblable ? celle du 25 octobre dernier. Le Front Commun estime que, si cette pers?cution ne cesse pas, la participation de l?opposition aux prochaines ?lections l?gislatives sera s?rieusement compromise. Mais peut-on parler d??lections l?gislatives tant que des centaines d?Ivoiriens restent d?tenus pour leurs opinions politiques et que la Commission ?lectorale ind?pendante (CEI) demeure inf?od?e au pouvoir en place? L?urgence n?est pas ?lectorale, mais politique et morale Certes, le salaire mensuel d?un d?put? ? 3 millions de francs CFA ? est, dans le contexte ivoirien, une somme consid?rable. Dans un pays o? la majorit? des citoyens peinent ? joindre les deux bouts, o? le ch?mage et la pauvret? gangr?nent les foyers, cette r?mun?ration peut susciter des convoitises et des ambitions. Cependant, la priorit? n?est pas l?. ? notre avis, l?heure n?est pas ? la recherche de si?ges ? l?Assembl?e nationale, mais ? la lib?ration du peuple ivoirien. Des centaines d?Ivoiriens sont encore injustement incarc?r?s pour leurs opinions politiques, pour avoir manifest? ou simplement exprim? leur d?saccord avec le pouvoir. Avant de penser ? briguer un mandat de d?put?, il faut redonner la libert? ? ces prisonniers politiques, symboles de la d?rive autoritaire que conna?t la C?te d?Ivoire. Il faut le dire sans d?tour: Alassane Dramane Ouattara ne peut ?tre consid?r? comme un pr?sident ?lu, car il n?y a pas eu d??lection v?ritable le 25 octobre. Le scrutin, boycott? par une large partie de la population et entach? de fraudes massives, n?a ?t? qu?une parodie de d?mocratie, un simulacre destin? ? l?gitimer un pouvoir d?j? confisqu?. Dans ces conditions, la priorit? pour l?opposition ne doit pas ?tre de participer ? de nouvelles ?lections organis?es par les m?mes institutions discr?dit?es, mais plut?t de rendre le pays ingouvernable par des actions coordonn?es et pacifiques de d?sob?issance civile. Il s?agit de bloquer le syst?me, de paralyser les structures de domination, et d?amener le r?gime ? c?der sous la pression populaire et politique.Pour atteindre cet objectif, une condition est indispensable: l?unit? sinc?re de l?opposition. Les opposants doivent cesser de se regarder en chiens de fa?ence, de se m?fier les uns des autres ou de ressasser les querelles du pass?. Les candidats retenus et les candidats recal?s lors du dernier scrutin doivent se retrouver autour d?une m?me table, dans un sinc?re examen de conscience. Il ne s?agit plus de se reprocher mutuellement les erreurs du pass?, mais de tirer les le?ons de l??chec collectif. La rancune doit ?tre jet?e ? la rivi?re. Le peuple ivoirien, fatigu? des divisions et des trahisons, attend de ses leaders du courage, de la lucidit? et du patriotisme. Une opposition unie, coh?rente et disciplin?e peut encore faire tomber ce r?gime autoritaire. Mais cette chute ne viendra pas d?un miracle. Elle d?pendra de la capacit? des forces d?mocratiques ? s?organiser, ? ?laborer des strat?gies efficaces de mobilisation et ? maintenir la pression constante sur le pouvoir. La d?sob?issance civile, les manifestations pacifiques, le boycott des produits fran?ais et la r?sistance citoyenne sont autant d?armes politiques l?gitimes lorsque toutes les voies institutionnelles ont ?t? confisqu?es. Penser d?j? aux l?gislatives est une faute morale et politique Commencer d?s maintenant ? penser aux prochaines ?lections l?gislatives serait une erreur strat?gique et une faute morale.D?une part, ce serait une incoh?rence totale, puisque la CEI, qui a ?t? d?nonc?e ? juste titre pour sa partialit? et son manque de transparence, n?a pas encore ?t? r?form?e. Comment pr?tendre aller ? de nouvelles ?lections avec les m?mes r?gles du jeu biais?es ? D?autre part, cette attitude reviendrait ? oublier les victimes des violences politiques r?centes: les morts, les bless?s et les prisonniers de la crise pr??lectorale et ?lectorale. Participer ? des l?gislatives dans ces conditions, c?est banaliser la souffrance du peuple ivoirien et fermer les yeux sur l?injustice. C?est aussi donner au pouvoir une l?gitimit? qu?il ne m?rite pas. Le peuple n?est pas dupe. Les Ivoiriens ?taient convaincus que, si tous les opposants s??taient unis derri?re un seul candidat, ils auraient vot? massivement pour lui. Ce r?ve d?unit?, une fois encore, a ?t? bris? par les ambitions personnelles, les calculs partisans et les ego d?mesur?s. Le r?sultat, nous le voyons aujourd?hui: un r?gime confort? dans sa domination, une opposition affaiblie et un peuple d?sillusionn?. L?heure de la responsabilit? et du courage Il est temps, plus que jamais, que les leaders de l?opposition mettent l?int?r?t g?n?ral au-dessus de leurs ambitions personnelles.La C?te d?Ivoire traverse une p?riode sombre, o? les institutions sont captur?es, la justice instrumentalis?e et les libert?s restreintes. Dans ce contexte, chaque d?cision politique doit ?tre guid?e non par le calcul ?lectoral, mais par la recherche du bien commun. L?opposition doit se rappeler qu?elle incarne l?esp?rance du peuple, et qu?? ce titre, elle n?a pas le droit de trahir cette confiance. Les Ivoiriens n?attendent pas des promesses, mais des actes concrets: une v?ritable alliance, une parole claire, et un plan de lutte coh?rent pour mettre fin ? la dictature politique et ?conomique qui asphyxie le pays. L?histoire ne pardonnera pas aux dirigeants qui, par ?go?sme ou par faiblesse, auront laiss? passer l?occasion de redonner ? la C?te d?Ivoire sa dignit? et sa souverainet?. Le temps des demi-mesures est r?volu. Le pays ne pourra rena?tre que si ses enfants les plus courageux osent dire non ? la peur, non ? la r?signation, et oui ? la r?sistance. Pour une opposition ? la hauteur de l?histoire La conf?rence de presse du Front Commun est le signe d?un tournant possible, le point de d?part d?une prise de

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R?gulation du secteur informel: le Cameroun ? la recherche de la bonne formule

? l?occasion de la 47? session du comit? de concertation et de suivi du dialogue social, le gouvernement a r?affirm? son ambition de domestiquer l’?conomie de la d?brouille. Le secteur informel demeure un pilier de l??conomie camerounaise, mais sa r?gulation continue de poser un redoutable d?fi. R?unis le 28 octobre 2025 au minist?re du Travail et de la S?curit? sociale, les participants ? la 47? session du comit? de concertation et de suivi du dialogue social ont longuement d?battu des solutions pour mieux encadrer cette vaste sph?re d?activit?. La rencontre, pr?sid?e par le ministre Gr?goire Owona, a r?uni des repr?sentants syndicaux, des acteurs ?conomiques et plusieurs responsables administratifs. Le ministre a salu? la tenue de ces assises, estimant qu?elles constituent ? un moment cl? pour renforcer la coh?sion sociale et accompagner la transformation ?conomique ?. Il a reconnu que, malgr? des efforts constants, ? le secteur informel reste difficile ? appr?hender dans toute sa complexit? ?. Celui-ci, rappelle-t-il, contribue massivement ? la cr?ation d?emplois et de revenus, mais ?chappe encore en grande partie aux m?canismes de r?gulation, de fiscalisation et de protection sociale. Selon les donn?es officielles, pr?s de 86,6 % de la population active camerounaise exerce une activit? informelle. Le revenu mensuel moyen y est estim? ? 83 409 F CFA, un montant bien inf?rieur ? celui du secteur structur?. Ce poids consid?rable fait de l?informel un maillon essentiel de la survie ?conomique du pays, mais aussi une zone d?ombre pour la planification nationale. L?un des objectifs de la r?union ?tait donc de d?finir de nouvelles strat?gies pour encourager la transition vers le secteur formel. Les discussions ont port? sur la simplification des proc?dures administratives, la r?duction des co?ts li?s ? l?immatriculation et la mise en place d?incitations fiscales. Les autorit?s entendent ?galement renforcer la sensibilisation et l?acc?s ? l?information afin d?aider les petits entrepreneurs ? mieux structurer leurs activit?s. Le minist?re du Travail mise sur les leviers de la Strat?gie Nationale de D?veloppement 2020-2030 (SND30), qui ambitionne de favoriser une croissance inclusive en int?grant les travailleurs informels dans le tissu ?conomique officiel. Ce plan met en avant la formation professionnelle, l?accompagnement technique et l?am?lioration des conditions de travail comme outils prioritaires. Mais sur le terrain, les obstacles demeurent nombreux : lourdeur administrative, m?fiance envers l??tat, complexit? des d?marches, manque d?acc?s au cr?dit et faible culture comptable. ? Beaucoup d?op?rateurs informels redoutent les charges fiscales et pr?f?rent rester dans la clandestinit? ?, confie un repr?sentant syndical. Le Bureau international du travail (BIT) d?finit l??conomie informelle comme un ensemble d?unit?s de production ? faible niveau d?organisation, fonctionnant avec des ressources limit?es et produisant des biens ou services destin?s au march? local. Ce secteur, vital pour des millions de familles, reste pourtant en marge des politiques publiques. En cl?turant les travaux, Gr?goire Owona a appel? ? ? une approche plus pragmatique et inclusive ? pour acc?l?rer la formalisation. Selon lui, l??tat doit offrir davantage d?accompagnement et de garanties sociales aux acteurs de l?informel, sans les brusquer. Une position qui traduit la volont? du gouvernement de conjuguer r?alisme ?conomique et coh?sion sociale. Pour le Cameroun, la r?gulation du secteur informel appara?t d?sormais comme un passage oblig? vers la modernisation de son ?conomie. Mais entre la volont? politique et la r?alit? quotidienne des petits producteurs, artisans et vendeurs ambulants, la route reste longue. Jean Ren? Meva’a Amougou

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Bio-express: Maurice Simo Djom, l’intellectuel qui d?range les r?cits sur l?Afrique

Docteur en litt?rature compar?e de l?Universit? de Yaound? I (2015), Maurice Simo Djom s?impose comme l?une des figures intellectuelles les plus atypiques du continent. Chercheur ind?pendant, il revendique une approche transdisciplinaire et h?t?rodoxe qui croise g?opolitique, ?conomie, culture et strat?gie mondiale. En 2019, il publie La guerre ?conomique, ouvrage fondateur o? il ?labore une th?orie en cinq piliers pour d?crypter les rapports de domination contemporains. En 2020, avec Les r?seaux sociaux, il invite les Africains ? s?approprier les outils num?riques pour en faire des leviers d?autonomie et de cr?ativit?, plut?t que des instruments d?ali?nation. Mais c?est avec L??tat de l?Afrique 2024 qu?il op?re un v?ritable tournant. Dans cet essai dense et visionnaire, il propose une ? perspective africaine de l?Afrique et du monde ?, offrant une lecture g?opolitique in?dite du continent dans un contexte mondial en recomposition. L?ouvrage analyse les grands ?v?nements de 2023 et anticipe les tendances ?mergentes d?un monde multipolaire o? l?Afrique devient un acteur central. Avec L??tat de l?Afrique 2025, Maurice Simo Djom confirme son ambition de b?tir une tradition intellectuelle panafricaine : rendre la r?alit? africaine ? intelligente ?, lisible et f?conde pour l?action. Son ?uvre s?affirme comme un plaidoyer pour une souverainet? intellectuelle africaine, condition premi?re d?une v?ritable ind?pendance politique. ? travers sa pens?e, Simo Djom incarne une Afrique qui se regarde enfin par elle-m?me et se pense comme puissance d?avenir. Tom.

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Des contraintes ? surmonter

Malgr? son potentiel, l?Afrique centrale doit faire face ? plusieurs obstacles. L?Afrique centrale se trouve aujourd?hui ? un carrefour strat?gique. Si la sous-r?gion b?n?ficie d?un potentiel ?conomique consid?rable, marqu? par la richesse de ses ressources naturelles et la vitalit? de sa jeunesse, elle demeure confront?e ? des d?fis structurels majeurs. L?int?gration ?conomique reste incompl?te, les march?s sont fragment?s et la d?pendance aux mati?res premi?res limite la diversification. La gouvernance, souvent lente, freine l?innovation, tandis que les infrastructures et l?acc?s au financement demeurent insuffisants. Face ? ce constat, la question se pose : continuer ? subir ces contraintes ou transformer ces atouts en moteur de d?veloppement continental ? Propositions Pour le professeur Emmanuel Ngom, ?conomiste ? l?Universit? de Yaound?, ? l?Afrique centrale doit imp?rativement renforcer la coop?ration r?gionale. L?int?gration ?conomique n?est pas une option, mais une n?cessit?. Nos march?s fragment?s ne permettent pas de r?aliser des ?conomies d??chelle, et cela freine la comp?titivit? de nos entreprises. ? Selon lui, la mise en place d?un cadre r?glementaire harmonis? et d?institutions r?gionales plus efficaces pourrait stimuler l?investissement et cr?er un environnement plus attractif pour les entrepreneurs. Au-del? des institutions, la question de la jeunesse est centrale. ? Nos jeunes repr?sentent une force d?mographique et cr?ative consid?rable. Il faut leur offrir des opportunit?s concr?tes, notamment dans le secteur des technologies et de l?innovation, pour qu?ils deviennent des acteurs du changement et non des spectateurs ?, estime Aline Mvondo, sp?cialiste camerounaise en d?veloppement durable et entrepreneuriat. Elle ajoute que l?acc?s ? la formation et au financement des start-ups est un levier essentiel pour lib?rer le potentiel de cette g?n?ration. Les infrastructures constituent un autre point critique. Routes, ?nergie, t?l?communications et logistique demeurent des obstacles au commerce intra-r?gional et ? l?industrialisation. Pour Joseph Tchameni, expert en politiques publiques ? Douala, ? il ne suffit pas d?avoir des ressources. Il faut des infrastructures robustes et un cadre institutionnel transparent pour que ces ressources se transforment en v?ritable moteur de d?veloppement. L?investissement dans les infrastructures doit devenir une priorit? r?gionale. ? Enfin, la diversification ?conomique appara?t comme une urgence. Trop d?pendante des mati?res premi?res, l?Afrique centrale reste vuln?rable aux fluctuations des march?s mondiaux. Le d?veloppement de secteurs ? forte valeur ajout?e, tels que l?agro-industrie, les technologies num?riques et les services, est indispensable. ? La sous-r?gion a toutes les cartes en main, mais il faut une vision partag?e et des strat?gies concr?tes pour passer de la d?pendance ? la r?silience ?conomique ?, conclut le professeur Ngom. JRMA

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Hilaire Massoma Ma Mbia: ?le premier frein, c?est l?int?gration r?gionale encore incompl?te??

? la veille de la troisi?me ?dition de la Semaine de l?Afrique des solutions, qui se tiendra du 24 au 25 novembre ? Paris, Hilaire Massoma Ma Mbia, expert financier camerounais, ?voque les d?fis et les ambitions de l?Afrique centrale dans la construction d?un continent plus souverain et cr?atif. Rencontre avec un strat?ge convaincu que l?heure de la responsabilit? africaine a sonn?. Vous serez l?un des principaux intervenants ? la Semaine de l?Afrique des solutions. Que repr?sente cet ?v?nement pour vous et pour l’Afrique centrale ?  Cet ?v?nement est bien plus qu?un forum : c?est une plateforme d?expression pour une Afrique centrale qui ne veut plus ?tre d?finie par ses manques, mais par ses solutions. Le Congo y portera un message clair : notre r?gion, l?Afrique centrale, a les ressources, les talents et la cr?ativit? n?cessaires pour contribuer pleinement ? la transformation du continent. Nous venons ? Paris non pas pour qu?mander, mais pour partager ce que nous faisons, ce que nous inventons, ce que nous r?vons de b?tir. Vous parlez souvent d? ? Afrique des solutions ?. Concr?tement, que signifie ce concept dans le contexte de l?Afrique centrale ?  C?est une philosophie avant d??tre une strat?gie. L?Afrique des solutions, c?est l?id?e que nous devons cesser de regarder nos d?fis comme des fatalit?s. L?Afrique centrale, par exemple, poss?de une biodiversit? exceptionnelle, un potentiel ?nerg?tique unique, une jeunesse cr?ative. Pourtant, nos ?conomies restent trop d?pendantes des mati?res premi?res et des cycles mondiaux. La vraie solution, c?est de transformer localement, d?investir dans la recherche, la formation, la technologie. Nous devons passer de la rente ? la production, de l?imitation ? l?invention. Quels sont, selon vous, les principaux freins ? cette ambition r?gionale ? Le premier frein, c?est l?int?gration r?gionale encore incompl?te. Nos march?s sont fragment?s, nos politiques parfois contradictoires. La CEMAC a fait des progr?s, mais nous devons aller plus loin dans la mutualisation des ressources et la circulation des talents. Le second obstacle, c?est la gouvernance ?conomique. Nous avons besoin de transparence, de continuit? et d?institutions capables de soutenir l?innovation sans la bureaucratiser. Enfin, il y a une contrainte culturelle : nous doutons encore de nous-m?mes. Tant que l?Afrique centrale ne croira pas profond?ment en sa propre intelligence collective, elle ne pourra pas devenir un moteur continental.  Votre parcours personnel illustre justement cette passerelle entre l?exp?rience internationale et l?action publique. Comment mettez-vous cette exp?rience au service du Cameroun ? J?ai eu la chance de travailler pour des institutions comme la Banque mondiale, BNP Paris ou le groupe Thal?s. J?y ai appris la rigueur, la planification strat?gique et la gestion de la complexit?. Aujourd?hui, mon r?le est de traduire ces savoirs en politiques concr?tes. Cela passe par la modernisation du secteur financier, la cr?ation de cadres favorables ? l?investissement et le renforcement de la planification nationale. Mon objectif est simple : faire du Cameroun un laboratoire de solutions africaines. Le th?me de cette ?dition est ? S?unir pour l?Afrique des solutions ?. Pensez-vous que l?Afrique centrale soit pr?te ? cette union ? L?union n?est pas une option, c?est une urgence. Les grands d?fis (climat, num?rique, industrialisation) d?passent les fronti?res nationales. Aucun pays d?Afrique centrale ne peut les relever seul. Nous devons repenser notre mod?le de coop?ration r?gionale, avec des projets transfrontaliers concrets : infrastructures communes, corridors logistiques, universit?s r?gionales d?excellence. Le potentiel est l?, les intentions aussi. Ce qui manque parfois, c?est la discipline collective. Nous devons apprendre ? construire ensemble, sans comp?tition inutile. L?Afrique des solutions sera collective ou ne sera pas. Vous insistez souvent sur le r?le de la jeunesse. En quoi la jeunesse d?Afrique centrale peut-elle ?tre un levier de transformation ? C?est le c?ur battant de notre avenir. Nous avons une population jeune, connect?e, entreprenante. Dans tous les pays de la sous-r?gion, des jeunes inventent des outils num?riques, des applications agricoles, des mod?les d??conomie circulaire. Mais ces talents se heurtent ? des obstacles : manque d?acc?s au financement, faiblesse de l?accompagnement, inertie administrative. Il faut leur ouvrir la voie. L??tat doit devenir un facilitateur et non un frein. J?aime dire que la jeunesse n?est pas une cat?gorie sociale, c?est une force politique et ?conomique. C?est elle qui portera la v?ritable r?volution africaine. Tr?s souvent, vous ?voquez la n?cessit? d?un ? r?veil identitaire ?. Comment la culture peut-elle contribuer ? cette Afrique des solutions ?  La culture est une ?nergie. Elle donne sens ? nos actions, elle nourrit la confiance collective. Trop souvent, on r?duit la culture ? l?art ou ? la tradition, mais c?est aussi un moteur ?conomique. Nos musiques, nos langues, nos savoir-faire artisanaux, notre art culinaire : tout cela peut g?n?rer des emplois, du tourisme, des industries cr?atives. Mais surtout, la culture nous r?concilie avec notre valeur. L?Afrique centrale a trop longtemps int?rioris? l?id?e de retard. Il faut d?sormais affirmer notre singularit? comme une force. Lumineuse est un appel ? cette reconqu?te symbolique : retrouver la fiert? d??tre Africain, pour pouvoir construire sans complexe. Les pays de la sous- r?gion font face ? des d?fis ?conomiques et sociaux profonds. Comment concilier ces urgences avec la vision long terme que vous d?fendez ? C?est une tension r?elle. Il faut r?pondre ? l?urgence tout en pr?parant l?avenir. Mais je crois qu?il n?y a pas d?opposition entre le court terme et la vision. La vision, c?est ce qui donne du sens aux r?formes imm?diates. Quand nous investissons dans la digitalisation des services publics, dans la formation des jeunes ou la diversification de notre ?conomie, nous r?glons des probl?mes d?aujourd?hui tout en construisant le futur. Le vrai danger, c?est la gestion au jour le jour. Le d?veloppement durable, c?est avant tout une discipline de continuit?.  Vous ?voquez souvent la ? responsabilit? africaine ?. Est-ce une r?ponse ? la d?pendance ext?rieure persistante du continent ?  Absolument. Nous devons passer d?une logique d?assistance ? une logique de partenariat. L?Afrique ne peut plus ?tre un r?ceptacle d?aides ou de mod?les import?s. Nous devons d?finir nos priorit?s, n?gocier nos int?r?ts et cr?er nos propres normes. Cela ne veut pas dire se refermer, au contraire. Il faut coop?rer, mais en ?tant ma?tres du

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? l?assaut des solutions: l?Afrique centrale entre potentiel et d?fis

En d?barquant ? Paris, la sous-r?gion veut d?montrer qu?elle n?est pas seulement une r?gion riche en ressources naturelles, mais un foyer d?innovation et de cr?ativit?. En novembre prochain, Paris sera le th??tre d?une vitrine in?dite pour l?Afrique centrale. La sous-r?gion entend d?montrer qu?elle n?est pas seulement un r?servoir de ressources naturelles, mais ?galement un foyer d?innovation et de cr?ativit?. Une ambition qui s?inscrit dans une dynamique de repositionnement strat?gique sur la sc?ne mondiale, alors que les enjeux de d?veloppement et de transformation ?conomique deviennent de plus en plus pressants. Atouts ??L?Afrique centrale poss?de un capital humain remarquable et des savoir-faire locaux qui, s?ils sont soutenus, peuvent g?n?rer des solutions adapt?es aux d?fis du continent??, explique le Dr. Th?odore Mbella, ?conomiste et consultant en d?veloppement r?gional. Selon lui, la r?ussite de cette initiative d?pendra autant de la mobilisation des ressources que de la capacit? ? structurer un ?cosyst?me d?innovation efficace. La sous-r?gion se distingue par la diversit? de ses potentialit?s. Du Bassin du Congo, riche en biodiversit?, aux ressources mini?res abondantes, chaque pays dispose d?atouts uniques. Toutefois, ces atouts sont encore souvent sous-exploit?s, en raison de contraintes logistiques, d?infrastructures insuffisantes et de cadres r?glementaires parfois inadapt?s. Le d?fi pour l?Afrique centrale consiste donc ? transformer ce potentiel en solutions concr?tes, capables de stimuler la croissance et de renforcer la r?silience des soci?t?s. Pour y parvenir, les initiatives locales commencent ? se multiplier. Start-ups technologiques, coop?ratives agricoles innovantes et programmes de recherche appliqu?e se d?veloppent dans plusieurs pays de la sous-r?gion. ??Nous observons une dynamique tr?s encourageante, notamment au Cameroun et en R?publique centrafricaine, o? de jeunes entrepreneurs r?inventent la mani?re de produire, de transporter et de consommer??, souligne Marie-Claire Atangana, experte en entrepreneuriat et innovation. Elle insiste sur la n?cessit? d?accompagner ces initiatives par des politiques publiques incitatives et des financements adapt?s. L?expertise locale est un autre levier crucial. Les universit?s et centres de recherche africains jouent un r?le central dans la g?n?ration de solutions adapt?es aux r?alit?s du terrain. Le Pr. ?ric Nlend, chercheur en sciences environnementales ? Yaound?, rappelle que ??la valeur de nos initiatives r?side dans leur pertinence contextuelle?: il ne s?agit pas de copier des mod?les ?trangers, mais de cr?er des solutions qui r?pondent aux besoins sp?cifiques de nos populations??. Paris constituera donc une tribune strat?gique pour mettre en lumi?re ces r?ussites et sensibiliser partenaires internationaux et investisseurs. Les discussions porteront sur la coop?ration scientifique, le financement de l?innovation et le renforcement des capacit?s locales. Mais au-del? de la vitrine m?diatique, l?enjeu est r?el?: construire un mod?le de d?veloppement africain centr? sur la cr?ativit?, l?expertise et la r?silience, capable de r?pondre aux d?fis sociaux, ?conomiques et environnementaux du XXI? si?cle. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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L?Afrique des solutions, ou le temps de la maturit? continentale

? l?heure o? l?Afrique s?interroge sur son avenir ?conomique et politique, la ? Semaine de l?Afrique des solutions ?, dont la troisi?me ?dition s?ouvre du 24 au 25 novembre ? Paris, s?impose comme un symbole fort : celui d?un continent qui ne veut plus ?tre observ?, mais entendu.? L?Afrique centrale y portera un message clair : elle dispose des ressources, du g?nie et de la volont? n?cessaire pour b?tir ses propres r?ponses aux d?fis contemporains. Cette initiative mondiale, enti?rement d?di?e ? la valorisation des innovations africaines, rompt avec le discours fataliste qui a longtemps enferm? le continent dans le r?le de victime du d?sordre mondial. En pr?nant l?action concr?te, l?inventivit? et la solidarit? panafricaine, elle affirme une v?rit? simple : l?Afrique n?a pas besoin qu?on la sauve, mais qu?on la laisse inventer ses solutions. Le th?me choisi pour la Semaine de cette ann?e, ? S?unir pour l?Afrique des solutions ?, r?sonne comme un appel ? l?action collective. Il ne s?agit plus de d?noncer, mais de construire ; plus de subir, mais de coop?rer. Dans un contexte international marqu? par la mont?e des crises et le repli des nations, cette volont? d?unit? porte un souffle d?esp?rance. L?Afrique, longtemps fragment?e par des fronti?res h?rit?es, d?couvre peu ? peu la puissance du collectif, celle des r?seaux d?acteurs, de la diaspora, des jeunes innovateurs, des entrepreneurs sociaux et des femmes leaders. Car l?Afrique des solutions n?est pas une utopie : c?est un mouvement en marche. Ses laboratoires se trouvent dans les start-ups de Kinshasa, les fermes intelligentes du Rwanda, les plateformes num?riques d?Abidjan, les projets d??nergie verte du Sahel. Ce continent, souvent d?crit ? travers ses crises, r?v?le aujourd?hui la vitalit? de ses talents. La route est encore longue. La transformation du potentiel en solutions tangibles exigera engagement politique, coordination r?gionale et mobilisation de tous les acteurs. Mais l?Afrique centrale semble d?termin?e ? ?crire une nouvelle page de son histoire, o? innovation et d?veloppement durable convergent pour offrir un avenir plus prosp?re ? ses populations.

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Cemac : cap sur un ciel plus s?r et mieux financ?

Les ministres des Transports de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (Cemac) ont adopt?, le 17 octobre ? Brazzaville, le budget 2026 et le plan d?action de l?Agence de supervision de la s?curit? a?rienne en Afrique centrale (Assa-Ac). Cette 7? session ordinaire du Comit? des ministres marque une ?tape d?cisive dans la mise en ?uvre du financement r?gional de la s?curit? a?rienne, gr?ce ? la Redevance de s?curit? a?rienne r?gionale (RSAR). Pr?lev?e sur chaque billet d?avion, la RSAR s?impose d?sormais comme le principal levier financier de l?Assa-Ac. D?j? op?rationnelle dans cinq pays sur six, cette redevance permet de garantir un financement p?renne des activit?s de supervision et de renforcer la conformit? de la r?gion aux normes internationales de l?Organisation de l?aviation civile internationale (OACI). Les ministres ont salu? sa g?n?ralisation progressive et appel? ? la signature rapide du contrat de recouvrement avec l?Association internationale du transport a?rien (IATA), gage de transparence et d?efficacit?. Selon les projections, la RSAR pourrait assurer jusqu?? 80 % du budget de fonctionnement de l?agence d?ici 2027, r?duisant la d?pendance vis-?-vis des contributions nationales. Les recettes attendues avoisineraient 12 millions d?euros par an, sous l?effet d?une reprise soutenue du trafic a?rien en Afrique centrale. Vers une gouvernance plus performante La consolidation financi?re de l?Assa-Ac ouvre la voie ? une s?rie de r?formes structurelles : modernisation du syst?me d?information, cr?ation d?un portail r?gional de donn?es a?ronautiques et harmonisation des proc?dures de supervision. Pour Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, ministre congolaise des Transports et nouvelle pr?sidente du Comit? des ministres, ? l?objectif est de b?tir une aviation plus s?re et plus int?gr?e, au service de la comp?titivit? r?gionale ?. Les ?tats membres entendent renforcer la coop?ration technique, mutualiser les audits et instaurer un cadre commun de certification pour am?liorer la cr?dibilit? du ciel d?Afrique centrale. Un ? pacte de responsabilit? ? entre pays est en pr?paration afin de garantir la discipline r?glementaire et d??viter tout retard dans la mise en ?uvre des r?formes. Une ambition commune : la certification OACI ? l?horizon 2028, la Cemac vise la certification OACI de cat?gorie 1, symbole d?une supervision a?rienne conforme aux standards mondiaux. Pour y parvenir, les six pays misent sur la synergie, la rigueur et une gouvernance ax?e sur les r?sultats. En confirmant la RSAR comme outil central de financement, la Cemac affirme sa volont? de b?tir un espace a?rien s?r, attractif et durable ? v?ritable moteur de mobilit?, de commerce et de croissance inclusive pour toute l?Afrique centrale. Bobo Ousmanou

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Afrique centrale : la CEEAC appelle ? relever les d?fis humanitaires

La crise humanitaire en Afrique centrale atteint des proportions alarmantes. Selon les derniers rapports, plus de 10,8 millions de personnes dans la sous-r?gion sont aujourd?hui confront?es ? des besoins vitaux urgents. Famine, d?placements massifs, conflits et catastrophes naturelles combin?s aggravent la vuln?rabilit? des populations, mettant ? l??preuve les capacit?s des ?tats et des organisations humanitaires. Face ? cette situation, la Communaut? ?conomique des ?tats de l?Afrique Centrale (CEEAC) a lanc? un appel solennel ? la mobilisation collective. Lors d?une r?cente r?union ? Libreville, les ministres des affaires humanitaires des pays membres ont soulign? la n?cessit? d?une approche coordonn?e, capable de renforcer l?assistance aux populations affect?es et de pr?venir l?aggravation des crises. ? Il est imp?ratif de conjuguer nos efforts pour apporter une r?ponse rapide et efficace ?, a insist? la CEEAC. Les experts pointent que les d?fis humanitaires en Afrique centrale sont exacerb?s par la fragilit? des infrastructures, la pauvret? end?mique et la persistance de conflits locaux. Selon eux, les strat?gies doivent combiner soutien alimentaire, acc?s ? l?eau potable, protection des d?plac?s et renforcement des syst?mes de sant?. L?implication des organisations internationales et de la soci?t? civile est ?galement jug?e cruciale pour garantir une couverture maximale et durable. Dans ce contexte, plusieurs pays de la sous-r?gion ont d?j? commenc? ? d?ployer des initiatives locales, tandis que les partenaires internationaux ont promis un soutien accru. Toutefois, la CEEAC insiste sur la n?cessit? de transformer ces interventions ponctuelles en politiques r?gionales p?rennes. L?objectif : limiter les souffrances imm?diates tout en posant les bases d?une r?silience durable face aux crises futures. L?Afrique centrale se trouve ainsi ? un tournant : la r?ponse collective ? cette crise humanitaire pourrait non seulement sauver des vies mais aussi renforcer la coop?ration r?gionale face aux d?fis communs. R?my Biniou

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D?veloppement en Afrique centrale?: la BDEAC renforce ses alliances ? Washington

En marge des Assembl?es annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds mon?taire international (FMI), le pr?sident de la Banque de D?veloppement des ?tats de l?Afrique Centrale (BDEAC), Dieudonn? Evou Mekou, a multipli? les rencontres avec les dirigeants d?institutions r?gionales et de partenaires techniques et financiers. Objectif : consolider la coop?ration internationale pour stimuler la croissance et l?int?gration ?conomique en Afrique centrale. Moment fort de cette mission, un entretien strat?gique a r?uni Evou Mekou et Sidi Ould Tah, pr?sident du Groupe de la Banque Africaine de D?veloppement (BAD). Les ?changes ont port? sur les perspectives de cofinancement des infrastructures r?gionales, le soutien au secteur priv? et la promotion de la r?silience ?conomique dans la sous-r?gion. Les deux dirigeants ont exprim? leur volont? commune de renforcer les synergies entre la BDEAC et la BAD afin de mobiliser davantage de ressources pour financer des projets structurants ? fort impact social et ?conomique. Cette convergence d?actions traduit une vision partag?e : b?tir une Afrique centrale plus int?gr?e et inclusive, capable de relever les d?fis du d?veloppement durable. Pour la BDEAC, cette dynamique s?inscrit dans la mise en ?uvre de son Plan strat?gique Azob?, qui vise ? moderniser les ?conomies de la CEMAC ? travers la diversification, l?investissement productif et la transformation r?gionale. En marge de ces ?changes, le pr?sident de la BDEAC s?est ?galement entretenu avec le directeur g?n?ral du Fonds Africain de Garantie (FAGACE), Dr Ngueto Tiraina Yambaye, ainsi qu?avec plusieurs responsables d?organisations de financement du d?veloppement. Ces discussions ont permis d?explorer de nouveaux axes de partenariat pour renforcer les m?canismes de garantie, soutenir les petites et moyennes entreprises et am?liorer l?acc?s au financement dans la sous-r?gion. ? travers cette s?rie de rencontres ? Washington, la BDEAC confirme son r?le de catalyseur du d?veloppement r?gional et son engagement ? promouvoir une coop?ration financi?re innovante et efficace. Fid?le ? sa vocation d?institution au service du progr?s collectif, la Banque entend poursuivre ses efforts pour faire de l?Afrique centrale un espace de stabilit?, de croissance et de prosp?rit? partag?e. Ongoung Zong Bella

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