Face aux rumeurs persistantes sur l’absence prolongée de Paul Biya, le ministre de la Communication a accordé une interview à RFI ce lundi 3 aout. Il réfute toute idée de vacance du pouvoir et appelle à une lecture rigoureuse de la Constitution.

Interrogé sur les demandes de l’opposition, le ministre tranche : « la question de la vacance à la tête de l’État ne devrait pas se poser d’abord pour la simple raison que cette question est bel et bien encadrée par notre constitution qui précise clairement les conditions à partir desquelles on peut parler de vacance de pouvoir ». Il rappelle que seules les situations de « décès, de démission, d’empêchement définitif » peuvent être constatées par le Conseil constitutionnel. « Nulle part on ne parle de séjour prolongé », insiste-t-il, reprochant aux juristes de l’opposition une « lecture manifestement biaisée » de la loi fondamentale.
Sur la question du retour du chef de l’État, le ministre reste prudent : « je ne peux pas vous dire avec exactitude quand est-ce que le président Paul Biya revient. Et même si je le savais, il ne m’appartient pas de l’annoncer ici. Je peux au moins me permettre de vous dire qu’il revient très bientôt ». Une formule qui vise à rassurer, tout en maintenant le flou sur le calendrier.
René Sadi insiste sur la continuité de l’État : « même à l’absence du Président de la République, les institutions de notre pays fonctionnent normalement. Les principaux responsables de l’administration vaquent à leurs occupations. Et c’est la preuve que notre pays est stable ». Il reconnaît néanmoins l’inquiétude des citoyens : « Les gens sont contents quand leur président est là. C’est le père de la nation. Et quand le père est absent ça peut préoccuper les membres de la famille ». Mais il relativise : « il peut s’absenter pour des raisons indépendantes de sa volonté… en s’assurant que la famille continue de fonctionner normalement ».
Enfin, le ministre clarifie la situation médicale : « j’ai fait une intervention et j’ai bien précisé que le président était bel et bien à Genève mais qu’il n’était pas hospitalisé. J’ai aussi dit que le président peut juger de l’opportunité de saisir la présence de son séjour à Genève pour envisager quelques consultations simples ».
Cette interview illustre la ligne de communication officielle : rassurer sans trop dévoiler. En affirmant que « le président va bientôt rentrer », le ministre cherche à couper court aux spéculations sur une vacance du pouvoir. Mais l’absence prolongée, conjuguée au silence sur la date exacte de retour, continue d’alimenter les interrogations. Dans un pays où chaque déplacement présidentiel devient un sujet politique majeur, la parole ministérielle apparaît comme un exercice d’équilibriste : maintenir la confiance tout en préservant l’opacité.
Tom