La première phase de la mise en œuvre de la couverture santé universelle court à son terme. Les résultats inhérents se traduisent en réduction des écarts dans l’accès aux soins et services de santé, mais aussi en réduction de la charge financière des ménages.

La couverture santé universelle (CSU) en est à sa troisième année d’implémentation au Cameroun. Lancée en avril 2023 par le ministère de la santé publique, cette opération vise à garantir l’accès équitable à des soins de santé de qualité et à un coût abordable. Ce qui, suivant l’esprit de la lettre, marque une rupture avec les défis de santé actuels : une forte dépendance des ménages au paiement direct des soins et services de santé, une protection sociale limitée, une qualité variable des prestations sanitaires et des inégalités d’accès aux services de santé. 5 093 012 personnes y sont à ce jour enrôlées, dans le cadre de la phase pilote. Il s’agit notamment de 2 867 220 en enfants de 0 à 5 ans, 418 959 personnes vivant avec le VIH et 207 244 femmes enceintes. Ce qui marque des performances variables par rapport aux estimations initiales de 80% des cibles de la phase 1 à fin 2026 ; mais traduit de l’adhésion progressive de la population au processus.
La phase pilote de la CSU a fonctionné suivant une offre de soins et services de santé tournant autour de la lutte contre le paludisme, la santé maternelle et néonatale à travers le chèque-santé (un système qui permet le suivi complet de la grossesse, l’accouchement y compris en cas de complication nécessitant une césarienne, et le suivi du nourrisson durant les 40 premiers jours de sa vie suivant une rémunération de 6000 FCFA), la lutte contre le paludisme et le VIH-Sida et l’hémodialyse, entre autres. Les résultats présentés ce 24 juillet 2026 par le ministère de la Santé font état de : 2 576 722 consultations prénatales réalisées jusqu’à l’accouchement ; 463 732 accouchements réalisés ; 21 181 césariennes réalisées ; 475 966 personnes vivants avec le VIH recevant gratuitement leur traitement.
Le principal impact présentant par cette administration porte sur la réduction des charges financières de santé pour les personnes enrôlées à ce jour. Sur la période sous revue, les paiements directs des femmes enceintes pour des accouchements simples se sont établis à 5,034 millions de FCFA contre 45,308 milliards de FCFA de contribution de la SCU et 213,792 millions de FCFA pour de paiement direct des ménages pour les césariennes contre 4,062 milliards FCFA de la CSU. Dans le même temps, la répartition du coût total de la prise en charge des séances d’hémodialyse a intégré 2% de frais à la solde des ménages (soit 24,450 millions FCFA) et 98% de contribution de la CSU (1, 370 milliards FCFA). « Un peu plus de 8 milliards ont été investis dans la prise en charge des enfants de zéro à cinq ans à travers la gratuité de la consultation et du traitement du paludisme grave et simple », renseigne le ministère de la santé. D’autres impacts sont notifiés qui concerne la réduction de la mortalité maternelle pour cause institutionnelles dans les formations sanitaires ainsi que ceux liés au paludisme et au VIH-Sida.
Infrastructures et financement
Au Cameroun, la CSU nécessite 150 milliards FCFA par an pour couvrir progressivement les 185 affections du panier de soins de base. Ce financement doit s’accompagner d’un relèvement simultané du plateau technique, des centres de santé intégrés jusqu’aux hôpitaux de référence, à chaque étape du déploiement. Un inventaire des infrastructures et équipements disponibles a déjà été réalisé. Le financement lui-même repose sur un montage complexe (prélèvements sur salaires, quote-part cacao-café, budget du MINSANTE, taxes sur produits nocifs, cotisations du secteur informel), dont la mobilisation effective conditionne les investissements en équipements et personnel. L’Etat finance 20% pour les couches vulnérables identifiées via le registre social unifié du Cameroun (RESUC).
L’Etat du Cameroun a engagé des unes séries de décaissements en faveur de la couverture santé universelle. Quoique ces derniers affichent une hausse constante entre 2023 et 2026 (47,549 milliards FCFA contre 63 348 milliards de FCFA à ce jour), ils restent inférieurs aux objectifs initiaux. Cependant, un renforcement du réseau sanitaire a lieu déjà au Cameroun. Le pays enregistre à ce jour 10 formations sanitaires publiques pour 100 000 habitants suivant les standards. Ces derniers, joints aux formations privées, atteignent le ratio de 26 Fosa pour 100 000 habitants. Les progrès enregistrés sur la période sous revue s’étendent de façon générale à l’ensemble du réseau sanitaire du pays. On y compte à ce jour 215 districts de santé contre 189 en 2018 ; mais aussi 2350 aires de santé contre 1800 sept ans plutôt. Des prouesses chirurgicales sont désormais récurrentes avec pour résultat la réduction des évacuations sanitaires vers l’étranger.
Louise Nsana