L’ISSEA voit plus grand et vise le doctorat

Devenu officiellement un établissement d’enseignement supérieur de la CEMAC, l’ISSEA franchit une nouvelle étape en préparant l’ouverture d’une école doctorale. Une ambition qui suppose désormais un nouveau campus.

Photo souvenir de la 42eme promotion de l’ISSEA à Yaoundé. Ouverture secondaire

À Yaoundé, l’Institut sous-régional de la Statistique et d’Économie appliquée (ISSEA) ne cache plus ses ambitions. Longtemps reconnu pour la qualité de la formation de statisticiens et d’économistes destinés aux administrations et institutions de la CEMAC, l’établissement entend désormais rejoindre le cercle des grands pôles africains de recherche en ouvrant une école doctorale.

Cette nouvelle orientation a reçu une impulsion décisive avec la reconnaissance officielle de l’ISSEA comme établissement d’enseignement supérieur par le Conseil de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), à la faveur d’une modification de ses statuts. Une évolution que Daniel Ngassiki, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Congo au Cameroun et représentant du président du Conseil d’administration, qualifie de « consécration formelle » de l’excellence de l’institut.
L’objectif est clair : former les futurs enseignants-chercheurs et experts capables d’accompagner les politiques publiques fondées sur les données. Dans un contexte où la statistique est devenue un outil stratégique de gouvernance, l’ISSEA souhaite créer un véritable centre régional de recherche susceptible de retenir les talents d’Afrique centrale, souvent attirés par les universités étrangères.

Mais cette ambition scientifique se heurte à une réalité beaucoup plus prosaïque : le manque d’espace. Les infrastructures actuelles sont arrivées à saturation. Salles de cours insuffisantes, espaces de vie limités, capacités d’accueil dépassées, les locaux ne répondent plus aux exigences d’un établissement appelé à élargir son offre de formation. « Nos murs ne peuvent plus contenir l’ambition et la croissance de notre institution », a résumé Daniel Ngassiki devant les diplômés et les autorités.
C’est pourquoi le Conseil d’administration a relancé avec insistance une requête formulée depuis plusieurs années : l’attribution par l’État camerounais d’un terrain destiné à accueillir un nouveau campus. La communauté sous-régionale assure disposer des projets ainsi que de partenaires prêts à financer la construction d’infrastructures modernes. Il ne manquerait plus que le foncier pour poser les bases de « l’ISSEA de demain ».

La doléance a trouvé un écho favorable auprès du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Pour le Minepat, investir dans une institution qui forme les cadres appelés à produire les statistiques et les analyses économiques de demain constitue un levier essentiel du développement durable de la sous-région.
Au-delà de la seule extension immobilière, le projet traduit une évolution profonde. L’ISSEA ne veut plus seulement former des experts ; elle aspire désormais à produire la recherche qui orientera les décisions économiques de l’Afrique centrale. Un changement d’échelle qui pourrait renforcer la souveraineté statistique de la CEMAC et faire de Yaoundé l’un des principaux centres africains de production des connaissances en économie appliquée et en statistique

O. M.

Ognimbi Sadri, Congo, Ingénieur statisticien économiste (ISE)

« La formation répond aux exigences de la révolution numérique »

La formation reçue est de qualité. Elle répond aux exigences de la révolution numérique c’est-à-dire de l’intelligence artificielle. Ce sont des bases scientifiques qui sont opérationnelles et dès demain nous pourrons être recrutés et commencer à travailler là où nous seront envoyés. De toutes les façons c’est une formation d’excellence. L’entrée repose sur l’excellence avec le concours international qui est très sélectif. Les jeunes sortis ne vont jamais chômer. Il faut que nous appliquions les conseils du parrain, qui reposent sur l’intégrité. Nous devons produire des données fiables, ne pas la manipuler. Nous devons produire des données de qualité parce qu’elles permettent aux décideurs de prendre la meilleure décision qui nous mène à l’émergence.

Yaligaza Edson, RCA, Ingénieur Statisticien économiste (ISE)

« Nous devons faire un usage rigoureux de l’intelligence artificielle »

J’ai fait une formation de cinq années à l’ISSEA, j’ai acquis des compétences en science des données, modélisation des données, conception d’enquête, analyse et politique des données. Nous nous sommes spécialisés dans l’évaluation de l’impact. L’institut sous régional est une grande école qui m’a beaucoup apporté en termes de compétences, de sérieux, en termes d’orientation. Les défis à l’heure actuelle concernent la montée de l’intelligence artificielle, nous fraichement sortis de l’école devrons faire attention à l’usage de cette technologie, l’autre défi consiste à rester intègre, puisque le statisticien est celui qui va produire les données qui vont aider aux prises de décision.

Iyanou Pemba Juliane Emeaude, Gabon, Analyse, Evaluation d’impact des politiques publiques (AEIPP)

« Le besoin des statisticiens se fait ressentir dans tous les domaines»

Je suis émue, à la sortie de notre formation. Nous nous sommes intégrés. Plusieurs défis nous attendent. On pourra alors mettre en pratique nos compétences pour servir nos différentes nations notamment le Gabon. Je m’intéresse plus aux données démographiques, les constructions des écoles, les routes. Il est question d’évaluer les impacts positifs pour les populations.

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