ARTICLE DE BLOG

ARTICLE DE BLOG

Anti-jeu ?lectoral : Paul Biya d?j? en campagne

L?actuel locataire du palais de l?Unit? est-il d?j? en train de relancer les d?s de sa vie politique? Est-il sur le point de prendre sa retraite? L?homme et toutes ces questions ne font qu?un. Nouvelle Route Bastos, ce 16 janvier 2025. Paul Biya n?est pas l?. Toutefois, en grand format, des images de lui insinuent joyeusement sa pr?sence. En les observant bien, ces images sont loquaces: un portrait g?ant du chef de l?Etat; un plan serr? sur fond d?autoroutes?L?ensemble valorise le visage et la jeunesse de l?homme. A croire que ceux qui les ont coll?es sur ces larges panneaux ont pris soin de mettre d?abord en avant son physique. ?Les concepteurs de ces affiches, comme vous pouvez le deviner, assument v?ritablement le c?t? esth?tique de leur strat?gie, laquelle consiste ? rendre le pr?sident aussi proche que possible, afin d??tablir un lien ?motionnel avec la personne qui regarde l?affiche, droit dans les yeux?, estime l?expert en strat?gie de communication Pulch?rie Ngongang. Il poursuit: ?le fond parle ?galement; puisqu?il montre clairement la volont? du pr?sident de jouer la diff?rence et de mettre en avant un message entretenu par des infrastructures construites sous son magist?re?. ?Loin de l?image dure et agressive qu?on voit chez certains hommes politiques de chez nous, Paul Biya, bien servi par un logiciel de retouche, adopte l?attitude d?homme d?Etat, tel qu?on l?imagine, visage paisible, fin sourire aux l?vres, visionnaire, constructeur et sur pied. Et en ce sens, les affiches que nous avons sous nos yeux dans les rues de Yaound? s?inscrivent dans la rediffusion du discours qui le pr?sidentialise quotidiennement, en faisant r?f?rence ? son r?le de b?tisseur infatigable. Il s?agit donc d?un message coh?rent avec l?un de ses slogans: ??les grandes r?alisations ?? sachant que l?opposition a toujours eu des positionnements ?quivoques vis-?-vis du pouvoir?, ajoute le s?miologue Franck Noumbissi. D?j? en campagne ?lectorale?Pour beaucoup, malgr? la parole obscure de Paul Biya lors de son message ? la nation le 31 d?cembre 2024, son ?omnipr?sence? dans les rues peut ?tre interpr?t?e doublement. ?D?une part, il pourrait bien s?agir de prendre de l?avance sur les autres candidats d?clar?s ou non ? la prochaine pr?sidentielle. Alors, ? travers ces affiches, le pr?sident veut peut-?tre aussi signaler qu?il est d?j? au travail d?une part. D?autre part, on pourrait voir en ces affiches des marques d?au revoir d?un homme qui, selon lui-m?me caresse le r?ve d??tre d?sign? comme celui qui a apport? la d?mocratie et la prosp?rit? ? son pays?, nuance un militant du Rassemblement D?mocratique du peuple camerounais, le parti de Paul Biya. De son c?t?, Pr Victor Ashany est sans d?tour. ?Biya est d?j? en campagne!?, tranche-t-il. Selon ce militant d?un parti de l?opposition, ?les affiches de Paul Biya et de son ?pouse fonctionnent d?j? comme des ?l?ments de cadrage du sens?. ?Personnellement, je consid?re ces affiches comme des outils de mobilisation politique qui, comme les posters publicitaires, visent ? s?duire, exhorter, vendre, attirer. Et la permanence de leur pr?sence, placard?e depuis des jours, voire des mois durant, aux abords des rues tr?s fr?quent?es, fait en sorte qu?elles se font remarquer m?me par le passant press? ou r?fractaire ? la politique, puisque la disposition de ces affiches est telle qu?elles entrent dans le champ visuel de celui qui, badaud fl?neur ou citoyen attentif, est toujours un regardeur. Entre temps, rien n?est fait pour emp?cher cet affichage?, argumente Pr Victor Ashany. Sur ce dernier aspect, une source ? la Communaut? urbaine de Yaound?, institution charg?e de surveiller l?environnement publicitaire dans la capitale, brille par sa f?brilit?. ?H?las, on ne peut pas faire grand-chose. Quand on constate ces infractions, les proc?dures sont souvent longues, en passant par le pr?fet ou le maire. C’est parfois la croix et la banni?re. En plus, dans le cas des affiches ?lectorales, les choses sont temporaires, ?a ne sert donc ? rien de les signaler aux autorit?s. Et en termes de responsabilit?, c’est aussi compliqu?. Il n?est pas prouv? que le pr?sident est ou n’est pas responsable directement, qu?il a ou n’a pas donn? l’ordre de coller son image ? tel ou tel endroit de la ville?, se d?tourne notre interlocuteur. La propagande par l?image du ?candidat? Biya La mouvance des campagnes ?lectorales est marqu?e par des d?fis pluriels. Entre postulants et ?lecteurs, tout se joue. Il faut convaincre par tous les moyens. Les jours futurs seront capitaux pour l?avenir du Cameroun. En cette ann?e ?lectorale, l?on renouvellera les marques baptismales de la nouvelle architecture politique du Cameroun. A la suite des inscriptions sur les listes ?lectorales, le corps ?lectoral sera convoqu? et l?on rentrera de plein pied dans la mouvance des ?lections. Il est utile de rappeler que chaque ?lection pr?sidentielle est pr?c?d?e d?une p?riode de campagne ?lectorale. Pendant cette p?riode, les candidats vont pouvoir pr?senter leur programme, communiquer avec leurs militants et r?unir leurs partisans. Cette phase de la campagne ?lectorale est encadr?e par diverses dispositions l?gislatives et r?glementaires.On observera la tenue de m?ga-meetings politiques essentiellement organis?s par les partis politiques dans le but de renforcer la cr?dibilit? de leurs aspirants ? la ?Haute Candidature?. Au rang de diverses strat?gies mises en place par les ?tats-majors de ces diff?rents postulants, la propagande par l?image demeure l?une des strat?gies les plus utilis?es.Pendant la dur?e de la campagne ?lectorale officielle, dans les communes, des emplacements sp?ciaux seront r?serv?s par l?autorit? municipale pour permettre aux candidats d?clar?s d?apposer des affiches ?lectorales sur des panneaux d?expression libre. Les mois ? venir r?v?leront des candidats dont les effigies seront appos?es sur des panneaux publicitaires dans plusieurs localit?s. Avec en bonus, des slogans porteurs susceptibles de cr?er une ?mulation populaire et favoriser la divulgation de la vision globale du candidat. Pendant les ?lections pr?sidentielles pr?c?dentes, le RDPC s?est le plus souvent appuy? sur l?image de son candidat pour mieux v?hiculer son projet de soci?t?. Des affiches publicitaires ont, le plus souvent, v?hicul? des slogans politiques allant dans le sens du renforcement de la vision du candidat Biya, afin de cr?er un sentiment d?unit? nationale et d?adh?sion ? ses objectifs. Elles

ARTICLE DE BLOG

6e ?dition du FESTAT : les Sao-Kotoko en candeur nature ? Yaound?

Venu du Logone-et-Chari (r?gion de l?Extr?me-Nord), ce peuple tr?s ancien esp?re, ? travers le Festival des arts et traditions Kotoko (FESTAT), un maximum de visibilit? tant au plan national qu’international. ?Les Sao Kotoko sortent du Logone-et-Chari dans la r?gion de l?Extr?me-Nord, pour se donner ? voir dans le Mfoundi, dans le Centre?. Les mots sont puissants. Ils disent tout de la dynamique qui anime la 6e ?dition du FESTAT, ?pr?vu ? Yaound? du 23 au 25 janvier 2025. Cette f?te est plac?e sous le th?me: « Entre pass? et pr?sent: culture et traditions du peuple Sao Kotoko, leviers de la solidarit? et du vivre-ensemble ». Cette ann?e, elle signe un premier rapprochement entre les autres cultures et la n?tre. Avec leurs fr?res du Tchad, du Nig?ria et du Ghana, les Sao Kotoko du Cameroun vont animer le FESTAT ici ? Yaound? pour signifier que ce grand moment de notre culture va d?sormais au-del? du mod?le de la f?te purement folklorique et qu?il s?inscrit dans un espace symbolique ?largi ? l?ensemble du monde?, explique Ali Alhadji Abba (pr?sident du comit? directeur de l’Association culturelle Sao Kotoko). En conf?rence de presse ce 14 janvier 2025, ce dernier pr?cise que ?la d?localisation du FESTAT, c’est le sujet qui est ? l’ordre du jour?. Vis?e?Nous venons ? Yaound? pour un maximum de visibilit? tant au plan national qu’international, en vue de l?inscription de notre festival au patrimoine mondial de l’UNESCO. D?ores et d?j?, nous avons engag? des d?marches aupr?s des autorit?s de notre pays, et nous voulons, cette fois, int?resser davantage le public d’ici et d’ailleurs?. Sur la base d?autres d?tails fournis par Alhadji Abba, l?on apprend que le FESTAT est surtout une occasion d?exhibition des ?l?ments de la culture Sao Kotoko: ?il s?agira d?une v?ritable d?monstration de force, ? travers une mobilisation des grands jours et un d?ploiement grandeur nature, d?aucuns parlent de ??candeur nature?. Un total de 224 festivaliers en provenance du Logone et Chari, est attendu ? Yaound? pour ces 3 journ?es d?exposition, de gastronomie, de conf?rences, d?artisanat, d?ateliers th?matiques, des danses traditionnelles et de d?couverte de l?histoire et de la culture Sao Kotoko. Plus de 550 objets d?arts historiques seront expos?s au Mus?e national de Yaound?. Et la cerise sur le g?teau de ce Festival sera la pr?sence de tous les 7 sultans ? Yaound?, accompagn?s de toutes leurs d?l?gations royales. Les d?l?gations des Sao Kotoko du Tchad, du Nig?ria et du Ghana, viendront ?galement rehausser avec leurs particularit?s, le rayonnement de cette 6e ?dition?. Pour le dire ? sa fa?on, Mahamat A?ssa Epse Motaze postule qu?? la faveur du FESTAT 6e ?dition, le peuple Sao Kotoko est pr?t pour de nouvelles responsabilit?s. ?Sa principale richesse aujourd?hui, dit-elle, r?side dans la volont? des Sao Kotoko de construire leur avenir, dans ce sentiment d?appartenance qui, ? l?heure de la mondialisation, est un levier capital de tout d?veloppement global?. Sur le coup, c?est la fiche technique de l?organisation du FESTAT qui n?en finit pas d?illustrer la force du collectif Sao Kotoko ?parpill? au Cameroun dans 7 chefferies sup?rieures (sultanats), notamment ? Kousseri, Logone Birni, Goulfey, Afad?, Makary, Bodo et Woulky. ?Un pays, le Cameroun qui, de l’antique culture Sao, cinq si?cles avant notre ?re, l’une des plus anciennes civilisations de l’Afrique centrale, jusqu’aux cr?ateurs les plus contemporains, aura marqu? sa trace dans l’Histoire du monde?. En janvier 2025, ces propos ?mis par Jacques Chirac (ancien chef d’Etat fran?ais, lors de l’ouverture du Sommet Afrique-France, ? Yaound? du 18 au 20 janvier 2001) sugg?rent les Sao Kotoko comme un peuple qui a plong? sa main dans le terreau de la grande Histoire de l?humanit?. Jean-Ren? Meva?a Amougou

ARTICLE DE BLOG

Duba?, capitale de la boxe Arabe.

La conf?rence de presse pour annoncer le championnat du monde de boxe Arabe professionnel Duba?, ?mirats arabes unis – Le Conseil des sports de Duba? a annonc? l’organisation du Championnat du monde de Boxe Arabe Professionnel, qui se tiendra le 30 avril 2025 ? la Coca-Cola Arena. Cette comp?tition de haut niveau r?unira des boxeurs de 14 pays de diff?rents continents, dont la France, le Br?sil, l’Italie et l’Espagne. Un ?v?nement de haut niveau L’?v?nement est organis? en coop?ration avec la F?d?ration internationale de Boxe Arabe et la soci?t? Miss Moyen-Orient. Le championnat comprendra 16 combattants entre hommes et femmes, dans 8 cat?gories de poids diff?rentes. Les boxeurs s’affronteront pour remporter les titres de champions du monde dans leurs respectives cat?gories. Les r?actions des organisateurs « Cet ?v?nement est une opportunit? exceptionnelle pour Duba? de renforcer son statut de capitale sportive mondiale », a d?clar? Ali Omar, Directeur du D?partement des ?v?nements sportifs du Conseil des sports de Duba?. Le Dr Hedi Sediri, Pr?sident de la F?d?ration internationale de Boxe Arabe, a exprim? sa gratitude envers le Conseil des sports de Duba? pour son soutien continu. « Nous sommes ravis de collaborer avec le Conseil des sports de Duba? pour organiser cet ?v?nement de haut niveau », a-t-il d?clar?. Monsieur Hussein Hammou, Directeur de la soci?t? Miss Moyen-Orient, a soulign? l’importance de l’?v?nement pour la durabilit? et l’environnement. « Nous nous engageons ? organiser un ?v?nement durable et respectueux de l’environnement, en ligne avec les directives gouvernementales », a-t-il d?clar?. Un ?v?nemet incontournable Le Championnat du Monde de Boxe Arabe Professionnel promet d’?tre un ?v?nement incontournable pour les amateurs de boxe et les fans de sports en g?n?ral. Avec des boxeurs de renom et des comp?titions intenses, cet ?v?nement sera une exp?rience unique et excitante pour tous les participants et les spectateurs.

ARTICLE DE BLOG

Exactions de la France au Cameroun : synth?se conclusive sur la p?riode 1945-1971

Grandes lignes d?un travail qui s?analyse comme un lieu d?Histoire sanglante. Synth?se conclusive du rapport du volet ? recherche ? de la Commission mixte sur le r?le et l’engagement de la France dans la lutte contre les mouvements ind?pendantistes et d’opposition au Cameroun de 1945 ? 1971 Charg?e d??tudier le r?le et l’engagement de la France dans la lutte contre les mouvements ind?pendantistes et d’opposition au Cameroun de 1945 ? 1971, le volet ? Recherche ? de la Commission franco-camerounaise livre ici une histoire globale d?une guerre de d?colonisation encore trop m?connue. Suivant un fil chronologique, ses quatre sections permettent de retracer la gen?se de l?affrontement entre les autorit?s coloniales et les oppositions ind?pendantistes au prisme du temps long de la situation coloniale (1945-1955), puis le glissement des r?pressions politique, diplomatique, polici?re et judiciaire vers la guerre men?e par l?arm?e fran?aise (1955- 1960), dont l?action se poursuit malgr? la transition politique et l?ind?pendance du Cameroun (1960-1965) ? et m?me au-del?, l?aide fran?aise se maintenant dans le cadre de la coop?ration entre les deux pays (1965-1971). Section 1 Les premi?res strat?gies de lutte contre les forces ?mancipatrices au Cameroun (1916-1955) : d?fense des int?r?ts fran?ais, contr?le de la vie politique et violences Cette section ?tudie les premi?res strat?gies de lutte d?ploy?es par les autorit?s fran?aises contre les forces?mancipatrices au Cameroun de 1916 ? 1955, en particulier ? partir de la Seconde Guerre mondiale, lorsque le mouvement ind?pendantiste s?affirme. En prologue, le rapport commence par l??tude, d?j? bien renseign?e par les historien?nes, de l?occupation colonialeeurop?enne de la fin du XIXe si?cle et la partition du Kamerun allemand en deux mandats de la Soci?t? des Nations (SDN) apr?s la Premi?re Guerre mondiale mais en connectant ces deux ?pisodes ? la question de la guerre duCameroun. En effet, d?s la fin du XIXe si?cle, la France et le Royaume-Uni convoitent ce territoire pour son potentiel ?conomique et strat?gique ce qui explique la volont? de la France d’y pr?server sa domination jusqu?? la fin de la p?riode coloniale ? et son influence bien au-del?. Pendant et apr?s la Premi?re Guerre mondiale, le gouvernement fran?ais exerce une pression diplomatique aupr?s des Alli?s pour obtenir la cr?ation de mandats de la SDN satisfaisant ses ambitions territoriales et politiques. La France cherche, d?s le d?but effectif du mandat, ? exploiter le Cameroun comme l?une de ses colonies, outrepassant ainsi le fragile droit international que cherche ? faire appliquer la SDN, consid?r?e comme un frein ? ses ambitions politiques et ?conomiques en Afrique centrale. La Seconde Guerre mondiale confirme tout l?int?r?t de ce territoire pour la puissance fran?aise. Au m?me titre que le Congo, l?Oubangui-Chari et le Tchad, le Cameroun rejoint d?s la fin ao?t 1940, l?Afrique fran?aise libre, qui permet ? de Gaulle d?obtenir une assise territoriale et une l?gitimit? politique pour poursuivre la guerre, au prix cependantd?un effort de guerre brutal exig? des populations camerounaises. Plus de 4 000 tirailleurs camerounais s?engagent etse battent alors aux c?t?s des Forces fran?aises libres contre les troupes de l?Axe. Le Cameroun acquiert ainsi une dimension symbolique dans le r?cit de la lib?ration de la France pour tous?tes les r?sistant?es qui y ont transit?. Ce fait explique la mani?re dont les autorit?s fran?aises ont, de nouveau, cherch? ? int?grer le Cameroun ? l?empire colonial fran?ais d?s la fin du conflit, lors du processus de n?gociation diplomatique autour du devenir des territoires sous mandats. Malgr? un important lobbying au sein de la nouvelle Organisation des Nations Unies (Onu), afin de maintenir sa domination sans contr?le international, des accords sont finalement sign?s en 1946 : l?ancien Camerounsous mandat fran?ais devient un territoire sous sa tutelle qui doit, en th?orie, rapidement ?voluer vers l?autonomie et l?ind?pendance. Mais la volont? fran?aise de continuer ? le diriger comme une ? partie int?grante ? de son empire perdure et conditionne la mani?re dont les diff?rents gouvernements et les autorit?s coloniales, souventcompos?es d?anciens r?sistants, agissent pendant la guerre du Cameroun. Cette section met aussi particuli?rement l?accent sur le dynamisme politique des Camerounais?es apr?s 1944, que ce soit par le biais de la cr?ation de syndicats, d?associations ou de mouvements qui r?clament d?sormais l?ind?pendance et la r?unification avec la partie sous tutelle britannique. Notre ?tude se place ? hauteur d?individuslongtemps invisibilis?s, des hommes et des femmes qui ont favoris? cette ?mancipation politique : les syndicalistes en poste au Cameroun, proches des futur?es membres de l?Union des populations du Cameroun (UPC) cr??e en 1948, de l?Union d?mocratique des femmes camerounaises (Udefec) cr??e en 1952 et de la Jeunesse d?mocratique du Cameroun (JDC) cr??e en 1954. Ce travail porte de nouveaux regards sur la mani?re dont les Camerounais?es se sont empar??es des id?es nationalistes, guid??es par les principaux dirigeants up?cistes comme Ruben Um Nyob?, F?lix-Roland Moumi?, Abel Kingu? et Ernest Ouandi?, que ce soit au sud et ? l?ouest du pays, d?j? ?tudi?es par de nombreux?euses historien?nes, mais aussi dans les r?gions moins connues du Mbam, du nord ou de Kribi. La granularit? de nos analyses permet de cerner pourquoi les autorit?s fran?aises n?arrivent pas ? entraver, malgr? leurs efforts constants, le succ?s croissant de l?UPC aupr?s des populations camerounaises, ce qui les incite ? recourir ? unensemble de m?thodes l?gales, ill?gales et violentes pour contrecarrer cette influence. La r?pression polici?re etjudiciaire des militant?es nationalistes s?accompagne, par ailleurs, d?une tentative de contr?le de la vie politique. Les autorit?s coloniales cr?ent des partis sp?cifiquement destin?s ? contrecarrer l?UPC : en faisait le choix derenommer ces partis, alors dits ? administratifs ?, en ? partis de collaboration ?, nous souhaitions souligner que les autorit?s coloniales fran?aisescorrompent et manipulent la vie politique camerounaise pour maintenir leurs positions en pleine p?riode de d?colonisation et de guerre froide. Gr?ce au croisement d?archives de la France d?Outre-mer et de celles de la justice militaire d?voil?es ? cetteoccasion, nous avons pu ?tudier avec minutie les ?v?nements violents de Douala de septembre 1945, requalifi?s ainsipar la Commission, afin de s?affranchir du terme p?joratif ? d??meutes ? longtemps utilis? pour les d?crire et afin de mieux les inscrire dans la vague de r?pressions fran?aises qui se d?roulent en Alg?rie, au S?n?gal et ? Madagascar apr?s la Seconde Guerre mondiale. Le rapport souligne le r?le jou? par une poign?e de colons fran?ais dans l?intensification des violences et l?incapacit? des autorit?s politiques ? ma?triser celles-ci. Ces colons refusent toute r?forme remettant en cause leur domination politique et?conomique et leurs privil?ges sociaux, s?organisent en ? ?tats-G?n?raux ? pour d?noncer les r?formes issues de la conf?rence de Brazzaville de 1944, pourtant encore bien timides ? l??gard des Camerounais?es. On d?couvre la faiblesse du gouverneur Henri Nicolas face ? ces colons agressifs et vindicatifs clairement identifi?s, qui s?opposent aux manifestations des plus d?muni?es de Douala, touch??es par le difficile contexte ?conomique d?apr?s-guerre.D?bord?, le gouverneur accepte de leur fournir des armes comme l?atteste un petit cahier retrouv? par la Commissiondans les archives militaires. Ces colons et certains aviateurs fran?ais de l?escadrille B?thune outrepassant leur mission, constituent les acteurs r?pressifs de cette premi?re s?quence violente, dont le bilan humain officiel (neuf tu??es) est largement sous-estim?. Les sanctions prises ? l?issue des ?v?nements illustrent parfaitement le fonctionnement d?une justice coloniale racialis?e : on compte des milliers d’arrestations parmi les manifestant?e?s et des centaines de condamnations ? des peines de prison ou de travaux forc?s. ? l?inverse, seuls quelques colonssont mis en examen et inculp?s pour ? r?bellion contre l?autorit? ?. Les aviateurs sont jug?s par un Tribunal militaire cr?? pour l?occasion : tous sont misaux arr?ts pendant quelques semaines et leur capitaine se voit retirer son commandement. La culpabilit? de certains administrateurs est reconnue mais ceux-ci restent majoritairement en poste. Les ?v?nements violents de Douala de septembre 1945 deviennent d?s lors un moment symbolique pour les nationalistes camerounais?es qui y voient la preuve que le r?formisme colonial d?apr?s-guerre est incapable de satisfaire leurs attentes, alors que les autorit?s de tutelle ne peuvent qu?opposer une r?ponse autoritaire et r?pressive ? leurs aspirations. Soucieux de connecter les analyses portant sur le Cameroun sous tutelle fran?aise et le Cameroun sous tutellebritannique, notamment au sud avec le Southern Cameroons, cette section montre aussi comment la r?pression du mouvement ind?pendantiste camerounais transcende les fronti?res des deux Camerouns par le biais d?un syst?me de surveillance de l?UPC d?s le d?but des ann?es 1950. Elle d?taille ainsiles premiers ?changes entre les principaux mouvements nationalistes dans les deux territoires, dont les protagonistes ?voquent d?j? une potentielle r?unification crainte par les autorit?s coloniales fran?aises. Celles-ci demandent, ? cetitre, ? leurs homologues britanniques de contr?ler

ARTICLE DE BLOG

50 ans apr?s son d?c?s?: Kwame Nkrumah se retourne toujours dans sa tombe?

Le 27 avril 2022, le Ghana a comm?mor? le 50e anniversaire de la mort de Kwame Nkrumah. ? mon avis, c?est toute l?Afrique qui devrait se souvenir du premier pr?sident ghan?en et ce sont plusieurs monuments qu?il conviendrait de construire pour honorer ce grand Africain. Pourquoi ? Parce que Nkrumah fut ? la fois penseur et acteur de l?unit? africaine. Penseur, il voulait une Afrique unie parce qu?il ?tait persuad? que c?est en ?tant unis que les Africains seraient forts face ? ceux qui non seulement convoitent leurs richesses mais sont pr?ts ? les exterminer pour s?emparer de ces richesses. L?unit? africaine lui tenait ? c?ur. Il en ?tait tellement obs?d? qu?il inscrivit en 1960 dans la Constitution du Ghana la possibilit? d?un abandon de souverainet? au profit d?une f?d?ration africaine, une ?ventualit? que le pr?sident guin?en avait envisag?e avant lui. Comme Hassan II, S?kou Tour?, Modibo Ke?ta, Nyerere et Gamal Nasser, ses pairs du groupe de Casablanca, Nkrumah ?tait pour la f?d?ration. Le groupe de Monrovia (le Nig?ria et les pays francophones), lui, ne voulait pas en entendre parler. Il estimait que chaque pr?sident devait g?rer son pays. C?est cette position qui, h?las, l?emporta ? la naissance de l?OUA, le 25 mai 1963 ? Addis-Abeba (?thiopie). On en voit les cons?quences aujourd?hui : une Afrique incapable de se d?fendre et de se faire respecter ? cause de la faiblesse des micro-?tats dirig?s par des individus sans vision ni dignit?. Certains historiens africains tels qu?Amzat Boukari-Yabara consid?rent que c?est l?appel de Nkrumah ?? la cr?ation des ?tats-Unis d?Afrique comme le seul rempart possible contre le n?ocolonialisme et la poursuite de l?exploitation du continent par les grandes puissances? qui est la v?ritable cause de sa chute (cf. A. Boukari-Yabara, ?Africa unite ! Une histoire du panafricanisme?, Paris, La D?couverte, 2014). Amzat insiste sur le fait que les ex-puissances coloniales ne pouvaient pas tol?rer un basculement de toute l?Afrique dans le camp communiste. Pour sa part, Jean Ziegler a bien montr? que le rapprochement du leader ghan?en avec l?Union sovi?tique et la Chine ?tait vu d?un mauvais ?il par le camp occidental. Le sociologue suisse r?v?le, par ailleurs, que le coup d??tat qui l??vin?a avait ?t? men? par deux officiers subalternes li?s aux services de renseignements britanniques (cf. J. Ziegler, ?L?Afrique noire ? l?heure des coups d??tat militaires? dans ?Le Monde diplomatique?, avril 1966). Les historiens jugent cette th?se plus cr?dible que les raisons pour lesquelles les militaires ont renvers? Nkrumah, le 24 f?vrier 1966. Le g?n?ral Joseph Arthur Ankrah et ses compagnons reprochaient ? Kwame Nkrumah le go?t pour le culte de la personnalit?, l?endettement excessif du pays, la p?nurie des produits de premi?re n?cessit?, le ch?mage, la d?valuation du cedi, la d?rive totalitaire du Convention People?s party (CPP). Lorsqu?il perd le pouvoir, Nkrumah trouve asile en Guin?e. Pourquoi ce pays plut?t qu?un autre car l??gyptien Nasser, le Tanzanien Nyerere et le Malien Modibo Ke?ta voulaient, eux aussi, l?accueillir ? La premi?re raison, c?est que le Ghana et la Guin?e avaient essay? en 1958 une union f?d?rale mais cette union se termina en feu de paille. Deuxi?mement, Nkrumah et S?kou Tour? entretenaient des liens tr?s ?troits. Par exemple, le premier accorda au second un pr?t de 25 millions de dollars quand la France quitta la Guin?e avec tous ses coop?rants et entreprises pour punir S?kou Tour? d?avoir os? dire ?non? ? la communaut? franco-africaine du g?n?ral de Gaulle. Il donna le nom S?kou ? son 3e fils n? le 1er d?cembre 1963. La derni?re raison, c?est que le pr?sident renvers? d?sirait ne pas vivre loin du Ghana. En t?moigne ce passage de l?ouvrage ?Dark days in Ghana? (Zed Books, 1968): ?Je savais qu?en ?tant en Guin?e, je serais dans de bonnes conditions pour poursuivre le combat r?volutionnaire africain?. Le 2 mars 1966, lorsqu?il atterrit ? l?a?roport de Conakry ? bord d?un avion sovi?tique qui le ram?ne de P?kin et d?Alger, Nkrumah est triomphalement accueilli. Une grande foule est l? pour lui souhaiter la bienvenue. Mieux encore, son arriv?e en terre guin?enne est salu?e par 21 coups de canon. Si Nkrumah b?n?ficie de tous ces honneurs, c?est parce qu?il est per?u, en Guin?e et partout ailleurs en Afrique, comme le symbole vivant du panafricanisme. Trajectoire Mais quel est le parcours intellectuel et politique de Nkrumah ? Quelles influences a-t-il subies ? N? en 1909 dans le Sud-Ouest de la Gold Coast, Kwame Nkrumah fait ses ?tudes primaires et secondaires dans son pays. En 1935, il ?tudie l??conomie et la sociologie ? Lincoln University, une universit? noire de Pennsylvanie. Pendant son s?jour am?ricain, il d?couvre la pens?e de Marx et de L?nine, se familiarise avec les id?es panafricanistes de Henry-Sylvester Williams, Edward Blyden, George Padmore et W. E. B. Du Bois. Il fait la connaissance du Jama?cain Marcus Garvey, un autre panafricaniste qui deviendra son conseiller plus tard. En 1943, il publie ?Towards colonial freedom? qui est un pamphlet anti-colonialiste. Parall?lement, il entre dans l?association des ?tudiants africains des ?tats-Unis et du Canada. Lorsqu?il d?barque en Angleterre, il devient rapidement un des hommes-cl?s du mouvement panafricain. Avec George Padmore, il organise le 5e congr?s panafricain qui se d?roule ? Manchester en 1945. Il profite de son s?jour en Angleterre pour nouer des contacts avec les ?tudiants africains parmi lesquels le Zambien Kenneth Kaunda, le K?nyan Jomo Kenyatta, le Zimbabw?en Joshua Nkomo et le Tanzanien Julius Nyerere. Deux ans plus tard, Nkrumah retourne dans son pays. En f?vrier 1948, la police britannique fait feu sur des anciens combattants qui manifestaient pour le paiement de leurs pensions. On d?nombre 3 morts et plusieurs bless?s. Le pays, qui vit d?sormais sous l??tat d?urgence, apprend l?arrestation et l?emprisonnement de Nkrumah. Celui-ci est lib?r? en 1952 et devient Premier ministre. C?est la n?gociation qui lui permit de parvenir ? un tel aboutissement. Cr?? en 1952, le CPP gagne les ?lections locales et int?gre le gouvernement colonial. La Gold Coast acc?de ? l?ind?pendance 5 ans plus tard et change de nom. Nkrumah occupe le fauteuil pr?sidentiel en 1960.

ARTICLE DE BLOG

La Banque mondiale promet 20 millions de dollars pour renforcer la sant?, l’?ducation et les services sociaux en Guin?e-Bissau

La Banque mondiale a annonc? mardi qu’elle allait d?bloquer 20 millions de dollars afin d’aider ? renforcer la sant?, l’?ducation et les services sociaux en Guin?e-Bissau. La premi?re partie de cette somme sera r?partie en plusieurs tranches et envoy?e sous forme de transferts d’argent aux familles vuln?rables afin de leur permettre de subvenir ? des besoins primaires comme l’achat de nourriture, l’acc?s aux soins m?dicaux et le paiement des frais de scolarit? de leur prog?niture, a-t-elle expliqu? dans un communiqu?. La seconde partie servira ? ?tablir des programmes de formation pour les professionnels de la sant?, les enseignants et les assistants sociaux, a ajout? l’institution financi?re, pr?cisant que ce programme de financement s’ex?cutera sur cinq ans avec la collaboration des minist?res bissau-guin?ens de l’Education nationale, de la Sant? publique, ainsi que de la Femme, de la Famille et de la Solidarit? sociale. BISSAU, 22 janvier (Xinhua)

ARTICLE DE BLOG

RCA : la MINUSCA s’inqui?te de la situation s?curitaire ? Birao dans le nord-est du pays

La Mission multidimensionnelle int?gr?e des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) est pr?occup?e par la situation d’ins?curit? dans certaines localit?s du nord-est de la R?publique centrafricaine (RCA), a d?clar? mercredi Florence Marchal, porte-parole de la mission onusienne en Centrafrique au cours de sa conf?rence hebdomadaire ? Bangui, capitale centrafricaine. La situation s?curitaire reste encore d?l?t?re dans certaines localit?s du nord-est de la Centrafrique, notamment ? Birao, chef-lieu de la pr?fecture de Vakaga, a indiqu? Mme Marchal. « C’est une situation que nous suivons de pr?s et avec une attention particuli?re. Le conflit dans le pays voisin, au Soudan, entra?ne des d?placements de population. La MINUSCA est pr?sente dans la r?gion, mais les forces arm?es centrafricaines (FACA) et les forces de s?curit? int?rieure sont ?galement sur place », a-t-elle dit. Des r?unions quotidiennes sont organis?es conjointement pour examiner les actions possibles visant ? garantir la s?curit? de l’ensemble de la population, a-t-elle ajout?. BANGUI, 23 janvier (Xinhua)

ARTICLE DE BLOG

Coiffure: des ?trangers attrapent leur chance par les cheveux de femmes

Ils sont des hommes venus d?ailleurs. Ils sont pass?s ma?tres dans l?art de coiffer les dames au Cameroun. Rien ne pr?destinait Paul au m?tier de coiffeur de dames. Et pourtant, alors qu?il d?bute son apprentissage un peu par hasard, il est tout de suite subjugu? par cet univers. ?Ce fut comme une ?vidence? confie-t-il. Paul est aujourd?hui ? la t?te de deux salons de coiffure dans les quartiers chics de la capitale: l?un au lieu-dit Rond-point Express ? Biyem-assi (Yaound? 6e), l?autre ? l’entr?e complexe Beac (Yaound? 4e). Ce Congolais reconna?t avoir naturellement suivi le mouvement lanc? par ses parents. ?J?ai commenc? ? la maison; j?aidais ma m?re ? enlever les bigoudis??. Fort de cet ADN, Paul s?attache ? inscrire ses deux salons de coiffure au rang de bonnes adresses pour la confection des rastas. De moderne ? ?l?gant en passant par tendance, libre ? chacune de se r?inventer ici. Se d?finissant donc comme un ?sp?cialiste des rastas confectionn?es ? partir de m?ches synth?tiques, ou alors coll?es, tissage, pose de perruques, reprise de locks, etc?, Paul cultive l’art de l’excellence et s’adresse aux femmes qui ont besoin de changement. Coiffeur et visagiste, il propose ?galement un service de relooking qui plaira aux messieurs en qu?te de femmes styl?es. ?J?adore la mise en beaut?, et particuli?rement les cheveux, parce qu?ils font partie int?grante de mon identit?. Il y a un rapport de confiance tr?s sp?cial entre les clientes et moi, et c?est quelque chose que j?appr?cie profond?ment?, jure-t-il. Succ?sA Nkongoa, sur la route Yaound?-Mfou, Bakary est ? la t?te d?un salon de coiffure dames. Ici, v?g?tation naturelle et vitres g?antes sont ? l?honneur pour le d?cor. V?ritable gage de qualit?, l’enseigne a pour devise ?le bon go?t et la disponibilit??. Il est pr?f?rable, bien entendu, de prendre rendez-vous, mais l’?tablissement peut accueillir des clients sans rendez-vous, dans la mesure du possible. ?Presque toutes les femmes d?ici et m?me d?ailleurs le connaissent?, confie une fid?le cliente. A en croire Bakary, ce succ?s, il le doit notamment ? sa m?thode de coupe in?dite. ?Une bonne coupe, c?est non seulement une coupe qui met en valeur un visage f?minin, une personnalit?, mais ?galement une coiffure qui se remet en place tr?s facilement, m?me quand les cheveux repoussent? explique ce S?n?galais. ProjetsPaul ambitionne de cr?er un espace et des produits qui r?pondent aux besoins des femmes camerounaises. ?Mon objectif est d?offrir une place o? mes clientes se sentent ?cout?es, tout en proposant des produits accessibles, bons et beaux?, ?met-il. Et le projet est ? sa hauteur puisqu?il confesse un chiffre d’affaires de 4,5 millions FCFA en moyenne par an, depuis 2016 qu?il est arriv? au Cameroun. D?j?, pour 2025, il a annonc? ? ses 8 employ?es une augmentation du salaire agr?ment?e du paiement d?un 13e mois. Andre Gromyko Balla

ARTICLE DE BLOG

S?rie sur les h?ros africains?: Frantz Fanon, le panafricaniste qui ?tait contre les mim?tismes?

Les Houphou?t, Senghor, S?kou Tour?, Modibo Ke?ta, Ahidjo, Nyerere, Kenyatta, Nkrumah et Kaunda avaient pour mission d?arracher l?ind?pendance politique. Y sont-ils parvenus ? Ceux qui vinrent apr?s eux devaient conduire les pays africains ? l?ind?pendance ?conomique qui passe par une transformation de nos mati?res premi?res sur place. Cette mission semble n?avoir pas ?t? remplie parce que le franc CFA continue d?appauvrir les peuples africains, parce que les bases militaires fran?aises sont toujours en place dans certains pays, parce que l?Union africaine tarde ? constituer une force militaire efficace et ? s?auto-financer, parce que la justice africaine est encore incapable de juger les Africains ayant commis des crimes ?conomiques et des crimes contre l?humanit?. C?est dire que la pens?e de Fanon n?a rien perdu de sa pertinence. Frantz Fanon commence ses ?tudes au lyc?e Victor-Sch?lcher de Fort de France (Martinique) o? enseigne un certain Aim? C?saire. En 1943, il s?engage dans l?Arm?e fran?aise de la Lib?ration. Il est ensuite envoy? en Alg?rie o? il est d?embl?e frapp? par le caract?re pyramidal de la soci?t? coloniale : les colons riches et petits-blancs au sommet, les juifs et les indig?nes ?volu?s au milieu, la masse du peuple au bas de l??chelle. Il retourne en Martinique pour passer le baccalaur?at. Dans la foul?e, il soutient la candidature d?Aim? C?saire, candidat du Parti communiste fran?ais aux ?lections l?gislatives d?octobre 1945. Gr?ce ? son statut d?ancien combattant, il b?n?ficie d?une bourse qui lui permet d??tudier la m?decine ? Lyon. Parall?lement, il prend des cours en philosophie et en psychologie. ? Lyon, il dirige le journal ?tudiant ?Tam-Tam? et participe aux mobilisations anticolonialistes avec les Jeunesses communistes, m?me s?il n?en est pas membre. Fanon soutiendra sa th?se en psychiatrie en 1951. Deux ans plus tard, il devient m?decin-chef de l?h?pital psychiatrique de Blida-Joinville (Alg?rie). En ?tudiant les rites traditionnels de la culture alg?rienne et les mythes des colons fran?ais sur l?Alg?rien, il d?couvre que, pour le colonisateur, l?Alg?rien est menteur, voleur, fain?ant, peu ?volu? et primitif. Fanon pense, lui, que c?est la colonisation qui fait de l?homme colonis? un ?tre ?infantilis? et ali?n??. Guerre d?Alg?rie La guerre d?Alg?rie d?bute en 1954. Deux ans plus tard, Fanon remet sa d?mission de m?decin-chef de l?h?pital de Blida-Joinville au gouverneur Robert Lacoste pour rejoindre la r?sistance nationaliste. Expuls? d?Alg?rie en janvier 1957, il repr?sente le Front de lib?ration nationale (FLN) ? la conf?rence panafricaine qui a lieu ? Kinshasa, le 27 ao?t 1960. Quand il renonce ? sa nationalit? fran?aise, c?est pour rejoindre le FLN ? Tunis o? il collabore au journal ?El Moudjahid?. En 1958, il se fait ?tablir un faux-passeport tunisien au nom d?Ibrahim Omar Fanon. En 1959, il fait partie de la d?l?gation alg?rienne au congr?s panafricain d?Accra. En mars 1960, il est nomm? ambassadeur du Gouvernement provisoire de la R?publique alg?rienne (GPRA) au Ghana. Fanon critiquera les dirigeants africains qui ont adh?r? ? la Communaut? fran?aise du g?n?ral de Gaulle parce que cette communaut?, selon lui, ne fait que perp?tuer le colonialisme et les bourgeoisies africaines assujetties ? l?Occident. Or l?ind?pendance nationale n?a de sens, ? ses yeux, que si les gens sont capables de d?cider pour eux-m?mes et si est pris en compte l?acc?s au pain, ? la terre, au pouvoir pour les classes populaires. Il est tellement fascin? par les ?crits de Jean-Paul Sartre (?R?flexions sur la question juive?, ?Orph?e noir?, ?L??tre et le n?ant?) qu?il souhaite que son dernier ouvrage, ?Les Damn?s de la terre?, soit pr?fac? par le philosophe fran?ais. Il souhaite aussi rencontrer Sartre. .La rencontre a lieu ? Rome, pendant l??t? 1961. Une rencontre bouleversante pour les deux hommes, t?moignera Simone de Beauvoir. Fanon d?c?de d?une leuc?mie ? Bethesda, pr?s de Washington, le 6 d?cembre 1961 ? l’?ge de 36 ans, quelques mois avant l’ind?pendance alg?rienne. Conform?ment ? son testament, son corps est transport? par une d?l?gation du GPRA ? la fronti?re, puis inhum? par Chadli Bendjedid dans le cimeti?re de Sifana, en Alg?rie. C?est en 1965 que sa d?pouille sera transf?r?e au cimeti?re des martyrs de la guerre, pr?s de la fronti?re alg?ro-tunisienne, dans la commune d?A?n El Kerma. La Martinique En reconnaissance de son travail de psychiatre et de son soutien ? la cause alg?rienne, son nom sera donn? ? trois h?pitaux alg?riens ? Blida, ? B?ja?a et ? Annaba. La Martinique, non plus, ne l?oubliera pas. En 1965, le maire Aim? C?saire, qui le pr?sentait comme ?celui qui vous emp?che de vous boucher les yeux et de vous endormir au ronron de la bonne conscience?, permit que son nom soit attribu? ? une avenue de Fort-de-France. En 1982, un colloque international est organis? en son honneur en Martinique. La France, en revanche, ne fit rien pour lui. Fanon y ?tait per?u comme ?un philosophe maudit?. Pourquoi ? Parce qu?il ne caressa jamais le colonialisme fran?ais dans le sens du poil, parce qu?il d?non?a cette France qui, tout en parlant d??galit?, pi?tine les droits des populations dans son empire colonial au motif que ces populations seraient de race inf?rieure, parce qu?il osa remettre en cause la devise de la R?publique fran?aise (libert?-?galit?-fraternit?) dans deux livres : ?L?an V de la r?volution alg?rienne? (Fran?ois Maspero, 1959) et ?Les Damn?s de la terre? (Fran?ois Maspero, 1961). Bien qu?analysant la psychologie du colonis?, le second ouvrage parle au colon, parle du colon, de ses mensonges et crimes. On comprend alors pourquoi, dans la pr?face du livre, Sartre ?crit ceci : ?Europ?ens, ouvrez ce livre, entrez-y. Apr?s quelques pas dans la nuit vous verrez des ?trangers r?unis autour d?un feu, approchez, ?coutez. Ils discutent du sort qu?ils r?servent ? vos comptoirs, aux mercenaires qui les d?fendent. Ils vous verront peut-?tre, mais ils continueront de parler entre eux, sans m?me baisser la voix. Hier, quand ils s?adressaient ? vous, vous ne preniez pas la peine de r?pondre ? ces zombies. Aujourd?hui, ils vous ignorant. Un feu les ?claire et les r?chauffe, qui n’est pas le v?tre. Vous, ? distance respectueuse, vous vous sentirez furtifs, nocturnes, transis… Dans ces t?n?bres d?o? va surgir

ARTICLE DE BLOG

RDC : l’arm?e appelle au calme face aux avanc?es des rebelles du M23 dans le nord-est du pays

L’arm?e de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC) a appel? mardi la population congolaise au calme face aux avanc?es sur le terrain des rebelles du mouvement du 23 mars (M23) dans la province du Nord-Kivu (est). Via un communiqu?, le g?n?ral Sylvain Ekenge, porte-parole de l’arm?e, a soulign? que les combats contre les rebelles du M23 se poursuivent sur tous les fronts, dont celui du sud du territoire de Lubero, dans les hauteurs de Sake et aussi dans le territoire de Nyiragongo, tous situ?s dans la province du Nord-Kivu. Ce communiqu? de l’arm?e fait suite aux combats intenses qui ont oppos? les forces arm?es de la RDC aux rebelles du M23 dans la cit? strat?gique de Minova, une cit? lacustre de la province du Sud-Kivu, situ?e ? la limite avec la province du Nord-Kivu et tomb?e mardi aux mains de rebelles. Du c?t? du Nord-Kivu, les rebelles ont ?galement pris mardi le contr?le de la cit? de Bweremana. « Les forces arm?es de la RDC appellent la population au calme et lui demandent de ne pas c?der ? la panique et ? la d?sinformation massivement relay?e par l’ennemi sur les r?seaux sociaux. Toutes les dispositions sont mises en ?uvre pour barrer la route ? l’agresseur et ramener la paix dans la partie orientale de notre pays », indique le communiqu?. Selon la soci?t? civile du Sud-Kivu, cette avanc?e des rebelles dans la cit? de Minova met ? mal la vie de plus de 6.000 personnes h?berg?es dans les sites de d?plac?s ? Minova depuis plusieurs mois suite ? des combats ? Masisi et ? Lubero. Des centaines de personnes ont pris mardi des embarcations et d’autres moyens pour fuir les combats. Depuis plusieurs jours, de violents affrontements font rage dans diff?rentes zones o? les rebelles du M23 tentent de conqu?rir des zones. Des d?tonations d’artillerie lourde ont ?t? entendues ? l’ouest de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, et vers Sake, verrou ultime pour la survie de Goma, o? ?t? rapport?s des bless?s civils par des ?clats de bombes tir?s depuis la zone de combat dans la matin?e de mardi. GOMA (RDC), 21 janvier (Xinhua)

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE
Retour en haut