Le pr?sident sortant du Conseil pour le suivi des recommandations du Nouveau Sommet Afrique-France met en perspective les r?sultats obtenus au cours de sa mandature par rapport aux objectifs.
Vous avez proc?d? ? la passation de t?moin ? la nouvelle ?quipe dirigeante du Conseil pour le suivi des recommandations du Nouveau Sommet Afrique-France. Pouvez-vous nous parler de l?instance que vous avez dirig?e pendant deux ans?
Le Conseil est une plateforme d??change, de plaidoyer, de participation qui rassemble 80 acteurs engag?s et qui aujourd?hui repr?sentent un ?cosyst?me de pr?s de 400 000 personnes sur le continent et aussi en Europe et qui a pu, ? travers un certain nombre d?actions, d?initiatives, de programmes, ?uvrer ? recentrer les relations entre le Cameroun et la France, l?Afrique et l?Europe dans un certain nombre de d?fis communs; parce que pour construire une coop?ration ?quilibr?e, nous avons eu la conviction qu?il fallait d?j? engager, au-del? des d?cideurs fran?ais et camerounais la jeune soci?t? civile fran?aise dans ce changement de paradigmes. Nous avons men? diff?rentes initiatives. Je pense notamment au Projet Actions citoyennes qui vise ? encourager la r?flexion et l?action autour des questions de participation citoyenne au Cameroun et en France. Le projet de la soci?t? civile au c?ur de la transition ?cologique qui visait ? former, sensibiliser et accompagner les acteurs de la soci?t? civile. Bien d?autres projets ont permis au Conseil de mener ? bien ces deux missions qui consistent ? susciter l?int?r?t pour l?Afrique et l?Europe de reconstruire une nouvelle relation; parce que l?enjeu est simple. L?Afrique doit r?inventer le monde.
Le Conseil de suivi des recommandations du nouveau sommet Afrique-France a pour vocation le suivi des 13 r?solutions pris ? Montpellier en 2021. Se rapproche-t-on de cet objectif?
Je pense qu?en deux ans, nous avons r?ussi d?j? ? mobiliser les jeunesses fran?aises et europ?ennes mais aussi camerounaises et les d?cideurs publics camerounais dans cette entreprise de refondation de nos relations. Je crois aussi que nous avons r?ussi ? montrer que la coop?ration ne peut marcher que si on sort de la logique de l?assistanat et de la main tendue et que nous nous devons nous concentrer sur les d?fis communs qui permettent de construire une relation ?quilibr?e. Et ?a c?est fait par exemple par l?accent mis sur les enjeux de transition ?cologique; et de participation citoyenne parce qu?aujourd?hui on le voit, il y a eu des ?lections partout en Europe et il y?en aura bient?t au Cameroun. La question de la participation des jeunes est une question centrale. Comment est-ce que nous pouvons ?uvrer pour davantage encourager la participation des citoyens? Donc nous travaillons sur un ensemble de d?fis communs que nous avons plac? au centre. Notamment sur la question du volontariat, nous avons contribu? ? la signature en 2022 d?un partenariat entre France volontaire et le minist?re de l?Education civique pour promouvoir le volontariat des jeunes; parce qu?il n?y a pas de participation sans sentiment d?appartenance, sans patriotisme, sans volont? de servir l?int?r?t g?n?ral. Donc je pense que ce conseil ? travers ses exp?rimentations, mais aussi ses plaidoyers autour des questions de m?moires et d?innovations vertes a pu apporter une modeste contribution ? la refondation des recommandations. Il y a encore beaucoup qui reste ? faire. Le chemin est encore long mais je crois que la premi?re chose c?est d?y croire, la deuxi?me chose c?est de convaincre davantage et puis ensuite, il faudra avoir un impact syst?mique dans nos actions.
On parle l? de reconstruire les relations entre la France et le Cameroun, l?Europe et l?Afrique, suivant un nouveau mod?le; mais la jeunesse peut-elle r?ussir l? o? les d?cideurs n?ont pas eu de r?sultats?
Je crois que ce qui ?tait important c??tait de dire que dans le monde qui se reconstruit aujourd?hui, la soci?t? civile sera un acteur d?cisif aux c?t?s des d?cideurs publics et je crois que c?est ?a le sens de l?engagement du Conseil pour le suivi des recommandations du Nouveau Sommet Afrique-France; en particulier quand il s?agit du Cameroun, de l?Afrique, cette soci?t? civile est d?abord jeune parce que la jeunesse repr?sente 60% de la population. Le d?fi est donc de montrer que la jeunesse et la soci?t? civile peuvent apporter leur voix sur des questions sensibles et importantes comme celle de la diplomatie. Et une fois qu?on a dit ?a, je pense que lorsqu?on voit aujourd?hui les actions qui ont pu ?tre men?es par le Conseil, qui rassemble de jeunes acteurs de la soci?t? civile, on peut penser que oui c?est possible de changer la donne; c?est possible d?inverser la tendance, d?apporter une contribution ? la transformation de notre pays. Aujourd?hui gr?ce au Conseil pour le d?veloppement des m?moires, nous avons les pr?mices d?un Institut Afrique-Europe pour l?innovation verte. Nous avons un engagement qui aujourd?hui est r?ciproque pour des questions de volontariat. Nous avons un ensemble d?initiatives qui est men? sur le terrain pour permettre de refonder ces relations.
Dans ses activit?s, comment est-ce que le Conseil encadre la perception des jeunes, vers qui est dirig? le regard fran?ais et europ?en, de ce projet qui est mis en ?uvre?
Je pense que notre jeunesse aujourd?hui se questionne mais elle a n?anmoins une volont? ferme qui est celle de ne pas ?tre un simple spectateur mais d??tre un acteur de son destin. Je crois donc qu?une initiative comme celle-l?, m?me si elle a pu susciter au d?part des pr?occupations, des inqui?tudes, aujourd?hui est per?ue comme un levier pour permettre aux soci?t?s civiles, ? la jeunesse de se former, d?apprendre de nouvelles m?thodes de collaboration, de se rassembler et de se connecter; Parce que derri?re ce sont des communaut?s d?int?r?ts, des synergies d?acteurs, des nouveaux projets qui naissent entre les acteurs des soci?t?s civiles fran?aises, camerounaises, africaines et europ?ennes. Et qui permet aussi ? ces soci?t?s civiles de voir comment elles peuvent davantage influer. Je crois que ce Conseil est per?u comme un outil d?exp?rimentation, un laboratoire qui peut permettre ? la jeunesse d?exp?rimenter une nouvelle fa?on de collaborer et de r?ver ? une nouvelle Afrique et ? un monde nouveau.
Interview men?e par
Louise Nsana