Le CEFODEP, le REDHAC et Lignes d’Horizon ont lanc? ce 31 octobre ? Yaound? une formation des journalistes dans le cadre de la protection de l’espace civique dans les 11 pays de la Communaut? ?conomique des Etats de l?Afrique centrale.

La capitale camerounaise voit na?tre un embryon sous r?gional en mati?re de protection de la libert? de la presse. Cette initiative est li?e ? la situation politique sous-r?gionale. Avec la recrudescence des conflits pluriels, ?notamment Boko Haram, les changements de r?gime par des coups d’Etat, la remise en cause de l’ordre constitutionnel avec des coups d’?tat constitutionnels. Les cas du Gabon et du Tchad?, ass?ne Hilaire Kamga, co-organisateur de l’atelier. Tous ces ?l?ments constituent les mesures de r?duction de l’espace civique. Et tous les experts pr?sents, y compris les universitaires, s’accordent ? dire que l’espace civique, est un champ dans lequel s’expriment les libert?s. Il s?agit de doter les journalistes, adjuvant de la d?mocratie, d’instruments juridiques permettant de garantir la libert? d’expression, non seulement ? eux-m?mes mais ?galement aux peuples de la sous-r?gion.
Pour r?aliser le r?ve de voir les journalistes jouer leurs r?les d’acteurs v?ritable de la soci?t? civile, les esth?tes du droit de la communication argumentent. Un choc d’id?es entre les d?fenseurs de la profession de journaliste d’une part et les d?fenseurs des pouvoirs publics d’autre part. Cinq prises de paroles parmi les plus ?loquentes ?difient l?auditoire. Parmi les th?mes abord?s, il y a ?le CNC et la R?gulation des M?dias au Cameroun?. Dans son expos?, Joseph Chebonkeng Kalabubse, le patron de la r?gulation des m?dias au Cameroun, demande aux journalistes de consid?rer le CNC comme un parapluie et non comme un gendarme?.
Cette d?claration du pr?sident du CNC trouve une opposition farouche du Pr Albert Mbida. L’enseignant de droit ? la communication intervient dans le th?me du ?r?gulateur des m?dias au Cameroun, organe politique ou organe ind?pendant?? Il d?nonce le cynisme des r?gulateurs. Selon l’universitaire, les m?dias au Cameroun ont une chape de plomb sur leurs t?tes, parce que r?gul?s non seulement par deux entit?s politiques: le minist?re de l?Administration Territoriale (MINAT) et le minist?re de la communication (MINCOM). ?Le ministre de la Communication est porte-parole du gouvernement, c’est ? dire charg? de la d?fense du gouvernement. Le MINCOM est loin d’offrir les garanties d’ind?pendance pour la r?gularisation m?diatique?. Mais avec un autre r?gulateur externe ? la profession, ?les pouvoirs publics ont r?ussi la cr?ation d’une autorit? administrative externe qu’ils appellent le Conseil National de la Communication (CNC). Simple organe consultatif au d?part, il est devenu par le d?cret du 23 janvier 2012 un organe de r?gulation?. Pour Albert Mbida, le CNC n’est pas ind?pendant, parce que ses membres sont nomm?s par un d?cret. Il est rejoint par le Pr Francis Amp?re Simo. A l?en croire, les autorit?s politiques mettent beaucoup de pression sur les acteurs de ce m?tier au Cameroun. ?Le CNC est plus une autorit? juridique qu’une autorit? administrative.
Valentin Sim?on Zinga, l’un des organisateurs de l’atelier, intervient dans le d?bat pour parler du ?Journalisme ? l’?preuve des pressions politiques: contraintes et menaces pour la d?mocratie?. Il axe son point sur la responsabilit? des journalistes dans l’espace civique. Il emprunte l’expression des s?miologues qui voient le journaliste comme un adjuvant de la d?mocratie. Parce qu’il est l’aiguillon de la d?mocratie au sein d’une soci?t?. Pour mener ? bien sa mission, il demande aux journalistes de respecter l’ensemble des r?gles ?thiques et d?ontologiques de la profession.
Pour Hilaire Kamga, la prochaine ?tape consiste ? mettre sur pied le bureau du r?seau de journalistes sur la protection de l’espace civique. Il agira au Cameroun, au Tchad au Congo, au Gabon, en RDC en RCA, en Guin?e ?quatoriale, en Angola, au Burundi et au Rwanda, Sao Tom? et principe.
Andr? Gromyko Balla