ONU-Femmes et la représentation camerounaise de l’institution communautaire misent désormais sur une alliance régionale plus concrète.

Le décor est institutionnel, mais l’enjeu dépasse largement les salles de réunion. Ce jeudi 24 septembre 2026, Marie Pierre Raky Chaupin, Représentante résidente d’ONU-Femmes au Cameroun, a reçu Pierre-Guillaume Boum Bissaï, Représentant résident de la CEMAC, accompagné d’une délégation de l’organisation communautaire. Au cœur des échanges : les droits des femmes et des filles, la lutte contre les violences qui leur sont faites et, surtout, la recherche d’un cadre de coopération capable de transformer les engagements en initiatives concrètes. Une rencontre qui entend rapprocher deux univers appelés à travailler davantage ensemble : celui de l’intégration régionale et celui de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Sur le terrain…
Les premières pistes évoquées donnent le ton. ONU Femmes et la CEMAC envisagent des campagnes conjointes de sensibilisation contre les violences faites aux femmes et aux filles. Mais l’ambition ne s’arrête pas à la communication. Il est également question de renforcer les capacités des institutions communautaires sur les questions de genre. Une façon de faire entrer durablement ces problématiques dans les politiques et mécanismes de l’intégration régionale. Dans une Afrique centrale où les réalités nationales demeurent diverses, l’enjeu consiste aussi à construire des réponses qui puissent dépasser les frontières et toucher directement les populations.
Harmoniser les règles
Autre dossier sur la table : les normes et règlements relatifs aux droits des femmes et des filles. L’idée d’une harmonisation régionale pourrait permettre de rapprocher les cadres juridiques et institutionnels des États membres de la CEMAC. Un chantier nécessairement long, mais qui touche au cœur même de la construction communautaire. Pour le mener, encore faut-il disposer de ressources. Les deux parties ont donc également évoqué la mobilisation de moyens financiers, matériels et humains. Le nerf de la coopération, en somme : sans financement, les bonnes intentions restent souvent prisonnières des procès-verbaux.
MoU
Pour donner une architecture à cette nouvelle dynamique, l’adoption d’un mémorandum d’entente, ou MoU, a été suggérée. Les bureaux régionaux d’ONU Femmes et de la CEMAC seraient associés à sa mise en œuvre afin de préciser les domaines d’intervention et les modalités du partenariat. Les deux représentants doivent désormais relayer les conclusions de la rencontre auprès de leurs structures respectives. La suite se jouera donc loin des micros : dans les arbitrages, les financements et les premières actions. Car, entre la promesse d’une coopération renforcée et sa réalité quotidienne, il reste encore un pont à construire. Et cette fois, les femmes sont censées en être au centre.
Rémy Biniou