D?sireux de mettre en ?uvre la d?cision (Assembly/AU/Dec.394 (XVIII) de la Conf?rence des chefs d??tat et de gouvernement, adopt?e au cours de sa dix-huiti?me session ordinaire tenue les 29 et 30 janvier 2012 ? Addis-Abeba (?thiopie), relative au cadre, ? la Feuille de route et ? l?Architecture concernant l?acc?l?ration de la cr?ation rapide de la Zone de libre-?change continentale africaine et au Plan d?action pour la stimulation du commerce intra-africain. Conscients du lancement des n?gociations en vue de la cr?ation d?une Zone de libre-?change continentale visant ? int?grer les march?s africains conform?ment aux objectifs et principes ?nonc?s dans le Trait? d?Abuja lors de la vingt-cinqui?me session ordinaire de la Conf?rence des chefs d??tat et de gouvernement de l?Union africaine tenue ? Johannesburg (Afrique du Sud) les 14 et 15 juin 2015 [Assembly/AU/Dec. 569(XXV)]. Tenant compte des aspirations ?nonc?es dans l?Agenda 2063 visant ? cr?er un march? continental avec la libre circulation des personnes, des capitaux, des marchandises et des services, qui sont essentiels pour le renforcement de l?int?gration ?conomique, la promotion du d?veloppement agricole, la s?curit? alimentaire, l?industrialisation et la transformation structurelle ?conomique, la ZLECAF fait couler beaucoup d?encre et de salive en Afrique. Conform?ment ? l?article 2 de l?Accord portant cr?ation de la Zone de libre-?change continentale africaine sign? ? Kigali, le 21 mars 2018 lors du Sommet extraordinaire de l?Union Africaine (UA), ?il est cr?? une Zone de libre-?change continentale africaine, ci-apr?s d?nomm?e ?ZLECAF?. Celle-ci (ZLZCAF), poursuit des objectifs g?n?raux1 et sp?cifiques2 , qui pourraient se r?sumer ? l?int?gration r?gionale et le d?veloppement ?conomique du continent. Au regard des buts poursuivis par cette organisation continentale, l?on est en droit de s?interroger sur l?avenir de la ZLECAF. D?s lors, quelles sont les attentes voire visions de la ZLECAF ? court et ? long terme pour le d?veloppement africain? Cette question offre l?occasion de porter un regard sur la coh?rence des instruments qui devraient escorter la ZLECAF, et permet dans une approche prospective de sp?culer sur les ?ventuels d?fis et succ?s de cet organisme continental. Indubitablement ces espoirs sont multiples. En convolant, la pens?e Moubarack LO et Amaye SY sur la question3, le programme d?int?gration de la ZLECAF entre les pays africains affecte plusieurs dimensions du d?veloppement ?conomique visant ? pr?ner la libre circulation des personnes et des biens4. Un large ?ventail de facteurs structurels d?terminera les progr?s et les r?sultats du projet d?int?gration. Il s?agit notamment des barri?res non-tarifaires, des co?ts de mise en ?uvre et d?ajustement, de la transformation structurelle et des politiques industrielles, etc. 1- La suppression des barri?res non-tarifaires pour une recrudescence du commerce transfrontalierL??limination progressive des barri?res non-tarifaires est un d?fi que les gouvernements africains doivent relever pour stimuler l?impact de la ZLECAF sur le d?veloppement. Selon la CNUCED (2018), les facteurs non-tarifaires doivent ?tre d?finis au sens large et ils comprennent ceux qui rendent le commerce difficile ou co?teux, tels que les barri?res non-tarifaires typiques (par exemple, les quotas, les subventions, les licences et l’application restrictive de mesures non-tarifaires telles que les r?gles d’origine et les mesures sanitaires et phytosanitaires), les infrastructures de logistique et de transport et d’autres facteurs qui peuvent affecter indirectement le commerce (par exemple, le cr?dit, le capital humain, le climat commercial). Alors que l?accord a donn? la priorit? ? la suppression des obstacles physiques et fiscaux au commerce, il appara?t de plus en plus clairement que la persistance des barri?res non- tarifaires qui ont ?touff? le commerce transfrontalier dans le pass? pourrait continuer ? constituer un obstacle majeur pendant la mise en ?uvre de l’accord commercial. D?ores et d?j?, les enseignements tir?s de l’int?gration au niveau des Communaut?s ?conomiques r?gionales (CER) d?Afrique montrent que l’impact de la r?duction des droits de douane sur le commerce transfrontalier a ?t? tr?s limit?, ce qui sugg?re que l’?limination des barri?res fiscales n’est pas la contrainte la plus importante (FMI, 2019). Cette constatation est particuli?rement vraie dans un environnement institutionnel difficile o? le chevauchement des adh?sions aux communaut?s ?conomiques r?gionales a entrav? la normalisation du commerce et les m?canismes d’application (Banque mondiale 2018)5. Cette aspiration s?observe aussi au niveau du renforcement du d?ficit des infrastructures. 2- Le renforcement du d?ficit des infrastructures et logistiquesIl sera de plus en plus important, lors de la mise en ?uvre de la ZLECAF, de combler le d?ficit d’infrastructures, qui a constitu? un obstacle majeur ? la croissance ?conomique et ? l’expansion du commerce intra-africain. Cet effort portera sur les infrastructures physiques et num?riques qui, dans le contexte actuel de fragmentation des march?s africains, ont constitu? des obstacles majeurs ? la transformation ?conomique et ? la production industrielle, ainsi qu’? la distribution des marchandises (FMI 2019, Banque mondiale 2020, BAD 2019). La plupart des pays africains sont relativement mal class?s, en ce qui concerne la qualit? de l?infrastructure, et un tiers environ d?entre eux sont enclav?s, indiquant que la m?diocrit? de l?infrastructure en Afrique diminue l?efficacit? des r?ductions tarifaires cens?es stimuler les ?changes commerciaux sur le continent (FMI 2019). Pour les pays enclav?s, la logistique joue aussi un r?le important. Elle influe davantage sur leur capacit? ? commercer, et les services logistiques de base renforcent consid?rablement l?impact des baisses tarifaires sur le commerce. Globalement, l?am?lioration de l?infrastructure et de la logistique commerciale de base est particuli?rement importante pour que les pays enclav?s puissent tirer profit des r?ductions tarifaires (FMI 2019)6. ? coup s?r, l?incitation ? la r?novation structurelle appara?t aussi comme une attente de la ZLECAF. 3- L?incitation de la r?forme structurelle? long terme, pour tirer pleinement parti des opportunit?s ?conomiques de la ZLECAF, les ?tats devront adopter des politiques de soutien pour encourager la transformation structurelle. Plusieurs raisons peuvent ?tre mises en avant pour d?montrer que la r?alisation du potentiel de croissance et de d?veloppement associ? ? la ZLECAF n?cessite un engagement politique fort pour mettre en ?uvre les r?formes politiques et structurelles susceptibles de r?soudre la myriade de contraintes li?es ? l’offre auxquelles la r?gion est confront?e. En effet, la ZLECAF est pr?sent?e comme un r?gime fond? sur des r?gles qui pourraient promouvoir la diversification