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L?abstention, la bombe silencieuse du 12 octobre

Alors que le pays s?appr?te ? voter ce 12 octobre, l?abstention massive qui se profile prend des allures de pl?biscite ? l?envers : un vote politique par le silence. Silence ou insurrection muette ? Loin d??tre une simple paresse civique, l?abstention appara?t comme un geste volontaire de contestation. Elle traduit la d?fiance envers un syst?me ?lectoral jug? verrouill? et une classe politique incapable de se renouveler. ? d?faut de descendre dans la rue, les Camerounais expriment leur r?volte par l?inaction, transformant l?urne en symbole d?absence. ? Yaound? comme ? Maroua, l?ambiance ?lectorale est certes visible mais des intentions ? ne pas aller voter sont bien visibles en milieu jeune. Dans les march?s, les bars, les campus, l??lection pr?sidentielle se discute ? vives voix. Les projections ?voquent un taux de participation historiquement bas, bien en de?? des 65 % affich?s lors du pr?c?dent scrutin. Une l?gitimit? fragilis?e Quelles que soient les urnes du 12 octobre, le futur pr?sident h?ritera d?un mandat contest?, min? par l?absence de soutien populaire massif. Derri?re les chiffres officiels, la r?alit? s?imposera : gouverner un peuple qui a choisi de ne pas choisir. Une ?quation explosive pour un pays d?j? travers? par les crises sociales, identitaires et s?curitaires. Dans un pays o? plus de 60 % de la population a moins de 30 ans, l?indiff?rence des jeunes devient un signal politique majeur. Beaucoup n?ont jamais pris la peine de s?inscrire sur les listes ?lectorales. D?autres, inscrits, d?clarent ouvertement qu?ils ne voteront pas. ? On nous demande d??lire, mais rien ne change pour nous. Alors, pourquoi perdre du temps ? ?, l?che un motataximan de Garoua. L?abstention s?affirme comme la v?ritable arme d?une g?n?ration d?sabus?e. Quand l?abstention devient le vrai scrutin Le 12 octobre, ce n?est pas seulement un pr?sident que le Cameroun s?appr?te ? ?lire. C?est surtout l?ampleur du divorce entre le peuple et ses institutions que le monde observera. Dans ce face-?-face silencieux, la grande question reste enti?re : l?abstention est-elle encore un simple d?sint?r?t? ou d?j? le premier acte d?une r?volution politique ? TOM Tom.

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L?abstention, la bombe ? fragmentation qui menace l?apr?s-12 octobre

Si le peuple se d?tourne massivement des urnes, c?est l??difice d?mocratique lui-m?me qui risque de s??crouler. Car l?apr?s-scrutin pourrait ouvrir la voie ? l?instabilit?, aux ?meutes et ? une perte brutale de l?gitimit? du pouvoir. Une d?mocratie ? bout de souffle Ce dimanche, les Camerounais ne d?cideront pas seulement du nom de leur pr?sident. Ils d?cideront surtout de l?avenir de leur d?mocratie : survivra-t-elle ? l?indiff?rence massive, ou sombrera-t-elle dans le fracas d?un pays gouvern? par et pour une minorit? ? La campagne ?lectorale, cens?e galvaniser les foules, s?est transform?e en procession terne. Meetings d?sert?s, slogans recycl?s, promesses sans ?cho : tout pourrait indiquer que le 12 octobre ne sera pas une f?te de la d?mocratie, mais une c?r?monie d?enterrement civique. Dans les quartiers populaires de Douala, les villages de l?Extr?me-Nord ou les campus universitaires, la lassitude est la m?me chez les ?lecteurs : ? voter ne change rien ?. Le lendemain du vote : un pr?sident assis sur un volcan Un chef de l??tat ?lu par une poign?e d??lecteurs n?aura ni l?assise ni l?autorit? pour gouverner sereinement. D?j?, des voix s??l?vent pour d?noncer une ? mascarade ?lectorale ?. Si l?abstention atteint des records, la l?gitimit? du vainqueur sera contest?e d?s l?aube du 13 octobre. Le pouvoir devra alors affronter un peuple qui n?a pas vot? pour lui? mais qui n?acceptera pas non plus d??tre ignor?. Le spectre des ?meutes et de la col?re populaire Dans un pays o? la frustration sociale est palpable ( ch?mage end?mique, vie ch?re, in?galit?s r?gionales ), l?abstention peut devenir l??tincelle d?une explosion incontr?lable. Des ?meutes pourraient embraser les grandes villes, sur fond de contestation de la victoire proclam?e. Le Nord, d?j? fragilis? par l?ins?curit?, pourrait devenir l??picentre de violences politiques et communautaires, nourries par le sentiment d?exclusion. Une br?che pour les extr?mes L? o? la d?mocratie ?choue, les extr?mes prosp?rent. L?abstention ouvre la porte ? l??mergence de mouvements radicaux, religieux ou identitaires, qui se pr?senteront comme l?alternative ? une classe politique jug?e corrompue et ill?gitime. La jeunesse, laiss?e pour compte, pourrait basculer dans ces discours de rupture. Ce sc?nario n?est plus hypoth?tique : il s??crit d?j? dans les frustrations du quotidien. Le compte ? rebours d?une implosion politique Si l?apr?s-12 octobre se r?sume ? un pr?sident affaibli face ? une majorit? silencieuse et en col?re, alors le Cameroun entrera dans une zone de turbulence in?dite. La d?mocratie ne mourra pas d?un coup d??tat ni d?une guerre ouverte, mais d?une lente agonie : celle du d?sengagement civique, du discr?dit des urnes et du r?gne d?un vide politique propice au chaos. Tom

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Scrutin du 12 octobre 2025: et si le vrai vainqueur s?appelait Abstention ?

? la veille du scrutin pr?sidentiel, le Cameroun retient son souffle. Mais une ?vidence s?impose d?j? : ce 12 octobre, les urnes risquent de r?sonner plus du silence que du vote. L?abstention massive, nourrie par la lassitude, la col?re et la m?fiance, pourrait bien ?tre l?autre vainqueur de cette ?lection. Dans les rues de Douala comme dans les villages du Nord, l?ambiance est glaciale. Meetings clairsem?s de plusieurs candidats de l?opposition, slogans sans ferveur, ?lecteurs indiff?rents depuis la disqualification de Maurice Kamto, le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) : la pr?sidentielle ressemble ? une pi?ce dont le public s?est d?tourn?. Loin de mobiliser, la campagne a creus? le foss? entre le peuple et la classe politique. La jeunesse en premi?re ligne du d?sengagement Avec plus de 60 % de jeunes dans la population, le Cameroun devrait vibrer d?une ?nergie d?mocratique. D??ue, d?sabus?e, cette jeunesse voit dans l?abstention une arme politique. ? Nous ne risquons pas voter, parce que voter ne change rien. L?opposition que nous attendions compact et uni semble dispers?e ?, l?che Absalom, ?tudiant ? l?Universit? de Yaound? I. Quel que soit le vainqueur du 12 octobre, il pourrait h?riter d?un pays o? la majorit? silencieuse aura refus? de participer au choix. Cette abstention massive fragilise d?avance la l?gitimit? du futur pr?sident. Derri?re les chiffres officiels, une v?rit? crue s?imposera : gouverner sans l?adh?sion populaire, c?est r?gner sur du sable mouvant. L?abstention, un vote de d?fiance Refuser de voter, ce n?est plus seulement de l?indiff?rence. C?est un message politique clair : d?noncer un syst?me ?lectoral verrouill? et une ?lite sourde aux r?alit?s sociales. Dans un pays travers? par la crise ?conomique, les tensions s?curitaires et les fractures identitaires, ce geste de retrait devient un cri silencieux. Le 12 octobre 2025 pourrait marquer un tournant : une ?lection o? le peuple, en s?abstenant massivement, choisira de ne plus choisir. Et si, au soir du scrutin, le v?ritable vainqueur n??tait pas un candidat? mais le vide des urnes ? Tom

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Production p?troli?re: le Cameroun roule sur des pics d?croissants

Les donn?es de la SNH portent ? 6,528 millions de barils la quantit? de p?trole brut au 1er trimestre 2025. Loin des 24,26 millions de barils dont se pr?valait encore le Cameroun 2018 dans son rapport ITIE?d?di?. La Soci?t? nationale des hydrocarbures (SNH) a rendu publiques des donn?es relatives ? la production de p?trole brut sur l?ensemble du territoire camerounais ; ainsi que des chiffres sur la commercialisation des quotes-parts r?serv?es ? l?Etat entre janvier et avril 2025. Ceux-ci mettent ainsi en exergue une quantit? de 6,528 millions de barils de p?trole extrait, dont 4,027 millions de barils revenant ? l?Etat. S?agissant des revenus g?n?r?s au b?n?fice du Cameroun, les comptes de la SNH pointent ?159,920 milliards de FCFA au titre de contribution au budget de l?Etat, 12,149 milliards de FCFA d?imp?ts sur les soci?t?s, 0,582 milliards de FCFA d?imp?ts sur les soci?t?s p?trolier, 0,582 milliards de FCFA et 3,832 milliards de FCFA pour divers autres imp?ts et taxes ?. Des ?carts Ces chiffres pris en comparaison avec les donn?es des rapports de l?Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) sur les exercices 2018 ? 2022 ? en attendant la publication imminente du rapport 2023 ? donnent un aper?u de la tendance nationale en mati?re de production p?troli?re. Il apparait ainsi une ?volution en dents de scie, dont la seule constance reste l?important ?cart entre les performances de 2018 et celles enregistr?es de 2021 au premier trimestre 2025. Ainsi, selon le rapportage ITIE Cameroun, qui se fonde sur la divulgation des soci?t?s ?voluant dans le secteur et de diff?rentes entit?s ?tatiques, le pays enregistre 24,26 millions de barils en 2018, maintient le cap en 2019 avant d?atteindre son pic le plus ?lev? sur les huit derni?res ann?es en 2020, par une production de 25,51 millions de barils.  Il s?ensuit depuis 2021 une baisse notable des quantit?s qui fait r?f?rence ? 24,63 millions de barils sur la p?riode ?voqu?e et ainsi que 23,92 en 2022. Pour les exercices 2023 et 2024, la SNH ?tat respectivement de 23,88 et 21,771 millions de barils.  Globalement la production d?hydrocarbures liquides est pass?e de 25,13 millions de barils en 2018 ? 26,56 en 2020 avant de chuter ? 25,61 en 2021 pour finalement s??tablir ? 24,95 millions de barils en 2022 (Cf. Rapport ITIE Cameroun 2022). La raison, l?on y apprend, tient ? du vieillissement des champs et aux conditions op?rationnelles du secteur ?. Sur la question pr?cise, le regard plonge principalement dans les bassins de Rio del Rey et Douala/Kribi-Campo o? le vieillissement conjugue avec absence de nouvelles d?couvertes de gisements p?troliers. Exportations en baisse Dans son rapport sur le commerce ext?rieur du Cameroun en 2024 publi? ce 29 septembre, l?Institut national de la statistique (INS) met un doigt sur la tendance baissi?re des recettes d?exportation des huiles brutes de p?trole. Chiffr?es ? 1002,7 milliards de FCFA au cours de l?exercice susmentionn?, elles affichent une baisse de 11,0% par rapport ? l?ann?e 2023. Pour une vision plus pr?cise du ph?nom?ne, le rapportage ITIE laisse ? voir l?impact positif de la hausse des cours de mati?res premi?res sur les performances du Cameroun en 2021 et 2022. Le pays y cumulait des recettes de l?ordre 1468, 38 milliards de FCFA pour un volume export? de 24,62 millions de barils en 2022 selon le rapportage ITIE. S?agissant de l?exercice 2021, les volumes export?s s?y ?levaient ? 24,63 millions de barils pour des recettes chiffr?es ? 909,71 milliards de FCFA. Louise Nsana

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Route Mora-Dabanga-Kousseri: des signaux de relance

Malgr? les contraintes s?curitaires et climatiques, le chantier avance ? un rythme jug? satisfaisant, selon le MINTP. La reconstruction de la route Mora?Dabanga?Kousseri franchit une ?tape d?cisive. Le 7 octobre dernier, l?entreprise en charge du chantier a proc?d? ? la planche d?essai en vue de la mise en ?uvre de la couche de roulement en b?ton bitumineux, une op?ration technique d?terminante avant la livraison de l?infrastructure annonc?e pour la fin de l?ann?e 2025. ? en croire le MINTP (minist?re des Travaux publics), la planche d?essai r?alis?e permet d??valuer la r?sistance et la qualit? du b?ton bitumineux, derni?re couche qui assurera la solidit? et la long?vit? du rev?tement. Selon les ing?nieurs sur le site, cette phase confirme la conformit? du mat?riau aux standards internationaux et ouvre la voie ? la g?n?ralisation de la pose sur l?ensemble du trac?. Les travaux, ex?cut?s sous la supervision du Minist?re des Travaux publics (MINTP), visent ? garantir une route durable, capable de supporter un trafic commercial croissant. L?axe Mora?Dabanga?Kousseri, long de pr?s de 205 kilom?tres, constitue un corridor majeur reliant le Cameroun au Tchad et au Nigeria, et par extension aux march?s sah?liens. Sa remise ? niveau rev?t donc une port?e ?conomique et g?ostrat?gique de premier plan. Au-del? des aspects techniques, la relance de l?axe Mora?Dabanga?Kousseri symbolise la r?silience d?un territoire souvent ?prouv?. Les ?changes commerciaux, interrompus ou ralentis par la d?gradation des routes, retrouveront progressivement leur dynamique. Les transporteurs, les commer?ants et les producteurs agricoles b?n?ficieront directement de cette am?lioration, avec une r?duction notable des temps de trajet et des co?ts logistiques. En effet, le projet, inscrit dans le Programme national de r?habilitation des routes structurantes, illustre la volont? du gouvernement de renforcer les infrastructures dans les r?gions septentrionales, longtemps confront?es ? l?enclavement et ? la d?gradation du r?seau routier. B?n?fices Sur le plan socio-?conomique, la r?habilitation de cette route transformera profond?ment la vie des populations locales. Elle facilitera l??coulement des produits agricoles, r?duira les co?ts de transport et renforcera la comp?titivit? des fili?res d??levage, de commerce transfrontalier et de services. ? terme, la route deviendra un v?ritable levier d?int?gration ?conomique r?gionale. Jadis symbole d?enclavement, cet axe routier s?impose d?sormais comme un instrument de relance et d??quilibre territorial, au service de la croissance et de la coh?sion nationale. Sa livraison pr?vue en d?cembre 2025 marquera une ?tape cl? dans la modernisation du r?seau routier national. Elle renforcera ?galement la position du Cameroun comme p?le logistique sous-r?gional, soutenant les ambitions ?conomiques port?es par la Strat?gie nationale de d?veloppement 2030. Jean-Ren? Meva’a Amougou

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Qui est le Golem?

Une vieille l?gende juive raconte qu?un vieux sage voulait prot?ger son peuple, alors il a pris de la boue, il a model? un corps, et il a ?crit un mot magique sur son front ? un mot qui voulait dire ?V?rit? ?. Et la chose s?est lev?e!Elle bougeait, elle ob?issait, elle faisait tout ce qu?on lui disait.Mais elle n?avait ? pas d??me ?, pas de c?ur, pas de pens?e.Elle faisait tout, m?me quand c??tait injuste, m?me quand ?a tuait.Il avait cr?? le Golem.Sauf que le Golem, docile et puissant, devait prot?ger le peuple. Mais il finit par devenir incontr?lable.Priv? d??me, il ob?issait sans comprendre, ex?cutait sans conscience.Pour l?arr?ter, il fallut effacer une lettre du mot magique : ?met devint Met ? ?Mort?.Et la cr?ature retomba en poussi?re.Cette histoire ancienne pourrait bien ?tre celle du Cameroun d?aujourd?hui.Car notre pays aussi semble gouvern? par un Golem, un ?tre d?argile : un pouvoir sans vie, sans souffle, mais qui continue de bouger, de parler, de signer, comme m? par une force invisible.Un ?tat devenu m?canique.Une R?publique maintenue artificiellement en mouvement. Alors, qui est le Golem du Cameroun ? Est-ce Ferdinand Ngoh Ngoh, le tout puissant secr?taire g?n?ral de la pr?sidence, d?tenteur d?une ?d?l?gation permanente de signature? qui fait de lui la main agissante d?un chef de l??tat absent ?Cr?ature fid?le ou nouveau ma?tre du sortil?ge ?Ob?it-il encore ? Biya, ou agit-il d?j? pour lui-m?me ?Celui qui a ?t? cr?? pour ex?cuter n?est-il pas, ? son tour, devenu indispensable au point de rendre son cr?ateur impuissant ?Ou bien, le vrai Golem, c?est Paul Biya lui-m?me ? cet homme de 93 ans dont le nom continue d?animer le syst?me ?Un pr?sident transform? en symbole, un corps politique vid? de sa substance , utilis? par ceux qui craignent de perdre le pouvoir s?il s??teint.Biya n?est-il pas devenu l?instrument d?un r?gime qui ne sait plus vivre sans lui, une marionnette que son entourage fait bouger pour prot?ger ses privil?ges ?Issa Tchiroma serait-il le Golem ou plut?t ironie du destin, le seul capable de d?sactiver le Golem ?Ancien ministre, il y a encore quelques mois, ancien avocat du diable et porte-parole du pouvoir, aujourd?hui candidat contre lui.Celui qui fut la voix du monstre veut-il d?sormais le faire taire ?Mais peut-on r?ellement d?truire la cr?ature qu?on a servie pendant tant d?ann?es?Ou sera-t-il, lui aussi, englouti par la machine qu?il tente de d?fier ? Qui est le Golem ?Le serviteur devenu ma?tre ?Le ma?tre devenu pantin?Ou le syst?me tout entier, fait de peur, de silence et d?int?r?ts crois?s, qui manipule et d?vore ? la fois ? Dans la l?gende juive, le Golem finit toujours par ?craser ceux qui refusent de l?arr?ter.Et quand il tombe, il ne tombe jamais seul : il emporte le temple avec lui.La question, aujourd?hui, est :les Camerounais le 12 octobre prochain sauront-il effacer le mot ?pouvoir? du front de cette cr?ature avant qu?elle ne r?duise le pays en poussi?re ? Jean Pierre Bekolo

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? Discours de campagne ?: Cavaye sauv? par la tradition

Comme un lion qui confond la savane ? la for?t, le pr?sident de l’Assembl?e nationale s’est perdu dans sa prise de parole. A Garoua et ? Maroua, l’on d?fend le lamido. ? Maroua, ce 7 octobre 2025, le soleil cogne sur les cr?nes comme un tambour impatient. On attend la grande messe du verbe politique, la parole inspir?e du pr?sident de l?Assembl?e nationale, devant Paul Biya en campagne ?lectorale. Et soudain, Cavaye Yeguie Djibril entre en sc?ne, drap? dans la dignit? de ses longues ann?es de fid?lit?, le regard perdu entre le pass? glorieux et le micro tremblotant. Le public, ?ventail en main, soupire d?avance : on va entendre l?hommage ? Paul Biya, le po?me de la constance, la chanson du chef ?ternel. On a bien un po?me, oui? mais d?un genre nouveau : la po?sie du d?sordre syntaxique. Les mots de Cavaye s??lancent comme des papillons ivres. Une phrase commence au Nord et finit au Sud, sans passer par le verbe. Les id?es se croisent comme des ch?vres en libert? sur une route de campagne. Parfois, une m?taphore s??crase sur une comparaison mal attach?e. On dirait une peinture de Dali r?cit?e ? voix haute : le temps fond, les mots coulent, et personne ne sait plus o? commence la louange ni o? finit la confusion. Cavaye veut glorifier Paul Biya ; il finit par c?l?brer le chaos organis?. Et au milieu du d?sastre, Cavaye, impassible, continue, s?r que le message, lui, plane devant le chef de l’?tat. Sous la tente blanche, les applaudissements sont m?caniques, presque rituels. On n??coute plus les mots : on salue l?effort. ? Il parle ?, disent les uns. ? Il survit ? sa phrase ?, murmurent les autres. La fid?lit?, ici, se confond ? l’auteur du discours, pas ? sa coh?rence. ? Garoua, la nouvelle du ? discours ? s’est r?pandue comme un parfum de moquerie contenue. Mais attention : on ne rit pas d?un lamido. La tradition, indulgente, prot?ge le vieil homme de la raillerie. ? C?est le lamido, on est oblig? de l’?couter ?, souffle un jeune militant du RDPC. ? dire que, m?me quand la parole s??gare, le respect tient la bride au rire. Ici ? Garoua, beaucoup haussent les ?paules avec philosophie. ? Le vieux lion rugit encore, m?me s?il confond la savane et le d?sert ?, glisse un commer?ant entre deux gorg?es de th? br?lant. C’est que, en ces lieux, le respect s?enrobe toujours d?un brin d?humour. Dans les caf?s, la conversation s??tire. Un vieux militant r?sume la pens?e g?n?rale : ? Ce n?est pas ce qu?il dit qui compte, c?est le fait qu?il soit encore l? pour le dire. ? Et tout le monde acquiesce, entre respect et r?signation. Pas grave Dans les rues poussi?reuses de Maroua, les commentaires vont bon train. Hamadou, militant de la premi?re heure sous la banni?re du RDPC, balaie la critique d?un revers de main : ? Vous autres, vous aimez trop les mots bien rang?s. Cavaye parle avec le c?ur, pas avec le dictionnaire ! ? ? c?t? de lui, Zara, jeune ?tudiante drap?e dans un pagne du parti, hausse les ?paules : ? On ne comprend pas tout, mais il parle devant le chef de l’?tat et ?a suffit ?. Plus loin, Moussa, vendeur de t?l?phones, rit doucement : ? Moi, je crois qu?il a m?lang? son texte. Mais ce n?est pas grave. Tant qu?il dit ?Biya?, le reste passe. Un lamido est inspir? par Dieu ?. Ici et l?, quelques avis parlent du ? po?me du d?sordre ?. Comme si, ? force de vouloir plaire, Cavaye laisse parler son inconscient politique.? On l??coute comme on ?coute la pluie sur la t?le : sans comprendre chaque mot, mais heureux qu?il pleuve encore ?, confie A?ssa, militante du RDPC ? Maroua, les yeux pleins de tendresse. ? Garoua tout comme ? Maroua, le discours de Cavaye s??vapore dans l?air chaud, comme une incantation dont on oublie le sens mais pas la musique. Il reste dans les m?moires comme une parabole du temps politique : quand les mots tr?buchent, la tradition les rel?ve. Quand la raison s??gare, la coutume s?incline. Et quand le chef bafouille, on applaudit encore plus fort, par patriotisme ou par r?flexe. JRMA

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Le Cameroun donne de la voix ? Victoria Falls

Transformer d?fis et espoirs en actions concr?tes, et construire des soci?t?s africaines v?ritablement pr?tes pour demain, tel est le message port? par le pays aux oreilles du monde. Du 2 au 3 octobre 2025, Victoria Falls, au Zimbabwe, a ?t? le th??tre d?une diplomatie innovante o? le Cameroun s?est affirm? comme porte-voix de l?Afrique. ? l?occasion de la 22e r?union des ministres des Affaires ?trang?res des pays africains et nordiques, plac?e sous le th?me ??Leveraging Technology and Collaboration for Future-Ready Societies??, la d?l?gation camerounaise a port? haut les ambitions du continent en mati?re de technologie et de coop?ration.Conduite par S.E. Chinmoun Oumarou, Secr?taire G?n?ral du minist?re des Relations ext?rieures, et compos?e de repr?sentants du MINREX et du MINPMEESA, la d?l?gation a pris part aux ?changes avec force et clart?. Pour le Cameroun, cette rencontre n??tait pas seulement un forum diplomatique : c??tait l?opportunit? de traduire les d?fis et aspirations africains en actions concr?tes, et de montrer que le continent peut ?tre acteur et non spectateur de l?innovation mondiale. Sur le plateau des discussions, le Cameroun a port? la voix de la jeunesse, des entrepreneurs et des start-ups, soulignant la n?cessit? de cr?er des ?cosyst?mes capables de stimuler l?innovation et de renforcer la r?silience des soci?t?s africaines face aux d?fis du futur. La r?union a rassembl? cinquante pays africains et cinq pays nordiques (Su?de, Norv?ge, Danemark, Finlande et Islande) ainsi que des hommes d?affaires et des jeunes innovateurs venus partager exp?riences et projets. L?accent a ?t? mis sur des enjeux cl?s : transformation num?rique, ?nergie verte, ?ducation technologique et promotion de l?entrepreneuriat. Les pays nordiques ont partag? leur savoir-faire et leurs mod?les de gouvernance, mais c?est la voix camerounaise qui a rappel? que les solutions doivent ?merger du terrain et r?pondre aux r?alit?s africaines. ? l?issue de la rencontre, engagements et promesses ont ?t? scell?s : intensifier les ?changes bilat?raux et multilat?raux, soutenir la jeunesse et multiplier les initiatives conjointes. R?my Biniou

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Gadgets de campagne: les pagnes du RDPC se distribuent ? l’appel ? Nkongoa

Des philanthropes font du porte ? porte pour offrir les tissus du pr?sident candidat. Au lieu de regarder le meeting du candidat RDPC bon nombre de personnes les femmes en particulier disputent les pagnes chez un des voisins allog?nes. Pas moins de 400 ?toffes seront partag?s. Ce partage de pagnes est le principal sujet d’attraction dans la localit? de Nkongoa. Cette distribution se r?pand comme une tra?n?e de poudre et irrite les ?lites du dit village. L’un d’eux constitue des ?quipes pour sillonner dans les maisons pour donner des pagnes aux habitants, ? que vous soyez ?trangers o? enfants du village, que vous soyez du RDPC, du PCRN ou de l’UNDP, on vous donne le pagne. C’est le vivre ensemble ?, d?clare Joseph, un des chefs d’?quipe de distribution que nous retrouvons au quartier Ebouma-Adam. Il est en pleine discussion avec des jeunes refusant de prendre les gadgets du candidat pr?sident. M?me les employ?s des chantiers sont servis. Dans un grand chantier situ? juste en face du CITIC de Nkongoa, tous les techniciens re?oivent un kit complet. Tout le monde rentre ce mercredi 8 octobre le sourire aux l?vres. Magloire l’un d’eux est en extase, il re?oit 10 pagnes, les montres et les t?l?phones portables, ? je peux aussi faire la campagne ? mon niveau. Et depuis que les gens sont au courant que j’ai eu une importante dotation, mon t?l?phone ne cesse de cr?piter. Ma m?re, ma belle-m?re, mes belles s?urs m’appellent ? tout moment. Ce jeudi matin, je me r?veille, je trouve une grand-m?re devant ma porte. Elle me dit qu’elle est venue prendre le pagne ?, se r?jouit le ma?on. Son coll?gue Jordan plut?t que de partager ces pagnes se transforme en vendeur. Il liquide un tissu de 6 m?tres ? 1 000 FCFA. La cl? USB et la montre co?tent 2 000 FCFA la pi?ce. Seuls les t?l?phones portables ne sont pas ? vendre, ? le boss nous a g?t? avec les pagnes, les cl?s USB. Je fais alors quoi avec autant de pagnes. Que de saturer ma chambre mieux je liquide. Quand on nous donne ces choses c’est pour donner autour de nous et non de conserver. D?cryptage Ce qui retient l’attention de Guillaume est le fait qu’il n’y ait pas le logo et le sigle du parti ? la flamme, ? Paul Biya vous dit qu’il n’est pas avec vous. Il parle directement au peuple. Le peuple ne veut plus d’interm?diaires ?, c’est ce que Guillaume semble voir comme message du pagne de campagne. C’est une occasion pour lui de se moquer des femmes qui accourent pour avoir le pagne. Andr? Gromyko Balla

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Tchiroma et Bello Bouba: dans la bataille num?rique

Depuis que la campagne pr?sidentielle a plant? ses tentes sur les rives de la B?nou?, Garoua est devenue le th??tre d?un duel in?dit. Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maigari ne s?affrontent plus sur les estrades, mais sur les chiffres. ? On dirait deux vieux g?n?raux qui bataillent avec des ordinateurs ?, raille Baba Hamadou, journaliste local. ? Les meetings ? Termin?. Maintenant, c?est le chiffre qui parle. Ici, la chaleur suffocante ne fait pas fondre les ambitions ; elle fait seulement transpirer les pourcentages. Chaque sondage devient une arme, chaque graphique un ?tendard, et chaque courbe une d?claration de guerre. Ici, on ne mesure pas l?opinion, on la fabrique ?, soupire Baba Hamadou.Chaque jour, les tendances se contredisent, les courbes se croisent, les certitudes s??vaporent. Sur les plateaux de t?l?visions locales, des experts de toutes les farines se succ?dent, arm?s de graphiques color?s et de phrases prudentes en langue locale : ? Selon nos projections, la dynamique est favorable au candidat Tchiroma? ?Entre-temps, affiches et tracts rivalisent d?assurance : ? Issa Tchiroma en t?te avec 98 % !?, crie l?un. ? Bello Bouba Maigari 99% ?, corrige un autre. D’ordinaire paisibles, les radios de Garoua, se sont transform?es en ar?nes sonores. Le matin, une voix enthousiaste annonce : ? Tchiroma m?ne avec 62 % ! ? ? peine le caf? termin? qu?une autre station r?plique : ? Bello Bouba garde la main avec 59 % ! ? Entre les deux, les auditeurs jonglent avec les chiffres comme avec des noix de kola : personne ne sait vraiment qui tient la balle. Sur les r?seaux sociaux, c?est la foire aux graphiques bricol?s et aux vid?os mont?es ? la h?te. ? Ces chiffres tombent comme la pluie, mais on ne sait jamais d?o? elle vient ?, sourit le Pr. Abdoulaye Tamba, sociologue ? l?Universit? de Garoua. ? Ils vivent juste le temps d?enflammer un meeting. ? Les instituts improvis?s se multiplient comme des mangues apr?s la pluie : tous offrent leur dose quotidienne de v?rit?? ou de fantaisie. Les uns jurent que ces chiffres sont des barom?tres d?opinion ; les autres y voient des outils de persuasion d?guis?s. Chaque camp partage celui qui lui ressemble, comme on choisit un miroir qui flatte son reflet. Chaque camp s?y agrippe comme ? une bou?e statistique dans une mer d?incertitudes. Plus on avance vers la fin de la campagne ?lectorale, plus on assiste ? un concours d?illusions, une bataille d?algorithmes et de slogans. ? Roumde-Adjia, un cybercaf? s?est autoproclam? ? Centre d?analyse ?lectorale du Septentrion ?. Trois ordinateurs poussifs, un ventilateur grin?ant et un jeune homme en chemise froiss?e : ? Nous avons interrog? 1 200 personnes ?, assure-t-il. Quand on demande comment, il h?site : ? Par WhatsApp? et un peu au lamidat ?. Le s?rieux n?est pas de mise, mais l?enthousiasme, lui, d?borde. ? Le chiffre n?est plus un constat, c?est un cri de guerre ?, r?sume Nadine Badjeck, consultante politique en mission dans la ville. Dans les rues sablonneuses, les d?bats font rage. Au march? central, les vendeuses de l?gumes brandissent leurs pr?f?rences comme des ?tendards. ? Bello, c?est le Nord vrai ! ? ? Non, Tchiroma, c?est la voix du peuple ! ? s??crie une autre. Dans le tumulte, un mototaximan s?invite : ? Moi, j?ai transport? dix clients aujourd?hui : six Tchiroma, trois Bello, un qui voulait juste une r?duction. Alors qui gagne ? ? Et tout le monde ?clate de rire. M?me les caisses enregistreuses semblent rire ? chaque chiffre ?chang?. Pr. Tamba observe cette ferveur avec un brin de m?lancolie : ? Ces chiffres sont comme les mirages du d?sert. On croit y voir l?eau de la victoire, mais c?est juste la chaleur des illusions ?. Pourtant, ces illusions nourrissent l?espoir et entretiennent la flamme. Dans une ville o? la politique se vit autant dans les c?urs que dans les urnes, r?ver vaut parfois mieux que compter. Le vieux statisticien Hamidou Garba, retrait? depuis belle lurette, regarde cette effervescence avec un sourire fatigu? : ? Autrefois, on comptait les gens avec des carnets et des crayons. Aujourd?hui, on compte les clics. Mais les clics ne votent pas ?. Sous un manguier du quartier Plateau, un groupe d?anciens commente la journ?e. Les radios gr?sillent au loin, les enfants jouent entre les bancs. ? Ces deux-l?, Bello et Tchiroma, se connaissent trop bien pour se ha?r vraiment ?, glisse l?un d?eux. Un autre rench?rit : ? Ils s?affrontent ? coups de chiffres, mais ils savent que le peuple du Nord ne se laisse pas compter ?. Un p?cheur, jetant son filet dans la B?nou?, conclut : ? Le seul pourcentage qui compte ici, c?est celui du courage. Et ? Garoua, il d?passe toujours les 100 %. ? Les sondages continueront de pleuvoir, les graphiques de fleurir, les ordinateurs de grincer, mais sous le ciel br?lant du Nord, ce sont les rires, les r?ves et le souffle des habitants qui d?terminent vraiment l?issue. Dans cette ville o? l?absurde et le s?rieux se c?toient, la politique n?est jamais qu?une com?die charmante et bruyante, o? chaque mirage a le go?t sucr? de l?espoir? et o?, parfois, un pourcentage bien plac? vaut mieux qu?un kilo de b?uf. JRMA

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