Gong-non Emmanuel: comment je suis arriv? ? Yaound?

Install? ? Yaound? depuis trois ann?es, le jeune tchadien r?ussit ? survivre gr?ce aux ?mes de bonne volont?. L?homme au regard franc raconte son parcours, depuis son village jusqu?? la capitale camerounaise.

?Je m’appelle Gong-non Emmanuel. Je suis originaire du Tchad, d’une r?gion appel?e Pala tr?s proche de l’extr?me nord du Cameroun. Je suis parti de chez moi parce qu’il n’y a pas la paix, trop de probl?mes, la pauvret? et la famine. Les malfrats viennent nous enlever de la maison pour la brousse. Il y a des enl?vements contre ran?on et parfois ils vous tuent. Les parents sont pauvres. On souffre beaucoup ? Pala. C’est pourquoi j’ai fui et je suis arriv? ? Yaound?. J’avais coup? environ quinze poteaux avec lesquels l’on construit les maisons; je les ai vendus. C’est cet argent qui m’a permis d’atteindre Figuil. O? j’ai vendu des yaourts en route pendant deux semaines. Ces gens m’ont pay? 4500 FCFA. Je suis arriv? ? Garoua. ? Garoua, j’ai vendu de l’eau qu’on appelle Sahili chez une dame qui me payait 15.000 FCFA / mois. Apr?s deux mois de travail, elle m’a donn? 30.000 CFA. Cet argent m’a permis d’arriver ? Yaound?. Je suis arriv? ? Mvan aux environs de 20 h ce jour-l?. Ne connaissant personne, j’ai dormi ? l’agence le premier jour. Puis j’ai demand? du travail. On m’a orient? vers le quartier Briqueterie. ?tant donn? que je ne connaissais pas la route, j’ai vu un gars qui m’a d?conseill? d’y aller. ?Ne va pas ? la Brique. Il y a trop de bandits l?-bas. Je vais t’amener chez moi?. C’est comme ?a que j’arrive ? ?ki?. J’ai commenc? ? vendre les ?ufs pour lui. Il achetait et je vendais; mais il ne me donnait rien. Un jour, il me dit que nous devons aller dans son village. Arriv?s dans son village, nous avons trouv? que sa femme avait cultiv? un champ de ma?s. J’ai cass? tout le ma?s. J’ai aussi fait 45 sacs de charbon. Ce monsieur ne m’a remis qu’une modique somme de 2.000 FCFA apr?s la vente des 45 sacs de charbon. F?ch?, je lui ai fait comprendre que je ne pouvais plus rester avec lui, mais lui ne voulait pas me laisser partir. Il me tient la main et s’en va me laisser loin dans la brousse dans les villages Bassa. C’est en marchant et me renseignant que finalement je rejoins la route pour rentrer sur Yaound?.

Propos recueillis par
No?lle Etoungou, stagiaire

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