Aujourd’hui, l’Église catholique célèbre la mémoire de saint Ignace de Loyola, Basque espagnol et fondateur de la Compagnie de Jésus, plus connue sous le nom de congrégation des jésuites.
En ce jour, je ressens le besoin de rendre grâce pour tout ce que cette congrégation a apporté à ma vie. Ce que je suis devenu, ma formation intellectuelle et spirituelle, ma manière de réfléchir, ainsi que ma vision de l’Église et de sa mission dans le monde, je le dois en grande partie aux jésuites.

Grâce à eux, j’ai découvert la richesse de l’universalité de l’Église. La Compagnie de Jésus m’a offert la possibilité de voyager et de séjourner dans de nombreux pays d’Afrique et d’Europe: le Cameroun, le Bénin, le Togo, le Sénégal, le Ghana, le Zaïre, le Congo-Brazzaville, la Zambie, le Zimbabwe, la Centrafrique, le Tchad, le Burkina Faso, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, l’Éthiopie, le Rwanda, le Burundi, mais aussi l’Italie, la Suisse, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, la Hollande, la Belgique et l’Espagne. Cette ouverture au monde a profondément marqué mon existence et élargi mon horizon.
J’ai également eu le privilège de rencontrer des hommes d’exception, passionnés par l’Afrique et son avenir, tels que les Pères Meinrad Hebga, Engelbert Mveng et Boka di Mpasi Londi. Je garde aussi une profonde admiration pour le jésuite burkinabè Martin Birba, qui s’est courageusement battu en 1983 pour que les jeunes jésuites que nous étions puissent poursuivre des études universitaires après le noviciat. Ce combat lui valut bien des difficultés, mais il ne renonça jamais à ses convictions. Quant à Joseph Compaoré, c’est en découvrant mes billets publiés en 1982-83 dans « Jeune Afrique » qu’il me conseilla de persévérer dans l’écriture. Son soutien et sa confiance furent pour moi une source de motivation. Quelle joie de les retrouver, l’un et l’autre, le 19 juillet dernier, dans la communauté jésuite de Gounghin, toujours aussi simples et pleins d’humour !
Ma reconnaissance va également à Jean Ilboudo, sans le soutien duquel je n’aurais jamais pu publier mon mémoire de théologie politique consacré à l’engagement politique du clergé catholique en Afrique noire. Ce travail avait été dirigé par le jésuite allemand Philipp Schmitz, qui m’encouragea à le transformer en livre.
Je n’oublie pas non plus feu Matungulu Otene, assistant du Père général pour l’Afrique et Madagascar et ancien provincial d’Afrique centrale. Il m’associa aux démarches visant à construire le théologat jésuite francophone d’Abidjan.
Mon séjour à Rome m’a permis d’écrire dans la prestigieuse revue italienne « La Civiltà Cattolica », dirigée à une époque par le célèbre jésuite italien Bartolomeo Sorge.
Bien que je ne l’aie jamais rencontré, j’ai toujours admiré le père Pedro Arrupe pour son audace, sa vision prophétique et son engagement inlassable en faveur de la justice.
En France, je me suis nourri de la pensée de Jean-Yves Calvez, Henri Madelin, Paul Valadier, Bernard Sesbouë, Joseph Moingt, André Manaranche et Gustave Martelet.
En ce jour de fête de saint Ignace de Loyola, je pense avec émotion à tous ceux qui ont jalonné mon parcours. Certains nous ont quittés, d’autres poursuivent encore leur pèlerinage terrestre. À chacun d’eux, je veux simplement dire merci. Leur exemple, leur confiance et leur générosité continuent d’éclairer ma route. Je leur demeure profondément reconnaissant.
Jean-Claude Djéréké