bloc d’article

bloc d'article

Marie-Fran?oise Ewolo

Sa voix n??tait pas seulement un instrument, mais une signature : une mani?re d?incarner l?exigence professionnelle, la rigueur journalistique et cette ?l?gance discr?te qui transforme une simple lecture de nouvelles en un rendez-vous de confiance. Pendant des ann?es, ? l?heure sacr?e du journal parl? de 13 heures sur les ondes de la CRTV, les auditeurs retrouvaient une voix claire, pos?e, au timbre rassurant : la sienne. Sa diction cisel?e, son ton ? la fois ferme et enveloppant, donnaient ? l?information la gravit? qu?exige ce rendez-vous de mi-journ?e, o? la nation suspend un instant son souffle pour ?couter le r?cit du monde. Aujourd?hui retrait?e, elle laisse derri?re elle un h?ritage sonore qui continue de r?sonner dans la m?moire collective. Aux c?t?s d?Ang?le Lue Mbazoa, de Mich?le Makak?, de Shasha Ndimbi? et d?autres grandes figures du micro, Marie-Fran?oise Ewolo a inscrit son nom dans l?histoire du service public audiovisuel camerounais.

bloc d'article

Pour une coalition politique au Cameroun : sortir du pi?ge des visages, entrer dans l??re des id?es

? l?aube d?un tournant historique, le Cameroun se trouve face ? une question cruciale : comment penser l?apr?s-Biya ? Alors que les ambitions s?aiguisent et que les candidatures se multiplient, le d?bat public semble prisonnier d?un pi?ge r?current , celui des visages. On d?bat des hommes, rarement des id?es. On scrute les parcours, les trahisons, les fid?lit?s, mais rarement les projets de soci?t?. Pourtant, c?est bien une vision partag?e, un programme coh?rent et une coalition strat?gique qui pourraient redonner sens ? l?action politique. Une coalition, pourquoi et pour quoi faire? Une coalition politique ne peut se r?duire ? une alliance de circonstance ou ? une addition de noms. Elle doit reposer sur trois piliers fondamentaux : Sans ces fondements, toute coalition risque de se dissoudre dans les rivalit?s personnelles ou les calculs ?lectoralistes. Le pi?ge des visages : une politique sans projet Le d?bat politique actuel est symptomatique d?un mal profond. Les discussions tournent autour de pr?f?rences individuelles : ? Cabral Libii est le meilleur ?, ? Non, Issa Tchiroma est plus exp?riment? ?, ? Moi je pr?f?re Hiram Iyodi ?, ? Bello Bouba nous a trahis en 1992 ?? Ces ?changes, bien qu?ancr?s dans des m?moires politiques l?gitimes, occultent l?essentiel : le Cameroun de demain. La vraie question n?est pas ? qui ? ?, mais ? quoi ? ? : Celui ou celle qui apportera des r?ponses claires, audacieuses et inclusives ? ces questions m?ritera d??tre soutenu ? mais cette r?ponse ne peut venir d?un individu seul. Elle doit ?merger d?un collectif, d?une coalition capable de penser le pays autrement. Une succession pi?g?e par des clivages La bataille pour la succession de Paul Biya prend aujourd?hui des formes multiples, souvent plus identitaires qu?id?ologiques : Ce que devrait porter une coalition cr?dible Une coalition pertinente et cr?dible devrait : Choisir une vision, pas un visage Le Cameroun a besoin d?un sursaut. Celui qui saura r?pondre avec clart?, courage et coh?rence ? la question ? Quel Cameroun voulons-nous ? ? m?rite d??tre soutenu. Mais cette r?ponse ne peut ?merger que d?un travail collectif, d?une coalition strat?gique capable de penser le pays autrement, de le r?ver ensemble, et surtout de le reconstruire avec lucidit? et ambition. Bouba Kaele – citoyen camerounais

bloc d'article

Universit? de Yaound? I: MTN Mobile Money r?volutionne le paiement des droits acad?miques

D?s septembre 2025, les ?tudiants de cette institution peuvent r?gler leurs frais universitaires ? partir de leurs t?l?phones. Rapidit?, s?curit? et transparence. Voil? les mots cl?s qui escortent la pr?sentation ce jour, 23 septembre 2025 ? l’amphi 300 de l’universit? de Yaound? 1, du process de paiement des frais universitaires. ? D?sormais, un simple t?l?phone portable suffit : l??tudiant se connecte sur le portail uy1.univpay.cm, saisit son num?ro de matricule, choisit le type de paiement ? pr?inscription, partiels ou frais complets ? et valide la transaction via MoMo. Quelques secondes plus tard, un re?u num?rique est envoy?, consultable ? tout moment ?, brandit Alain Nono. Le CEO de MTN Mobile Money d?cline l’ambition de l’entreprise : ?Nous voulons simplifier la vie des ?tudiants et moderniser la gestion administrative ?, dit-il. Au-del? de la simplification, le partenariat favorise l?inclusion financi?re. Les ?tudiants r?sidant dans des zones rurales ou ?loign?es peuvent payer leurs frais sans se d?placer. La port?e sociale est majeure, rendant l?acc?s ? l?enseignement sup?rieur plus ?quitable et adapt? aux usages num?riques contemporains. ? C?est un outil qui rapproche l?universit? des r?alit?s technologiques de nos jeunes. En plus, MTN Mobile Money assure une tra?abilit? compl?te des transactions, avec tableaux de bord dynamiques et rapports d?taill?s par facult? et d?partement. Le risque de fraude est r?duit, garantissant une transparence renforc?e dans la gestion des fonds universitaires, r?pondant aux critiques sur la supervision des encaissements. Dans un contexte de massification de l?enseignement sup?rieur et de contraintes budg?taires, la digitalisation appara?t comme une solution pragmatique. Pour les ?tudiants, elle repr?sente un gain de temps consid?rable et une adaptation aux usages quotidiens d?une jeunesse connect?e ?, observe le professeur Jean Njoya, vice-recteur charg? des affaires acad?miques. MTN, leader de l?inclusion financi?re au Cameroun, joue ici un r?le d?terminant, mettant son infrastructure au service de l??ducation et renfor?ant sa position comme acteur incontournable de la transformation num?rique. Si l?enthousiasme est palpable, certains ?tudiants restent prudents sur la s?curit? et la fiabilit? des transactions. MTN assure que ses infrastructures ont ?t? renforc?es et que des m?canismes appropri?s sont pr?vus en cas de d?sagr?ment, garantissant un dispositif fiable et s?curis?. Cette initiative s?inscrit dans une strat?gie nationale plus large. MTN a d?j? sign? des conventions avec la quasi-totalit? des universit?s publiques camerounaises, de Douala ? Dschang, en passant par Maroua et Buea. L?objectif est de g?n?raliser le paiement num?rique et de cr?er une homog?n?it? dans les proc?dures administratives pour des dizaines de milliers d??tudiants confront?s ? des d?marches lourdes. Au-del? du cadre universitaire, l?initiative refl?te la mont?e en puissance du mobile money dans le quotidien des Camerounais. Avec moins de 20 % de la population disposant d?un compte bancaire classique, le t?l?phone portable devient un outil central pour toutes les transactions, des paiements de factures aux transferts d?argent, en passant d?sormais par les droits universitaires. Jean Ren? Meva’a Amougou

bloc d'article

Hygi?ne et salubrit?: la bataille des ordures entre voisins ? Yaound?

Immersion dans les d?charges sauvages d?ordures m?nag?res dans les nouveaux quartiers de la capitale camerounaise. Depuis plusieurs mois, Arnold est ?tonn? de voir sa parcelle de terrain avec des ordures. Ce jeudi 19 septembre, il surprend ses voisins en train de vider leur poubelle sur son lopin de terre ? 5h du matin. ? Donc, c’est vous qui remplissez ma parcelle de poubelle ?. Catherine, la cinquantaine sonn?e, est propri?taire d’un lot de 1000 m? au quartier Mendong ? Yaound?. Elle est inform?e par un proche que son terrain est devenu le d?potoir d’ordures des nouveaux voisins. Sans mener une enqu?te, la commer?ante fait une descente muscl?e dans l’apr?s-midi du lundi 8 septembre 2025 sur son terrain. ? l’aide d’une brouette et une pelle, elle ramasse les ordures et les d?pose devant les portails de ses deux riverains. Catherine n’a pas encore investi sur cette parcelle occup?e par les herbes. Les habitants envahis par les ordures d?pos?es devant leurs portails menacent d’utiliser la force si Catherine ne les enl?ve pas. ? Madame, vous enlevez imm?diatement les ordures que vous jetez devant ma maison. Sinon je vous refais le portrait ?, menace un haut grad? de l’arm?e et propri?taire d?une des maisons. ? Je n’enl?ve pas. Gardez vos ordures chez vous. Mon terrain n’est pas une poubelle ?, r?plique la dame. Elle poursuit, ? parce que vous ?tes un homme en tenue que vous jetez les ordures chez les autres ?. Face ? cette situation, l’autre victime de la col?re de Catherine joue les m?diateurs et r?ussit ? faire retomber la pression. Finalement, les trois protagonistes parviennent ? trouver un compromis. Chacun s’engage ? trouver une solution pour ses ordures. Dame Catherine donne un peu de sous aux jeunes du coin pour enlever les ordures devant les domiciles. ? Vous occupez l’enti?ret? de votre espace, apr?s vous venez d?ranger les voisins avec vos ordures ?. Papa Owona est en col?re. Il est une autre victime des ordures, au lieu-dit Ma?an Messola sur la route de Mfou. La nouvelle poubelle situ?e ? un pas de sa maison produit des odeurs naus?abondes et les moustiques. Il ne sait que faire. La d?charge sauvage d?ordures est sur la parcelle de son fr?re. ? C’est mon fr?re qui a vendu cette parcelle. Quand j’essaie de raisonner les personnes qui jettent les ordures, mon fr?re me menace de violation de domicile ?, s’indigne Mr Owona. Aux derni?res nouvelles, il envisage se rendre ? la mairie de Mfou pour d?noncer cette situation. Andr? Gromyko Balla

bloc d'article

Am?nagement de la voirie ? Yaound?: le pansement ?volue

Plong? sur le regard des habitants au vu de l’?volution des travaux. La mise en place des rigoles en b?ton arm? dans les art?res de la capitale Camerounaise, cr??e un sentiment de fiert? chez les yaound?ens. Ils croient enfin ? la durabilit? de ces infrastructures routi?res. De Mvog-Mbi ? Coron, d’importants travaux de r?fection sont en cours. Cette le bitume n’est pas la grande attraction, les usagers qu’ils soient chauffeur ou passager en passant par les pi?tons saluent la pose des rigoles en U pr?fabriqu?es. Le m?me travail m?me constat et m?me satisfaction du c?t? du carrefour Tropicana. Longtemps rest? sans maintenance, ce carrefour tr?s strat?gique du fait de son trafic qui dessert les r?gions de l’Est, du Septentrion ainsi que les pays comme la RCA, le Tchad, et le Congo, cet endroit a retrouv? fi?re allure et le trafic qui ?tait ralenti et cr?ait des embouteillages n’est plus qu’un lointain souvenir, ? on a enfin compris qu’il faut des drains afin que l’eau de d?grade pas la chauss?e. Cette fois ci le carrefour le carrefour mettra long avant subir les travaux de maintenance ?, pense Omam, un passager se trouvant dans un taxi qui le transporteur pour le rond point a?roport. En cette p?riode de forte pluie, l’on ne voit plus le grand lac qui se formait ? chaque fois que cette derni?re tombe. Dans la m?me direction ? un km de l?, nous sommes au carrefour de l’amiti?. Cette cure de jouvence qu’on observe au carrefour de l’amiti? a un autre avantage. Il repousse peu ? peu la poubelle qui a d?j? ?lue domicile juste en face de la carri?re artisanale du coin. Avec la pose des caniveaux en b?ton les ordures qui envahissent souvent la route vers A Ce sentiment de fiert? se lit chez les ?tudiants, des grands utilisateurs des r?seaux sociaux. Bon nombre pensent qu’ils ne seront plus la ris?e des r?seaux sociaux. Dans les multiples clashs avec certains internautes des pays africains, l’?tat piteux des routes de la capitale ?taient leurs tendons d’Achille, ? autrefois une source de honte, nos routes commencent ? ressembler ? quelque chose. Les Ivoiriens ne diront plus que nos routes sont des nids d’?l?phants ?, d?clare une ?tudiante qui se rend au campus de l’Universit? catholique d’Afrique Centrale de Coron. Elle appr?cie l’?volution des travaux au rond-point Coron, ? avec les rigoles, les eaux us?es et naus?euses qui avaient envahi le carrefour auront d?sormais une voie ?, rench?rit le chauffeur qui la transporte pour le campus. Andr? Gromyko Balla

bloc d'article

Pr?sidentielle 2025: la soci?t? civile refuse la ? mascarade ?

R?unis le 15 septembre, ? l?occasion de la Journ?e internationale de la d?mocratie, les acteurs regroup?s au sein de la coalition ? Tournons la page ! ? ont clairement averti : ils appelleront ? disqualifier tous les candidats incapables d?incarner une v?ritable alternative pour le Cameroun. ? moins d?un mois du scrutin pr?sidentiel pr?vu le 12 octobre, une partie de la soci?t? civile a d?cid? de hausser le ton. Le message, port? par la Centrale syndicale du secteur public (CSP), Dynamique citoyenne et la Jeunesse rurale active du Cameroun (Jeurac), est sans d?tour. Jean-Marc Bikoko et ses pairs d?noncent une ?lection verrouill?e, r?duite ? un simple jeu de chaises musicales au sommet de l??tat. ? Changer de visage ? Etoudi n?a jamais suffi ? changer la vie des Camerounais. Il ne s?agit pas d?homme, mais de syst?me ?, a lanc? le syndicaliste, visiblement d?termin? ? briser l?omerta qui entoure la sc?ne politique. Dans le viseur Les douze candidats officiellement en lice. La coalition exige que chacun s?engage publiquement ? organiser, d?s son arriv?e au pouvoir, des ?tats g?n?raux de la Nation. Faute de quoi, ils seront sanctionn?s dans les urnes. ? Le Cameroun n?a pas besoin d?une alternance factice. Il a besoin d?une refondation nationale ?, mart?le Bikoko. Derri?re ce mot d?ordre se dessine une d?nonciation frontale : l??tat camerounais reste, selon eux, une construction coloniale bricol?e pour les int?r?ts ?trangers, jamais repens?e par et pour ses citoyens. L?absence de contrat social r?el expliquerait l?enlisement actuel : pauvret? massive, institutions discr?dit?es, fractures communautaires. La coalition va plus loin : elle propose la mise en place d?un gouvernement de transition restreint ? une vingtaine de technocrates, d?sign?s par les forces sociales ? soci?t? civile, syndicats, partis, autorit?s religieuses et traditionnelles, patronat. Un cabinet resserr? qui aurait pour mission unique de piloter les ?tats g?n?raux et d?ouvrir la voie ? un nouveau contrat social, b?ti sur la justice, l??galit?, la transparence et la participation citoyenne. Les ambitions affich?es sont radicales : r??crire l?histoire nationale ? partir des communaut?s, revisiter les fondements institutionnels, ?conomiques et culturels, et replacer l??tat au service des citoyens, non d?int?r?ts priv?s ou ?trangers. ? Le pays ?touffe dans une crise syst?mique. Seule une r?organisation profonde de l??tat peut ?viter l?implosion ?, tranche un militant de Dynamique citoyenne. ? travers cette sortie, les membres de ? Tournons la page ! ? ne cachent plus leur amertume. Pour eux, la pr?sidentielle de 2025 s?annonce comme une ?ni?me mascarade ?lectorale. Mais ils refusent de rester spectateurs. Leur mot d?ordre est clair : pas de compromis, pas de complicit?. Jean-Ren? Meva?a Amougou

bloc d'article

Des cachots aux choix: Paul Biya face ? ses ex-d?tenus

? quelques semaines de l??lection pr?sidentielle du 12 octobre, le Cameroun se d?couvre comme une sc?ne de trag?die o? les anciens prisonniers politiques tiennent un r?le inattendu. Tant?t fid?les repentis, tant?t opposants farouches, ils projettent leurs blessures et leurs espoirs sur la silhouette d?un pr?sident qui r?gne depuis plus de quarante ans. Dans ce th??tre, Jean-Baptiste Nguini Effa joue l?acte de la loyaut? retrouv?e. Ancien directeur g?n?ral de la SCDP, il a pass? quinze ann?es derri?re les murs de Kondengui. Le fer des barreaux aurait pu nourrir en lui le feu de la rancune. Mais l?homme, revenu dans son fief de Mbankomo, choisit au contraire le chemin du ralliement. Membre de la commission communale de campagne du RDPC, il confie avec un ton presque d?sarmant 😕 Tout le monde conna?t mes malheurs. J?ai subi les affres de la justice, j?ai ?t? emprisonn? quinze ans. Et pourtant, je reviens encore derri?re le pr?sident Paul Biya. J?ai regard?, j?ai r?fl?chi, et je sais que la meilleure chance pour notre d?partement, pour notre d?veloppement, reste Paul Biya. ? Ce discours surprend autant qu?il interroge. Comment, apr?s tant d??preuves, renouer avec celui que beaucoup auraient tenu pour responsable de sa chute ? ? la mani?re des trag?dies jacob?ennes, o? la vengeance r?de mais n?atteint jamais tout ? fait son but, Nguini Effa illustre ce paradoxe : la r?silience peut parfois se muer en fid?lit?. ? Par mes convictions, poursuit-il, je pense encore pouvoir contribuer ? ce que notre champion poursuive son ?uvre. ? Sa voix sonne comme un serment, mais aussi comme un aveu d?esp?rance : croire qu?au-del? des barreaux, l?histoire peut recommencer. Face ? lui, un autre ancien d?tenu incarne le contrepoint : Issa Tchiroma Bakary. Son nom convoque les souvenirs d?avril 1984, lorsque la tentative de coup d??tat contre Paul Biya a plong? le pays dans la peur et les purges. Arr?t?, incarc?r? d?abord ? Kondengui puis ? Yoko, Tchiroma croupira plus de six ans en cellule, avant de retrouver la libert? en 1990. D?fendu jadis par Yondo Black, il revient aujourd?hui sur le devant de la sc?ne, cette fois comme candidat. Son ton tranche avec la douceur du ralliement de Nguini Effa. L? o? l?un parle d?all?geance, l?autre brandit le glaive du d?fi. ? Vous avez un bilan, moi j?ai un programme ?, lance-t-il en direction du pr?sident sortant, avant de promettre une ? transition de trois ? cinq ans pour reconstruire ce que vous avez d?truit ?. Les mots claquent comme des coups de cymbales. Tchiroma se dresse en miroir invers? du vieux monarque : il ne cherche pas ? prolonger l?histoire, mais ? l?interrompre, ? l?ouvrir sur un autre chapitre. Dans sa bouche, la politique prend des airs de duel chevaleresque. Il appelle Biya ? quitter ses palais pour ? d?fendre son bilan devant le peuple ?. Sa voix est celle d?un survivant qui s?autorise ? d?fier le ma?tre, fort d?avoir travers? les ge?les et les ?preuves. ? Nous sommes pr?ts ?, r?p?te-t-il, martelant la r?silience comme une arme. Ainsi se dessine un ?trange ballet : d?un c?t?, l?ancien prisonnier devenu partisan convaincu, voyant en Biya la derni?re chance de d?veloppement ; de l?autre, l?ex-d?tenu converti en challenger, qui brandit son pass? de souffrance comme caution d?un futur ? reconstruire. Entre eux, le pays tout entier, suspendu ? la promesse d?une ?lection qui ressemble ? une pi?ce de th??tre, o? chaque acteur rejoue ses blessures pour mieux convaincre. ? l?approche du scrutin, le Cameroun se retrouve donc confront? ? un paradoxe : ses anciens prisonniers politiques ne parlent pas d?une seule voix. Certains d?posent les armes de la rancune pour se r?fugier dans la continuit?, d?autres transforment la cicatrice en drapeau de combat. Mais tous rappellent, par leur simple pr?sence, que l?histoire nationale s??crit aussi dans les ombres des prisons. Et dans ce r?cit, Paul Biya demeure l?astre autour duquel gravitent ces destins contradictoires. Fid?lit? ou d?fi, adoration ou d?nonciation : ? l?or?e d?un scrutin qui pourrait redessiner les contours du pouvoir, la parole des ex-prisonniers ? valeur de symbole. Comme dans une trag?die ancienne, c?est dans la m?moire des douleurs que s?ancre la politique du pr?sent. Jean-Ren? Meva?a Amougou

bloc d'article

CEMAC : le rouge budg?taire inqui?te

Apr?s l?exc?dent enregistr? en 2023, les finances publiques de la Communaut? ?conomique et mon?taire de l?Afrique centrale (CEMAC) connaissent un net retournement. Selon le rapport annuel de la Banque des ?tats de l?Afrique centrale (BEAC), le solde budg?taire global passe ? un d?ficit de 0,5 % du PIB en 2024, signe de la vuln?rabilit? persistante des ?conomies de la r?gion. La chute des cours du gaz naturel, du bois et du coton p?se lourd sur les recettes des ?tats, tandis que la baisse du p?trole retire 1,5 point de PIB aux budgets. Le Cameroun voit son d?ficit grimper ? 1,8 %, la R?publique centrafricaine plonge ? -4,2 %, le Gabon passe dans le rouge ? -1 %, et m?me la Guin?e ?quatoriale, port?e par le p?trole en 2023, retombe ? -0,5 %. Seul le Congo parvient ? maintenir un exc?dent de 4,8 %, tandis que le Tchad r?duit l?g?rement son d?ficit ? -0,2 %. ? Cette situation illustre la d?pendance structurelle des pays de la CEMAC aux mati?res premi?res ?, explique Andr? Ngolo, ?conomiste ? Yaound?. ? La volatilit? des march?s internationaux continue de fragiliser leurs finances publiques. ? Malgr? une hausse des recettes fiscales hors p?trole (+1,9 point de PIB) et des efforts de rationalisation, le d?ficit global est pass? d?un exc?dent de 500 milliards de FCFA en 2023 ? un d?ficit de 358,5 milliards en 2024. Pour limiter la casse, les ?tats ont mobilis? pr?s de 1 900 milliards de FCFA de financements ext?rieurs, recouru aux march?s r?gionaux et b?n?fici? d?all?gements de dette. Marie-Claire Gbadouga, Gabonaise et professeur d??conomie internationale, alerte : ? La trajectoire actuelle pourrait compromettre la soutenabilit? budg?taire, malgr? un d?ficit global encore inf?rieur ? la norme communautaire de -1,5 %. La diversification ?conomique et le contr?le des d?penses publiques ne sont plus des options, mais des urgences. ? La BEAC souligne que si ces tendances persistent, la zone CEMAC risque de subir un encha?nement de tensions financi?res et macro?conomiques, mettant ? l??preuve sa stabilit? et sa capacit? ? honorer ses engagements internationaux. Jean Ren? Meva’a Amougou

bloc d'article

Briser les murs invisibles de l?agriculture africaine

L?Afrique a les mains dans la terre, mais les yeux tourn?s vers l?horizon. Ses champs de cacao, ses vergers de mangues, ses collines de caf?iers racontent une promesse : nourrir le monde, se nourrir elle-m?me, transformer la sueur en prosp?rit?. Et pourtant, cette promesse se heurte ? des murs invisibles. Des murs de papier, de proc?dures, de normes, de routes bris?es. Des murs qui r?duisent l??lan du continent au silence des cargaisons bloqu?es aux ports. ? Nos produits ne sont pas moins bons, ils sont simplement moins tol?r?s. La norme devient parfois une arme ?, souffle le Pr Adama Kouyat?, ?conomiste agricole ? Bamako. Ses mots disent l?humiliation des conteneurs refoul?s pour un r?sidu chimique trop ?lev? d?un souffle, pour une ?tiquette mal imprim?e. Mais la vraie injustice se joue sur la route. L? o? le fruit d?un champ malien peut attendre des jours sur une piste boueuse avant d?atteindre un port. L? o? un camion de caf? camerounais co?te plus cher ? acheminer vers l?Europe qu?un navire br?silien traversant l?Atlantique. ? Ce n?est pas la terre qui nous manque, c?est le chemin ?, r?sume F?licit? Nguema, consultante gabonaise en commerce r?gional. ? cette peine s?ajoute l?absurdit? de la fragmentation. Des fronti?res africaines o? chaque poste, chaque guichet, chaque douanier impose sa taxe, son tampon, son d?lai. La ZLECAf a promis l?unit?, mais la r?alit? reste un archipel de nations barricad?es contre elles-m?mes. ? Il est plus simple d?exporter du cacao ivoirien ? Rotterdam que de l?acheminer au Ghana voisin ?, rappelle Jean-Beno?t Essomba, chercheur camerounais. L?absurde devient la r?gle, et la d?pendance, une fatalit?. Mais la plus grande d?faite est silencieuse : celle de la transformation abandonn?e. Les f?ves partent, mais le chocolat revient. Le coton s?en va, le tissu revient. Les fruits s?envolent, les jus d?barquent. Dans ce grand bal des mati?res premi?res, l?Afrique est encore rel?gu?e au r?le de fournisseur nu. ? Nous offrons la richesse, et nous rachetons la valeur. C?est un cercle vicieux qu?il faut briser ?, plaide Dr. Aminata Diallo, directrice d?un centre agro-industriel ? Dakar. Briser le cercle, c?est investir dans des usines, des labels, des routes. C?est donner aux paysans autre chose que la survie : un cr?dit, une assurance, un march? digne. ? Nos cultivateurs n?attendent pas la charit?, mais les outils de leur dignit? ?, insiste Herv? Tchatchoua, banquier en agrofinance. Alors, le vrai combat, c?est celui contre l?injustice d?un continent riche et affam? ? la fois. Contre le scandale d?un monde qui veut nos mati?res, mais pas nos produits. Mais aussi un cri d?esp?rance. Car l?Afrique a tout : la terre, le soleil, la jeunesse, la volont?. Et repenser l?agriculture en Afrique, c?est poser les bases d?un mod?le ?conomique plus autonome, plus r?silient et mieux ancr? dans les territoires. C?est aussi r?pondre ? une urgence : celle de garantir un droit fondamental : celui de se nourrir dignement, localement, durablement. Il ne lui manque qu?une chose : briser ses murs invisibles. Le jour o? elle le fera, le jour o? elle transformera ses fruits en richesses et ses r?coltes en puissance, ce jour-l?, l?Afrique ne nourrira plus seulement le monde. Elle nourrira aussi sa propre fiert?. Jean-Ren? Meva?a Amougou

bloc d'article

6 126 milliards FCFA?

En mars 2025, c?est le volume atteint par les cr?dits bancaires au Cameroun, selon les Comptes nationaux publi?s par l?INS (Institut national de la statistique). La m?me source fait ?tat d?une augmentation 19,6 %. Cependant, apprend-on encore, cette r?partition reste d?s?quilibr?e : 22 % vont aux particuliers, surtout ? la consommation, contre 13,65 % pour l??quipement industriel et 5 % pour les entreprises individuelles. Le moyen terme domine (43,51 %), soutenant surtout commerce et importations, tandis que l?agro-industrie, pourtant strat?gique, demeure largement n?glig?e.

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut