Nom de l’auteur/autrice :Nina Prisca MEKAM

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Crise post-?lectorale: l’inflation pr?sidentielle voit le jour

Avant et apr?s la publication des r?sultats de l’?lection pr?sidentielle, l’on observe une hausse des prix dans plusieurs secteurs d’activit?s. Mama Nga est surprise ce mercredi 28 octobre 2025 lorsque le motos-taximan lui dit qu’elle payera 150 FCFA au lieu de 100 FCFA pour une distance allant de la chapelle Meyo ? borne 10 Odza. Na?t alors une dispute entre les personnes qui attendent les motos et le jeune conducteur, ? donc vous attendez les situations pareilles pour gagner l’argent sur le dos des pauvres camerounais ?, lui dit dame Nga. Elle est rejointe par une autre inconnue qui se rend au travail dans le centre-ville de la capitale, ? c’est le vol ! Vous augment? les prix pourquoi ? Est-ce qu’il y a une crise ? ?, interroge la dame. Le moto-taximan est rejoint tr?s rapidement par deux de ces coll?gues. Sans chercher ? entrer dans l’invective, ils expliquent le pourquoi de cette hausse, ? on refuse de nous vendre le carburant. Quand on r?ussit ? l’avoir c’est maximum 1,5 l qu’on te donne. Il faut n?gocier avec les m?caniciens. Ceux-ci nous prennent de l’argent parce qu’ils courent des risques ?, explique un conducteur d’engins ? deux roues. Il faut noter que ces derniers ont des v?hicules avec des r?servoirs de fortune. Ce sont des bidons plastique de 5l qu’ils adaptent. Ils sont facilement d?montables et le transfert pour les motos devient facile. Cette explication ne convainc pas les clients. Ils veulent payer le transport comme ? l’accoutum?e. Les transporteurs campent sur leurs positions, ? nous vous disons comment on obtient le carburant vous ne comprenez pas. Mieux on rentre ? la maison ?, insiste un conducteur. Voyant la d?termination des motos-taximen ces personnes se retrouvent dans l’obligation de payer 150 FCFA pour emprunter les motos. Cette hausse des prix subite est ?galement observ? dans le secteur agroalimentaire. ? Ekoumdoum, Jeanne qui vient acheter un seau de haricot d?commande. Le vendeur a ajout? 1 000 FCFA au lieu de 4 800 FCFA, il demande 5 800 FCFA. Elle parcourt au moins 4 boutiques, mais elle trouve que les prix ont augment?. Mais il y a une diff?rence dans cette augmentation, ? les ?lections vont finir j’esp?re que les prix vont aussi baisser. Je vais chez Takam il a carr?ment ajout? 1 000 FCFA, ici au march? il y a 500 et 600 FCFA de plus. Quand on va dire au client que le haricot est cher il ne va pas comprendre ?, d?plore la vendeuse de ? pain haricot ? du c?t? de Nguem ( Ekoumdoum). Pour ouvrir discr?tement sa boutique, M. Tagne un boutiquier de Toutouli, quartier recul? du sud de la capitale pr?f?re s’arranger avec ses clients. Ils doivent faire un effort de plus parce que les prix seront l?g?rement augment?s, ? si vous insistez que j’ouvre, vous allez ajouter quelques chose ?, pr?vient le boutiquier. Les ?ufs, le riz ou encore l’huile v?g?tale, le poisson pour ne citer que ceux-l? gagnent en valeurs. Le flacon l’huile v?g?tale passe de 100 FCFA ? 125 FCFA. C’est ?galement le m?me sort pour le verre de riz. Cette situation ne d?range pas les clients, ? nous n’avons pas de choix, c’est plut?t une bonne chance pour nous. Je ne peux pas prendre le risque de me rendre au petit march? d’Odza ?, estime un chef de famille cette matin?e du 29 octobre. Le petit d?jeuner qui se prend habituellement avec du pain se fera avec du ? riz saut? ?. Andr? Gromyko Balla

LES CHRONIQUES DE JEAN CLAUDE DJ?K?R?

Mener le vrai combat

En France, comme aux ?tats-Unis, j?ai eu l?occasion de prier dans une ?glise ?vang?lique, m?thodiste ou baptiste. Et la chose qui m?a le plus frapp?, c?est que j?y ai rencontr? des hommes et femmes de toutes langues, cultures et nations: Asiatiques, Africains, Europ?ens, Am?ricains. ? partir de cette exp?rience, je me suis dit que l??glise ?vang?lique et les autres ?glises chr?tiennes sont catholiques car le mot grec ?katholic?s? signifie ?universel?. Je me suis ensuite dit que toutes les ?glises qui se r?clament du Christ sont ?vang?liques puisque l??vangile y est proclam?, qu?elles sont baptistes puisque le bapt?me y est pratiqu?, qu?elles sont m?thodistes puisqu?elles utilisent diff?rentes m?thodes pour accomplir la m?me mission ?vang?lisatrice. Ces communaut?s ne devraient donc pas se combattre sur des d?tails et futilit?s (par exemple, pratiquer le bapt?me par aspersion ou par immersion), ni chercher ? faire du d?bauchage (?quitte ton ?glise et viens chez nous?). Le vrai combat qui leur incombe est comment ?tre ?la lumi?re du monde et le sel de la terre?, comment impacter le monde dans lequel elles vivent. Elles devraient se demander pourquoi des groupes moins nombreux (Francs-ma?ons, Rosicruciens ou Illuminati) dirigent le monde, imposent leur agenda ? tout le monde. Le fait d??tre peu audibles sur les grands d?fis devrait plus inqui?ter les chr?tiens que pourquoi certains prient assis ou en langues. Les chr?tiens africains ne devraient-ils pas songer ? se mettre ensemble pour mener des actions qui lib?rent l?homme africain de l?ignorance, de la mis?re, de l?injustice et de l?oppression? Jean-Claude Dj?r?k?

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? cause des troubles sociaux ?: Douala ?touffe sous l’inflation

Dans les surfaces commerciales, les prix ne cessent de grimper comme des li?vres ?chapp?s d?un champ. ? Douala, les r?cents troubles sociaux ont laiss? derri?re eux une empreinte douloureuse : l?inflation. Elle bat son plein et la vie quotidienne ressemble d?sormais ? un v?ritable marathon pour le portefeuille. Dans les march?s et les boutiques de la capitale ?conomique, les consommateurs observent, bouche b?e, les ?tiquettes s?emballer ? chaque ?tal. Certains se tournent vers le march? noir pour d?nicher des prix plus abordables, tandis que d?autres r?duisent leurs achats ? l?essentiel. Les habitudes changent : le poisson fum? du dimanche se fait rare, le manioc du mercredi l?huile et m?me le simple sachet de sel se n?gocient ? prix d?or. Les l?gumes frais deviennent des tr?sors ? savourer avec parcimonie. M?me les repas familiaux semblent d?sormais dict?s par la loi du portefeuille plut?t que par l?app?tit. Quelques citoyens font preuve d?une cr?ativit? h?ro?que. Roland, chauffeur de moto, confie avoir r?duit son petit-d?jeuner ? un seul beignet. ? J?appelle ?a mon r?gime gouvernemental ?, plaisante-t-il. L?humour devient un bouclier contre la peur du lendemain. Mais derri?re les sourires forc?s, la tension est r?elle : les revenus stagnent, les loyers flambent, et la peur d?une p?nurie g?n?rale s?installe.Dans les quartiers populaires, la d?brouille prend des allures de sport national. On partage le gaz, on cuisine ? plusieurs, on troque le savon contre des tomates. ? Ici, on n?a pas encore invent? la monnaie de la patience, sinon on serait tous riches ?, ironise Clarisse, m?re de trois enfants.Dans cette ville qui ne dort jamais, les klaxons ont perdu de leur arrogance. M?me les motos-taxis roulent plus lentement, comme pour m?nager le peu d?essence encore abordable. ce climat de gravit?, certains Doualais gardent un sens de l?humour aiguis?. ? On dit qu?il faut rire pour ne pas pleurer, mais ? ce rythme, il va falloir rire tout en faisant attention ? la facture ?, plaisante une m?re de famille en calculant le prix de ses courses. Cette r?silience teint?e de malice est peut-?tre l?un des rares rem?des capables de traverser l?orage ?conomique. Du c?t? des commer?ants, le constat est tout aussi alarmant. Plusieurs boutiques ont baiss? leurs rideaux, non pas pour une sieste bien m?rit?e, mais par crainte de pertes et de vols. ? On ne sait plus si l?on vend ou si l?on br?le notre argent ?, soupire un marchand de quartier, l?air mi-amus?, mi-d?sesp?r?. La peur plane, et les transactions se font d?sormais dans un m?lange de prudence extr?me et de calculs dignes de financiers chevronn?s. Aujourd?hui, c?est pour la survie ?, l?che Mado, vendeuse de riz au march? Mboppi, en ajustant son foulard. Autour d?elle, plusieurs stands sont rest?s ferm?s. ? Les gens ont peur. Entre les vols, les taxes et la col?re dans les rues, beaucoup pr?f?rent attendre que ?a passe ?. Probl?me : ?a ne passe pas. Les prix continuent de grimper comme s?ils ignoraient la gravit? terrestre. Pour les ?conomistes, la situation est pr?occupante. Elle est tout sauf anodine. ? L?inflation actuelle est le sympt?me d?une ?conomie sous tension politique ?, analyse le chercheur Blaise Nguegang. ? L?inflation ? Douala n?est pas seulement un chiffre sur un graphique : elle a un impact direct sur la stabilit? sociale et le moral des m?nages ?, explique-t-il en expert pince-sans-rire mais s?rieux dans son analyse. Selon lui, si la tendance se maintient, la ville pourrait conna?tre une r?traction ?conomique importante, aggravant encore les in?galit?s et la tension sociale.Selon Blaise Nguegang, la combinaison de la peur, de la sp?culation et des troubles sociaux cr?e une spirale difficile ? casser. Les autorit?s, elles, multiplient les appels au calme et promettent des mesures de stabilisation. En attendant, les Doualais s?adaptent ou plut?t, ils improvisent. Et malgr? tout, la vie continue : les rires d?enfants r?sonnent encore dans les ruelles, les vendeuses de plantains continuent de n?gocier, et les radios locales commentent avec un humour amer la ? danse des prix ?.Douala se trouve donc ? la crois?e des chemins : entre la flamb?e des prix et la fermeture progressive des commerces, la ville vit un ?pisode difficile, o? la survie quotidienne devient un acte de strat?gie. Mais au milieu de ce tumulte, les habitants continuent de sourire, parfois jaune, parfois forc?, mais toujours avec la d?termination de ne pas se laisser ?craser par les chiffres. L?inflation peut bien grimper, Douala, elle, continue de marcher? et de se battre. Bobo Ousmanou

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Violences bas?es sur le genre: un caf? pour r?veiller les consciences

A Yaound?, le 28 octobre 2025, le Minist?re de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) et des partenaires internationaux ont anim? un espace de dialogue et de r?flexion autour d?un fl?au. Les chiffres pr?sent?s lors des ?changes sont alarmants : selon l?Enqu?te d?mographique et de sant? (EDS) de 2018, 39 % des femmes ont subi des violences physiques depuis l??ge de 15 ans, 13 % ont ?t? victimes de violences sexuelles, et 22 % ont endur? des violences psychologiques. En 2025, une cinquantaine de f?minicides av?r?s ont d?j? ?t? recens?s. Ces r?alit?s rappellent que la lutte contre les VBG reste un d?fi majeur, n?cessitant la mobilisation de tous : institutions, communaut?s et leaders religieux. Comme quoi, le caf? th?matique de ce 28 octobre 2025 d?passe la simple discussion. Il s?inscrit dans un effort national plus large pour pr?venir, combattre et prendre en charge les violences bas?es sur le genre, tout en impliquant activement la soci?t? camerounaise. Une initiative qui invite chacun ? devenir acteur de changement face ? un fl?au encore trop silencieux. ? Ce caf? est un lieu d??changes o? chacun peut partager id?es, exp?riences et informations sur les VBG ?, a d?clar? Mme Abena Ondoa n?e Obama Marie Th?r?se, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille. Elle a soulign? que l?initiative permet ?galement de cr?er un r?seau de soutien entre participants, qu?ils soient professionnels, b?n?voles ou citoyens sensibilis?s ? la probl?matique. Actions Selon la MINPROFF, le Gouvernement a engag? plusieurs actions concr?tes. Parmi elles : l??laboration du rapport d?analyse situationnelle des VBG au Cameroun (2025), le renforcement du cadre juridique avec la loi 2016/007 portant code p?nal, et la mise en ?uvre de la Strat?gie nationale de lutte contre les VBG (2022-2026). Cette strat?gie pr?voit la cr?ation de plateformes r?gionales, le renforcement des capacit?s des acteurs de la cha?ne d?intervention (magistrats, gendarmes, policiers, travailleurs sociaux, m?decins), ainsi que l?installation de structures d?di?es telles que centres d?accueil, espaces s?rs et bureaux de soutien dans commissariats et brigades. Parall?lement, le MINPROFF m?ne des campagnes de sensibilisation et promeut la masculinit? positive afin de transformer durablement les mentalit?s. Un avant-projet de loi sur les violences faites aux femmes et aux filles est ?galement en cours, consolidant la protection juridique des victimes. Cette rencontre s?inscrit dans la logique d?acc?l?ration et d?alignement avec les priorit?s nationales en mati?re de protection des femmes et des filles. Les r?solutions adopt?es ? l?issue du caf? seront int?gr?es au projet Spotlight, lanc? pour la premi?re fois en 2017 par le Secr?taire g?n?ral des Nations Unies avec le soutien de l?Union europ?enne. Jean-Ren? Meva?a Amougou

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Proclamation des r?sultats: le Conseil Constitutionnel plonge Bonas dans la tristesse

Le 27 octobre, il est midi, le Conseil Constitutionnel vient de proclamer les r?sultats de l??lection pr?sidentielle du 12 octobre. Paul Biya sort vainqueur de cette course pour la magistrature supr?me. Subitement, un calme de fa?ade et une col?re diffuse gagnent Bonas, la bourgade estudiantine de l?universit? de Ngoa-Ek?l?. Un calme trop lourd pour ?tre honn?te Sous le vernis du calme, un sentiment de r?signation traverse Bonas : ? Sept ans encore? ?, soupire Franky, ancien ?tudiant en Psychologie reconverti vendeur de beignets au Carrefour Condom. ? Sept ans ? supporter, ? subir les injustices quotidiennes, ? voir nos petits fr?res sans avenir. Ils se r?jouissent de leur victoire, mais c?est une victoire contre nous ?. Partout, la m?me plainte revient, ? mi-chemin entre la lassitude et la rage. Ce scrutin, cens? ouvrir un nouveau cycle politique, a laiss? derri?re lui une impression d??touffement. La ?victoire? du pouvoir ne s?est pas traduite par la paix sociale : elle a creus? le foss? entre ceux qui gouvernent et ceux qui subissent. Continuit? dans le d?sespoir ? Nous croyions voir le bout du tunnel au terme de cette ?lection. Mais h?las ! ?, s?indigne Ornella, tenanci?re d?un salon de coiffure. ? Apr?s mon dipl?me de Master en Biologie animale, c?est la rue qui m?a accueilli. Ce sont les m?mes qui contr?lent les circuits de l?insertion professionnelle dans ce pays. Tu n?as personne, tu n?es rien. Voil? o? j?en suis. Je fais partie de ceux qu?on qualifie de g?n?ration sacrifi?e. Je me bats pour joindre les deux bouts. J?ai bien cru que ce serait la fin du calvaire pour nos petites s?urs. Mais h?las, nos bourreaux sont encore l? ?. Au carrefour du CRADAT, Eug?ne, tenancier d?un call-box, chef d?une famille de trois enfants avec qui il partage une chambre, ne cache plus sa d?sillusion. ? Nous croyions que cette fois ce serait la derni?re ?lection vol?e. Mais h?las? C?est reparti pour sept ans. Et personne n??coute notre fatigue ?. Et pourtant ce d?sespoir s?exprime dans les gestes du quotidien : la m?fiance envers les m?dias officiels, la peur des uniformes, la lassitude d?une jeunesse sans horizon. Dans cet ?cosyst?me o? bestioles, rats et populations cohabitent, une paix de surface s?est impos?e, mais elle ressemble davantage ? une tr?ve forc?e qu?? une stabilit? durable. Un pays suspendu entre deux avenirs La sc?ne politique camerounaise entre dans une zone d?incertitude totale. Soit le pouvoir comprend que son salut passe par une descente du tr?ne, un geste fort pour redonner confiance et dignit? ? ses citoyens ; soit il s?enferme dans la verticalit? autoritaire qui a fait son temps. Les prochains mois diront si le Cameroun choisit la lucidit? ou la fuite en avant. Mais une chose est s?re : le calme actuel n?est pas la paix. C?est le silence avant la temp?te. Tom.

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Tensions post – ?lectorales: la rue s?embrase et Yaound? s?enferme dans la peur

Les institutions ?lectorales proclament la continuit?, mais le peuple choisit la d?fiance. Yaound?, la capitale, vit dans la psychose depuis une nuit de panique, o? des citoyens ont couru sans savoir pourquoi. Une capitale sous cloche Le Cameroun vit des heures d?incertitude. Deux semaines apr?s le scrutin pr?sidentiel du 12 octobre, pr?sent? comme un ?acte de renouveau d?mocratique?, le pays semble plus divis? que jamais. ? Yaound?, la tension est palpable. Les commerces sont ferm?s, les ?coles d?sert?es, et les habitants se barricadent chez eux, craignant une flamb?e de violence. Dans la soir?e du 28 octobre, plusieurs quartiers populaires de la capitale, Mokolo, M?len, Essos, Ekounou, Awae Escalier, ont ?t? le th??tre de sc?nes de panique. Des habitants affol?s couraient dans tous les sens, fuyant un danger invisible. ? Je vois des gens courir dans tous les sens. Je demande ce qu?il se passe et j?entends : ?Ils sont d?j? l? !? Je demande : ?Ils, ce sont qui ?? Un autre me r?pond : ?Mon fr?re, ne cherche pas ? comprendre, cours seulement.? Et je me suis mis ? courir sans savoir pourquoi ?, t?moigne Michael, un jeune homme rencontr? ? Ekounou, encore tremblant. Une rumeur, une peur, un peuple sur le fil Ce simple mot, ?ils?, a suffi ? d?clencher une panique collective. Selon plusieurs t?moins, des rumeurs de descentes des hommes arm?s de machettes susceptibles de d?clencher des affrontements avec les forces de l?ordre circulaient depuis l?apr?s-midi. En quelques minutes, la psychose s?est propag?e de bouche ? oreille, amplifi?e par les r?seaux sociaux. ? Personne ne savait ce qui se passait, mais tout le monde a eu peur ?, explique Nono T., commer?ante au march? d?Ekounou. ? On vit dans un climat o? un cri suffit pour tout faire basculer ?. Le ministre de l?Administration territoriale a fait une d?claration officielle sur les incidents-?lectoraux ayant occasionn? des arrestations et la mort de plusieurs camerounais. Il a tent? de ?rassurer les populations? et de d?noncer ?une campagne de d?sinformation orchestr?e par des forces hostiles ? la R?publique?. Pour lui, le candidat Issa Tchiroma Bakary, d?clar? deuxi?me de cette ?lection par le conseil constitutionnel est responsable de ce d?rapage. Il soutient qu?il r?pondra de ces faits devant les juridictions comp?tentes. Une fuite en avant qui verse de l?huile sur le feu. L?impatience du peuple ? Yaound?, les institutions continuent d?afficher une s?r?nit? de fa?ade. Le Conseil constitutionnel a valid? les r?sultats sans r?serve. Le gouvernement promet ? une nouvelle ?re de stabilit? et de coh?sion nationale ?. Mais sur le terrain, cette ? stabilit? ? ressemble de plus en plus ? un repli. Les rues se vident, les march?s se taisent, et les conversations s??teignent d?s qu?apparaissent le mot ? manifestation ?. ? Ce qui se passe ? Yaound?, c?est la peur organis?e ?, estime un diplomate africain en poste dans la capitale, sous couvert d?anonymat. ? Les gens ne croient plus ni aux urnes, ni aux promesses. Ils attendent juste le prochain choc ?. Le Cameroun au bord du gouffre Le contraste est saisissant : d?un c?t?, un pouvoir convaincu d?avoir referm? un cycle ; de l?autre, un peuple qui pense qu?il ne fait que commencer. La rue, longtemps silencieuse, semble redevenir l?espace politique par excellence : celui de la contestation, de la survie, du cri. ? Quand les urnes ferment les portes du changement, la rue les enfonce ?, confie Sonia, une militante associative rencontr?e ? Essos. ? Aujourd?hui, on ne manifeste plus pour voter. On manifeste pour exister ?. Une paix fragile, un avenir incertain La capitale reste sous tension. Les habitants scrutent leurs t?l?phones, les commer?ants attendent des jours meilleurs, et les enfants, eux, restent ? la maison. L??tat promet le retour au calme. Mais dans les quartiers populaires de Yaound?, un mot revient dans toutes les conversations : ? jusqu?? quand ? ?. Tom

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TCI : cap sur le paiement forc?

Le Comit? inter-?tats de l?Union ?conomique de l?Afrique centrale (UEAC) s?est r?uni ? Brazzaville les 27 et 28 octobre 2025 pour peaufiner le projet de budget 2026 de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC). Au c?ur des discussions, la Taxe communautaire d?int?gration (TCI), pierre angulaire du financement communautaire, continue de diviser entre promesses d?efficacit? et r?alit?s budg?taires.Selon le rapport pr?par? ? cette occasion, le taux de recouvrement de la TCI s??tablit ? 50,67 % ? fin octobre 2025. Autrement dit, la moiti? seulement des sommes attendues ont ?t? revers?es ? la CEMAC. Une situation d?autant plus pr?occupante que les recettes issues de la TCI et du Fonds de d?veloppement communautaire (FODEC) affichent une baisse en valeur absolue par rapport ? 2025. Interrog? le 28 octobre sur T?l? Congo, le pr?sident du Comit? inter-?tats, ?ric Mbende, a reconnu la gravit? du probl?me tout en affichant une volont? d?action : ? Nous avons recommand? ? la Commission de faire le tour des pays d?abord pour proc?der aux recouvrements, et aider les ?tats ? mettre en ?uvre le m?canisme de versement de la TCI. ?Ce plan de terrain, in?dit ? ce niveau, traduit la lassitude d?une institution qui voit s??roder ann?e apr?s ann?e la discipline financi?re des ?tats membres. D?j?, en septembre 2025, lors du Conseil des ministres tenu ? Bangui, l?UEAC avait adopt? de nouvelles ? mesures de recouvrement et de gestion ? cens?es corriger les ? distorsions introduites dans le m?canisme de liquidation et de recouvrement ?. Mais la TCI tra?ne un lourd pass?. En 2018, son taux de recouvrement ne d?passait pas 15 %. Trois ans plus tard, en mai 2021, il stagnait ? 17,55 %. Et en mars 2022, les arri?r?s atteignaient 28,5 milliards de FCFA. Autant dire que le mal est profond, enracin? dans des pratiques nationales o? les urgences budg?taires locales prennent souvent le pas sur la solidarit? communautaire. Pour rappel, la TCI est une taxe d?affectation sp?ciale institu?e par la CEMAC pour financer le processus d?int?gration r?gionale. Elle s?applique aux importations de produits en provenance des pays tiers (hors zone CEMAC ) mises ? la consommation dans les ?tats membres, ? un taux fix? ? 1 % de la valeur CAF (co?t, assurance, fret). En th?orie, les montants collect?s devraient alimenter directement le budget de la CEMAC.En pratique, les transferts tardent ou s?interrompent. Les administrations douani?res, parfois d?faillantes, invoquent des lenteurs techniques, tandis que d?autres ?tats ?voquent des contraintes de tr?sorerie. R?sultat : les programmes communautaires ( libre circulation, convergence macro?conomique, financement des institutions r?gionales ) sont souvent sous-financ?s, voire report?s.Pour les observateurs, cette fragilit? budg?taire illustre la difficult? chronique de la CEMAC ? passer des intentions aux actes. ? Tant que la Communaut? d?pendra de la bonne volont? des ?tats, elle restera un projet plus qu?une r?alit? ?conomique ?, analyse Victor Lokomba. Selon cet ?conomiste congolais, approch? par T?l? Congo, l’appel d??ric Mbende ? une tourn?e r?gionale sonne donc comme une tentative de relancer la dynamique. Reste ? savoir si la volont? politique suivra. Car une int?gration financ?e ? moiti? ne saurait produire qu?une union ? moiti? solide. Jean Ren? Meva’a Amougou

MATINS DE L'INTEGRATION, Reportage

CRADEC/NORME ITIE: QUAND L?OPACIT? NOURRIT DES INEGALIT?S

La machine du secteur extractif au Cameroun est en marche. Et depuis 2005, o? le Cameroun s’est engag? au rang des pays membres de l’ITIE, il devient de plus en plus difficile d’obtenir une corr?lation positive entre la norme exig?e et les r?sultats r?els sur le terrain. Allant du format utilis? pour publier les donn?es de ce secteur, au fond m?me de celles-ci, l’opacit? laisse ? comprendre un r?el manque de volont? d’exploitation publique et d’inaccessibilit? aux informations fournies, limitant les exigences 7.2 que repr?sente la norme ITIE. Dans cette ?dition, d?couvrez tous les d?tails cl?s sur l’impact concret engendr? par cette situation, sur Radio Int?gration, avec Nina Prisca MEKAM et Josu? NABRAL ? la technique.

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Biya Paul r??lu?: des visages absents sur la photo de la victoire

La c?r?monie de proclamation des r?sultats de l??lection pr?sidentielle camerounaise de 2025 a ?t? marqu?e par une absence remarqu?e : celle du chef de d?l?gation de l?Union europ?enne au Cameroun, des ambassadeurs de Suisse, du Canada, du Royaume-Uni et des ?tats-Unis. Ces absences, loin d??tre fortuites, suscitent interrogations et sp?culations dans les milieux diplomatiques et politiques. Selon plusieurs sources diplomatiques, les repr?sentants occidentaux ont choisi de ne pas assister ? l??v?nement en raison de pr?occupations sur la transparence du processus ?lectoral et les violences post-?lectorales. Une source proche de l?ambassade am?ricaine, sous couvert d?anonymat, a indiqu? : ? Nous avons des pr?occupations s?rieuses concernant l?int?grit? du processus ?lectoral et la r?pression des manifestations pacifiques ?. Cette absence coordonn?e s?inscrit dans un contexte plus large de scepticisme international ? l??gard des ?lections camerounaises. Des organisations de la soci?t? civile et des observateurs internationaux ont ?galement exprim? des r?serves sur la transparence et l??quit? du scrutin. Une source diplomatique europ?enne a rappel? : ? La communaut? internationale attend du Cameroun qu?il respecte les normes d?mocratiques et les droits de l?homme. ? Pour le gouvernement camerounais, la l?gitimit? du scrutin ne fait aucun doute, mais l?attitude des ambassadeurs occidentaux r?v?le un malaise diplomatique et une tension croissante sur le respect des principes d?mocratiques. ? L?absence de ces ambassadeurs constitue une forme de protestation silencieuse contre ce qu?ils per?oivent comme des irr?gularit?s et une r?pression des voix dissidentes. Elle souligne ?galement la distance grandissante entre le Cameroun et une partie de la communaut? internationale, qui observe d?sormais de pr?s la gouvernance d?mocratique et le respect des droits fondamentaux dans le pays ?, explique Daniel Nkomba, internationaliste. Jean Ren? Meva’a Amougou

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Jamais scrutin n?a ?t? autant scrut?

Jamais scrutin n?a ?t? autant scrut? au Cameroun. Des collines du Nord aux collines de Yaound?, des Grassfields aux for?ts de l?Est, des smartphones aux salons enfum?s, chacun y est all? de sa loupe et de son soup?on. On a compt?, recompt?, tweet?, pri?, cri?. Mais au bout du compte, ce 27 octobre 2025, c?est le Conseil constitutionnel qui a eu le dernier mot. ? Le candidat Biya Paul est donc proclam? pr?sident ?lu de la R?publique, ayant obtenu la majorit? des suffrages exprim?s ?, a d?clar? Cl?ment Atangana, pr?sident du Conseil constitutionnel. Selon l?institution, Paul Biya a obtenu 53,66 % des voix contre Issa Tchiroma Bakary, qui a obtenu 35,19 % des suffrages. Cabral Libii a recueilli 3,41 % des voix, Bello Bouba Ma?gari 2,45 %, Toma?no Ndam Njoya 1,66 % et Joshua Osih 1,21 %. Les autres candidats (Caxton Ateki Seta, Jacques Bougha-Hagbe, Samuel Iyodi Hiram, Pierre Kwemo, Serge Espoir Matomba, Akere Muna) ne sont pas parvenus ? franchir la barre des 1 % de suffrages obtenus. Le Cameroun a donc vot?. Ou plut?t, il a assist?, une fois encore, ? la grande liturgie ?lectorale : affiches rutilantes, meetings clairsem?s, bulletins timides, puis cette longue attente o? l?on guette le miracle d?une alternance que personne n?ose plus vraiment esp?rer. Et quand le verdict tombe, c?est comme une ritournelle qu?on conna?t trop bien. Paul Biya, encore et toujours, gagne. Mieux encore : il triomphe l? m?me o? il n?est pas entendu, dans cette partie anglophone meurtrie o? les voix du canon couvrent celles des urnes. Miracle ou ironie de l?histoire, le peuple a parl? ? ou on a parl? pour lui. Les observateurs internationaux, eux, notent la s?r?nit? du scrutin avec la componction des diplomates bien ?lev?s. La paix, disent-ils, est sauve. Le peuple, disent-ils, a choisi la stabilit?. Mais derri?re ces mots polis, chacun lit l?autre v?rit? : celle d?un pays fig? dans un pr?sent ?ternel, o? la d?mocratie se conjugue au futur ind?fini. On y c?l?bre la victoire du m?me homme depuis quatre d?cennies, avec la m?me ferveur officielle et la m?me lassitude populaire. ? force de scruter le scrutin, on en oublie le scrutin lui-m?me. Pourtant, quelque chose a chang?, imperceptiblement. Ce n?est plus seulement la jeunesse qui s?interroge, c?est le pays entier qui soupire. Les blagues de taxi sur ? l??ternel recommencement ? ne font plus rire qu?? moiti?. M?me les plus fid?les des fid?les savent que l?histoire, un jour, demandera des comptes. Mais pas aujourd?hui. Aujourd?hui, on applaudit, on proclame, on remercie Dieu et le chef, en attendant que la poussi?re retombe. Car au Cameroun, l??lection n?est pas un acte de rupture, c?est un rituel d?endurance. Elle mesure moins la volont? du peuple que sa capacit? ? patienter. Chaque bulletin d?pos? dans l?urne est un soupir pli? en quatre, chaque proclamation un po?me d?immobilit?. Et pendant que les chiffres d?filent sur les ?crans, la vie continue, obstin?e : le taxi-moto klaxonne, la vendeuse de beignets sourit, et le fonctionnaire ajuste sa cravate pour la photo souvenir. Jamais scrutin n?a ?t? autant scrut??Et pourtant, jamais le pays n?a sembl? si immobile. C?est peut-?tre l? le plus grand paradoxe du Cameroun : un peuple ?veill? dans un syst?me assoupi. Le spectacle ?lectoral s?ach?ve, les acteurs saluent, les projecteurs s??teignent. Mais la pi?ce, elle, ne change pas. Elle recommence. Et pendant que les commentateurs s??puisent ? d?battre du score, la vraie question demeure : combien de temps encore le Cameroun pourrait-il danser sur place sans perdre le rythme ? Jean-Ren? Meva’a Amougou

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